Auteur : kaneda26
Origine : Yuyu Hakusho
Genre : yaoi.
Couple : Hiei et Kurama évidemment ! Et Yusuke et Kuwabara.
Disclamer : Non, ils ne sont toujours pas à moi… Je ne fais que les voler !
Note : Un mystère en moins dans ce chapitre. J'espère que ça ne vous paraîtra pas trop bizarre ou stupide !
-----
Le dernier péché
-----
-----
Chapitre Cinq
-----
La protection qui empêche tout ennemi d'entrer est tombée. Et le brouillard qui entourait le château a disparu.
Je suffoque. Et Yukina pleure dans mes bras.
Nous détestions tous les deux cet endroit et ces femmes si froides, si inhumaines.
Mais j'avais perdu mon envie de les tuer.
Je crois que je comprends pourquoi Yukina pleure, ses larmes se transformant en pierres, roulant le long de mes vêtements pour s'enfoncer dans la neige.
C'était notre passé, nos origines.
Même si c'était synonyme de souffrance, ça faisait partie de moi.
Yukina quitte mes bras et fait la seule chose qu'elle peut faire.
Elle utilise son don pour guérir Tohya.
Kuwabara s'avance lentement sur la petite arche de glace qui lit le pays au makai.
Il s'accroupit devant un corps, vérifiant les signes de vie. Et c'est inutile, il n'y a aucun signe de vie nulle part.
Elles sont toutes mortes. Toutes.
Je sens des puissances qui viennent vers nous, je me raidis puis j'expire calmement.
C'est Kurama et Yusuke.
Ils regardent eux aussi sans un mot. Il n'y a rien à dire.
Kurama observe deux formes sur le sol non loin de Yukina et Tohya. Je ne les avais pas remarquées jusqu'à maintenant. C'est des hunters.
Apparemment, Tohya a fait du mieux qu'il pouvait, il a protégé ma soeur.
Il y a quelque chose d'étrange dans cette affaire. Mais je n'ai pas le courage de m'attarder dessus.
Kurama vient vers moi et entoure mes épaules de ses bras.
Et c'est comme un réflexe conditionné, je sens les larmes qui se préparent. Je bats des paupières plusieurs fois de suite pour les chasser.
Je me dirige vers le château silencieusement, passant au milieu des cadavres sans les regarder et Kurama me suit.
J'ai vu beaucoup de scènes de ce genre, j'en ai été parfois à l'origine. Mais je n'avais encore jamais trouvé ça aussi étouffant. Et aussi calme. Le silence qui règne sur cette neige, cette absence de vie.
Je suis déjà venu ici. Une fois, une seule fois, j'avais réussi à passer la barrière. Et je n'ai pas oublié l'endroit où elle se trouve.
Elle est intact. La sépulture de ma mère. Et je reste devant. Je ne savais pas que j'avais gardé les poings serrés jusqu'à ce que Kurama les caresse doucement pour me forcer à les décrisper.
Mes paumes saignent un peu.
Kurama ne dit rien, il attend.
Puis je me mets à trembler comme une feuille et mon Kitsu me serre contre lui.
« Pleures si tu en as besoin, trésor, me chuchote-t-il. »
J'en ai assez de pleurer. Je ne veux pas pleurer pour ces femmes !
Et tout ça, c'est à cause de lui !
C'est à cause de ce changement qu'il a provoqué en moi que je sais pleurer maintenant.
Je le repousse. S'il croit que ça me fait du bien de me sentir faible, il se trompe !
« Je n'ai pas besoin de pleurer ! Je n'ai pas besoin de toi ! »
Je crie. Evidemment que je crie. Mais Kurama me sourit doucement.
« Si tu préfères être seul, je comprends. »
Qu'est-ce qu'il comprend ? Est-ce qu'il comprend quelque chose ?
Parce que moi, je ne comprends rien du tout.
Je les détestais. Je les haïssais.
Mais j'ai de la peine. Parce qu'elles étaient mon passé.
Un passé que je voulais effacer, oublier. Et je ne le pouvais pas.
Quelqu'un l'a fait à ma place. Quelqu'un a tout effacé, tout détruit.
Sauf que ma tête est encore pleine de souvenirs. De ces voix haineuses, de ces présences glaciales. De la chute jusqu'au sol.
Je m'éloigne de la tombe. Je veux quitter cet endroit.
Yusuke nous attend devant le château.
« Il faut qu'on parte. C'est pas prudent de rester ici avec Tohya blessé et Yukina qui fait une cible facile.
-A-t-elle dit quelque chose? Sait-elle ce que c'est passé? demande Kurama.
-Laisse-la tranquille, Kitsu. On sait ce qui s'est passé!
-Y'a quelques détails qui...
-Je m'en fous de tes détails!
-Hiei, coupe Yusuke. Les deux hunters, c'est toi qui les as tués? »
Je secoue la tête.
« C'est Toyha, non?
-Justement non, continue Kurama. Et j'étais persuadé que c'était toi. Ils portent des marques de flammes.
-Ce n'est pas moi.
-J'avais compris. Mais qui dans ce cas?
Il y avait quelqu'un d'autre ici, quelqu'un qui maîtrise les flammes comme moi.
Et je frémis doucement. Non, il n'est pas le seul démon de feu existant. On est pas nombreux, d'accord, mais ce n'est pas obligatoirement lui!
Mais quel autre démon de feu a un lien avec les femmes des glaces? Et quel était son but?
A-t-il voulu protéger Yukina? Ou a-t-il éliminé les hunters pour pouvoir la tuer lui-même?
Et pourquoi?
Je regarde ma soeur. Toyha s'est réveillé et elle est à ses côtés, des traces de larmes bien visibles sur ses joues pales.
Toyha lui attrape la main. Bon, d'accord, je ne vais pas le buter pour ça même si c'est pas l'envie qui me manque.
« On rentre maintenant, ordonne Yusuke. »
Et je suis bien d'accord avec lui. Je ne veux pas regarder ce spectacle plus longtemps.
Je veux l'éloigner de mes yeux.
Je sens la nausée qui reprend ses droits sur mon corps.
Je me fige, laissant Yusuke et Kurama me devancer.
Et mon énergie augmente, augmente. Je ne contrôle plus rien. Je brûlerais bien les trente kilomètres alentours si ça pouvait me faire me sentir mieux.
Je crois que je suis tombé à genoux, mon estomac se retourne et je rends mon dernier repas en hoquetant.
Je sens ma puissance qui continue de monter, qui envahit mon corps. Comme quelque chose de trop longtemps entravée. C'était mon passé! Ils n'avaient pas le droit!
Je veux les tuer, Enma et tous ses sbires, je vais les tuer!
J'ai la puissance nécessaire à cet instant.
Et tout retombe, tout disparaît. Mon énergie s'abaisse, emportant ma colère avec elle, ne me laissant que ce mal de coeur.
« Hiei! »
C'est moins pire que la dernière fois. J'ai réussi à maintenir mon énergie au minimum requis. Je suis fatigué mais j'arrive à me mettre debout et à y rester.
« Hiei? »
Je sursaute quand sa main se pose sur mon épaule. Et je vois son regard, ces yeux verts que j'aime tant troublés par l'inquiétude.
« Je vais bien.
-Trésor... »
A ce moment, j'ai juste envie de me laisser tomber pour me retrouver dans ses bras.
Au lieu de ça, je repousse sa main et dit sur un ton rauque:
« Je vais bien, on y va. »
Et nous rattrapons les autres qui ont pris de l'avance, le regard de Kurama ne me quittant pas.
Yusuke porte Tohya qui les ralentirait trop en se débrouillant par lui-même.
Et Kuwabara porte Yukina.
J'échange un regard avec ma sœur. Elle se retourne, jette un dernier regard sur le pays des glaces.
Moi, je ne peux pas. Je me suis toujours retourné sur mon passé. Il me hante encore.
Maintenant, il n'y a plus rien. Juste ces souvenirs et cette haine.
J'ai un point de côté. J'en ai assez d'être faible.
-----
« Ils sont partis, dit-il. »
Il sort du buisson dans lequel il était dissimulé, lui et son énergie.
« Tu peux me dire ce qu'on fout ici ? Sauver ta fille, j'veux bien ! Encore que ça m'est complètement égal ! Mais pourquoi on est resté à attendre ?
-Je dois la trouver, répond-il.
-Trouver qui ? »
Il avance sur l'arche sans un mot.
« Trouver qui ? »
Je le poursuis. Hina est morte depuis longtemps. Qui espère-t-il trouver ?
Ces maudites femmes des glaces, elles l'éloigneront toujours de moi. Elles me le prendront toujours !
Je croise mes bras contre ma poitrine. Le jour est en train de baisser et il fait encore plus froid ici.
Il regarde les corps un à un, les éclairant d'une petite flamme pour distinguer les visages dans la faible luminosité.
Et il s'arrête devant un des corps. Une femme avec les cheveux relevés par un bandeau noir.
Rui, j'aurais du le savoir.
Combien de fois Hina en avait-elle parlé ? Rui par-ci, Rui par-là.
Et je me retenais de lui hurler « mais si tu tiens tant à elle, vas la voir et restes là-bas ! ».
Il la soulève dans ses bras. Et se dirige vers l'endroit où Hiei et ce foutu yohko étaient peu de temps auparavant.
Et c'est une tombe. Celle d'Hina.
Même morte, elle continuera à me mettre des bâtons dans les roues.
Comment une femme aussi insignifiante peut-elle avoir cette influence ?
Je le regarde faire fondre la neige sur le sol avec son énergie.
Et creuser la terre ainsi dévoilée.
« Comme c'est mignon ! Tu comptes les mettre toutes les deux à côté ? »
Il ne me regarde même pas.
« Pff, c'est ridicule. Tel père, tel fils finalement. Cette connerie d'amour vous a rendu faibles.
-Tu ne comprends jamais rien, Higesu.
-Mais oui, c'est ça ! En tous cas, c'est pas moi le plus idiot dans l'histoire ! Ton fils fait très fort dans ce domaine !
-Bah, c'est normal, répond-il. D'ailleurs, je suis étonné que tu n'aies pas utilisé ton pouvoir pour tous les endormir et le kidnapper tranquillement. Je ne t'en aurais pas empêché, ça fait partie de notre promesse. »
Je souris.
« Parce que j'ai eu une bien meilleure idée. »
Il se retourne vers moi et me fixe, choqué.
« Non, dit-il. Ca, je ne le permettrais pas, Higesu.
-Je ne te demande pas la permission. »
-----
Je pourrais presque dire qu'il est devenu capricieux si je ne savais déjà que ce genre de défaut ne fait pas partie de son caractère.
Ou alors, il est devenu extrêmement difficile.
La cuisine de Raizen ne vaut pas la mienne mais il y a quand même suffisamment d'ustensiles pour que je prépare quelque chose de correct.
Sauf que le problème n'est pas vraiment là. Le problème, c'est cet adorable trésor qui est mien qui fait une grimace d'écoeurement à chaque plat que je propose.
Et je commence à être à court d'idées.
« Hiei, tu as faim, oui ou non? »
Finalement, il secoue la tête.
« Bon alors on verra ça plus tard. »
Il détourne les yeux. Et son regard s'égare dans la pièce.
Je sais qu'il surveille le périmètre de la demeure et qu'il s'assure que Yukina est toujours là.
Les mots m' échappent bêtement, je n'ai pas réfléchi avant de parler:
« Tu veux te reposer un peu?
-Non!
-Je peux te surveiller pour que...
-Non! »
Hiei, parles-moi. Dis-moi que tu as peur, que tu es triste, que tu es en colère mais dis quelque chose.
Mais il ne le fait pas. Et il évite mon regard.
Yukina n'a pas dit grand chose mais c'était suffisant pour que tous ici, on comprenne.
Un drôle de parfum, elle s'était endormie alors que les deux hunters s'apprêtaient à la tuer. Et s'était réveillée peu avant que Hiei et Kuwabara arrivent.
Je savais bien qu'Higesu était en vie. Je le savais parfaitement.
Mais je ne voulais pas y penser.
« Je vais la voir, dit-il.
-Très bien. »
Je le regarde quitter la cuisine puis je m'écroule sur une chaise, appuie les coudes sur la table et je me prends la tête entre mes mains.
Je n'y arriverais pas. Je n'arriverais pas à le protéger de tout le mal qu'il y a dans ce monde.
Je n'arriverais pas à lui faire oublier ses souffrances, ses peurs.
Je n'arriverais pas à le rendre heureux.
Higesu n'était pas seul. Il semble que la vieille équipe se soit reformée.
Hiei a perdu une partie de ses origines et une autre commence à se manifester.
« Kurama? Qu'est-ce que tu fais? »
Je relève la tête.
« Rien, je me reposais les yeux. »
Yusuke fait une tête qui dit qu'il n'en croit pas un mot.
« Ca tourne mal, hein? »
Je ne peux qu'acquiescer.
« Mais on a connu pire, non? On va botter les fesses d'Enma, d'Higesu, bref, de tous les emmerdeurs et on fera une méga fête à la fin! »
Mais le ton de sa voix manque de conviction.
« Pourquoi Yukina? Pourquoi les koorimés? Elles étaient pacifiques, pourquoi le royaume voulait les tuer? Et c'est quoi ce putain de code dont parle Koenma?
-Doucement Kurama. »
Je me reprends.
« La maison est bien gardée?
-Ouais, répond-il. J'ai posté des hommes de mon père un peu partout. Et j'ai les items. Des détecteurs d'auras fonctionnent en permanence. Koenma avait raison, ils se méfient de nous, ils ne veulent pas attaquer de front. J'aimerais bien pourtant, je n'en ferais qu'une bouchée de ces lâches. Toujours pas de solution pour Higesu? »
Je secoue la tête. Seule Botan pouvait dresser une protection efficace. Et nous ne pouvons pas aller chez Genkai.
« On va passer la nuit ici et demain, on migre chez Enki. »
J'approuve silencieusement. La guerre entre le royaume et les ténèbres est déclarée et mieux vaut se rassembler.
« Ils peuvent attaquer quand ils veulent maintenant, dis-je. Les portails permanents sont bloqués mais ils peuvent en ouvrir d'autres où bon leur semble.
-Sauf qu'ouvrir un portail demande pas mal d'énergie. Il leur faudra du temps.
-Combien de temps? On ne sait pas, on ne sait rien ! »
Yusuke se tait.
« J'ai croisé Hiei. Comment va-t-il ?
-Il se renferme comme une huître... comme il le faisait avant.
-C'est pas étonnant. Mais... Ses baisses d'énergie deviennent inquiétantes, tu sais. »
Je le sais parfaitement.
« Je vais sans doute demander au docteur de Kuwabara de l'examiner. Le problème étant de convaincre Hiei.
-Ouais, vaste problème en effet. Bonne nuit. »
Je ne réponds pas et le regarde quitter la pièce.
Bon sang! Encore ce matin, Hiei était dans mes bras, il me surprenait en prenant les devants.
Et ce soir, il est redevenu le Hiei d'avant, celui qui ne montre rien, qui cache sa peine, sa douleur.
Qui ne me demandera jamais de l'aider.
-----
Cette fois-ci encore, il s'est endormi sur le canapé.
Je vais peut-être me prendre un coup de poing mais c'est un risque à courir.
Je m'approche, le touche à peine et il bondit sur moi.
« Kuwa? T'es malade! Me réveilles pas comme ça! »
Il est assis sur moi et m'empêche de bouger.
« Yusuke, viens te coucher. Il fait froid ici.
-Je suis très bien là. »
Il se relève. Et se réinstalle sur le canapé. Je m'assois prêt de lui.
« Qu'est-ce que tu veux? demande-t-il en posant son bras en travers de sa figure.
-Etre avec toi, dormir avec toi. Te dire que je t'aime.
-Arrêtes... »
Son regard m'est caché mais sa voix est légèrement tremblante.
« Yusuke, si tu ne veux plus de moi, dis-le mais ne m'évites pas, ça fait encore plus mal. »
Il consent à ôter son bras de son visage.
« Qu'est-ce que tu racontes? J'ai jamais dit que je ne voulais plus de toi.
-Tu n'as pas dit le contraire non plus.
-T'es pire qu'une gonzesse. J'ai autre chose à penser en ce moment! »
Je pourrais m'énerver, je pourrais l'engueuler, faire une scène.
Mais je ne le fais pas. Ca fait trop d'années que je l'attends, que je fantasme sur lui, que je l'aime. Et je sais à quel point cette relation est importante pour moi même si elle n'est pas exactement telle que je l'avais souhaité.
« Tu penses trop justement, dis-je doucement. Décompresses quelques minutes. Oublie.
-Et qui va y penser? Kurama? Il ne s'occupe que de Hiei? Koenma de son lit d'hôpital?
Qui? »
Je pousse un soupir et pose mes mains sur ses épaules, les massant légèrement.
« Tu nous as toujours fait confiance, à moi, à Kurama, même à l'avorton psychotique. Alors continues. Tu n'es pas seul. »
Il enlève le bras de son visage.
« Kurama m'a dit de ne pas y penser, dit-il brusquement.
-A quoi?
-Aux yohkais que j'ai tués et qui... qui étaient sans doute contrôlés par le royaume.
-Et il a eu raison, ce n'était pas de ta faute. »
Il me regarde à peine un instant avant de tourner son regard vers le sol.
« Ca va recommencer. Tout va recommencer comme avant, murmure-t-il.
-Peut-être. Mais ce n'est pas en ressassant que ça va s'arranger.
-J'ai besoin de rester chaud, tu comprends, j'ai besoin de cette colère. »
Non, je dois dire que je ne comprends pas, alors je secoue la tête pour lui dire.
« Je ne peux pas m'affaiblir maintenant, dit-il.
-Oh. »
Et je l'affaiblis, c'est ça? C'est ça qu'il pense?
Je me lève.
« Si tu changes d'avis, tu sais où me trouver. »
Il hoche la tête sans me regarder.
Un mois, un mois et quelques jours, c'est tout ce qui m'a été permis.
J'ai envie de hurler que ce n'est pas assez, que j'en veux plus. Je veux plus de temps, je veux toute ma vie à ses côtés.
Au lieu de crier, je me jette sur lui et l'embrasse.
La surprise l'empêche de réagir.
Et puis, il me cogne par réflexe.
Heureusement, il n'y met pas toute sa force.
« Putain de bordel! crie-t-il. T'as pas compris? Je ne veux...
-C'est toi qui n'as pas compris, chaton. Tu ne comprends pas à quel point je t'aime. Tu ne le comprends pas parce que toi, tu ne m'aimes pas de la même manière.
-Quoi? »
Il est craquant, les sourcils froncés, les lèvres serrées.
Il se lève, m'entraîne vers les escaliers.
« Yusuke?
-Ta gueule!
-Attends, qu'est-ce que...
-Je t'ai dit de la fermer! »
Il ouvre la porte de notre chambre, me pousse à l'intérieur et la claque.
Il enlève son tee-shirt, le jette sur le sol, ses chaussures suivent ainsi que le reste de ses vêtements.
« T'attends quoi? me dit-il. »
Je ne bouge pas. Il vient vers moi. Plutôt que de s'embêter à déboutonner ma chemise, il fait sauter les boutons, en arrachant un ou deux.
Je le renverse sur le lit et l'empêche de bouger. Même s'il pourrait facilement se dégager s'il le souhaitait.
Je soulève le drap et la couverture et je le glisse dedans.
Puis, j'ôte mes derniers vêtements et je le rejoins.
Je l'attrape dans mes bras et le serre. Mais je ne fais rien de plus.
« Tu as tout pris à l'envers, dis-je. Ne penses pas que tu t'affaiblis parce que tu m'aimes. Penses plutôt l'inverse. Que je peux te donner de la force. »
Il ne dit rien.
« Penses qu'ici, quand on est que tous les deux, tu n'es pas obligé d'être fort, tu peux te reposer, oublier. »
Yusuke se sert un peu plus contre moi.
« Kuwa?
-Hm.
-Si t'as fini ton discours à l'eau de rose, on passe à autre chose maintenant.
-Non.
-Quoi, non? »
Je lui souris et l'embrasse sur le front.
« Je ne suis pas avec toi pour le sexe. Je suis avec toi parce que je t'aime. »
Je pose un baiser sur sa joue.
« Et je veux juste te garder dans mes bras toute la nuit, chaton. »
Il marmonne.
« Quoi?
-T'es un enfoiré. »
N'empêche qu'il s'endort enfin, qu'il se détend, qu'il prend ce repos dont il s'est privé.
Et mon dieu, il est tellement sexy quand il dort que je le réveillerais bien pour finalement passer aux choses sérieuses!
Il finira par me comprendre. Il finira par accepter.
Et il quitte pas mes bras.
-----
« Je savais bien que je te trouverais ici. Tu aurais du me réveiller, je t'aurais préparé quelque chose de chaud. »
Kurama s'avance vers moi et me couvre de mon manteau. Sans rien dire de plus, il me soulève dans ses bras et me pose sur une chaise. J'ai songé à me débattre mais il m'a déjà relâché. Et il s'attaque à la cuisine.
Je le regarde faire. C'est différent.
La dernière fois, il était juste habillé d'un drap blanc, il me souriait et j'étais si heureux que mon coeur semblait faire des bonds incontrôlés dans ma poitrine.
Je suis du regard ses moindres mouvements. Tant que j'ai mon Kitsu, je n'ai besoin de rien d'autre, non? Je n'ai qu'à oublier ce passé, qu'à oublier Higesu et mon père.
Arrêter de faire du mal à Kurama, arrêter de m'éloigner.
Au bout d'un quart d'heure, il pose un bol de riz devant moi, une soupe et le reste des ramens que Yusuke avait cuisiné.
Et une demi-heure plus tard, je suis en train de le maudire.
« Kitsu, ça suffit!
-Tais-toi et manges! Ma mère dit que c'est un signe de bonne santé. »
Quand je disais que ça avait un rapport avec sa mère, je ne me trompais pas.
Je veux bien reconnaître que je me suis réveillé parce que j'étais affamé. Mais je viens déjà d'engloutir l'équivalent de trois repas, ça devrait être assez, non?
Je desserre les ceintures de mon pantalon et je marmonne:
« Viens pas te plaindre parce que je serais devenu obèse! »
Il me sourit.
« Que tu te remplumes un peu ne te ferait pas de mal. D'ailleurs, tu as déjà pris un peu de poids.
-Comment tu le sais?
-Tu es un peu plus lourd à porter. »
Je repousse le bol de riz et repose les baguettes.
« Je ne disais pas ça pour te vexer. Manges, trésor. »
Je secoue la tête. Quelquefois, je me demande s'il a vraiment vécu dans le makai pendant des siècles. Ne sait-il pas que quelques kilos en plus signifient une perte de vitesse et donc un risque accru?
Il me regarde, contourne la table pour venir me rejoindre et entoure ses bras autour de mes épaules.
« Hiei, j'aimerais que... que tu vois un médecin.
-Quoi? Pourquoi? Tu m'as déjà examiné!
-Mais je ne peux pas détecter les maladies, les virus ou autre. C'est pour ça que...
-Non.
-Kuwabara m'a conseillé un docteur et...
-Pff, un conseil de ce grand crétin, plutôt crever!
-Et c'est ce qui t'arriveras! »
Je lève la tête vers lui. Je crois que c'est sérieux. Quand il crie, c'est toujours sérieux.
« Tu veux de la force? Tu veux tuer Enma et les hunters? Tu crois que tu pourras le faire si tu perds ton énergie comme ça? »
Je ne dis rien parce qu'il a raison.
« Alors, Hiei? Ta décision? »
Ces yeux. Oh bon sang, ces yeux, ce regard inquiet.
Ca me fait mal de le voir se ronger les sangs pour moi.
Et je manque de logique dans cette situation.
Après tout, je n'ai qu'à voir ce médecin si ça peut le rassurer.
Mais ce n'est pas évident de mettre de côté une vie entière à gérer seul ses propres problèmes, ses propres faiblesses. A faire en sorte que la douleur ne soit qu'une vieille ennemie.
Je pensais qu'en lui cachant ma douleur, ça irait.
Et je me trompais, ça ne marche pas. Parce qu'il sait tout aussi bien que moi que quelque chose ne va pas.
« Ok. »
Il pousse un soupir de soulagement et me serre contre lui.
« Je t'aime, trésor. »
Si j'ai Kurama à mes côtés, alors je n'ai besoin de rien d'autre, je peux tout affronter.
J'affronterais tout pour qu'il soit toujours avec moi. Même ces fichus rêves s'il le faut.
Parce que j'aime cette réalité-là.
Il sera toujours avec moi. Il me pardonnera toujours. Même si je ne le mérite pas.
« Je t'aimerais quoi qu'il arrive.
-Tu me les diras toujours?
-Quoi Hiei?
-Ces mots. Tu me les diras toujours?
-Toujours. A chaque fois que tu en auras besoin et même quand tu ne voudras pas les entendre, je te les dirais. »
Quand il me soulève dans ses bras, je m'efforce de ne pas craquer.
Je l'aime, je l'aime tant, j'ai besoin de lui, j'ai besoin de cette douceur, de cette gentillesse. De lui.
« Je les détestais, dis-je à mi-voix.
-Je sais.
-Mais ça fait quand même... »
Je me tais. Je ne dirais rien. Ca fait mal.
« Je sais, trésor. »
Je me cale confortablement dans ses bras. Et je me laisse porter jusqu'à la chambre.
« Je ne veux pas dormir. »
Il me dépose sur le lit.
« Je n'ai pas sommeil.
-Hiei... »
Non, je ne veux pas dormir. Il en profiterais pour m'attaquer ou pour attaquer Kurama.
Et je ne veux pas qu'il s'en prenne à mon Kitsu.
« Tu ne veux pas dormir, c'est ça?
-Hn.
-Parfait. »
Comment ça parfait? Il ne me fait pas la morale? Bizarre...
Sa langue est dans ma bouche et mes pensées se dilatent.
« Je sais parfaitement comment t'épuiser, trésor, dit-il alors que je reprends mon souffle. »
Oh oui, il le sait.
Et c'est à ce moment là que son côté yohko se manifeste. Quand il me fait l'amour bien trop lentement, torturant mes sens, me rendant fou, me faisant oublier ma peine, ma douleur pour ne me laisser que ce plaisir.
Il bouge très très lentement. Il effleure à peine ma peau.
« Je t'en prie, Kitsu... »
C'est trop lent. Mais je crie à chaque fois qu'il s'enfonce un peu plus en moi.
Quand il accélère enfin, c'est comme une vague qui me submerge.
Et je m'accroche à ses épaules comme un naufragé.
-----
« Je ne veux pas dormir... »
Mais sa voix est mêlée de fatigue et de satisfaction.
Je fouille dans mes cheveux et en sort un long brin d'herbe.
« Regardes Hiei. Si j'attache une extrémité à ton poignet et l'autre au mien, si tu fais un mauvais rêve, tu me réveilleras.
-Hn. »
Il tend sa main et j'enroule l'herbe autour de son poignet. Et il fait de même avec le mien.
Et j'ai cette idée saugrenue qui me vient en tête. On dirait un rituel. Nous sommes en quelque sorte liés.
« On est attaché l'un à l'autre, murmure Hiei. »
Les idées saugrenues ne sont pas ma prérogative, on dirait.
« Pour toujours, conclut-il avant de fermer les yeux. »
Il ne les ouvre que ce matin, quand je le réveille avec un baiser.
Il s'étire comme un chat et il reprend sa place dans mes bras.
« Ca a marché. Ton truc avec l'herbe.
-Evidemment, tu me prends pour qui? »
Il sourit doucement, tendrement.
Et quand il sourit comme ça, je ne peux que lui dire:
« Je t'aime.
-Moi aussi, Kitsu. Mais... »
Il agite son poignet.
« Tu voudrais bien me libérer?
-Hum, j'hésite. Quand je trouve un trésor, je le garde. »
Je l'embrasse sur le bout du nez.
« Libères-moi... Maintenant!
-Hiei? »
Il me pousse, arrache le brin d'herbe, se lève et se précipite dans la salle de bain dont il claque la porte.
« Hiei? Hiei? »
Il y a un silence puis il dit voix tremblante et grave.
« Je vais bien. »
Il sort enfin, je le regarde et j'hésite. Il est vraiment très pâle et ses yeux sont comme fiévreux.
J'effleure son front mais il n'est pas plus chaud qu'à l'accoutumée.
Il pousse ma main avec les lèvres serrées. De douleur, de colère? Je ne saurais le dire, il baisse la tête et grogne:
« Je vais voir ton médecin. Mais y'a intérêt à ce qu'il me soigne! Vite et bien! »
Nous déménageons dans la matinée.
Enki a fait préparer un étage dans une aile de sa résidence pour nous.
Quand nous arrivons, je constate qu'il y a de nombreux yohkais qui se sont réfugiés dans la ville.
C'est aussi bien, autant être noyé dans la masse.
Hiei a passé son temps à surveiller sa soeur du coin de l'oeil. Et Tohya ne la lâche pas d'une semelle.
Yukina n'a aucune expression sur le visage, elle semble calme. En fait, elle est comme éteinte, presque sans vie.
Pourquoi veulent-ils s'en prendre à elle? Si c'était pour les pierres que les koorimés sont capables de produire, ça se comprendrait mais ce n'est même pas ça.
Les hunters n'étaient là que pour tuer.
Nous nous arrêtons pour voir l'état de Koenma.
Je sens Hiei qui se recule. Il ne l'avait pas encore vu.
Yusuke et Kuwabara arrivent avec un homme, plutôt grand et jeune, portant de fines lunettes.
A la blouse blanche, je suppose que c'est là le docteur.
« Hé! Ralentissez un peu! hurle Yusuke, les bras chargés d'une mallette et d'une pile de dossiers en équilibre précaire. Et expliquez-moi pourquoi je dois me taper à porter tout ça!
-Parce que t'es un mazoku, que tu peux sans doute soulever plus de deux cents fois ton poids et que je n'ai pas envie de me choper un lumbago, répond le médecin sur un ton ironique.
-C'est tout comme raison? peste Yusuke.
-C'est pas assez? Alors, je vais rajouter que je suis coincé dans ce monde, que je suis limite exploité et que je suis de très très mauvaise humeur. »
Je jette un coup d'oeil à Hiei. Et je commence à penser que ce n'était pas une si bonne idée.
Deux sales caractères qui se rencontrent, ça ne peut que créer des étincelles. Et du côté de Hiei, ça peut même se transformer en incendie.
« Ca va, ça va, dit Yusuke en reprenant sa prise sur la pile de dossiers. J'vous pose ça où?
-Dans la pièce à côté, j'en ai fait mon cabinet. »
Yukina s'incline au passage de l'homme.
« Uméda-san, bonjour. »
Il la regarde.
« Tu passes me voir après, dit-il. »
Je trouvais que Yukina n'était pas en forme et ce type, en un seul regard, l'a bien senti.
Il s'approche de Koenma, vérifie les fonctions vitales et ajuste la pompe à morphine.
« Vous diminuez les doses? »
Il me regarde, remonte ses lunettes sur son nez.
« Petit à petit, oui. Il a passé le stade critique. Je lui injecte un calmant quand il s'agite trop. Mais il dit toujours la même chose. »
Il se tourne vers Yukina.
« Vous êtes au courant?
-Comment ne pas l'être? Je sais, oui. Elles sont mortes. Et elle est encore sous le choc. »
J'acquiesce.
« Yukina est la dernière, dis-je.
-Pas exactement, il y a aussi son frère. Et je suppose que c'est le petit démon de feu qui ne vous quitte pas des yeux. Adorable comme sa soeur, d'ailleurs. »
Koenma marmonne à ce moment.
« Ce n'est pas un nom, c'est un code. »
Le docteur Uméda me regarde.
« Vous avez une idée de ce que ça veut dire?
-Peut-être. Docteur, heu... Est-ce que vous pourriez examiner Hiei? dis-je en désignant du menton mon amant.
-Dès que j'ai fini avec Koenma et que j'ai vu Yukina.
-Merci. »
Je me recule et revient vers Hiei. C'est exact, il ne m'a pas quitté des yeux.
Je l'entraîne hors de la chambre. Et nous rejoignons Yusuke et Kuwabara.
« C'est dingue, dit Yusuke en sortant du cabinet. Ce mec a des dossiers sur presque tous les genres de yohkais.
-Normal, il les étudie depuis l'ouverture du portail, commente Kuwabara.
-Yusuke, dis-je. J'ai eu une idée. Ce que dit Koenma, que c'est un code.
-Je pige que dalle.
-Daburu Key. Double clé. Ce n'est pas un nom, c'est un code.
-Attends deux minutes, Kurama, coupe Kuwabara. Koenma a dit que c'était vivant, un yohkai probablement. Et je peux te certifier que je ressens toujours cette énergie.
-Toujours cachée, n'est-ce pas?
-Oui, ce qui irait avec ton hypothèse de démon parasite.
-Je n'ai pas dit que ce n'était pas un yohkai, je suppose juste que Daburu Key est un code pour le désigner de la part du royaume. Et que ce qu'il ouvre, il doit bien ouvrir quelque chose, c'est ça que redoute Enma.
-Ca paraît logique, dit Yusuke. Mais ça nous avance pas des masses. On est toujours incapable de le repérer.
-Rhaa, fait Kuwabara. Pourtant, je le sens! C'est vraiment frustrant. Et toi, nabot?
-Crétin de ningen! Mais non, je ne repère rien, admet Hiei. Mon jagan est totalement inutile, je sais pas pourquoi. »
Moi, j'ai bien la réponse mais Hiei a accepté de voir le médecin, pas besoin de souligner encore sa faiblesse actuelle.
« Bon, dit Yusuke, il faut voir Enki, Mukuro et Yomi pour mettre au point la défense. On y va? »
Je secoue la tête.
« Hiei va voir le médecin et Yukina aussi.
-Oh, bien. »
Avant que Kuwabara s'en aille, je l'attrape par la manche.
« T'es sûr de ce type, n'est-ce pas?
-Tu l'as vu, non? Il assure dans son boulot. Yukina peut te le dire. »
Elle hoche la tête pour montrer son accord.
« Quoi? s'écrie Hiei. Pourquoi t'es allé voir ce type? Tu as été malade?
-Mais non! C'était pour ses recherches, Uméda voulait voir une koorimé, j'ai demandé à Yukina.
-T'as envoyé ma soeur se faire tripoter par un inconnu? Mais je vais te buter, espèce d'abruti!
-De un, je ne savais pas que c'était ta soeur à l'époque! rétorque Kuwabara. Et de deux, y'a pas de souci, le doc est gay! »
Ca semble calmer Hiei. Mais tout d'un coup, je percute et je m'exclame:
« Mais je ne laisse pas Hiei avec ce type! Hors de question!
-Sans vouloir te vexer, Kurama, dit Kuwabara, il n'y a que toi pour vouloir de ce sale nain pyromane psychotique.
-C'est qui que tu vexes, débile profond! »
Un rire nous parvient. Le docteur Uméda referme la porte de la chambre de Koenma et nous regarde, ses yeux brillants derrière ses lunettes.
« Bon, si vous avez fini, j'examine d'abord Yukina, ça ne sera pas long. Ensuite, je verrais son frère. Hum, il est vraiment adorable. »
Il me fixe avec un léger sourire en disant ces mots. Et je crois que je ne vais pas du tout apprécier son sens de l'humour à ce type.
« Bon, Kuwa, tu t'amènes? crie Yusuke à l'autre but du couloir.
-J'arrive. »
Uméda laisse Yukina entrer dans son cabinet improvisé et referme la porte.
Je m'installe sur le banc.
« Hiei? Assieds-toi si tu veux. »
Il me regarde. Et alors que je m'attendais à ce qu'il garde ses distances, il me surprend en entourant ses bras autour de mon cou et en s'asseyant sur mes genoux.
« Hiei, dis-je doucement en caressant ses cheveux. Enki a... Enki a envoyé des hommes pour les enterrer.
-Yusuke me l'a dit.
-Ah. »
Il se serre un peu plus contre moi.
« Kitsu... Et si c'est dans ma tête, si je suis vraiment fou?
-Je t'aime, Hiei. Quoi qu'il arrive, ne l'oublies pas.
-Je t'aime aussi. »
Il enfouit sa tête dans mon épaule. Je sens son énergie qui fluctue légèrement.
Non, définitivement, ça ne peut pas être seulement dans sa tête.
Mais ça ne me rassure pas pour autant.
-----
J'ai une folle envie de cramer ce mec. Ca m'énerve. Et je maudis Kurama. J'ai envie de sortir de cette pièce pour le retrouver et je crois que j'hésiterais à lui crier dessus ou à me jeter dans ses bras pour ne plus ressentir le contact de cet homme sur mon corps.
Uméda m'a examiné pendant une bonne demie-heure et j'ai du faire un effort pour ne lui coller un coup de poing, je me suis contenté de grogner. Ses gestes étaient seulement professionnels mais ça m'énervait.
Je ne supporte pas qu'un autre que Kurama me touche.
Il m'a enfoncé une seringue dans le bras pour me prendre du sang, me demandant si ça faisait mal. Mais il me prend pour qui?
Je me suis installé sur le rebord de la fenêtre.
Lui est assis à un bureau et m'interroge maintenant. Je réponds rageusement et j'ai l'impression que ça le fait rire.
Au bout d'un moment, il me demande clairement :
« Vous êtes un enfant des femmes des glaces, n'est-ce pas ?
-Ma mère en était une. »
Mon regard se tourne vers l'extérieur. Elles sont toutes mortes.
« Mais je n'ai pas de lien de sang avec elle. J'ai hérité de tous les traits de… l'homme comme dit la légende.
-Et bien la légende se trompe.
-Quoi ? »
Je le regarde mais il a les yeux baissés sur des papiers devant lui.
« La reproduction des yohkais n'est pas si éloignée de celle des humains, explique-t-il.
-Pas pour les koorimés.
-Je sais, elles se reproduisent par parthénogenèse.
-Partho-quoi ?
-Seules, elles se reproduisent seules. Deux gamètes de leur corps fusionnent pour donner un nouvel individu, c'est le cas de Yukina. »
J'aimerais bien savoir où est-ce qu'il veut en venir parce que je ne comprends rien.
« Et alors ?
-Alors, vous ne pouvez pas être le seul produit de votre père.
-Ce n'est pas mon père ! »
Il semble ne pas relever mon intervention.
« Il faut bien deux gamètes pour produire une cellule-œuf et il est impossible que ces deux gamètes proviennent de votre… géniteur, elles ne pourraient pas fusionner puisqu'il n'avait pas la capacité de se reproduire seul. Vous tenez donc aussi bien de votre mère que de lui.
-Conneries ! Regardez-moi ! Je n'ai aucune ressemblance avec…
-Récessivité, répond-il. »
Evidemment, un mot pareil, ça explique tout pour lui. Mais pour moi, c'est du charabia.
Et je vais vraiment le cramer !
« Ce que je veux dire, c'est que les gènes des femmes des glaces sont presque tous récessifs – elles ont été longtemps isolées –, ils ne s'expriment pas et c'est ceux de votre pè… de votre géniteur qui ont pris le dessus. »
Je ne dis rien pendant un long moment.
Ce qu'il vient de me dire… Je regarde encore par la fenêtre.
Je me sens mal. Je croyais, j'ai cru que je n'avais pas de lien de sang avec Hina, ni avec Yukina. Mais… J'ai la tête qui tourne.
« Et d'après vos symptômes, vous avez hérité d'une part non négligeable des femmes des glaces.
-Laquelle ? »
Il me le dit. Et ces mots ne veulent rien dire. Ils sont totalement absurdes.
Et je vais le buter.
-----
J'ai pris le temps de ramener Yukina dans sa chambre. Quand je reviens devant le cabinet, j'entends une voix que je connais très bien.
« Je vais te tuer, espèce de charlatan ! »
Vu le ton de la voix, il est bien possible que Hiei mette ses menaces à exécution.
Je me précipite dans la pièce.
Le docteur est confortablement enfoncé dans un fauteuil face à un bureau, Hiei est dos à la fenêtre et il fulmine.
« Qu'est-ce qu'il se passe ? »
Hiei pose la main sur la poignée de son épée, il tremble de colère.
« Ce type est un imposteur ! Il y connaît rien, rage mon trésor.
-Je suis sûr de mon diagnostic, rétorque le docteur calmement.
-Tu parles ! Il est pourri, ton diagnostic.
-Ca ne vous fait pas plaisir, ok. Mais c'est la vérité. »
Le docteur Uméda ne peut pas s'empêcher d'avoir un sourire. Et je crois qu'il est inconscient du danger.
« Je vais te buter ! crie Hiei. »
Je le retiens, je n'ai rien compris à la situation mais mieux vaut calmer le jeu.
« Arrêtez de sourire! Et dîtes-moi ce dont souffre Hiei. »
Le docteur me regarde.
« Il n'est pas malade, il est juste…
-Tu dis ce mot, je t'éclate !
-Juste quoi ?
-Rien du tout ! C'est des conneries !
-Des conneries ? Et vos symptômes alors ?
-Je n'ai pas de symptômes ! »
Le docteur se tourne vers moi.
« Ecoeurement face à la nourriture et fringales inhabituelles ? »
Je hoche la tête. C'est à peu près ça.
« Fatigue ?
-Oui.
-Nausées? »
Ce matin encore, Hiei s'est enfermé dans la salle de bains. Est-ce que c'était à cause de ça?
« Je crois, oui.
-Sautes d'humeur ?
-Je n'ai pas de sautes d'humeur ! hurle Hiei.
-Heu… En ce qui concerne Hiei, c'est plutôt son comportement habituel. Quoique…
-Kitsu !
-Non, c'est vrai que tu…
-C'est faux de toutes façons ! crie-t-il. C'est juste dans ma tête. »
Uméda sourit.
« C'est pas vraiment au niveau de la tête que ça se situe. »
Hiei s'agite dans mes bras et je le crois prêt à étrangler le médecin. Je le serre un peu plus fort.
Il se retourne.
« Tout ça, c'est de ta faute, kitsuné pervers ! accuse-t-il.
-De ma faute ? »
Je ne comprends pas mais la colère de Hiei s'est subitement retournée contre moi.
« Mais qu'est-ce qu'il se passe à la fin ? »
Le docteur fait une pause, sourit.
« Hiei attend un bébé. »
Là, je crois que quelque chose a dû m'échapper. En fait, je crois que je suis en train de rêver.
« Vous êtes vraiment docteur ? dis-je. Ou vous avez eu votre diplôme dans une boîte de céréales. Parce que c'est impossible. Hiei est un homme et je suis bien placé pour le savoir. »
Il sourit encore et remonte ses lunettes sur son nez.
« Honnêtement, avant que je ne rencontre des yohkais, je me serais foutu de la gueule de la personne qui m'aurait dit que le makai existait, dit-il. J'avais tort. Et que Hiei soit enceinte n'est pas si surprenant que ça. Tiens, je me demande si ça se met au masculin, enceint? Ca ne sonne pas très bien.»
Je suis complètement ailleurs quand il m'explique que Hiei tient cette capacité des femmes des glaces. C'est logique, d'accord mais… Bon sang, c'est impossible !
« Ce que vous êtes en train de dire, c'est que Hiei peut se reproduire seul, comme les koorimés ?
-Non, pas exactement. Il n'a que la moitié de ce pouvoir, c'est à dire que… Vous allez être papa, Kurama. Félicitations. »
J'essaye de ne pas décrocher mais c'est difficile. Je n'arrive pas vraiment à savoir ce que je ressens.
Ca fait plusieurs jours que j'ai cette inquiétude qui m'habite, cette inquiétude pour Hiei qui me ronge. Et en fait, c'est... Il... Oh, mon dieu! Il va avoir un bébé. Notre bébé!
Les battements de mon coeur se sont légèrement accélérés.
J'ai vécu des siècles. Et ce n'est que depuis que je suis avec Hiei que j'ai songé à une famille, sans lui dire bien évidemment. Je pensais qu'on verrait ça plus tard.
Hiei gigote toujours dans mes bras. J'ai envie de l'embrasser, de couvrir son visage de baisers, de lui dire que je l'aime. Je suis dans cet état second que seule une émotion immense peut provoquer.
Pour la maîtriser, je me tourne vers des aspects pratiques.
« Mais Hiei n'a pas d'utérus pour accueillir le fœtus, non ?
-Je suppose l'existence d'organes féminins internes…
-JE SUIS UN MEC !
-Ou d'une matrice qui remplirait le même rôle que l'utérus, continue Uméda sans se soucier de Hiei. Seulement…
-Seulement ?
-Et bien, l'accouchement est impossible par voie naturelle. Donc, il faudra envisager…
-Une césarienne ?
-Tout à fait. »
Hiei s'était peu à peu calmé mais ce n'était que provisoire.
« On s'en fout de tout ça ! s'écrie-t-il. Comment on se débarrasse de ce truc ? »
Je me penche vers lui et tourne sa tête vers moi.
« Trésor, ce n'est pas un truc mais un fœtus. Et on va réfléchir tranquillement à ce qu'on veut faire, d'accord. »
Il me regarde, l'air mauvais.
« On voit bien que t'es pas à ma place ! On dirait que ça te fait plaisir ! »
Je plante mes yeux dans les siens et j'admets mes sentiments sans aucune hésitation.
C'est peut-être surprenant, impossible, improbable mais c'est réel. Et bon dieu, oui, je suis heureux !
« Oui, ça me fait plaisir. »
Ses yeux se ferment à demi sous la rage.
« Hiei, tu vas avoir notre enfant. Le tien et le mien. Et oui, ça me fait plaisir.
-Ton enfant ? L'enfant de Kurama… »
Je le vois dire ces mots doucement comme s'il réalisait ce qu'ils veulent dire. Son visage prend un air rêveur pendant quelques secondes.
Puis, c'est une expression de peur qui s'affiche.
« Mon enfant aussi… Non ! NON ! NON ! JE NE VEUX PAS ! »
Il est au bord des larmes. C'était donc ça, ces crises de larmes que je ne comprenais pas.
Je le serre contre moi.
« Kitsu, dit-il en hoquetant. Je ne veux pas. Pardon mais…
-Chut, trésor. Tout va bien…
-NON ! Tout ne va pas bien ! »
Puis soudainement, il me frappe. Pas excessivement fort, heureusement, mais ça fait quand même mal.
« C'est de ta faute, stupide kitsuné ! De ta faute ! Je te déteste ! Je te déteste ! »
Il cogne de plus en plus fort, martelant ma poitrine de ses poings. J'attrape ses poignets pour l'arrêter mais il se débat en hurlant.
« Je veux que vous l'enleviez ! crie-t-il. Tout de suite ! »
Ses poings se desserrent et il tombe dans mes bras avec une grimace de souffrance. Son énergie vient de monter pour redescendre en flèche.
Et il est complètement somnolant.
Je le retiens et le soulève dans mes bras. Il remue en murmurant des paroles incompréhensibles.
Je caresse doucement ses cheveux.
« Pourquoi ça fait ça ? Pourquoi il est si faible ?
-En théorie ? fait le docteur Uméda.
-Oui.
-Et bien, détrompez-moi si je me plante mais tous les deux, vous ne feriez pas partie des yohkais les plus puissants du makai ?
-On peut dire ça, oui.
-Hum, alors imaginez l'énergie que ce fœtus demande…
-C'est le bébé qui consume la force de Hiei ?
-En théorie ? Oui.
-Mais ça ne risque pas de le tuer ? »
Ma joie se dissipe d'un coup. Mais Uméda me rassure d'un sourire.
« Non. A condition qu'il mange bien, qu'il se repose et… Vous ne connaissez pas un moyen pour lui donner de l'énergie ? »
Je pose la main sur le ventre de Hiei et lui transmet un peu de puissance.
Je n'ai pas l'impression que ça ait servi à grand chose. Mais quelques instants après, son sommeil semble plus paisible.
« Ca marche, dit le docteur. Je vous conseille de le faire souvent. Et nous allons faire des examens supplémentaires pour déterminer l'âge du foetus. Une échographie aussi.»
Je hoche la tête et ma main s'est posée sur le ventre de Hiei.
Mon trésor va avoir un bébé. Je savoure cette phrase, cette idée.
Ma joie s'estompe légèrement.
Parce que ce n'était pas vraiment de la rage que Hiei a manifesté un peu plus tôt, c'était de la peur.
Il était terrifié. Totalement terrifié.
Pourtant, je suis heureux. Et je me demande si j'en ai le droit.
-----
A suivre...
Voilà la grande révélation! Je sais, c'est super bizarre. Je dois dire qu'avant, je n'aimais pas trop les fics où Kurama (la plupart du temps, c'est Kurama) se retrouvait enceinte (je ne sais décidément toujours pas si on le met au masculin ou pas...). Et puis, j'ai lu une fic en anglais qui était super sympa. Donc, j'ai eu envie d'essayer. Et évidemment, ça tombe sur Hiei (niark, niark, niark...).
J'espère que vous ne trouvez pas ça trop nul.
Réponses à vos reviews:
Koorimé: merci d'être toujours là! Et oui, il y a encore Higesu et le père de Hiei. Ils deviendront un peu plus présents dans les chapitres futurs.
Kitsuné: Bon, ça y'est. tu as la réponse aux pertes d'énergies de Hiei. Hum, ton avis?
Lilirara: Hum, géniallissime... (rougit), heu, faut le dire vite quand même. Je suis très impatient de savoir ce que tu penses de ce chapitre et si de génialissime, je ne passe pas à nullissime.
Addry: Salut mon vieux! T'en avais marre que je t'ennuie au téléphone avec mes fics, c'est ça? Désolé de t'avoir déjà raconté toute l'intrigue...
Merci à tous!
A plus et laissez des reviews.
