Auteur : kaneda26
Origine : Yuyu Hakusho
Genre : yaoi.
Couple : Hiei et Kurama évidemment ! Et Yusuke et Kuwabara.
Disclamer : Non, ils ne sont toujours pas à moi… Je ne fais que les voler !
Note : Bon, je vois que mon idée n'a pas fait l'unanimité (déprime, déprime) et que certains sont perplexes...mais bon heureusement, d'autres ont apprécié, donc, je continue! Heu, en fait, j'aurais quand même continué.
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Le dernier péché
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Chapitre Six
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Kurama est venu nous rejoindre sans Hiei.
« Alors?
-Alors quoi?
-Ben, comment il va?
-Il faut faire d'autres examens, dit-il en souriant. »
Je me tourne vers Kuwabara. Il hausse les sourcils. Lui aussi semble trouver l'attitude de Kurama assez étrange.
« Et c'est... grave?
-Hein?
-Je te demandais si c'était grave!
-Ah oui. Euh non. En fait, si... hum, on peut parler d'autre chose?
-Ouais. Pourquoi t'as un brin d'herbe attaché au poignet? »
Il lève sa main.
« Ah ça. Juste un moyen de surveiller Hiei. »
Il s'avance dans la salle, salue les autres d'un hochement de tête et s'installe.
« Il est bizarre, non? dis-je.
-Ouais. Mais il dégage une aura de béatitude totale, commente mon amant. Hiei doit aller bien finalement.
-On dirait plutôt qu'il est shooté.
-Pas le genre de Kurama. Non, il est juste heureux.
-Ou ton docteur lui a fait une lobotomie. »
Kuwabara me sourit.
« Alors, je lui demanderais de faire la même chose pour toi si je peux te voir aussi heureux.
-Pff. Si tu voulais me voir heureux, il ne fallait pas me jeter cette nuit!
-T'avais besoin de repos. Et je te signale que c'est toi qui m'évitait.
-Oh, ça va. T'es raté une bonne occasion, tu peux t'en prendre qu'à toi.
-Très bien, j'espère juste que la même occasion se présentera ce soir. »
Je le regarde.
« Ce n'est pas l'endroit pour en parler, espèce d'idiot. Tout le monde nous attend! »
Il sourit et s'installe autour de la table.
Ils ont déjà déballé des cartes du makai. Et Yomi discute stratégie avec Kurama. Enfin, Yomi parle et Kurama écoute d'un air absent, un petit sourire sur le visage.
Les deux portails principaux sont marqués. Celui qui mène au ningenkai, juste entre mon domaine et celui de Mukuro, et celui qui mène au royaume, qui se trouve au sous-sol dans cette bâtisse.
D'ailleurs, je n'aime pas ça. On pourrait se faire surprendre n'importe quand.
Je pose le doigt sur la carte.
« Ce portail, y'a aucun risque?
-Aucun, répond Enki. Il semble que les portails permanents ne reçoivent plus d'attaques. Ils vont sans doute ouvrir des portails ailleurs. C'était prévisible.
-Et on sait pas où. »
Jusqu'ici, je n'avais pas vraiment réalisé à quel point le makai était immense. Ils peuvent arriver n'importe où, n'importe quand et le temps qu'on s'en rendre compte, ils seront déjà à l'intérieur de la place.
Yomi nous interrompt.
« Il y a des grandes zones d'ombres dans cette histoire. Ce Daburu Key tout d'abord. S'il est si dangereux, pourquoi personne n'en a jamais entendu parler. C'est impossible de garder un secret comme ça dans le makai.
-Parce que ce n'est pas un nom, c'est un code, murmure Kurama.
-Et le rapport avec les femmes des glaces? Il y en a un. Le royaume ne tue pas sans raison. Ils ont toujours agi de façon logique pour garder le contrôle sur le makai. Leurs actions sont calculées.
-Ton hypothèse, Yomi?
-Enma a déjà agi comme ça dans le passé. Quand il ne peut pas éliminer une menace, il supprime ceux qui pourraient la déclencher.
-Mais les koorimés ne sont pas à la recherche de pouvoir, dis-je. »
Et je me souviens soudainement des mots de Koenma, de l'enregistrement. Daburu Key, un pauvre type qui ne correspondrait pas à sa vision du monde.
Il y a un but caché de la part d'Enma. Avant aussi, le fait de faire des lavages de cerveaux aux yohkais, de les envoyer tuer des humains, tout ça avait pour but de justifier l'existence du royaume.
Maintenant, quel est le but? Je secoue la tête. Je n'y comprend rien.
« Ce serait plus simple si on trouvait ce Key, dit Mukuro.
-Comme si on avait pas essayé.
-De toutes façons, ils viendront ici, reprend Yomi. Parce que Yukina est là et qu'elle est la dernière à posséder le sang des femmes des glaces. »
Kurama lève la tête brusquement et semble paniqué.
« Non. Non, elle n'est pas la seule. Il y a aussi Hiei.
-Hiei ne partage pas le sang des femmes de glaces, coupe Mukuro. Selon la légende...
-La légende est fausse, dit Kurama. D'après Uméda, Hiei possède les gènes des koorimés. Et il peut peut-être aussi se servir du pouvoir de Key. »
-Mais ça, le royaume l'ignore, fait Kuwabara. Koenma a détruit nos dossiers. Enma ne sait pas qu'il y a aussi Hiei. »
C'est vrai. Mais il n'y a pas que Koenma qui connaît le secret de Hiei, il y a Botan aussi. Et elle est là-bas.
« Botan, murmure Kurama comme s'il avait lu dans mes pensées. »
Il y a un léger silence. Je serre les poings.
Je n'ai pas voulu penser à elle.
« Elle ne leur dira rien, dit Kuwa sur un ton incertain.
-Pas de son plein gré, non. Mais... »
Je ne veux pas le savoir! Bordel! Pas Botan! C'est une des leurs, ils n'oseraient pas! Mais ce qu'ils ont fait à Koenma...
Koenma, comment a-t-il pu la laisser?
Je lui en veux tout d'un coup. Parce que c'était inutile. Nos dossiers sont peut-être perdus mais qui nous connaît mieux que Botan?
Il a ordonné de fermer le portail, il l'a laissée là-bas.
Je déteste cette affaire. Je déteste être obligé d'attendre et de subir les coups un par un sans pouvoir riposter.
D'abord Koenma et Botan. Ensuite les femmes des glaces. Et après? Yukina et Hiei?
« Ce qui veut dire qu'on a perdu le maigre avantage que l'on avait, dit Enki.
-Pas tout à fait, rétorque Mukuro. Ils nous craignent toujours. Sinon, ils auraient attaqué depuis longtemps. »
Kurama se lève, son bracelet fait d'herbe vient de s'agiter légèrement.
« Je... Je retourne auprès de Hiei. Kuwabara, où est Yukina?
-Dans sa chambre, tout va bien, je la surveille.
-Merci. »
Il quitte la pièce.
La réunion se poursuit sans lui. Et nous organisons la défense.
J'évite de regarder Kuwabara.
Il n'a pas compris. Hier soir, j'ai cru maîtriser la situation et il l'a retourné à son avantage.
Et c'est énervant. Bien sûr que j'aime quand il me prend dans ses bras, j'adore me retrouver contre ce torse musclé, respirer son parfum.
Mais pas maintenant. Je n'ai pas envie de perdre le contrôle. Et c'est pourtant ce qui arrive à chaque fois qu'il me fait l'amour.
J'ai cette foutue impression de ne plus être un mec! D'être faible.
Lui, me donner de la force? Ce n'est pas le cas.
Je détaille son visage, mon regard s'abaisse vers son cou, sa nuque, ses épaules.
Ses épaules larges que j'aime mordre.
Oh bordel! Mais à quoi je pense! On est en plein milieu d'une réunion stratégique!
J'étais tellement perdu dans mes pensées que je n'ai rien suivi.
« Ok, je vais le faire, dit Kuwa.
-Hein? Faire quoi?
-Explorer l'esprit de Koenma.
-T'es malade! »
Il secoue la tête.
« Il est le seul à savoir ce qui se passe. Et je suis le seul à pouvoir lire son esprit.
-Tu te rappelles quand tu as lu celui de Hiei, tu as ressenti sa douleur. Et il était dans un état bien moins pire que Koenma!
-Je le sais. Je risque de me prendre sa douleur en pleine gueule. Mais c'est le risque à courir. »
Il me fixe.
« Fais-moi confiance, chaton. Pour une fois. »
Je remballe mes protestations mais mes poings se sont serrés sous la table.
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Quand je me réveille, il fait encore jour, je n'ai donc pas dormi très longtemps.
Je sors du lit. Kurama m'a déshabillé et mes vêtements sont pliés sur une chaise non loin.
J'attrape mon pantalon et l'enfile.
Mais qu'est-ce qui se passe? Je... Je n'arrive pas à le fermer!
Et je me rappelle. Le bébé. Je...
Non ! Ce n'est pas possible, j'ai dû faire un rêve. C'est ça, c'est encore ce connard d'Higesu qui m'a fait faire un de ces rêves débiles. Je ne suis pas...
J'effleure mon ventre de la main. Et je sens une autre présence, une autre puissance qui grignote la mienne.
J'ai envie de vomir. Je ne peux pas avoir d'enfant. Je ne veux pas.
Dans un cri de rage, je balance le reste des vêtements sur le sol, suivi de la chaise. Je renverse une petite table.
Je croise mon reflet dans un miroir. Dans ce corps, il y a cette chose. En moi, il y a ce bébé.
D'un coup de poing, je brise cette image.
Et je me laisse tomber sur le sol aux milieux des débris de verres. Ca me coupe les genoux mais je m'en fiche. Ma main saigne, ça m'est égal.
Je suis un péché, une abomination. Je n'aurais jamais dû naître.
Je ne suis que le résultat d'un viol, d'un acte horrible perpétré par ce type. Il n'y a rien de bon qui peut venir de moi. Rien.
Et surtout pas un enfant. Un enfant... Qui me ressemblerait. Qui serait comme moi.
J'attrape la chaise renversée devant moi et je l'envoie valdinguer dans le mur.
« Hiei ! Qu'est-ce...
-C'est de ta faute !
-Hiei, qu'est-ce que tu t'es fait, tu saignes ! Viens, je vais te soigner.
-Non ! »
Il s'approche vers moi doucement. Il a encore ce regard inquiet.
« Ne me touches pas ! »
Mais trop tard, il m'a soulevé dans ses bras.
Et le contact de son corps me calme immédiatement.
Je me mets à pleurer lamentablement sur son épaule.
« Je suis l'enfant d'un viol. Je suis maudit. Et je ne veux pas... »
Je murmure ces mots trop vite pour que Kurama puisse les comprendre.
« Chut, trésor... Je suis là. Tout va bien. »
Non à la fin. Rien ne va. Rien du tout. Higesu est en vie, mon père aussi. Elles sont mortes.
Et moi, moi, je...
« Lâches-moi!
-Trésor... Du calme. »
Il me pose sur le lit mais me serre toujours dans ses bras.
« Lâches-moi ou je te crame!
-Non! Je ne te laisserais plus seul face à tes peurs.
-Dégage! Je te déteste!
-Ca m'est égal, moi je t'aime. Et je t'aimerais quoi qu'il arrive. »
Ces mots agissent comme un sort. J'arrête de le repousser. Et c'est à ce moment qu'il me libère de ses bras.
Et sans un mot, il m'entraîne jusqu'à la salle de bains où il lave mes écorchures.
« Hiei... Je ne sais pas quoi te dire. Ce bébé est là. Que tu le veuilles ou non.
-Je n'en veux pas! »
Ses yeux s'assombrissent légèrement. Il... Ca lui fait de la peine!
Mais je ne comprends pas pourquoi il est heureux. Je ne comprends vraiment pas.
Je me mords les lèvres. Il est heureux. Et qu'est-ce que je peux dire? Qu'est-ce que je peux faire?
J'ai peur. J'ai peur de cette chose que je porte en moi. De cet enfant. De mon image qui se reflétera dans cet être.
Je baisse la tête. Sa main vient de caresser mon ventre.
« Arrêtes!
-Hiei, je t'aime. Et que tu attendes notre enfant, pour moi, c'est... C'est quasiment de l'ordre d'un miracle! Et c'est impossible pour moi de ne pas déborder de joie. Par contre, si j'étais à ta place, je sais que je serais aussi un peu effrayé. »
Ce n'est pas ça, je ne suis pas effrayé, je suis mort de peur.
« Je comprends que tu aies besoin d'un peu de temps... »
Non, il ne comprend pas. Il ne sait pas ce que c'est que de sentir son énergie lui échapper, il ne sait pas ce que c'est que de savoir que dans mon ventre, cette chose bouffe mon énergie comme un parasite.
« Habilles-toi maintenant, trésor. »
J'éclate d'un rire agressif.
« M'habiller ? Regardes ! Je n'arrive même pas à boucler ces satanées ceintures !
-Oh...
-Oh quoi ? »
Il me regarde.
« Rien, je vais te trouver d'autres vêtements. Attends ici. Tu ne bouges pas, hein?
-Est-ce que je peux faire autrement? »
Il se penche et m'embrasse.
Je détourne la tête et écourte le baiser sans qu'il en prenne ombrage.
« Kitsu?
-Oui, trésor.
-Les autres... tu leur as dit?
-Non. Tu veux...
-Tu ne leur dis rien, compris? Je ne veux pas qu'ils sachent! Je ne veux pas!
-Très bien. Mais... »
Il effleure mon ventre de sa main.
« Tu ne pourras pas le cacher indéfiniment. »
Il gagne la porte et sort.
Il ne comprendra pas, je le sais.
A cause de son amour pour moi. A cause? Je shoote encore une fois dans la chaise.
Kurama me dit toujours qu'il m'aime et qu'il m'aimera quoi qu'il arrive.
Je ne mérite pas cet amour mais je l'ai obtenu et c'est maintenant une chose trop précieuse pour que je puisse y renoncer.
J'en ai besoin. J'ai peut-être même plus besoin de lui que lui de moi.
Je ne lui apporte rien. Rien du tout. Alors qu'il me donne tout.
Tout cet amour, cette douceur, cette patience. Tout.
Je pose la main sur mon ventre.
Si seulement ce n'était que l'enfant de Kurama… Pas le mien. Peut-être alors que je pourrais l'aimer.
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« T'es sûr de toi? Hein? Hein? T'es sûr?
-Yusuke!
-Ca va, si on peut rien demander...
-Mais ça fait dix fois en cinq minutes que tu me demandes la même chose! »
Il râle un peu pour montrer son mécontentement et enfonce les mains dans les poches de son jean.
« C'est juste que ça craint.
-Ou que tu ne me fais pas confiance. »
Il ne dément même pas. Et ça me peine vraiment.
Je sais que je suis capable de le faire. Je sais aussi que je risque de déguster.
Mais c'est mieux que de rester à rien faire, à voir mon amant s'affaisser sous le poids qu'il est en train de se poser sur les épaules.
Je l'arrête en passant ma main dans la poche arrière de son jean et l'attire vers moi.
« Kuwa! Putain, on est en plein milieu d'un couloir! »
Je tire encore un peu et son dos vient se plaquer contre mon torse.
« Chaton, je crois que y'a pas une personne ici qui ignore la nature de notre relation. Les yohkais aussi semblent friands de potins.
-C'est pas une raison pour s'exhiber! »
Je lui relève le menton, me penche et l'embrasse dans le cou.
« Tu te rappelles l'époque du collège?
-Ouais, évidemment.
-On se battait presque tous les jours.
-Rectification, Kuwa. Tu te faisais latter tous les jours. »
Je souris et mordille son cou.
« T'étais à moitié yohkai, j'avais aucune chance!
-Pas à cet époque! T'étais nul, c'est tout. »
Je le fais se retourner pour qu'il me fasse face.
« En tous cas, il y a une chose qui n'a pas changé. Peu importe tous les coups que je me prends, c'est toujours de la gnognotte comparé au tiens. Alors, c'est pas l'esprit de Koenma qui va me faire peur, ok? »
Il hoche la tête et se libère de mes bras. Mais il n'a pas l'air convaincu.
Je sais bien que je suis moins fort que lui. Et que je le resterais. Que je serais toujours à des kilomètres de sa puissance. Mais ça ne veut pas dire que je suis faible ou fragile pour autant.
« Yusuke?
-Ah, Kurama.
-Je peux t'emprunter des vêtements?
-Heu, ouais, dans ma chambre.
-Merci. »
Je regarde Kurama et il y a vraiment quelque chose qui ne va pas avec son attitude.
D'habitude, il est le premier à exposer ses idées, à imaginer des plans. Bref, il est toujours le cerveau des opérations.
Mais là, à part Hiei, rien ne semble l'atteindre.
Ces deux-là, ils vivent rien que pour eux, c'en est presque trop exclusif.
« Je vais essayer de lire l'esprit de Koenma, dis-je. »
Il me fixe.
« Bonne chance. Tu fais attention, n'est-ce pas?
-Ouais, t'inquiètes! J'espère choper des infos sur les koorimés. Dis-le au nabot.
-D'accord. Je... Il faut que j'y aille, Hiei est tout seul. »
Et il repart aussi vite. Nous, on continue d'avancer pour gagner la chambre de Koenma.
« Il va finir par le pourrir s'il continue comme ça, commente Yusuke.
-Ouais, comme s'il avait pas déjà un sale caractère.
-Hum. T'as pas eu l'impression que dernièrement, il est devenu pire encore?
-Bof, j'en connais un autre qu'est pas facile non plus.
-Hein? Tu parles de moi, là? »
Je souris.
« Mais je t'aime comme tu es, chaton. »
Il hausse les épaules et je n'ai même pas droit à un « moi aussi ».
J'attrape sa taille et le plaque contre le mur du couloir.
Je l'embrasse soudainement. Ses lèvres s'ouvrent sous les miennes. Nos langues se rencontrent. Ma main se dans la poche arrière de son jean.
Et il me repousse à ce moment-là.
« Bordel, arrêtes ! Tu comprends pas que je n'aime pas ça ! »
C'est un choc sans précédent. Il n'aime pas ça ? Il n'aime pas quoi ?
« Putain, Yusuke. Ca... Ca... »
Je n'arrive pas à parler tellement je suis heurté.
Je recule d'un pas.
« Je ne m'attendais pas à ça. Je... Merde, je sais que tu ne m'aimes pas comme je t'aime! Mais que tu puisses détester que je te touche, ça, non...
-C'est pas...
-C'est quoi que tu ressens pour moi? De la pitié? Ou t'avais juste envie de te faire sauter?
-Putain d'enfoiré! »
Il me chope par le col.
Je sais déjà que je suis en train de tout gâcher mais je ne peux pas lui pardonner ce qu'il vient de dire.
Et je comprends qu'il n'y a rien à gâcher parce qu'il n'y a jamais rien eu.
Juste une connerie de rêve. A la base, il n'y a eu que ça!
« Lâches-moi, c'est bon, j'ai compris. Je me demande d'ailleurs comment j'ai pu être aussi aveugle ! »
Je ricane tristement. Avec mon don, je n'ai même pas vu ça.
C'était pourtant clair. A part le sexe, il n'y avait rien !
« J'ai vraiment envie de te cogner, là maintenant Kuwa. Juste pour me défouler. Comme au temps du collège.
-Qu'est-ce que t'attends? Tu sais très bien que je suis faible face à toi ! »
Il s'arrête, ses yeux s'écarquillent légèrement.
« Faible! crie-t-il. C'est toi qui te sens faible? C'est pourtant moi qui écarte les cuisses, abruti! »
Quoi? Quoi? Mais quel est le rapport? Non, ce n'est quand même pas ça !
« Est-ce que t'as la moindre idée de ce que ça me fait? Non, bien sûr que non! Alors, viens pas me raconter des conneries ! »
J'arrive enfin à me dégager.
« Ravi d'avoir eu cette conversation avec toi, dis-je en lui tournant le dos. Sinon, j'aurais continué à croire qu'il y avait de l'espoir comme un imbécile. »
Je fais quelques pas et m'arrête.
« Tu sais, Yusuke, je t'ai toujours fait l'amour parce que je t'aimais. Je n'ai jamais pensé que tu pouvais trouver ça humiliant.
-Attends, Kuwa... Je... C'est pas... Enfin, si mais...
-Laisses tomber. T'as été parfaitement clair. C'est fini entre nous.»
Je continue à marcher et je sais qu'il ne bouge pas, qu'il ne me rattrapera pas. Je sais qu'il ne viendra pas me dire qu'il est désolé.
Et je sais aussi que je ne peux pas faire demi-tour pour m'excuser.
Je suis anéanti, totalement anéanti.
Pourtant, j'aurais du le savoir. J'aurais du comprendre.
Le fait qu'il ne me dise jamais « je t'aime », qu'il ne soit jamais tendre, qu'il me repousse sans arrêt. Jusqu'à sa façon d'étouffer ses cris quand on fait l'amour comme s'il avait honte.
Mais à quoi je m'attendais? Il n'était pas gay au départ !
Quand j'arrive à la chambre de Koenma, je me sens comme le plus misérable des hommes.
Rien ne peut me faire davantage de mal, alors j'approche une chaise du lit, je me laisse tomber dessus.
Je tends la main. C'est fini, c'est fini. Et merde! Même si je savais que ça pouvait se produire, je ne pensais pas que ça me ferait autant de mal!
Je pose la main sur le front de Koenma. Rien ne peut plus me blesser désormais.
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Notre départ précipité du ningenkai ne m'a pas permis d'emporter beaucoup d'affaires. Heureusement que Yusuke en avait déjà transporté un peu dans le makai.
Je sors de la chambre, une pile de vêtements sur les bras.
« Kurama? Je vous cherchais.
-Docteur.
-J'ai analysé le sang de Hiei. Selon mes calculs, sa grossesse date de deux mois et demi. »
Je le regarde et je me penche sur le papier qu'il tient.
« Il doit y avoir une erreur, dis-je.
-Aucune. Pourquoi?
-Parce que... Parce que nous ne sommes ensembles que depuis un mois! C'est impossible que... »
Uméda fait une grimace.
« C'est pas le genre de nouvelle que j'aime apporter à mes patients, dit-il. Mais... si c'est comme ça, vous ne pouvez pas être...
-Mais c'est quand même impossible! dis-je. Hiei n'a jamais eu personne avant moi. Personne! Votre test est faux! »
Il regarde la feuille, relis les chiffres.
« Une idée de la durée de la gestation chez les koorimés et les démons de feu? demande-t-il.
-Pas la moindre. Chez les yohkais, en général, elle est proche de celle des humains, non?
-En général comme vous dîtes. »
Il pousse un soupir.
« Je vais refaire le test. Et on y verra plus clair avec l'échographie. »
Je n'ai pas le temps de répondre qu'une sonnerie se fait entendre, venant de la poche de sa blouse.
« C'est quoi?
-Je dois y aller! »
Il se met à courir et se précipite dans les escaliers. Je me demande ce qu'il se passe.
Deux mois et demi... C'est impossible, impossible.
J'ouvre la porte de ma chambre et je regarde Hiei. Sa taille est moins marquée qu'avant.
« Un problème? demande mon trésor soutenant mon regard.
-Non. Non, pas vraiment, dis-je en lui tendant les vêtements qu'il enfile. »
Il replie les jambes du jean pour les mettre à la bonne longueur.
Je le contemple. J'adore quand il est habillé humainement, il est encore plus craquant.
Cette première nuit qu'on a passé ensemble, au domaine de Genkai, je m'en rappelle.
Il a accepté que je le touche avec tellement de facilité que ça m'a déconcerté quelques secondes. Mais il a accepté parce que c'était moi et personne d'autre.
Ce n'est pas de la fierté mal placée ou de la jalousie mais je suis persuadé d'avoir été son premier amant.
Non seulement il ne m'aurait pas menti à ce sujet mais en plus, j'ai été parfaitement capable de m'en apercevoir cette nuit-là.
« Qu'est-ce que tu as? »
Je dois être en train de le déshabiller du regard depuis plusieurs minutes et il me fixe d'un air renfrogné. »
« Rien. Je t'aime, c'est tout. »
Je m'approche de lui et bascule sa tête en arrière avant d'attraper ses lèvres entre les miennes.
« Je t'aime, Hiei. »
Je le vois hésiter à me répondre. Et je l'embrasse encore.
« Je t'aime aussi, murmure-t-il en me repoussant. »
Il me délaisse et sort de la chambre.
« Où vas-tu?
-Voir ma soeur. »
Deux mois et demi. Impossible.
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Je rêve ou je viens de me faire plaquer? Nan, j'y crois pas. Je viens réellement de me faire plaquer?
Mais je vais vraiment le cogner, cet idiot!
Il... Il... Bon, d'accord, j'ai parlé avant de réfléchir mais c'est ce que je fais toujours. Et il me connaît.
Et puis... Et puis, c'est lui qui a tout pris de travers! Je n'ai pas dit que je n'aimais pas qu'il me touche, enfin, si je l'ai dit.
Mais... Oh merde... Je le regarde partir.
Bouge tes pieds, rattrape-le! Allez!
C'est pas le moment de réfléchir, fonce comme tu le fais d'habitude.
Et rien, je suis toujours au milieu de ce couloir et il a disparu.
Ben cours! Cours, trouve-le, parle-lui, fais quelque chose!
J'ai beau me donner des conseils, mon corps n'obéit pas du tout.
Parce que je ne réalise vraiment pas ce qui vient de se passer.
Il n'y a qu'une chose qui m'atteigne, brusquement. Je me sens seul, abandonné et...
Faible. Minable. Pathétique. Lamentable.
Il vient de me quitter, je suis seul.
Je ne sais pas combien de temps je reste planté au milieu de ce couloir, attendant de le voir revenir, attendant de trouver le courage d'aller le retrouver.
Je ne savais pas que le temps s'allongeait indéfiniment lorsque qu'on vient de perdre la personne qu'on aime.
Je l'aime. Je... Je crois que je ne lui ai jamais dit!
Non, c'est pas possible, je dois lui avoir dit à un moment ou à un autre, non? C'est le genre de truc qu'on dit d'habitude.
Lui, il me l'a dit. Et à chaque fois, j'ai répondu « Moi aussi » comme si ça suffisait amplement.
Mais il a lu dans mes pensées, il ne savait alors je ne ressentais sans doute pas le besoin de lui dire.
Je n'ai jamais dit ces mots-là. Parce que je croyais que c'était acquis, que Kuwa était avec moi et que ça ne changerait pas. Jamais.
Est-ce que je ne me serais pas comporté comme le plus grand imbécile qui soit pour ne pas changer?
J'entends des pas précipités et je sursaute. Je me retourne et Uméda me croise en courant.
« Qu'est-ce qui se passe? »
Je le rattrape en quelques foulées.
« Y'a un problème avec Koenma! crie-t-il.
-Quoi? »
Qu'est-ce que Kuwa a encore foutu? Merde!
Je devance le doc, et j'ouvre la chambre violemment.
Les machines qui entourent Koenma sont toutes devenues folles, émettant des bruits stridents.
Et Kuwabara est sur le sol.
Non! Je l'attrape et le secoue.
« Kuwa? Kuwa? Putain réveilles-toi ou je te cogne! »
Ses paupières ne bougent pas.
Je savais que c'était de la connerie! Je savais que c'était dangereux!
« Qu'est-ce qu'il a fait? crie Uméda en arrivant près de Koenma. Réponds!
-J'en sais rien! Il devait juste lire son esprit.
-Merde, marmonne Uméda. »
Les machines se calment alors que le doc s'active. Et je serre toujours Kuwa contre moi.
Je vois la poitrine de Koenma s'élever et s'abaisser régulièrement sous l'oxygène insufflé artificiellement dans ses poumons.
Je respire moi aussi.
« Il va bien, dis-je. Tant mieux. Bravo, doc.
-Il ne va pas bien du tout! rétorque Uméda. Il est en mort cérébrale.
-Hein? »
Il ne réponds pas.
C'est quoi une mort cérébrale? C'est quoi?
Kuwa bouge enfin dans mes bras, il pousse un grognement et porte la main à sa tête.
Malgré la situation, je me mets à débiter tous les mots que j'ai tu avant.
Ce n'est pas le bon moment mais je m'en fous! Il faut que je lui dise.
« Kuwa? Tu m'entends? Je suis désolé, je suis vraiment désolé. »
Il me regarde et son regard semble passer à travers moi.
« Je ne voulais pas dire ça... J'aime quand tu me fais l'amour et... »
Un léger sourire vient de naître sur ses lèvres.
« Kuwa?
-Je viens de gagner mon pari.
-Quoi?
-J'avais parié que tu étais uké, mais Botan soutenait le contraire, que ça ne collait pas avec ton caractère. Tu viens de me faire gagner un dîner.
-Quoi? »
Ce qui est sans doute le seul mot que je peux dire puisque je ne comprends rien à ce qu'il raconte.
Il sourit encore et son regard se tourne vers Uméda.
« Surtout ne me débranchez pas! dit-il. »
Il me pousse gentiment et se lève.
« Ce n'est peut-être qu'une carcasse vide mais j'aimerais bien pouvoir y retourner dès que je le pourrais. »
Je crois que mes yeux viennent de tomber et de rouler sur le sol tellement ils se sont écarquillés.
« Ko... Koenma? »
Il hoche la tête. Mais qu'est-ce que c'est que ce truc? Je rêve? Oui, c'est ça, je suis en train de rêver et c'est ce connard d'Higesu le responsable!
« Ca suffit! Montre-toi le blondinet, ça ne prend pas!
-Yusuke, c'est la réalité. Je suis vraiment Koenma.
-Mais oui bien sûr. Tu te fous de ma gueule? »
Il secoue la tête. Et j'essaie de réfléchir. Je n'ai pas détecté d'odeur bizarre. Je n'ai pas le sentiment d'être endormi non plus. Je... Je n'ai pas accès à un stade de conscience supérieure. Donc, ça doit vouloir dire que je suis vraiment réveillé.
Et que c'est un cauchemar cette réalité!
« Nan... Koenma?
-Désolé mais je n'ai pas pu faire autrement.
-Où est Kuwa?
-Je crois que je l'ai un peu trop bousculé. Et qu'il est encore ébranlé. Mais il va bien, ne t'inquiètes pas. »
Ne pas m'inquiéter? Ne pas m'inquiéter?
Et je fais ça comment?
« On n'a pas le temps, dit Koenma. Tu peux appeler Hiei et Kurama? On ne tiendra pas très longtemps à deux dans ce corps. »
Le regard que je lui porte est sans doute toujours effaré parce qu'il s'avance vers moi et me tape sur l'épaule.
« Maintenant, Yusuke. Pas l'année prochaine.
-Hein? Heu, oui. »
Je le regarde encore. C'est Koenma qui est là, dans le corps de Kuwabara. Dans le corps de mon amant. Ex-amant.
Hé non, pas ex-amant! Hors de question de je le laisse me plaquer comme ça!
« Yusuke, arrêtes de me fixer comme ça. J'ai les pensées de Kuwabara qui m'influencent et je suis en train de commencer à te trouver sexy. Alors, par pitié, vas chercher Kurama et Hiei! »
Je le regarde toujours puis je souris.
« Kuwa, si tu m'entends. J'ai trois mots très spéciaux à te dire dès que tu seras... hum... seul.
-Dépêches-toi, bon sang! Et sors de cette pièce à reculons! J'ai pas envie de penser que t'as un joli...
-Stop! J'y vais! »
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« Koenma?
-Oui.
-Non, c'est vrai? Koenma?
-Bon, ça va! Oui, c'est moi. Asseyez-vous maintenant. »
Hiei regarde Koenma/Kuwabara et un sourire ironique vient se former sur ses lèvres.
« T'étais vraiment désespéré, commente-t-il. »
Je souris et je m'installe sur un fauteuil où Hiei vient me rejoindre, assis sur l'accoudoir.
Yusuke se laisse tomber sur le canapé.
« Botan? demande-t-il. »
Le visage de Kuwabara prend une expression peinée et coupable.
« Ils ont tiré sur nous et elle... Elle a été touchée par une boule d'énergie. Elle est tombée... Et elle s'est fait capturer...»
Il s'arrête. Malgré qu'il soit dans le corps de Kuwabara, le ton de la voix est exactement celui de Koenma, légèrement princier et en même temps enfantin. Même si ses mots sont tristes.
Il secoue la tête.
« Je n'ai pas beaucoup de temps. Je vais donc vous en dire le maximum.
-Pourquoi les koorimés ? demande Hiei. Pourquoi ils les ont tuées ?
-Régulation de la population, répond Koenma.
-Hein? Ca veut dire quoi?
-Hiei, s'il te plait. »
Je pose la main sur son avant-bras.
« L'alerte lancée par le huitième sceau, le soi-disant danger, ce n'est pas quelque chose d'immédiat, c'est à plus long terme. »
Il s'arrête et comme personne ne l'interrompt, il reprend.
« Pour que vous compreniez, je suis obligé de remonter à une époque très lointaine. Il y a plus de dix mille ans, les femmes des glaces n'étaient pas isolées. Elles vivaient avec les autres yohkais. »
Je me penche en avant, ça, je l'ignorais et je vois que Hiei est pareillement intéressé.
« Et elles ont développé la capacité de se reproduire seules. Mais elles avaient toujours des relations avec les autres yohkais et il paraît qu'il y a eu beaucoup de naissances de jumeaux comme Hiei et Yukina. Et une légère augmentation du nombre de yohkais.
Mon père y a vu un problème parce que cette accroissement démographique n'était pas prêt de s'arrêter. Ca lui a fait peur. Et...
Ca a été une chasse aux sorcières. Ils ont tué tous les enfants et une bonne partie des femmes des glaces. Les survivantes ont été enfermées dans ce château.
Et petit à petit, le massacre a été oubliée. Il n'est resté que les interdits que mon père leur avait imposés. De vivre en dehors du monde, de ne pas avoir de contact avec les autres yohkais... Et le fait que c'était un péché que de rompre ces règles, dit-il en regardant Hiei. »
Le visage de mon trésor est inexpressif.
Mais ses poings se sont serrés. Je le fais basculer sur mes genoux et il ne proteste pas, son regard toujours fixé sur Koenma.
« Les enfants mâles ont été considérés comme un péché. Pardon mais c'est le mot...
-Continue! ordonne Hiei sans broncher.
-C'est ce que mon père leur a fait croire. Et aussi le fait que les garçons n'avaient pas de lien avec elles et qu'ils devaient être supprimer. »
Je vois les lèvres se Hiei se pincer. Je connais son histoire. Le viol de sa mère, les sorts, la chute. Et je sais qu'il pense à ça maintenant.
« J'ai découvert à quoi servait les sceaux. C'était un moyen de prévenir le royaume de la venue d'un nouveau péché selon eux. »
Je serre un peu plus Hiei dans mes bras et demande:
« Elles étaient surveillées? »
Koenma hoche la tête.
« Je vous ai dit qu'il y avait sept sceaux, n'est-ce pas? Et qu'ils avaient tous été désactivés. J'ai poussé un peu mes recherches et les dates d'arrêt des six premiers correspondent aux dates de la mort des enfants mâles. Certains sont morts à cause de la chute, les autres n'ont pas survécu bien longtemps, tués par des yohkais. Des yohkais sans doute employés par mon père.
-Sauf Hiei, dis-je.
-Hiei était le septième sceau. Et il semblerait qu'une erreur se soit produite. Parce qu'ils t'ont déclaré mort. Selon le vieux rapport que j'ai trouvé, le hunter a déclaré que tu n'avais pas survécu à la chute.
-Pourquoi a-t-il menti? »
Koenma hausse les épaules en signe d'ignorance.
« Aucune idée. Peut-être que c'était un type un peu plus sensible que les autres et qu'il n'avait pas le coeur à tuer un nouveau-né? »
A la mention de nouveau-né, je vois la main de Hiei se glisser furtivement sur son ventre et une grimace vient se placer sur son visage.
« Si je résume, fait Yusuke. Ils ont tué les koorimés tout simplement parce que l'une d'entre elles allait avoir des jumeaux ! Pourquoi maintenant? Alors que leur plan a si bien marché jusque là? »
Je jette un regard à Hiei, à sa main posée sur son ventre.
« Trésor... »
Il se tourne vers moi. Lui aussi vient de comprendre.
« Non..., souffle-t-il en secouant la tête. »
Sa main se crispe sur son ventre.
« Dakuru Key, continue Koenma. Ce n'était pas un nom, c'était un code.
-Double clé, c'est ça?
-C'est ce que j'ai cru mais c'était une mauvaise interprétation. Double K. Kodomo Koorimé. Enfant de femme des glaces. Et... Kuwabara? »
Koenma s'arrête. Et quand il reprend la parole, je devine que c'est Kuwabara qui parle.
« Ils n'ont pas réussi, dit-il. Ils n'ont pas éliminé la menace. L'enfant est toujours vivant! Bon dieu, c'est logique que je n'arrivais pas à le détecter! Ce n'est pas un démon parasite, c'est... »
Il fait une pause.
« Elles sont toutes mortes, n'est-ce pas? Alors, comment l'enfant peut être encore vivant?
-Yukina, dit Yusuke. »
Je m'apprête à parler mais Hiei secoue la tête, ses yeux sont agrandis l'angoisse provoquée par ce qu'il vient de réaliser.
« Pas possible, poursuit Kuwa. Toyha et elle en sont encore au stade de rougir quand ils se tiennent par la main.
-Ben qui alors? »
Les mains de Hiei sont venues s'accrocher à moi. L'expression sur son visage est effrayée. Et je suis encore étonné de voir cette frayeur se poser sur ses traits. Il n'arrive plus à cacher ses peurs. Et je sais combien c'est pire pour lui que de ne pas arriver à les maîtriser, de les montrer aux autres.
« Il faut les mettre au courant, trésor, dis-je en chuchotant.
-C'est... C'est de ma faute! Si elles sont mortes... »
Et les larmes commencent à perler à ses yeux et à rouler sur ses joues. Il passe rageusement le bras sur son visage pour les essuyer mais elles se remettent à couler de plus belle.
Yusuke et Kuwabara s'en aperçoivent et ils se font silencieux alors que les sanglots de Hiei résonnent dans la pièce.
« En fait, dis-je.
-Non!
-Trésor...
-Non! »
J'attrape son visage entre mes mains.
« Tu n'es pas responsable! C'est eux! C'est Enma!
-Responsable de quoi? demande Yusuke.
-Qu'est-ce que vous nous cachez? demande Koenma la voix ayant changée.
-Ce n'est pas...
-Non! »
Il a hurlé, il s'arrache maintenant de mes bras et sort de la pièce en courant.
« Mais qu'est-ce qui se passe?
-Ce n'est pas une femme des glaces qui... C'est Hiei.
-Quoi, Hiei?
-C'est Hiei qui va avoir un bébé. »
Ils sont sans voix et je les comprends. Leurs regards vont vers la porte que Hiei a claqué quelques secondes auparavant.
« Et c'est arrivé comment ? questionne Yusuke.
-Je vais quand même pas te faire un dessin, non ?
-Rhaa, c'est pas ce que…
-Je sais, je sais. »
Et je leur répète les paroles du docteur Uméda. Et ils demeurent tout aussi étonnés.
« Ca explique pas mal de choses, dit Koenma.
-C'est à dire?
-Et bien, je suis sûr que mon père était au courant de cette capacité des enfants mâles et il a eu peur d'une explosion démographique. D'où la nécessité de supprimer tous les garçons.
-Mais il a oublié Hiei.
-En effet. »
Il baisse la tête et se masse les tempes.
« Je ne vais pas tenir encore bien longtemps, dit-il. Mais... ils doivent être au courant de l'existence de Hiei maintenant, je doute que Botan... »
Il pose ses coudes sur ses genoux et serre sa tête entre ses mains.
Il la relève brusquement en émettant un petit rire étrange.
« Si Hiei va avoir un bébé, ça veut dire qu'il est... J'ai gagné deux dîners! »
Il nous regarde.
« Vous me la retrouverez, n'est-ce pas? Elle ne va pas s'en tirer sans honorer ces paris... Elle ne peut pas.
-On la retrouvera, répond Yusuke.
-Bien. »
Il cligne des yeux plusieurs fois avant de s'affaisser brusquement sur le canapé.
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Kuwa vient de se réveiller.
« Comment tu te sens?
-Mal à la tête mais au moins je suis seul là-dedans. »
Il se lève brusquement et vacille un peu.
« Hé! Demandes si t'as besoin d'aide, dis-je en lui prenant le bras. »
Il me repousse.
« Pas de ton aide à toi.
-Ca veut dire quoi, ça?
-Ca veut dire que je n'ai pas oublié ce qui s'est passé dans ce couloir. »
Il sort de la pièce. Et je le suis à distance jusque dans notre chambre.
Quand je referme la porte derrière moi, il prend enfin en compte ma présence.
« Tu fais quoi là?
-Comment ça je fais quoi? C'est aussi ma chambre, je te signale.
-C'est vrai. »
Il s'était laissé tombé sur le lit et il se relève, attrape un oreiller.
« Je peux savoir où tu vas?
-Squatter quelque part ailleurs.
-Attends Kuwa! Ce que j'ai dit tout à l'heure, je... je ne le pensais pas vraiment. Donc, enfin, tu vois... »
Je suis en train de m'emmêler lamentablement. Aussi, je cesse de réfléchir et je l'attrape par le col, le forçant à baisser la tête et je l'embrasse.
Il ne me rend pas mon baiser et relève la tête.
« Yusuke, dit-il. Ca ne marche pas comme ça. Je n'ai pas envie d'une réconciliation sur l'oreiller.
-Qu'est-ce que tu veux alors? »
Il se tait, me regarde. Et j'attends.
« Je vais te demander quelque chose de difficile. Je te demande de réfléchir.
-A quoi?
-A ce que tu attends vraiment de cette relation. Parce que j'en ai assez de la prendre au sérieux pour deux et qu'il serait temps que tu t'y mettes.
-Mais je la prends au sérieux! »
Il secoue la tête et me pousse.
« Kuwa! Bordel, arrêtes ça! Tu ne vas pas me quitter!
-Je ne te quitte pas, Yusuke. Pas vraiment. Je te laisse l'occasion de décider si tu veux réellement de moi ou non. »
Réellement? Bon dieu, bien sûr que je le veux. Là, maintenant. Je veux lui dire que je l'aime, que j'ai envie de lui, que... Et j'aimerais bien que ma bouche suive mes pensées et se mette à articuler ces putains de mots!
« Jusqu'à maintenant, c'est moi qui t'ai imposé cet amour. Tu n'as rien fait pour le repousser mais je me demande si tu as vraiment accepté tout ce qu'il comporte, dit-il. Réfléchis-y, ça vaut mieux pour l'instant. »
Sa voix est empreinte de lassitude quand il dit ses mots. Et il sort sans même me regarder une dernière fois.
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Hiei s'est réfugié dans la chambre. Il ne pleure plus mais il s'est recroquevillé sur le rebord de la fenêtre.
Je m'approche et le prend dans mes bras.
Il se laisse aller comme une poupée de chiffon contre moi.
Ca fait beaucoup trop, n'est pas trésor?
Même pour toi, ça fait trop.
Et pour moi aussi. Je ne te vois que souffrir douloureusement dernièrement. Alors que je pensais te voir sourire, être heureux. T'épanouir petit à petit.
Je le dépose dans le lit. Et je me rend compte que ma main est venue se placer sur son ventre inconsciemment.
Mais il ne fait rien pour m'en empêcher. Aussi, je caresse son ventre lentement.
Et il me fixe de ses yeux rouges lorsque je fais ce geste.
« Tu es toujours heureux? demande-t-il. Même maintenant? »
Je ne sais pas. C'est vrai, je ne sais pas. Mes sentiments sont troubles.
C'est cet enfant qui a déclenchée la guerre avec le royaume. C'est notre amour qui a conduit au massacre des femmes des glaces.
Je sais que Hiei se sent coupable de ça. Mais moi, je ne veux pas de ce poison.
« Ils viendront nous attaquer, dit-il. A cause de cette chose. »
Je n'aime pas l'entendre parler ainsi du bébé.
« Alors, je te protégerai, je vous protégerai tous les deux. »
Je refuse la culpabilité. Mon amour pour Hiei est trop beau, trop précieux pour être gâcher de la sorte.
« Hiei. Pardonnes-moi mais je suis toujours heureux. Et je t'aime. »
Il émet un petit reniflement qui pourrait ressembler à du mépris si je ne savais que c'était une marque de soulagement.
J'embrasse son visage, l'obligeant à clore ses paupières.
J'ai du m'endormir moi aussi. Mais quand je me réveille, mes bras sont vides.
Hiei s'est sans doute éclipsé pour trouver de la nourriture.
Le brin d'herbe à mon poignet est calme, ça me rassure. Je sors et le silence qui règne dans la demeure me paraît pesant. Je n'entends pas le moindre bruit.
Pourtant, il devrait y avoir des sons quelconques. Les hommes d'Enki qui montent la garde.
Ou alors ils sont vraiment efficaces et effectivement très discrets.
Je longe les murs essayant de repérer Hiei. Et je le trouve enfin, assis devant une fenêtre ouverte.
« Trésor ? »
Je m'avance vers lui.
« Vas-t-en…»
J'hésite. Je peux comprendre qu'il ait besoin de solitude. Je n'ai pas arrêter de l'étouffer.
Mais je me suis promis de ne plus le laisser seul. Et en plus, avec son énergie qui fluctue, il fait une cible bien trop facile.
« Hiei ? »
Il murmure quelque chose que je ne comprends pas tout de suite. Puis je démêle les mots.
« Et si ce n'était pas toi ? »
Je secoue la tête. Il y a bien une idée qui me traverse l'esprit. Mais je ne veux pas y croire.
Mon cœur fait comme un nœud dans mon corps. Deux mois et demi? Une erreur! Juste une erreur!
« Si ce n'était pas moi… Qu'est-ce que tu veux dire, Hiei ? »
Il ne répond pas.
« Hiei ! Par pitié ! Dis-moi !
-Si c'était Higesu… le père… »
Je me précipite vers lui.
« Hiei ! Reviens un peu à la réalité ! Il ne t'a pas touché ! Il n'en a pas eu le temps !
-Mais dans les rêves, il… »
Son regard retourne observer la nuit. Et son visage est impassible.
Je ne savais pas. Je ne savais pas que dans ces cauchemars, il…
« Je ne voulais pas que tu saches, je ne voulais pas. »
Il plante ses yeux dans les miens.
« Tu ne m'aimes plus maintenant. Je te dégoûte, je le vois. »
S'il y a une expression sur mon visage, ce n'est certainement pas du dégoût, c'est de la peine.
J'ai mal pour lui. J'aurais toujours mal pour lui.
« Trésor, je t'aime. Je t'aimerais… »
Je m'arrête soudainement.
« Tu m'aimeras toujours ? Des mots, rien que des mots ! »
Je me recule insensiblement. Et j'essaie discrètement de sortir mon fouet.
Le fait que je n'y arrive pas me confirme ce que je soupçonnais.
« Ca t'amuse tant que ça ?
-Quoi ?
-De torturer mentalement tes victimes, de viser consciencieusement leurs points faibles. »
Un sourire mauvais se place sur les lèvres de Hiei.
« Tu réagis plutôt vite cette fois-ci, dit Higesu car c'est bien lui. Mais arrêtes d'essayer de sortir ton fouet en douce, ça ne marche pas !
-Et toi, tu as baissé. Un mensonge comme ça ne prend pas ! »
Même si le mal est déjà fait. Je doute. Deux mois et demi? Non, c'est impossible! Même pour Higesu.
Il éclate de rire. Et je me rends compte à quel point ce rire peut être différent de celui de Hiei.
« Tu te crois très intelligent, n'est-ce pas Kurama ? Si perspicace. Mais on dirait que tu te sur-estimes. Ce n'est pas un mensonge.
-Tu ne l'as pas touché ! Jamais ! »
Mais je doute toujours.
Il sourit et se laisse glisser sur le sol.
« Pas dans la réalité, c'est vrai. Mais réfléchis un peu, je peux parfaitement infliger des blessures qui se répercutent sur le corps dans mes rêves. »
Il ne m'apprend rien, je recule un peu quand il avance vers moi.
« Alors, crois-tu que c'est impossible que j'ai pu engrosser ton si précieux trésor ?
-C'est faux ! Tu ne l'as pas touché ! Même pas en rêve ! »
Il sourit toujours.
« C'est quelque chose qu'il a gardé pour lui, j'imagine. Il devait avoir tellement honte. Mais dans les premiers rêves, quand il croyait que c'était toi, il a écarté les jambes facilement.
-Enfoiré ! Tu…
-Il criait beaucoup, et il murmurait ton nom sans arrêt. Dans les rêves suivants, quand il a compris, il pleurait. Et il suppliait. Et il ne t'a rien dit ? Quel petit cachottier ! »
Je me jette sur lui. Et je suis repoussé par un coup de poing qui m'envoie valser à l'autre bout du couloir.
Je me relève. Je n'ai jamais été dans une telle rage. Je veux le tuer. Je vais le tuer.
Il lance son sabre et je l'évite en roulant sur le sol.
Je n'ai aucun pouvoir ici. Ce que je dois faire, c'est gagner un stade de conscience supérieure.
Car je sais maintenant que je suis toujours endormi.
« Hiei ! Hiei ! HIEI ! »
Higesu me regarde sans rien dire. J'agite le bracelet d'herbe à mon poignet.
Et mon ennemi comprend ce que je suis en train de faire.
Des flammes viennent de m'encercler.
Et je suis dans les bras de Hiei qui me regarde.
« Kitsu ? »
Je jette un coup d'œil circulaire, je suis dans la chambre, avec Hiei.
« Tu criais mon nom. Qu'est-ce que… »
Je le repousse brutalement et plaque mes mains sur mon visage.
« Pourquoi tu ne me l'as pas dit ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?
-Te dire quoi ?
-Pourquoi tu préfères souffrir en silence ? Pourquoi tu ne me fais pas confiance ? Je t'aime tellement, Hiei ! Et tu… »
Je m'arrête. Ce n'est pas vrai, voilà que je pleure maintenant.
Je ne pleure pas pour moi, je pleure pour Hiei, pour toutes ses souffrances qu'il endure sans dire un mot. Je pleure de rage à l'idée que cet enfant n'est peut-être pas...
Non, je ne veux pas y penser! Même pour Higesu, les dates ne correspondent pas!
C'est juste une erreur!
Hiei s'approche et me serre contre lui maladroitement.
« Kitsu, arrêtes. »
Il passe sa main dans mes cheveux.
« S'il te plaît, arrêtes. Je suis nul dans ce genre de situation. »
Il caresse mon dos avec des gestes circulaires.
Je me calme. C'était un mensonge. Higesu ment. Hiei me l'aurait dit si…
Me l'aurait-il vraiment dit ?
Pour Hiei, parler n'est pas évident. Même si depuis que nous sommes ensembles il a fait des progrès, il garde toujours pour lui ses faiblesses.
Higesu l'a violé et il ne m'a rien dit.
Non, c'est faux, je suis en train de me faire contaminer par les mensonges d'Higesu.
Il voulait jeter le trouble dans mon esprit, rien de ce qu'il a dit n'était vrai.
Je repense à ce qu'à dit Kuwabara quand il était entré dans l'esprit de Hiei, qu'il n'avait pas pu tout lire.
Higesu a réussi, le doute s'insinue en moi.
Je n'ai qu'une chose à faire, lever la tête et demander à Hiei.
Mais je n'y arrive pas.
Sa réaction ! Mon dieu, est-ce parce qu'il a peur que ce bébé soit celui d'Higesu ?
Est-ce pour ça ?
Je revois la scène devant le docteur quand Hiei a murmuré doucement « l'enfant de Kurama… », à ce moment-là, une incertitude est peut-être venue aussi jouer les troubles-fêtes dans son esprit.
« Kitsu, faudrait qu'on arrête de pleurer, ça va nuire à notre réputation. »
J'ai un petit rire sans joie.
Il me l'aurait dit. Ou je l'aurais deviné.
Cette première nuit avec lui, il y avait de l'appréhension mais pas de peur. Et ce n'est pas comme ça qu'agirait quelqu'un qui a été violé même en rêve.
Mais c'est Hiei. Mon trésor toujours si fort pour cacher ce qui ne va pas.
Non! Je l'aurais ressenti. Higesu ne l'a pas touché. Ce n'est qu'un mensonge.
Un mensonge.
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A suivre...
Que dire, que dire? Si ce n'est que mes chapitres deviennent de plus en plus longs! Mais comme je voulais absolument terminer sur ce rêve d'Higesu pour celui-là, ça vous fait pas mal de lecture.
En tous cas, je me suis bien fait plaisir à casser un peu le couple Yusuke/Kuwa.
Et Hiei et Kurama... brr... les pauvres, je suis vraiment méchant!
Sinon, une petite explication sur Daburu Key, Daburu veut dire double (c'est le mot anglais prononcé à la japonaise) et Key est en fait la lettre K (prononcé en anglais). Je suppose ici que Koenma n'a fait qu'entendre ce nom (ou ce code) et ne l'a pas vu écrit d'où la mauvaise interprétation qui en découle.
Voilà, une grande partie du mystère est dévoilée maintenant. Et le reste suivra.
Merci pour vos reviews sur le chapitre cinq. Je n'ai pas le temps d'y répondre donc je vous dit juste encore un grand merci et...
A plus et laissez des reviews!
