Auteur : kaneda26
Origine : Yuyu Hakusho
Genre : yaoi.
Couple : Hiei et Kurama évidemment ! Et Yusuke et Kuwabara.
Disclaimer : Non, ils ne sont toujours pas à moi… Je ne fais que les voler !
Note : bon, juste une petite précision. Les chambres où sont installés Yusuke, Kuwa, Hiei, Kurama...etc sont toutes situées du même côté du couloir. De l'autre côté, le couloir a des fenêtres qui donnent sur l'extérieur. Vous vous demandez ce que ça peut bien faire? Ben, c'est une précision utile pour se représenter ce qui se passe dans ce chapitre, c'est tout.
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Le dernier péché
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Chapitre Sept-----
Je pose le menton sur l'épaule de Hiei. J'aimerais avoir le don de Kuwabara pour savoir tout ce qu'il me cache.
Ca doit être pratique de ne rien ignorer de l'autre. A quoi pense Hiei à cet intant ?
Mes larmes se sont taries.
Il m'allonge et remonte la couverture sur nous.
Mais ses yeux demeurent grands ouverts, me fixant. Le jour vient à peine de tomber.
« Hiei? Tu veux que j'aille te chercher quelque chose à manger?
-Hn. Plus tard. »
Il tourne la tête vers la fenêtre.
« Il déjà nuit, constate-t-il. »
Il me serre un peu plus contre lui. Si cette sieste a eu un effet apaisant sur lui, pour moi, c'est tout le contraire.
Je le pousse.
« Je vais te chercher à manger, dis-je.
-Non. »
Il me rattrape dans ses bras.
Et je me rends compte que son corps est diablement chaud.
« J'ai pas envie de manger. J'ai envie... de toi, murmure-t-il. »
Il se colle contre mon dos, ses cheveux caressant mon cou.
Il a noué ses mains autour de ma taille.
«J'ai envie de toi, maintenant, Kitsu. »
Il n'y a pas que les sautes d'humeur, les nausées et la fatigue. Il y a aussi un autre symptôme que j'avais oublié.
Et je comprends la passion de nos derniers ébats, sa façon butée de réclamer que je lui fasse l'amour.
« Hiei, je ne sais pas si c'est une bonne idée dans ton état. Il faudrait demander à Uméda...
-Faut avoir la permission de ce type? Et puis quoi encore? »
Ce n'est qu'une excuse. Qu'une misérable excuse.
Mais je suis figé entre ses bras et bon sang, je n'ai aucun désir.
Rien... Pas le moindre petit frisson alors que je sens son torse contre mon dos, sa main qui soulève mes cheveux et ses lèvres qui se posent sur ma nuque.
« Hiei, s'il te plait. Je pense qu'il faudrait vraiment demandé l'avis du docteur. »
Il grogne de mécontentement. Et je pousse un soupir de soulagement.
Ce n'était qu'un mensonge. Alors pourquoi mon corps refuse de réagir alors que mon amour se presse contre moi?
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« Toi, quand tu as ce sourire, c'est parce que t'as encore fait un mauvais coup! »
Mon sourire s'accentue.
« Alors, qu'est-ce que tu lui as fait cette fois? demande-t-il.
-A lui? Pas grand chose, j'ai juste effleuré ses rêves. Il l'a appris, tu sais.
-Hn. Il était temps. Et?
-Quoi et?
-Tu ne vas pas me faire croire que tu ne l'as pas martyrisé un peu? »
Je continue à sourire en me rapprochant de lui.
« Et bien non. Je me suis amusé avec le yohko. Tu aurais du voir sa tête, c'était vraiment très drôle.»
Il me jette un regard désapprobateur. Et j'admire ces yeux rouges sang. Les mêmes que Hiei.
« Je t'ai déjà prévenu. Ne t'en prends pas au yohko si tu ne veux pas récolter la tempête.
-Pff. Ton fils ne pourrait rien me faire. Son énergie est ridiculement basse.
-Normal. »
Je me rapproche de lui et j'entoure ses épaules.
« Je vais aller vers la ville présidentielle. Je compte bien y récupérer quelque chose.
-Je viens aussi.
-Tss tss, ce n'est pas dans notre accord et tu le sais.
-Higesu, il n'y a rien dans notre accord qui m'empêche d'aller où bon me semble.
-A condition que tu ne me mettes pas de bâtons dans les roues. »
Il se libère de mes bras et quitte la chaise sur laquelle il était installé.
Et je suis obligé de lever les yeux pour voir son visage.
Il est un mystère. Je ne le comprends pas. Je ne l'ai jamais vraiment compris, même enfant.
J'ai cru qu'il était à moi, qu'il resterait toujours avec moi et il m'a trahi. Pour elle, pour cette idiote.
Et maintenant, il agit comme si ça lui était égal. Tout ce que je peux faire, il s'en fiche.
Ce n'est pas drôle, je voudrais le voir souffrir de ne pas pouvoir intervenir. Je voudrais le voir se sentir coupable d'avoir sacrifié son fils.
Mais il n'y a que de l'indifférence.
« Alors, qu'est-ce que tu lui as fait au yohko? »
J'éclate de rire.
« J'ai juste semé un peu de doute dans son esprit. Et il fera le reste tout seul.
-Le reste?
-Douter de son trésor et le repousser.
-Ca me paraît un peu tordu ton truc. »
Je souris encore et je passe la main dans mes cheveux.
« Ce n'est pas tordu, c'est logique. En fait, c'est tordu aussi. »
Il n'y a rien de droit qui puisse sortir de ma tête et ça depuis longtemps.
« En quoi c'est logique? demande-t-il.
-Oh, tout simplement parce qu'on reporte toujours la responsabilité sur la personne qui nous est le plus chère.
-Et tu crois que le yohko va agir comme ça? »
Je hoche la tête sans cesser de sourire. Et lui aussi se met à sourire, ses yeux fixés sur moi. Et il se met à rire franchement. Je le regarde, décontenancé.
« Quoi? Quoi? »
Mais il continue à rire.
« Mon dieu, Higesu, tu es désespérant. Tu n'apprendras jamais. »
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Kurama est bizarre. Depuis qu'il s'est réveillé en criant dans mes bras. Je suis sûr qu'il a vu Higesu en rêve.
J'ai eu peur quand je l'ai vu crier et pleurer. Il faut dire que depuis quelques jours, ce genre de comportement m'est réservé.
Il est toujours assis dans le lit. Et je me serre contre lui. J'ai envie de lui, maintenant.
Je ne connais pas d'autre moyen pour lui montrer que je l'aime, pour lui dire à quel point il m'est essentiel.
Mais ce n'est pas ce qu'il veut en ce moment apparemment.
« Kitsu?
-Oui, trésor. »
Sa voix est terne.
« Qu'est-ce qu'il t'a fait? Qu'est-ce qu'il t'a dit?
-De... De qui tu parles?
-D'Higesu. »
Il se raidit dans mes bras.
« Tu as fait un cauchemar et...
-Ce n'est rien, Hiei. Ne te préoccupes pas de ça.
-Kitsu! Je ne suis pas un gamin! Arrêtes de...
-Ne t'énerves pas. »
Il se retourne et me fait face.
« Il m'a menacé et il a cherché à me blesser mais grâce à ça, je n'ai rien eu. »
Il montre le bracelet d'herbe.
« Et grâce à toi. »
Il m'embrasse sur le front.
« C'est tout?
-...Oui, c'est tout.
-Hn. »
Pourquoi ne suis-je pas convaincu? Pourquoi j'ai l'impression qu'il y a quelque chose qu'il ne me dit pas?
Son regard... Ses yeux émeraudes ont une lueur qui ne me plaît pas. Quelque chose que je n'arrive pas à saisir.
Et zut! Il est très fort pour cacher ses problèmes, lui aussi!
Je n'ai pas le temps d'y penser plus avant, car mon ventre recommence à me jouer des tours.
Je grimace.
« Hiei? »
Ca y'est. Mon énergie recommence à fluctuer.
Kurama pose la main sur mon ventre avec délicatesse et appréhension. Et je sens son énergie qui vient combler la mienne.
« C'est mieux? »
Je hoche la tête. Même si je ne veux pas y penser, ce bébé se rappelle à moi tout le temps même dans ma façon de désirer mon amant.
Mon kitsu enlève sa main rapidement.
« Je vais te chercher à manger, dit-il encore. Il faut que tu te nourrisses correctement. »
Il est passé d'émotions violentes à une impassibilité que je n'aime pas.
Et quand il se lève, je le retiens à nouveau.
« Trésor, me sermonne-t-il. Il faut vraiment que tu manges. »
Peut-être. Mais je veux quelque chose avant. Je veux faire tomber ce masque, je veux qu'il agisse comme d'habitude, qu'il me serre contre lui en me disant qu'il m'aime, qu'il m'embrasse.
Mais sa main que j'ai attrapé entre la mienne s'échappe. Il me sourit faiblement.
« Je reviens vite. »
Sauf qu'il n'a même pas le temps de s'éloigner. La porte s'ouvre brutalement sur Yusuke.
Il s'arrête quelques secondes, nous regarde.
« Parfait, dit-il. Je vois que vous ne passez pas non plus votre temps à ça. »
Si le monde entier ne s'amusait pas à comploter contre nous, on serait bien en train de passer le temps exactement à ça si ça ne dépendait que de moi!
« Venez! Des portails ont été ouverts! »
On le suit en courant. Et je garde mon regard fixé sur Kurama. Je suis certain qu'Higesu lui a fait quelque chose. Mais quoi?
Je me rends compte que ma vitesse s'est amoindrie quand je suis obligé de forcer pour me maintenir à leur hauteur.
Merde! Si Higesu s'en prend à Kurama, je n'arriverais même pas à le protéger!
Quand nous arrivons dans la salle de réunion, il y a déjà Yomi, Enki, Mukuro et Kuwabara.
Et je sens soudain que tous les regards sont tournés vers moi.
« On dit quoi dans ce genre de cas? fait Mukuro.
-Félicitations, non? propose Yomi. »
Je m'arrête dans l'embrasure de la porte.
« On est pas sensé éclater de rire à un moment ou à un autre? demande Kuwabara.
-C'est vrai, on a oublié ce passage-là, dit Enki. »
Et je les vois qui commencent à sourire. Et puis ils se mettent à ricaner bêtement.
« BANDE DE CRETINS! J'VAIS VOUS BUTER! »
Les rires s'amplifient. Et je vois un léger sourire venir jouer sur les lèvres de Kurama qui me réchauffe le coeur.
Et c'est le fou-rire général maintenant.
« Mais vous êtes trop cons! Arrêtez! Ou je vous crame!
-Hum, c'est vrai qu'on a pas le temps..., commence Enki sérieusement avant de replonger dans un fou-rire suivi par tous les autres. »
Là, je vais vraiment les tuer. Et en entrée, je tente de cramer la tignasse de Kuwabara.
Il évite la flamme en plongeant sous la table d'où il ressort toujours autant mort de rire.
« Kurama! Fais les taire par pitié! »
Mais il me sourit maintenant. Et rien que pour ça, je crois que je peux bien les laisser rire un peu à mes dépens.
Sauf que faut pas pousser non plus! Je chope Kuwabara qui est le plus près.
« J'vais te buter!
-Hé non! Je peux pas me défendre! hurle-t-il. Je frappe pas les femmes enceintes!
-QUOI?
-Heu, je veux dire les mecs enceintes! »
Je lui colle un gnon pour me calmer et il va valdinguer dans les bras de Yusuke qui le récupère aisément.
Le fou rire s'éteint alors que Kuwabara s'échappe des bras du détective rapidement.
Je regarde Kurama et il a toujours ce léger sourire.
Mais quand je m'assoie à ses côtés et que je cherche sa main sous la table, ce sourire s'évanouit.
Il serre ma main entre la sienne brièvement et la lâche.
Oh bon sang! Si seulement je n'avais pas ce désir de le toucher, de le sentir près de moi, je pourrais réfléchir un peu et essayer de comprendre ce qui lui arrive.
Mais ce bébé est non seulement en train de chambouler mon corps mais aussi mes pensées.
« Bon, dit Yusuke. On a reçu des renseignements. Et apparemment, y'aurait des portails qui se seraient ouverts. Tous dans cette région. »
Il encercle du doigt le nord du makai.
« Logique, c'est paumé là-bas, dis-je.
-Pas si paumé que ça, rétorque Enki. Puisque certains yohkais y vivent et nous ont avertis. »
Enki secoue la tête.
« Des attaques? Des morts parmi la population? demande Yusuke.
« Non. Ils ont voulu la jouer discret sur ce coup.
-Infiltration, dit Yomi. Ils ont envoyé des espions et des assassins.
-Ils vont venir ici, se mêler à la foule qui se réfugie ici ! s'exclame Kurama.
-Ma soeur! dis-je soudain. »
Enki me regarde.
« Je vais la faire protéger par des hommes de confiance et...
-C'est ma soeur, c'est moi qui... »
Merde! Merde! Putain d'énergie à la con! Kitsu! Il m'attrape alors que mes yeux se ferment et m'embrasse, je sens son énergie qui passe en moi rapidement.
« Ca va?
-Hn. »
Enki reprend doucement sans me quitter des yeux pour me faire bien comprendre à quel point je suis inutile.
« Donc, des hommes de confiance, en plus de Tohya, Tchuh, Linku, Shishiwakamaru, je continue d'énoncer la liste ou ça te convient.
-Ouais, ça va! »
Je ne suis pas capable de m'occuper de ma soeur et je ne suis pas foutu de protéger mon amour.
Merci de bien appuyer là où ça fait mal!
« Et ces portails, on ne peut pas les laisser ouverts, dit Yusuke en tapotant la carte.
-Ils sont fermés, dit Yomi. D'ailleurs, ils n'ont été ouverts que brièvement, le temps de faire passer leurs hommes. Si des yohkais n'avaient pas été attentifs, on n'aurait même pas été au courant. Et ils sont probablement déjà dans la ville à cette heure.
-C'est des hunters, dit Kurama. On les repèrera dès qu'ils émettront leurs énergies. »
Yomi regarde Enki et Mukuro et ces deux-là hochent la tête.
« Il n'y a pas que ça, dit Mukuro lentement. Tout à l'heure, Zin nous a apporté ceci. »
Elle prend une feuille sur la table et la retourne.
« Putain! C'est quoi? dis-je. »
Mais je sais très bien ce que c'est. Puisqu'il y a mon nom dessus, le nom de ma soeur et... celui de Kurama!
Je tends la main vers la feuille mais mon kitsu est plus rapide.
« Un vol? dit-il. Ils ont rien trouvé de plus original comme accusation? Mort ou vif... Mort de préférence. »
Je me penche vers la feuille.
« La récompense est énorme, commente Enki. De quoi pousser pas mal de yohkais à essayer de vous tuer.
-Enma a toujours été doué pour créer des dissensions dans les rangs de ses ennemis, dit Yomi.
-Mais pourquoi Kurama? Il n'y est pour rien, c'est...
-Ca, c'est ma faute, fait une voix douce. »
Je me retourne soudainement.
« BOTAN! crie Yusuke. »
Elle est là devant nous.
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Je viens de crier son nom. Et elle sourit doucement.
Je me précipite vers elle.
« Tu vas bien? Tu n'as rien? Comment tu t'es échappée? Tu...
-Yusuke!
-Pardon. »
Mais elle sourit et serre mes mains dans les siennes.
« Qu'est-ce que tu veux dire par c'est ta faute? demande Hiei.
-Oh, nabot! Tu peux pas au moins faire semblant d'être content de la revoir?
-C'est pas grave, Kuwabara. Je... En fait... »
Elle s'arrête.
« Il faut que je m'assoie. »
J'attrape son bras et la conduit jusqu'à un fauteuil.
Elle prend quelques longues inspirations avant de regarder Hiei et Kurama. Et la mise à prix que Kurama tient toujours dans la main.
« Je suis désolée... Je leur ai tout dit. »
Elle penche la tête, honteuse. Je pose la main sur son épaule.
« Tu ne pouvais pas faire autrement. Ce n'est...
-Ils m'ont injecté un truc et avant que je ne m'en rende compte, j'étais en train de tout leur raconter! s'écrie-t-elle. Tout sur Yukina, Hiei. Et aussi sur toi, Kurama. J'ai parlé de votre relation à tous les deux. Et... je crois que c'est pour ça que ton nom est aussi sur cette affiche. Parce qu'ils ont compris que tu ne les laisserais pas faire sans intervenir. Mon dieu, si vous saviez comme je m'en veux! »
Elle se tait.
« On s'était préparé à ça, dit Kurama. Et il n'y a rien que l'on puisse faire maintenant. »
Il jette la feuille négligemment sur la table.
« Botan? Comment tu as pu t'échapper? »
Elle se tourne vers moi.
« Leur surveillance s'est relâchée quand ils ont obtenu toutes les informations qu'ils voulaient. Et j'ai pu m'enfuir par un portail. »
Son regard revient sur Hiei. Elle le détaille avant de sourire.
« Félicitations, dit-elle. A toi aussi Kurama. »
Hiei grogne et Kurama pâlit un petit peu.
Etrange, ce matin il débordait de joie. Mais une prime sur leurs têtes à de quoi faire retomber son moral.
Botan reporte à nouveau son regard vers moi.
« Je... Je suis désolée mais je prendrais bien un peu de repos.
-Hein? Bien sûr! Tu dois être...
-Epuisée. Oui, en effet.
-Kuwa, aides-moi. »
Elle se lève soudainement.
« Non, c'est bon, fait-elle toujours avec un sourire et en évitant la main tendue de Kuwabara. Je suis encore capable de tenir debout. Si vous avez un lit pas trop loin. »
Je prends son bras et la conduit à travers le couloir.
Et je m'arrête brusquement devant la porte de Koenma.
« Est-ce que... Est-ce que tu veux le voir? C'est vraiment moche mais il va bien et... »
Elle me regarde sans paraître comprendre de quoi je parle.
« Koenma, dis-je. Il est dans cette chambre.
-Oh. Pardonnes-moi, mon esprit est encore un peu embrouillé à cause de la drogue.
-Je vois.
-Il va bien?
-Ouais, le doc dit qu'il va se remettre. Ca va prendre du temps mais...
-Je... Je le verrais plus tard. Je n'ai pas le courage maintenant.
-Comme tu veux. T'es sûre que tu vas bien? »
Elle secoue la tête.
« Non mais rien qui ne puisse être effacé par un peu de repos. »
Je hoche la tête et l'entraîne.
Je suis tellement heureux de la revoir. Et de la revoir en vie.
Mais étrangement, ce ne sont pas des mots que je lui dirais.
Peut-être que Kuwabara a raison, je suis peut-être aussi nul que Hiei pour exprimer mes sentiments.
Hum, rectification, même Hiei est plus doué que moi.
Je la laisse dans une des chambres.
« Celle de Hiei et Kurama est là, dis-je en désignant une porte. Et la mienne et celle de Ku..., heu la mienne est là. Si t'as besoin de quelque chose.
-Juste de repos, je t'assure. Merci Yusuke. Dis à Hiei et Kurama que je suis vraiment désolée.
-Bah, ils le savent. T'inquiètes. »
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Koenma a peut-être ressenti l'influence de mes pensées. Mais il aurait été sympa de ne pas me laisser les siennes!
Parce que quand j'ai vu Botan, j'ai eu la brusque envie de la prendre d'en mes bras et de l'embrasser.
Et c'est bien la première fois que je ressens ça à l'égard d'une femme!
Même quand je draguais Yukina, ce n'était pas le genre de scène qui me venait à l'esprit.
Mais j'ai ressenti aussi un soulagement immense.
Et ces deux-là sont vraiment des menteurs! A nous avoir cacher leur relation.
Et je crois que je commence à en avoir sérieusement marre d'effleurer des esprits et de constater l'amour, la complicité qui y sont présents.
Et d'espérer la même chose avec Yusuke.
Quand Hiei m'a poussé dans ses bras tout à l'heure, ça m'a fait mal. J'ai senti ses bras autour de moi et j'ai compris que j'étais encore plus stupide que je ne le croyais.
Parce que c'est moi qui souffre le plus de cette séparation. Alors que c'est moi qui l'ait décidé!
Faut être con quand même, non?
Yusuke vient de revenir.
« Elle a vu Koenma?
-Non, répond-il. Je crois que c'est trop dur pour l'instant.
-Hum. »
Je me lève. Et j'ai toujours les pensées de Koenma qui m'habitent, son inquiétude, le choix qu'il a fait de la laisser derrière pour qu'on puisse fermer le portail.
J'ai tout ça dans ma tête et ça fait trop! Comme si je n'avais pas déjà assez de trucs à penser.
« Tu comptes faire quoi? demande Yusuke.
-Apprendre la bonne nouvelle à Koenma.
-Hé! Deux minutes, tu vas pas t'introduire dans son esprit encore une fois! Tu... »
Il s'arrête.
« Bah, tu fais comme tu veux. »
Je vois, il ne se donne même plus la peine de s'en faire pour moi.
Enki, Mukuro et Yomi sont partis il y a déjà un petit moment. Et Kurama et Hiei quittent la pièce, nous laissant seuls.
Merci les mecs, sympa.
« Kuwa, est-ce que t'as entendu ce que... Ce que j'ai dit quand Koenma a pris ton corps?
-Quoi? A propos des koorimés?
-Non, avant. Dans la chambre. »
Je secoue la tête. A cet instant, j'avais eu l'impression de me faire écraser par un camion et je n'ai repris un peu de lucidité que quand Koenma a commencé son exposé.
« Tu n'as pas entendu, dit-il.
-Pourquoi? C'était important? »
Il détourne le regard.
« Non. Non, pas vraiment. »
Il me plante là, quittant la salle soudainement.
Et je comprends que je n'ai rien à attendre, rien à espérer.
C'est moi qui vais craquer en premier. Et tant pis s'il ne m'aime pas vraiment.
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« Hiei! Par pitié, prends au moins le temps de mâcher! »
Je grogne en avalant la nourriture. Et je continue de dévorer.
Kurama, lui, n'a pas touché à son assiette.
Je pose mes baguettes.
« Kitsu. Dis-moi.
-Te dire quoi, trésor?
-Ce qui ne va pas. »
Il sourit sans que ces yeux ne soient éclairés par ce sourire.
« Par quoi je commence? Par la prime sur nos têtes ou par le fait que je m'inquiète pour toi? Ou encore...
-Higesu, dis-je. Depuis que tu as rêvé, tu es bizarre.
-Manges, ne t'occupes pas de lui pour l'instant.
-Mais c'est à cause de moi qu'il s'en prend à toi! »
Je viens de crier et de me lever brusquement.
« Oh oh, je vois que mon patient préféré est en forme. Et prêt pour une échographie. »
Je me tourne vers la porte. Y'a vraiment pas moyen d'avoir la paix cinq minutes dans cet endroit!
« Allez, allez, on se bouge. J'ai pas que ça à faire, dit Uméda. »
Je m'apprête à répliquer mais Kurama vient déjà de se lever et de se préparer à le suivre.
« Viens trésor. »
Je les rejoins en grognant.
J'ai pas envie que ce médecin me touche encore. C'est bon, on sait ce que j'ai!
Un quart d'heure plus tard, je suis allongé sur un lit et le doc fait rouler une machine jusqu'à moi.
Je regarde Kurama. Il a l'air anxieux. Bon sang, c'est quoi le problème à la fin?
« Hé! C'est froid! Et c'est gluant! Mais c'est quoi ce machin dégueu?
-Du gel pour permettre l'échographie. Et arrêtez de gigoter ou je vous donnerais pas de bonbon à la fin si vous n'êtes pas sage.
-J'vais te le foutre dans la gueule, ton bonbon! »
Il se contente de me sourire et pose un truc sur mon ventre et le bouge lentement, regardant ce qui semble être un écran de télé.
« Ah, dit-il. Là, on le voit bien. »
On voit quoi? Est-ce que je suis supposé voir quelque chose?
« La taille du foetus correspond aux analyses de sang, dit-il. Deux mois et demi.
-Impossible, murmure Kurama. Je vous l'ai dit. Nous n'avons des relations sexuelles que depuis un mois.
-Kitsu! T'es pas obligé de lui dire ce genre de... Deux mois et demi? »
Je regarde le doc. Là, je suis pas loin de penser qu'il a vraiment eu son diplôme dans une boîte de céréales. Je suis pas complètement ignare non plus et je sais compter!
« Pourtant, continue Uméda. Là, pas d'erreur.
-J'avais dit que c'était un charlatan! »
Kurama me regarde, légèrement horrifié. Et je n'ai pas le temps de chercher à savoir pourquoi parce que mon énergie s'accroît de façon exponentielle.
Et je devine que ce n'est pas une de ces petites fluctuations mais que cette chose va me bouffer mon énergie comme elle l'a déjà fait!
Ca monte encore. Et je perçois le moment où ça va retomber et me laisser faible.
Ca fait mal, je ferme les yeux et serre les dents.
Jusqu'à ce que je sente les lèvres de Kurama plaquées contre les miennes et sa langue qui insiste pour que j'ouvre la bouche.
Il serre ma nuque presque violemment. Et je desserre les dents, laissant passer sa langue qui se mêle à la mienne et son énergie.
Il stoppe le baiser et me regarde.
« Merci, dis-je. »
Grâce à lui, je ne me suis pas écroulé lamentablement.
« Et bien, ça explique tout, dit Uméda.
-Pardon? fait Kurama.
-Regardez le moniteur. »
Mon kitsu se penche en même temps que moi. Mais si lui voit quelque chose, moi je ne vois toujours que des masses de noir et gris.
« Il a changé, murmure Kurama.
-Oui, il a environ trois mois. Une croissance par métamorphose successives. Etrange, rien n'indiquait ce genre de développement chez les femmes de glaces ou chez les démons de feu. »
Uméda bouge la machine sur mon ventre.
« Tiens, c'est quoi, ça ? Bizarre. On dirait des excroissances. »
Kurama regarde l'écran longuement puis il éclate de rire.
Et des larmes perlent à ses yeux.
« C'est... C'est des oreilles. Des oreilles et une queue de yohko! »
Il entoure mon cou de ses bras et me serre contre lui manquant de m'étouffer.
« C'est mon bébé, dit-il en riant et en pleurant à la fois. C'est notre bébé! Hiei, je t'aime mon trésor, je t'aime, je t'adore. Je... Mon dieu, je suis vraiment le père, je suis... »
Je le pousse un peu et le regarde fixement.
« Mais qui voulais-tu que ce soit à part toi, stupide kitsuné! »
Il ne me répond pas, trop occupé à poser pleins de petits baisers sur mon visage et je crois qu'il va finir par me faire fondre s'il continue comme ça.
Au bout d'un long moment, il se calme.
« Les yohkos se développent par stades, dit-il. Et très rapidement. J'avais oublié. »
Il rit encore et caresse mes cheveux amoureusement.
« Hum, fait Uméda. Vous voulez savoir?
-Savoir quoi? dis-je.
-Si c'est une fille ou un garçon, je suis en mesure de vous le dire maintenant. »
Là, c'est moi qui suis horrifié.
Parce que savoir ça, c'est donner consistance à ce qui n'est pour l'instant qu'une chose. Qu'un foetus. Qu'un truc que je ne veux pas!
Les bras de Kurama sont toujours autour de mon cou. Non, ce n'est pas tout à fait vrai.
Mon kitsu est tellement heureux que je ne peux pas dire que je n'en veux pas.
C'est juste que... Non, je ne peux pas penser à cet enfant sans me dire qu'il me ressemblera. Et que je suis un péché, un enfant maudit.
« Je ne veux pas savoir, dis-je.
-Trésor?
-Je ne veux pas le savoir, ok? »
Je ne veux pas lui donner plus de réalité qu'il n'en a déjà.
Kurama m'embrasse encore.
« Comme tu veux. De toutes façons, fille ou garçon, je suis heureux. Et je t'aime, je t'aime, je...
-Hn. On peut pas dire que tu me l'aies montré tout à l'heure.
-Et je croyais qu'on ne devait pas dire ce genre de chose devant le docteur, fait-il avec un sourire malicieux. »
Uméda fait toujours glisser le truc sur mon ventre.
« Mauvaise nouvelle, dit-il. »
Kurama lève la tête, paniqué.
« Quoi? Quoi?
-Et bien, comme je le supposais, Hiei a des organes internes féminins.
-J'vais te buter! Je suis un mec!
-Et alors? demande Kurama. Ca risque de le mettre en danger, de...
-Du calme, du calme. Il semble que ces organes étaient atrophiés et ont commencé à se régénérer. Et honnêtement, c'est quand même un beau bordel à l'intérieur. C'est pourquoi je crois que c'est quand même mieux si vous pouviez arrêter les rapports jusqu'à l'accouchement.
-Ouf, ce n'est que ça, j'ai eu peur, murmure Kurama.
-QUE CA?!!! »
C'est une plaisanterie? Le doc nous fait une blague à la con, c'est ça?
A chaque fois que Kurama me touche, j'ai ce désir qui monte en moi et je suis totalement incapable de le contrôler.
Heu, faut dire que j'ai pas vraiment essayer non plus de le contrôler.
Il enlève la machine et éteint le moniteur.
« Le développement des yohkos est trois fois plus rapide, dit-il. Ce qui veut dire...
-Seulement deux mois, dit Kurama en souriant.
-DEUX MOIS?!! »
Deux mois sans que mon Kitsu me fasse l'amour? Mais c'est de la torture!
Devant mon air catastrophé, mon Kitsu dépose un baiser sur mes lèvres.
« Ca va aller, trésor. Comptes sur moi. »
Et je n'ai pas la moindre idée de ce qui se cache derrière son sourire.
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Il fait déjà sombre quand on arrive enfin en ville.
« Y'a une auberge par là, dit-il en désignant une rue. »
Je le suis jusqu'à l'établissement miteux.
« Rentre et prends nous une piaule. Moi, je fais un tour pour récolter des nouvelles. »
Je hausse les épaules et je le laisse disparaître dans l'obscurité.
Je pousse la lourde porte de bois qui grince.
L'endroit est bondé. Evidemment, tous les yohkais sont venus dans la ville.
Il y a une table de libre dans un coin et je m'y assois sans prêter attention aux regards qui me jaugent.
Oui, ils sont plus forts que moi physiquement. Mais je ne les crains pas.
Je commande du saké. Et je tends l'oreille.
« Vous avez vu la prime? Ca vaut le coup, non? dit un type.
-Si t'as envie de mourir, t'es libre.
-T'aurais même pas le temps de dire un mot que Hiei t'aura réduit en cendres. Même si on m'offrait toute la fortune du makai pour sa tête, j'essaierais pas!
-Le pire, c'est Kurama, il a la réputation de prendre son temps pour achever ses ennemis.
-Ok, tout seul, j'suis pas de taille, poursuit le premier. Mais à plusieurs, c'est faisable et on se partagerait la prime!
-C'est vrai que c'est à cause d'eux que les portails sont fermés! S'ils volent quelque chose, qu'ils le fassent sans se faire remarquer! »
Je manque de sourire. L'excuse du royaume est pitoyable.
« Mais ils sont dans la demeure présidentielle. Et on entre pas comme ça. C'est perdu d'avance.
-Y'a un passage, murmure l'un d'eux si doucement que je suis obligé de me concentrer.
-Un quoi?
-Un passage. Un escalier qui donne directement sur un débarras du troisième étage. Je le sais, j'ai servi là-bas et il ne doit pas être bien gardé... »
Ils s'arrêtent et se tournent vers moi, ayant remarqué que je les écoutais.
« Qu'est-ce tu veux le gringalet?
-Moi, rien. Je partage juste votre avis. A cause de deux pauvres voleurs demeurés, le royaume s'apprête à nous botter le cul. »
Je me lève et les rejoins à leur table. Et la grande majorité des yohkais de l'auberge font de même.
« Et j'aimerais bien être des vôtres sur ce coup.
-Toi? »
Ils ricanent.
« J'ai quelques talents moi aussi, dis-je doucement. Je peux être utile.
-A quoi?
-Je peux endormir les gardes à distance.
-Vrai? »
Non. Je dois être proche mais ils n'ont pas vraiment besoin de le savoir. Je hoche la tête avec conviction.
« Je peux le faire, il suffit juste que je sache où est ce passage.
-A l'arrière de l'aide est, répond le yohkai. C'est une toute petite porte rouge. Il ne doit pas y avoir plus d'un garde et...
-Merci, ce sera suffisant. » Et je leur souris.
Un quart d'heure plus tard, je finis mon saké en une gorgée et je sors. J'attends, adossé à la porte qu'il revienne.
« Ils n'ont plus de chambre? demande-t-il en arrivant.
-Si, j'ai même l'impression que y'en a pas mal qui se sont libérées tout à coup. Mais je n'aime pas ce genre d'endroit.
-Et pourquoi?
-Ils laissent traîner les cadavres n'importe où, ce n'est pas très hygiénique. »
Il me regarde.
« Qu'est-ce que t'as foutu?
-Mais rien. Ils ont trop bu et se sont entre-tués. »
Il fronce les sourcils et n'est absolument pas dupe.
« Quoi? C'était des traîtres! dis-je dédaigneusement. Tout ça pour une misérable prime!
-C'étaient juste des mecs saouls! Et ils disaient des conneries.
-Et bien, comme quoi ils n'auront plus l'occasion d'en dire. »
Il a un papier dans la main. Et je lui prends.
« Hum, pas si misérable que ça, Enma a mis le paquet cette fois. »
Je chiffonne la feuille entre mes mains.
« Alors, quoi de neuf?
-A part cette prime qui circule, rien, répond-il. Et toi?
-Rien non plus. »
Sauf un itinéraire très intéressant que je ne souhaite pas partager.
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« Arrête de sourire! »
Le sourire s'efface un millième de seconde avant de revenir.
« Arrête de sourire! »
J'ouvre la porte de notre chambre violemment.
« Je suis désolé, trésor mais je n'y arrive pas. Les muscles de mon visage doivent être bloqués.
-Hn. »
Il referme la porte derrière lui. Et se jette sur moi.
« Arrête!
-Je ne peux pas, dit-il. Je ne peux vraiment pas. »
Il me pousse sur le lit et m'embrasse.
Et je le veux.
Je m'agite, arrive à interrompre le baiser. Et je grogne.
« C'est machiavélique ce que tu fais Kurama. Parce que si t'as pas l'intention de me faire l'amour, je...
-Je n'en ai pas l'intention en effet.
-Je te déteste! »
Il éclate de rire et passe la main sous mon tee-shirt.
« Mais arrête! »
Et il ne m'écoute pas. Il reprend mes lèvres entre les siennes. Et ce que je ressens juste parce que sa langue caresse la mienne...
« Je t'en prie, Kurama.
-Chut. Fais-moi confiance, murmure-t-il. Laisses-toi aller. »
Est-ce que je peux faire autrement? Je suis déjà follement excité.
Il me déshabille tellement lentement que je le repousse et que j'enlève mes fringues moi-même. Et comme j'estime qu'il traîne un peu trop avec les siennes, je l'aide.
J'attrape ses épaules, le fait basculer sur moi.
Et instinctivement, j'écarte les jambes pour les entourer autour de sa taille.
« Pas comme ça, trésor, chuchote-t-il en me léchant le lobe de l'oreille.
-Comme tu préfères, ça m'est égal tant que tu te dépêches de me prendre! »
Il rit toujours et m'embrasse.
« Je te l'ai dit, Hiei. Je n'ai absolument pas l'intention de te faire l'amour.
-JE TE HAIS! »
Je me mors les lèvres.
« Non, pardon, je ne voulais pas... Je t'aime. »
Il se relève, s'éloigne de moi.
« Kitsu? Je ne... »
Il pose un baiser éclair sur mes lèvres avant de se laisser tomber à mes côtés et de m'attirer dans ses bras.
Il m'embrasse longuement cette fois-ci, et je suis en train de devenir fou.
Parce que je le veux.
Il s'écarte de mes lèvres et chuchote avec un beau sourire:
« Je ne vais pas te faire l'amour, trésor.
-C'est ce qu'on va voir! dis-je rageusement.
-C'est toi qui vas me faire l'amour, Hiei. »
Il me fait basculer et je me retrouve au-dessus de lui. Et il écarte les jambes.
Je secoue la tête, décontenancé et essaie de me dégager.
Il attrape mon visage entre ses mains.
« Tu n'en as pas envie, trésor? demande-t-il.
-Hn. Je ne sais pas. Je... si je n'étais pas... »
Kurama a des centaines d'années d'expérience mais pas moi. Et si je n'arrivais pas à lui donner du plaisir? Si je n'étais pas doué du tout?
« Trésor, aimes-moi, murmure-t-il en posant des baisers sur mon visage. Aimes-moi comme je t'aime. Je ne te demande rien de plus. Juste de m'aimer. »
Alors, j'écarte ses mains de mon visage et je les plaque de chaque côté de sa tête, emprisonnées dans les miennes.
Et je l'embrasse doucement. Puis de plus en plus sauvagement. Presque brutalement.
J'essaie de retrouver les gestes que Kurama fait d'habitude. Je caresse son torse, l'embrasse.
Sa peau est pale et douce. Il m'encourage du regard.
Je lèche ses mamelons et les mordille. Et il gémit doucement. Contre moi, je sens son sexe devenir de plus en plus dur.
Je baisse les yeux. Je n'ai jamais essayé. Je l'ai toujours laissé faire.
Ma main descend le long de son ventre jusqu'à son sexe que j'attrape. J'ai un frisson en même temps que lui.
Je ressens presque dans mon corps ce que ça fait lorsque qu'il effleure mon sexe de sa langue et j'ai envie de lui faire ressentir ça aussi.
Je descends et rapidement, je prends son sexe en bouche.
Il se cambre en soupirant. Et ses hanches m'imposent un rythme lent.
J'essaie de garder cette lenteur qu'il apprécie tant mais ce n'est pas évident. Je ne suis pas sûr d'arriver à me contrôler.
« Kitsu... Je... »
Il attrape ma main en souriant et lèche mes doigts tellement sensuellement que je suis persuadé qu'il le fait exprès!
Je ne sais pas si je m'y prends bien, si je ne lui fais pas mal. Mais quand il émet un cri, je lève la tête, effrayé.
« Tu as juste trouvé le bon endroit, dit-il en expirant lentement, les joues rougis. Viens maintenant. Viens trésor. »
Je me mets à genoux entre ses jambes et le soulève un peu.
Quand je le pénètre, il crie et me retient en serrant ses jambes autour de moi.
C'est chaud, étroit à l'intérieur.
Et à ce moment-là, je me fais submerger par mon désir.
Je bouge, j'accélère. Les mains de Kurama se ferment sur les draps, il gémit.
Ses cheveux rouges sont étalés sur l'oreiller. Et il est magnifique.
Il me regarde, et ses mains viennent se plaquer sur mes fesses et il me donne un rythme que je suis avec plaisir.
C'est différent. Vraiment différent.
Et je crois que j'apprécie le moment où sa tête bascule en arrière, où ses yeux se ferment.
Je lui donne du plaisir. Et le regarder en pleine extase me conduit moi aussi dans ce bref laps de temps étrange.
Et le seul son qui me parvient à ce moment est le doux gémissement de Kurama qui dit mon nom à bout de souffle.
Et je ne redescend sur la terre ferme que quand je me laisse tomber entre ses bras et qu'il me serre contre lui.
« Trésor, on aurait du essayer ça depuis longtemps!
-Hn. Je crois quand même que je préfère l'inverse. »
Il sourit et m'embrasse.
« Moi aussi, je préfère l'inverse. Mais c'était très bien comme ça aussi. »
Ses yeux se tournent vers la porte.
« Tu as entendu? demande-t-il. »
Des coups à la porte quelques minutes auparavant. Mais je m'en foutais complètement.
« Il semblerait que même Yusuke peut comprendre si on lui explique longtemps, dit-il en riant. »
Il m'embrasse une dernière fois et se penche pour ramasser nos vêtements que j'ai jetés sur le sol.
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« Botan? Qu'est-ce que tu fais?»
Elle se retourne brusquement et arrête de frapper à la porte.
« Kuwabara, dit-elle. Oui, je... Je voulais voir Hiei et Kurama, m'excuser. Tu vois, je... »
Je lui souris.
« J'attendrais demain si j'étais toi.
-Mais c'est vraiment important! Je dois les voir!
-Botan! Ils sont occupés à autre chose d'après leurs auras!
-Oh.
-Viens, on peut aller discuter ailleurs.»
Je m'approche d'elle. Elle a un petit mouvement de recul et elle éclate d'un rire nerveux.
« Pardon, dit-elle.
-Ne t'excuse pas. J'peux comprendre. »
Je lui fais signe de me suivre. Et elle obtempère, gardant pourtant une distance raisonnable.
J'ouvre une porte menant à un petit salon.
« Je pensais que tu aimerais savoir que j'ai parlé à Koenma.
-Il est réveillé? »
Je secoue la tête tout en m'installant sur un fauteuil.
« Non mais je me suis connecté à son esprit et je lui ai dit que tu allais bien. Ca devrait accélérer sa guérison.
-Bien. »
Bien? C'est tout? C'est vraiment étrange parce que les pensées de Koenma sont encore présentes en moi. Et l'amour qu'il éprouve pour Botan mérite autre chose qu'un « bien ».
Je la regarde s'asseoir.
Elle doit lui en vouloir. Comment pourrait-elle faire autrement?
En sachant qu'il a choisi la protection du makai plutôt qu'elle.
Je ne sais pas comment je réagirais si Yusuke agissait comme ça, s'il ne me choisissait pas envers et contre tout.
C'est stupide. Je suis romantiquement stupide.
Parce que déjà, à l'heure actuelle, Yusuke n'est même pas sûr de vouloir de moi.
Elle s'agite. Et son regard fait constamment des allers-retours entre moi et la porte.
« Qu'est-ce qu'il va se passer selon toi? demande-t-elle.
-On va se battre. Que faire d'autre?
-Tout ça pour un enfant.
-Ouais, ça m'écoeure moi aussi. Qu'Enma ait pu agir de la sorte juste parce que... »
Ma sensibilité vient de se mettre en marche. Et je crois que j'ai mal interprété sa dernière remarque.
« Botan, est-ce que t'es en train de dire que ça ne vaut pas la peine? »
Elle fait non de la tête lentement.
« C'est juste qu'il... qu'il y a eu tellement de morts. Et que... peut-être que... non, oublies, je suis à côté de la plaque. Je... »
Elle passe la main sur ses yeux.
Ce n'est plus la Botan que je connais, elle semble ailleurs, froide.
« Je peux peut-être aller voir Yukina. A elle aussi, je... je dois présenter des excuses. Et le plus tôt ce sera fait... »
Elle se lève.
Et je l'attrape par le bras.
« T'es pas à deux minutes près! Arrête de... »
Je crois que ma mâchoire vient de tomber. Je ressens ses pensées ou plutôt le vide immense qu'est son esprit.
Et je comprends. Soudainement, je comprends. Et j'active mon don avec toute l'énergie dont je dispose.
Et mes pensées vont immédiatement vers l'unique personne qui compte pour moi.
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Je suis dans ma chambre en train de regarder, de me lamenter sur le lit vide, froid et où je n'ai pas envie de dormir tout seul.
J'étais bien entre ses bras, juste à dormir. Je n'avais pas réalisé combien j'étais bien à ce moment-là. Et j'ai perdu ce genre de choses.
Et j'en suis le seul responsable!
Soudain, je me prends un gnon dans la tête. On est en train de m'assommer avec un marteau de mille tonnes!
Et je perçois les mots, les pensées qui se bousculent derrière la douleur.
« Enma contrôle Botan! Et les hunters vont attaquer d'une minute à l'autre! »
Je ne ressens plus rien maintenant, juste les mots qui résonnent dans ma tête.
Je sors en courant, je cogne à la porte de Kurama et Hiei.
Putains! Ces cons l'ont fermés à clef!
J'entends la clef qui tourne et je me retrouve face à un Kurama souriant.
« On va être attaqué! »
Le sourire s'efface immédiatement.
« Yukina! crie Hiei.
-Ne bouge pas! fait Kurama en le retenant par le bras. »
On est encerclés, piégés comme des rats. Dans les escaliers, des hunters et des yohkais sont postés. Dehors aussi, montant le long des murs.
« C'est Botan! dis-je. Enma la contrôle. On s'est fait avoir! »
Et en beauté. Putain d'enfoiré, il savait que l'on ne se méfierait pas d'elle.
L'étau se resserre petit à petit. L'attaque va être lancée d'une seconde à l'autre et personne n'est prêt à faire face.
Je plonge la main dans ma poche, m'énervant de ne pas y avoir pensé avant.
Avec mon énergie, ce n'est pas un sifflement qui se fait entendre mais un son monstrueux qui sort du sifflet.
Mais au moins, je suis sûr que tout le palais l'a entendu.
La preuve, c'est Tchuh et Linku qui sortent dans le couloir. Suivi de près par Tohya, Zin, Shishiwakamaru qui entourent Yukina.
Hiei se précipite vers l'extrémité du couloir, tentant de les rejoindre. Et c'est à ce moment là que les fenêtre se brisent.
Je tire des reyguns sur les plus proches.
Bordel! Où est Kuwa? Je ne le vois pas.
Kurama en découpe plusieurs avec son fouet. Je jette un coup d'oeil vers Hiei. Bon dieu, ce qu'il est lent!
Et je cherche toujours. Je crie tout en me défendant du mieux que je peux.
Je crie son nom, je le cherche. Mais il n'est nulle part.
Je n'arrive pas à repérer son énergie au milieu de cette masse. Et j'ai peur de ce que ça peut signifier.
Et j'ai des pensées à la con qui me viennent. Je lui ai jamais dit!
Je lui ai jamais dit!
Et je continue à hurler son nom et à le chercher.
-----
Le couloir est bloqué. Et j'ai beau en découper quelques-uns, ils en arrivent toujours plus.
Je ne vois pas ma soeur. Je ne sais pas où elle est.
Rapidement, j'ôte mon bandeau. Et mon jagan s'ouvre.
Je la voix maintenant. Zin l'a pris dans ses bras et il vole près du plafond, évitant les attaques énergétiques en zigzaguant.
Au sol, les autres tiennent bon.
Je n'arriverais pas à la rejoindre. Il y a trop d'obstacles sur ma route.
Et mon énergie fluctue encore et toujours.
Avec un kokulyuha, je balaierais sans problème tous les yohkais faibles, tous ces crétins qui se sont ralliés au royaume.
Quel bande de demeurés! Les hunters les ont envoyés en première ligne pour épuiser notre énergie avant de se montrer. Les yohkais ne sont là que pour se faire massacrer.
Je suis tiré en arrière par mon écharpe violemment et je vois une boule d'énergie s'écraser sur le sol juste à l'endroit où je me trouvais une seconde auparavant.
« Trésor, restes près de moi! »
Je me rapproche. Et je me rends compte qu'il a pris son apparence de yohko.
Je ne l'avais plus vu depuis longtemps.
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L'attaque est trop bien menée. Tout a été trop bien préparé. On ne peut pas faire face.
J'ai déjà éliminé des dizaines de yohkais et il en vient toujours davantage. Et les hunters ne se sont pas encore montrés.
Hiei reste près de moi mais notre capacité en duo n'est plus ce qu'elle était.
J'ai perdu Yusuke de vue. Je sens juste son énergie. Et j'entends parfois sa voix qui s'élève, hurlant toujours la même chose, le même nom.
Et sa voix me paraît funeste au milieu de ce carnage.
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Il n'y avait que le vide. Presque que le vide. Des résidus de pensées qui étaient la preuve de ce qu'elle était. Mais le reste, c'était des ordres, de l'obéissance et du vide.
Et ça m'a rendu malade. Parce que je ne me suis heurté à rien du tout. A rien.
Et j'ai eu l'impression de tomber dans un puits sans fin.
Et quand j'ouvre les yeux, je suis sur le sol, dans ce salon. Mes mains sont liées dans mon dos.
Botan est là, ainsi que quatre yohkais.
J'espère que Yusuke m'a entendu. J'espère qu'il m'a entendu pour une fois!
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Mon jagan est toujours ouvert. Et je vois que Tohya et les autres commencent à faiblir.
Zin voltige toujours au-dessus d'eux, ma soeur avec lui.
Il faut qu'il se barre. Les fenêtres du couloir sont bloquées.
Mais pas celles des chambres, du moins, je le crois.
Je fixe mon jagan sur Zin.
« La chambre! Tirez-vous par là! »
Il manque de tomber en m'entendant mais il se reprend. Et m'obéit, entraînant les autres à sa suite.
Et mon jagan se ferme. Je perds encore de l'énergie.
Soudain, je hurle de douleur.
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Non! Non!
Je crie et je vois Hiei s'affaisser sous le coup qu'il a pris dans le ventre.
Je le rattrape in extremis entre mes bras. Et je découpe le yohkai qui l'a touché avec fureur.
Je ne sens plus les énergies de Zin ou Toyha.
Juste celle de Yusuke maintenant. On est débordé.
Où sont Yomi et Mukuro? Et Enki?
Je les cherche. Ils sont en train de prendre nos adversaires à revers en partant du rez de chaussée.
Mais ils vont arriver trop tard. Beaucoup trop tard.
Une porte s'ouvre sur ma gauche.
Cette fois-ci, nous allons vraiment être encerclés.
Mais étrangement, dans un périmètre d'une dizaine de mètres, les yohkais tombent comme des mouches sans que j'en comprenne la raison.
Jusqu'à ce que je vois une silhouette aux longs cheveux blonds.
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J'ai un sourire magnifique lorsque je m'aperçois de l'expression du yohko.
J'avance vers lui, les démons tombant avant de me toucher.
Je ne suis qu'à quelques mètres d'eux quand Hiei m'aperçoit.
Ce qu'il est mignon, toutes les expressions passent sur son visage en un clin d'oeil.
De la peur, de la colère, un peu de stupeur.
On dirait qu'il a appris à être expressif ces derniers temps.
« J'vous offre un moyen de sortie? »
Kurama me regarde. Et entoure Hiei de son bras. Ce dernier se tient le ventre.
« Mais j'vous préviens, c'est pas gratuit. »
Sauf qu'ils n'ont pas le choix. Et c'est exactement le genre de situation que j'aime.
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Je ne comprends pas pourquoi tous les yohkais reculent brusquement.
Les énergies de Hiei et Kurama ont disparu. Ils ont pu s'échapper.
Les yohkais s'écartent, faisant un cercle autour de moi.
Mes cheveux ont poussé et les tatouages sont apparues sur mon corps.
J'en ai pas fini avec eux. Je concentre des boules d'énergies.
« STOP! Si tu ne veux pas qu'il meure, arrêtes-toi. »
Le cercle se rompt, laissant passer Botan. Et des hunters.
Qui portent Kuwabara.
Il me regarde et ses lèvres articulent silencieusement.
« Je suis désolé. »
Si tu savais comme je le suis moi aussi.
« C'est bon, je me rends. Relâchez-le! »
Ils n'en font rien. Je vois le chef des hunters qui se penche vers Botan, lui murmure quelque chose. Elle hoche la tête.
« Où sont-ils? demande-t-elle.
-Qui?
-Ne fais pas l'idiot! Hiei, Kurama et Yukina, où sont-ils?»
Je hausse les épaules.
« J'en sais rien. Vous les avez manqués. Quelle dommage...
-Ce n'est qu'une question de temps, rétorque-t-elle. On va les attraper.
-C'est ça, bon courage. »
J'aurais du comprendre plus tôt. Cette attitude froide, son manque d'intérêt pour Koenma, le fait qu'elle ait fait en sorte d'éviter que Kuwa la touche. J'aurais du comprendre.
« Tu vas nous y aider, dit-elle.
-Ben voyons, tu rêves! Je préfèrerais encore crever.
-Et si c'était lui? demande-t-elle. »
Elle vient de sortir de sa poche une balle. Et je la reconnais. Celle que Goki avait dérobé, celle qui attrape les âmes.
« NON! SI TU FAIS CA, JE TE TUE, JE... »
Je crie et le hurlement de Kuwabara résonne en même temps que le mien pendant que son âme est aspirée par la boule.
Je me précipite vers Botan.
« Bouge encore et je la jette sur le sol, menace-t-elle en soulevant la boule au-dessus de sa tête. Son âme risque d'être détruite! »
Je me laisse tomber sur les genoux. Et je rampe doucement jusqu'au corps inconscient.
Il est tombé face contre terre, je le retourne. Ses yeux sont grands ouverts.
Je caresse les cheveux, suit le contour du visage de mes doigts.
Et des mots se forment sur mes lèvres sans qu'aucun son n'en sorte. Des mots destinés à un corps vide.
Je t'aime.
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A suivre...
Ahhhh... (soupir de soulagement...), je crois que je suis enfin arrivé à ce que tout s'emboîte plus ou moins correctement! Ouf!
Et j'ai adoré écrire certains passages de ce chapitre, notamment la scène de l'échographie, la scène de l'auberge avec Higesu, la scène d'amour de Hiei et Kurama, la scène finale avec Yusuke... Bref, je me suis bien fait plaisir.
Et cette fois encore, ce chapitre est monstrueusement long! Mais comme je voulais absolument finir sur cette scène... , le découpage laisse toujours à désirer. Mais bon, tant pis.
Merci pour vos reviews sur le chapitre précédent.
Ce qui me fait beaucoup rire, c'est à quel point tous vous n'aimez pas Higesu. Pourtant, moi, je l'aime bien.
Kitsuné et Zephis: Et oui, deux mois et demi, pas possible! Voilà, vous avez eu la réponse!
Koorimé, Lavlav-san: Et oui, je torture un peu Yusuke et Kuwa... Et ça s'arrange pas avec ce chapitre!
Désolé si mes réponses sont aussi courtes... Je manque de temps.
A la semaine prochaine et laissez des reviews!
