Auteur : kaneda26

Origine : Yuyu Hakusho

Genre : yaoi.

Couple : Hiei et Kurama évidemment ! Et Yusuke et Kuwabara.

Disclaimer : Non, ils ne sont toujours pas à moi… Je ne fais que les voler !

Note : Je sais, je suis en retard... voilà, c'est le dernier chapitre. Finalement, il n'y aura pas d'épilogue. Bon, bonne lecture.

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Le dernier péché

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Chapitre Dix

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On a rejoint Kurama rapidement.

Et il s'arrête brusquement et je manque de lui rentrer dedans.

« Bon sang..., murmure-t-il.

-Enma?

-Qui d'autre! »

Sans rien ajouter de plus, Kurama sort une plante de ses cheveux et greffe des ailes sur son dos avant de s'élever.

« Oh bordel! fait Kuwabara. Jamais ressenti une énergie pareille. »

Nous reprenons notre course, Kurama prenant une avance non négligeable par la voie des airs.

Dans son état, Hiei n'a aucune chance contre Enma.

Même moi actuellement, je n'aurais pas la moindre chance!

Pureté. Une énergie totalement pure. Et dénué d'une quelconque parcelle d'humanité.

Et soudain, je sens autre chose. La puissance de Hiei m'atteint, augmente. Encore une de ses crises probablement. Mais alors que je m'attendais à la voir baisser brusquement, l'aura du jaganshi se maintient, monte encore et se stabilise.

« Waow! Il m'épatera toujours! Comment il a fait ça? »

Kuwabara tourne la tête vers moi et son visage est figé dans une expression de tristesse.

« Quoi?

-Je ne sens plus son énergie...

-Tu plaisantes! Tu sens pas ça? »

Il secoue la tête.

« Je parle pas de celle de Hiei. Celle... de son bébé. »

Et merde! Pourquoi le monde semble-t-il s'acharner consciencieusement sur Hiei?

« Il... »

Kuwabara hoche la tête.

« Le bébé ne réclame plus d'énergie. Voilà pourquoi Hiei est... comme avant. »

Comme avant? Pas exactement. J'ai toujours senti l'envie de combattre dans l'énergie de Hiei.

Mais cette fois-ci... C'est de la rage, de la haine et une douleur que je ne voudrais éprouver pour rien au monde.

L'énergie de Kurama répond à celle de son amant.

Mais malgré cela, je doute toujours de notre capacité à vaincre Enma.

« On fait comment pour le battre? demande Kuwa, semblant lire dans mes pensées.

-On improvise!

-Comme d'habitude quoi! »

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Sur le moment, une idée stupide me traverse la tête.

Je me revois, installé sur le canapé, blotti contre Kurama. Il râlait un peu parce que je plongeais mon doigt dans le pot de nutella que j'avais chipé à la cuisine et il me disait que les cuillères, ça avait une fonction

Et quand j'ai léché la substance sucrée avec ma langue, il s'est tu, ses yeux verts m'ont regardé avec un tel désir que j'ai détourné les miens et les ai fixés sur l'écran de télé.

Sur le film. Je n'étais pas encore habitué à ce que les yeux de Kurama expriment si franchement son désir.

« Ca s'est passé tellement vite, plaidait la jeune femme sur l'écran. Je ne me rappelle pas. Je ne sais pas ce qui s'est passé. »

J'ai souri parce que c'est faux. Tout va beaucoup plus lentement quand les choses dérapent.

Comme maintenant.

Tout est lent. Il le faut. Il faut qu'on voie, qu'on comprenne, qu'on ressente.

Pour que ça fasse un peu plus mal, pour qu'on sache ce qu'on a perdu, ce qu'on va perdre.

Mon énergie n'a jamais été aussi haute. Peut-être même que je suis légèrement au-dessus de la classe S.

Mais je sais également juger une situation. Et c'est loin d'être suffisant devant la puissance écrasante d'Enma.

Je vais perdre. Dans ce temps presque figé, je sais que je vais perdre.

Perdre n'est pas le bon mot. Je vais mourir.

Peut-être alors que la douleur que je ressens va disparaître. Pas la douleur qui vrille mon ventre, celle-là, je peux faire avec. Mais la souffrance qui habite mon crâne.

Seulement mon crâne? Si c'était juste ça!

Mais non, c'est un mal qui emplit tout mon corps, tout mon être.

Et même les mots que murmurent le géant en avançant vers moi ne me font rien, ils ne m'atteignent pas.

Un péché? Ouais, je le suis. Un enfant maudit, un monstre sanguinaire, une erreur. Tout ça aussi.

Je mérite de mourir? Non. Ca, non!

Va te faire foutre!

Je ne sais pas si je l'ai dit ou si je l'ai seulement pensé très fort mais ça doit revenir au même.

Parce que l'expression vide se change en un air outré.

Ca te débecte tant que ça que je vive? Ok, ça m'est égal, je m'en fous de ce que tu peux penser.

Parce qu'il y a des gens que mon existence rend heureux. Il y a une personne que mon existence rend heureuse.

Rendait heureux... Je ne suis plus sûr que ce soit encore le cas.

Je suis quoi? Je suis quoi? Un blasphème? Contre qui? Contre quoi?

Et je peux savoir pourquoi tout est aussi lent! Ca m'énerve, ça m'agace! Ca me torture parce que je sais que je n'arriverais pas à bouger dans ce putain de temps!

Oh, je pourrais, bien sûr que je pourrais. Justement maintenant avec toute l'énergie que j'ai récupérée.

Je l'ai perdu. Tu le sens, n'est-ce pas? Ouais, tu le sais.

Je n'ai jamais pu protéger les êtres auxquels je tenais. J'ai toujours été mauvais pour ça.

J'ai failli tuer Kurama. J'ai attiré sur lui mon mauvais sort.

Juste parce que j'existais. A cause de moi, il a été pris pour cible, à cause de moi!

Et parce que je suis ce que je suis, mon... mon bébé est mort.

Peut-être que c'est vrai, peut-être que je suis un foutu grain de sable dans l'engrenage et que je n'aurais pas du vivre.

Mais je suis là. J'ai envie de vomir. De rejeter cette culpabilité qui m'entrave aussi fort que le ferait les ronces de Kurama.

Quand un arc de cercle énergétique, tel une faux, vient vers moi, c'est mon corps qui réagit.

Mon épée qui de plante dans le sol, je pose un genou à terre, et je laisse filer mon énergie pour bloquer l'attaque.

L'arc se brise en deux, allant pulvériser les rochers derrière moi.

Je relève la tête. Tu ne t'y attendais pas, hein? Ouais, t'as raison, moi non plus.

J'ai déjà eu envie de mourir. J'ai même cherché cette mort dans des combats tous plus dangereux les uns que les autres.

J'ai souvent été sur le point d'abandonner. Mais l'instinct a été le plus fort.

L'instinct et peut-être aussi la pensée qu'un jour, ça irait mieux.

C'était idiot, n'est-ce pas? En fait, c'est tellement humain, ce stupide espoir.

Parce que dans un coin de ma tête, j'étais persuadé que jamais rien ne changerait. J'allais rester cet enfant maudit, celui qui s'est élevé seul, qui n'a survécu qu'en versant le sang et je peux dire que je n'en ai guère de remord maintenant.

Parce que tout a changé! Tout! Même moi!

Tu veux savoir comment? Tu veux savoir pourquoi?

Simple, deux yeux verts émeraudes.

Deux magnifiques yeux dans un visage tout aussi magnifique. Et dans ce regard, quelque chose comme de la considération, de l'intérêt.

Je me rendais compte que non seulement je n'étais pas mort mais qu'en plus, un bandage avait soigneusement été posé sur mon ventre.

N'importe qui d'autre m'aurait achevé. Moi, je l'aurais fait si la situation avait été inversé.

Ou peut-être pas, non. J'avais sans doute saisi que c'était le changement que j'attendais depuis des années.

Même quand je lui ai dit mon nom, sachant tout ce que ça signifiait, tout ce qui allait avec ce nom, il n'a rien dit.

Tu dis que je dois mourir. Moi je dis que tu peux aller te faire voir, connard!

Je ne le sens plus! Je ne le sens plus du tout!

Il n'y a plus aucune étincelle de vie qui s'agite dans mon ventre! Et non! NON! NON! NON!

Je refuse d'en porter encore la responsabilité!

Oui, j'avais peur! Oui, j'étais terrorisé par cette enfant! Ca pourrait presque être comique, non?

Le jaganshi Hiei qui a affronté des centaines de yohkais, qui a survécu à des tournois des ténèbres, qui est effrayé par un bébé!

Mais chaque fois que je voyais le sourire de Kurama, à chaque fois, cette peur disparaissait un peu plus.

J'ai fini par l'aimer ce futur, même si je me le cachais à moi-même.

Ce futur, Kurama, moi. Et un drôle de petit avec des oreilles et une queue de yohko.

Je veux ce putain de futur! Je le voulais...

Est-ce que c'est impossible? Pourquoi ça m'est interdit?

Qu'est-ce que je t'ai fait qui t'emmerde tant que ça?

J'ai juste voulu être heureux. C'est tout.

J'ai juste voulu être aimé.

Troisième attaque? Hum. Je vois, tu cherches à m'épuiser. Vas-y mon gars, je peux encore en bloquer quatre, peut-être cinq.

Reculez, bande de connards!

Espèces de lâches! Ils vont me prendre à revers.

C'est pas si mal finalement, ce temps ralenti, on s'entend penser.

Penser... Soit je bloque l'attaque frontale, soit je tue les yokhais derrière moi, je peux pas faire les deux.

Un kokulyuha? J'ai fait ça? Non, mon bandage est toujours en place.

Je bloque l'arc de cercle et j'entends les cris des yohkais pris entre les crocs du dragon noir, qui brûlent lentement et douloureusement.

Je jette un coup d'oeil en arrière.

Qu'est-ce que tu fous là, toi? Si tu crois que je vais te pardonner, tu te plantes!

Je croise le regard rouge comme le mien. Je déteste ce regard, je déteste cette couleur.

C'est pas en sauvant ma peau que tu auras le pardon!

Parce que c'est ce que tu cherches, n'est-ce pas?

Ton bras est brûlé. Première fois? J'espère que tu dégustes! J'espère que ça fait atrocement mal!

Le dragon flotte dans les airs avant de disparaître. Tu n'en as pas la maîtrise complète.

Ne t'approches pas de moi! Restes où tu es!

Et... oh, cette aura... cette énergie... cette présence... qui plane au-dessus de moi.

Je lève la tête. Et je sens les larmes qui dévalent mes joues. Ma vue se trouble.

Pardon, Kistu. J'ai pas réussi. Je ne vois pas l'expression de ton visage.

Mes larmes me la cachent.

Es-tu en colère contre moi? Je perçois que tu laisses tomber tes ailes et que tu te poses non loin de moi.

J'essuie mes yeux sur mon bras.

Et tout se passe très vite. Très très vite. Trop vite, si vite que je ne comprend rien.

Nouvelle attaque. Nouvelle faux. Vers mon Kitsu. Vers mon amour, ma vie, mon âme, mon tout!

Et je hurle sans qu'aucun son ne sorte de ma bouche.

Et je vois deux corps sur le sol, entremêlés.

Je m'approche en courant en rengainant mon sabre. Je hurle toujours. Non, je ne hurle pas. Je n'ai pas d'air pour le faire.

Je perçois un mouvement. Une tête aux cheveux argentés qui bougent, des oreilles qui s'aplatissent comme interloquées.

Je suis prêt de lui.

« Kurama? Kurama? Kurama! Kurama! Kurama! »

Je n'entends pas les mots. Je vois ses lèvres bouger mais je n'entends pas les sons.

Et puis, ce mot, j'arrive à le lire sur ses lèvres.

« Trésor. »

Et le son revient.

« Je vais bien, trésor. Je vais bien. »

Il pousse le corps étendu sur lui qui s'agite et se relève en maugréant.

« Joli placage, fait mon Kitsu en plantant ses yeux dorés dans ceux rougeoyants.

-Merci. »

Il se met debout douloureusement. Il l'a protégé? Il l'a protégé?

Mais bordel, pourquoi?

Pourquoi me prive-t-il de ma haine? Je dois le haïr! Ainsi, je peux repousser une partie de ma culpabilité sur lui.

Lui, mon... père. Non, pas mon père. Pas ce mot, je ne peux pas.

Je tends la main vers Kurama qui l'attrape et se relève.

Bon sang, il est tellement grand sous sa forme yohko!

« Un plan? Heu...

-Hiiro. »

Je ne lâche pas la main de Kurama.

Comment peut-il être si calme? Comment peut-il parler avec ce type?

Comment... Oh là! Ne serre pas ma main comme ça, Kitsu!

Ok, j'ai compris. Tu n'es pas calme du tout. Ou du moins, tu ne l'es plus.

Surtout quand tu poses ton autre main sur mon ventre. Et que je laisse échapper un cri en même temps que tu pousses un gémissement de douleur.

Je n'arrive pas à lever les yeux vers toi.

Je mors ma lèvre inférieure jusqu'au sang.

« Enma? questionne Kurama. »

Je hoche la tête, le sang dégouline sur mon menton mais il ne le voit pas.

Quand il se tourne vers le géant, sa main lâche la mienne.

Et je sens son énergie qui rejoint la mienne dans une douleur sans nom.

Dans une colère froide. Son côté yohko.

Hiiro fait trois pas de côté sans s'en rendre compte.

« Un plan? Demande-t-il.

-Le buter, répond Kurama.

-Lentement, dis-je.

-Très lentement, surenchérit mon Kitsu. »

Hiiro secoue la tête.

« Mauvais plan. On ne peut pas tuer Enma.

-C'est ce qu'on va voir!

-Le monde céleste risque de s'effondrer, entraînant le ningenkai et le makai dans la chute. »

Je sens l'énergie de Yusuke. Il arrive sur nous en courant. Derrière lui, il y a Kuwabara.

Ils posent les yeux sur moi. Ils savent.

Kuwabara tend la main et essuie le sang sur mon menton avec le tissu de sa veste et je le laisse faire.

« Hiiro, espèce de lâcheur! fait le rouquin. Tu pourrais prévenir quand tu te barres!

-Ouais, j'enverrais un fax la prochaine fois, grande gueule! »

Je ne comprends rien. Mais c'est pas vraiment le bon moment.

« On le bute ou on tape la discute, grogne Yusuke. Parce que... A TERRE! »

A terre? Pas question!

Je tranche l'attaque en deux. Et mon bandage se met à brûler immédiatement. Mon kokulyuha s'élève.

« On ne doit pas le tuer! crie Kurama. Même si c'est ce que je souhaite, on...

-Je sais! Je veux juste l'affaiblir. »

Je regarde mes coéquipiers. Ma famille. Ma vraie famille. Mon père n'est rien. Ok, peut-être que le pardon est venu tout seul. Juste parce qu'il a protégé mon amour.

Je secoue la tête.

« Yusuke, reygun! Autant que tu peux! Kurama, balance toutes les plantes que tu as! Hi... Toi! Kokulyuha! »

Il hoche la tête.

« Et j'espère que tu vas avoir mal!

-J'ai toujours mal. Depuis des années, murmure-t-il. »

Et j'en ai rien à foutre! Le pardonner, ok. L'absoudre, non.

« Et moi, nabot? Je fais quoi?

-Tu fermes ta gueule et tu prépares ton épée dimensionnelle.

-Euh, j'la maîtrise pas encore...

-Tu veux qu'on crève tous? Tu veux que ton mec crève? Parce que si c'est le cas, ce sera de ta faute! »

Et l'épée sort presque immédiatement.

« Tu me paierais ça, Hiei. »

Je grogne. Mais quand cet idiot m'appelle par mon nom, c'est qu'il ne m'en veux pas.

Yusuke s'éloigne de nous et commence à tirer. Kurama fait pareil et lance des herbes tranchantes, des fleurs explosives et dieu sait quoi encore.

Mon kokulyuha est au-dessus de moi.

Et celui d'Hiiro frappe Enma. J'ai une certaine satisfaction à constater qu'il est loin d'être aussi puissant que le mien, et que mon père -merde, je l'ai dit- souffre de la brûlure sur son bras.

J'attrape Kuwabara par la manche de sa veste.

« Itsuki, dis-je. Il nous avait coincé dans une autre dimension. Tu peux le faire?

-Je vais essayer.

-Tu le fais! Ou je te bute!

-Je vais le faire!

-Ok, attends mon signal. »

Enma se défend, ce n'est plus des arcs d'énergies qu'il envoie maintenant, c'est des boules qui frappent, essayant de toucher Kurama ou Yusuke.

L'aura pure se charge de colère. Pendant que la mienne devient aussi calme que l'eau d'un lac. Et froide comme la glace du pays de ma mère.

Pourtant, mon kokulyuha est brûlant.

« Kit! Yusuke! Barrez-vous! »

Et mon dragon attaque.

Enma l'attrape à bras le corps avec un sourire. Ouais, tu penses qu'on est que des moustiques, c'est ça. Tu vas voir comme on peut être désagréables!

Il se bat avec mon dragon. Essaye de le repousser plusieurs fois. Mais je tiens bon. J'ai toute l'énergie qu'il faut pour ça.

Parce que tu l'as tué!

Et non! Ce n'est pas ma faute!

Le dragon s'enroule autour du roi des cieux. Un roi ça? Un tyran, oui!

Il va arriver à le repousser, ce n'est qu'une question de temps.

Ca y'est, il vient de l'éjecter.

« KUWA! »

L'épée s'abat sur le sol, ouvrant une brèche énorme.

Enma vacille, tombe. Va en enfer! Va en enfer!

Il va se rattraper, utiliser son énergie pour remonter. Je le sens.

Et mon deuxième kokulyuha le frappe, le pousse.

Et... Et merde! Je cours, je tends la main, j'attrape celle de Kurama alors qu'il glisse dans l'autre dimension. Je le soulève, je tombe à la renverse, son corps contre le mien, sauf.

J'ai été distrait et j'ai perdu le contrôle de mon dragon. Et ce putain d'enfoiré d'Enma va s'en sortir.

« Ca ne se passera pas comme ça, hurle Kurama. »

Son fouet claque sur la main qui se maintient sur le rebord du gouffre. Et mon dragon s'abat sur le sol.

« MAINTENANT! »

Et le gouffre se referme.

Kurama est toujours dans mes bras, son fouet sorti, ses épaules tremblent.

« Kitsu? »

Je tourne son visage vers moi. Il pleure. Qu'est-ce que j'ai fait?

Il plaque ses mains sur son visage.

« Kurama? »

Ma voix est rauque. Et soudain, il se jette sur moi, entoure ses bras autour de ma nuque.

« Pardon! Pardon, Hiei! Pardon... Je voulais te protéger. Je voulais vous protéger tous les deux! Je n'aurais jamais du te laisser! Pardon! Pardon! »

Je n'arrive pas à lever mes bras pour les placer autour de son corps. Et pourtant, je le voudrais.

Yusuke et Kuwabara me regardent.

Je vois. Je n'ai pas l'exclusivité de la culpabilité. Je ne suis pas le seul à avoir besoin d'être rassuré. Je ne suis pas le seul à avoir besoin d'être aimé.

Alors, j'éloigne légèrement Kurama de moi. Et je pose mes lèvres sur les siennes. Doucement, puis plus fermement sans approfondir le baiser.

Etrangement, je ne m'en sens pas capable.

« Kitsu, je t'aime. Et je t'aimerais quoi qu'il arrive. »

Il a un petit rire quand il m'entend reprendre les mots qu'il me dit toujours.

Et c'est la dernière chose que j'entends avant de crisper la main sur mon ventre et de m'affaisser contre lui.

Non, pas tout à fait. J'entends les battements de son coeur.

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Yusuke a crié quand il a vu Hiei s'effondrer. Kurama a cligné des yeux plusieurs fois.

Et il l'a soulevé dans ses bras.

« Ningenkai, Kuwa. Yusuke, trouve Uméda et amène-le. Vite! »

La voix est si plate qu'elle en paraît indifférente.

« Il va bien? demande mon amant.

-Non, il ne va pas bien! Alors bouges ton cul, hurle Kurama. »

J'ouvre un portail rapidement. Et Kurama s'engouffre dedans avec Hiei sans un regard.

Yusuke me jette un coup d'oeil.

« Je cherche où? me fait-il. »

Je me concentre quelques secondes. De longues secondes.

« Le palais présidentiel. Ils l'ont repris. Uméda doit être là-bas. Et... Ramène aussi Yukina. Hiei...

-Voudra la voir. »

Je hoche la tête et je le regarde partir.

« Chaton?

-Je t'aime! crie-t-il sans se retourner. »

Je me tourne vers Hiiro, je l'avais presque oublié.

« Ton bras?

-Cramé. Ca passera. »

Il commence à partir.

« Hé! Tu vas où?

-J'me barre!

-Tu lui as pas dit! Tu ne lui as rien dit du tout!

-Ouais, c'est sûr. On aurait dû s'installer autour d'un thé pour discuter, c'était pas comme si on avait autre chose à faire!

-Viens avec moi! »

Il secoue la tête. Et je m'énerve.

« Putain, tu lui dois bien ça! »

Il s'approche de moi rapidement et je pense que je vais m'en prendre une.

Mais il plaque sa main sur mon visage. Et...

Merde, merde, merde!

Trop d'images, trop de pensées, trop de sentiments, trop de souffrance aussi.

J'entends un « tu lui diras ».

Et quand j'ouvre les yeux, il a disparu.

« Bordel de putain de merde! J'aimerais bien qu'on arrête de me prendre pour un disque de sauvegarde géant! »

Et la tête trop pleine, je passe le portail.

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Je me réveille et je suis seul. Menteur! Tu m'as encore abandonné.

Je suis adossé contre la cabane, à l'extérieur.

Il avait dit qu'il serait là. Et j'y ai cru. Comme je le croyais quand j'étais gosse.

Mais c'était un mensonge. Comme quand il disait que je comptais pour lui.

Je penche la tête et je commence à rire. Je déteste perdre. Je déteste perdre parce que je n'ai jamais rien eu.

« Qu'est-ce qui te fait rire, j'peux savoir? »

Je m'étrangle et lève la tête. Il est accroupi devant moi.

« Tu es revenu... Tu es revenu... »

Je tends la main pour effleurer le visage. Et les bras se referment autour de moi.

Et je me mets à hurler.

« Va-t-en! Va-t-en! Ne me touches pas!

-Higesu...

-Non! Ne me tues pas!

-Je ne vais pas te tuer. »

Je secoue la tête. J'attrape son bras et il grogne de douleur.

« Si, si, tu dois me tuer. Parce que je ne le supporterais plus.

-Quoi? »

D'être seul. Que tu m'abandonnes encore une fois.

De te trahir. De chercher à te faire du mal, à toi et à ceux que tu aimes.

« Oh mon dieu, Higesu. Je suis désolé. Vraiment. Je n'aurais jamais dû... »

Jamais dû me prendre dans tes bras la première fois.

Tu n'aurais jamais dû me faire croire que je pouvais être aimer.

Mais comment j'aurais pu comprendre? Je n'avais que dix ans!

Et c'était la première fois que... qu'on me témoignait de l'attention.

Comment j'aurais pu comprendre que tu allais partir, que tu allais m'abandonner, que j'allais te détester et t'aimer encore?

« Je ne le supporterais pas, Hiiro. »

Je ne veux plus me réveiller pour ne trouver que des cadavres autour de moi. Me retrouver seul.

« Je suis là, Higesu. Je ne vais nulle part.

-Menteur! »

Je le pousse, je me relève.

« Tu n'as plus rien qui te lie à moi! Tu m'as arraché Hiei aussi! J'aurais pu l'avoir lui! Ou son bébé! J'aurais pu avoir quelqu'un rien qu'à moi!

-Tu m'as, moi. Pour toujours. »

Non, c'est faux. Et j'éclate de rire. Je deviens sarcastique.

« Pff, comme si ça m'intéressait! Je me fiche de toi. Va retrouver ton fils! Et ta chère fille! Laisses-moi! »

Laisses-moi. Je vais m'endormir et me réveiller seul.

« Higesu! Ca suffit maintenant les caprices! Lève-toi! »

Non. Dégage. Va-t-en.

« Si tu le prend comme ça... »

Il m'attrape et me soulève. Je me débats.

« Laisses-moi!

-Je peux pas. Je suis lié à toi.

-C'est faux! Mon sort ne marche plus!

-Je ne parlais pas du sort, Higesu mais du fait que je tiens à toi. »

Je pose la tête sur son épaule.

« Comme un fils?

-Ouais. C'est tout ce que j'ai à t'offrir.

-Mais je serais le seul. »

Il ne répond pas tout de suite.

« Oui, tu seras le seul. Rien que nous deux, comme avant.

-Alors, ça va. »

Et je commence à me rendormir.

« Hiiro...

-Je serais là quand tu te réveillerais. Tu ne seras plus jamais seul. »

Je n'y crois pas. Mais c'est bête, j'espère quand même.

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Hiei ouvre enfin les yeux.

« Kitsu ?

-Je suis là. »

Sa tête roule sur l'oreiller et il croise enfin mon regard.

« Comment tu te sens ?

-Mal. »

Il grimace et essaye de se lever. Sa main passe sur son ventre.

Il sursaute.

Il baisse les yeux et sa main fait le même geste, effleurant un ventre qui ne contient plus rien.

« Kitsu ? »

Sa voix est trouble.

« Je suis désolé, trésor. Il n'y avait plus rien à faire. Le docteur t'a opéré cette nuit. Le… Le bébé était mort. »

Je sais que Hiei ne voulait pas de cet enfant. Cela me faisait mal parce que c'était mon enfant à moi aussi.

Mais je savais que ce que Hiei redoutait, c'était de voir sa propre image reflétée dans l'enfant. Il ne pouvait pas le supporter parce qu'il ne s'est toujours pas pardonné ce qu'il est.

Il ne peut pas envisager de créer une famille.

« Hiei ? »

Il touche encore son ventre. Et se met doucement à frissonner, à se rappeler.

« Kitsu… Pourquoi j'ai mal ?

-Je vais te donner un antalgique pour calmer la douleur.

-Non. Pourquoi j'ai mal ? Pourquoi je me sens si triste ? Je ne voulais pas… »

Les mots se perdent.

« Je ne voulais pas… mais pourquoi je me sens si vide ! Kurama… »

Je comprends et je m'assoie sur le lit.

Il pose sa tête contre mon épaule et je resserre mes bras autour de lui.

Je sens mes larmes couler.

Je serre Hiei plus fort.

Je ne lui dirais pas tout de suite.

Je n'ai pas le courage de lui dire que c'était une petite fille, notre fille qu'il attendait.

Et je le serre contre moi.

Hiei ne demande rien, ne veux rien savoir.

La tristesse est comme emprisonnée en lui.

Dans cette chambre blanche immaculée, son visage est encore plus pâle.

Je le lâche, je pose un baiser sur son front. Et je sors appeler Uméda.

Le doc a laissé tombé son côté moqueur et c'est avec douceur qu'il s'occupe de Hiei.

Je n'aurais pas permis qu'il en soit autrement de toutes façons.

Hiei gardera une cicatrice. Une de plus.

« On peut entrer? »

La voix de Yusuke. Je hoche la tête. Uméda a terminé et nous laisse.

Yusuke s'approche du lit doucement sous le regard figé de Hiei.

Et il lui dit à quel point il est désolé.

Hiei hoche la tête sans dire un mot. Mais sa main vient attraper celle de Yusuke et la serrer brièvement.

« Kurama, chuchote Kuwabara. Est-ce que... Est-ce que tu me laisserais le voir seul à seul? »

Je hausse les sourcils.

« Pourquoi?

-Hiiro. Il m'a confié ses sentiments. Mais pas seulement. Il m'a révélé la vérité.

-La vérité?

-Hina... Lui et Hina, ils étaient amoureux. »

Je me tourne vers lui avec stupeur.

« Je pense que Hiei a besoin de le savoir. Enfin, c'est à toi de voir. Si tu penses que c'est pas le moment...

-Non... mais...

-Je ne lui ferais ressentir que les souvenirs heureux. Seulement ceux-là. Chacun sa souffrance. Il a déjà la sienne. »

J'acquiesce et j'entraîne Yusuke hors de la pièce sans oublier de poser un baiser sur la joue de mon petit démon.

Dans le couloir, je m'appuie contre le mur.

« Il a l'air...

-Perdu? Vide?

-Ouais. »

Je change de sujet.

« Enki a rapatrié Koenma ici? dis-je.

-Ouais. Uméda a plus de matos ici. Et son état devrait s'arranger plus rapidement.

-Botan? »

Yusuke pousse un soupir.

« Chez Mukuro. Je savais pas quoi faire. Mais... Elle a dit qu'elle avait l'habitude, qu'elle avait déjà eu à faire à des yohkais qui ont subi un lavage de cerveau. Elle m'a dit qu'elle allait la mettre dans une de ces bulles qu'elle a dans son château. Il paraît que ça répare le corps mais aussi l'esprit. Seulement, ça prend plus de temps. »

Il s'arrête.

« Tu ne la tiens pas pour responsable, hein? Sérieux, Kurama, tu...

-Bien sûr que non! On n'a été que des pions. Et elle aussi. »

Le silence s'installe entre nous.

« Kurama!

-Yukina. »

Elle s'approche de moi. Tohya reste à une dizaine de mètres.

« Je peux le voir?

-Oui. Mais ne t'étonnes pas s'il n'est pas...

-Je comprends. »

Quand Kuwabara sort, j'entre à l'intérieur. Je suis stoppé par la voix de Hiei.

« Yukina! Je sais qu'elle est là! Je veux la voir!

-Hiei?

-Je veux voir ma soeur. Seulement elle! »

Je me recule. Bon sang, ça fait mal.

Yukina pose la main sur mon avant-bras jusqu'à ce que je baisse les yeux sur elle.

« Ne lui en veux pas, chuchote-t-elle. »

Je secoue la tête. Jamais.

Et je la laisse entrer dans la chambre.

C'est vrai, c'est sa soeur. Et elle doit savoir elle aussi.

Quand Yukina repart, Hiei semble plus serein.

C'est quelque chose que je ne serais pas arrivé à faire.

La nuit tombe et je suis près de la fenêtre. L'ironie de la situation ne parvient même pas à me faire sourire.

« Kitsu?

-Oui.

-Viens. »

Et il m'a demandé. Sans beaucoup de mot. Et je lui ai dit.

Et il a pleuré cette fois, désespérément.

Enfin.

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« Tu es passé chez Hiei et Kurama? »

Je hoche la tête. Et le regarde, assis à la table de la cuisine, des bouquins éparpillés devant lui.

« Comment ça va?

-Mieux. Mais pas vraiment super bien non plus.

-Ca fait que quatre mois, c'est normal. »

Je m'avance, j'enlève ma veste et mes chaussures et les balancent au p'tit bonheur la chance.

« Yusuke!

-Ouais, pardon. »

Je range mes baskets dans l'entrée et je suspend ma veste.

Puis je m'avance et enlace Kuwabara.

« Tu fais quoi?

-Des exos. Enfin, j'essaye de les faire mais ils sont pas vraiment d'accord. »

Je souris et embrasse sa nuque.

« Yusuke! Je dois faire ces putains d'exercices!

-Je t'encourage.

-Et en quoi tes lèvres sur ma nuque sont sensées être un encouragement?

-Hum... Je sais pas. » Je lèche le lobe de son oreille.

Puis mes mains caressent son torse à travers le tissu de sa chemise.

Il referme le livre brusquement, se retourne, agrippe mes cheveux avant de plonger sa langue dans ma bouche.

« Kuwa, je t'aime. Je t'aime, j'ai envie de toi, j'ai envie que tu me fasses l'amour. Maintenant. »

Il se lève.

« Ca m'excite quand tu dis ce genre de choses, fait-il.

-Je sais. Et si je l'avais su plus tôt, je les aurais dit avant. »

Je l'entraîne vers la chambre.

Et je le pousse sur le lit. Et je m'installe au-dessus de lui.

Je l'embrasse passionnément. Et je défais les boutons de sa chemise.

Il soulève mon tee-shirt et je lève les bras pour qu'il me l'enlève.

Quelques minutes plus tard, nous sommes nus.

Il attrape mon visage entre ses mains.

« Tu veux..., commence-t-il. »

Je le coupe d'un baiser.

« Pas aujourd'hui. Pas maintenant. Même si j'aime te prendre. Je voudrais que... »

Il acquiesce et inverse nos positions.

Et c'est passionné, c'est bon, et c'est tout ce que je veux.

Je veux hurler à pleins poumons. Je crie pour lui dire à quel point il me fait du bien et à quel point j'aime ça.

Et je repose contre son flanc, son bras autour de mes épaules.

« Demain, c'est mon tour, dis-je.

-T'as besoin d'attendre jusqu'à demain? Pourquoi pas tout de suite? »

Je lui donne une légère tape sur la poitrine.

« J'ai vadrouillé toute la journée entre le royaume, le makai et ici! Alors, désolé si je manque d'endurance!

-J'plaisantais! »

J'en suis pas si sûr. Mais je me blottis contre lui.

Quand on est rentré, c'était légèrement flippant entre nous. Un peu bizarre.

Et puis, il m'a emmené dans la chambre. Et...

Qui est l'abruti qui a dit que le sexe ne résolvait rien? Parce que je peux dire que dans certains cas, ça marche.

Surtout quand Kuwa m'a dit qu'il avait toujours été le dominant dans ses relations précédentes. Et qu'il... Qu'il voulait que je lui fasse l'amour. Qu'il voulait savoir ce que ça faisait.

Je me suis exécuté. Et j'ai compris. Quand il y a de l'amour, il n'y a rien d'autre. Pas d'humiliation, pas de sentiment d'être faible ou rabaissé.

J'embrasse le cou de Kuwa.

« Je t'aime.

-Moi aussi, chaton. Je t'aime. »

Il y a un silence heureux pendant quelques secondes.

« Tu sais, je crois que je les envie un peu.

-Qui ça ? demande-t-il.

-Hiei et Kurama. Enfin, je n'envie pas leur situation actuelle mais... Hiei peut donner la vie. Ils vont pouvoir avoir des enfants, alors que nous… »

Je me tais et je regarde Kazuma.

« Je suis désolé, Yusuke. Je savais que ce moment arriverait un jour ou l'autre. Seulement, je ne pensais pas que ce serait si tôt.

-Qu'est-ce que tu veux dire ?

-Que tu regrettes. C'est ça, non ? Tu aurais pu avoir une vie normale avec Keiko. Tu pourrais encore avoir une vie normale avec elle ! Avec des enfants. »

Je fronce les sourcils.

« Tu me laisserais partir ? Tu ferais ça ? »

Il hoche la tête et dit dans un souffle :

« Oui… »

Je me relève dans un sursaut.

« Mais t'es vraiment le pire enfoiré que j'ai jamais vu !

-Quoi ?

-T'es un enfoiré de première ! Tu me laisserais partir pour ça !

-Je… Je ne comprends pas…

-Je vais t'aider à comprendre ! »

Je le chope par le cou et le secoue.

« Moi, je te laisserais jamais ! Tu m'entends ? Et t'as pas intérêt à vouloir me quitter ! Parce que je te laisserais jamais faire !

-Yusuke ! Arrête ! Tu… m'étrangles… »

Je le lâche.

« C'était assez clair?

-Limpide. Je me suis mis en ménage avec un psychopathe.

-Trop tard, fallait que tu t'en rende compte avant. »

Il pose ses lèvres sur les miennes. Et... Ouais, je crois que je suis partant pour un second round.

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Quatre mois que je passe la main sur mon ventre sans rien ressentir. Ca a été un geste inconscient au début. Et je sursautais à chaque fois que je m'en rendais compte.

Si tout s'était bien déroulé, on serait trois. Kurama sourirait.

On formerait une famille. Quelque chose de bizarre, quelque chose que je n'ai jamais vraiment compris jusqu'à maintenant. Sauf que je sais maintenant.

Je comprends. Ma famille, je l'ai crée. Il y a ma soeur bien sûr, mais Yusuke et Kuwabara en font partie aussi. Ouais, même cet abruti, mais plutôt crever que de le dire.

Le docteur Uméda a fait plusieurs examens. Et il m'a expliqué les choses avec des mots simples. Que je pouvais comprendre.

Kurama était là à chaque fois. Il écoutait. Il frissonnait légèrement des fois.

Il n'a pas osé sourire quand Uméda a dit que je pourrais sans aucun problème avoir d'autre enfant. Mais je sais qu'il en avait envie.

Il a expliqué aussi que si la grossesse s'était déroulé normalement, c'est à dire sur neuf mois, mes organes féminins – je l'aurais buter pour ça avant mais là, je n'ai pas bronché – se seraient complètement développés et que j'aurais pu accouché naturellement.

J'étais tellement ailleurs que ça ne m'a rien fait. Il a dit qu'il fallait aussi qu'on se protège si je ne voulais pas d'enfant.

J'ai mis l'information dans un coin de ma tête et je n'y ai plus pensé.

Kurama ne m'a pas touché depuis quatre mois. Chaque fois qu'il me prend dans ses bras, on dirait qu'il a peur de me casser.

On dort ensemble mais il ne me touche pas. Il me laisse dormir blotti contre lui, il embrasse mon front, mes joues, mes lèvres.

Mais c'est tout.

Je sais qu'il attend un signe de ma part. Je le sais.

Quatre mois que Kurama est patient, qu'il m'attend, qu'il fait tout pour prendre soin de moi, pour ne pas me brusquer.

« Hiei? »

Je lève la tête. Il est tard. Et la journée m'a semblé longue. Très longue.

Parce que ce matin, je n'étais plus dans ses bras quand je me suis réveillé.

Yusuke était là, ils prenaient le café dans la cuisine, c'était pour ça. Mais ça m'a manqué.

Je quitte ma position près de la fenêtre et je le rejoins dans le lit.

Il soulève la couette. Et la rabat.

Puis il ouvre les bras.

Je me serre contre lui, il sursaute légèrement. Ce n'est pas une étreinte pour être rassuré, c'est...

C'est l'étreinte d'un amant. Et il le sait.

« Trésor ? »

Il se tourne vers moi et passe son bras autour de mes épaules.

Je me raidis sans le vouloir.

« Ne t'inquiète pas, trésor, murmure-t-il. Je n'ai pas l'intention d'aller plus loin que tu ne me l'autorise. Je peux t'embrasser? Un vrai baiser. »

Je hoche la tête et il s'approche. Il hésite et je réduis la distance, je me jette sur ses lèvres et les entrouve, je laisse sa langue venir à la rencontre de la mienne. Et je gémis.

J'avais oublié. J'avais oublié combien j'aimais ça.

Le baiser se termine sagement.

J'enfouis ma tête dans le creux de son cou, je profite de son corps contre le mien.

Puis je relève la tête et la pose sur sa poitrine, cherchant son regard.

« Kitsu ? Tu m'en veux ?

-Oh mon dieu, Hiei ! A propos de quoi ?

-Que je n'ai pas voulu de cet enfant… au début...»

Il secoue la tête.

« Non, trésor, je ne t'en veux pas. C'était trop dur pour toi et je le comprends.

-Kitsu, je ne dis pas que je ne veux pas avoir de bébé mais… si pour les prochaines années, on était que tous les deux, ça te dérangerait ?

-T'avoir pour moi tout seul ? J'adorerais, bien au contraire.

-Et on pensera à des enfants après.

-Quand tu voudras, quand tu seras prêt, on y réfléchira. »

Je dépose un baiser sur son torse et je monte jusqu'à son visage. Et j'attrape ses lèvres.

C'est un baiser tout ce qu'il y a de plus passionné. Et quand je le romps pour venir poser des baisers sur son torse, il m'arrête.

« Trésor? Tu es sûr?

-Tu m'aimes?

-Je t'aime. Je t'aimerais quoi qu'il arrive.

-Alors... Fais-moi l'amour. »

Il est surpris, je le sais. Et il hésite.

« Je t'aime, Kurama. Et je suis sûr. »

Je me laisse tomber à côté de lui et je l'attire au-dessus de moi.

Il m'embrasse timidement.

« Kitsu, il va falloir faire mieux que ça, dis-je en souriant. Si tu veux que j'ai des enfants plus tard, il va nous falloir beaucoup, beaucoup, beaucoup d'entraînement. »

Il me renvoie mon sourire. Ca faisait longtemps. Trop longtemps.

« Très bien, si on commençait tout de suite ? »

Et l'étincelle est dans ses yeux, dans ces beaux yeux verts. Et je m'enflamme.

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Elle me l'a dit. Et ça a suffit. De sa voix douce quand elle a attrapé mon visage entre ses mains. Dans cette chambre trop blanche, trop froide alors que je ne pouvais pas m'empêcher de passer la main sur mon ventre.

« Oni-chan, pourquoi tu comprends toujours tout de travers? Tes enfants, les miens également ne seront jamais des péchés. Ce seront des enfants de l'amour. »

Oui, j'ai été désiré. Ma mère, Hina, elle m'a voulu. Mais c'est encore difficile d'oublier ce que je suis, difficile d'oublier les mots que j'entendais alors qu'on me jetait du haut du royaume des glaces.

Pas tout de suite. Pas tout de suite.

Mais quand je serais arrivé à m'aimer, quand j'arriverais à ne plus sentir le poids du péché sur mes épaules, je mettrais au monde l'enfant de Kurama.

L'enfant de notre amour.

J'enroule mes bras autour de la nuque de Kurama et je crie légèrement alors qu'il me pénètre.

Et je murmure: « Je t'aime. Je t'aime. »

Et je ne suis arrêté que par un baiser qui me laisse à bout de souffle.

Il n'y aura plus de péché, je suis le dernier.

FIN

Bon, a priori, c'est la fin. J'avais pensé à un épilogue mais je crois que je vais m'arrêter là.

Ouf... Fini... J'ai vraiment trop ramé sur les derniers chapitres. Et j'aime pas ramer (oui, je suis fainéant et alors? )

Merci pour vos reviews sur le chapitre précédent. Je crois pas que j'aurais réussi à terminer cette fic sans vous. Quand je me dis que vous attendez la suite, ça me motive même si je dois ramer!

P'tit mot pour Lilirara:J'ai le lien pour ton blog, j'irais y faire un tour pendant les vacances, j'aurais un peu plus de temps.

Koorimé, Kitsuné, Lilirara, Zephis, Aubépine, Hlo, Cannelle-san et tout ceux qui m'ont reviewé et que j'ai malencontreusement oublié, merci beaucoup!

Voilà, comme c'est la fin d'une très très très longue fic, je vais encore emm... le monde et réclamer des reviews! Allez, c'est pas si difficile que ça.

Passez de bonnes fêtes! Et si j'ai un peu de temps, j'écrirais encore! Mais rien n'est moins sûr!

A plus.