Chapitre 08 : Rogue, Voldemort et Drena

Severus Rogue venait de transplaner au Pays de Galles. Il marchait le long d'une allée jusqu'à une typique petite ferme galloise. Il s'arrêta quelques mètres de la barrière. Il n'en pouvait plus. Quand finirait cette vie ? Il avait tué son véritable maître pour pouvoir continuer à espionner cette ordure de Voldemort. Des années de servitude avaient fini par l'user. De se savoir en partie responsable de la mort de Lily Potter laminait son cœur. D'avoir dû protéger Drena en tuant son mentor hantait son âme. Et de rechercher de solutions en vain pour piéger le Mage Noir torturait son esprit. Il revit les dizaines de visages des morts, de toutes les morts occasionnées par Voldemort et ses partisans.

Il secoua la tête. Et dire qu'il va falloir que j'offre ma filleule en pâture à ce monstre ! Oh Drena, pourquoi faut-il qu'il y ait plus de véritable courage dans une seule de tes mèches de cheveux que dans tes parents et ton parrain réunis ? Je me rappelle encore de ta hardiesse, ce fameux jour où tu as affronté ton père. Ce jour où tu t'étais plainte du froid, l'elfe de maison, qui t'étais attribuée, avait osé t'apporter un pull contre l'avis de ton père. La pauvre, elle avait littéralement volé de l'autre côté de la pièce quand Lucius l'avait frappée avec sa canne. Et toi, ma filleule, tu t'es dressée du haut de tes quatre ans et tu l'as affronté ce géant qu'il devait représenter pour toi. Et tu lui as donné un coup de pied dans le tibia en le traitant de "salaud" ! Comme ta mère quand il la battait comme plâtre avec la même canne. Et tu es restée toute aussi courageuse quand il a attrapé ton pull pour te lever jusqu'à son visage. Il t'a hurlé dessus qu'il te materait. Il a crû te mater ce jour-là et les suivants mais je sais aujourd'hui que tu es d'une autre trempe. Oui, je suis très fier de toi, Drena, très fier. Bien, à ton tour, Severus ! Sois brave !

Les lumières des bougies chancelaient à travers les fenêtres. L'ancien professeur entra dans la chaumière. Comme à son habitude, Voldemort était entouré de ses fidèles sergents, en tous cas, ceux qui avaient survécu aux attaques contre l'Ordre du Phoenix et Harry Potter. Son faciès reptilien était la chose qui dégoûtait le plus Severus car son… "maître" en avait perdu toute trace humanité.

- Te voilà, enfin, Severus !

- Oui, Monseigneur !

- As-tu accompli ta mission ?

- Oui, Monseigneur ! Et même plus !

- Ah oui et qu'as-tu fait ?

- J'ai apprit que demain, en fin de matinée, Potter compte détruire vos "horcruxes" !

- Comment sais-tu cela ? Et comment as-tu apprit leur existence ?

- J'ai mes sources !

- Quelles sont-elles ?

- Le Cracmol Rusard et deux ou trois jeunes serpentards se sont unis pour espionner vos ennemis. Quant aux horcruxes, j'ai apprit leur existence par la bouche de la "sang-de-bourbe", Granger, elle a encore voulu "étaler" son savoir

- Celle-là quand Potter sera mort, je me ferais un plaisir de lui arracher la langue !

- Ce sera un plaisant spectacle, Monseigneur, car pendant ces six années où je lui ai enseigné", elle m'en a fait un enfer !

- Rogue ! Revenons-en aux horcruxes ! Où compte-t'il les détruire ?

- Vous connaissez Potter ! Toujours il recherche le sensationnel, le grandiloquent et le symbolique, il a choisi la maison de ses parents !

- Ainsi la boucle sera bouclée et je pourrais le tuer pour de bon cette fois ! Petit présomptueux, petit orgueilleux, il apprendra à ses dépens qu'il ne peut voler la vedette à LORD VOLDEMORT.

- Ils veulent les détruire vers onze heures ! J'ignore le pourquoi de cette heure précise !

- C'est sans importance ! Préparons-nous ! Je vais appeler un maximum de mangemorts.

C'était le repas du soir à Poudlard. Les professeurs qui faisaient partie de l'Ordre du Phoenix et quelques aurors étaient fébriles. Les jeunes gens de l'Armée de Dumbledore partageaient la même fébrilité. La seule à rester stoïque était l'agneau sacrificiel. Hermione ne tint plus.

- Nous sommes tous terriblement nerveux et toi tu es la seule à ne pas te départir de ton calme !

- Oui, j'avais remarqué votre tension !

- Remarqué ? Notre "tension" ? Mais nous sommes de vraies piles électriques, Drena !

- C'est drôle mais lorsque l'on est résigné les motifs de stress disparaissent. Je comprends mieux cette philosophie bouddhique dont tu m'avais parlé !

- Mais elle m'énerve, grogna Ron

- Quoi ? se retourna Hermione, encore plus énervée

- Ben, oui, c'est une vraie girouette cette fille !

- RON !? s'étonna Harry

- Bon sang, pendant six ans, elle nous a pourri la vie par ses insultes. Ces derniers mois, elle a été cette "pauvre" et gentille petite chose ! Et maintenant, elle nous la joue super courageuse comme ces chrétiens dans les arênes.

La tablée le regarda passablement étonnée.

- Franchement, Drena, j'aimerais savoir enfin qui tu es vraiment ! Es-tu une serpentard, une poufsouffle ou une gryffondor ?

A ce moment-là, Drena regarda Ron en face et dans ses yeux, elle vit la lueur de malice qui y brillait. Elle se mit à hurler de rire suivie par le farceur et ils s'enlacèrent hilares. Les larmes étaient venues à leurs yeux. Ils redoublèrent leur fou rire à la vue des regards éberlués de leurs compagnons de tablée. Ils n'arrivaient plus à s'arrêter. Ils rirent derechef quand Luna les rejoignit puis Neville. Ces derniers aspiraient eux aussi à rire. Cela faisaient de longues minutes qu'ils s'évertuaient en vain d'arrêter cette crise de fou rire quand arriva Mme Pomfresh. Les hoquets surgirent leur coupant la respiration. Elle les força à boire une potion qui fit son effet. Ils était toujours euphorique mais les rires avaient disparu.

Avant qu'ils ne quittent la grande salle, la Directrice les convoqua dans son bureau. Tout le monde était là ! Les anciens comme les nouveaux membres de l'Ordre et de l'A.D. avaient été appelés dans cet historique bureau. Ils étaient si nombreux qu'ils bousculaient un peu. Minerva leva la main pour qu'on l'écoute.

- Le piège se referme ! Demain matin à l'heure dite, Harry et Drena seront au Manoir Jedusor. Nous, nous attendrons le Mage Noir et ses partisans à Godric's Hollow. Severus lui fera croire que Drena est partie au Manoir le retrouver pour se soumettre à lui !

- Comment a-t'il pu avaler tout cela, s'étonna Harry

- Les horcruxes, Harry, cela l'obsède leur destruction totale signifierait sa mort et il craint la mort comme tu le sais ! Bon, nous nous retrouvons tous là bas à dix heures quarante cinq piles. C'est d'accord pour tout le monde ?

L'assemblée en entier lança un tonitruant : "OUI !". La Grande Bataille allait enfin commencer.

La soirée était bien avancée lorsque les deux préfètes laissèrent repartir leurs amis. Hermione s'apprêtait à aller se coucher quand Drena l'arrêta.

- Hermione !

- Oui, Drena ?

- Dis-moi ? Tu me considères comme une amie ? N'est-ce pas ?

- Bien sûr, depuis le temps, je croyais que tu le savais, voyons !

- Hermy, tu connais presque tous mes secrets !

- C'est vrai !

- Tu sais de qui je suis amoureuse !

- Oui !

- Je te demande de me l'amener demain matin !

- Ca, ce n'est pas dur !

- Et de lui "dire" de faire tout ce que je lui demanderai !

- Oh non, ne me dis pas que tu veux…

- Oh Hermy, encore une fois ni toi ni moi n'avons besoin de mots pour nous comprendre, c'est là que je me dis que nous sommes de vraies amies. Tu sais, Harry peut mourir demain ! Et je serais alors aux mains de "l'autre" !

Et Hermione se mit à pleurer à l'idée que Harry et eux tous puissent mourir et que son ami finisse comme "reproductrice" pour le vil serpent. Ce monstre continuerait il longtemps à détruire les vies autour de lui ? C'est sur ces pensées qu'Hermione s'endormit sur le canapé au côté de son amie. Drena, elle, ne dormit pas et contempla les flammes dans l'âtre jusqu'au bout de la nuit.