Chapitre 15 : Une nouvelle génération

7 ans plus tard – Quai 9 3/4

Sur le quai côté moldus, une grande femme blonde tapait du pied apparemment très énervée, elle tenait la main d'un petit garçon d'environ six ans. Au son de voix d'enfants criaillant, elle se retourna et s'approcha d'une troupe familiale principalement composée de rouquins.

- Décidemment, les Weasley, vous ne saurez jamais ce qui signifie le mot "ponctualité".

- Allez Drena… nous avons encore quelques minutes devant nous ! Indiqua Hermione en tenant par les mains Penelope et Albanie

- Mmouiii !

- Bonjour, maman, bonjour Sev ! Intervint le jeune James en embrassant sa mère et son jeune frère.

- Bonjour, Jamie ! As-tu passé de bonnes vacances ?

- C'était court seulement deux semaines avec Charlie mais on s'est bien amusé chez Percy.

Drena souria au jeune Perceval qui ne ressemblait en rien à son homonyme. Il était déjà en deuxième année à Poudlard et s'était avancé nonchalamment. Si James avait passé ses vacances chez Bill et Fleur Weasley, c'était pour éviter que Harry tombe sur son fils au détour d'un séjour. La jeune femme ne se faisait pas d'illusion. Ce soir, il reconnaîtrait bien ses propres traits sur ceux de James et là elle ne pouvait reculer. Et elle ne s'imaginait pas envoyer son fils à Beaux-bâtons, à Durmstrang ou dans n'importe quelle autre école de sorcier. Il était anglais et devait faire ses études à Poudlard car tous ses ascendants y étaient allés.

Les parents récupérèrent tous leurs enfants et foncèrent avec eux dans le mur conduisant au quai 9 ¾. Arrivés là, ils firent charger leurs bagages. Puis se dirigèrent vers les compartiments. Avant de monter, ils embrassèrent leurs mères.

Drena confia Severus à Hermione pour un court instant et attira James à part.

- Mon chéri ! J'ai quelque chose d'important à te dire !

- Je t'écoute maman !

- Tout d'abord, tu sais que tu auras des cours avec notre parrain Severus Rogue. Tu en auras aussi avec Harry Potter.

- Oui, je sais maman !

- Mon chéri, il va t'arriver plein de choses là-bas en dehors des cours ! Il se peut que le professeur Potter ou d'autres personnes te causent des soucis. Si tu as le moindre problème, n'hésites pas à m'envoyer un hibou ! D'accord ! De toute façon, Severus m'a promit de faire attention à toi.

- Mais maman !

- Une dernière chose, tel que je te connais, tu as toutes les cartes en main pour être comme ton père, et tu auras à choisir entre les Serpentards et les Gryffondors. Je suis une serpentarde. Je serais heureuse que tu entres dans ma maison mais ton père était un Gryffondor. Alors je serais contente quand même.

- Maman, saurais-je un jour qui est mon père ?

- Mon chéri, je puis te certifier qu'avant la fin de l'année, tu seras au courant ! Allez mon grand, bon courage et travailles bien !

Elle embrassa tendrement son fils et laissa couler une unique larme au coin de son œil. Son fils la cueillit d'un doigt et serra fort sa mère dans ses bras. Puis il alla rejoindre Charlie, son ami d'enfance. Ils montèrent tous les deux dans un wagon. Sans le savoir, les deux jeunes garçons s'installèrent dans le compartiment où leurs propres pères s'étaient installés. Percy lui alla rejoindre ses propres amis. James et Charlie papotaient gaiement quand surgit un garçon totalement rondouillard et ressemblant étrangement à ce qu'était son propre père au même âge.

- Franckie !

- Salut, Charlie et… ?

- Lui, c'est James Malefoy !

- Ah oui, c'est ta mère qui s'occupe de l'orphelinat "Malefoy" ?

- Oui, c'est ma mère !

- La mienne de mère, elle dit que c'est la meilleure chose qu'un Malefoy ait faite !

- Ne m'en parle pas ! Je sais bien que mon grand-père était une saleté de mangemort, ma mère m'en a beaucoup parlé !

- Tu sais que tu me fais penser à quelqu'un mais je ne vois pas qui !

Charlie qui était le seul à savoir la vérité car sa mère avait souhaité qu'il évite les gaffes détourna la conversation.

- Tiens voilà le chariot de marchandises !

Ils passèrent le reste de leur voyage à parler de leur futur cours, du Quidditch et des milliers de choses qu'ils allaient vivre dans les mois à venir. Quand le Poudlard Express arriva, il faisait nuit. Ils furent accueillis par un géant ou plutôt un demi-géant.

- Bonsoir, les premières années ! Je suis Rubeus Hagrid, c'est moi qui vous emmène à Poudlard, accessoirement, je suis votre professeur des Créatures Magiques.

Il dévisagea alors Jamie qui fut étonné d'une telle attention. Il se pencha vers lui.

- Tu t'appelles comment ?

- Qui… qui, moi ?

- Oui, toi !

- Je suis James Malefoy !

- Malefoy ! Mummpf ! J'ai cru... non... je dois me tromper !

James, un peu perdu, remonta ses lunettes rectangulaires et vertes sur ses yeux émeraude. Le vieux géant l'impressionnait fortement. Ce dernier dirigea les premières années vers les barques dans lesquelles ils montèrent. Les trois amis se mirent alors à admirer l'immense et drôle d'assemblage qu'était l'Ecole de Poudlard. Ils virent des créatures frôler leurs bateaux. Ils arrivèrent enfin et furent dirigés vers un immense escalier juste avant l'arrivée dans la Grande Salle. Une femme étrange s'approcha d'eux, elle était bizarrement accoutrée et portait des lunettes dont les verres ressemblaient à des fonds de bouteilles.

- Bonsoir, jeunes élèves, je suis le Professeur Trelawney, j'enseigne la Divination. Veuillez me suivre, nous allons procéder à votre répartition.

Les premières années étaient hautement impressionnées par la taille de la Grande Salle, des bougies y voletaient, ainsi que des fantômes. Alors qu'ils longeaient les grandes tables des maisons, Percy fit un coucou à son cousin et à James. Franck Londubat collait aux basques de ses amis. Ils purent voir, devant la table des professeurs, un tabouret sur lequel trônait un chapeau de sorcier complètement déformé. Il se mit à parler et entonna une sorte de discours chanté sur l'évolution de l'école, c'était une sorte de bilan suite à la disparition définitive du dernier grand mage noir, Lord Voldemort. Pendant tout le temps du discours, il avait vu son parrain qui faisait mine de ne pas le voir. A deux-trois sièges plus loin, James reconnut le célèbre Harry Potter, celui qui avait débarrassé le monde de "vous-savez-qui". Il savait que sa mère était très admirative de cet homme. Il savait aussi qu'elle avait été de la même promotion que lui. Peut-être était-elle tombée amoureuse de lui, se dit James. Il dévisagea alors l'homme aux cheveux très courts, on voyait parfaitement sa cicatrice. James se dit qu'il connaissait cet homme, c'était étrange car il ne l'avait jamais rencontré. Il savait que c'était un ami des Weasley mais c'était tout. Mais oui, bien sûr, j'ai vu plein de photos de lui partout dans les journaux et dans le salon de Charlie

Le professeur Trelawney une liste à la main commença alors à appeler les élèves. James ne fit pas attention à tous les noms mais certains eurent un écho en lui puisqu'il avait pu entendre sa mère lui en parler.

- Tom Crabbe

- "Serpentard"

- Everett Goyle

- "Serpentard"

Puis ce fut le tour de leur ami Franckie.

- Franck Londubat

- "Gryffondor"

La tablée des gryffondors fut enchantée d'accueillir le fils et petit-fils de Héros à leur tablée.

- James Malefoy

Alors qu'il avançait, Jamie remarqua les regards surpris de plusieurs professeurs et de la Directrice. Il vit que Harry Potter le dévisageait. Ses yeux écarquillés se posaient sur le médaillon du jeune garçon. Jamie fut paralysé par ces regards inquisiteurs mais le professeur Trelawney le retourna et l'asseya sur le tabouret. Il sentit qu'on lui posait le choixpeau sur la tête. Il entendit alors dans sa tête les pensées du choixpeau. "Tiens donc, un Malefoy, beaucoup de courage, beaucoup d'intelligence aussi, drôle de mélange, tu pourrais aller à Serpentard comme ton nom te le permets mais j'ai l'impression que ton sang et tes capacités te porterais plus vers…".

- "Gryffondor"

James quitta le tabouret et alla s'asseoir où il fut congratulé. Les Gryffondors se mirent à faire des blagues sur le premier Malefoy à entrer dans leur maison. Jamie, loin de s'en offusquer, riait avec eux. Pendant que la répartition continuait, Jamie ne fut pas sans remarquer que le professeur Potter l'observait avec un regard noir qu'il posait aussi sur son parrain, Severus. Ce dernier faisait l'étonné.

- Charlie Weasley

- "Gryffondor"

Son ami vint le rejoindre à la tablée des Gryffondors. Le professeur Mc Gonagall se leva et fit un discours on ne peut plus succinct puis les invita à manger. Tel son père, Charlie se jeta sur la nourriture qui était très abondante. James, quant à lui, mangeait avec toute l'élégance dont pouvait faire preuve un Malefoy. Ils se mirent à papoter gaiement sans plus prêter attention à autre chose. Quand le repas fut terminé et qu'ils montèrent dans leur dortoir, ce fut avec plaisir qu'ils constatèrent qu'ils étaient dans la même chambrée.

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Après le repas. Bureau de la Directrice.

Des voix tonnaient dans ce haut-lieu de l'école.

- C'est mon fils, j'en suis sûr !

- Certes, il vous ressemble étonnement !

- Demandez à Rogue de venir ici ! Je suis sûr qu'il est au courant !

- Dobby !

L'elfe arriva alors et s'inclina devant la Directrice.

- Dobby, pourriez-vous aller demander au professeur Rogue de venir ici ?

- Dobby s'empresse d'y aller Madame la Directrice.

Il repartit aussi sec.

- D'où vous vient cette certitude que le petit Malefoy est votre fils ?

- J'ai couché avec sa mère à la date approximative de sa conception !

- Mais encore !

- Vous vous rappelez qu'elle est partie précipitamment de Poudlard sans y finir ses études !

- Cela ne prouve rien !

- Bon dieu, elle était vierge quand je l'ai eue ! Et puis avant de partir, elle était pâle et avaient les traits fatigués.

- Voyons, Harry, les Malefoy ont toujours eut le teint très pâle.

- Pas ce garçon !

- Vous avez raison.

Ce fut ce moment-là que Severus Rogue choisit pour entrer. Il avait toujours une haute silhouette noire qui paraissait plus amaigrie que jamais. Ses cheveux noirs commençaient tout juste à se parsemer de mèches blanches. Il s'approcha lentement du bureau de la Directrice.

- Severus, Harry est persuadé que le petit Malefoy est son fils !

- Ah oui ?

- Je suis sûr que c'est mon fils, Rogue ! Après la mort de Voldemort, Drena a quitté définitivement l'école en votre compagnie ! Je suis sûr que c'est parce qu'elle était enceinte.

- Et bien, Potter, on dirait qu'il vous arrive "enfin" d'avoir une lueur d'intelligence !

- POURQUOI ?

- Pourquoi quoi, Potter ?

- Pourquoi me l'a-t'elle caché ?

- Vous me demander pourquoi ? Après ce que vous lui avez fait ?

- Je n'étais plus dans mon état normal à la fin de la guerre !

- Ce n'était pas une excuse, elle vous aimait !

- Je sais mais cela me rendait encore plus enragé qu'elle m'aime !

- Harry ! Intervint Minerva. Puis-je savoir ce que vous lui aviez fait ?

- J'ai… je… je…

- Ce "grand héros" a jeté un sort soumission sexuel à Drena ! Grogna Rogue.

- Non, Harry, ce n'est pas possible… pas un sort de magie noire !

- C'est de votre faute à tous… vous me mettiez ces livres maudits entre les mains, vous me mettiez une pression pas possible pour que je tue Voldemort. Et quand tout a été fini, je n'ai plus ressenti que de la rage ! Et comme je ne pouvais plus l'orienter vers personne, j'ai fini par la reporter sur Drena. Elle était si douce pourtant… si amoureuse mais c'était plus fort que moi. Je ne voyais que son père et tous les mangemorts.

- Oh Harry, je comprends mieux pourquoi elle vous l'a caché si longtemps ! murmura Minerva.

- Elle a énormément souffert et pourtant elle se surprenait à vouloir vous donner une nouvelle chance, Potter. Elle vous en a même donné DEUX !

- Oui, c'est vrai ! A la fête de la promo mais mon… désir a été plus fort et j'ai usé du sort. Quelques semaines plus tard, c'était à la naissance des jumelles Weasley, et là c'était ma possessivité qui me l'a fait perdre ! Quel imbécile !

- Ah oui ! C'est bien vrai !

- Que comptez-vous faire, Harry ? Demanda Minerva.

- Je vais aller la voir à la fin de la semaine. Je lui demanderai si elle veut bien que je mette notre fils au courant !

- Vous faîtes bien, Potter ! Car je ne suis pas sûr qu'elle accepterait que vous abordiez son fils de vous-même. Surtout, allez-y doucement, très doucement, et rien de ce que vous apprendrez ne devra vous perturber ! Ce sera mon conseil ! Ne lui faîtes pas de reproches !

Ils repartirent dans leurs appartements respectifs. Pour la première fois depuis des années, Harry rêva, à nouveau, de Drena. A tel point que le lendemain matin, les draps s'en souvinrent.

La semaine passa très lentement pour Harry et à la vitesse d'un vif d'or pour Jamie. Harry avait été enchanté d'enseigner à son fils. Il avait été agréablement surpris de ses talents et de ses capacités. Rogue l'avait informé qu'il était aussi très doué en Potions. Il tenait donc de ses deux parents. Il se demanda s'il avait le même talent qu'eux pour le Quidditch. Il se rappela comment au cours des matchs entre leurs deux équipes, Drena et lui se battaient balai contre balai pour attraper le vif d'Or. Harry passa la semaine à osciller entre la colère envers Drena et l'impatience de la revoir.

Le jeudi, il croisa son fils dans un couloir qu'il arrêta.

- Malefoy !

- Professeur ?

- Approchez-vous !

James obéit timidement. Le grand héros du monde sorcier, qui plus est, Directeur de sa maison voulait lui parler. Celui-ci détailla le médaillon que son fils portait autour du cou. C'était exactement la marque qu'il avait fait à Drena, il la reconnaissait. A l'hôpital, elle lui avait avoué qu'elle l'avait fait photographier. C'était sans nul doute pour que le bijoutier puisse reproduire ce médaillon.

- Dîtes-moi, Malefoy !

- Professeur !

- Ce médaillon, depuis quand l'avez-vous ?

- Depuis ma naissance, ma mère me l'a mit dès ma naissance. Elle a dit que cela représentait l'amour que mon père et elle éprouvaient mais je crois qu'elle m'a mentit.

- Pourquoi ?

- Parce que si mon père avait aimé ma mère jamais il ne l'aurait laissé ! C'est la plus belle femme que je connaisse !

- Oui, je sais !

- Vous la connaissez ?

- Oui !

- Alors peut être vous connaissez mon père !

- Ah… votre mère ne vous a rien dit ?

- Non, elle m'a dit que je le saurais avant la fin de l'année mais je ne suis pas sur d'avoir envie de connaître ce misérable !

- Je comprends, mon garçon, je comprends !

- Je peux y aller professeur ?

- Oui, oui, allez-y !

S'il arrivait à circonvenir son ancienne maîtresse, il n'était pas sûr que son fils l'accepterait aussi facilement dans sa vie. Il avait le sale caractère des Potter.

Quand le vendredi soir arriva, il décida qu'il devrait attendre le samedi matin.