Chapitre 24 : Quand une vie n'est pas une vie !

Une cave – Quelque part – De nombreux mois plus tard.

Une silhouette était recroquevillée sur la somptueuse couchette recouverte de chaudes fourrures. Les murs étaient recouverts de riches tentures. Des candélabres et des braseros étaient installés de part en part. Une grande bibliothèque abondamment remplie de d'ouvrages. Et pourtant, le temps ne passait pas, le temps ne passait plus pour l'occupante. Elle ne savait plus depuis combien de temps le jeune Tom buvait son sang.

Elle avait beaucoup apprit sur lui, des choses effrayantes, une malédiction pour le monde des sorciers. L'adolescent était né cinq mois après la mort de Lord Voldemort. Sa mère était une femme vampire qui avait accepté de se reproduire et par cette grossesse d'abandonner la vie éternelle. Elle était morte en couches.

La lourde porte de bois de sa prison dorée s'ouvrit alors sur le géant Fenrir Greyback, le dernier partisan de Voldemort encore vivant.

- Bonjour, Dame Malefoy ! Je vous apporte votre potion de la semaine.

Drena se retourna face à son geôlier.

- Bonjour, Fenrir !

- Vous m'avez l'air bien faible, Drena !

- Votre protégé a bu plus que de raison hier soir ! J'ai très froid aujourd'hui ! Très froid !

- Quel jeune inconscient ! Vous lui êtes tellement utile ! Depuis tout ce temps, il ne l'a pas compris encore ?

- Je crois qu'il aimerait du sang plus jeune et plus frais ! Il tient de sa mère et de son père !

- Je vais vous donner une potion plus puissante avant qu'il ne vous vide !

- Pourquoi ?

- Pourquoi quoi, Drena ?

- Pourquoi prenez-vous autant soin de moi ?

- Tout d'abord, parce que vous êtes devenue indispensable à ce jeune idiot ! Et puis… je vous admire ! Beaucoup ! La seule autre personne qui réunisse autant le courage et l'amour, c'est votre mari ! Vous le savez ?

- Je ne suis pas digne de lui ! Et puis, je suis une serpentard, nous ne sommes pas renommés pour notre courage !

- Et bien, nous dirons que votre mari a beaucoup déteint sur vous !

- Ce qui m'étonne de vous c'est que vous admiriez le courage et l'amour ! Vous n'avez jamais eut cette réputation !

- Avant d'être ce que je suis, j'ai été un enfant ! Et si ma mère avait été comme vous… peut être, je dis bien peut être ne serais-je jamais devenu ce que je suis aujourd'hui !

- Je ne suis pas une bonne mère !

- Oh que si, la meilleure que je connaisse !

- J'ai tenu mes fils éloignés de leur père, par vengeance !

- Vous êtes une serpentard et une femme !

- Argh… un compliment qui n'en est pas un !

- Ooh mais… le temps passe vite avec vous, je dois repartir !

- En parlant de temps… depuis combien de temps, suis-je ici ?

- Vous l'ignorez ?

- Oui, seules mes lectures et les "interludes" avec Tom rythment mes journées et je n'ai aucun calendrier sous la main !!!

- Eh bien, Dame Malefoy, cela fait plus d'un an que vous êtes des "nôtres" !

- Des vôtres, non ! Le garde-manger de Tom, OUI !

- Allez, Dame Malefoy, cela ne va plus durer longtemps !

- Oui, je sais que cela ne va plus durer ! Je sais que sa salive contamine et tue ses victimes et ce depuis qu'il est tout jeune !

- Comment savez-vous cela ?

- Que je suis condamnée ? Qu'il inocule du venin ?

- Oui !

- Tom s'est fait un malin plaisir de me le dire !

- Petit con !

- C'est de votre Maître dont vous parlez !

- Son père était mon Maître ! Lui n'est qu'un succédané imposé par sa mère !

- Il est vrai qu'il n'a pas le pouvoir et la puissance de son père ! Et ne l'aura jamais !

- C'est d'un décevant ! Si vous saviez, nous espérions vraiment qu'il vaille notre Seigneur des Ténèbres !

- Saviez-vous que mon père avait proposé que je sois la "matrice" pour cet "héritier" ?

- NON !

- Si !

- Par l'enfer, il aurait mieux valu !

- Cela ne se serait jamais fait ! Ce n'était pas "écrit" !

- Oui ! Il est des destins plus ou moins grands !

- Le mien, ainsi que celui de Tom, ne sera jamais grand, Fenrir !

- Détrompez-vous, Dame Malefoy !

- Ah oui ?

- Le monde des sorciers a fait de vous sa nouvelle icône !

- Comment ?

- Vous êtes la mère qui s'est sacrifiée pour sauver ses enfants des mangemorts, c'est paru dans le Chicaneur en premier et même dans la Gazette du Sorcier ! Les Femmes Weasley sont montées au créneau pour vous défendre face au monde !

- Toutes ?

- Molly, Hermione, Fleur, et les sœurs Patil !

- Les sœurs Patil ?

- Oui, elles se sont mariées avec les jumeaux Weasley. Toutes, elles vous ont défendu y compris y compris Ginny Weasley et Luna Londubat. Vous êtes une icône je vous dis ! D'ailleurs, tout le monde pense que vous êtes déjà morte !

- Oui, c'est tout comme… grâce à Tom !

- Ah, si je pouvais vous sauver !

- Allons ! Je me suis résignée ! Faites de même ! Si cela ne vous fait rien… Je suis un peu fatiguée !

- Bien sûr, je vous laisse !

Une fois la porte fermée sur le loup-garou. Elle avala la potion et s'allongea sur la moelleuse couchette. Elle était très confortablement installée mais elle restait une prisonnière. Comme de plus en plus souvent, ces derniers temps, elle essayait de visualiser les visages des êtres aimés. Jamie tout d'abord, son grand et beau garçon mais elle savait qu'il avait sûrement encore grandi. Après tout, il avait commencé sa troisième année à Poudlard depuis de plusieurs mois déjà. Nous avons déjà passé le nouvel an ! Si je ne me trompe pas dans mes calculs. Quant à Sev, elle se repassait le même souvenir. Quand il jouait avec son vif d'or. Harry lui avait dit que son père James avait la même manie, de relâcher le vif et de le rattraper juste à temps ! La petite Lily était plus malchanceuse. Sa mère se doutait qu'elle devait marcher maintenant mais elle avait du mal à se l'imaginer. C'était elle dont le visage s'estompait le plus. Sans compter ce fichu venin qui obscurcissait de jour en jour son esprit. Heureusement, les traits spécifiques de Harry et son regard vert et perçant, eux, elle ne pourrait les oublier. Son mari, son amant, son ami, l'homme de sa vie était fortement gravé dans son cœur et dans son esprit. Oh Harry, ma douce torture !. Elle se mit à frissonner. Le froid prenait son corps de plus en plus souvent et pourtant sa cellule était bien chauffée. Quand la mort vous envahit les cellules et que le froid s'installe, le meilleur chauffage du monde n'y peut rien.

Poudlard – Bureau de Harry Potter – Au même moment.

Alors qu'il corrigeait des devoirs bourrés de fautes, Harry releva la tête et se fit rêveur. Son cœur se serra car il pensait à Drena. Sa femme, sa douce compagne, qui s'était sacrifiée pour ses enfants. James ne s'en était pas remis, il allait sur ses quatorze ans et d'apprendre que sa mère avait donné sa vie pour lui l'avait gravement perturbé. Il était devenu très taciturne ni ses amis, ni sa petite amie, Sorcha Nott, une serpentard, n'arrivaient à le dérider durablement. Personne n'osait lui parler de sa mère par peur de ses regards et de ses coups de poings. Seule Hermione discutait avec lui de ce que Drena était. Elle était l'épaule dont le jeune garçon avait besoin. Son père souffrait trop lui aussi pour soulager son fils. Mais pourquoi je ne suis pas fichu d'aider mes fils ? Heureusement ma petite Lily a l'air contente de son papa ! Oh ma Drena, si tu savais, elle te ressemble de plus en plus !. Harry posa sa plume et se leva vers la fenêtre. Il scruta l'extérieur obscurci par la nuit. Il mit son front contre la vitre. Son cœur appelait sa femme. Si tu pouvais m'entendre, si j'avais la certitude que tu es encore vivante !. Il sentit alors comme un souffle le parcourir, il eut l'impression d'entendre un gémissement et que l'on murmurait : "Harry".

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Poudlard – Coupe du Monde de Quidditch - Un an plus tard

Des semaines, cela faisait des semaines que Ron se démenait. Hermione pensait qu'elle allait devenir folle. Après la disparition de Drena et la certitude de la recrudescence de la Magie Noire, il avait démissionné de son équipe de Quidditch pour rester près de sa femme et de ses trois enfants. Sa très bonne réputation et le piston lui avaient permis de devenir le nouveau Directeur des Sports Magiques. Aussi quand il avait apprit qu'il organiserait la prochaine Finale de la Coupe du Monde de Quidditch, il avait pourri la vie de sa femme et de ses amis. Cela avait permit à beaucoup de monde d'oublier un peu leurs soucis, Harry y compris.

La finale Angleterre-France avait surpris tout le monde. On s'attendait plus ou moins à une Irlande-Australie. Comme la dernière finale avait été émaillée par l'arrivée des mangemorts sur le terrain, il avait été décidé qu'elle se passerait à Poudlard. Evidemment, des dispositions spéciales avaient été prises par Ron Weasley. Sans compter qu'elle avait lieu au cours des fêtes d'Halloween.

De plus, il fallait tenir compte que les "nouveaux" mangemorts étaient de plus en plus actifs. De nouvelles rumeurs circulaient depuis quelques mois sur le fait qu'ils avaient un nouveau Maître. Ils l'appelaient l'Héritier de Voldemort.

Heureusement, le grand soir était arrivé. Les spectateurs étaient en train de se rassembler pour entrer dans un terrain de Quidditch qui avait été transformé pour qu'il soit plus adapté à une coupe du monde qu'aux évolutions d'adolescents. Comme à l'habitude les anciens de l'Ordre du Phœnix et les amis du survivant avaient droit à la tribune officielle. Alors que le public était bien installé, Ron s'avança au bord de la tribune, posa sa baguette contre sa gorge et hurla : "La finale de la coupe du monde peut commencer !". C'était bien plus "succinct" que les discours auxquels les sorciers étaient habitués.

Contrairement à la dernière à laquelle Harry avait pu assister, les deux équipes ne trouvèrent pas utiles de faire un trop grand étalage de leurs talents magiques. L'Equipe anglaise avait créé un Merlin géant qui faisait jaillir des cascades de fleurs de ses mains. L'Equipe française, elle, avait fait courir des loups virtuels chevauchés par des fées réelles toutes dorées. Les deux équipes en vinrent rapidement à ce qui les intéressaient : jouer.

Au bout de cinq heures d'un jeu à la fois "fair-play" et dynamique, ce fut finalement l'Angleterre qui gagna la finale. La France s'en était plus qu'honorablement sortie avec un 310-330. Comme l'avait dit Ron : "L'Angleterre a eut chaud aux fesses !". Alors que le public et les officiels sortaient des gradins, des cris et des hurlements de peur parcoururent la foule. Tous les spectateurs avaient les yeux rivés au- de la forêt interdite.

On pouvait y voir planer la marque honnie, le symbole de peur que tout le monde reconnut. Le crâne et le serpent représentant Voldemort évoluaient au faîte des arbres. Harry, Ron, les anciens combattants et tous les aurors zigzaguèrent entre les sorciers puis coururent vers la lisière de la forêt. Là, ils s'arrêtèrent d'un coup.

Ils virent s'approcher d'eux ce qui ressemblait davantage à un cortège funèbre qu'à une attaque. Quatre mangemorts habillés de blanc marchaient lentement et portaient une civière sur laquelle reposait un corps mince. Il était recouvert d'un voile arachnéen blanc. C'était une femme, une morte apparemment. A cent mètres de leurs ennemis, les mangemorts s'arrêtèrent, posèrent la litière et finalement transplanèrent.

Harry avait abaissé sa baguette et fut le premier à avancer vers le corps diaphane puis il se mit à courir vers la civière et s'agenouilla. Il posa sa main sur le voile qui recouvrait le visage de sa bien-aimée Drena. Tous ses compagnons l'entouraient tandis qu'il prit le corps inerte de sa femme à bras le corps. Il s'était mit à hurler de chagrin et à crier des "NON" déchirants. Les femmes, ses proches, pleuraient à chaudes tandis que quelques hommes laissaient couler deux ou trois larmes au coin de leurs yeux. L'assemblée entière était choquée par la vue des bras et le cou de la jeune femme. Ils étaient recouverts d'ecchymoses de toutes couleurs et de traces de nombreuses morsures. Elle était d'une pâleur sans pareille. Les adultes repoussaient tous les jeunes qui voulaient voir ce qu'il se passait.

Néanmoins, seuls deux élèves de Poudlard eurent droit d'accéder, c'étaient James et Severus Potter. Ils marchaient comme des zombis vers leur père et leur mère. Ils s'agenouillèrent, eux aussi, de chaque côté de leur mère et embrassèrent chacun l'une de ses mains, en laissant ruisseler leurs pleurs.

La famille Potter était tellement affligée qu'elle ne vit pas un parchemin s'échapper de la main de la victime. Le professeur Rogue lui le vit et se l'appropria. Alors qu'il le lisait, il porta sa main à la gorge. Il alla voir Hermione Weasley qui le regardait étonnée. Il lui tendit la lettre qu'elle s'empressa de dévorer. Ils échangèrent un regard inquiet puis le reportèrent sur le père et ses fils.