Chapitre 27 : Le Pire des Drames

Manoir Malefoy – Quelques heures plus tard.

Le soleil commençait à descendre sur l'horizon. Drena oscillait entre le sommeil et l'éveil. Elle contemplait entre ses paupières mi-closes les rayons orangés de l'astre du jour. Elle se sentait de mieux en mieux dans son corps même si sa tête faisait encore des siennes. Elle avait passé sa journée avec sa petite fille à faire des "défilés" l'une devant l'autre. Elles s'étaient maquillées l'une l'autre. Elles s'étaient empiffrées de glace et de bonbons devant un film d'animation dégoulinant de bons sentiments. Elle avait fini par la coucher. Drena était follement amoureuse de ses enfants comme de son mari. Elle avait l'impression de revivre et de vivre comme jamais avant. Le seul bémol à ce bonheur familial était que Harry et elle n'avait pas repris de vie sexuelle alors qu'elle en mourrait d'envie. Elle était persuadée qu'il craignait de la fatiguer alors qu'elle avait bien "remarqué" son désir.

Elle somnolait encore en attendant son mari quand un pas lourd se fit entendre dans l'escalier. Elle se mit sur les coudes le cœur battant. C'était Harry qui rentrait, elle en était sûre. Elle avait les yeux rivés sur la porte. Cette dernière pivota et laissa entrer une grande silhouette. Harry vit sa femme sur le lit et lui fit un sourire forcé puis se dirigea vers la salle de bain. Drena s'était assise sur son lit, la main sur le cœur. Son homme était couvert de sang, de poussière et de traces de cendre. Elle se leva et se lança à sa suite. Il était sous la douche, encore habillé, et enlevait ses vêtements avec des mouvements lourds et lents. Il était harassé et accablé. Il tournait le dos tandis que le jet d'eau frappait son visage. Drena frissonna devant le spectacle magnifique de ce dos si développé. Il ôta ensuite et avec maladresse son pantalon détrempé. Sa femme put alors contemplait des fesses musclées et fermes surplombant des cuisses toutes aussi développées. Une fois totalement déshabillé, il appuya ses deux mains contre le mur et ploya sa nuque sous la chute d'eau. Il poussa un soupir à fendre l'âme. Par-dessous ses bras, il vit sa femme qui l'admirait mais aussi qui s'inquiétait.

- Bonsoir, Ma Douce ! Murmura t'il d'une voix rauque.

- Harry ? Ca va ?

- Non ! Ca ne va pas du tout !

- Racontes-moi ! Fit-elle en s'approchant.

- Je n'en peux plus !

- De quoi ?

- De me battre ! De me méfier ! De ne pas pouvoir vivre tranquillement comme les gens normaux !

Il croisa alors le regard compréhensif de sa femme.

- Tu sais ce que je veux dire toi aussi !

- Nous y arriverons, Harry, un jour, nous serons heureux !

- Oh, ma Douce, j'ai de plus en plus de mal à y croire !

A ces mots, il s'écroula dans le fond de la douche et se mit à pleurer. Drena se déshabilla et y entra. Elle commença à caresser son mari en le laissant pleurer. Elle ne fait que lui rendre la pareille. Elle remarqua qu'il était encore couvert de sang, de suie et de poussière. Elle prit le gel douche et en prit une noisette qu'elle mélangea à la chevelure noire. Elle frotta les cheveux puis la nuque et le cou. Harry pleurait toujours. Elle reprit du gel et le passa sur les larges épaules secouées par les larmes. Sur chaque bras, elle passa de la mousse et frotta un peu là où des tâches étaient tenaces. En fait, elle retrouva avec son homme les gestes qu'elle pouvait avoir pour ses enfants quand ils étaient petits. Quand il fut propre et un peu plus serein, elle le fit sortir de la douche. Elle le vêtit d'un peignoir et fit de même pour elle. Elle lui fit face et lui prit les deux mains et en le regardant avec tendresse recula vers la chambre. Il était toujours triste, ses yeux étaient rougis par les larmes. Elle l'amena jusqu'au lit et l'y allongea sur le côté. Elle se mit face à lui et l'enlaça tout en lui embrassant le visage. A nouveau, le survivant pleura, il enfouit sa tête dans le creux de l'épaule de son épouse. Elle lui murmura des mots d'amours, de consolation dans l'oreille. Il s'apaisa enfin mais restait amorphe.

Elle se recula alors et le regarda dans les yeux en se léchant les lèvres. Elle ouvrit son peignoir ainsi que celui de son mari et posa ses mains sur son torse. Elle effleura les mamelons et l'entendit gémir. Ses doigts jouèrent sur les côtes puis passèrent dans son dos. Elle colla ses hanches contre les siennes et fit jouer son pubis sur le pénis de son mari. Ses mains descendirent sur les douces fesses de son amant. Elle passa sa jambe par-dessus la hanche masculine pour frotter ses lèvres vaginales sur la hampe mâle. Il enfonça alors ses ongles dans les fesses de sa femme pour l'y coller encore plus. Quand avait-il commencé à poser ses mains sur elle ? Elle ne s'en souvenait pas. Elle mordilla le lobe de son oreille tandis que lui posait ses lèvres sur le passage de sa carotide. Il se mit à sucer la peau douce du cou féminin. Il sentit quelque chose d'humide sur son phallus. Sa femme était prête. Lui aussi était prêt. D'une main, il prit sa verge et l'entra dans le doux fourreau. Les deux amants se mirent à gémir simultanément à cette invasion. Ils échangèrent alors un long baiser où leurs langues s'enroulèrent comme deux serpents s'accouplant. Deux ans, deux ans, qu'ils n'avaient pas fait l'amour. Harry commença un léger et lent mouvement de va et vient dans le ventre de sa femme. Elle releva sa jambe plus haut pour qu'il s'enfonce encore plus loin. Elle avait monté ses mains qui s'agrippaient maintenant aux larges épaules. Les coups de reins se firent plus rapides et plus puissants soulevant quelque peu le mince corps féminin. Ils se regardaient les yeux dans les yeux et virent qu'ils chaviraient comme leurs cœurs, comme leurs corps. Ils cherchaient leur souffle alors qu'ils ahanaient. Le rythme était si soutenu qu'ils eurent l'impression que leur cœur allait lâcher, là, au cours du coït. Soudain, n'y tenant plus, trois fois encore Harry laboura le ventre de sa femme, puis il lâcha sa semence dans l'antre chaude. Etroitement enlacés, ils cherchaient leur souffle tandis qu'ils parsemaient des dizaines de baisers sur la peau l'un de l'autre. Pour la énième fois, ils s'avouèrent leur amour. Qu'ils n'étaient complets que l'un avec l'autre. Ils finirent par s'endormir en resserrant leur étreinte, oublieux des autres, oublieux du monde, oublieux de ce qui n'était pas eux. Pour la première fois, depuis des mois, leur sommeil fut paisible. Pour la première fois, depuis des années, ils étaient paisibles.

Manoir Malefoy – Quelques mois plus tard.

De nombreux enfants trottaient dans les jardins. Des adolescents restaient entre eux et parlaient en conciliabule. Certains volaient en balai et faisaient des circonvolutions dans le ciel. Le repas d'anniversaire était fini depuis une bonne demie heure. Les adultes assis sur des chaises ou allongés sur des transats discutaient tranquillement. La vedette de la journée s'approcha alors de ses parents enlacés et allongés sur la même chaise longue.

- Papa, maman !

- Oui, Jamie ? répondit Drena.

- Je peux sortir le matériel de Quidditch ? S'il vous plait !

- Bien sûr, mon grand ! Acquiesça Harry. On n'a pas tous les jours seize ans.

Le jeune homme laissa ses parents en leur jetant dernier regard de contentement. Ils s'embrassaient encore. Depuis que sa mère était revenue et que les derniers mangemorts étaient morts, la sérénité avait repris sa place au sein de la famille Potter. Le couple ne manquait pas une occasion pour échanger des baisers langoureux. Ils faisaient l'envie de beaucoup. La Gazette du Sorcier ne tarissait plus d'éloges sur ce couple devenu mythique à force de courage et de malheurs.

Hermione et Ron étaient eux aussi allongés non loin de leurs amis et trouvaient ce confort très appréciable. De même que chacun des couples invités par les Potter. Seule Luna et Neville étaient sur des transats séparés. En effet, celle-ci était enceinte de son huitième enfant et ne devait plus tarder à accoucher.

Alors qu'elle caressait le torse de Harry à travers sa chemise, Drena vit deux tornades rousses lui sauter dessus.

- Tante Drena !!! Hurlèrent Pénélope et Albanie sous le regard désapprobateur de leur mère.

- Oui, les filles ? Je vous écoute !

- Lily a disparu !

- Vous deviez la surveiller ! Gronda leur mère. Elle n'a pas quatre ans, je vous rappelle !

- Oh, excuses-nous, Tante Drena, on jouait tranquillement dans le labyrinthe du jardin français et hop plus de Lily ! S'exclama Albanie.

- On l'a cherchée pendant cinq bonnes minutes et puis nous voilà ! Il faut la retrouver ! Reprit Penny.

- Allez, elle ne doit pas être loin ! Nous allons demander à Litta et à Dobby, ils devraient nous la retrouver en deux coups de cuillère à pot. Sourit Drena.

A peine avait-elle dit cela que le "pop" caractéristique d'un transplanage venait de se faire entendre. Ce ne fut pas les elfes de maison qui apparurent mais une silhouette connue de Drena. La silhouette était alourdie par une charge légère. Drena s'avança vers le transplaneur les yeux rivés sur la charge. De longs cheveux blonds voletaient dans l'air frais. La tête était en arrière et le visage était exsangue.

Drena continuait à marcher. Autour d'elle des cris de colère et de chagrin s'élevaient. Elle n'entendit pas un : "Drena pousse-toi !". Elle regardait le petit corps que tenait l'abominable Tom, le semi-vampire. Harry lui avait bien dit qu'ils n'avaient pas trouvé son corps lors de l'attaque de la grotte. Tom s'était vengé de la pire des manières, il ressemblait tant à son père.

Drena marcha encore vers le fils de Voldemort. Elle ne pouvait détacher ses yeux du petit cou marqué par les canines. Un petit filet de sang montrait par où la vie de sa fille s'était enfuit.

Drena franchit les quelques pas qui la séparaient du petit cadavre de Lily. Elle le prit dans ses bras. Tom n'avait pas fait le serment inviolable de ne pas tuer ses enfants, c'était Fenrir.

Drena ne vit pas le sourire mauvais de Tom quand il savoura le visage décomposé de la mère de famille. Un sourire qui disparut quand James lui envoya un AVADA KEDAVRA. L'adolescent avait attendu que sa mère s'éloigne pour le lancer du haut de son balai à quelques mètres dans le ciel.

Drena ne remarqua pas non plus que son mari tabassait le cadavre du semi-vampire. Elle marchait vers le petit lac où elle avait autrefois tressé des couronnes de fleurs avec la fillette. Elle s'asseya au bord de l'eau et se mit à bercer la fillette. Elle lui chantait la chanson que Narcissa lui fredonnait si souvent.

De longues minutes, très longues minutes, se passèrent pour les autres acteurs mais Drena vivait dans une autre dimension. Dans un monde créé par elle, où sa fille et elle fabriquait des couronnes de fleurs. Un monde où sa mère était encore vivante, où tous ceux qu'elle avait aimés étaient encore là.

Harry était là à la regarder dériver, les bras ballants. Il n'avait pas su protéger sa fille et par là même empêcher Drena, sa Drena, de sombrer loin de lui et du monde. James, tout tremblant, s'était mis à son côté. Le père prit son fils par les épaules. Hermione était la seule à oser s'approcher de la pauvre mère éplorée. Molly, qui était en retrait, se rappela la bataille finale contre Voldemort, quand deux de ses fils avaient succombé.

- Drena ? M'entends-tu ? C'est Hermione ?

La pauvre mère ne faisait que chantonner.

- Drena ? Viens ma chérie ! Lily est fatiguée, il faut la coucher !

- Tu crois ? Demanda Drena les yeux hagards.

- Oui, viens, je t'accompagne ! Elle n'a pas arrêté de jouer toute la journée, il faut qu'elle se repose ! Et puis, tu vas boire un bon thé ! D'accord ?

- Oui ! D'accord !

La jeune femme se releva en transportant sa fille. Elle ne vit pas le regard implorant de son mari et de ses fils. Elle ne vit pas celui bourrés de remords des jumelles. Elle ne vit pas celui compréhensif de Molly et Arthur. Elle ne vit aucuns des regards de sympathie de ses amis et proches. Elle était encore dans son monde.

Drena venait de coucher sa fille sur le beau baldaquin blanc. Elle l'embrassa tendrement en lui souhaitant une bonne sieste. Elle fut entraînée dans sa chambre par Hermione. Elle but alors un thé abondamment arrosé de potions diverses.

Elle s'endormit et sombra dans un sommeil sans rêves, un sommeil d'oubli.

Manoir Malefoy – Deux jours plus tard.

Un tout petit cercueil blanc était posé sur une petite carriole blanche tirée par une licorne. Le tout était littéralement recouvert de lys et de roses blanches. Une grande silhouette elle aussi toute de blanc vêtu suivait le petit attelage. Elle marchait péniblement encore sous le coup des potions calmantes. Elle ressemblait à une sorte de fantômes qui ne tenait à ce monde que par quelques fils fragiles. Derrière elle, son mari continuait le cortège en soutenant ces fils. Les amis et les officiels suivaient derrière la famille. Alors que l'on arrivait à l'endroit prévu pour l'inhumation, Drena tourna la tête vers le monde qui se trouvait derrière elle. Elle ouvrit des yeux surpris comme si elle reprenait pied avec la réalité. Elle se mit à osciller dangereusement sur ses jambes. Harry et Hermione se précipitèrent juste à temps pour ne pas qu'elle s'écroule au sol. Son mari la tint par la taille tandis que Hermione s'occupa des deux garçons.

L'officiant sorcier spécialisé dans les enterrements fit disparaître la carriole et la licorne. Le cercueil descendit doucement sur un lit de fleurs. Deux autres officiants vinrent le rejoindre. Ils prononcèrent des paroles sacralisées que personne n'entendit vraiment. Leurs trois baguettes firent quelques mouvements et le petit cercueil se trouva recouvert par une magnifique stèle toute aussi blanche. Une petite fée en marbre blanc et pur lançait une cascade de roses de marbre blanc.

Drena s'arracha aux bras de son époux en hurlant alors qu'elle ne parlait plus depuis deux jours.

- NOOONNNNN, ma petite fille, NON ! Elle n'est pas morte, sortez la de là ! Elle n'est pas morte ! Mon bébé, mon bébé ! Ne laissez pas mon bébé dans la terre ! Mon bébé !

- Drena, ma douce, notre bébé est mort. Viens ma douce, ma chérie !

La mère éplorée se retourna vers son mari et le reconnut. Elle se jeta dans ses bras en pleurant à chaudes larmes. Depuis ce fatal jour, elle n'en avait versé aucune. Harry emporta sa femme dans ses bras et se dirigea vers le manoir.