Auteur : Mara : Hikaru no go
Résumé : …
Couple : RAS pour le moment, mais ça se décante bientôt !
Disclaimer : perso pas à moi, me fais pas de fric avec cette fic… Comme d'hab quoi !
Note de l'auteur : Rectification d'une petite erreur sur le précédent chapitre : Hikaru et Akira s'appellent par leurs noms de famille, ce que j'avais oublié. Donc c'est Shindo et Toya plutôt quand ils discutent…
Coma
Chapitre 02
Isumi était accoudé au comptoir du bar où son actuel petit ami, Kiosuke, l'avait invité. Il sirotait son coca en attendant que Kiosuke revienne des toilettes. La boisson avait un drôle d'arrière goût. Mais bon, il n'allait pas se plaindre, pour une fois ce n'était pas lui qui payait. Jetant un coup d'œil à la porte des WC, il vit Kiosuke en sortir, et poussa malgré lui un petit soupir déçu. Ses quelques minutes de répits étaient finies, et il se prépara mentalement à repousser les avances plus que pressantes de son petit ami, qui ne le resterait pas longtemps s'il refusait de comprendre qu'Isumi ne finirait pas dans son lit après seulement une semaine de relation. Ils s'étaient rencontrés depuis seulement deux semaines, et après une semaine de flirt, ils étaient sortis ensemble. Mais il faudrait plus de temps pour que leur relation passe ce cap là…
Isumi but une gorgée de son coca pour se donner une contenance, qu'il faillit recracher en voyant la personne qui venait de franchir la porte d'entrée.
"-Ogata-senseï !
Ogata se retourna quand il entendit son nom. Le jeune homme assit sur un tabouret quasiment en face de l'entrée ne lui était pas inconnu ; un jeune joueur de Go, celui qui cherchait Shindo quand celui-ci ne se présentait plus à ces matchs. Ogata chercha un instant dans sa mémoire et se rappela son nom, se souvenant de la légende sous la photo dans le Go Weekly quand il avait réussit l'examen pro sans aucune défaite, un évènement qui ne s'était pas produit depuis plusieurs années, sauf si on exceptait Akira Toya. Le nom sous lequel il s'était présenté la première fois, le même qu'imprimé sous la photo du magazine lui revint.
"-Bonsoir, Isumi-kun.
"-Bonsoir…
Le jeune homme sembla encore plus gêné, et Ogata remercia intérieurement sa mémoire photographique hors norme. Il aimait impressionner les petits jeunes fraîchement arrivés dans le monde du Go… Le jeune homme qui accompagnait Isumi passa un bras possessif autour des épaules de ce dernier, mais Isumi ne s'en rendit même pas compte. Ogata lui fit un sourire poli accompagné d'un signe de la main, avant de se diriger vers les tables au fond du bar.
"-C'était qui ce type ?
"-C'est maître Ogata ! Il est 10ième dan, et c'est le détenteur des titres Goseï et Jûdan ! C'est un des meilleurs joueurs de Go !
Kiosuke le regarda avec un air dubitatif, et Isumi senti tout son enthousiasme retomber. C'est vrai que Kiosuke ne partageait pas sa passion pour le Go. Quand est-ce qu'il trouverait quelqu'un qui aurait les mêmes goûts que lui, qui comprendrait un peu son métier. Isumi s'en voulut. Il ne devait pas déjà penser à sa rupture avec son petit ami, il devait lui laisser une chance ! Après tout, c'était ses qualités qui l'avaient attiré… Bien que maintenant il se pose quelques questions, surtout en sentant ses mains s'égarer dans certains endroits où elles n'avaient rien à faire.
Ogata regarda sa montre. Il était plus de deux heures du matin ; il fallait sérieusement qu'il envisage de rentrer chez lui. Ça faisait un moment déjà que ses amis étaient rentrés, mais ne voulant pas trouver l'appartement vide tout de suite, il avait décidé de rester encore un peu. Mais là, il se faisait vraiment trop tard. Alors qu'il se dirigeait vers l'entrée, Ogata entendit un éclat de voix qui le fit se retourner.
"-Lais… Laisse moi tranquille !
Il vit le jeune Isumi qui semblait se débattre, refusant de suivre le jeune homme qui l'accompagnait. Ogata pesa le pour et le contre pour savoir s'il devait où non intervenir. Après tout, il n'était ni flic, ni justicier… Mais il ne pouvait pas non plus laisser le jeune homme se faire à moitié violé, car les intentions de son petit ami étaient claires, sans après se sentir coupable quand il le croiserait dans le monde du Go, ce qui risquait quand même d'arriver un jour. Satané conscience.
Alors que le jeune homme commençait à vraiment s'énerver, et qu'il serrait le bras d'Isumi pour qu'il le suive, Ogata intervint. Il lui fit lâcher prise d'une torsion du poignet, et alors que l'autre lui jeter un regard haineux et allait lui signifier clairement qu'il devait se mêler de ses affaires, Ogata lui jeta un regard glacial dont il avait le secret.
"-Je crois que ce jeune homme vous a demandé de le laisser tranquille. Isumi-kun, je te ramène.
"-Mer…ci, Og… Ogata-sen… seï
Isumi se leva et tituba un peu, confirmant l'impression d'Ogata ; il était totalement saoul. Isumi réussi à sortir à peu près dignement du bar, mais Ogata dû l'aider à avancer jusqu'à sa voiture, puis à s'installer à l'intérieur. Il s'assit à son tour, alluma une cigarette, puis demanda :
"-Où est-ce que tu habites ?
Aucune réponse. Ogata se retourna vers Isumi, pour le retrouver endormi sur le siège passager. Ogata eut un soupir désabusé, et eut l'idée de fouiller dans la veste du jeune homme pour essayer de trouver un portefeuille, une carte d'identité, où quoique ce soit se rapprochant qui pourrait le renseigner sur l'adresse d'Isumi. Vu l'état dans lequel le jeune homme était, ce n'est pas ça qui allait le réveiller. Et de fait… De son investigation, Ogata ne récolta qu'un trousseau de clefs. Et ce n'était certes pas avec ça qu'il trouverait où le déposer. Il se voyait mal chercher dans tout Tokyo la serrure qui allait avec cette clef. Le seul moyen qu'il aurait de retrouver son adresse était d'appeler l'institut de Go pour la demander... Chose des plus suspectes passées deux heures du matin, si encore le gardien de nuit était là aujourd'hui.
Ogata prit alors la seule décision raisonnable et possible, autre bien entendu que celle de laisser le jeune homme sur le bord d'un trottoir : le ramener chez lui et le laisser dormir sur son canapé, en espérant bien entendu qu'il ne vomirait pas ce qu'il avait ingurgité dans la soirée sur sa moquette beige toute neuve…
"-Hikaru ! Hikaru, tu vas être en retard !
Hikaru se réveilla en sursaut. Il jeta un coup d'œil au réveil et se rendit compte qu'il n'avait que cinq minutes pour se préparer s'il ne voulait pas louper le début de son match. Il n'allait quand même pas être forfait… Le jeune homme s'habilla en quatrième vitesse, descendit les escaliers en courant, salua sa mère d'un signe de main en sortant, attrapa le casse-croûte qu'elle lui tendait, et sprinta jusqu'à l'Institut. Aujourd'hui, il avait une partie officielle contre Nadako, pour essayer de se qualifier dans le tournoi Honinbo, et il n'avait pas intérêt à être en retard.
Il arriva deux minutes avant le début du match, totalement essoufflé. Il resta à fixer le goban le temps de reprendre son souffle, ne jetant même pas un regard vers son adversaire. Enfin, la sonnerie électronique annonça le début de la partie... Hikaru se saisit de pierres blanches afin de décider qui commencerait la partie. Nadako gagna le nigiri, et s'inclina devant lui en lui souhaitant une bonne partie. Toujours aussi fermé, Hikaru l'imita. Le jeune homme regarda Nadako poser la première pierre, décidé, encore plus que jamais, à ne pas faire de cadeau à son adversaire...
La sonnerie annonçant la pause du déjeuner retentit. Nadako poussa un bref soupir de soulagement ; Hikaru ne lui laissait aucune seconde de répit, jouant rapidement et sans se tromper. Alors qu'elle allait s'adresser à lui, Hikaru se leva, sans lui prêter la moindre attention. Elle le rattrapa tandis qu'il sortait de la salle des matchs.
"-On va manger ensemble ?
"-Pas la peine, j'ai mon bento.
Le ton était froid, sans discussion possible. Elle n'avait jamais vu Hikaru comme ça. Elle décida de tirer les choses au clair une bonne fois pour toute ; elle avait bien l'intention de s'excuser, mais il ne lui facilitait pas vraiment la tâche... Depuis deux jours que la dispute avait eut lieu, elle avait essayé de le voir, mais il semblait la fuir comme la peste. Elle avait cependant espéré que cette partie serait l'occasion où jamais, mais Hikaru n'était pas très coopératif. Elle décida d'aller s'acheter quelque chose pas loin, puis de le rejoindre ensuite, de gré ou de force.
Quand elle arriva dans la salle de pause, seuls quelques professionnels y déjeunaient, dont Hikaru. Elle s'approcha de lui, son repas à la main. Mais dès qu'il la vit, Hikaru fit mine d'avoir fini, et récupéra ses affaires afin de rejoindre la salle de jeu, avec une bonne demi-heure d'avance.
La jeune fille soupira et se résigna à ne pouvoir communiquer véritablement avec Hikaru qu'à la fin de la partie, surtout si il avait gagné. Il serait peut-être un peu mieux disposé à son égard dans ce cas là... Mais elle ne se laisserait pas battre pour ça, bien qu'elle fût déjà en désavantage. Elle se battrait quand même jusqu'au bout...
"-J'abandonne…
"-Merci pour cette partie.
Nadako eut un sourire pour le jeune homme qui rangeait ses pierres. Elle avait eut beau essayer de s'en sortir, rien à faire, Hikaru était plus fort qu'elle et déjouait tous ses plans.
"-Isumi m'avait dit que tu étais très fort, mais je ne pensais pas que c'était à ce point.
Hikaru lui jeta à peine un coup d'œil à cette phrase. Ce n'était pas parce qu'il l'avait battu qu'il serait mieux disposer à son égard. Il se leva et sortit de la salle. Il fallait qu'il se dépêche de sortir de l'immeuble avant que la jeune fille n'ait fini de ranger ses pierres et puisse ainsi le rattraper. A tous les coups elle allait encore le bassiner avec ses histoires avec Akira! C'était sans compter sur la détermination de cette dernière… Alors que le jeune décoloré montait dans l'ascenseur, Nadako, visiblement essoufflé, s'y engouffra à sa suite et lui dit :
"-Puisque quand je te demande une discussion tu la refuse, je me vois dans l'obligation de la forcer !
Hikaru allait protester, mais il n'avait pas vraiment d'excuse pour éviter cette discussion. Et puis de toutes façons, il devrait bien l'affronter de nouveau un jour ; mais une discussion comme celle qui s'annonçait était pour lui beaucoup plus difficile qu'affronter Nadako sur un goban… Ils commencèrent à marcher l'un à côté de l'autre, d'abord silencieux. Hikaru boudait ostensiblement, et Nadako ne savait pas vraiment par où commencer. Finalement, elle prit une discrète inspiration, puis se lança :
"-Shindo-kun… Je voulais m'excuser, pour la dernière fois.
Hikaru lui jeta un regard en biais mais ne répondit rien, attendant la suite. La jeune fille semblait gênée, pas sûr que ce qu'elle devait dire, ni faire.
"-Je comprend que tu m'en veuille de ce que j'ai dit, surtout devant Toya. Je suis peut-être allé un peu trop loin… Non ?
"-Un peu ? T'as trop abusé tu veux dire !
Nadako sourit au ton d'Hikaru. Il était impulsif, et c'était pour ça qu'elle aimait le taquiner. Mais cette fois-ci elle se reteint, consciente qu'il ne fallait pas qu'elle aille trop loin. Elle avait visiblement dépassé les limites une fois, et le fait qu'Hikaru ai refusé de lui reparler de lui-même avait été une leçon largement assez suffisante.
"-Je suis désolée. Tu m'excuses ?
Hikaru la regarda dans les yeux et essaya de retrouver la colère qu'elle avait déclenchée. Il ne voulait pas céder aussi facilement, et accordé si vite son pardon… mais après tout, elle s'était excusée, il n'avait plus de raisons d'être fâché.
"-Si tu ne recommences plus. D'accord ?
La jeune fille posa un doigt sur sa bouche, semblant réfléchir. Puis elle fit un sourire espiègle avant de répondre.
"-Promis. Je ne dirais plus rien devant Toya. Et je comprends que ça ait pu t'énerver, surtout si tu ne veux pas qu'il s'en rende compte…
Hikaru sentit la moutarde lui monter au nez, mais voyant la mine amusée de Nadako, se contenta de grommeler quelque chose dans la barbe qu'il n'avait pas, qu'heureusement pour lui la jeune fille ne comprit pas.
Isumi ne savait pas ce qui l'avait réveillé, mais comprit beaucoup trop vite à son goût. Il avait l'impression qu'un troupeau d'éléphant venait de lui passer sur le crâne, et que le petit traînard à l'arrière y avait élu domicile… Ouvrir les yeux était un effort surhumain, mais il fallait bien qu'il le fasse un jour, ne serait-ce que pour savoir l'heure qu'il était. Quand il y parvint enfin, il les referma immédiatement. Quelque chose n'allait pas ; non seulement il n'était pas chez lui, mais il n'était dans aucun endroit qu'il ne connaissait. Il vérifia mentalement : il était encore habillé, c'était un bon point pour lui. Pour le moment, il ne savait pas comment il avait atterri là, mais au moins sa petite personne avait l'air d'être à peu près intacte…
Finalement, il rouvrit les yeux et commença à s'asseoir sur le canapé sur lequel on l'avait déposé. Décidément, cet éléphant ne le laisserait pas en paix… Il resta assit là quelques secondes, se massant les tempes pour essayer de faire partir ce mal de tête atroce, quand soudain la nausée monta. Il sentit un mal de cœur horrible, et se leva précipitamment pour se diriger vers les toilettes… quand il se rappela qu'il ne savait toujours pas où il était, donc il ne savait pas non plus où étaient les toilettes.
Alerté par le bruit soudain qu'il faisait, l'habitant des lieux se montra. Ogata-senseï ! Isumi n'eut pas le temps de comprendre comment ni pourquoi il était là, qu'Ogata s'adressa à lui, avant même qu'il ait pu ouvrir la bouche pour parler.
"-Les toilettes c'est la deuxième porte à droite dans le couloir.
"-Merci…
Sentant de nouveau la nausée le saisir, Isumi ne s'éternisa pas et se précipita à l'endroit indiqué, la main plaquée sur la bouche. Il eut l'impression de rendre tout ce qu'il avait mangé depuis au moins deux semaines, ce qui n'était pas des plus agréables… Une fois que son estomac eut fini de se manifester, Isumi alla à la salle de bain, indiquée par un écriteau collé sur la porte, qu'il remarqua en sortant. Il se rinça la bouche et se passa un peu d'eau sur la figure pour se rafraîchir et se mettre les idées au clair, avant de s'asseoir sur le rebord de la baignoire pour pouvoir réfléchir un instant, et faire un résumé de la situation.
Il s'était réveillé chez Ogata-senseï, sans savoir comment il avait bien pu atterrir ici. Il se souvenait vaguement l'avoir croisé la veille, alors qu'il était avec Kiosuke dans un bar, mais sans plus. D'ailleurs, toute la soirée de la veille restait dans une sorte de brouillard opaque. Comment se faisait-il que Kiosuke ne l'ait pas ramené chez lui ? Mystère… Comment avait-il fini avec une gueule de bois, alors qu'il ne buvait jamais ? Et qu'il ne se souvenait n'avoir bu que des cocas la veille ? Comment ça se faisait qu'il se retrouvait chez Ogata ? Il n'avait quand même pas draguer Ogata-senseï, qui du coup l'avait ramené chez lui ! Ça lui semblait totalement improbable ; même bourré, il n'aurait jamais osé faire ça ! Et surtout, Ogata accepter de telles avances… Il devait gêner le maître de go, surtout que, d'après l'horloge, on était en plein milieu de l'après midi.
Maintenant, s'il voulait plus d'éclaircissement, il allait devoir sortir et affronter le regard froid d'Ogata-senseï, 9 dan. Ce n'était pas très glorieux pour lui, surtout qu'il venait de vomir tout ce qu'il savait dans les toilettes d'un maître de Go ; comment espérer un jour pouvoir gagner le respect de ses aînés après une telle situation ? Bon, après tout, Ogata lui avait déjà avoué avoir joué contre Shindo alors qu'il était « ivre mort »… Mais se donner en spectacle comme ça ! Il avait l'impression qu'il venait à jamais de ternir son image de jeune joueur professionnel sérieux et travaillant dur pour arriver en haut de l'échelle…
Il ne pouvait pas rester enfermé là pendant des heures, il allait bien falloir qu'il sorte un jour où l'autre de cette salle de bain. Il prit son courage à deux mains et poussa la porte, afin de retourner dans le salon, où Ogata-senseï semblait l'attendre, assit sur son canapé. L'homme lui tendit un verre où un cachet finissait de fondre.
"-Pour ton mal de tête.
Isumi prit le verre en remerciant Ogata. Celui-ci lui fit signe de s'asseoir sur un des fauteuils du salon, ce que le jeune homme s'empressa de faire. Il but quelques gorgée de l'aspirine tandis qu'un silence commençait à s'installer. Voyant que le jeune homme n'était pas près de prendre la parole, Ogata s'adressa à lui :
"-Quelle idée, de se mettre dans un état pareil. Se mettre à boire jusqu'à se rendre malade! Je te pensais plus raisonnable, Isumi-kun.
"-Mais je n'ai bu que du coca !
Isumi se donna une grande claque mentale. Son exclamation était plus due à la surprise qu'autre chose… Bon, peut-être aussi un peu pour se justifier et essayer de redorer son image.
"-Je veux dire… J'en ai bu plusieurs verres mais ce n'était que du coca-cola, pas de l'alcool que Kiosuke m'avait amené…
Ogata avait stoppé son mouvement alors qu'il allait porter sa cigarette à la bouche, et dévisagea Isumi quelques instants. Il avait vraiment bien fait de ramener le jeune homme avec lui, même si pour le moment le raccompagner avait signifié l'accueillir dans son salon. Il termina son mouvement et tira une bouffée sur sa cigarette avant de lui répondre :
"-Le goût de l'alcool peut être quasiment inexistant dans un coca.
Le jeune homme hocha la tête, perdu dans ses pensées. Il fini son verre pour se donner une contenance, tout en réfléchissant aux paroles d'Ogata. Kiosuke aurait donc essayé de le saouler ? C'était totalement inconcevable ! Quoique, en poussant un peu la psychologie du personnage… Après tout, il avait tellement insisté la veille pour le mettre dans son lit, qu'il aurait pu utiliser ce genre de moyen pour arriver à ses fins. Pfiou… Voilà que maintenant il ne savait plus choisir ses petits copains ! Il n'osait même pas imaginer ce qui aurait pu lui arriver si Ogata n'avait pas été là. Enfin si, il imaginait très bien… un peu trop même, et heureusement qu'il y avait échappé.
Comme s'il avait lu dans ses pensées, Ogata l'enfonça :
"-Tu devrais mieux choisir tes fréquentations, Isumi-kun. Tokyo est une ville qui peut être dangereuse… surtout quand on traîne dans ces endroit et qu'on a ton genre d'allure.
Cette phrase eut au moins l'avantage de reléguer ses cogitations antérieurs au second plan. Comment devait-il prendre cette phrase ? Qu'est-ce qu'Ogata avait voulut dire par là ? Ogata le fixait avec un petit sourire ironique qui mettait Isumi de plus en plus mal à l'aise. Il ne savait pas trop quoi dire, s'il devait protester ou au contraire s'écraser… Finalement, Ogata reprit la parole :
"-Si tu es assez remis, accepterais-tu de disputer une partie de go avec moi ?
"-Ce serait un honneur pour moi ! Mais je ne voudrais pas vous déranger et…
"-Bien, je vais chercher un goban.
Ogata écrasa sa cigarette puis se leva et sortit de la pièce, laissant Isumi un moment seul avec ses pensées. Pourquoi diable Ogata avait-il dit cela ? Et surtout, pourquoi est-ce que ça le turlupinait à ce point ? Il se faisait sans aucun doute des idées, c'était juste une phrase en l'air. Mais selon comment il interprétait ça… Après tout, Le bar où ils s'étaient rencontrés la veille avait la réputation, sans être sectaire, d'accueillir 95 du temps des homosexuels. Alors c'est vrai que quelque part, il avait certaines raisons qui pourraient lui permettre de se poser des questions… Il fut coupé dans ses pensées par Ogata qui revenait dans la pièce, un Goban et des boîtes de pierre dans les bras. Isumi se précipita pour l'aider à tout installer.
"-Bien. Pour que ce soit un petit peu plus équitable, le komi (1) sera de cinq points.
Isumi ne protesta pas, sachant parfaitement que même comme ça il n'avait que très peu de chances. Il s'inclina respectueusement devant le maître, qui lui rendit son salut d'une inclinaison de la tête.
"-Bonne partie.
"-Bonne partie.
Hikaru avait les yeux rivés sur les fenêtres du train, sans vraiment voir le paysage qui défilait devant lui. Il réfléchissait à son après-midi avec Nadako. Après leur partie, ils avaient décidé de rester un moment ensemble avant de rentrer chacun chez eux. Ils avaient passés l'après-midi à se chercher des noises, mais sans animosité ni gêne, comme lorsqu'Isumi les avait présentés. Finalement, ils s'étaient arrêtés au parc à côté de chez Nadako. Assis sur un banc, ils étaient restés un moment en silence, observant les gens qui circulaient dans le parc. Finalement, Hikaru avait posé la question qui lui brûlait les lèvres depuis que Nadako s'était excusée.
"-Nadako, pourquoi est-ce que tu t'échines à faire tes blagues stupides sur Toya et moi ?
"-Elles sont pas stupides mes blagues !
Hikaru avait poussé un soupir d'exaspération, et la jeune fille avait comprit qu'il ne plaisantait pas.
"-En fait… Depuis que je te connais, chaque fois que j'entends parler de toi, en tant que joueur de Go, le nom de Toya n'est pas loin. Et puis dès qu'il y a un tournoi ou quelque chose dans ce genre, le premier nom qui te vient est le sien. Comme si tu ne jurais que par lui !
Hikaru avait protesté, citant son acharnement contre Ko Yongha, où d'autres joueurs qu'il rêvait de battre… Mais alors qu'il se remémorait leur discussion, Hikaru devait bien reconnaître que ses excuses sonnaient faux. L'énergie qu'il mettait pour se hisser au niveau d'Akira, il ne l'avait jamais mit contre quelqu'un d'autre. Mais après tout, c'était normal : Akira était celui qui, grâce à Saï, lui avait donné envie de jouer lui au go, sans être seulement un intermédiaire. Il voulait qu'Akira le reconnaisse pour sa valeur, et non pour ces anciens combats contre Saï. Et Akira l'ignorait tout le temps, poussant Hikaru à se dépasser pour lui montrer qu'il était là, juste derrière lui… Oui, Akira était son rival, qu'il le reconnaisse où non. Rien de moins, mais rien de plus. Peut-être qu'avec le temps ils deviendraient des amis, mais Nadako ne comprenait pas ce qui les liait. Elle se faisait des idées, voilà tout… Réconforté de ses doutes par ses nouvelles convictions, Hikaru rentra chez lui serein, plus qu'il ne l'avait été depuis plusieurs jours…
"-J'abandonne…
Isumi savait que cette partie se terminerait ainsi, mais perdre n'avait pas vraiment d'importance. La partie lui avait apporté beaucoup plus de chose qu'une simple défaite.
"-Merci pour cette partie.
"-Merci pour cette partie. Tu t'es bien défendu, mais là, tu n'aurais pas dû jouer comme ça.
Ogata lui désigna son groupe de pierre, en haut à droite, avant de lui désigner un autre point où il aurait mieux fait de se placer. Isumi buvait les paroles et les conseils d'Ogata-senseï qui, emporté par sa passion, refaisait la partie. Quand il eut fini, la nuit était déjà tombée. Ils rangèrent les pierres en silence, avant qu'Isumi ne se décide à prendre congé. Il ne savait pas vraiment comment il allait faire pour rentrer chez lui, puisqu'il avait oublié son portefeuille et son portable la veille chez Kiosuke, mais il ne pouvait décemment pas abuser encore de l'hospitalité d'Ogata. Il allait prendre un taxi jusqu'à chez Kiosuke et demander au chauffeur d'attendre qu'il ait récupérer son portefeuille pour pouvoir le payer, et rentrer ensuite en bus jusque chez lui. Et vu le quartier où il se trouvait et celui où il comptait se rendre, ça allait creuser un énorme trou dans son budget. Alors qu'il se préparait à émettre cette idée, se retournant vers Ogata, il se retrouvait avec quelques billets sous le nez.
"-Tiens. Ça te permettra au moins de rentrer chez toi, puisque tu n'as pas ton portefeuille. Maintenant, tu devrais partir, avant de ne plus avoir de train.
Isumi allait protester, Ogata en avait déjà beaucoup fait, mais le regard de l'homme l'en dissuada. Il accepta donc les billets et, alors qu'il était sur le palier, remercia encore une fois Ogata :
"-Merci beaucoup de m'avoir aidé. Et merci encore pour cette partie…
"-Au revoir, Isumi-kun.
Ogata lui referma quasiment la porte au nez. Isumi resta interdit quelques secondes devant la porte, avant de se décider à repartir chez lui. Ogata-senseï était décidément quelqu'un de très étrange…
A suivre…
(1) Je crois que c'est comme ça qu'on dit, mais là je peux pas vérifier. En gros, Isumi est avantagé de cinq points.
Merci encore une fois pour les reviews reçu ! ça me fait super plaisir que des gens lisent et à priori aime ma fic ! bisous tout le monde !
