Auteur : Mara : Hikaru no go
Résumé : …
Couple : RAS pour le moment, mais ça se décante bientôt !
Disclaimer : perso pas à moi, me fais pas de fric avec cette fic… Comme d'hab quoi !
Note de l'auteur : désolée pour le délais entre les deux chapitres, mais j'ai accumulé les contre temps : syndrome de la page blanche, exams fin novembre-début décembre, préparation des fêtes, et « coup de froid » de 15 jours… Plus pas d'accès à internet depuis 5 jours que le chapitre est fini. Quoi qu'il en soit, il est là, et bien là, et même si je le trouve personellement pas super, j'espère qu'il vous plaira. Le prochain chapitre devrait arriver beaucoup plus rapidement ! Je vous souhaite donc une bonne lecture et vous dit à bientôt !
Merci à tous ceux qui m'ont laissé des reviews. Pour infinty ligth : j'espère que tu vas aps finir par trouver que l'histoire traîne trop en longueur, c'est l'impression qu'elle me donne à moi. Et pour Alana Chatelune : La scène entre Isumi et Kiosuke, je sais pas vraiment si c'est ce à quoi tu t'attendais mais bon, j'espère que ça te satisfera ! Et que ce chapitre vous plaira ! Merci beaucoup pour tous vos encouragement, même si je vais pas très vite, ça m'aide à rester motivée sur cette fic et à pas partir dans mille directions ! Au prochain chapitre donc j'espère !
Isumi marchait vers l'immeuble de Kiosuke, mais, bizarrement, il n'était pas stressé. En fait, il se désintéressait totalement de sa future entrevue avec son ex. Il ne pourrait rien lui arriver maintenant qu'il était sur ses gardes. Et ça, c'était entièrement grâce à Ogata. Si le renommé joueur de Go n'était pas venu dans ce bar, et ne l'avait pas aidé, il aurait sans doute était dans une situation dont il ne serait pas sorti tout à fait indemne, au moins psychologiquement. Heureusement qu'Ogata se trouvait dans ce bar. Mais en y pensant bien, qu'est-ce qu'il y faisait, justement ? Avec la réputation de cet endroit, c'était plus qu'étonnant d'y trouver quelqu'un comme Ogata-senseï, habituellement si strict, toujours sur son 31, toujours sérieux… Bon, d'accord, même si là-bas il n'avait pas son éternel costume beige, il restait très classe, même en tenue décontractée. Mais quand même ! Qu'est-ce qu'il faisait là-bas ? Cela voudrait sans doute dire que lui aussi, il avait certains penchants…
Isumi secoua la tête, amusé par lui-même. Décidément, il était irrécupérable. Il n'arrêtait pas de penser à Ogata-senseï depuis la journée qu'il avait passée chez lui, et à se poser des questions sur lui. Même tout à l'heure, quand Shindo et Nadako avaient commencé à se disputer, il n'y avait pas fait attention. Il était bien trop plongé dans ses propres pensées à ce moment-là pour essayer de mettre fin à leur dispute. Perdu dans ses réflexions sur un certain joueur de Go qui semblait avoir une vie personnelle dont personne ne se serait douté…
Isumi mit ses pensées de côté au moment d'entrer dans l'immeuble où habitait Kiosuke. Il devait se concentrer sur l'instant présent. Il ne pensait pas que le jeune homme puisse devenir directement dangereux, mais sait-on jamais… Après tout, il n'avait pas non plus pensé qu'il puisse essayer de le saouler pour arriver à ses fins. Après quelques dernières secondes d'hésitation, Isumi sonna à la porte. Kiosuke lui ouvrit presque tout de suite, un sourire désolé aux lèvres. Isumi avait envie de lui effacer ce sourire, qui pour lui sonnait atrocement faux.
"-Salut Shin-chan. Ça va ?
-Bonjour.
Isumi tourna la tête alors que Kiosuke essayait de l'embrasser. Le jeune homme ne pu atteindre que sa joue, et Isumi le contourna pour rentrer dans l'appartement et s'éloigner de lui.
"-Je suis juste venu pour récupérer mes affaires.
Kiosuke fit une légère grimace, avant de refermer la porte derrière lui.
"-Ecoute, Shin… Si on discutait ? Je suis tellement désolé pour tout ça… Assied toi, je t'offre quelque chose.
Isumi refusa de s'asseoir à côté de Kiosuke, préférant prendre une chaise. Il n'enleva pas son blouson, lui montrant bien qu'il n'avait aucune intention de s'éterniser, avant de répondre à son offre.
"-Je ne reste pas, et je n'ai plus aucune envie de boire quelque chose que tu m'offriras.
Kiosuke eut une moue peinée, qui ne fit que renforcer la détermination d'Isumi. Qu'il joue la comédie était pire que s'il osait montrer sa vraie nature. Il voulait le faire culpabiliser, et le pire c'était que ça commençait presque à marcher. Mais il savait qu'il lui suffisait de penser à leur dernière soirée ensemble pour que ça disparaisse.
"-S'il te plaît, Shin. Ecoute au moins ce que j'ai à te dire.
-Mon opinion est déjà faite, mais si ça peut te faire plaisir… Mais dépêche toi, je suis pressé.
Kiosuke sembla hésiter un moment, comme s'il ne savait pas par où commencer, avant de se lancer finalement. Et ce qu'il dit laissa tellement Isumi sur le cul que s'il n'était pas déjà assit, il serait sans doute tombé par terre.
"-Je ne comprend pas Shin-chan. Pourquoi es-tu tant énervé ? Je sais que je n'aurais pas dû insister autant, mais je me suis déjà excusé. Je t'assure, je suis réellement désolé. Mais il n'y a pas me quoi me faire la tête pendant si longtemps, si ? Je te promets que je n'insisterais plus comme ça, d'accord ?
-Mais non. Et puis ce n'est pas ta faute si j'étais saoul, hein ? D'ailleurs, je n'étais pas saoul, c'est pour ça que je me suis réveillé avec une gueule de bois monstre !
-Mais… Shin, je ne comprend pas de quoi tu parle ! Je t'assure, je n'ai rien fait ! En tout cas, pas quelque chose comme ça ! Tu me prends pour un monstre ou quoi ?
Isumi sentit ses poings se serrer de colère. Quel salaud ! Oser tout nier en bloque après ce qu'il avait fait ? Comme s'il ne s'en serait pas aperçu, tiens ! Bon, d'accord, il lui avait fallut une légère aide pour prendre pleinement conscience de la situation, mais de là à ce que Kiosuke le croit assez imbécile pour qu'il ne se soit vraiment rendu compte de rien !
"-Rassure moi, tu te moques de moi là ? Tu vas oser me dire que tu n'étais absolument pour rien dans mon état à la fin de la soirée ?
Kiosuke prit son air le plus innocent du monde, faisant celui qui, étonné, ne comprenait pas ce qui lui était reproché.
"-Mais non, enfin ! Tu avais l'air énervé, mais je ne sais pas pourquoi ! A part que je sais que j'ai trop insisté… Et je te répète que j'en suis réellement désolé ! Je te promets que je ne recommencerais plus jamais ça !
-Je veux bien te croire…
Kiosuke eut un sourire triomphant, qui s'effaça très vite en entendant la suite :
"-Puisque de toute façon c'est définitivement fini entre nous. Je sais très bien que ce que tu m'as donné ce n'était pas seulement du coca, et qu'il y avait de l'alcool à l'intérieur. Donc, personnellement, je n'ai pas envie de sortir avec quelqu'un qui essaie de me forcer à faire quelque chose dont je n'ai pas envie, surtout en utilisant un tel procédé.
Le sourire chaleureux de Kiosuke se transforma en un rictus plus méprisant qu'autre chose. Isumi sentit que quelque chose avait changé dans son attitude, et se força à ne pas montrer qu'il était légèrement anxieux. Après tout, il ne connaissait pas Kiosuke si bien que ça, la dernière soirée le lui avait amplement démontré. Qui sait s'il ne pouvait pas se montrer violent…
"-Tu veux des aveux, c'est ça ? C'est vrai, j'ai foutu de l'alcool dans tes sodas. Mais c'était pour te décoincer un peu, on dirait sans cesse que t'as un balai dans le cul, avec tes tenues impeccables et ta tronche de sainte nitouche. Et d'ailleurs, au lieu de jouer les pucelles outragées, tu devrais me remercier plutôt ! J'ai bien fait de te décoincer, même si ce n'est pas moi qui en ai profité. T'as du t'amuser après, avec ton snobinard ! J'espère au moins que c'était un bon coup !
Snobinard ! Il osait traiter Ogata-senseï de snobinard ! Ogata-senseï était une des personnes les plus respectables et les plus élégantes qu'Isumi ait jamais rencontré, et ce vulgaire imbécile osait l'insulter. Isumi ne s'offusquait pas des insultes personnelles, mais qu'il s'en prenne à un tel joueur ! Décidément, ce n'était qu'un abruti irrespectueux, et il n'avait absolument rien à faire avec lui. S'il avait écouté ses véritables envies, il lui aurait volontiers mit un poing dans la figure. Pour se défouler. Mais il était plus raisonnable que ça, et il bouillonnerait en silence.
"-Tu es vraiment pathétique. Je n'ai plus rien à faire ici.
Isumi repoussa la chaise et se leva. Kiosuke allait rajouter quelque chose, mais le regard noir de son vis-à-vis le coupa directement. Bien que son visage resta neutre, ses yeux reflétaient tout à fait la fureur qui faisait rage en lui. Et Kiosuke avait beau être légèrement limité, il n'était pas stupide au point de provoquer encore plus Isumi. Il se leva également et se dirigea vers l'entrée, récupérant les affaires d'Isumi et les lui tendant. Isumi les prit sans le remercier, et ouvrit la porte pour partir. Mais il sembla se raviser, et se tourna vers Kiosuke, un sourire aux lèvres :
"-Fais moi plaisir Kiosuke. Est-ce que tu pourrais me rendre un dernier service ?
Kiosuke eut un sourire victorieux :
"-Qu'est-ce que tu veux ?
-Oublie mon numéro. Non, en fait, oublie-moi totalement.
Sur ce, Isumi commença à descendre les escaliers menant vers la sortie. Il eut un bref sourire en entendant la porte de l'appartement claquer violemment. Maigre consolation par rapport à la confrontation qu'il venait de vivre. Il avait plutôt envie de donner un coup de poing dans n'importe quel mur qui passait par là. Il était complètement furieux. Furieux contre cet imbécile, à cause de qui il avait eut la honte de sa vie devant un des meilleurs joueurs de Go, furieux contre lui-même, pour s'être fait avoir comme une collégienne stupide et naïve. Et furieux contre Yang Haï. Après tout, c'était à cause de lui qu'il s'était trouvé dans cette situation ! Quelques jours avant de rencontrer Kiosuke, il avait eut son ami chinois au téléphone. Et alors qu'il lui avouait le néant qu'était sa vie amoureuse, et sociale en règle général, en dehors de ses amis du monde du Go, Yang Haï lui avait encore une fois dit qu'il était trop coincé. Et il lui avait donné un conseil qu'Isumi, en toute innocence, avait suivit : « fonce, tu verras, ça pourra te faire que du bien ! » Du bien, tu parles ! Tout ce qu'il en avait récolté, c'était d'être à deux doigts de se faire violer !
Waya et Isumi entrèrent dans une salle de repos, discutant de tout et de rien. Waya fit légèrement la moue en voyant qui était déjà dans cette pièce : Akira Toya. Le jeune prodige semblait plongé dans son livre, mais il releva quand même la tête pour voir qui entrait.
"-Bonjour.
Isumi répondit à son salut, et donna un coup de coude à Waya pour qu'il fasse de même. Waya bougonna un bonjour, se demandant d'ailleurs bien pourquoi, Akira s'étant déjà replongé dans sa lecture. Comme d'habitude, il ne faisait pas attention aux autres. Waya ne les supportaient pas, lui et son comportement hautin. Il fit un effort sur lui-même pour ne pas en tenir compte et s'assit en face d'Isumi, qui semblait à l'affût de la moindre réflexion.
Quand Akira avait vu entrer Isumi et Waya, il les avait salué et était retourné à son livre. Du moins en apparence. En fait, il menait un combat intérieur. Il se sentait de plus en plus mal à l'aise ; les amis de Shindo s'étaient remis à discuter entre eux, sans semblait tenir compte de sa présence. Et lui, il hésitait à entamer le dialogue. Il aurait aimé discuter avec eux, ne plus se sentir une bête curieuse qu'on n'osait approcher. Le seul à oser vraiment, c'était Shindo, son rival, mais leur relation avait commencé sans la sorte de crainte respectueuse qui semblait retenir les jeunes gens de son âge de venir lui parler. A part Ashiwara, mais c'était une toute autre histoire à lui tout seul. Et l'hostilité qu'il sentait chez ce Waya n'était pas faite pour l'encourager à aller vers les autres.
Bref. Aller leur parler ou ne pas aller leur parler ? Là était la question. Il avait envie de lier connaissance avec eux, de changer un petit peu d'air; tout en restant dans le Go, ne pas fréquenter tout le temps que des personnes ayant en moyenne le double de son âge. C'était amusant, il avait presque l'impression d'entendre la voix d'Ogata là…
Akira releva la tête de son livre quand les deux jeunes gens prononcèrent le nom de Shindo. Il tendit l'oreille, essayant de savoir quel était exactement le sujet de leur conversation.
"-Oui, son anniversaire est dans quatre jours. Ses parents lui offre un ordinateur, alors il faut qu'on lui prenne des jeux vidéo, sinon il va me piquer tous les miens !
Isumi secoua la tête, amusé.
"-D'accord, d'accord. On a qu'à y aller demain soir. Mais il ne fait pas de soirée ?
-Non, il ne voulait pas faire de fête. On aura qu'à manger ensemble, et puis voilà !
Akira arrêta de s'intéresser à la conversation, se rendant compte d'une chose à laquelle il n'avait jamais vraiment réfléchit avant. Depuis le temps qu'il connaissait Shindo, il n'avait jamais eu l'occasion d'apprendre une chose aussi simple que sa date d'anniversaire ; il était plus que temps de rattraper son retard social. Il se leva et salua les deux adolescents, ne faisant pas attention au salut d'Isumi et à la grimace soulagée de Waya. Il avait encore un peu de temps avant que les magasins ne ferment et que sa mère ne s'inquiète, et il allait mettre ce temps libre à profit. Il savait parfaitement ce qu'il voulait, et il espérait pouvoir rapidement le trouver.
Hikaru s'étira. Son adversaire venant d'abandonner, il jeta un regard dans la salle, cherchant ses amis des yeux. Honda semblait concentré, et sa partie était loin d'être finie. Isumi, Ochi et Nadako étaient eux aussi toujours en train de jouer. Par contre, il ne vit pas trace de Waya. Le jeune homme avait une partie contre Akira Toya, qui semblait déjà s'être achevée. Hikaru sorti de la pièce, et alla retrouver son ami dans la salle vidéo où ils s'étaient donné rendez-vous. Il sentit son estomac grogner, et pria intérieurement pour que la pause déjeuner vienne vite. Il poussa la porte de la salle pour trouver Waya dans un coin, en train de refaire une partie, et Akira à l'autre bout de la salle, plongé dans un livre. Coréen ou Chinois, sans doute, vu qu'il n'arrivait pas à lire le titre.
"-Salut Waya, salut Toya !
Les deux adolescents se tournèrent vers lui d'un seul mouvement, et Hikaru se sentit soudain l'attention de deux points de vue très distincts. Waya avait le visage fermé, et Hikaru sut que son intuition était confirmée, dans la logique des choses, Waya avait perdu. Et vu que sa défaite était contre le prodige attitré de leur génération, il allait être d'une humeur massacrante. Mais ce qui gêna le plus Hikaru, car il savait parfaitement que Waya se calmerait de lui-même, ce fut le regard d'Akira. Il semblait comme… content de le voir. Noooooon, il devait se faire des idées. Ce devait être les réminiscences des allusions de Nadako qui refaisait surface, donc il ne devait pas y prêter attention. Surtout que, contrairement à Waya, le jeune Toya n'avait pas l'air de vouloir le saluer.
Akira était soulagé de voir arriver Shindo. Depuis qu'ils avaient fini leur partie, lui et Waya n'avait pas échangé un mot. Mais il n'avait pas besoin de ça pour sentir l'hostilité qu'il avait déjà éprouvé face à cet adolescent dont il ne comprenait pas vraiment le ressentit. L'ambiance était devenue de plus en plus pesante, et il accueillit l'arrivée de son rival comme une bouffée d'oxygène. En espérant qu'au contraire, ça ne complique pas plus les choses.
"-Bonjour Shindo. Joyeux anniversaire.
Il avait sortit son paquet, et le tendit au décoloré, sans le regarder dans les yeux. Il doutait soudain que ce soit une bonne idée. C'était peut-être un peu trop personnel, peut-être que Shindo ne voudrait pas de son présent. Le regard noir de Waya lui confirma que en été sans doute une.
Hikaru ne sut quoi dire. Il était planté là, debout, devant Akira et son cadeau, à se demander s'il n'était pas en train de rêver. Où est-ce qu'il était entré, là ? Dans la quatrième dimension ou quoi ? Depuis quand Akira Toya lui offrait-il quelque chose pour son anniversaire ? A moins que… Peut-être que Nadako avait raison ? Et si il y avait bien quelque chose ? Oh, pas de lui, bien sûr, mais si le jeune prodige était attiré par lui ? Après tout, les allusions de Nadako avaient peut-être un fondement ? Bon, bien sûr, pas où elle le pensait, mais il y avait peut-être effectivement une part de vérité dans ses moqueries… Et puis…
"-Euh… Shindo, ça va ?
Hikaru regarda Waya, surprit de son intervention, avant de se rendre compte qu'il était resté immobile et muet depuis bien deux minutes. Il se saisit du paquet que lui tendait Akira et marmonna :
"-Euh… Merci…
Akira se sentait de plus en plus mal à l'aise sous le regard perçant d'Hikaru. Est-ce qu'il avait bien fait de lui offrir ça ? Ce n'était peut-être pas une si bonne idée, peut-être que Shindo n'avait aucune envie qu'ils soient amis, qu'il ne voulait pas de son cadeau ? Akira récupéra sa veste et son sac à dos. Il avait fait ce qu'il avait prévu, il allait maintenant rentrer chez lui. Et vite. Il ne supportait pas la façon dont le dévisageait Shindo…
Hikaru, quand à lui, ne cessait de s'interroger sur le geste de son rival, oubliant Waya qui les observait sans rien comprendre à leur manège. Akira avait l'air gêné de lui avoir donné ce cadeau. Qu'est-ce que ça cachait ? Qu'est-ce qui pouvait bien mettre à ce point mal à l'aise le petit génie du Go ? Et s'il avait raison… ?
Lui aussi commençait à être de plus en plus mal à l'aise. Il décida de continuer ses investigations plus tard, quand il ne serait pas le sujet d'attention directe de ses deux… amis ? Bon, plus tard, vraiment. Pour se donner une contenance, il commença à ouvrir le cadeau d'Akira. Et eut l'agréable surprise d'y trouver un livre assez ancien sur l'évolution du Go grâce à des Kiffus à travers les âges au Japon. Il se rappelait l'avoir aperçu un jour dans une vitrine, mais il devait être pressé et ne s'était pas arrêté ce jour-là. Il commença à feuilleter les premières pages, exprimant son enthousiasme en prenant Akira à témoin :
"-Wouw ! C'est génial ! Regarde celui-là !
Akira se pencha vers le livre que lui tendait Hikaru, et ils commencèrent à discuter des différents kiffus présentés. Ils s'assirent côte à côte, sans même s'en apercevoir, commençant une discussion enflammée. Discussion que finit par rejoindre Waya une fois qu'il eut réussit à se décider de mettre pour quelques minutes son animosité pour le jeune Toya. Après avoir maudit Shindo de l'ignorer totalement, et Toya qui, non content de l'avoir battu, se foutait totalement de lui par la suite, il s'était dit que, finalement, discuter avec eux de parties des plus grands joueurs japonais ayant existés serait sans doute un élément très bénéfique pour son propre niveau.
C'est ainsi que les trouvèrent Isumi, Ochi et Honda en entrant dans la salle de repos où ils avaient rendez-vous : Akira et Hikaru étant en train de se crier dessus afin de partager leur avis. Waya, lui, se retenant de rire, défendait Shindo, plus par principe qu'autre chose. Les trois jeunes hommes se jetèrent un regard surprit, se demandant ce qui pouvait bien s'être passé ici. Honda finit par prendre la parole, signalant par là même leur présence et interrompant la discussion animée. Les trois adolescents se tournèrent vers les nouveaux venus, semblant s'étonner de leur présence.
"-Tiens, vous êtes déjà là ?
"-Oui. C'est la pause déjeuner.
Hikaru et Waya regardèrent leur montre d'un même mouvement ; ils n'avaient pas vu le temps passer. Hikaru rangea son livre dans son sac, demandant des nouvelles de leurs parties à ses amis qui devaient les reprendre à la fin de la pause. Au bout de quelques secondes, Hikaru sembla remarquer un détail qui avait échappé aux autres.
"-Où est Toya ?
Les autres s'arrêtèrent de parler et le regardèrent, étonné. Aucun d'entre eux ne s'étaient aperçut que l'adolescent s'était éclipsé pendant leur discussion où aucun d'eux n'avait fait attention à lui. Waya haussât les épaules, mais alors qu'il allait dire qu' « ils n'en avaient rien à foutre », retrouvant ses vieux réflexes, Hikaru était déjà sorti de la pièce en courant pour rattraper son rival. Il le trouva dans le hall, alors qu'il était déjà en train de se rechausser.
Hikaru se sentit un peu bête sur le coup. Il aurait voulu remercier Akira pour son cadeau, lui montrer que ce n'était pas seulement le livre qui lui plaisait, mais qu'il avait aussi apprécié le geste. Mais pourquoi Toya était-il parti de la pièce quand les autres étaient arrivés ?
"-Toya !
Akira se retourna à l'appel de son nom, pour voir Shindo essoufflé d'avoir courut pour le rattraper. Il ne laissa rien paraître de sa surprise de le voir là, retrouvant son habituelle expression indifférente.
"-Tu veux… Est-ce que tu veux venir manger avec nous ?
Akira sentit ses yeux s'écarquillés un peu plus. Il ne s'était pas attendu à ça ; il avait préféré laisser Shindo avec ses amis en voyant qu'il n'avait pas sa place dans leur discussion. Et il ne voulait pas que Shindo se sente obliger de l'inviter à cause de son cadeau. Mais bon, en même temps, Shindo n'avait jamais été du genre à s'obliger à quelque chose dont il n'avait pas envie par pure politesse. Il n'y avait donc aucune raison que cette fois ci déroge à la règle ; si Shindo l'invitait, ce n'était pas par politesse, c'était sans doute simplement parce qu'il avait envie qu'il vienne. Il sourit à Hikaru :
"-D'accord.
Hikaru s'était demandé si son invitation était une bonne idée en voyant Akira hésiter à lui répondre. Mais finalement, le jeune homme lui avait sourit et avait accepté. Certes, il était content qu'Akira ait accepté, mais c'était surtout son sourire qui l'avait troublé. Il ne lui avait jamais sourit comme ça, et ça le mettait vraiment mal à l'aise. Il y eut un instant de flottement, un silence qui commençait à se prolonger entre eux deux. Hikaru voyait dans le sourire que lui avait adressé Toya une confirmation de ses précédents doutes. Et le fait qu'il les accompagne allait lui donner une occasion en or pour observer l'attitude de son rival, vérifiant ainsi ce qui était maintenant un peu plus que des soupçons.
Isumi laissa ses chaussures au vestiaire. Celles de Waya s'y trouvaient déjà, ce qui voulait dire qu'il était déjà là et devait l'attendre. Il fallait qu'il se dépêche, il avait déjà cinq minutes de retard. Waya avait insisté pour qu'il vienne avec lui assister à une partie, et elle devait être déjà commencée. Il risquait de se faire engueuler… Il accéléra le pas afin de ne pas se mettre plus en retard, n'ayant pas envie de se faire plus remarquer que ça. Et puis il avait envie de voir ce que donnerait la partie de l'ami de Waya avec l'élève de l'ancien Meijin.
Tout à ses pensées, il ne remarqua qu'au dernier moment qu'une personne venait de tourner au détour du couloir, et s'arrêta à quelques centimètres pour ne pas lui rentrer dedans. Son premier réflexe fut de s'excuser précipitamment :
"-Ogata-senseï ! Je suis désolé, je ne regardais pas où j'allais…
Isumi se donna une grande baffe mentale. C'est l'ancien Isumi réagissait comme ça ! Il s'était promit d'être plus sûr de lui, et ça commençait notamment par arrêter sans cesse de se justifier. Son malaise devait se voir, car Ogata l'observa un moment avec un sourire amusé aux lèvres, tout en allumant une cigarette.
"-Tiens, tiens, Isumi-kun, comment vas-tu ? Mieux que la dernière fois ?
Isumi se sentit encore plus mal à l'aise au souvenir de la journée passée chez Ogata-senseï, où il avait était tellement malade.
"-Oui, oui, ça va.
Le petit sourire moqueur d'Ogata s'accentua. Ça semblait l'amuser de le voir si mal à l'aise.
"-Tu as réussit à récupérer tes affaires sans trop… de dommages ?
Isumi se reprit. Après tout, il n'avait qu'à assumer ce qu'il avait fait, surtout qu'il s'était bien rattrapé en remettant Kiosuke à sa place une bonne fois pour toute.
"-Non, ça va, j'ai su me défendre seul cette fois.
Ogata s'amusa du ton sarcastique du jeune homme. C'était distrayant de voir comment il pouvait se montrer si gêné l'instant d'avant, pour le voir ensuite répondre à sa provocation. C'était un jeune homme intéressant, beaucoup moins timide et renfermé qu'il n'y paraissait à première vue… Ogata tira une longue bouffée sur sa cigarette, tout en continuant à observer Isumi, qui même s'il était mal à l'aise sous son regard scrutateur n'en laissa cette fois-ci rien paraître.
"-Je crois que tu étais pressé, non ? Je vais te laisser partir. A bientôt, Isumi-kun.
Ogata lui fit un signe de la main avant de s'éloigner dans le couloir et de s'engouffrer dans un ascenseur vers lequel il se dirigeait au départ. Isumi resta quelques secondes à fixer l'appareil dans lequel l'homme au costume beige avait disparu. Ses derniers mots résonnèrent pendant quelques secondes dans sa tête. Cet homme était décidément bien étrange… Mais pour le moment, il n'avait pas le temps de s'attarder à réfléchir sur ça. Il aurait tout le temps pour y penser après, là, comme l'avait justement dit Ogata, il était vraiment pressé ! Il repartit à moitié en courant, n'osant imaginer la réaction de Waya à cause de son retard…
A suivre…
