Auteur : Mara : Hikaru no Go

Titre : Coma

Genre : yaoï et euh…

Couple : Bah maintenant si vous le savez pas lol !

Disclaimer : Les persos ne sont pas à moi mais aux auteurs d' « Hikaru no Go » (j'ai oublié les noms gomen) et je ne me fais pas d'argent avec cette fic.

Note : Et non, cette fic n'est pas abandonnée ! Et je remercie tout ceux qui m'ont envoyé des reviews. Je crois avoir répondu à tout le monde, et si ce n'est pas le cas je suis désolée, en tout cas tous les messages m'ont fait énormément plaisir et je remercie tous ceux qui m'en ont envoyés. Et je suis également désolée pour le retard de ce chapitre. Je pense que les prochains seront un peu plus court, afin que je puisse les envoyer plus souvent. J'ai eu pas mal de problèmes, mais ça n'excuse pas mon retard. Le prochain chapitre est commencé, et je retrouve ma motivation !!! Donc, si quelqu'un est encore là pour lire, ça arrive, rien n'est fini !!!


"Akira ?"

Le jeune homme sursauta et releva la tête de son repas. Sa mère le fixait d'un air interrogateur, et il se rendit compte alors que depuis quelques minutes il mâchouillait ses baguettes, sans rien manger.

"Ça ne va pas ?

-Si, si. Je n'ai pas très faim, c'est tout."

Sa mère eut un sourire compréhensif, avant de l'interroger :

"Une partie qui te préoccupe ?"

Akira hocha vivement la tête, ravi qu'elle lui trouve une échappatoire.

"Je peux retourner dans ma chambre ?"

Sa mère approuva, et il repartit tellement vite qu'il ne se rendit pas compte que l'expression de sa mère se transformait en une douce mélancolie. Son fils grandissait, et c'était normal qu'il protège sa vie privée. Mais elle savait parfaitement que ce n'était pas une partie qui le préoccupait.

Akira s'enferma dans sa chambre. Il savait que sa mère n'y entrait pas, mais il s'y sentait plus en sécurité pour réfléchir. Et Dieu seul savait à quel point il avait besoin de mettre ses idées au clair. Le trajet du retour du parc n'y avait pas suffit, loin de là ! Chaque fois qu'il essayait de voir les choses sous un angle rationnel, il avait l'impression de sentir ses idées s'éparpiller et son cerveau être aussi efficace qu'un bulot cuit. Au fur et à mesure de ses tergiversions il en était venu à se poser des questions aussi existentielles que « Qui suis-je », « Où vais-je », et autres inepties dont non seulement il n'avait bien entendu pas trouver la réponse, mais qui en plus ne le menait absolument à rien dans la situation actuelle.

C'était vraiment la première fois qu'une telle chose lui arrivait. C'était vraiment la première fois qu'il n'arrivait pas à se concentrer correctement sur une chose. Et il trouvait cela vraiment déconcertant… Car non content de ne pas arriver à résoudre son problème actuel, il n'arrivait pas à faire le vide dans son esprit, et encore moins à se concentrer sur un autre sujet, fut-il tout à fait étranger à son problème actuel. Bon, il est vrai aussi que trouver un sujet qui n'avait rien à voir avec Hikaru était difficile, car sa vie tournait autour de Go, et énormément de choses tournant autour du Go le ramenait au jeune décoloré. Et il était d'autant plus dur d'essayer de l'oublier quand seulement quatre toutes petites phrase lui revenait sans cesse en tête : « Tu veux que je te dise quoi, hein ? Que si j'ai refusé de te voir, c'est parce que tu m'attire ! Parce que chaque fois que je te vois j'ai envie de te serrer dans mes bras ?! Que la dernière fois si je suis parti c'est parce que j'avais envie de te rouler une pelle ! »

Akira, assit à son bureau, cessa un instant de mordiller le pauvre stylo qui traînait auparavant sur le bois et qui avait eu la malchance de tomber entre ses mains. Le bip de son réveil lui signalant qu'il était déjà vingt-trois heures l'avait un court moment distrait. Il regarda la feuille blanche qu'il avait devant lui et, d'un geste agacé, la roula en boule et la jeta dans sa corbeille. Il n'arriverait à rien comme ça. Sa tentative d'essayer de tout mettre sur papier pour analyser son problème était vouée à l'échec, il devait bien s'en rendre compte. Il n'avait pas écrit un seul mot, et il se sentait toujours aussi perdu. Toutes ses tentatives pour se changer les idées avaient lamentablement échouées. Il ne voyait plus qu'une chose à faire, une chose qui l'aiderait peut-être à savoir comment tout cela avait pu arriver. Et surtout, comment agir maintenant. Comment réagir face à une telle situation… Fermant les yeux, il essaya de se rappeler exactement de la scène qui s'était jouée à peine quelques heures auparavant dans le parc.

S'il n'avait pas était si profondément concentré, Akira aurait pu se réjouir que sa mémoire presque sans faille, qui lui permettait de retenir un nombre incalculable de parties de Go, ne lui faisait, elle, pas défaut ce soir là. Et c'est avec une exactitude presque surhumaines qu'il pu se rappeler des mots échangés. De l'histoire que lui avait raconté Hikaru. De leur dispute. De ses réactions, qui avec du recul était assez infantile, en réponse à celles d'Hikaru. Et puis son aveu… Ces mots qui l'avaient pétrifié.

Et là, une chose sauta aux yeux d'Akira. Une chose dont jusque là il ne s'était pas aperçue, et qui grâce à sa mémoire photographique lui sautait maintenant aux yeux. Le regard d'Hikaru une fois qu'il s'était rendu compte de ce qu'il avait dit. Ce regard horrifié qu'il avait eut… Et lui qui était parti en courant, le laissant seul dans le parc, sans aucune explication. Il était sous le choc, et il n'avait pas un seul instant réfléchit à ce que pouvait ressentir Hikaru, qui venait de laisser échapper quelque chose qu'il n'aurait jamais voulu lui avouer. Mais il avait des raisons d'être choqué ! Le seul qu'il pouvait parfois considérer comme un véritable ami venait quand même de lui jeter à la figure qu'il avait envie de l'embrasser ! Ce n'était pas anodin !

Mais maintenant qu'il l'avait visualisé une fois, le regard terrifié d'Hikaru ne cessait de le hanter. Il l'avait laissé avec ce poids, sans se soucier un seul instant de l'état du jeune décoloré. Mais s'il essayait de se mettre un peu à sa place… Il n'osait imaginer ce qu'il aurait pu ressentir si une jeune fille avait réagit de la même façon s'il lui avait avouait son attirance. Il se serait sans doute senti détruit… Et lui, il avait laissé Shindo ainsi, seul… Il devait l'appeler. Il devait le voir, et essayer de mettre ça au clair. Même s'il ne savait pas encore ce qu'il en pensait exactement, il devait avoir une explication claire avec Hikaru. Après cela, il saurait se positionner, et la situation redeviendrait vite normale…

Bon, maintenant, il était sûr de trois choses : il voulait absolument le voir, il voulait absolument lui parler, mais il ne savait absolument pas quoi lui dire. Il décida d'aller se coucher. Il était tard et il devait se reposer. Et avec un peu de chance, il aurait les idées plus claires pour la discussion demain. Après tout, on lui disait toujours que la nuit portait conseil… Il n'y avait jamais vraiment cru, mais avec un peu de chance, ça se révèlerait juste…


Isumi remit rapidement de l'ordre dans sa tenu avant de pousser la porte du café dans lequel il avait rendez-vous. Il repéra rapidement la personne qui l'attendait. Ogata était assit, une cigarette à la main, à une table à l'écart, dans le coin le plus discret de l'établissement. Il l'avait vu et garda son regard fixé sur lui jusqu'à ce que le jeune homme s'installe en face de lui.

"Bonjour Ogata-senseï.

-Bonjour."

Ogata ne semblait pas spécialement se formaliser de son retard, mais Isumi le sentait particulièrement nerveux. Et il savait parfaitement pourquoi. Lui aussi était un peu stressé, mais il se réjouissait aussi que cette discussion ait enfin lieu.

"Vous vouliez me parler ?"

Ogata hocha la tête, mais ne rajouta rien pendant un moment. C'était une situation délicate, dans laquelle il ne s'était jamais trouvé. Il écrasa finalement sa cigarette dans le cendrier, alors qu'en face de lui Isumi attendait, sans sembler gêner par le silence pesant qui durait maintenant depuis quelques minutes.

"Tu dois te douter de ce dont je veux te parler.

-Je pense en avoir une petite idée."

Ogata eut un sourire en coin. Isumi recommençait, comme dans la voiture la dernière fois, à tout faire pour ne pas lui faciliter la tache. C'était assez agaçant, mais c'était un des côtés d'Isumi qu'il trouvait attachant.

"Si nous sommes bien sur la même longueur d'onde, du fait que tu essayais de me séduire.

-Ah. Ça ? Et… alors ? Qu'est-ce que vous en pensez, vous ?"

Isumi faisait semblant d'être surprit, mais son sourire démontrait clairement que c'était plus par jeu qu'autre chose.

"Je ne pense pas que ce soit possible."

Ogata vit le sourire d'Isumi flancher un instant, mais c'est d'un ton tout à fait naturel qu'il lui répondit.

"Est-ce que je pourrais en savoir la raison ?

-C'est compliqué."

Devant le haussement de sourcil dubitatif d'Isumi, Ogata comprit parfaitement qu'il ne s'en sortirait pas avec une telle pirouette. C'était pourtant une phrase simple qui aurait dû avoir le mérite de ne pas avoir à donner plus d'explication. Mais Isumi ne semblait pas l'entendre de cette oreille.

"Je comprend très bien, je ne suis pas assez bien pour vous. Après tout, vous êtes Seiji Ogata. 10ième dan de Go, détenteurs des titres Goseï et Jûdan, élève de l'ancien Meijin… Avec votre classe, votre prestance, je ne fais pas le poids, moi, pauvre petit joueur débutant."

Isumi avait dit tout cela sur un ton faussement dramatique, et Ogata ne pu empêcher son sourire en coin de revenir en force devant les pitreries de son vis-à-vis. Mais le ton soudain sérieux avec lequel il enchaîna lui laissa présager le pire pour une excuse qu'il n'avait même pas encore vraiment trouvé.

"Est-ce que je me serais tromper concernant…vos… votre attirance possible pour… pour les hommes ?"

Isumi hésitait, et il se maudit de bafouiller ainsi. Mais il avait beau être à l'aise avec l'homme, Ogata n'en restait pas moins une des personnes qu'il admirait et respectait le plus, et aborder ce sujet en utilisant des mots crûs, surtout s'il s'était trompé, avait quelque chose d'un peu embarrassant. Le sortant de sa situation gênante, Ogata secoua négativement la tête.

"C'est moi alors ? Je ne vous plais pas ?"

Il aurait aussi bien pu parler de la pluie et du beau temps, continuant à siroter son soda, si on exceptait le sérieux de son regard. Une fois de plus, Ogata secoua la tête. Avant de regretter amèrement son geste. Il n'aimait pas spécialement mentir aux gens, mais cette excuse aurait pu éviter de continuer cette discussion, et des questions auxquels il ne saurait pas forcement donner de réponse. Il décida de se reprendre, et par là même de reprendre les choses en main, afin d'emmener la discussion sur un terrain moins glissant.

"Premièrement, tu es trop jeune.

-Allons, Ogata-senseï, vous ne devez pas être si âgé que ça. Quel âge avez-vous ?

-Ça suffit."

Ogata se leva, sentant la fureur monter en lui. Il y avait des limites à ne pas dépasser. Et Isumi venait de dépasser la limite. Lui parler comme ça, alors qu'il était plus âgé que lui ! Qu'il était plus fort et plus gradé que lui dans leur profession ! Le culot était une chose, l'impertinence en était une autre qu'il ne saurait tolérer venant d'un plus jeune.

Il s'apprêtait à partir quand il remarqua qu'Isumi avait les doigts crispés sur son verre, les jointures blanchies tellement il le serrait. Son visage ne trahissait aucune émotion, mais ce détail prouvait bien l'état de stress dans lequel il se trouvait. Ce qui expliquait ça remarque. Ogata sentit sa colère le quitter peu à peu. Il se rassit dans un soupir sous le regard étonné d'Isumi. Il prit le temps de s'allumer une cigarette avant de répondre :

"Vingt sept ans.

-Ça ne nous fait donc que sept ans de différence. Il n'y a rien d'énorme."

Ogata retint un autre soupir d'agacement. Le pire, c'est qu'Isumi avait raison.

"Ecoute, ça ne nous apporterait que des problèmes. Et surtout à toi.

-Et si je vous dit que je m'en fiche ? Ils ne pourront pas me virer ou quoi que ce soit pour ça. Ce n'est pas de la tricherie. Tout ce que je peux subir si ça ce sait c'est des rumeurs, et je me moque de ce genre de chose.

-Tu es trop têtu. Au revoir."

Ogata se leva en déposant de quoi payer les deux consommations sur la table et, à court d'argument, saisit sa veste et commença à faire demi tour. Isumi n'en revenait pas. Lui, il était trop têtu ? Et c'était Ogata qui lui disait ça ? C'était l'hôpital qui se moquait de la charité là ! Oser lui dire ça alors qu'il s'entêtait ? Car Isumi ne voyait rien d'autre, vu que l'homme ne lui avait donné aucune raison plausible.

"Ogata-senseï ! Si vous changez d'avis, faites moi signe !"

Isumi vit l'homme tressaillir, signe qu'il l'avait bien entendu. Mais son aîné ne se retourna pas et franchit la porte du bar sans autre hésitation. Quelque peu déçu, Isumi fini tout de même son soda, avant de partir à son tour. Il ne s'était pas attendu à une discussion comme celle-ci. Elle n'était pas aussi catastrophique que celles qu'il s'était imaginé dans ses moments de déprime. Elle lui laissait un goût d'inachevé... Mais de toute façon, maintenant, la balle n'était plus dans son camp.


Une main se posa sur son épaule. Hikaru sursauta et faillit lâcher les feuilles de cours sur lesquels il essayait vainement de se concentrer depuis un moment. Le cœur battant à tout rompre, il se retourna pour découvrir la personne qui l'avait ainsi surprit. Il ne savait s'il devait être déçu ou soulagé de trouver Nadako face à lui.

"Salut.

-Bonjour."

La jeune fille lui sourit et s'assit à ses côtés sur le banc.

"Tu attend Waya ? Isumi vient d'arriver, on va les rejoindre non ?

-Non…"

Nadako fronça les sourcils. Malgré son visage impassible, son regard fuyant prouvait bien qu'il éprouvait une certaine gêne. Dont elle ne voyait pas vraiment la cause.

"Tu attend quoi ?"

Hikaru hésita un moment. Il ne savait pas trop où il en était. Il se sentait mal à l'aise d'en parler avec la jeune fille. Mais d'un autre côté, c'était la seule personne à qui il pouvait en parler. Alors peut-être que ça arriverait à lui remettre les idées en place…

"J'attend Toya.

-Toya ? Akira Toya ?"

Hikaru hocha la tête, mais ne rajouta rien. Sentant cependant qu'il n'allait pas s'arrêter là, Nadako préféra garder le silence encore un moment.

"Je lui ai dit.

-Quoi ?"

Hikaru ferma les yeux, cherchant le courage de lui répondre. Il prit une grande inspiration avant de se lancer :

"Que… Qu'il m'attirait.

-Tu lui as dit ÇA ? Comme ça, à froid ?"

Le hochement de tête d'Hikaru lui confirma sa crainte. Nadako baissa la voix, constatant que plusieurs personnes s'étaient retournées à son cri de surprise.

"Et il a prit ça comment ?

-Je ne sais pas…

-Attend, je comprends plus rien. Tu veux pas me raconter depuis le début ?"

Hikaru hocha la tête, mais la jeune fille dût attendre encore quelques instants dans un silence pesant avant qu'il ne se décide à reprendre la parole.

"On s'est disputé, hier. J'ai essayé de me trouver une excuse pour ne pas lui dire la vraie raison pour laquelle je l'évitais mais il ne m'a pas crut. Ça a dégénéré, et j'étais tellement en colère que j'ai lâché ça… Il est parti en courant. Et ce matin, il m'a demandé de l'attendre ici."

Hikaru avait baissé la tête et ses mèches blondes cachaient ses yeux. Nadako ne savait pas trop comment réagir. Hikaru semblait désespéré, et elle ne savait que dire pour essayer de lui remonter le moral. Elle avait plus l'habitude de rassurer des copines par rapport à un mec, mais un autre mec…

"Shindo."

La jeune fille sentit son cœur rater un battement. Elle vit Hikaru relever la tête vers Toya, puis ramasser son sac et se mettre debout. Se relevant elle aussi précipitamment, elle lança avec un petit rire nerveux, pour cacher la peur que venait de lui faire le jeune prodige du Go :

"Je vais rejoindre Waya et Isumi. A bientôt !"

Hikaru la salua, et Toya lui répondit d'un sourire poli, avant que les deux jeunes gens ne s'éloignent. Akira suivait Hikaru, légèrement en retrait. Après une nuit quasiment blanche, ses idées n'étaient pas forcément plus claires que la veille. Mais il s'était rendu compte que sa réaction avait vraiment était mal polie. Si une jeune fille lui avait fait une telle déclaration, nul doute que quelle qu'aurait était sa réponse, il n'aurait pas fuit ainsi comme un voleur. Alors après tout, il n'avait aucune raison d'agir ainsi avec Hikaru. Et puis mieux valait se dire cela que de se demander pourquoi son cœur battait aussi fort. Sans doute était-il un peu angoissé à l'idée de faire à nouveau de la peine au jeune homme en le repoussant à nouveau.

Ils se retrouvèrent finalement au bout de plusieurs minutes de marche dans un café assez isolé. Ici, aucune chance qu'ils ne rencontrent quelqu'un de la Nihon Ki-hin ou susceptible de les reconnaître. Ils s'installèrent à la terrasse. Ils attendirent leur commande dans le même silence pesant qui s'était installé depuis qu'Akira l'avait rejoint. Une fois que le serveur se fut éloigné, Akira lança les hostilités.

"Ce que tu m'as dit hier m'a beaucoup fait réfléchir. Je voudrais comprendre pourquoi tu m'as dit ça.

-Comprendre quoi ? Ce n'était pas assez explicite ?"

Akira fronça les sourcils, Hikaru n'avait pas l'air près à lui faciliter la tâche, et il avait son air renfrogné qui laissait présager une certaine mauvaise volonté de sa part.

"Ecoute, ça n'est pas forcément facile, et….

-Tu n'arrive vraiment pas à comprendre, hein? Je vais t'aider alors."

Akira fut quelque peu déstabilisé par le ton agressif d'Hikaru. Et c'était exactement l'effet escompté par le décoloré. Sans lui laisser le temps de répliquer, il poursuivit, de cette voix qui ne lui ressemblait pas, si froide et peu sympathique.

"Tu as déjà été attiré par une fille ?"

La question surprit tellement Akira qu'il resta un moment, la bouche entrouverte, ne sachant que répondre. Alors qu'il commençait à y réfléchir, essayant de trouver une réponse convenable, Hikaru surenchérit :

"Tu as déjà eu envie de sortir avec une fille ? Est-ce que tu t'es seulement intéressé à une jeune fille, ne serait-ce qu'une seconde, dans ce sens là ?

-Je…"

Ne lui laissant pas le temps de continuer, ni même de vraiment réfléchir à la question, Hikaru continua, sans se soucier du regard déstabilisé d'Akira. Il savait à quoi il s'exposait, à perdre l'amitié et le respect si durement acquis de son rival. Et si c'était le cas, il n'irait pas se plaindre. Mais s'il y avait une infime chance qu'Akira retourne cette attirance, il lui en ferait prendre conscience. Après tout, ce n'était pas totalement perdu, lui qui n'avait jamais montré un intérêt autre que sa passion pour le Go. Et s'il voulait qu'il y ait une possibilité de déclic, il ne devait pas lui laisser le temps de se protéger derrière son éternelle carapace.

"Tu voudrais me faire croire qu'il n'y a jamais eu que le Go pour toi ? Ou bien que si, bien sûr, toi aussi tu mattes toutes les filles qui passent comme tous les adolescents surchargés d'hormones de notre age, mais que tu n'en a jamais rien laisser paraître parce que tu étais un gentleman?"

Akira était repoussé dans ses retranchements, son rival ne lui laissant pas le temps de répliquer, de réfléchir à ce qu'il lui envoyait en pleine figure. Il fallait qu'il réagisse, qu'il regagne un peu d'espace, pour le moment il avait presque l'impression de manquer d'air.

"Hikaru, ça suffit, se n'est pas du tout de ça que je suis venu parler et…

-Mais bien sûr que c'est de ça!!!"

Le décoloré le regardait avec un regard si intense, à demi levé sur ses poings serrés sur la table… Et lui tentait désespérément de trouver un exemple, une raison, bien sûr que ça avait du lui arrivé, ou bien c'est qu'il n'avait pas rencontré la fille qui lui fallait, il passait tellement de temps à jouer au go… Mais Hikaru ne lui laissa pas le temps de réfléchir plus.

"Et un garçon ?"

Akira reçu la question comme un coup. Il serra sans s'en rendre compte la main sur son verre, essayant de se raccrocher à quelque chose. La brutalité d'Hikaru sur ses précédentes questions lui avait un peu fait perdre pied, mais celle-là survenait de façon tellement inattendue pour lui qu'il ne savait plus du tout où il en était…

"Tu as déjà recherché la compagnie d'un garçon plus que celle d'une fille ? Tu ne t'es jamais senti plus proche d'un garçon que de n'importe quelle fille ?

-Je…

-Tu t'es toujours senti plus proche des autres garçons, non ? Plus à l'aise avec eux, plus…

-Ça suffit !!!"

Akira avait hurlé, se levant brusquement en renversant sa chaise. Il devait partir, il devait fuir Hikaru, ce qu'il lui disait, ce chao qu'il avait mis dans sa tête en si peu de phrases! Il fit volte face et se mit à courir Mais qu'est-ce qu'il lui voulait ? Pourquoi est-ce qu'il lui posait toutes ces questions… Le souffle coupé par sa course impromptue, Akira s'arrêta dans une petite ruelle avoisinant le café. Il s'appuya contre un mur, la respiration saccadée. Merde ! Akira sentait des larmes de rages couler sur ses joues, alors que ses poings s'abîmaient sur le crépi. Pourquoi est-ce que ces questions ne trouvaient pas de réponses… Et pourquoi est-ce qu'elles éveillaient en lui de telles contradictions? Des sensations qui lui revenaient, des images fugitives, des envies bizarres qu'il n'avait pas comprises et enfui directement dans son inconscient… Mon dieu mais qu'est-ce qui lui arrivait? Il avait si mal au ventre…

Akira sursauta quand une main se posa sur son épaule. Il se retourna brusquement et sentit la colère monter en lui en reconnaissant Hikaru. Il essaya de se jeter sur lui, poings en avant. Mais Shindo fut plus rapide et se saisit de ses poignés avant qu'il n'arrive à atteindre son torse. Hikaru l'attira alors à lui, le serrant dans ses bras. Akira essaya de se débattre quelques secondes, de le repousser, de le rejeter, avant de s'écrouler dans ses bras et de laisser toutes ces tensions s'évacuer en même temps que ses larmes. Son corps était secoué des spasmes incontrôlés qui semblaient ne pas vouloir se calmer. Il ne savait plus où il en était. Il n'était même plus sûr de où il était… Mais la chaleur des bras d'Hikaru avait quelque chose de réconfortant, comme un point d'accroche l'empêchant de s'enfoncer dans le chaos qui submergeait ses pensées.

Hikaru se sentait mal lui aussi. Il avait voulu faire craquer Akira, et cela avait marché au-delà de ses espérances. Mais la colère qu'il avait vue dans les yeux, et les larmes qu'il savait y être lié et qu'il avait provoqués, l'avait bouleversé. Il avait sentit comme une douleur dans la poitrine, une sensation qui diminuait au fur et à mesure qu'il sentait Akira se calmer au creux de ses bras. Enfin, le corps du jeune prodige redevint quasiment immobile, sa respiration calme… Le jeune homme se détacha de ses bras et releva son visage encore humide vers lui. Ses yeux étaient rouges et légèrement voilées, les traces de larmes encore sur ses joues.

Akira ne pouvait détacher ses yeux du regard vert d'Hikaru. Il se sentait dans un état second. Il voyait le visage d'Hikaru se rapprocher et savait qu'il en était en parti responsable, sans vraiment se rendre compte de ce qu'il faisait. Il sentit les lèvres du jeune homme se poser sur les siennes, les effleurer, doucement d'abord. Il ferma les yeux au moment ou la pression se fit plus importante. Il ouvrit la bouche et sentit la langue d'Hikaru caresser la sienne, emporté dans un tourbillon de sensations. Il se sentait si bien tout à coup… Les mains d'Hikaru étaient perdues dans ses cheveux, le rapprochant toujours plus. Les siennes étaient posées sur le torse du décoloré, serrant son sweat-shirt sans vraiment s'en rendre compte.

Au bout d'un moment, il n'aurait su dire combien de temps, quelques secondes ou plusieurs minutes, Akira se détacha du jeune homme.

"Je… non, attends… Je…laisse moi un peu de temps.

-Comment ça non ?"

Hikaru avait répondu d'un ton plus agressif qu'il n'aurait voulu. Aussitôt, Akira, qui n'avait pas totalement oublié la façon dont Hikaru avait cherché à le déstabiliser à peine quelques minutes auparavant, s'enferma dans sa coquille défensive.

"Je ne sais pas ! Tu peux bien me laisser un peu de temps pour réfléchir à tout ça non ?

-Mais j'ai rien dit moi ! Et puis qu'est-ce que tu crois, c'est nouveau pour moi aussi !

-Et bien c'est toi qui m'a poussé là dedans, alors tu peux bien me laisser un peu de temps pour réfléchir non ? Ça va trop vite pour moi !"

Le ton commençait à monter, et ça aller encore dégénérer en dispute. Hikaru savait que pour une fois c'était à lui d'essayer de calmer les choses. Il ramassa quelque chose à côté de lui, qu'Akira n'avait pas remarqué jusqu'alors. Sa mallette et sa veste qu'il avait laissées au café…

"Je vais rentrer, tu me rappelleras plus tard ?"

Akira hocha la tête sans savoir quoi répondre. Hikaru fit deux pas en arrière avec un petit sourire gêné, avant de lui tourner le dos et de disparaître dans l'avenue. Akira se passa une main dans les cheveux. Les évènements s'enchaînaient depuis hier sans qu'il n'y comprenne grand-chose. Et maintenant ?

Maintenant, il allait faire comme Shindo et rentrer chez lui. Il n'avait pas de partie ni de cours à donner prévu, et son père était en voyage en Chine, donc il n'avait pas son groupe d'étude. Il aurait tout le temps de réfléchir à tête reposée.

A suivre…