Chapitre III
Myope, moi ? Jamais !
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- Jonouchi POV -
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« Alors ? » questionne Anzu, serrant toujours Shizuka, la jeune adolescente aux cheveux roux flamboyant, ma sœur !
Je ne répondais rien et dévisageais silencieusement le châtain, qui déambulait dans la chambre.
Il s'arrêta un instant et nous toisa :
« Génial ! » laisse-t-il échapper en un faible murmure.
- Vous êtes encore là, vous ? fit-il avec un ton cinglant.
Ce ton m'énerva :
- Ouais ! On est là ! et c'est pas du tout par plaisir !
Yugi se tourne vers moi, le visage sévère.
- Jono-uchi, ça suffit !
J'obtempère, non sans un désir brûlant — et frustré — de rétorquer avec véhémence. Yugi, fixe Kaiba. On lit sans aucune difficulté l'inquiétude dans son regard.
- Kaiba, appelle-t-il doucement.
Ce snobinard grogne et scrute attentivement mon meilleur ami.
- Je suis vraiment désolé, crois-moi, je ne voulais pas te blesser.
Kaiba se lève du mur duquel il était accoudé et se dirige vers la sortie :
- J'en ai assez entendu ! Viens, Mokuba ! …Shizuka ? ajouta-t-il en tournant ses regards vers la jeune rousse, qui le scrutait de ses yeux verts.
- Kaiba ! crie Anzu, alarmée, Attends ! Tu dois rester ici ! Tu es blessé et…
- Epargne-moi tes beau discours, Mazaki ! la coupa ce crétin arrogant.
J'interviens, haussant les épaules :
- Bah laisse-le, Anzu, après tout, s'il a envie de crever à petit feu, (je le toise:) il a entièrement le droit !
Kaiba me regarde stoïquement en ne disant mot, puis se retourne et part. Shizuka s'arrache des bras de Anzu et se précipite vers lui, bientôt suivie de Mokuba:
« Seto ! Attends-moi ! »
Je lâche un soupir désespéré.
- Grr ! Shizuka !
Trop tard. Elle était déjà partie, épaulant ce snob qui ne méritait pas le moindre du monde toutes ses attentions.
« Je ne comprends pas, lâchai-je, dépité, pourquoi elle reste avec lui alors !... »
- Ce sont ses choix, Jono-uchi, intervint Anzu, il faut les respecter.
Je fusille du regard Anzu qui restait toujours aussi près de Yugi.
Shizuka !... Ma sœur !...
- Normal POV -
« Seto, ça ne va pas ? » s'enquit Shizuka, inquiète.
Kaiba se frottait les yeux avec énergie. Mais pourquoi voyait-il flou ?
- Je… Je n'ai rien ! Ça peut aller !
La jeune fille s'approcha du châtain.
- Pourquoi te frotte-tu les yeux ? Tu as mal ?
- Non ! Rétorqua le jeune président avec véhémence, je t'assure que tout va bien !
Quand il enleva les mains et recouvrit la vue, Seto ne distingua que des choses floues. Tout semblait danser autour de lui. Il baissa son regard vers Shizuka, son amante, et vit qu'une masse rousse sur un visage blanc….
Rien de plus.
Inquiétant !
Kaiba était pétrifié.
Ce n'était pas du tout le moment ! Il ne fallait pas ! Pas en ce moment !
« Seto… » Murmura Shizuka dont l'inquiétude ne cessait d'augmenter.
- Hum, je m'en vais, ne t'inquiètes pas, je reviens bientôt ! Lança froidement le châtain, tournant vers la porte ; et Shizuka le suivit discrètement.
« Je vous l'avais dit, , vous êtes myope, et la myopie ne fera que s'empirer ! »
Kaiba semblait tombé de qui prenait les mains de son amant, les plaça sur son cœur.
- Ne t'en fais pas, Seto.
- …
Le médecin s'absenta « pour deux minutes » disait-il, le temps de trouver une bonne paire de lunettes. Elle prit une touffe de la masse brune du jeune homme pour la regarder, songeuse.
- je n'arrive pas à y croire ! finit par dire Seto, je vais devoir porter des lunettes !
Shizuka sourit et fit glisser ses bras autour de son cou. Seto soupira.
« Voilà, Monsieur ! »
L'opticien avait en ses mains noueuses une paire de lunettes plutôt ovales et surtout très fines. Kaiba grogna —une fois de plus !— tandis que son amante Shizuka les lui ajustait sur ses yeux non sans pouffer de rire, amusée.
- Tu es tellement mignon ! s'exclama la rousse avec joie.
Kaiba grogna ; il n'avait rien de mieux à faire.
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