Chapitre VI

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Ensemble

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Normal POV

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Dans le silence pâteux du matin, tournait machinalement une cuillère dans un déplacement circulaire, produisant quelques ondes dans une étendue chocolatée ; imprégnée du mouvement que lui donnait une main d'enfant. De grands yeux lilas encore endormis ; une chevelure électrique et tricolore en bataille ; à onze heures, Yugi Mutô venait de se réveiller ; encore fatigué. Ce sommeil encore pesant sur lui était dû à une pratique scolaire prolongée …

Là ; il dégustait lentement son déjeuner, un coude sous le menton, en guise d'appui. Le garçon s'humecta les lèvres. Se rendit compte qu'il devait se dépêcher car Rebecca l'attendait. Ils s'étaient fixés rendez-vous non loin de midi au centre commercial ; cette dernière devait faire des emplettes…

Le garçon accéléra alors le mouvement et termina rapidement son repas du matin. Se doucha à la hâte et enfila ses vêtements habituels.

« Je pars ; Grand-père ! », lança-t-il en dévalant prestement les escaliers. Lequel acquiesça avec un sourire en coin de la bouche.

Midi moins dix. Shizuka cheminait distraitement; tenant de la barbe à papa à la main ; l'autre tenait des sachets contenant des vêtements ; et quelques peluches miniatures. Elle avait achetée tout ce dont elle nécessitait, et ressentait à présent le besoin de rentrer chez elle ; à savoir chez sa mère…

Mai et Anzu ? Parties passer le reste de la journée avec leurs petits amis respectifs…

La rousse respira profondément ; seule, elle avait prévue d'aller passer tout l'après-midi dans sa chambre…

Passés des boulevards, quelques croisements de rues, Shizuka marchait toujours ; sans se presser ; des passants lui coupèrent le passage pour traverser la ruelle qu'elle franchissait.

La jeune fille entra, au bout de quelques minutes dans un parc pour enfant. Celui où elle avait l'habitude d'y aller pour se détendre, en observant quelque fois des enfants jouer.

Shizuka s'assit sur une balançoire et se laissa aller tranquillement. Elle finit par sentir que quelque chose vibrait dans sa poche. Fourrant sa main dans sa poche, elle en sortit son portable de couleur rose. L'objet avait reçu un nouveau message.

'Retourne-toi.'

Etranges paroles. Shizuka se demandait de qui pouvait-il provenir.

La rousse affecta un sourire amusé et tâcha d'oublier le vague sentiment de solitude et de rancœur qui l'accompagnait. Elle finit par pivoter sa tête de quelques degrés et le découvrit.

Elle écarquilla les yeux. Surprise, mais heureuse. Deux mains se posèrent doucement sur ses épaules. La jeune rousse élargit le faible sourire qui s'était dessiné sur ses lèvres.

Seto se pencha vers elle et Shizuka frémit. La main qui reposait à présent sur ses omoplates glissa lentement à sa taille. Ses lèvres effleurèrent les siennes. Tendre impact qui s'intensifia lorsque Shizuka y répondit fiévreusement ; en enroulant ses bras autour du cou du châtain. A bout de souffle, ils vinrent à se séparer. Des lèvres ; mais pas de yeux. Vert noisette continuellement rivé dans Bleu Iceberg.

Shizuka s'émut.

- Seto, je … »

- Bonjour les tourtereaux ! » lança avec alacrité une voix masculine.

Elle avait prononcée ces deux mots sans pouvoir continuer. Car Honda et Jono, accompagné de Mai avaient débarqué sans aucune discrétion. Honda souriait niaisement. Shizuka déglutit avec moult difficultés.

Seto se détacha rapidement de la rouquine. Laquelle sentit qu'il était redevenu ce froid et distant Kaiba …

Elle pouvait donc dire au revoir au tendre et passionné Seto.

- Que voulez-vous ? »

Dure et glaciale était la voix du châtain. Si différente de l'autre; c'est-à-dire, quelques minutes auparavant.

Jonouchi fusilla Kaiba du regard.

- Oh rien, nous passions par ici alors… Désolés de vous avoir dérangés », intervint subitement Mai en capturant le bras du blond querelleur pour l'entraîner ailleurs.

- Mai ! voulut protester ce dernier ; mais se ravisa en découvrant le visage de la jeune femme.

- Allons-y ! répliqua la blonde en lançant une œillade connivente à Shizuka qui ne manqua pas de rougir…comme d'habitude.

Au terme d'un moment, Honda se résolut à suivre le couple ; déjà au loin ; sous l'interpellation de Mai.

- Rentrons chez moi, invita Seto ; emprisonnant la blanche main de la jeune rousse.

Laquelle sourit en hochant de la tête. Tout est bien qui finit bien.

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Yûgi et Rebecca s'était déjà rencontré au centre commercial. Ayant effectué leurs courses, ils entreprenaient une longue promenade au sein de la grande surface. Tenant une multitude de sachet contenant des vêtements Yugi rayonnait de joie ; quoi q'un peu désireux de voir les autres…

- Oh Yuginou, regarde cette jolie robe ! s'exclamait immanquablement la petite blonde à lunettes devant chaque magasin.

S'en suivait alors un long essayage de vêtement ; en plus de la robe en question…

Yugi en était las. Car en plus de conseiller Rebecca sur ses choix, il devait aussi payer… A ce rythme-là, le jeune homme était ruiné en moins d'une heure !

Mais timide, il n'osait protester.

Assis sur une chaise, près d'une cabine d'essayage où s'habillait Rebecca, le garçon aux doux yeux lilas patientait. Quand il aperçut alors Atem, entrant avec Anzu. Certainement venus pour faire la même chose ! car de même que lui, le pharaon portait dans ses mains bon nombre de sachets plastiques.

- Yugi ?

Anzu furetait dans les moindres recoins de la boutique, à la recherche d'habits tandis que son ami allait s'asseoir à côtés de Yugi.

- Cela fait longtemps que tu es là ? s'enquit Atem.

- Au moins deux heures ! plaisanta le garçon en riant amèrement. Décidément !...

L'ancien souverain égyptien posa sa tête sur le mur, fixant le plafond.

- je désirais passer le reste de la journée avec Anzu, mais je ne m'imaginais pas qu'elle allait courir les boutiques ! pourtant elle m'avait dit qu'elle avait achetée tout ce dont elle avait besoin…

- Les filles sont inconstantes, concéda Yugi.

- Oui, sourit Atem.

Rebecca sortit finalement de la cabine. Habillée d'une toge romaine couleur chair, elle s'était amusée à ramener sa masse blonde en un chignon désordonné.

- Comment me trouve-tu ?... Atem ? s'exclamait-elle en découvrant l'autre jeune homme.

Lequel lui retourna un sourire amusé.

- Euh… tu es superbe, bégaya Yugi, embarrassé.

Atem ne s'en amusait que davantage.

La journée était bien commencée, se réjouit-il intérieurement. Oui, chaque couple était ensemble ; mis à part les quelques exceptions comme Otogi et Honda qui jouaient aux chaperons.