(SAISON 2)
Quand la douleur nous noie
Episode 33.1 : Un sentiment qui n'est pas le mien.
Sakura courait entre les arbres et le flot
la pourchassait sans éviter les troncs
qui fondaient sur son passage. Kero survolait
le parc et descendit vers elle :
_ Remonte !!! Tu vas détruire tout
le bois !
_ Mais...
Elle s'arrêta net, voyant le
fluide couler dans l'air à
toute vitesse et dans sa direction. Elle
poussa d'un coup sur ses chevilles
et s'envola, de grandes ailes s'écartant
dans son dos, la transportant bien au-dessus
de la ville endormie.
_ Je ne peux pas me poser, se tourna-t-elle
vers son gardien qui approchait.
_ Tu dois l'arrêter, pourtant
!!
Le flot luisant sous la lueur pâle
des étoiles remontait vers elle en
se courbant sensiblement sur les côtés.
Sakura chercha dans son jeu mais ne trouva
pas une carte pour l'arrêter.
_ Little n'a même pas tari son
débit... Le Bouclier a fondu ! Le
temps s'est fait rongé et Erase
s'est fait effacée ! Quelle
force est-ce ?!!!
_ Attention ! lui cria Kero en la poussant
d'un coup de tête.
Le flot s'était séparé
en une multitudes de bras qui l'avaient
enveloppée en un instant. La poche
se referma sur le gardien qui se protégea
instinctivement avec son Bouclier.
_ Kero !! s'écria Sakura. Kerooo
!
_ Je suis encore en vie, l'entendit-elle
crier au creux de la bulle qui perdait en
épaisseur.
_ Mais qu'est-ce que c'est ?!!
Yue les rejoignit et figea le temps d'un
balancement de sceptre.
_ Ca ne sert à rien, lui souffla
Sakura.
_ Tu étais où, toi ?! lui
demanda Kero en se débattant dans
sa bulle avec les infiltration de liquide.
Le temps reprit sa course et un des jets
frappa le gardien au flanc, le faisant rugir
de douleur. Sa hargne le piqua au vif et
d'un puissant rugissement il fit sauvagement
voler sa prison en éclats et le liquide
se répandit autour d'eux.
Le souffle court, la colère s'atténuant,
il réalisa, demeurant coi.
_ C'est moi qui ai fait ça
?!
Sakura le rejoignit et remarqua la brûlure
qui avait pelé la peau et mit le
muscle à vif.
_ Comment une force peut-elle être
si puissante ?
_ Ne restons pas là, leur lança
Yue...
_ Nous ne partirons pas, se retourna Sakura.
Cette force ronge tout ce qui... se mit-elle
à réfléchir.
_ Tu as raison, chasseuse, souffla Kerobero
en serrant les dents dans la douleur.
De partout les particules de fluide se réveillèrent
de leur choc et se rejoignirent sous eux.
Sakura lança son sceptre au-dessus
de sa tête et lança un regard
direct à son ami guide.
_ Bien, nous nous retirons... souffla-t-il.
Le fauve rejoignit Yue et il s'éloignèrent
rapidement.
_ Tu étais où, toi ? siffla
Kero.
_ Occupes-toi de toi, lui rétorqua
sèchement le Juge en passant sa main
sur sa plaie. Mon pouvoir de Soin est assez
puissant. Mais il s'en est fallu de
peu pour que tu perdes une partie de toi...
_ Je suis prêt à tout pour
elle, moi, mugit Kero en sentant la douleur
s'apaiser lentement.
Sakura aperçut son sceau apparaître
sous elle. Les cartes, leur ordre... c'était
la solution ! Elle concentra tout son pouvoir
dans son sceptre et un vent léger
se leva dans les environs, soulevant les
feuilles, les plantes, les pierres et les
branches. Dans les alentours, un pouvoir
s'éveillait et Sakura sentit
toute la force du sceau terrestre la traverser.
Elle frappa la carte qu'elle avait
jetée devant elle :
_ Carte de la Douceuuuur ! s'écria-t-elle
en sentant le pouvoir s'écraser
sur Sweet.
Le flot passa à l'attaque et
Sakura ferma les yeux pour concentrer ses
pensées sur cette attaque. Se pouvait-il
qu'elle se soit trompée ? Cet
emplacement vide pourtant... Non ! Elle
ne pouvait laisser de place aux doutes.
Elle inspira profondément et ouvrit
les yeux sur le liquide qui se cristallisa
sous l'action de la poudre diffuse
répandue par sa carte. Un nuage de
douceur venait de freiner la force à
quelques centimètres de ses pieds
et elle plia les jambes vers elle et s'envola
encore plus haut pour contourner l'immense
cristal luisant.
Elle redescendit auprès de la force
et fit tourner son sceptre entre ses doigts.
D'un coup de poignet, elle l'orienta
et frappa la Force de toutes ses forces.
Le cristal se brisa et le liquide jaillit
avec une puissance évidente. Mais
la capture avait fait son effet et tout
ce qui s'échappait de ce cocon
de Douceur rejoignit la carte qui se créait.
La carte virevolta dans les airs et vint
se poser dans sa main.
_ C'était Acid !! cria-t-elle
à Kero et Yue. Je l'ai eue
!
_ Acid ? murmura Kero. Qui pourrait bien
avoir envie d'attaquer avec une force
si faible ?!
Yue haussa les épaules et repartit,
son sceptre disparaissant entre ses doigts.
_ Je ne sais pas... mais ça ne présage
rien de bon. Le troisième agent est
à l'image de Yolis le plus
vicieux et le plus intelligent.
_ Parle pour toi, lui cria Kero alors que
l'autre gardien était déjà
loin. Parle pour toi...
_ Je l'ai eue, s'approcha Sakura.
Tu as vu ? Sweet l'a piégée
alors qu'aucune de mes cartes puissantes
n'y étaient parvenu...
_ C'est la nature du jeu de l'éternel,
Sakura. Chaque force n'est rien si
elle ne peut lutter contre quelque chose.
C'est le principe des opposés.
Tu l'as vite compris. C'est
bien.
_ Merci, sourit-elle. J'ai un bon
maître !
_ Oui. Rentrons, fit-il simplement.
Alors que le soleil se levait, non loin
de là, Gabrielle s'avançait
dans la ruelle qu'elle n'avait
pas revue depuis l'incident qui avait
détruit en partie l'impasse
et les bâtiments qui la cernaient.
Elle passa une main sur la porte en songeant
à son ami, perdu dans cet épisode
malheureux...
Il n'en restait rien. Sakura l'avait
capturée. Sakura... Elle n'y
était pour rien. Le seul et unique
fautif, c'était Clow. Il avait
agi inconsidérément en la
séparant de son ami de toujours...
Le seul qui l'avait comprise. Et le
sorcier les avait séparés
pour des histoires de vulgaires puissances
! Il devrait payer ! Il devrait sacrifier
lui aussi une partie de sa vie pour avoir
voulu maîtriser la sienne ! Après
tout, elle n'était pas n'importe
qui. Mais le jeune sorcier qu'il était
alors était bien trop présomptueux
pour reconnaître la suprématie
des forces sur l'humanité...
En un mot, il paierait !
Elle frappa du poing dans le reste de mur
et celui-ci s'écrasa sur lui-même
sous la puissance de l'impact.
Un flash la traversa alors et elle aperçut
un sceptre s'abattre sur elle alors
qu'elle l'implorait. Ses yeux
s'étaient clos sur elle et
il avait murmuré la formule de capture.
Le choc de pouvoir sur la surface de son
corps astral l'avait presque assommée,
déchirée, et un puissant souffle
la figea, pouvoir et sens, dans la carte.
Gabrielle ouvrit les yeux sur la boutique
ravagée, haletante.
« Il paiera pour ses choix !»
Thomas longea la rue en bus et s'adossa
à la vitre en serrant contre lui
la serviette qui contenait son nouveau contrat.
Un nouveau travail, un nouveau quotidien...
Mais toujours cette impression de mensonge
qui rôdait à la maison. Il
ne s'y attardait plus, d'ailleurs,
y dormant simplement, préférant
déjeuner à l'extérieur
pour ne plus croiser celui qui lui avait
menti.
Son père.
De toute évidence, quelque chose
d'imposant se mettait en place, une
chose si puissante que ses douleurs au cœur
devenaient continues, le crispant à
n'importe quel moment de la journée.
Quelque chose d'effrayant posait peu
à peu un pied à Tomoeda. Et
Dominique n'y était pas indifférent.
Pire : il était au courant. Et ce
silence de son père l'avait
blessé. Dominique savait pertinemment
que Thomas était capable de sentir
ces choses et il ne lui avait rien dit !
Le livre de Clow... La maladie de sa mère...
Tout ceci n'était pas des hasards
! Mais qui était-il vraiment ? Simplement
une partie de ce sorcier appelé Clow
Reed ? Etait-ce tout ?
Il descendit du bus en songeant au pouvoir
phénoménal que générait
sa sœur à présent. Comment
la moitié d'un sorcier avait
pu engendrer un tel pouvoir ? Il y avait
plus... Quelque chose que Dominique leur
cachait à lui et à Sakura
!
Thomas se planta face à l'immeuble
où il allait travailler.
« Et pendant que ma sœur s'épuise
à combattre cette « chose »
je me contente de travailler » soupira-t-il.
Un pouvoir se déplaçait non
loin et il leva les yeux au ciel. Deux larges
ailes se posèrent au sommet du building.
Il se mit à courir vers les portes
vitrées et se dirigea vers l'ascenseur.
En quelques minutes il se retrouva au dernier
étage et s'enfonça dans
un couloir privé pour atteindre l'escalier
qui menait au toit de l'immeuble.
Bondissant de marches en marches il rejoignit
la porte de métal qui bloquait l'issue
et la frappa avec le pied. Le métal
du verrou céda et il posa son dossier
sur le côté pour chercher celui
qui était apparu.
_ Yue ?!
Le gardien braqua le regard dans sa direction,
debout sur le rebord et haussa un sourcils
:
_ Que fais-tu là ?
_ Je... réfléchit Thomas en
reprenant son souffle. Je t'ai senti
passer, en bas...
_ Ah, fit le gardien en pivotant vers le
vide. Je viens souvent ici pour réfléchir,
le toit d'une ville me fait penser
à... notre ancien monde.
_ Votre ancien monde ? Que veux-tu dire,
s'approcha Thomas alors qu le vent
soufflait très fort à cette
altitude.
_ La Sphère... souffla Yue. Mon monde
en tant que gardien.
_ Tu... tu n'y vas plus ?
_ Je ne peux rien te dire... mais...
Il tourna légèrement la tête
vers le jeune homme qui s'approchait
du vide.
_ Tu veux peut-être parler à
Mathieu...
_ Mathieu ignore sa vraie nature à
présent, lança Thomas sans
répondre, sans le regarder, sans
bouger, les yeux pendus dans le vide. Pourquoi
?
_ Il se passe des choses en lui. Mon pouvoir
ne durera pas, Thomas... Et après
tout ceci, indiqua-t-il d'un simple
geste de la main, je mourrai.
Thomas demeura stoïque, fixant la population
qui serpentait en contre-bas.
_ Mais tout ça, il le savait, il
y a quelques années ! Il a tout oublié.
_ Il change. Il devient...
Le gardien se tut alors et haussa les épaules.
_ C'est ainsi, les gens changent...
termina-t-il.
Thomas se baissa et s'assit sur le
rebord en ciment, la tête baissée
:
_ Tu me mens, toi aussi... Tu n'as
jamais parlé de Mathieu comme d'un
être à part entière...
il faisait toujours partie de toi, jusqu'à
présent. Or, désormais, tu
le considères comme un homme doué
de pensée, de sentiments et de volonté
! Dis-moi ce qui change !
Yue décroisa les bras en l'écoutant
et ne chercha pas à croiser son regard
pourtant soutenu. Il demeura figé
sur l'horizon et secoua la tête
:
_ Je ne te mens pas. Les gens changent.
Et je change...
_ Quel rapport avec Mathieu ?
_ Il ne veut pas mourir... Alors que j'y
suis prêt. Voilà toute la différence.
_ Je dois t'avouer que ce n'est
pas clair...
Le gardien fit un pas en arrière
et descendit du rebord pour se tourner vers
Thomas :
_ Je peux t'aider, si tu veux... Pour
cette douleur, dit-il alors.
_ Attends, je voudrais que tu me dises...
Yue s'était avancé et
posa un doigt sur ses lèvres pour
le faire taire. Dans ses yeux, Thomas discerna
un calme apaisant et il fit la moue.
_ Dis toujours, souffla-t-il.
_ Ton souffle. Souviens-toi de ce jour où
tu m'as insufflé ton pouvoir.
Ton cœur a relâché cette
part de vie par le biais de ton souffle.
La douleur qui t'étreint, fit-il
en posant une main sur son cœur, agenouillé
devant lui, est magique. C'est un
aiguillon planté dans ton aura.
Thomas détourna le regard.
_ Chasse-le. Chasse tes doutes, ce sont
eux qui ouvrent cette brèche à
la douleur. Tu peux être plus fort...
Je le sais. Tu me l'as prouvé,
Thomas...
Il se releva et Thomas inspira profondément.
_ Tu m'aides à présent...
? Alors que je veux la vérité...
Que caches-tu réellement, gardien
? Que ne veux-tu pas dire de si important...
?
Yue se retourna vers l'horizon et
fit quelques pas vers un autre rebord du
toit.
_ Nous sommes quatre gardiens. Mais nous
ne sommes pas semblables ! Je ne possède
ni le tempérament de feu de Kerobero,
ni la sinuosité d'esprit de
Yolis, et encore moins l'infinie compassion
de Tara. Mais ce qui me rapproche d'elle
est bien plus profond. Je perds mon pouvoir
dans les sentiments que je ressens. Je me
détruis... en aimant.
_ Tu... aimes ? Tu aimes encore Clow ?
_ Je me découvre des sentiments...
je me découvre un second Moi... précisa-t-il
dans un semblant d'éclat de
rire nerveux. Et je vais devoir m'en
destituer car nous ne nous dirigeons pas
dans la même direction...
Thomas se leva en le voyant élargir
ses ailes.
_ Tu vas mourir, Yue ! Et ça ne te
fait rien... ?!
_ Je ne mourrai que dans votre monde. L'univers
est riche en expériences. J'aurai
goûté ici à un fruit
qui m'était défendu.
Dark me l'avait expliqué !
« La lumière ne peut qu'effacer
l'obscurité, pas l'enrichir
» J'ai voulu entrer dans la
lumière et je m'y suis détruit
à petit feu !
Sur ses mots, il s'envola.
_ C'est moi que tu aimes ?!!! lui
cria Thomas... Yue !! Yue... appela-t-il
avec moins de vigueur. Merci...
Episode 33.2 : Ouvre-moi... ton cœur.
Le mal le rongeait de l'intérieur
et Yue se posa dans un parc pour soulager
cette douleur et redevenir celui qui le
faisait moins souffrir. Sur le sable de
l'enclos, l'apparence de Yue
se déchira et Mathieu ouvrit les
yeux, inspirant légèrement,
emplissant ses poumons en cherchant autour
de lui à savoir où il se trouvait.
_ Il est seul.
_ Comme toujours, répondit Tara.
L'eau est l'élément
le plus riche mais le plus solitaire.
_ Il a tellement changé, s'énerva
Yolis. Il était si agréable,
si mesquin... La vie n'avait de l'intérêt
que par ses brimades incessantes et nos
affrontements amicaux. Regarde ce qu'il
est devenu !
Tara sourit en inclinant la tête.
_ Il te fait pitié ?
_ Ah ! Ca, c'est le mot !
_ Mais tu es triste aussi...
Yolis haussa les sourcils et la dévisagea
un instant. Elle secoua la tête alors
que Mathieu s'éloignait.
_ Toi aussi, tu n'es plus véritablement
le même.
_ Rahhh, grogna le gardien. Toujours le
même discours. Nous changeons tous...
Et toi ?
_ Moi ? sourit-elle en jetant un doux regard
vers le jeune homme qui cherchait son chemin
sur la route du parc.
Elle leva un doigt vers lui et un panneau
se créa derrière Mathieu.
Il sursauta presque en l'observant
et chercha autour de lui, avant de s'éloigner
dans la direction fléchée.
_ Moi, je ne change pas, je suis enfin moi-même...
C'est peut-être un changement,
aussi.
_ Tes mystères m'agacent, Tara.
_ Quels mystères ? reprit-elle en
ouvrant les bras. Il traverse simplement
la même épreuve que moi. Mais
nous ne suivons pas le même chemin.
L'instant de son véritable
choix arrive. Pourvu que Yue ne se perde
pas dans les sentiments de Mathieu...
_ Mathieu ? Ah, se souvint Yolis. Son apparence.
_ Son apparence, comme tu dis, sourit-elle
malicieusement.
Yvan traversa la rue et aperçut
la demeure immense, ainsi que le jardin
qui s'allongeait le long de la bâtisse
imposante. « Elle avait été
détruite ! » Il poussa le portail
et s'avança sur le chemin qui
menait à la porte d'entrée.
_ Il n'est pas là, le rattrapa
Samantha avant qu'il ne frappât.
Que voulais-tu ?
Gothar demeura perché sur sa branche
et tourna la tête vers l'autre
partie du jardin, protégé
des yeux indiscrets. « Les temps sont
durs pour toi, Anthony, songea-t-il. Mais
n'est-ce pas encore une épreuve
de Clow ? »
_ A quoi penses-tu ? le rejoignit Samantha
en se recoiffant, une fois assise à
ses côtés.
_ Je ne me sens pas bien. Anthony a toujours
su quoi faire pour nous réconforter.
Et je me sens impuissant.
_ L'impuissance n'est que le
choix des lâches.
_ Pardon ?
_ Je pense simplement qu'il faut avoir
abandonné tout espoir pour ressentir
ce qu'on appelle l'impuissance.
Moi, je garde toujours espoir.
_ Ben tiens, souffla le fauve sombre. Et
d'où te vient cette confiance
subite ?
_ C'est moi, voilà tout. Vous
ne m'écoutez jamais, alors,
je me tais d'ordinaire.
_ Epatant.
Elle le frappa derrière la tête
et il voltigea dans le jardin.
_ N'en fais pas trop quand même,
lui souffla-t-elle. Sinon mon côté
chipie va revenir au galop !
Anthony poussa la porte de la salle de
méditation et la referma. Il soupira
longuement et retira la clef, comme un dernier
geste pour clore définitivement cette
cave où il avait passé tant
de temps dans la concentration et l'espoir
d'un jour y parvenir. Voilà
qui était fait. Il était normal.
Normal. Incapable de quoi que ce fût.
Quand il se retourna vers le balcon de pierre,
Katya s'y était appuyée
et laissait voguer son regard vers l'infini
du ciel. Anthony rangea la clef dans sa
poche et s'approcha.
_ Katya, l'appela-t-il d'en
bas...
Elle mit un temps pour sortir de ses pensées.
Mais bientôt elle se pencha vers lui,
son visage s'éclairant distinctement
:
_ Oui... ?
_ Est-ce que tu m'excuseras un jour
?
Elle haussa les sourcils et s'appuya
au balcon en replaçant machinalement
ses cheveux derrière ses oreilles.
_ T'en vouloir...
_ Tu sais très bien...
_ J'en veux à Clow. J'en
veux à mon père... mais pas
à toi.
_ Mais Clow... c'était moi.
Elle recula et descendit.
Il l'attendit sur le perron de granit
et elle lui apparut dans une robe qu'il
n'avait jamais vue avant. Elle approcha
et posa délicatement une main sur
sa joue :
_ Tu es un idiot, Anthony. Comment pourrai-je
t'en vouloir ? Tu n'es que la
réincarnation de celui qui a pris
les décisions. Je n'aime ni
ne déteste Clow à travers
toi... Tu es celui que mon cœur a choisi.
Il haussa les épaules et fit un pas
vers le jardin.
_ Mais tu vas perdre ce à quoi tu
tenais le plus !
_ En partie. Tu avais bien perdu cette demeure.
Et Tara te l'a rendue... Rien ne disparaît
jamais tant qu'une personne l'a
connu. L'esprit garde tout en mémoire.
_ Comment peux-tu être si calme à
l'idée de perdre le temple...
? Je ne comprends pas. Je m'en veux
tellement. A moi, à Clow ou à
qui ce soit. Je suis en colère de
ne pas l'avoir su plus tôt.
Elle s'assit sur les quelques marches
qui descendaient vers le jardin où
il avait posé un pied et elle croisa
les bras sur ses genoux :
_ Au lieu de t'accabler de ce qui
me fait mal, pourquoi ne pas te réjouir
de ce qui me comble ?
_ Parce que c'est plus fort que moi.
Je possédais les souvenirs.
Il s'assit, la main tirée par
la femme qui lui souriait :
_ C'est une douleur que tu ne dois
pas vaincre seul. Je suis là...
_ Tu as tant d'attentions pour moi...
Elle acquiesça et déposa un
long baiser sur ses lèvres. Il ouvrit
les yeux sur son visage et recula.
_ Katya... Nous nous étions promis...
_ Tu n'as pas l'air de comprendre
que si une femme reste avec un enfant si
longtemps c'est qu'il y a plus
qu'un sentiment rassurant de maternité
! Ne te prends pas pour un fils qui doit
combler ses parents de joie, Anthony. Parce
que je t'aime... je suis amoureuse
de toi. Ma promesse ne tient plus.
Il haussa les sourcils.
_ Je ne veux pas attendre ta majorité
! Je devais te prouver ce sentiment qui
brûle en moi... Depuis... toujours.
Il baissa les yeux et demeura silencieux.
_ Tu as raison, je suis un idiot...
_ Tu es perdu. Je suis un point d'ancrage,
si tu veux. Tu n'as plus de pouvoir
et tu fuis la réalité, où
donc peux-tu te cacher ?
_ J'aimerais tant te rendre cet amour...
_ Aucun cadeau... même le sanctuaire
! n'égalera un sourire de toi,
dit-elle en se levant. Oublie ce qui va
se passer ici, assura-t-elle en orientant
son regard vers le parc. Et concentre-toi
sur ce se passe ici, finit-elle en posant
une main sur son cœur.
Elle leva les yeux vers la haie qui cernait
le jardin et sourit.
Lionel n'en croyait pas ses oreilles.
Il s'éloigna du buisson qui
le protégeait et sembla se perdre
un instant dans de folles pensées.
Yolis avait raison ? Anthony souffrait...
Il rentra chez lui, les pensées ankylosées
et désordonnées. Anthony lui
était toujours apparu comme une personne
totalement équilibrée. Quelqu'un
qui savait d'où il venait,
ce qu'il était et où
il allait... Et c'est les poings serrés
et la rancœur au bord des lèvres
qu'il était venu lui parler...
Ne pas entrer, finalement... en pensant
aux paroles de Yolis. Préférer
passer sur le côté... et cette
discussion !
La porte de son appartement se ferma mollement
derrière lui. Pierre lui indiqua
que le repas était prêt. Il
le refusa d'un silence perturbé.
Tout ce qu'il avait construit contre
cet ancêtre qui maîtrisait de
façon trop mystérieuses leurs
vies volait en éclats. Toute sa raison
s'était ébranlée
dans cet instant de confession. Comment
en vouloir à quelqu'un d'aussi
perdu ? Peut-être... plus que lui...
Quand il sortit de la salle de bain, dans
son peignoir, il ressassait toujours cette
impression terrible de s'être
encore trompé.
« Il n'est pas si différent
de moi... Celle qu'il aime va souffrir
et il ne peut rien y faire... »
« Au lieu de t'accabler de ce
qui me fait mal, entendait-il encore Katya
lui confier, pourquoi ne pas te réjouir
de ce qui me comble ? »
« Ce qui la comble... »
« Qu'est-ce qui comble Sakura
? Qu'est-ce qui la rend heureuse ?
»
On frappa. Il posa la serviette avec laquelle
il s'essuyait les cheveux et ressentit
le pouvoir derrière la porte. Son
pouvoir. Pierre posa la main sur la poignée
et Lionel accourut pour l'empêcher
d'ouvrir. Le silence s'ensuivit
et le majordome regagna l'appartement.
Sakura arrondit le dos en voyant la poignée
revenir dans sa position initiale.
« Je n'aurais peut-être
pas dû venir »
« Que fait-elle ici ? Elle... »
Le silence encore.
_ Lionel, tu es là ?
Il fronça les sourcils, les doigts
sur la poignée. Son cœur battait
tellement fort. Si fort qu'elle aurait
pu l'entendre.
_ Lionel... murmura-t-elle en sentant le
pouvoir du jeune homme se dégager
de l'appartement. Je voulais te parler...
Je voulais te parler de ce que tu m'as
dit dans le parc... A propos... de nous,
lâcha-t-elle, un nœud dans la
gorge.
Les doigts de Lionel tremblaient sur la
boule dorée et il inspira profondément.
_ Tu avais raison, poursuivit Sakura. Nous
ne devons pas répéter la même
erreur. Parce que... Parce que tu m'aimes,
et ça je n'en doute plus.
Il finit par lâcher le métal
et posa les mains sur le bois sans dire
un mot, le cœur au bord de la crise,
les sourcils froncés contre ses sentiments,
s'opposant de tout son devoir à
sa volonté.
_ Si tu pars et que tu ne reviens plus...
avoua-t-elle dans un murmure qui lui arracha
quelques larmes. Je crois... je crois que...
Lionel... je crois que je pourrais en mourir.
Il tomba à genoux, les larmes s'écrasant
sur le carrelage de l'entrée.
« je ne peux pas, se répéta-t-il,
je ne peux pas... Je n'en ai pas le
droit... c'est écrit !! »
_ Lionel ? Parle-moi. Dis-moi non, au moins...
Repousse-moi si tu crois que c'est
le mieux pour nous... Mais... Mais dis quelque
chose...
Il se mordit la lèvre et s'adossa
à la porte, assis contre elle.
_ Pars ! lança-t-il.
_ Lionel ? sursauta-t-elle en se raccrochant
à ce brin de voix... Je...
_ Pars, Sakura !
Elle posa une main sur le bois pour ressentir
encore un peu cette chaleur qui l'inondait
par le biais de son pouvoir qu'elle
recevait de plein fouet au travers de la
porte.
_ Si c'est... ce que tu veux...
Il se replia sur lui-même. «
Comment aurait-il pu vouloir ça ?!!
»
_ Adieu, alors... murmura-t-elle, la gorge
nouée par les sanglots. Je t'aime
Lionel. Même si ça ne compte
plus pour toi... je t'aime et je suis
désolée de t'avoir repoussé,
blessé, mal compris... Je t'aime.
Il n'y eut aucune réponse.
Elle recula. Puis partit en courant.
Il éclata en sanglots en perdant
à chaque seconde la sensation de
sa magie... C'était fini...
Sa mère pourrait être fier
de lui. Et le destin serait enfin ce qu'il
devait être. Sans cet amour.
Pierre reparut dans l'entrée
et Lionel essuya d'un trait ses larmes
en le dévisageant tristement :
_ Pourquoi est-ce que je fais ça
? Pourquoi est-ce que je me torture pour
une femme qui ne m'a simplement jamais
montré le moindre sentiment, Pierre
?
_ Votre mère est un pilier de la
famille et la dernière magicienne
des Li. Son rôle de mère est
peut-être passé au second plan
mais elle vous aime.
Lionel se leva, sentant sa rage se réveiller.
Il l'avait trouvé le responsable
!
_ Une mère ne devrait-elle pas être
heureuse du bonheur de ses enfants ?! Coréane
a été mariée à
un inconnu... Fiona reçoit tous les
jours des commentaires quant à sa
vie de célibataire... Feliana a quitté
la maison et Venice vit un enfer dans cette
grande école qu'elle déteste
!
_ Peut-être tous ses choix n'étaient-ils
effectivement pas... judicieux.
Lionel explosa :
_ Ce n'est pas Clow que je hais !!
C'est elle !!
_ Non, monsieur, ne dites pas ça...
_ Elle nous dirige tous depuis toujours.
Et je commence à me demander si...
Si la volonté de Clow a à
voir quoi que ce soit là-dedans !
Episode 33.3 : Amours impossibles.
Sakura finit sa course devant le portail
de l'immense propriété.
Les yeux remplis de larmes, elle poussa
la grille et s'élança
sur l'allée de graviers. Tiffany
sortit, prévenue par une servante,
et partit à la rencontre de Sakura.
Celle-ci se jeta dans ses bras et n'en
finit plus de verser de lourdes larmes sur
l'épaule de son amie.
_ C'est fini... murmura-t-elle. C'est
fini...
Tiffany comprit tout de suite de qui elle
parlait. Elle passa les bras dans son dos
et lui murmura quelques mots qui n'apaiseraient
pas sa douleur mais qui lui montrerait qu'elle
était là, à ses côtés
dans ce moment... Le souffle de Sakura se
ralentit d'un coup et Tiffany dut
bientôt supporter tout son poids,
la jeune femme venait de perdre connaissance.
Le médecin quitta la chambre et
retrouva Tiffany et sa mère inquiètes
devant la porte.
_ Elle était fatiguée. Enormément
fatiguée. Qu'a-t-elle fait
qui l'ait à ce point épuisée
?
_ Je ne sais pas, commença Suzanne.
Tiffany fronça légèrement
les sourcils et quitta les deux adultes
pour se précipiter vers le téléphone.
Elle composa un numéro et tapa nerveusement
sur le rebord du meuble... « décroche...
»
Il marchait dans le long couloir et une
silhouette à l'aura si apaisante
lui apparut.
_ Tu es Kerobero ?
_ Je crois, oui, c'est ainsi que m'a
appelé celle qui... commença-t-il
en repensant à cet instant qui lui
étreignait encore le cœur...
_ Je m'appelle Tara. Je vais être
la gardienne de la Terre. J'espère
qu'on sera amis.
_ Si nous sommes gardiens, nous avons intérêt,
sourit-il.
Elle leva un bras vers le couloir devant
eux pour lui faire signe de passer devant.
L'allée s'éclaira
et une galerie richement garnies de miroirs
leur apparut, miroitant la lumière
à l'infini.
_ Mais où est-on exactement ?
_ Mon guide m'a expliqué que
ceci est la sphère créatrice.
Une parcelle de la divinité que l'on
connaît, je crois.
Kero tourna la tête vers la salle
obscure qu'il quittait. Et avec la
salle, ses souvenirs qui s'embrumaient...
Tout particulièrement ce visage délicat
et souriant qu'il avait perdu dans
un entrebâillement de porte.
_ Kero ?
_ Pardon... je ne me sens pas encore à
mon aise, ici... c'est si... mystérieux
!
_ Il y aura, dans quelques heures, l'Initiation.
Alors soit patient...
_ Dis, la coupa-t-il sans l'avoir
écouté... Gardes-tu des souvenirs
de... ta vie... avant ?
_ Je suis décédée alors
que j'étais une toute petite
fille. Je ne veux pas garder en moi le regard
triste de ma mère et l'absence
de mon père au moment ou j'ai
fermé les yeux sur ma pauvre famille.
Tout ceci s'effacera bientôt,
je l'espère.
_ Je commence à oublier ce que je
perds de ma vie, moi... et je ne sais même
plus si c'est un bien ou un mal !
_ Il ne faut pas t'en faire... Tout
se passera bien, je crois...
Il firent un pas dans la salle aux miroirs
et Kero se tourna vers une des glaces où
il apercevaient le visage serein et apaisant
de sa nouvelle amie. Il hésita à
rechercher son propre reflet et se pencha
finalement vers la glace aux reflets flous...
Bip biiiiiip !
Il bondit dans la chambre et en écartant
les ailes, de haine... Quand il se rendit
compte que le téléphone sonnait,
il se calma et secoua la tête. «
Pourquoi suis-je si... nerveux, moi ? »
Il avança le museau vers le téléphone
et décrocha...
Dominique leva les yeux vers la porte-fenêtre
en voyant le gardien prendre son envol.
_ Pourvu qu'il arrive à temps.
_ Tu as peur ? lui demanda Nathalie.
_ Quand je ne maîtrise rien, c'est
bien normal, non ? Ce nouvel agent semble
terrible.
_ Notre fille est devenue une jeune femme
admirable, sourit Nathalie en flottant près
de lui.
Il acquiesça et haussa les épaules.
_ Mais pour moi, c'est encore ma petite
fille. Et chaque seconde, je me demande
si j'avais raison de suivre mon intuition.
Que se serait-il passé si je n'avais
pas possédé le Livre ?
_ Ne renie pas tes intuitions, lui confia-t-elle.
Elles nous ont souvent aidés.
_ Et j'ai tué à cause
d'elles, s'obscurcit-il. J'ai
ôté la vie... Comment pourrais-je
l'oublier ?
_ Tu n'es pas un meurtrier... mais
un sorcier. Je ne regrette rien, moi. Tout
ce que j'ai vécu, même
si j'étais guidée par
le Destin, ne m'a apporté que
le bonheur...
Il inclina la tête et elle la releva
en lui caressant la joue :
_ Même ma mort, précisa-t-elle
du bout des lèvres. J'ai retrouvé
mes parents... Et je ne t'ai pas perdu...
je vous ai vus vivre, j'ai goûté
à une vie nouvelle qui m'était
inconcevable de mon vivant...
Elle surprit un sourire au creux de son
cœur et l'embrassa avant de disparaître.
_ Je t'aime... Nathalie.
Kero aperçut le signe de Tiffany
et se dirigea vers la porte de derrière
:
_ Monte... nous irons plus vite !
Ils volèrent dans le couloir désert
vers la chambre. Elle s'accrochait
à lui pour ne pas tomber et elle
se surprit à passer ses doigts dans
sa fourrure de façon discrète...
« Mais que m'arrive-t-il ?!!!
» se cria-t-elle en pensées
en se redressant. Il se posa devant la porte
et elle le laissa entrer en jetant un œil
dans le couloir avant de rentrer à
son tour.
Kero s'approcha de Sakura, étendue
sur le lit et se crispa :
_ Une force ! C'est une force...
_ Mais, elle n'a rien senti, elle...
Enfin, elle arrivait en courant de chez
Lionel...
_ Retire-lui ses cartes de la poche, lui
demanda-t-il. J'ai une drôle
d'impression.
Yolis apparut derrière eux, les sourcils
froncés, cherchant la force qu'il
venait de sentir... Tara apparut à
son tour derrière lui et lui fit
signe de ne pas intervenir. Il disparurent
alors et Tiffany tourna la tête, prise
par une intuition étrange.
Kero poussa du museau les cartes qu'elle
avait posées sur les draps et rugit
de douleur en sentant la force lui brûler
la truffe.
_ Celle-là !
_ Acid ? la prit Tiffany. Mais elle... Une
partie de la carte s'est effacé
! Là, sur le côté, lui
montra-t-elle, projetant sur lui un peu
de cet acide.
Il fit un bond en arrière et elle
posa la carte pour s'approcher.
_ Non, non, c'est bon, ça va...
_ Je suis désolée, fit-elle
en s'agenouillant devant lui, en auscultant
la plaie qui saignait un peu.
_ C'est bon... souffla-t-il, un peu
gêné... Hum ! toussa-t-il.
Il doit s'être passé
quelque chose... la carte se libère
!
Il la contourna et se rapprocha du lit poussant
Acid d'un souffle.
_ C'est... c'est pas vrai !
C'est quoi cette carte ?
Tiffany le rejoignit et prit la carte entre
ses doigts.
_ C'est Love ! enfin... il me semble,
son nom est effacé. C'est la
carte qui est née de la communion
de Sakura et Lionel sur les toits de la
ville, il y a plusieurs mois.
_ Love... réfléchit Kero...
Ce n'est pas une carte de Clow. Je
n'y pensais plus... C'est une
carte que Sakura a créée.
_ Que doit-on faire ? C'est Acid qui
rend Sakura ainsi ? et c'est cette
carte sans nom qui libère Acid ?
_ Je ne sais pas... je n'en sais rien...
Tiffany ne pouvait pas patienter plus longtemps.
Elle se précipita avec la carte nouvelle
vers sa chambre et elle revint avec son
coffre :
_ Je vais l'enfermer là...
Peux-tu protéger cette boîte
avec Shield ?
_ Je veux bien mais...
_ Ca devrait être suffisant, et si
ça ne marche pas, nous trouverons
autre chose.
Il se concentra et elle referma son coffre
à clef. Il lança son pouvoir
du Bouclier sur l'objet et la clef
s'envola à l'autre bout
de la salle. Tout deux s'approchèrent
d'Acid, le signe qui avait disparut
sur le côté droit de la carte
venait de réapparaître. Les
draps grignotés par la magie de l'Acide
se reformèrent autour des cartes
et Kero soupira :
_ C'était une brillante idée...
_ Je vous suis depuis tellement de temps,
sourit-elle, gênée par le compliment,
j'ai appris à réagir
en fonction des cartes !
_ Mais quelque chose m'inquiète...
_ J'y ai pensé aussi, murmura-t-elle
en posant une main sur le front de Sakura.
Si cette carte est la carte sans nom que
possédait Sakura... Alors Void aussi
va peut-être nous attaquer ! En mourant
dans le combat contre Brice, Hope serait
redevenue les deux cartes qu'elle
était avant... ?
Il haussa les sourcils et secoua la tête
:
_ Ce n'est pas à ça
que je pensais mais tu as entièrement
raison, j'ai honte de ne pas y avoir
pensé le premier... quel gardien
je fais !
_ A quoi pensais-tu ?
_ Eh bien, se tourna-t-il vers la chasseuse
endormie, si cette carte a perdu son appellation
« Love », c'était
parce que Sakura venait de perdre une partie
de son pouvoir...
_ Comment ça ?
_ Une partie... de la carte en elle même...
_ Cette carte était en Sakura et...
Lionel ! Mais alors, ce qu'elle m'a
dit en arrivant... « C'est fini
»
_ Oui. Je crois que la carte réagit
à... leur amour ! Il faudrait presque
les empêcher de ne plus se voir !
Ou ce serait tragique... Si cette carte
agit sur toutes les autres comme Void, on
court à la catastrophe !
_ Mais, enfin, Kero... Tu parles de Sakura
et Lionel ! Ils s'aimeront toujours
! Nous ne courons aucun danger.
_ Voilà, maman... murmura Lionel
dans un éclat de voix qu'il
ne contrôla pas. Je ne la verrai plus
! Comme tu le veux... mais si je le fais,
ce n'est pas pour toi... mais pour
le Destin ! comme tu dis... C'est...
fini...
Il se laissa tomber sur les draps de son
lit et soupira, mêlant sa hargne à
sa tristesse.
« Quel enfant sage, je fais... »
