(SAISON 2)
Bons sentiments
Episode 37.1 : Un réveil peu ordinaire
L'homme qui murmurait sans cesse
ses incantations dans sa ronde sans fin,
entre les allées du parc du Sanctuaire,
s'arrêta enfin devant l'arbre
centenaire. La lune était haute et
il inspira en replaçant son marque-pages
avant de refermer son livre. Il se tourna
vers l'écorce et posa sa main
sur le bois chaud.
_ C'est fini, lança-t-il au
jeune homme qui arrivait dans le noir.
_ Merci de nous aider, lui murmura Anthony,
en jetant des regards vers le temple baigné
dans l'obscurité. Je ne sais
comment vous remercier.
_ Me remercier ? releva Frédéric.
Pour avoir condamné le temple qui
abrite la sépulture de ma femme ?
Pour avoir permis enfin de détruire
ce qui est si cher aux yeux de ma fille
? Ou pour avoir aidé à sauver
l'humanité d'un fléau
qu'elle ignore encore ?
Anthony le contourna et baissa les yeux.
_ Ne sois pas triste, jeune homme, reprit-il
d'une voix plus posée, plus
calme. Si j'ai bien compris les textes
sacrés, ceci ne pouvait qu'arriver.
Et je devais vivre ici assez longtemps pour
que le temple ne soit pas détruit
avant l'heure. Comme d'autres
temples de Tokyo qui ont subi la foudre,
le feu, les ravages du temps.
_ Merci d'être revenu, surtout
le dévisagea Anthony. Il y avait
ce manque chez Katya que je ne parvenais
pas à combler. Et depuis que vous...
Frédéric lui sourit affectueusement
et secoua la tête.
_ Je n'y suis pour rien si elle retrouve
sa joie, je crois. Son cœur a fait
un choix qui jusqu'ici ne la mettait
pas à l'aise. Mais puisque
désormais, tu lui as donné
une importance, comment pourrait-elle ressentir
la moindre tristesse.
_ Je... C'est moi qui...
_ Ouvre les yeux mon garçon. Ton
cœur s'est éveillé
et a su repoussé ta mission assez
loin dans ton esprit pour oser passer une
nuit à ses côtés. Enfin,
je crois, fit-il en se dirigeant vers l'étang.
Anthony demeura près de l'arbre,
pensif.
Clow n'avait vraiment prévu
aucun sentiment. La part de Clow qui l'avait
habité ne se doutait de rien. Alors
que Dominique possédait toutes ces
impressions qui lui auraient été
tant utiles. Il leva les yeux sur la pénombre
qui voilait le bord de l'étang
et aperçut l'homme se tourner
vers lui dans la lumière diffuse
de la lune.
Katya était heureuse. Enfin. Il sourit.
Grâce à lui, elle arborait
de nouveau ce sourire qu'il aimait
tant.
« Ouvre les yeux... ton cœur
s'est éveillé »
La prairie verdoyante s'allongeait
à perte de vue devant Sakura. Lionel
descendait du ciel et se posa à ses
côtés.
_ Bonjour, Sakura, articula-t-il du bout
des lèvres.
Elle se sentait bien. Comme jamais.
Ils couraient dans la vallée. Ils
couraient si vite ; bientôt, ils survolèrent
une rivière et la longèrent
en riant. Dans la lumière incandescente
d'un arc en ciel qui voilait l'écume
dorée au pied de la chute d'eau,
ils aperçurent l'entrée
du temple.
_ Tu veux m'épouser ? demanda-t-il
sans la regarder.
_ Je le veux, oui... répondit-elle
le cœur battant.
_ Sakura ?
Elle tourna la tête sur le côté.
A l'entrée du lycée,
une femme aux longs cheveux l'attendaient
avec son panier repas. Elle poussa un peu
plus sur ses patins et la rejoignit. Tiffany
lui sourit et la prit dans ses bras.
_ Alors, mon amie, lui souffla-t-elle, tu
es heureuse d'avoir retrouvé
ta maman ?
_ Ma... maman ? s'arrêta Sakura.
Où est-elle ?
_ Elle est là, lui sourit la jeune
fille en tendant une main vers l'arrière.
Sakura leva les yeux sur le chemin cernés
de cerisiers en fleurs.
_ Ma... maman...
Elle scruta le chemin où les plumes
argentées brillaient de mille feux
en voletant entre les pétale de cerisiers.
Une silhouette sombre jaillit soudain des
buissons épineux qui éclataient
en boutons un peu partout et s'abattit
violemment sur sa gorge. Elle tomba à
genoux et Tiffany la salua de la main.
_ T... Ti... essaya-t-elle d'articuler,
étranglée.
_ Au revoir, lui lança chaleureusement
son amie de toujours. Je t'aimais
bien.
_ Tif...
Une paire d'yeux apparut devant elle
et elle ne put que soutenir le regard cru
et profond.
_ Sans ta clef, tu as réussi... lui
murmura la voix.
_ Qui... qui...
Sakura sentait son sang battre ses tempes
et ses bras s'engourdirent.
_ Sans tes amis, tu as réussi...
Elle commençait à voir trouble
et elle n'eut bientôt plus la
force de lutter.
_ Peut-être que cela sera plus dur...
sans la vie!
Et sur ses mots, un craquement la figea.
Le ciel se teignit de pourpre et elle succomba
silencieusement.
_ Ahhhhhhhhh ! s'écria-t-elle
en se relevant.
Kero leva une oreille et haussa un sourcil
pour vérifier son impression. Oui,
Sakura se réveillait. Il se replongea
dans son sommeil superficiel.
La jeune femme ausculta ses mains, sa peau,
ses bras et sentit son cœur battre
dans sa poitrine. Elle sourit et poussa
les draps sur le côté, pour
chercher un miroir sur le bureau. Elle inspecta
son cou, puis son visage, s'admirant
plus longuement, détaillant la moindre
mèche de ses cheveux.
_ Tu vas l'user, lui lança
ironiquement Kerobero en se roulant sur
le tapis.
_ L'user ?
_ Le miroir ! A trop regarder dedans, on
abîme son reflet...
_ Son reflet, susurra-t-elle.
_ C'est Yvan qui me disait ça,
il n'y pas longtemps... Je me demande...
Elle s'agenouilla près de lui
et le prit contre elle. D'abord surpris,
il ne tarda pas à se débattre
pour reculer.
_ Je suis tellement heureuse de te voir...
Il demeura perplexe et la regarda se relever
et se diriger vers son armoire pour y choisir
une tenue.
_ Ton uniforme est sur ta chaise...
_ Aujourd'hui, je porterai autre chose,
dit-elle alors en dépendant quelques
cintres. C'est mignon ça.
_ Sakura, ça va ? s'inquiéta-t-il.
_ Bien sûr, mieux que jamais ! lui
confia-t-elle en lui jetant au museau le
haut de son pyjama.
Quand il sortit enfin la tête par
la manche, il ne vit que la porte se refermer.
Il secoua la tête pour se défaire
du morceau de tissu et la porte s'ouvrit
à peine quelques secondes plus tard.
Thomas passa le nez dans l'ouverture
et aperçut le fauve qu'il dévisagea
un court instant :
_ Depuis quand tu essaies les affaires de
ma sœur ?
_ Très drôle ! grogna le gardien.
_ Elle est déjà levée
?
_ Elle vient de desc...
Il leva subitement le museau vers le plafond
tandis que Thomas jetait un œil à
Mathieu, patientant dans le couloir. Celui-ci
haussa les sourcils et Thomas soupira en
se tournant vers la chambre. Elle était
vide.
_ Kero ? appela-t-il en entrant. Il a...
disparu ? se demanda-t-il en inspectant
les fenêtres. Mathieu, Kero a...
Il ne sentait plus non plus l'aura
de son ami. A son retour dans le couloir,
personne.
_ Mais où sont-il passés ?!!
Sakura sortit en chantonnant et Dominique
la salua. Les deux gardiens se montrèrent
alors.
_ Je peux savoir pourquoi vous vous cachez
?
_ Nous avons nos raisons, souffla Yolis.
Tu viens Tara, on nous appelle.
_ On vous appelle ? s'étonna
Dominique en voyant Yolis s'évaporer.
Nathalie...
_ Je n'y peux rien. Il y a une part
de moi qui est appelée là-haut...
_ Tu reviendras ?
_ Pourquoi cette question, Dominique ?
_ Je... Une impression.
Elle posa sa main sur sa joue et s'avança
vers lui. Au moment où leurs lèvres
allaient se rencontrer, elle ouvrit les
yeux et regarda vers le ciel en disparaissant.
_ Rendez-la-moi, supplia-t-il à voix
basse. Je vous en prie.
Sakura bâilla et se retourna mollement
dans son lit.
_ Il y a école ma puce !
_ Oui, papa... j'arrive, murmura-t-elle
la joue contre le coussin.
La voix lui paraissait si proche. Son père
était-il dans le couloir ?
_ Si tu veux prendre ton bus, ne tarde pas.
_ Mon bus, sourit-elle. Tu es... drôle...
Elle leva un sourcils. Pourquoi son gardien
ne grognait-il pas ? Sa mauvaise humeur
du réveil lui semblait presque coutumière
au point de lui manquer ce matin-là.
_ Kero, tu dors ?
_ Que dis-tu ? lui demanda son père
en entrant dans la chambre pour ouvrir les
rideaux. Il fait beau, dehors, regarde...
_ Ohhhh, se plaignit-elle, baignée
dans la lumière vivace et aveuglante.
Papaaaa...
Il éclata de rire et sortit.
_ Tout est prêt, je m'en vais
! A ce soir, ma puce !
_ Moui.... pôpoooo !
La porte d'entrée se referma
derrière lui et elle bâilla
encore.
_ Kero, tu dors encore ?
Le silence.
Elle se tourna et aperçut son bureau...
_ Ahhhh ! se dressa-t-elle sur les deux
mains. C'est quoi ça ?!!
Elle se frotta les yeux et poussa les draps
en cherchant dans sa chambre un objet qui
lui serait familier... Thomas ne lui avait
tout de même pas fait la blague sordide
de changer son bureau... et son tapis...
et d'enlever ses nounours... et la
télévision et... les fenêtres
!! Mais où se trouvait-elle ?
Elle bondit et manqua de s'entraver
dans un tas de livres en se dirigeant vers
la fenêtre. Le paysage de la ville
s'offrit à ses yeux ébahis.
Elle n'était pas chez elle.
Dans le doute, elle recula et chercha une
explication.
Pas chez Tiffany... Pas chez... Lionel !
(Qu'y ferait-elle ?)
Pas chez...
Elle poussa la porte de sa chambre avec
la crainte de découvrir autre chose
qu'un couloir au premier étage.
Un salon. Un salon qui ne lui était
pas inconnu. Elle avança vers la
table basse et chercha autour d'elle
une explication, en vain. Dans un mouvement
désordonné, elle se retint
à un objet froid et lisse duquel
elle s'éloigna rapidement,
frissonnant. Elle se retourna et observa
son image dans le miroir.
Figée par la surprise, elle leva
un bras. Comme son reflet. Elle fronça
les sourcils, comme son reflet. Elle leva
le genou. Comme son reflet...
_ Mais... mais mais mais... bafouilla-t-elle.
Je suis... Je suis... je suis devenue...
je suis dans la maison et dans le corps
de... de ... d'Alison ?!!!!!
Episode 37.2 : Le Fléau
Tiffany salua le groupe de jeunes filles
qui s'éloignait vers les bâtiments
et vérifia sa montre une nouvelle
fois.
_ Tiffany ?! s'exclama une silhouette
en se plantant à côté
d'elle.
_ Ah, Sakura, lui sourit-elle. C'est
juste, dis-moi.
Elles se précipitèrent vers
le bâtiment de leur premier cours
de la matinée et Tiffany remarqua
que Sakura portait ses chaussures brillantes.
_ Tu n'es pas venue en patins ?
_ Bien sûr que non, je ne... Je n'avais
pas envie.
La sonnerie les surprit dans l'escalier
et elles accélérèrent
en vue de la porte de leur classe. Elles
prirent place en catastrophe et Yvan les
dévisagea, assis sur le rebord de
la table de Sandrine.
_ Que se passe-t-il, les filles ? Vous êtes
bien essoufflées.
_ Mais... il est l'heure, fit remarquer
Tiffany.
_ Notre nouveau professeur est encore en
retard !
_ Ah oui... s'exclama Alison, j'avais
oublié ce défaut !
_ Regardez, approcha Nadine. C'est
un des livres que Yvan a rendu hier à
la boutique d'antiquités.
_ Elle les a empruntés juste après
moi, signala-t-il.
_ Ca parle du sorcier, annonça-t-elle
en camouflant sa voix, c'est plutôt
dingue !
_ Quel sorcier ? s'étonna Alison.
_ Dites, intervint Sonya. Alison n'est
toujours pas là...
Alison hocha simplement le menton.
_ Il s'est passé de drôle
de choses chez elle ! D'abord elle
disparaît avec un homme étrange...
_ Et puis, continua Sandrine, son père
s'évanouit, puis se réveille
comme si rien ne s'était passé.
Et puis qui sort de sa chambre ? Alison
!
_ Ah bon ? fit Alison. Et alors... ?
Ils la dévisagèrent un instant
et éclatèrent de rire, croyant
qu'elle les faisait marcher. La porte
s'ouvrit et le prof les salua en posant
sa serviette sur le bureau.
_ Rejoignez vos places, s'il vous
plaît, nous allons commencer.
Sakura enfila son uniforme et se précipita
dans l'escalier. Elle ne connaissait
pas du tout le quartier. Comment se rendre
au lycée ? En volant peut-être.
Elle chercha autour d'elle et quand
elle fut certaine de ne pas être vue,
elle passa la main dans son col pour en
sortir sa cl...
_ Haaaa !! s'écria-t-elle,
pétrifiée de terreur.
« Ma clef ! Je ne l'ai pas »
Elle ne savait quoi penser. Elle devait
retrouver ses gardiens et leur demander
de l'aide... Elle se repéra
rapidement aux immeubles du centre qu'on
apercevait non loin, de l'autre côté
du canal. Elle se précipita vers
l'arrêt de bus alors que le
véhicule approchait.
Elle eut juste le temps de prendre son souffle
devant la porte qui s'ouvrait. Une
silhouette sourit derrière elle en
posant un mouchoir sur son visage, tenant
fermement sa tête contre lui. elle
se débattit mais ils étaient
noyés dans la foule qui descendait
du car. Bientôt elle perdit pieds
dans le chloroforme qui l'endormait.
Tout son corps se relâcha et l'homme
l'appuya contre le mur d'en
face.
_ Je sais où tu allais, ma puce,
mais je dois t'en empêcher...
_ Un problème ? s'intéressa
un passant.
_ Non, non, lui sourit Maxime, c'est
ma fille, elle a eu un vertige. Merci bien.
A midi, Alison passa dans le couloir de
la salle de musique et ses amies la frôlèrent
en regagnant la cour.
_ Tu viens, Sakura ?
_ J'arrive, les filles, j'arrive
!
Tiffany s'arrêta au bout du
couloir qu'Alison parcourait lentement.
La jeune femme posa la main sur la porte
et chercha un regard indiscret dans le couloir.
Tiffany se faufila contre le mur et se calla
dans un renfoncement. Pourquoi se cachait-elle
? Pourquoi... pourquoi ce doute si étrange.
Alison se glissa jusqu'au piano et
passa une main dessus. Tout ceci était
si nouveau. Tellement beau. Mais elle n'avait
pas oublié son passé. Ou alors
elle ne voulait pas. Elle ne désirait
pas oublier cette douleur car c'était
elle qui l'avait menée jusque
là...
_ Sakura ?
Elle ne réagit pas.
Tiffany entra alors qu'Alison s'asseyait
devant l'instrument.
_ Ca ne va pas ?
_ Non, pas vraiment.
_ Tu veux m'en parler, Sakura ?
Elle se tourna vers elle et lui sourit tendrement.
_ Tu ne comprendrais pas, Tiffany. Mais
merci quand même.
_ Bien, je vais manger dans notre coin habituel...
tu m'y rejoindras ?
_ Oui... J'avais juste envie...
_ Je comprends ; alors à tout à
l'heure, sous les chênes !
_ Oui... à tout à l'heure.
Tiffany fronça les sourcils en quittant
la salle. Une chose clochait effectivement.
Kero releva le museau au beau milieu de
la Sphère Céleste et aperçut
ses trois amis autour de lui :
_ Que s'est-il passé ?
_ Nous avons été appelés,
précisa Yue. Mais par qui... ? C'est
toi, Tara, qui nous reliait les uns aux
autres.
_ Et si tu n'y es pour rien, s'avança
Yolis, c'est que celui que nous attendions
est éveillé.
Kero haussa les sourcils.
_ Le Fléau, souffla Tara.
Yolis acquiesça et croisa les bras
:
_ C'est notre instinct de Gardien
de l'éternel qui s'est
éveillé et qui nous a appelé
ici.
_ Yolis, le coupa Yue. Tais-toi, chut...
Il y a... une force...
Ils cherchèrent autour d'eux
; une présence errait sans but apparent.
_ Il est là, murmura Kero.
_ Prenez vos places, leur suggéra
Tara, nous devons le retenir... Sakura n'est
pas prête.
_ Le... retenir ?! la dévisagea Yolis.
_ Je suis d'accord, affirma sèchement
Kerobero. Nous devons protéger Sakura
avant tout.
_ Ca ne me plaît pas, souffla le Gardien
de l'Air.
Ils se dispersèrent dans l'espace
infini répétant un ballet
silencieux, connu depuis des siècles,
accordant leur geste avec un naturel parfait.
Le film repassa encore une fois sur l'écran
et Tiffany nota ses idées nouvelles.
La porte s'entrouvrit et Suzanne se
planta face à l'écran.
Elle sourit :
_ Des tracas ? Je t'ai entendue rentrer
en catastrophe, tu n'avais pas chorale
?
_ Je n'y suis pas allée : il
se passe quelque chose avec Sakura...
_ Je vois...
_ Maman, la retint Tiffany. Tu peux m'aider
?
Suzanne lui sourit de tout son cœur
et referma derrière elle.
_ C'est le film de la capture de Love
?
_ Oui, sur les toits... Mais elle n'a
plus de nom, maintenant. Je cherche à
répondre à la question que
je me pose depuis longtemps...
_ Toujours la même ?
_ Oui, avoua-t-elle à sa mère,
attentive à l'image.
_ « Pourquoi les agents ne l'ont-ils
pas attaquées de toutes leurs forces
», c'est ça ?
_ Comme je te l'ai expliqué,
certaines cartes de Clow n'avaient
pas un mauvais fond, elles semblaient même
aimer Sakura. Par la suite, Anthony a lancé
ses pouvoirs pour que Sakura gagne en puissance.
Et désormais ces agents qui doivent
la tuer mais qui lui envoient des cartes
totalement ridicules comme... s'arrêta-t-elle
pour avancer le film. Comme les Bulles !
J'ai beau chercher... je ne comprends
pas.
Suzanne acquiesça sans pouvoir répondre.
Une boule de feu sombre et gigantesque
apparut au centre de la salle sombre et
sans limite, projetant alentour une onde
de douleur.
_ La sphère accueille un nouveau
venu, clama une voix grondant dans toute
la Sphère céleste.
_ Tu es revenu à la vie, sourit Tara
en levant ses mains au-dessus d'elle
avant de les abattre vers lui.
Les quatre gardiens se positionnèrent
et projetèrent leur pouvoir sur la
masse sombre qui se déformait sous
les charge de pouvoirs successifs.
_ Qu'essayez-vous de faire ? M'arrêter
?! Les Gardiens de l'Apocalypse ne
peuvent arrêter ce qu'ils ont
engendré !!
_ Nous n'avons rien engendré
! lui cria Kero.
Tara lui lança un regard sec pour
le faire taire. Mais il se crispa gueule
ouverte :
_ Nous ne sommes pas la cause de tout ça.
_ Bien sûr que si, Démon du
Feu... Par cupidité, des sorciers
ont voulu vous posséder !
La forme se métamorphosait peu à
peu, expulsant des vagues de matière
sombre dans toute la sphère.
_ Votre existence ne peut que créer
le désordre.
_ Que dit-il, demanda Kero. C'est
vrai Tara ?!!
Elle baissa la tête sans perdre sa
concentration.
_ C'est vrai. Et tu... et tu étais
le seul d'entre nous qui aurait pu
s'en souvenir, avant...
_ Memory seal ? s'étouffa-t-il
d'étonnement.
_ Tara ! s'écria Yue. Tu as
fait traverser Memory Seal à Kerobero
?!!
_ Voilà une chose importante, confia
Suzanne en refermant derrière elle
et en revenant s'asseoir en face de
Tiffany. C'était le cahier
personnel de ta tante...
_ La maman de Sakura ?
_ Oui, je l'ai gardé pour que
Dominique ne tombe jamais dessus. C'est
un souvenir bien trop personnel. Je l'ai
gardée sans en parler. C'est
comme un peu de ma chère Nathalie
qui serait encore là...
_ Elle y parle de tout ceci ?!
_ Comment ça ? Comment pourrait-elle
savoir ?
Tiffany mordilla sa lèvre et se détourna
vers l'écran.
_ Non, c'est parce que Nathalie aimait
conter des histoires, et souvent les musiques
qu'elle tentait de composer provenait
de ce recueil. Il y a celle-ci... «
Mes petits cailloux » C'est
une histoire qui m'a accompagnée
toute ma vie, tu sais. Je la trouvais merveilleuse.
J'ai été encore plus
touchée lorsqu'elle m'a
dit que cela me concernait, surtout... Une
vieille histoire de cœur, songea Suzanne
en se laissant bercer par les souvenirs
de ce jeune homme perdu dans le lointain
de sa mémoire.
_ Et pourquoi y as-tu pensé ?
_ Parce que c'est l'histoire
d'une petite fille qui ne peut dire
à celui qu'elle aime qu'elle
l'aime de tout son cœur, alors
elle décide de lui envoyer des petits
cailloux. Chaque petit galet n'était
pas très important... mais au final,
le jeune homme se retrouva avec un tas de
petits cailloux qui, mine de rien, grandissait
dans sa chambre et dans son cœur.
_ Des petits cailloux...
_ Oui... Plus le garçon en reçoit,
plus la fillette sait que l'amour
qu'il ressent grandit. Plus il reçoit
de cailloux...
_ Plus elle attrape de cartes... répéta
Tiffany à voix basse, sachant que
le texte pouvait ne pas être si...
innocent.
_ Plus le cœur de la jeune femme a
une chance d'être aimé.
_ Plus le cœur... du Fléau a
une chance d'être... réanimé...
_ Que dis-tu ?
_ Ce n'est pas vrai !!! bondit-elle.
Oh, mon dieu !!
_ Qu'y a-t-il ? lui demanda Suzanne
en la voyant courir vers l'extérieur.
_ Kerobero !!! lui hurla Yolis, concentre-toi
!!
_ Mais quel est ce mystère qu'on
a rayé de ma mémoire ?!!!
_ Ta dernière vie...
_ Mais nous l'avons tous oublié,
fit-il remarquer.
_ Je t'ai menti... avoua-t-elle.
_ Menti... Mais... quelle était cette
vie ?
Maxime allongea sa fille entre les racines
de l'arbre qui bordait le parc pour
enfants et surveilla les alentours.
_ Ici, nous serons à l'abri,
indiqua-t-il en posant une main au sol.
Sakura revenait peu à peu à
elle. Quel était ce pouvoir près
d'elle... ?
_ C'est moi, ma puce... ne t'inquiète
pas, je t'ai empêchée
d'aller la voir !
_ Papa... ?
_ Je ne pouvais pas t'enlever à
la maison, tu sais qu'Elle était
là à nous épier, dans
l'ombre...
_ Vous êtes...
Elle ouvrit un peu les yeux et aperçut
le visage inquiet.
_ Repose-toi, ma puce. Je suis là.
Il ne t'aura pas... cet homme ne t'aura
pas... Chacun de nous restera à sa
place... nous allons lutter pour ne pas
agir comme il nous l'a demandé...
tu m'entends ?
Elle referma les yeux et s'enfonça
dans ses pensées avec le souvenir
d'avoir senti l'aura de Clow
à ses côtés.
Episode 37.3 : De mes propres ailes
Dominique frappa de rage la porte qui venait
de se bloquer.
_ Comment cela peut-il m'arriver maintenant
?
Linda réfléchissait et elle
alluma du coude sans le vouloir.
_ Cela me paraît bizarre... nota-t-elle
à son tour.
_ Nous voici bloqués dans ce débarras...
alors que Sakura a besoin de moi.
_ Je suis désolé, Dominique,
c'était mon idée de
venir chercher ces renseignements ici...
_ L'Antéscript que nous avons
traduit annonce l'éveil...
Le Mal suprême, la négation
de toute la vie de cet univers. Comment
pourrait-elle le contenir ?
_ Ne perdons pas espoir, Dominique.
Alison soupira de plaisir en s'asseyant
dans le fauteuil, bientôt rejointe
par Lionel, les tasses en main.
_ Ce dîner était parfait, Lionel.
Mais j'aurais dû le préparer...
_ Merci, souffla-t-il en passant une main
sous sa joue. Toi, tu es parfaite... j'ai
fait en sorte de coller le mieux possible
à ce que je ressens pour toi... Mais
j'ai encore des efforts à faire.
Elle sourit et il s'approcha d'elle,
plongeant ses yeux dans les siens. Elle
fuit pourtant ses lèvres.
_ Tu ne te sens pas bien ? demanda-t-il.
_ Hum ! toussa Thomas.
Lionel vira au pourpre sans se retourner.
_ Moi, je soooors ! leur cria Thomas.
_ Il ne m'aime pas trop, je crois,
sourit Lionel.
_ Moi, si... depuis... le premier jour que
je t'ai vu, tu sais ?
_ C'est vrai ? sourit-il.
_ Oui... se blottit-elle contre lui. Depuis
toujours.
Il l'entoura de ses bras et déposa
un baiser dans sa chevelure, sentant son
aura brûler contre son cœur.
Pourquoi donc sa mère avait-elle
osé s'opposer à ce sentiment-là
? Pourquoi ?
Thomas claqua la porte et se trouva nez
à nez avec Tiffany, essoufflée.
_ Que se passe-t-il ?
_ Il ne faut pas... il ne faut pas, tenta-t-elle
d'articuler. Il ne faut pas que...
_ Doucement, qu'y a-t-il ?
_ Les forces que Sakura attrape...
_ Oui... Il y en a une nouvelle ?
_ Je ne sais pas... Mais... je crois qu'elle
ne doit plus en capturer ! J'ai l'impression
que c'est chaque capture qui donne
plus de pouvoir à cette chose que
tu ressens dans la ville.
Thomas partait à la recherche de
Mathieu, mais son attention toute entière
se portait désormais à cette
étourdissante nouvelle.
_ Sakura te l'a peut-être dit...
il y a longtemps, le Cercle a voulu maîtriser
les quatre éléments... en
emprisonnant les forces, ils ont rompu l'équilibre
de la nature et ont aidé le Fléau
à se réveiller, alors qu'ils
voulaient l'inverse !
_ Tu veux dire que tous ces agents ne sont
là que pour lui faire capturer des
cartes !
_ Oui !!! et briser l'équilibre
de la nature de plus en plus !!!
Une ombre se faufila dans la rue et Thomas
se retourna trop tard. D'un revers
de cape, l'obscurité les avait
effacé. Le long manteau se posa au
sol et la silhouette sourit et se coula
dans l'ombre d'un muret.
Lionel releva les yeux vers la fenêtre
et se leva précipitamment.
_ Qu'y a-t-il ? demanda-t-elle mollement.
_ Tu n'as rien senti... ? Une force
est là.
_ Tant pis... souffla-t-elle. Je suis bien
avec toi, Lionel...
Sans l'écouter, il se précipita
dans l'entrée et lui jeta son
manteau :
_ Vite ! Rattrapons-la !!
Dans la chambre de Sakura, la carte sans
nom se mit à luire encore plus fortement
et le livre s'ouvrit, rompant le lien
de la clef. Gabrielle, à des kilomètres
de là, sourit, seule, dans sa chambre,
patientant en silence dans l'attente
de ce signe-là. Elle décroisa
les bras et se tourna vers l'entrée.
Une main tendue vers elle l'arrêta
:
L'homme, épuisé, haletant,
au manteau usé, en lambeaux, la dévisageait
d'un œil...
_ Non, avant de partir, aide-moi...
_ Que veux-tu, sorcier ?
_ Mourir, articula Brice. Tu en as le pouvoir,
je le sais, alors tue-moi.
Elle fronça les sourcils.
_ Pour quelle raison... aurais-tu peur ?
Pourquoi ne pas en finir avec tes jours
toi-même... ?
_ Parce que je ne peux plus... ce pouvoir
que je possède ne me détruira
pas... Toi, tu n'es pas comme les
autres forces que Sakura n'a pas capturées...
Tu es une force de l'éternel
et tu le sais. Tu as de plus grands pouvoirs
que nous tous... On m'a rapporté
ta première confrontation avec Sakura...
Tu n'as pas agi avec toutes tes forces
car tu venais de t'éveiller,
je crois...
_ Si tu veux mourir, il existe des tas de
façons de te satisfaire...
_ Vide mon corps... de toute trace de mon
esprit. Sans mon esprit, mon corps ne pourra
rien. Il veut mon esprit pour contrôler
mon corps et mes pouvoirs... empêche-le...
choisis ton camp... Void.
Elle le dévisagea crûment et
la rage peignit son visage d'une expression
nouvelle de dégoût.
_ Ne m'appelle plus comme ça.
J'ai gagné ma liberté.
Je ne suis plus ce que j'étais...
_ Choisis un camp... avant qu'il ne
soit... trop tard !
Anthony s'était mis à
courir en voyant le père de Katya
disparaître, et désormais,
ils descendaient l'escalier principal
de l'université baignée
dans la nuit froide.
_ Tu es sûre de ce que tu fais, Anthony
? demanda Katya.
Il jeta un regard à Samantha et celle-ci
acquiesça en silence.
_ Oui, affirma Gothar, Dominique est en
bas.
L'Ombre se faufilait entre les salles
et les couloirs, se développant sur
l'université et sur la ville.
_ Là ! s'arrêta Anthony.
_ Il y a quelqu'un ?! demanda Dominique
de l'autre côté.
_ Dominique, l'appela Anthony. C'est
très important, concentrez votre
pouvoir par ici...
Dominique avait déjà les mains
posées sur le bois, pressentant ce
besoin, et une aura lumineuse apparut devant
le jeune homme. L'Ombre approchait
et Gothar et Samantha posèrent une
patte et une main sur la cloison. Un souffle
les réveilla et les transforma instantanément.
_ Wow ! s'extasia Ruby ! C'est
génial !
_ Protégez Katya ! leur demanda Anthony
avant de se faire brutalement happer.
_ Anthony !!! s'écria-t-elle
avant que les deux gardiens ne barrèrent
la route à l'obscurité
croissante.
_ Ca va ? demanda Dominique, inquiet.
_ Oui, Clow nous a créés grâce
aux ténèbres, expliqua Gothar.
Nous ne craignons rien de Shadow !
Dominique souffla, rassuré. Le manuscrit
de Clow qu'il tenait entre les mains
ne disparaîtrait pas de sitôt.
Kero vit une âme frôler l'extérieur
de la Sphère et il lâcha son
attention, pour voler à sa suite.
Yolis, d'un bond lui barra la route,
bras grands ouverts :
_ Que fais-tu ? Tu es fou ???
_ Pousse-toi de là, Yolis... j'ai
vécu une partie de cette vie de Gardien
dans le mensonge car il y avait cette âme
qui m'était chère, perdue
dans le monde des mortels... Et toi, tu
le savais !
Le Fléau profita de cet instant d'inattention
et disparut dans la paroi de la sphère.
_ Il nous a échappé ! s'écria
Yolis, tu peux être fier.
_ Cette mission était de toute façon
un échec ! Nous ne sommes que des
mortels appelés à maîtriser
un élément... nous ne sommes
rien, comparés à ce que nous
autres, humains, appelons le Mal... Vous
m'avez tous menti... Alors pousse-toi
ou je t'attaque, Yolis.
_ Kerobero... ne sois pas bête, lui
lança Yue. Pense que si tu quittes
la Sphère maintenant, tu y perdras
ce que nous avons de plus précieux.
Kero le fusilla du regard :
_ Ma vie et ma nature de Gardien ne sont
pas ce que j'ai de plus précieux...
Yolis tenta encore de l'arrêter
mais d'un souffle de Light, le fauve
chassa le gardien exécuteur et se
précipita vers la paroi lumineuse
qu'il traversa de moitié d'abord,
tendant une patte qui se transforma peu
à peu en main vers l'âme
qui s'échappait vers la lumière.
Lionel et Alison arrivèrent dans
le parc de l'empereur pingouin, pourchassés
depuis quelques minutes par une ombre inquiétante.
Sûrement la nouvelle force.
_ Reste derrière moi, lui souffla-t-il
en comprenant qu'ils étaient
piégés.
_ Alison... murmura Maxime. Ne bouge pas...
Sakura reprit vite ses esprits en sentant
la force s'approcher.
_ Je ne suis pas Alison. Je suis... Sakura
!
_ Comment ? bafouilla-t-il, interloqué.
Mais... vous ne vous êtes pas rencontrées
! comment...
_ En rêve, tout s'est passé
dans un rêve... Vous saviez tout ?
_ Oui... je sais tout de toi... j'en
sais même plus que ma petite Alison.
Sa mère m'avait expliqué
les raisons de son décès...
et pourquoi notre fille deviendrait ce qu'elle
est...
_ Je dois y aller...
_ Oui, je comprends... Sauve-la...
Elle se précipita vers le couple
qui tentait de lutter contre les attaques
de la masse sombre. Une des nombreux bras
se glissa vers Maxime mais s'arrêta
avant de le toucher.
_ Lionel, je suis là !
_ Alison ?
Elle aperçut celle qui avait pris
sa place. Cette dernière baissait
les yeux alors que Lionel se penchait vers
elle :
_ Il faut capturer cette force ! lança
Lionel. C'est l'Ombre mais elle
est coriace !
_ Je ne peux pas... avoua Alison.
_ Sakura... que dis-tu ?
Sakura s'avança sur le sable
du jardin d'enfant mais un bras obscur
tenta de la frapper, et elle roula sur le
côté.
_ Je ne peux pas l'attraper, avoua
encore Alison. Je n'ai pas de pouvoirs,
Lionel.
_ Sakura... Voyons...
Elle posa un doigt sur sa bouche et les
bras de l'Ombre se multiplièrent
autour d'eux sans les toucher.
_ Je ne veux pas que tu m'en veuilles
de t'avoir menti...
_ Je ne comprends pas...
Elle l'attira délicatement
vers lui et dans de longues larmes chaudes,
déposa un baiser sur ses lèvres.
_ Lioneeeel ! s'écria Sakura.
Il recula, surpris.
_ Ce n'était pas... bredouilla-t-il,
une main sur les lèvres.
_ Je ne suis pas Sakura... Mais je tenais
tant à avoir une vie normale que
je me suis laissée envahir par cette
force en moi...
_ Une force ?
_ Oui... Une force très puissante
que je n'ai jamais réussi à
contenir. Mais grâce à ton
amour et à tes attentions j'ai
compris quelle était ma place dans
ce monde.
_ Que veux-tu dire ?
Sakura plongea vers eux et se colla à
Lionel, le protégeant d'une
attaque qui se détourna au dernier
moment.
_ Sakura... Alison...
_ C'est moi, la vraie ! lui cria Sakura.
_ Je suis désolée, Sakura...
murmura Alison, on m'avait promis
une vie calme, on m'avait promis une
vie douce avec une maman. Mais ta vie n'est
pas plus riche que la mienne. Je le comprends
maintenant. A part... Lionel...
Elle ouvrit les bras et Maxime sortit des
feuillages.
_ Alison... Que fais-tu ? lui adressa son
père, en devinant ses intentions.
_ Je crois que je ne veux plus de cette
vie... Dans cette vie aussi, maman est morte,
et c'est toi qui l'a tuée...
papa ! Sakura, capture-moi...
_ Mais... je ne peux pas...
Maxime s'approcha des deux jeunes
femmes et au contact de ses mains, les esprits
s'inter-changèrent. Sakura
tira sur sa chaîne et leva son sceptre,
le cœur gros... Le Sceau terrestre
apparut sous elle, plus lumineux que jamais
et Shadow se mit à faiblir.
« Dans cette vie aussi » entendit-elle
encore en elle.
_ Force sauvage, quitte la forme qui est
tienne !
« maman est morte... »
Des silhouettes apparaissaient ici et là,
et le visage de Tiffany se dessina sur la
peau de Shadow... lui hurlant des mots gardés
sous silence.
_ Deviens carte ! Carte... de l'éterneeeeel
! cria Sakura en frappant le vide, créant
une nouvelle carte
Quand toute la matière lumineuse
se recomposa dans sa main, la carte Change
tournoya et se posa contre elle. Elle se
tourna vers Lionel, il venait de se faire
happer par Shadow. Une autre source de lumière
apparut alors dans son dos et elle fit volte
face :
_ Light ?
Une seconde forme apparut alors.
_ Et Dark...
_ Si tu la captures, Sakura, tes amis reviendront...
_ Vous croyez ?
_ Bien sûr. Fais-nous confiance !
La main de Kerobero se resserra sur les
doigts fins du corps astral de la jeune
femme et il l'attira contre lui en
sentant le sol sous ses pieds. Près
de Sakura, Shadow se morcela et laissa apparaître
les deux êtres. Kero releva la nez
vers elle et balaya ses cheveux d'un
mouvement de tête.
_ Elle voulait te prévenir, mais...
elle a perdu conscience...
_ Ce n'est rien... Je vais la capturer...
_ Je crois que c'était important,
Sakura... Elle... Elle a failli mourir pour
te donner cette information. Son âme
était si... triste...
Sakura observa son sceptre et fronça
les sourcils. Le devait-elle ?
Elle leva finalement le bras et le bâton
magique tournoya contre sa paume avant de
s'écraser sur la carte qu'elle
venait de lancer :
_ Glow ! Anéantit Shadow !
Les particules de lumière qui s'envolèrent
de la carte fondirent sur l'Ombre
qui semblait souffrir profondément
de ces intrusions dans son corps magique.
La forme obscure céda bientôt
et regagna une carte que Sakura récupéra
d'une main. Les unes après
les autres, les victimes de l'Ombre
apparurent autour de Sakura. Lionel tomba
à genoux et elle le releva difficilement.
_ Ca va aller ?
_ Tu es... la vraie ?
Elle le serra contre elle et acquiesça
tristement, les mots d'Alison résonnant
encore en elle.
« Dans cette vie aussi , maman est
morte... »
Elle fronça les sourcils.
« Et c'est toi qui l'a
tuée... papa ! »
Tara reparut dans la maison et chercha
Dominique, en vain. Elle erra quelques instants
et se posa devant une photo de Nathalie.
_ Nous sommes encore en vie, mon amour,
souffla-t-elle en passant une main sur le
cadre parfaitement taillé et sculpté
à l'occasion d'un anniversaire,
il y avait si longtemps. Nous n'avons
pas eu à affronter cette force-ci.
Grâce à Kerobero... Il l'a
laissée s'échapper,
évitant une confrontation qui nous
aurait tous... tués.
Elle sourit en déployant ses ailes.
_ Désormais, qui sait ce qu'elle
est devenue...
Gabrielle vola dans la pièce et
atterrit contre le mur de la salle de bain
; Brice main tendue en avant la dévisageait
crûment.
_ Ne me touche plus, petite... Désormais,
je suis là. Ce corps me sieds à
merveille... à croire qu'on
me l'avait préparé...
Et dans un puissant éclat de rire,
il disparut.
