Disclaimer : Les personnages appartiennent à Masami Kuramada.
Genre : Romance/Angst. Yaoi, threesome. Un peu OOC.
Rating : M.
Avertissement : Le langage est parfois un peu cru, certains lemons un peu violents. Que ceux qui n'apprécient pas ne commencent pas à lire ! J'ai tenté de retranscrire le langage oral que nous employons tous les jours.
Spoiler : Univers alternatif. Suite à une rupture, Milo va sombrer dans la déprime et laisser libre cours à ses pulsions. Sa rencontre avec certaines personnes va précipiter sa chute sans qu'ils ne s'en aperçoivent. Mais quelqu'un va le sauver de lui-même.
Note : J'espère que cet UA vous plaira. Dites-le et laissez vos reviews. Je ferai de mon mieux pour y répondre. Merci.
Chapitre 4 plus tôt que prévu.
Chapitre 4
Le "Blue Dream" était à l'écart de la ville et disposait d'un grand parking. Saga arriva le premier et avec Aphrodite ils attendirent les deux autres en discutant.
- Alors c'est qui ce mec ?
- Un parisien qui c'est fait jeter par son mec y a trois jours et qui est en vacances pour trois semaines. Y veut s'changer les idées.
- C'que j'veux dire, c'est pourquoi tu sors avec un client ?
- J'en sais rien. Il est pas comme les autres. Hier soir, je l'ai raccompagné à son hôtel et j'ai bu un verre avec lui.
- Putain Aphro ! T'es malade ou quoi ? On sait jamais sur qui on va tomber dans le milieu où on bosse. T'as déjà oublié c'qui est arrivé à Camus !
Le regard de Saga d'ordinaire si doux, étincelait de colère et de reproches. De peur aussi. Il avait énormément d'affection pour Aphrodite et avait tendance à être surprotecteur. Ils avaient été amants mais étaient avant tout des amis.
- T'inquiète pas ! Y s'est rien passé ! Et puis j'sais m'défendre. On s'est juste embrassé quand je partais, c'est tout. Il est différent des autres. Y m'a pas harcelé, y m'a raconté un peu sa vie. J'ai plutôt l'impression qu'il a envie de s'exploser la tête, de pas penser à sa rupture. Mais y a autre chose aussi et j'arrive pas à comprendre ce que c'est.
- J'te fais confiance. En tout cas, il est super mignon. Dommage que tu l'ais vu avant nous.
- On s'est juste embrassé, c'est tout. Il est libre de faire ce qu'y veut et moi aussi. Et vous aussi !
- Les voilà !
Saga leur fit des appels de phares et la Porsche stoppa à coté de leur voiture. Milo et Kanon changèrent de véhicule et montèrent à l'arrière.
- Waouw ! C'est génial une Porsche ! J'en veux une ! s'écria Kanon en claquant sa portière.
- Faut qu'tu joues plus souvent au loto, mon chou ! le chambra Aphrodite
- Tu l'as pas oublié au club j'espère, fit Saga à son frère.
- Mais non mon cœur. Tu serais capable de me punir !
- Moi te punir ? Pour qui tu vas m'faire passer ? rétorqua l'aîné des jumeaux avec un sourire taquin.
Kanon coula un regard enjôleur à son frère avant de l'embrasser à pleine bouche sous le regard fasciné d'un Milo à l'agonie. Il vit Kanon sortir une petite fiole identique à celle qu'Aphrodite et lui avaient utilisée un peu plus tôt.
- Milo, une petite prise encore ? fit Aphrodite en sortant son flacon.
- Toute petite alors. J'suis encore bien allumé. Ca faisait des années que j'avais plus sniffé. J'te dis pas dans quel état je suis !
- J'imagine ! C'est pour ça que t'as besoin de te défouler ! lui balança Kanon avant de respirer sa dose.
- Ouais ! Me défouler de toutes les façons possibles !
Comprenne qui voudra ! Cette dernière phrase n'était pas tombée dans l'oreille de trois sourds. D'un commun accord, ils décidèrent d'entrer comme deux couples afin de décourager d'éventuels dragueurs.
La boite était pleine, et après avoir laissé leurs affaires au vestiaire, ils restèrent au bar. La musique tonitruante ne tarda pas faire son effet sur leurs sens troublés par la cocaïne. Sans trop savoir comment, ils se retrouvèrent sur la piste de danse. Il y avait autant d'hommes que de femmes mais aucun n'était hétéro. A la rigueur, bi.
Ils dansèrent, un bon moment, porté par la musique et la drogue. Quelques individus tentèrent de s'incruster dans leur quatuor mais furent bien vite découragés. Ce qui leur donna l'occasion de se rapprocher. Rapidement, la chemise Milo lui colla au corps, soulignant sa musculature ce qui lui valu des regards appréciateurs de la part de ses trois compagnons.
Milo se lâchait complètement, retrouvant ses réflexes de dragueur. Il avait encore à l'esprit le numéro des jumeaux et son corps brûlait. Il dansait de façon sensuelle, faisant abstraction de tout ce qui l'entourait sauf des trois hommes. Soudain, il se sentit entouré par deux bras puissants. Instinctivement, il s'accrocha au cou de son cavalier. Il n'avait même pas remarqué que la musique avait changé, les slows incitaient à un rapprochement des corps. Un regard dur croisa le sien et il reconnut Kanon.
- Tu devrais faire attention à ta façon de danser, lui murmura le danseur à l'oreille.
- Pourquoi ? J'suis si mauvais qu'ça ?
- Non, bien au contraire. T'es un appel au viol !
Milo éclata de rire. Il sentit les bras de Kanon le serrer d'avantage et il croisa le regard d'Aphrodite. Il aurait bien voulu danser avec lui, mais leur stratagème serait découvert. Les jumeaux ne montraient jamais leur relation en public. Uniquement sur scène, mais ça semblait faire parti du numéro, ou en privé lorsqu'ils se sentaient en confiance, et avec Milo, c'était le cas, sans qu'ils comprennent vraiment pourquoi, si vite. Alors il joua le jeu jusqu'au bout et Kanon l'embrassa. Il ne détourna pas la tête et répondit à ce baiser qui alluma une fournaise dans son ventre. Déjà qu'il ne lui en fallait pas beaucoup, là c'était un vrai supplice. Kanon semblait se délecter de sa bouche, de sa langue, de ses lèvres. Il s'amusait comme un petit fou. Il sentait Milo très réactif et ça lui plaisait. Mais même s'il avait envie de le mettre dans son lit, il ne voulait pas non plus lui forcer la main. Son frère lui avait rapidement raconté le baiser qu'il avait échangé avec Aphrodite. Et puis… se serait tellement mieux si les jumeaux pouvaient se le partager.
- Désolé mais ça fait plus véridique !
- Pas d'problème ! C'était pas désagréable.
Il regarda par-dessus l'épaule de Kanon et vit Saga embrasser Aphrodite. La musique redevint plus rythmée. Chacun se remit à danser séparément. Kanon et Saga se collaient à leurs compagnons mais les regards qu'ils échangeaient ne trompaient pas les deux autres.
Il était presque quatre heures du matin quand Aphrodite et Milo s'enfermèrent dans la chambre d'hôtel. Mais avant d'en arriver là, ils avaient dû séparer et raisonner les jumeaux qui s'étaient sautés dessus dans le parking du "Blue Dream" en tentant de les convaincre qu'ils seraient beaucoup mieux chez eux. Saga se mit derrière le volant tandis que son frère avait les mains baladeuses et l'embrassait dans le cou.
Aphrodite retira sa veste et se laissa tomber sur un fauteuil avec un soupir de bien-être. Milo sortit sur la terrasse et respira l'air frais. Il essayait d'analyser les sensations qui l'avaient assailli toute la soirée. C'était confus, la seule chose de claire, c'était l'excitation qu'il ressentait et la proximité d'Aphrodite le rendait fou. Mais il n'allait pas ouvrir les hostilités tout de suite, non. Il voulait faire durer le plaisir de l'attente, du désir. Oh oui ! Il avait envie de lui et il savait que c'était réciproque. Le feu qu'il sentait couler dans ses veines était un pur délice. Son désir l'aveuglait au point qu'il ne sentit même pas qu'Aphrodite s'était approché de lui. Ce n'est que lorsqu'il sentit une main caressante dans son dos qu'il revint à la réalité.
Un frisson exquis lui parcourut l'échine, lui arrachant un sourire malicieux. Aphrodite se colla à son dos, ses mains vagabondèrent sur son torse, son ventre et ses hanches. Milo se laissa aller en arrière, la tête renversée sur l'épaule de son compagnon. Il sortit les mains de ses poches et les posa sur celles d'Aphrodite accompagnant ses caresses. Il revoyait Saga et Kanon s'embrasser sans retenue contre leur voiture, leurs gémissements lascifs résonnaient encore à ses oreilles, et bon sang ! Il aimait ça ! Il se repassait ce souvenir en boucle tandis que les baisers dans son cou allumaient un brasier dans son corps. Il tourna la tête et ses lèvres rencontrèrent celles d'Aphrodite, douces, chaudes, humides. Il lui fit face et approfondit leur baiser. Leur langues jouèrent, souples. Pendant qu'il passait ses mains sous le t-shirt blanc de son compagnon, celui-ci déboutonna sa chemise pour enfin toucher sa peau. Le danseur abandonna ses lèvres pour titiller l'oreille puis l'épaule et le creux du cou.
- Mmm… t'as la peau douce… elle sent le soleil…, ronronna-t-il avant de reprendre ses lèvres.
Milo le débarrassa de son t-shirt et ôta sa chemise. Le contact de leur corps fut un déferlement de sensations délicieuses. Lentement, ils avaient dérivé vers le lit. Milo tomba sur le matelas avec Aphrodite qui se délectait de la situation. Il poursuivit son exploration de ce corps si réceptif et sensible. Le moindre effleurement le faisait bondir.
- Tes scrupules t'ont abandonnés ? murmura encore le danseur.
- On dirait bien…
Il se heurta bientôt à un obstacle en cuir. Il défit la ceinture et la braguette déjà bien tendu. Il glissa sa main à l'intérieur et trouva ce qu'il cherchait. Milo gronda sous la caresse et ondula des hanches.
Aphrodite poussa son avantage et fit glisser le pantalon et le boxer sur les longues jambes musclées. A son tour, il ôta ses derniers vêtements et se rallongea nu sur son compagnon. Il poursuivit ses caresses incendiaires, ses ondulations félines, ses baisers affolants.
Milo ronronnait comme un chat. Son désir bouillonnait dans ses veines en rivières de lave. Mais il attendait encore, il voulait atteindre les limites de sa résistance. Il cria lorsqu'il sentit la bouche de son amant engloutir son membre douloureux tant il était tendu et gonflé. Et encore le souvenir des jumeaux venait l'assaillir agissant sur ses sens déjà exacerbés comme un aphrodisiaque. Soudain il sentit qu'Aphrodite s'approchait dangereusement de son intimité. Il se redressa brusquement, l'attrapa sous les bras et le ramena à lui. Il le retourna sur le ventre, s'assit sur lui et se frotta de façon parfaitement indécente contre ses fesses rondes et terriblement attirantes.
- Mais qu'est-ce que… je croyais que t'étais…
- Passif ? Tu te trompes, je suis même tout le contraire ! murmura-t-il d'une voix froide tout contre son oreille. Un frisson de panique glaça le beau danseur.
- Milo ! Ne me brutalise pas, j'ten prie ! Si j'ai des marques sur le corps, je ne pourrais pas travailler ce soir !
- Ne t'inquiètes pas, j'te f'rai pas mal. Ou peut-être… là ou ça ne se voit pas !
Il mit un préservatif et pénétra Aphrodite d'un violent coup de reins. Le danseur cria de douleur et grimaça. Milo lui caressa les cheveux, le dos, couvrant ses épaules de baisers. Il se retira et recommença, arrachant encore un cri de douleur.
- Pour… pourquoi tu fais ça ?
- Parce que ça m'plait ! Et toi aussi, ça va t'plaire !
Il entama des mouvements lents mais brusques. Lorsqu'il l'entendit gémir, il le pénétra encore, violemment. Les cris de douleur alternaient avec les gémissements de plaisir, augmentant son excitation. Sans lâcher son amant, il le fit mettre à genoux et se replaça derrière lui. Il prit le sexe d'Aphrodite entre ses doigts et le caressa pour lui faire oublier un peu la douleur Il claqua ses fesses, le faisant sursauter et gémir avant de l'empoigner par les cheveux, lui tirant la tête en arrière sans ménagement pour l'embrasser. Le strip-teaseur ne tentait pas d'échapper à son amant, il commençait à apprécier. Pendant presque une heure, il fit subir ses violents assauts à Aphrodite qui était perdu dans un monde de sensations inconnues pour lui.
- Haan… c'est booon…, cria celui-ci lorsque Milo pinça énergiquement ses tétons et poursuivit plus doucement ses mouvements de va et vient.
- J't'avais dit que t'aimerais ça !
- Mmmouiiii… continuuuuue !
- T'en veux encore ?
- Ouiiii…
- Dis-le !
- Encooore… j'en veux encoooore…
- Mieux qu'ça !
- Baise-moi encooore… fais-moi mal…
- Raaah ! Ouiii… c'est booon…
Milo se déchaîna. Ses coups de boutoirs furent d'une violence effrayante et pourtant Aphrodite crier son plaisir, l'encourageant à encore plus de brutalité. Il explosa dans son corps, un orgasme d'une rare intensité. Il s'effondra sur le dos du danseur, cherchant son souffle pendant de longues minutes. Puis il libéra son intimité de sa présence brûlante et retira le préservatif.
- T'as l'air d'avoir aimé ?
- J'ai adoré, même si je f'irais pas ça à chaque fois !
- Aphro ?
- Mmm ?
- Fais-moi la même chose ! Fais-moi mal !
Aphrodite se retourna sous Milo et le regarda de ses grands yeux azur pour chercher la confirmation de ce qu'il venait d'entendre. Dans ses yeux, il vit briller une flamme d'excitation et de stupre qui ne trompait pas. Ils s'embrassèrent sauvagement.
- Fais-moi mal ! susurra-t-il encore d'une voix chargée d'érotisme en pressant ses hanches contre celles de son amant. Le démon de la luxure revint au galop, et Aphrodite se transforma en tortionnaire. Et ça aussi, il adora… Ils s'endormirent, il était presque sept heures du matin…
Milo s'éveilla vers 14:30. Il était seul. Sur la table à coté du téléphone, il trouva un petit mot. "J'ai passé une soirée fabuleuse. Ce soir je bosse. J'ai pas ton téléphone mais si tu veux me revoir, tu sais où me trouver. A."
Un sourire se dessina sur ses lèvres. Lui aussi avait passé une excellente soirée. Rien qu'en y repensant, il sentait des frissons parcourir son corps. Il commanda un en-cas et prit une douche. Il mit son maillot de bain, un t-shirt et après avoir mangé, il attrapa une serviette de bain, sa crème solaire, ses lunettes, un livre qu'il avait emporté dans ses bagages et grimpa au dixième étage de l'hôtel, là où se trouvait la piscine.
Son arrivée fut remarquée, même s'il resta discret. Milo n'était pas un homme qui laissait indifférent. Il était voyant, qu'il le veuille ou pas. C'est qu'il avait de l'allure le parisien avec son physique de top modèle, sa peau mâte, sa longue chevelure d'un bleu azuréen et bouclée qui caressait ses reins. Il s'installa sur un transat un peu à l'écart, ôta son t-shirt, passa la crème solaire sur sa peau et demanda même à un employé de lui en mettre sur le dos. Il s'allongea sur le ventre, rassembla ses cheveux sur son épaule et ouvrit son livre.
Il se baigna à plusieurs reprises pour se rafraîchir, les gouttelettes d'eau brillaient sur son corps comme autant de petits diamants. Ses muscles harmonieusement développés jouaient sous sa peau à chaque mouvement, comme les dunes de sables qui se déplacent sous le souffle du vent du désert. Il était conscient et amusé des regards qui se posaient sur lui. Ceux pleins d'envie des femmes et ceux des hommes partagés entre la jalousie et le désir. Il aimait l'idée d'être temporairement le centre d'intérêt de toutes ces personnes. A la fin de l'après-midi, sa peau avait pris une jolie couleur de miel un peu rouge par endroit mais rien de douloureux. Il retourna dans sa chambre, reprit une douche et fit un petit somme d'une heure. Il fut réveillé par la sonnerie de son mobile.
- Allo ?
- Milo, c'est Aïolia !
- Salut ! Comment tu vas ?
- C'est à toi qui faut d'mander ça ! Comment c'est la Coté d'Azur ?
- Très chouette ! J'suis à Nice.
- Qu'est-ce tu fais de beau ?
- Je m'repose, j'me promène et je me fais draguer !
- C'est pas trop dur ? Tu t'sens pas trop seul ?
- Non. Ca va, j'essaie de pas y penser. Mais comme j'te l'ai dit, Shaka avait raison. On était plus amoureux. C'est pour ça que c'est moins douloureux à encaisser. Comment va Mû ?
- Bien, on va bien tous les deux. On est en congé le mois prochain et on part deux semaines en Grèce.
- Waouw ! Génial ! C'est magnifique ! Vous allez adorer !
- Ben on verra bien. On t'ramènera de l'Ouzo !
- Volontiers. Tu sais qu'c'est mon péché mignon.
- Bon, j'voulais juste savoir si t'allais bien. Fait pas l'con, sois prudent !
- T'inquiètes pas. Ca m'a fait plaisir que t'appelles. C'est moi qui téléphone la prochaine fois.
- D'accord. J't'embrasse !
- Moi aussi ! Embrasse Mû !
Milo raccrocha et sourit. Il se disait qu'il avait quand même de la chance d'avoir des amis comme ces deux là. Il pourrait toujours compter sur eux quoiqu'il arrive.
Entièrement vêtu de cuir sauf sa chemise de soie noire, il se baladait sur la Promenade des Anglais caressée par un magnifique soleil couchant, d'un pas nonchalant, décontracté. Il repéra un petit snack sans prétention où il s'arrêta pour commander un sandwich steak haché frites salade. La serveuse, une ravissante antillaise à la peau caramel et aux immenses yeux bruns, lui fit son plus beau sourire auquel il répondit volontiers. Il lui laissa cinq euros de pourboire uniquement pour ce magnifique sourire justement et lui fit un clin d'œil avant de repartir avec son sandwich.
Ses pas le menèrent sur la plage où il y avait encore quelques baigneurs. Il s'assit sur les galets, le dos contre le mur et grignota distraitement ses frites en regardant la mer. Il repensa bien sûr à la soirée de la veille. Toutes ses sensations qu'il avait ressenties le faisaient encore frissonner. Depuis des années, il n'avait plus fait ce genre d'excès. Et s'il voulait être honnête avec lui-même, il devait s'avouer que ça lui avait manqué. La vie qu'il avait menée jusqu'à présent l'avait satisfait mais ce n'était pas lui. C'était une vie calme, bien réglée, routinière même s'il avait éprouvé beaucoup de plaisir à être ainsi. Il aimait son boulot, il avait des amis, il y avait eu Shaka, il avait un magnifique appartement, une voiture de luxe. A presque trente ans, il pouvait se vanter d'avoir plutôt bien réussi. Alors pourquoi cette furieuse envie de tout foutre en l'air ?
Parce que ce n'était pas lui.
Ce jeune cadre dynamique bcbg n'était qu'un imposteur. Le véritable Milo n'était pas comme ça. Et maintenant qu'il était réveillé, il ne voulait plus être bridé. Il voulait rattraper tout ce temps ou on lui avait interdit de s'exprimer. Il voulait vivre au grand jour, une vie faite de plaisirs, d'excès, de folie. Mais en y réfléchissant bien, pour avoir de telles pensées, c'est que la bête n'était complètement libre. Ou bien peut-être la maturité lui permettait-elle de la contrôler encore un peu. Il lui restait plusieurs jours de vacances, et pour l'instant, il voulait s'étourdir, ne penser à rien sauf s'amuser de toutes les façons possibles. Il verrait le moment venu qui rentrerait à Paris. Le jeune cadre bcbg ou le jeune cadre débauché ?
Le soleil avait fini sa course dans les flots de la Méditerranée et la plage commençait à se remplir d'oiseaux de nuits. Une jeunesse qui vivait à l'envers et qui, elle aussi, profitait de cette période estivale pour se laisser aller à toutes les folies et expériences. Il regarda sa montre. Il avait le temps d'aller au "Sexy Boys" en marchant tranquillement. Aphrodite lui avait donné le numéro de téléphone de son dealer et Milo appela. Une femme répondit et après une brève conversation pour s'assurer qu'il n'était pas un flic, elle lui donna rendez-vous à deux rues du Club.
Il s'engagea dans la ruelle sombre. Il y avait quelques passants. Tous ses sens en alerte, il avançait lentement, le plus naturellement possible. Il passa devant une porte cochère quand une voix l'interpella.
- T'es l'copain d'Aphrodite ?
Il s'arrêta et tenta de voir à qui appartenait cette voix de femme. Mais l'ombre l'en empêcha. Il s'approcha.
- Prend-moi dans tes bras et embrasse-moi ! reprit la voix.
- Pardon ?
- Fais c'que j'te dis ou casse-toi !
Milo enlaça la jeune femme et l'embrassa. Il sentit qu'elle glissait quelque chose dans la poche arrière de son pantalon tout en continuant à caresser ses lèvres avec les siennes. Milo sentit un bien agréable frisson remonter sa colonne vertébrale et la serra d'avantage contre lui. Elle le laissa faire. Apparemment le corps d'une femme lui faisait encore beaucoup d'effet. Il ne s'y attendait pas.
- Tu mets l'pognon dans ma poche de la même façon, murmura-t-elle
- Comment tu vas savoir qu'y a le compte ?
- Vaut mieux pour toi. J'ai deux potes qui nous surveillent. Si j'les préviens pas dans les deux minutes, y viendront chercher c'qui manque sur ta carcasse avec les intérêts, répondit-elle en l'embrassant encore.
- Et si je suis pas satisfait de la qualité ? demanda-t-il en laissant ses lèvres s'aventurer dans son cou. Il la sentit trembler.
- Aphrodite et moi on s'connaît depuis des années, il a du te l'dire. Si c'est toujours mon client c'est qu'il est content d'la marchandise. Et arrête de me peloter comme ça !
- J'croyais qu'ça t'plaisais ! Si ça m'convient pas, moi aussi j'viendrais m'servir sur ta carcasse ! Et je ne prendrais pas que la coke ! souffla Milo d'un ton mielleux et dangereux qui n'échappa pas à la jeune femme, en glissant une main audacieuse sur l'arrondit d'un sein. Puis il la reprit dans ses bras et lui donna un baiser un peu brutal et terriblement sensuel auquel elle n'eut pas d'autre choix que de répondre parce qu'elle n'arrivait plus à résister à cet homme qui avait mis le feu à tous ses sens par ses baisers brûlants. Son corps la trahissait La sentant sur le point de succomber, Milo la lâcha soudainement et repartit en direction du Club.
A suivre…
J'espère que ça vous a plu.
