Disclaimer : Les personnages appartiennent à Masami Kuramada.
Genre : Romance/Angst. Yaoi, threesome. Un peu OOC.
Rating : M.
Avertissement : Le langage est parfois un peu cru, certains lemons un peu violents. Que ceux qui n'apprécient pas ne commencent pas à lire ! J'ai tenté de retranscrire le langage oral que nous employons tous les jours.
Spoiler : Univers alternatif. Suite à une rupture, Milo va sombrer dans la déprime et laisser libre cours à ses pulsions. Sa rencontre avec certaines personnes va précipiter sa chute sans qu'ils ne s'en aperçoivent. Mais quelqu'un va le sauver de lui-même.
Note : Je sais que j'ai une autre fic en cours et que je ne devrais pas me lancer dans l'écriture d'une nouvelle histoire. Mais quand les idées viennent, c'est dur de les ignorer. J'espère que cet UA vous plaira. Dites-le et laissez vos reviews. Je ferai de mon mieux pour y répondre. Merci.
Chapitre 8
Ils arrivèrent chez Milo à peu près à l'heure dite, Camus les attendait nonchalamment appuyé contre le mur à coté de la porte avec deux bouteilles de vin. Milo le dévisagea, incapable de s'en empêcher. Décidément, cet homme avait le don de le mettre dans tous ses états par sa simple présence.
- J'ai pris du rosé parce que j'sais pas c'que vous avez prévu à bouffer ! fit-il en souriant légèrement.
- T'as bien fait ! répondit Milo avec un sourire charmeur tout en ouvrant la porte.
Ils déposèrent leurs courses dans la cuisine, se débarrassèrent de leurs vestes et blousons et commencèrent à préparer le repas dans une ambiance décontractée. Ils racontèrent à Camus leur séance photos, et celui-ci remercia le ciel et Milo d'avoir finit par réussir à les convaincre. Angelo se chargea de la sauce bolognaise, Saga faisait cuire le spaghetti, Aphrodite s'occupait du dessert, Kanon de la salade et des fromages, Camus et Milo de l'apéritif. Ils se retrouvèrent tous les deux dans le salon pour disposer les verres, les bouteilles et les ramequins sur la table basse.
- Alors t'as été honnête avec eux ? demandant Camus, faisant allusion à la petite discussion qu'ils avaient eu la veille.
- Ouais, j'leur ai parlé.
- Et alors ?
- On va dire que c'est un statu quo. Kanon m'a lancé un défi que j'ai relevé et j'suis en train de le gagner.
- C'est-à-dire ?
- Il a dit que je s'rais pas capable de pas boire ou de pas prendre de la coke parce qu'il croit que j'suis accro. On a passé la journée tous ensemble et à part pendant le repas de midi, j'ai pas bu et j'ai pas sniffé de toute la journée.
- C'est bien, faut qu'tu continues !
- Mais y a pas de soucis. J'peux m'en passer sans problème.
- C'est pas à nous que tu dois le prouver mais à toi-même. Montre-toi que t'es plus fort que cette merde.
- T'en a pris aussi, j'vois pas pourquoi maintenant tu condamnes ceux qui font pareils !
- J'les condamne pas et pour ta gouverne, j'en prends encore de temps à autres, comme eux mais pas comme toi. Mais c'est quand même de la merde.
Milo le regarda avec une expression indéfinissable dans le regard. Puis il baissa la tête et se dirigea vers le bahut de la salle à manger.
- Tu m'aides à mettre la table ?
Camus le rejoignit sans rien dire. Il disposa les assiettes que lui faisait passer Milo, puis les verres et les couverts.
- Et toi, c'est quoi ton histoire ?
- Ils t'en ont parlé ?
- J'ai compris que t'avais eu un problème, j'en ai déduit que c'était avec un client du Club si j'en juge par la réaction de Saga quand Aphrodite lui a dit que j'étais aussi un client.
- Un client a voulu me rencontrer à la fin mon numéro comme tu l'as fait avec Aphro. Il était sympa, très séduisant. Il avait glissé un billet de cent euros dans mon string. On a bu un verre. Il est revenu plusieurs soirs d'affilés, j'ai fini par accepter de sortir avec lui. Il m'a invité chez lui, j'étais méfiant mais sans plus. Il avait drogué le vin qu'il m'a offert. Quand j'me suis réveillé, j'étais attaché sur son lit et bâillonné. Pendant deux jours, y m'a tabassé. Y m'a pété le nez, ouvert l'arcade sourcilière et la pommette. J'ai eu trois côtes fracturées aussi. Il disait qu'il haïssait les homosexuels, il était homophobe. Mais ça l'a pas empêché d'me violer un nombre incalculable de fois et pas qu'avec son sexe. J'vais pas t'faire un dessin !
- Non, pas la peine !
- A force de me débattre, mes liens se sont desserrer. J'ai profité qu'il était sorti pour m'enfuir. J'ai juste eu le temps de prendre une chemise et mon téléphone et j'suis sorti dans la rue. J'arrivais à peine à marcher, il faisait nuit. Je me suis écroulé dans une petite ruelle et j'ai appelé Aphro. Ils sont venus me chercher avec Angelo et m'ont emmené à l'hôpital. J'avais un poumon perforé par une côte cassée. J'ai porté plainte contre X. Quand j'suis sorti d'l'hosto, j'ai plus voulu remonter sur scène, j'avais peur. Pourtant tous les soirs j'étais là, dans les coulisses. Et il est rev'nu. Je l'ai désigné à Angelo et Aphrodite. Entre temps, un danseur du Club des jumeaux, Isaak, avait subi la même chose que moi, mais lui, il a perdu un œil à cause d'un coup de pied dans la tempe. Ca aurait pu le tuer. Je sais qu'ils se sont débrouillés pour lui faire passer l'envie d'recommencer. Je sais pas c'qui lui on fait et j'veux pas savoir mais j'ai confiance en eux. Y z'ont dû méchamment l'amocher. Ensuite, j'ai retrouvé une carte de visite que m'avait laissé un photographe. Certains font les Clubs comme les nôtres pour trouver des physiques intéressant. J'y suis allé avec Aphro. Y m'a fait un book. Au début, y prenait un pourcentage sur mes contrats qui étaient loin d'être extraordinaire. Ensuite j'ai commencé à courir les castings tout seul, sans lui. La suite tu la connais.
Milo était assommé. Il comprenait mieux maintenant la méfiance de Saga, la première fois qu'ils s'étaient rencontrés. Il essaya d'imaginer le visage de Camus tuméfié, ensanglanté. Il eut un haut le cœur et mis une main devant sa bouche. Ses yeux exprimaient une telle tristesse, elle avait supplantée la colère qu'il avait sentit monter en lui à mesure qu'il écoutait le récit. Il s'approcha de Camus, leurs yeux s'accrochèrent. Le bleu du saphir rencontra le bleu de la glace. Il prit une mèche de cheveux entre ses doigts et la fixa. Ils étaient doux, soyeux.
- Comment peut-on vouloir te faire du mal ? murmura-t-il lentement, sans avoir conscience que Camus l'entendait.
- On prend l'apéro et ensuite, les pâtes ! fit la voix enjouée d'Angelo.
La magie du moment s'envola. Ils se mirent à table et passèrent une soirée formidable. Milo se félicita intérieurement de n'avoir pas touché à l'alcool ni à la drogue de la journée. Pourtant depuis un bon moment, il avait la sensation qu'il lui manquait quelque chose. Il avait envie de sortir, d'aller en boite. Mais après réflexion, il se dit qu'il était bien chez lui.
Milo vérifia ses mails pendant que ses amis buvaient leur café. Ils l'entendirent jurer.
- Mauvaises nouvelles ? demanda Saga
- Faut qu'je passe au bureau demain. Un contrat qui devait être signé veut être rediscuté par le client.
- T'inquiète pas ! Demain j'bosse pas, je m'occup'rai des touristes ! plaisanta Camus qui se fit chambrer par ses amis.
Milo lui fit un clin d'œil pour le remercier. Puis il appela Mû qui lui avait aussi envoyé un mail pour l'inviter à un barbecue.
- Salut ! C'est Milo !
- Tu vas bien ?
- Ca roule ! Dis-moi, c'est sympa ton invitation mais j'ai du monde à la maison pour quelques jours.
- Et alors ? Viens avec eux ! Y aura mon beau-frère et son ami. Combien y sont ?
- Cinq !
- Allez ! Amène-les !
- Attends, quitte pas… Hé, ça vous dit un barbecue samedi midi chez des amis à moi ?
- On va pas les envahir, répondit Saga par politesse.
- Ben vous êtes invités mais si vous voulez faire autre choses, y pas d'soucis !
- Ben c'est sympa, moi j'suis partant, fit Aphrodite en regardant ses amis qui approuvèrent.
- Mû ? Ca marche ! On sera six alors. Vers qu'elle heure on vient ?
- Onze heures c'est bien !
- D'accord ! A sam'di alors !
- A sam'di !
Il raccrocha et se rassit avec ses compagnons pour boire son café qui était presque froid.
- Sympa tes amis ! fit Angelo. Y nous connaissent pas et y nous invitent chez eux.
- Y m'connaissent moi, ça leur suffit.
- Y sont gays aussi ? demanda Kanon.
- Jusqu'au bout des ongles ! Le frère d'Aïolia aussi !
- C'est d'famille chez eux ! éclata de rire Angelo.
- Tu crois que l'homosexualité c'est génétique ? renchérit Saga en regardant son frère.
- Ch'ai pas ! Mais je pense que les scientifiques devrait se pencher sur la question, répondit Kanon en déposant un baiser chaste sur la main de son frère et le couvant d'un regard complice.
- Comment vous en êtes arrivé à être amant tous les deux ? s'enquit Milo. Parce que c'est quand même de l'inceste. Perso j'men fous, si vous êtes heureux comme ça, c'est l'essentiel ! J'suis juste curieux.
- Au début c'est moi qui ai commencé à faire du strip-tease, expliqua Saga. Kanon venait me voir de temps en temps. Le gérant l'a vu et y nous a demandé si on pouvait pas faire un show à deux. On a réfléchi, on a mis un numéro au point et on a tenté le coup. Ca a fait un tabac immédiatement. Le fait qu'on soit jumeaux, ça doit faire fantasmer les gens au point qu'ils en oublient la morale.
- Je confirme, déclara Milo en souriant. J'ai fantasmé comme un malade ! fit-il, déclenchant les rires de ses compagnons.
- On a tous fantasmé ! confia Aphrodite. Mais un fantasme disparaît quand tu le réalises.
- Ca dépend, y en a qui sont persistants ! ajouta Camus.
- Ah ? Ca veut dire quoi ça ? le taquina Angelo.
- J'en dirais pas plus ! Pas la peine d'insister !
Bien sûr, ils le harcelèrent mais Camus tint bon, il ne révéla rien. Saga repris son récit.
- Au bout de quelques temps, Kanon m'a dit qu'il avait une idée pour le numéro mais il avait un peu peur de m'en parler, que je pourrais trouver ça répugnant. Il pensait qu'on devrait s'embrasser pour qu'le numéro soit encore plus intéressant. Il était persuadé que ça attirerait encore plus de clients. Les gens sont voyeurs et voir des jumeaux se rouler une pelle, même si ça choque la morale, ça les excite ! Et ça a marché !
- Un jour, on répétait le numéro chez nous, poursuivit Kanon. On arrivait à la fin, j'ai attrapé Saga pour l'embrasser. On s'est regardé un instant et on a recommencé mais ça faisait plus parti du numéro. Et on s'est même pas senti coupable d'avoir fait ça. On en avait envie c'est tout. Ca fait presque quatre ans. Maintenant c'est sûr que si tu pousses plus loin, tu vas te demander si c'est pas du narcissisme poussé à l'extrême et t'auras pas tord. Mais c'est comme ça. Et puis on est discret, on fait d'mal à personne. On provoque personne en s'affichant.
- Pour vivre heureux, vivons caché ! observa Angelo.
- Mais vous avez des aventures chacun de votre coté quand même ? demanda Milo.
- Oui, mais c'est rare. Jusqu'à présent j'suis toujours revenu dans les bras de Saga et lui dans les miens. C'est encore là que je me sens le mieux. Personne ne m'aime comme lui !
Kanon se cala contre l'épaule de son frère qui l'embrassa sur le front. Leurs doigts s'entrecroisèrent. Les quatre autres les regardèrent, attendris. Camus rompit cet instant un peu particulier en disant qu'il devait rentrer.
- Tu peux rester ici, lui proposa Milo. Y reste une place dans mon lit. C'est la seule place qui reste, sourit-il rapidement et levant les mains en l'air pour se défendre d'avoir de mauvaises intentions en voyant la tête du mannequin
- J'retiens l'invitation, j't' r'mercie. Mais j'ai rien emporté pour me changer.
- J'peux te prêter des fringues, on a presque la même taille, tu m'les rendras plus tard.
- Ecoutes, tu sais quoi ? J'vais rentrer chez moi, j'habite à vingt minutes d'ici en voiture. Demain j'reviens et j'm'occupe d'eux pendant qu't'iras à ton bureau. Si t'as confiance en moi, laisse-moi un trousseau de clé parce que j'suis sûr que j'vais les réveiller demain matin.
- Bien sûr que j'ai confiance en toi ! D'accord, on fait comme ça. Demain j'vous laisse mon appart. J'espère que j'en aurai pas pour longtemps.
Camus les laissa. Ils déplièrent les canapés et se couchèrent. Milo aurait aimé s'endormir aisément mais il entendait Saga et Kanon faire l'amour. Il entendait leurs soupirs et gémissements à travers la cloison qu'il n'aurait pas crut si fine. Il imagina aisément ce qu'ils faisaient en fonction de ce qu'il entendait. S'ils se donnaient du plaisir avec leurs mains, ou avec leurs bouches. Un râle plus fort suivi d'un "oui !" lascif lui fit comprendre que Saga venait de prendre son frère. Un feu embrasa son corps, il aurait bien voulu les rejoindre mais il voulait gagner son pari contre Kanon. Pas d'alcool, pas de drogue, pas de sexe pendant un temps indéfini pour prouver qu'il n'était pas accro. Mais rien ne l'empêchait de fantasmer, de se caresser. Ils étaient trop occupés pour l'entendre. Il laissa ses mains partir vagabonder sur son corps brûlant. L'une s'arrêta sur son torse pour martyriser délicieusement ses tétons alors que l'autre se glissait jusqu'à son sexe dressé. Il ferma les yeux, se concentra sur ce qu'il entendait, repensant à toutes ses nuits qu'ils avaient passé avec eux cet été, dans leurs bras, assaillit par leur deux corps chauds et forts.
Combien de fois avaient-ils fait l'amour tous les trois et parfois aussi avec Aphrodite et Angelo ? Sa respiration s'accéléra à ces souvenirs torrides et il se mordit les lèvres pour ne pas gémir trop fort. Sa main fermée sur son désir dur et brûlant accéléra ses mouvements. La jouissance le tétanisa pendant quelques secondes. Il lécha avec délectation ses doigts salis, retrouvant cette saveur amère qu'il aimait tant. Le sommeil commença à le gagner. Son esprit dériva, complètement libre, sans entrave. Son corps, pourtant temporairement apaisé, en réclamait un autre, n'importe lequel. Non, pas n'importe lequel. Une image se forma dans son esprit de plus en plus embrumé. Un visage apparut, flou, flottant avec un regard intense et perçant. Un visage si beau…
Avant de sortir de sa voiture garée dans sur la place qui lui était réservé dans l'immeuble où se trouvait le siège de la société pour laquelle il travaillait, Milo sniffa une dose de cocaïne qu'il venait d'acheter. Tant pis pour le pari, il avait en trop besoin. Il allait devoir affronter le représentant du gouvernement Mongol et il lui faudrait être en pleine forme, percutant, séduisant, pour conserver les mêmes clauses du contrat. Il avait de la marge pour négocier mais plus il lâcherait de leste et moins sa société ferait de bénéfice. Et sa commission serait revue à la baisse.
Il entra dans le bureau de son patron avec légèreté mais sans sourire. Il avait envie de rester encore un peu en maladie et ne voulait pas montrer qu'il avait retrouvé sa joie de vivre depuis que les Niçois avaient débarqué chez lui.
- Bonjour Milo ! Vous avez l'air d'aller mieux ! lui dit celui-ci en lui serrant la main.
- Les antidépresseurs commencent à faire leur effet, mentit-il. Il n'en prenait pas, c'était pas trop compatible avec l'alcool. On dirait que je commence à sortir la tête de l'eau.
- Tant mieux, tant mieux. Alors que j'vous explique. Le gouvernement Mongol veut revoir à la baisse le nombre de stations services.
- Pourquoi ? On leur a pas donné assez de garanties ? On est capable de toutes les construire dans les délais impartis.
- Non, c'est une question de budget. Vous avez négocié pour quarante stations et j'ignore combien ils veulent en enlever.
- Ils sont arrivés ?
- Oui, on peut y aller si vous êtes prêt.
Les deux hommes accompagnés d'une secrétaire et d'un responsable des chantiers entrèrent dans la salle de réunion où les attendaient le secrétaire d'état de l'industrie et du commerce mongol avec son conseillé et un traducteur, bien que tous parlent anglais. Les présentations faites, la réunion commença.
Cinq heures plus tard, Milo, exténué par une négociation pied à pied, sortit de la salle de réunion. Il avait quand même fait deux fois un saut aux toilettes pour se remotiver avec sa petite fiole de poudre blanche. Il avait réussi à conserver trente-deux stations alors que le secrétaire d'état était tombé à vingt-cinq. Son patron lui aurait embrassé les pieds. Mais tous les deux savaient que pour passer de vingt-cinq à trente-deux stations services, c'est qu'ils pouvaient encore en prendre. Le but de Milo était de ne pas descendre en dessous des trente et il avait réussi. Il retourna à sa voiture après avoir finalisé le contrat qui venait d'être signé et qui lui assurait une commission de plusieurs dizaine de milliers d'euros. Son premier réflexe en montant dans sa voiture fut de prendre encore un peu de cocaïne et le second d'appeler Philippe, son jeune et si obéissant amant. Une vague de désir lui traversa le ventre et il se demandait encore comment il avait réussi à tenir si longtemps et faire bonne figure devant ses amis. Il n'avait plus envie de jouer à ce petit jeu. Il voulait être lui-même. Définitivement. Le malheureux Philippe fit les frais de sa frustration mais il sembla fortement apprécier. Lorsqu'il voulu savoir pourquoi Milo ne l'avait pas appelé pendant plusieurs jours, il regretta d'avoir posé la question en entendant la réponse.
- Tu crois que t'es mon seul amant ? Tu t'prends pour qui ?
Puis s'approchant de lui avec une lueur sauvage dans les yeux :
- T'es qu'un jouet pour moi. J'tai jamais rien promis. Pourquoi tu crois que je masque mon numéro de téléphone quand j't'appelles ou que j'tai jamais emmené chez moi ? Parce que comme ça si j'me lasse de toi, j'ai qu'à effacer ton numéro d'mon portable. Pffuit ! Disparu le mignon petit Philippe si soumis et si obéissant.
- Mais Milo… je… je t'aime moi… j'ai besoin de toi.
- Moi j't'aime pas. Ou plutôt j'aime ton corps pour le plaisir qu'il me procure, c'est tout. Un coup d'fil et hop ! T'accoures à quatre pattes comme une chienne en chaleur. Et ça tu vois, ça m'excite. Alors si tu veux que j'continue à t'appeler, t'évites de trop m'coller et tu poses plus d'question !
La porte se referma. Philippe resta sur son lit, nu, à sangloter comme un gamin. Comment avait-il pu en arriver là ? Mais il ne pouvait pas résister à Milo. Sa sensualité brûlante avait eu raison de son cœur et lorsqu'il commença à avoir une attitude plus brutale et dominatrice, il accepta sa soumission, trop effrayé de ne plus le voir. Il passait ses journées dans l'attente d'un coup de téléphone ou d'un sms. Il ne pouvait plus se passer de Milo. Il lui avait fait atteindre des sommets inégalés dans l'extase sexuelle en passant par une exquise douleur savamment distillée. Il lui avait fait franchir ses limites, il acceptait tout de Milo. Et voilà qu'il l'avait mis en colère. Il ne lui restait plus qu'à espérer qu'il lui pardonnerait et qu'il l'appellerait. Il avait tant voulu se l'attacher mais il ne connaissait pas Milo, il ne savait pas qui il était, qui il était vraiment…
A suivre…
J'espère que ça vous a plu.
