Disclaimer : Les personnages appartiennent à Masami Kuramada.
Genre : Romance/Angst. Yaoi, threesome. Un peu OOC.
Rating : M.
Avertissement : Le langage est parfois un peu cru, certains lemons un peu violents. Que ceux qui n'apprécient pas ne commencent pas à lire ! J'ai tenté de retranscrire le langage oral que nous employons tous les jours.
Spoiler : Univers alternatif. Suite à une rupture, Milo va sombrer dans la déprime et laisser libre cours à ses pulsions. Sa rencontre avec certaines personnes va précipiter sa chute sans qu'ils ne s'en aperçoivent. Mais quelqu'un va le sauver de lui-même.
Note : J'espère que cet UA vous plaira. Dites-le et laissez vos reviews. Je ferai de mon mieux pour y répondre. Merci
Chapitre 12
A partir de là, Milo sombra de plus en plus dans cet enfer. Il répondait aux mails des Niçois, leur affirmant que tout allait bien. Au téléphone, il arrivait à donner le change. Camus passait le voir de temps en temps et là aussi, il faisait bonne figure. Le mannequin avait des soupçons mais il ne vit rien de suspect de ses propres yeux. Milo lui semblait parfois avoir un peu trop bu, ou être trop remuant peut-être sous l'effet de la drogue mais rien de vraiment alarmant.
De leur coté, les Niçois commençaient à être contactés via leurs sites Internet. Les jumeaux étaient montés à Paris une journée pour voir deux Clubs très intéressés par leur numéro. Aphrodite avait décroché trois séances photos et Angelo, deux. Eux non plus n'avaient rien noté d'alarmant.
Pourtant, jour après jour, semaines après semaines, Milo s'enfonçait un peu plus. Il se rendit à plusieurs reprises à son bureau mais son patron refusa qu'il reprenne le travail, estimant qu'il n'était pas encore en état de le faire. Milo ressortait à chaque fois avec le sourire aux lèvres, ravi de sa petite comédie.
Mais, un soir, il alla trop loin. Il était au bord du gouffre et fit un pas de trop…
Camus s'éveilla en entendant la sonnerie de son portable. Complètement dans le cirage, il répondit. A l'autre bout du fil, un homme se présenta comme étant le médecin des urgences de l'hôpital. Il lui expliqua que son numéro était dans le mobile d'un homme qu'on venait de leur amener et qui n'arrêter pas de prononcer son nom en délirant. Cet homme s'appelait Milo Parédès.
Une demi-heure plus tard, il entrait aux urgences et demandait à voir Milo. Un médecin arriva.
- Il a fait une overdose de cocaïne par injection. Il réagit bien au traitement mais il est encore inconscient. On ne saura qu'à son réveil s'il aura des séquelles et de quelle nature elles seront.
- Je peux le voir ?
- Oui, bien sûr.
- Qui l'a amené ?
- Un homme jeune qui n'a pas laissé son nom et qui est reparti juste après nous avoir dit ce que monsieur Parédès avait fait. Je vous laisse, j'ai d'autres patients à voir. Ne restez pas trop longtemps.
Camus entra dans la chambre sans un bruit. Une lumière douce émanait du haut du lit vers le plafond. Plusieurs appareils de surveillance entouraient Milo, dans son bras était fixée une perfusion. Il s'approcha du lit et regarda le visage de son ami. Il le trouva amaigri. Des cernes sombres soulignaient ses yeux fermés. Camus sentit sa gorge se serrer et des larmes brouillèrent sa vue. Il s'assit sur la chaise toute proche, pris sa main dans la sienne et la mit contre sa joue. Il s'en voulait. Comment avait-il pu ne pas voir dans quel état était Milo ? Il connaissait pourtant bien les symptômes pour y avoir été confronté par le passé, quand il était encore strip-teaseur. Encore aujourd'hui, il voyait des mannequins faire le grand plongeon pour soi-disant supporter la pression du boulot. Comment avait-il pu passer à coté de ça ? Il avait failli le perdre et il n'avait rien vu. Il laissa couler ses larmes, il ne pouvait plus les retenir. Comment en était-il arrivé là ? Pourquoi ça lui faisait si mal de voir Milo dans ce lit, entre la vie et la mort ?
- Accroche-toi Milo ! Bat-toi ! murmura-t-il à son oreille. T'as pas le droit de partir sans que j'aie remboursé ma dette ! Accroche-toi !
Il posa sa tête sur le lit, sa main toujours dans la sienne et se laissa gagner par le sommeil, épuisé par le stress, par la peur, par la panique…
Il remontait lentement des brumes du sommeil. Il lui semblait que quelqu'un lui caressait doucement les cheveux. Il cligna des yeux, les ouvrit. Il lui fallut quelques secondes pour se souvenir où il était. Il prit soudain conscience que quelqu'un lui touchait effectivement les cheveux. Il leva la tête et croisa deux lacs saphir qui le regardait avec une lueur de tristesse profonde et de honte. Sans réfléchir, Camus se leva et posa ses lèvres sur le front frais de Milo. Il resta ainsi de longues secondes.
- Pardonne-moi ! entendit-il murmurer faiblement. Il se rassit et regarda le jeune cadre.
- Chuuut ! Ne parle pas. Repose-toi !
- Qu'est-ce qui s'est passé ?
- T'as fait une overdose de coke. Un type t'a amené ici. Tu n'arrêtais pas de prononcer mon nom et le médecin a trouvé mon numéro dans ton portable. Ils m'ont appelé à quatre heures du matin.
Milo ferma les yeux et détourna la tête. Il avait tellement honte.
- Vous aviez raison… Je suis un drogué et un alcoolique… Camus j'ai besoin d'aide…
Il se mit à pleurer, Camus s'assit sur le lit et le prit dans ses bras. Il le berça longtemps, lui disant des mot rassurant, l'encourageant à se prendre en main, lui promettant qu'il resterait à ses cotés jusqu'à ce qu'il aille mieux.
- Ca te dirait que je vienne vivre quelque temps avec toi, le temps que tu sois remis sur pieds ?
- Tu f'rais ça ?
- Bien sûr ! Sinon, j'te le proposerais pas !
- Et ton boulot ?
- Tu viendras avec moi. Je dirais que t'es mon assistant, tu pourras m'accompagner partout.
Les deux hommes se regardèrent en silence. Milo se sentait tellement misérable, il avait tellement honte de leur avoir menti à tous. Une infirmière entra avec un beau sourire.
- Bonjour ! Comment vous vous sentez ? demanda-t-elle en vérifiant les poches de perfusion.
- J'ai l'impression d'avoir passé la nuit à tourner dans l'tambour d'un sèche-linge mais sinon ça va !
- C'est normal. Votre corps c'est battu pour survivre, c'est pour ça que vous êtes épuisé. Vous l'avez échappé belle. Vos constantes sont bonnes. On va vous porter un petit déjeuné.
- Vous pensez que j'peux sortir aujourd'hui ?
- Le médecin va venir vous voir, il vous en dira plus.
Elle les laissa pour poursuivre ses visites.
- Camus, pourquoi tu veux faire ça pour moi?
- J'ai une dette, tu t'rappelles ?
- Raah ! J't'en prie ! Tu t'caches derrière cette excuse !
- D'accord ! Les Niçois t'ont confié à moi et j'ai une dette envers eux. Alors je leur ai promis de veiller sur toi.
- C'est une obsession de vouloir rembourser tes dettes.
- J'y mets un point d'honneur, c'est vrai. Mais j'ai aussi beaucoup d'estime pour toi. Je sais que tu ne te résumes pas à ce type impulsif, uniquement gouverné par ses envies. Tu es aussi quelqu'un de généreux, de tolérant, de sympa. T'es un gars adorable, mais faut qu't'arrêtes de jouer au con.
Une aide-soignante entra et posa un plateau avec un croissant, un jus de fruit et lui servit un café qu'il avait demandé. Il commença à manger tout en répondant à Camus.
- Tu crois que tu m'connais ? Non ! Tu m'connais pas Camus ! Je suis comme ça et pas autrement.
- Oui, mais tu n'es pas QUE comme ça. Tu peux te contrôler. Sans en arriver à ce que tu as fait il y a dix ans, tu peux concilier tes deux facettes. Celle politiquement correcte comme tu dis, et l'autre, un peu folle et extrême. C'est, à mon avis, c'que t'aurais dû faire dès le départ. Une entrave totale n'était pas la solution. Tôt ou tard, t'aurais craqué. Et voilà le résultat.
- Je reconnais que j'ai peut-être pas choisi la bonne méthode.
- C'est même certain. Tu m'as dis que t'avais déjà essayé de te piquer.
- Y a une douzaine d'années à l'héro ! J'ai aussi fait une overdose.
- Et encore une hier. Jamais deux sans trois comme on dit, seulement la prochaine pourrait bien être la dernière. J'te préviens, j'irai pas à tes funérailles.
- Bonjour monsieur Parédès, fit le médecin en entrant dans la chambre. L'infirmière m'a dit que vous vous sentiez plutôt bien. Je vois que vous avez mangé.
- J'avais vraiment très faim;
- Votre corps a dépensé beaucoup d'énergie pour vous maintenir en vie, c'est normal que votre estomac crie famine.
- Quand est-ce que j'peux sortir ?
- Je vais être direct monsieur Parédès. Vos analyses toxicologiques ne sont pas folichonnes. Vous êtes dépendant de la cocaïne et peut-être même de l'alcool. Ce n'est pas encore trop grave, vous avez de très bonnes chances de vous en sortir. Il serait judicieux que vous suiviez un programme de désintoxication. Vous ne semblez pas avoir de séquelles de votre overdose, vous avez beaucoup de chance. Vous vivez seul ?
- Je vais m'installer chez lui le temps qu'il faudra, répondit Camus à sa place.
- C'est une bonne chose. Vous ne devez pas rester seul, c'est encore le meilleur moyen de déprimer et de replonger. Vous avez eu beaucoup de chance. Je ne voudrais pas vous revoir ici ou à la morgue. Je vais vous donner les coordonnées d'un psychothérapeute qui vous aidera à comprendre les raisons de vos excès et qui vous donnera les moyens de vous en sortir. Si vous voulez y aller avec votre ami, vous pourrez le faire. Je vais signer votre autorisation de sortie et vous faire tous les papiers nécessaires. Au revoir messieurs.
Ils passèrent chez Camus qui prit quelques affaires et arrivèrent enfin chez Milo. Immédiatement, il appela Philippe.
- C'est moi.
- Y t'ont laissé sortir ?
- C'est toi qui m'a amené à l'hosto ?
- Oui. Tu t'es écroulé comme une masse et j'arrivais pas à te réveiller.
- Merci Philippe, tu m'as probablement sauvé la vie.
- T'aurais fait la même chose.
- Sûrement. Ecoutes, j'ai un problème et il va falloir que je le règle. On va pas s'voir pendant un moment.
- Je comprends. Appelle-moi de temps en temps pour me dire comment tu vas.
- Pourquoi t'es pas resté à l'hôpital ?
- J'ai eu peur qu'y posent trop de questions, qu'ils appellent les flics !
- D'accord. Fais gaffe à toi !
- Milo ?
- Oui ?
- Je t'aime.
- Philippe… tu f'rais mieux de m'oublier. Je suis pas quelqu'un de bien pour toi.
- Mais… Milo…
- Oublie-moi Philippe ! J'peux pas t'aimer !
Il raccrocha et effaça le numéro de son téléphone. S'il devait tourner la page, autant commencer immédiatement. Un reste de conscience lui disait qu'il devait protéger le pauvre garçon de la bête qui sommeillait en lui et que Philippe savait si bien faire sortir de son antre glauque et malsaine. Il alla ensuite dans le bar et vida toutes les bouteilles d'alcool dans l'évier. Il n'avait plus de cocaïne, ce qui tombait bien, parce que là, il n'aurait peut-être pas eu le courage de s'en débarrasser.
Pendant ce temps, Camus déballa ses affaires et commença à s'occuper du repas. Ils dinèrent tranquillement. Milo était gêné, il se sentait tellement misérable. Il mit un cd de musique classique et s'assit dans le canapé, les pieds sur la table basse. Le mannequin vint s'asseoir à ses cotés et adopta la même position. Ils discutèrent de tout et de rien, se racontant leur vie, leur joies, leurs déception. La mère de Camus vivait à Nice et les parents de Milo à Paris, à une heure de chez leur fils. Ils se confièrent les raisons pour lesquelles ils étaient devenus homosexuels. Milo avait fait sa première expérience avec le dealer qui lui avait vendu sa première dose de cocaïne et Camus suite à une rupture avec une fille. Aphrodite, son ami d'enfance, avait ramassé son cœur à la petite cuillère et à force de pleurer sur son épaule, ils avaient fini dans le même lit. Camus avait très rapidement oublié cette fille. Ils étaient restés ensembles quelque semaines et avaient arrêter de se voir en tant qu'amant quand Camus eut fini de rafistoler son cœur. Il avait dix-sept ans à l'époque.
Il était à peine onze heures lorsque, voyant les paupières de Milo se fermer de plus en plus souvent, Camus suggéra qu'ils aillent se coucher. Cette fois Milo ne lui proposa pas le canapé. Sitôt couché, il vint se blottir dans les bras de Camus qui le serra contre lui bien volontiers avec un soupir de satisfaction. Il s'endormit en quelques minutes. Camus le regarda longtemps dormir. Il s'en voulait encore de n'avoir rien vu. Il avait eu tellement peur, il en frissonnait encore en y pensant et des larmes perlèrent aux bords de ses paupières. Il ôta une mèche bleue de sa joue et laissa glissa le dos de son doigt sur la peau rappeuse. Il finit par s'endormir à son tour.
Pendant les jours qui suivirent, Camus l'emmena de partout avec lui et le présenta comme son assistant. Pour la première fois, Milo vit son ami travailler et il eut confirmation de ce qu'il pensait. Camus était d'un premier abord glacial mais devant l'objectif, il était transformé. La passion brûlait dans son regard, il adorait son métier et ça se voyait. Le responsable de l'agence l'informa qu'Aphrodite serait là la semaine suivante pour son premier contrat.
Milo ne se lassait pas de voir Camus travailler. Il s'occupait de lui. Pendant qu'il était entre les mains des coiffeurs et des maquilleuses, il lui apportait un café ou une boisson, prenait des rendez-vous pour lui, organisait son emploi du temps et le mannequin ne s'en plaignait pas du tout. Bien au contraire. Milo avait l'art et la manière de négocier avec les autres agences pour lui permettre d'avoir plus de temps de libre surtout lorsqu'il avait compris que toutes les séances photos ne menaient pas forcément à un contrat. Il apprenait vite et ses compétences de commercial faisait augmenter la popularité de Camus. Il décida même de bloquer quelques jours pour sortir un peu de ce monde infernal afin d'accompagner Aphrodite.
Les trois hommes furent ravis de se retrouver et bien sûr Milo proposa son canapé. Si Aphrodite fut surpris de voir qu'ils dormaient ensemble, il n'en laissa rien paraître. De plus, il n'entendit jamais quoique se soit qui aurait pu lui faire penser qu'ils étaient amants. Camus lui avait expliqué la mésaventure de Milo et celui-ci lui présenta de plates excuses pour leur avoir ouvertement et sciemment menti. Aphrodite repartit trois jours plus tard, en promettant d'expliquer aux autres que Milo était très sincèrement désolé.
Il leur restait deux jours à faire ce qu'ils voulaient. Après l'immuable petit-déjeuner et la demi-heure de musculation, ils décidèrent de jouer les touristes dans Paris et d'aller voir des lieux qu'ils ne connaissaient pas ou qu'ils n'avaient pas vu depuis longtemps. Ils allèrent voir les courses à Vincennes, visitèrent le Sacré-Cœur que ni l'un ni l'autre n'avait jamais vu. Milo emmena Camus chez ses parents où ils passèrent un après-midi de rêves. Ils étaient au courant de l'homosexualité de leur fils et n'en avait cure. L'essentiel était que leur unique rejeton soit heureux.
Pourtant même si Milo ne touchait plus ni à l'alcool ni à la drogue, il y avait une choses qui commençait à lui manquer : le sexe. Le plaisir en solitaire, ça ne lui suffisait plus. Alors, il tenta sa chance.
- Si on sortait ce soir ? fit-il d'un air détaché et innocent alors que Camus sortait de la douche.
- Tu veux aller où ?
- Ch'ai pas ! Quelque part où ou on danse et on où fait des rencontres !
- Ah ! Je vois ! Monsieur veut tirer sa crampe !
- Ben quoi ! Ca fais un mois qu'jai touché à personne ! J'suis jamais resté à jeun aussi longtemps depuis mon dépucelage !
Camus éclata de rire. Même lui qui était plus réservé en la matière devait bien s'avouer qu'il en avait bien besoin aussi. Ils allèrent dans une petite boite sympa, chacun avec sa voiture, au cas où ils ne rentreraient pas ensemble. Et pas question de ramener leur conquête chez Milo. Ils trouvèrent facilement un partenaire. Avec leur physique, ils n'eurent que l'embarras du choix. Lorsque Camus vint dire à Milo qu'il s'éclipsait, celui-ci sentit la morsure de la jalousie lui grignoter le cœur. Il lui fit promettre de rentrer chez lui et Camus lui répondit qu'il n'avait pas l'intention de découcher
Lorsqu'il ouvrit la porte de chez Milo, tout était plongé dans le noir. Son "assistant" n'était pas encore revenu. Mais il était parti après lui. Pourtant, il ne put retenir une pointe d'inquiétude. C'est la première fois qu'il le laissait seul depuis qu'il était sorti de l'hôpital. Etait-il assez remis pour résister à la tentation si elle venait frapper à porte ? Il lui envoya un sms : Je suis rentré. Dix minute plus tard, son téléphone sonnait. Un sms : J'arrive. Rassuré, il prit une douche et alluma la télé en attendant que Milo rentre. Moins d'une demi-heure après, il entendit les clé dans la serrure.
- Oh ! T'es pas couché ?
- J'ai pris une douche après que j't'ai envoyé le sms et j't'attendais ! Alors, ta soirée ?
- Pas mal ! J'ai connu mieux, mais ça soulage quand même! répondit-il en se déshabillant pour se doucher à son tour.
Camus le suivit dans la salle de bain pour l'observer, pour voir s'il n'avait pas une attitude étrange.
- Et la tienne ? demanda-t-il à son tour en fermant la cabine.
- Bien. Mais moi ça faisait tellement longtemps que j'aurais trouvé génial un puceau inexpérimenté !
Milo sortit de la douche et Camus lui tendit son peignoir de bain. Il prit ensuite une serviette et lui sécha les cheveux. En un mois de vie commune, ils avaient commencé à avoir les gestes d'un vrai couple. En fait, la seule différence, c'est qu'ils ne faisaient pas l'amour ensemble. Avant de se coucher, Milo jeta un œil sur ses e-mails. Il y en avait un envoyé par sa secrétaire pour l'inviter à un pot donné en l'honneur d'un collaborateur qui prenait sa retraite. De plus, l'homme avait été un peu le mentor de Milo lorsqu'il avait été embauché. Il répondit immédiatement qu'il viendrait. Il s'empressa d'avertir Camus et l'invita à l'accompagner. Il refusa. Il ne connaissait pas l'homme et ne faisait par parti du personnel. Ca aurait été déplacé. Ils s'endormirent, Milo dans les bras de Camus, une habitude qu'ils avaient pris depuis l'hôpital.
Le lendemain, ils ne firent strictement rien de la journée à part grignoter des saletés et boire des sodas affalés sur le canapé devant un film. Vers dix-sept heures, Milo se rendit à son bureau.
Camus l'entendit rentrer alors qu'il était allongé sur le lit en train de regarder son quatrième film de la journée. Milo apparut dans l'encadrement de la porte et s'appuya contre le montant dans une attitude nonchalante et terriblement sensuelle. Il le regarda avec une étrange lueur dans le regard.
- T'es vraiment sexy dans cette tenue ! Un boxer, un t-shirt, un rien t'habilles !
- Alors ce pot ?
- Sympa ! Mais au bout d'un moment ça d'vient gonflant !
Il fit le tour du lit et se laissa tomber à sa place. Il s'approcha de Camus, pencha la tête sur le coté et murmura "Câlin". Son compagnon ouvrit les bras et il se glissa contre lui Mais aussitôt celui-ci sursauta et le repoussa.
- Tu pues l'alcool !
- Mais c'est rien, j'ai juste bu un apéro et une flûte de champagne ! se défendit-il en essayant de réintégrer les bras qui l'avaient rejeté mais Camus ne l'entendait pas de cette oreille et le repoussait. Il s'en suivit une bagarre digne des plus grands catcheurs de maternelles avec dans le coin bleu, Milo accusant 84 kg pour 1m85 et dans le coin vert d'eau Camus 76 kg pour 1m84. Huit kilos d'écart, c'est pas rien mais la souplesse de Camus pourrait bien tenir la dragée haute à la puissance de Milo.
Le joyeux combat se termina en éclat de rire. Camus dut reconnaître que Milo n'était pas ivre et que malgré la tentation, il n'avait pas abusé du fait d'être seul, sans chaperon. D'un dernier coup de rein Milo se retrouva sur Camus et lui immobilisa les bras au dessus de la tête. Ils se regardèrent, ils ne riaient plus. Camus lut clairement le désir dans les saphirs qui l'observaient mais il ne fallait pas se laisser aller à l'impulsion du moment. Quand Milo s'approcha pour l'embrasser, il détourna la tête.
- Arrête ! souffla-t-il.
Il sentit des lèvres se poser sur son cou, déposer des baisers brûlant sur sa peau. Il frissonna et ferma les yeux.
- Pourquoi ? Ne m'repousse pas ! ronronna-t-il contre son oreille avant de la mordiller.
- Milo ! J't'en prie ! Arrête ! Tu sais c'qui va s'passer si t'insiste trop. Milo tu m'fais peur !
Il avait parlé d'une voix plus ferme et un peu plaintive. Il avait utilisé cet argument parce qu'il ne voulait pas que Milo fasse ça sous l'emprise de l'alcool. Il le sentit se raidir et la pression sur ses poignets disparut. Milo se redressa et le regarda comme s'il le voyait pour la première fois.
- Mon dieu ! fit-il d'une voix à peine audible puis des larmes brillèrent dans ses yeux. Qu'est-ce que j'ai fait ?
- Rien ! s'empressa de dire Camus, ému par le désarroi qu'il lisait dans ses yeux. C'est rien, t'as un peu bu, mais c'est rien ! Ca arrive de perdre le contrôle !
- Pardon Camus !
Il éclata en sanglot dans les bras de son ami. Celui-ci réalisa qu'il était encore bien fragile psychologiquement.
- T'imagines pas comme c'est dur pour moi ! poursuivit-il entre deux hoquets. Depuis un mois, je dors dans tes bras, tu t'balades à poil devant moi, j'te vois t'habiller et te déshabiller quand tu bosses. Pourquoi tu crois que je t'ai suggéré d'aller en boite l'autre soir ?
- Je… Je suis désolé… Je f'rai plus attention… Calme-toi !
- Je suis pas de marbre et t'es incroyablement beau et séduisant. Je suis vraiment désolé !
- C'est fini, on en parle plus. Allez viens te coucher, on bosse demain…
Milo se déshabilla et passa un t-shirt et un caleçon, mais au moment de se coucher il regarda Camus avec des yeux de chaton abandonné absolument irrésistible. Celui-ci ouvrit ses bras et Milo se lova contre sa poitrine, bien au chaud. Il en aurait presque ronronné de plaisir. Il ne s'endormit pas immédiatement. Il savait très bien que sa réaction n'était en rien dû à une quelconque perte de contrôle à cause de deux verres d'alcool. Son corps avait violemment réagit au contacte de celui de Camus. Jamais il n'avait ressenti ça avant et il avait aussi sentit Camus se troubler…
A suivre…
J'espère que ça vous a plu. Dites-le, ça fait plaisir.
