11.03.06

Bonjour tout le monde! Après une absence prolongée imprévue due à mes temps libres restreints et à mon ancien ordinateur qui a rendu l'âme, je suis de retour parmi et je suis prête à vous présenter le huitième chapitre de LFAPR que j'ai dû réécrire (et que j'ai réduit à l'essentiel) sous un sentiment de découragement fort ennuyant, car c'est seulement à partir du neuvième chapitre que les aventures Draco/Hermione prennent réellement leur envol. Wow, ça c'était une longue phrase! XD

Vous verrez pourquoi ce chapitre est considéré comme prémisse aux réelles péripéties de notre couple chéri.Mais bref, je ne vous retiens pas plus! Voici le 8e chapitre, tant attendu!

Bonne lecture, tout le monde!


Dans le dernier chapitre…

« Je t'apporterai de quoi manger en revenant. » Et ce fut avec cette dernière phrase qu'ils se laissèrent, tous deux encore sous le choc de ces retrouvailles plus que rocambolesques, c'était le cas de le dire.

Pendant que Draco descendait les escaliers qui menaient jusqu'à la salle à manger, Hermione serra dans sa main l'agate qui lui appartenait auparavant et sentit une chaleur s'y dégager doucement.

Il pleuvait dehors.


LA FILLE AU PARAPLUIE ROUGE

Chapitre 8 – Let's Hope It'll Be All Over Soon

16 juillet 1998

Draco enjambait chaque marche de l'escalier avec une rapidité aussi fulgurante que le meilleur attrapeur de Quidditch de tous les siècles. Il voulait à tout prix changer d'esprit. Il fallait croire que c'était la journée la plus inouïe qu'il avait vécue jusqu'ici. D'énormes changements se faisaient sentir au plus profond de lui-même. Il n'arrivait toujours pas à concevoir le fait qu'il ait passé toute une journée avec Hermione Granger, ennemie en chair et en os. Pourquoi avait-il eu la moindre pensée à son égard pour en aboutir à lui parler sous son toit?

N'était-ce pas celle qui faisait partie du flanc des bons sorciers? Du côté de ceux qui avaient fait écopé à son père de multiples blessures? Il dévalait les trois étages comme un vif d'or. Draco se déchirait à présent l'esprit. Il avait complètement perdu la tête et toute faculté à prendre les bonnes décisions. S'il avait été plus détestable lors de cette sortie à l'hôpital, ou plutôt s'il avait continué sur son chemin pour rendre visite à Lucius, il aurait probablement évité toute cette aventure qui était honnêtement abominable à ses yeux.

Le jeune homme maugréa, les sourcils froncés comme du parchemin que l'on aurait froissé et se dirigea vers la gauche pour prendre le couloir qui menait à la salle à manger. Le Manoir était tellement grand que tout y paraissait sombre. Les murs de pierre dégageaient une telle austérité que des frissons parcouraient le corps au contact de ces derniers. Contre toute attente, certaines pièces étaient agréablement emplies de clarté et de lumière. Les grandes fenêtres des étages supérieurs offraient une luminosité quasi angélique.

Ce qui laissait souvent Narcissa perplexe, fut que Draco ait choisi le troisième étage pour son habitat. Il avait opté pour la lumière, mais dans sa chambre chacune des larges fenêtres étaient recouvertes d'un rideau de velours épais et lourd qu'il avait fait mettre. Pourquoi avoir adopté cet étage pour tant de soleil quand l'obscurité envahissait ses appartements?

Draco traversait donc les nombreux couloirs interminables du Manoir pour se rendre à destination. Il n'avait plus très faim et n'avait que cette stupide situation en tête. Plus il se rapprochait de la grande porte qui faisait au moins trois mètres de large, plus ses pas diminuaient d'étendue. Il ne fallait pas qu'il se pointe devant Narcissa avec un air soupçonneux. Elle distinguerait facilement que Draco n'était pas dans un état normal et que quelque chose clochait apparemment.

Arrivé devant l'entrée, il pénétra nonchalamment dans la vaste pièce oblongue qui était ornée par de nombreux tableaux de paysages et de longues bougies.

Narcissa prenait place dans une chaise à haut dossier, sculpté de manière si perfectionniste que l'on pouvait facilement qualifier ce dernier comme d'une œuvre magique. Ce que Narcissa n'avait point révélé à nulle personne était que ce fauteuil avait bien et bel été sculpté par un Moldu. C'était l'unique chose qu'elle aimait et admirait du monde ordinaire. Le fait qu'un Moldu soit parvenu à modeler un tel chef-d'œuvre sans aucun recours à la magie la fascinait. Bien entendu, son intérêt n'arrivait point à la cheville d'Arthur Weasley.

« Ah, te voilà enfin, Draco », dit posément Narcissa en voyant son fils traversa la pièce, « Je commençais à croire que tu n'allais pas descendre de ta chambre. »

« Je devais régler certaines choses » répondit Draco d'un ton grave. En disant cette phrase, tout ce qu'il avait en tête était le visage ébahi d'Hermione qui tenait Janthine. Qu'est-ce qu'elle était en train de faire au juste? Aurait-elle pu par bonheur, décidé de déguerpir de frayeur pour ne jamais revenir?

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« Mais quelle connerie! » s'écria Hermione, pataugeant dans une marée d'exclamations. Elle marchait en va-et-vient, le rythme bien engagé. « C'est stupéfiant à la fin. Oui, voilà bien le mot! Stupéfiant! »

Hermione possédait toujours l'agate et la serrait tout le long de sa promenade. Il était clair que cette aventure n'allait pas se terminer de sitôt. Elle aussi parvint à se demander si elle n'avait pas été happée par un brin de folie pour l'avoir mise dans une telle situation. « Stupéfiant…» continua-t-elle à se dire.

Elle s'arrêta alors brusquement dans sa marche et fixa de ses yeux la table de travail où reposait l'immense paperasse. Elle attendit un instant, expirant de longues respirations et finit par s'en approcher. Elle regardait les papiers qui traînaient et les taches d'encres qui recouvraient le haut du bureau. « Je dois leur écrire. » pensa Hermione.

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« Suis-je au courant de ces choses-là, Draco? » demanda Narcissa, soudainement intéressée.

Draco la fixa d'un regard un peu tendu. Il n'allait pas lui avouer ce qu'il cachait dans sa chambre, bien évidemment, mais que faire si Narcissa découvre son secret? Elle irait le tuer sur le champ. Non en fin de compte, elle donnerait cette opportunité à son mari dès qu'il se serait rétabli. Et Draco savait ce qui l'attendrait si Lucius était au courant.

« C'est rien de très important. Des comptes à régler » répondit simplement le jeune homme, espérant que la conversation se terminerait là.

« Tu ne côtoies plus les élèves de Poudlard, pourtant. Avec qui aurais-tu des problèmes? »

« J'ai croisé des anciens Gryffondor à Ste-Mangouste. Je n'avais le choix que de venir les ridiculiser un peu. Depuis le duel, il est rare que je puisse avoir une opportunité pareille » tenta de nouveau Draco. Il devait vite trouver une issue pour se sortir de cette situation compromettante, sinon, adieu à sa vie tranquille.

Étonnement, Narcissa avala le coup. Il va sans dire que cette dernière réponse correspondait parfaitement avec la personnalité complexe de Draco et par conséquent, tout à fait crédible. Il était détestable, égoïste, méprisable, malhonnête…et la liste ne s'arrêtait sûrement pas là.

Narcissa se vit donc satisfaite de cette explication logique et laissa la discussion se clore par elle-même. Le temps passait et la pluie faisait toujours rage à l'extérieur. Apparemment, les éléments paraissaient ne faire qu'un avec l'esprit bouleversé de Draco. Quelle coïncidence!

« Draco, j'ai quelques nouvelles à t'annoncer. Mais avant, laisse moi faire venir Jinx, il traîne ces jours-ci. »

Le jeune homme acquiesça doucement de la tête pour ensuite détourner son visage vers une petite porte dorée au coin de la pièce. C'était par ce passage que les elfes de maison des Malefoy s'infiltraient pour garnir la longue table de la salle de repas copieux.

« Jinx! Le repas! » fit Narcissa d'un voix forte. Puis, elle se tourna vers son fils, le visage sérieux et concerné. Tout doucement, elle lui informa des nouvelles qui l'attendaient. « Draco, je devrai partir demain soir. Je serai en visite chez une amie de longue date à ton père et je compte y rester pendant quelque temps. La durée n'est pas déterminée, mais je tâcherai de revenir le plus tôt possible, puisque ton père est encore dans cet état. »

Draco, étrangement happé d'une soudaine béatitude, s'empressa de rassurer Narcissa.

« Oh, ne t'inquiète pas pour Père. Il ne bougera pas. On m'a bien dit qu'il était en voix de se rétablir. Tu peux prendre tout le temps qu'il faut. Je suis bien assez grand pour vivre seul » assura Draco, en sachant malheureusement très bien qu'il n'allait pas vivre seul pendant cette période. Curieusement, l'image de la jeune ex-Gryffondor le bombardant d'injures et de menaces apparut dans son esprit.

« Oui, » affirma Narcissa sur un ton plus maternel. « Parfois, j'oublie encore que tu es un homme. » Elle soupira et se redressa pour terminer ses propos. « J'imagine qu'un peu de repos serait de circonstance. »

« Tu n'auras qu'à m'écrire pour annoncer ton retour » rajouta le grand blond à tire-d'aile. Subtilement, Draco avait imposé ses règles de jeux, si on avait à qualifier ce qu'il faisait. Il avait à préciser certains points pour que sa thérapie de réconciliation avec Hermione se fasse sans problème, dans la joie et l'allégresse en considérant qu'offusquer Hermione est une partie de plaisir, bien évidemment. À ce moment là, l'image de l'ex-Gryffondor mitraillée de propos désobligeants de la part de Draco apparut agréablement dans son esprit.

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« Je dois leur écrire, sinon ils iront placarder des avis de recherche en moins de deux! » pensa Hermione, agitée à l'unique pensé de cette situation qui serait involontaire et négligée de sa part.

Elle s'affaira au bureau de Draco, déposa l'agate et s'installa en indien dans le gros fauteuil. Elle retroussa pendant longtemps les manches du chandail que lui avait donné son « ennemi », car ils étaient beaucoup trop longs et alla finalement chercher l'équipement qui était à sa disposition : une plume à pointe à moitié écorchée, une seule feuille de parchemin froissée et tachée et de l'encre presque sèche dans un minuscule flacon de verre.

« Pour quelqu'un de fortuné, il n'a pas l'air pourvu de beaucoup de matériel…» se murmura Hermione, les sourcils levés. « Même Ron est mieux équipé! »

Elle prit une respiration lente et entreprit l'écriture de sa lettre (N/A : Les parenthèses représentent ses pensées.)

Bonjour Maman, Papa,

J'ai croisé un ami (Quel ami, oui! Vous ne me le faites pas dire!) de très longue date à l'hôpital. Vous ne le reconnaîtriez pas même si je vous le présentais. Voilà, il m'a invité (Je me suis invité moi-même…) chez lui pour qu'on puisse discuter plus amplement mais puisqu'il vit dans le Wiltshire, il me sera possible de revenir que dans quelques jours. J'espère que cela ne vous dérange pas trop. Ne vous inquiétez pas, il s'occupera de moi (HAHAHahaha…).

Je vous écrirai de temps en temps pour vous tenir à jour de mes activités. Par contre, je vous prierais de ne pas me réécrire. Si vraiment c'est urgent, renvoyez un message via le hibou que je vous enverrai.

Je vous embrasse fort,
Hermione Granger

Ps : Pourriez-vous renvoyer ma baguette? J'ai oublié de la prendre en partant ce matin.

Hermione déposa la plume sur le bois du bureau et relut son message. Rien de suspect. Pas trop tiré par les cheveux. Pas de fautes d'orthographe, surtout. Elle plia le bout de parchemin de telle sorte que le papier finirait par ressembler à un carré. Ensuite, elle écrivit le nom de ses parents sur la partie plane de la lettre et se retourna vers l'espace de la chambre en quête d'une bougie assez longue pour pouvoir y faire couler quelque goutte de cire sans pouvoir se brûler.

Elle repéra une belle bougie à peine utilisée sur la table de nuit et alla la prendre. Heureusement, Draco n'avait pas repris sa baguette lorsqu'il avait pratiqué le Tergeo sur la pile de vêtements trempés d'Hermione. Elle vit l'innocent bout de bois sur le coin du lit et le prit en chemin.

Hermione alluma la bougie par l'entremise de la baguette tout en retournant vers le bureau. Elle inclina la torsade de cire au dessus de la lettre et fit couler cinq bonnes gouttes pour s'assurer que la missive serait bien conservée.

« Il ne reste plus que le moyen de transport » déclara la jeune femme.

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« Cela me surprend de te voir si soucieux de mes projets tout à coup » déclara Narcissa.

« C'est parce que tu me sembles très éreintée depuis quelque temps. Un peu de répit ne te ferait pas de tort. Avec le duel qui s'est terminé, tout a changé…»

« Je suppose. Bref, passons. Ce sujet commence à me fatiguer. Jinx! Jinx, viens-tu! »

Draco baissa son regard et vit une réflexion abîmée de son visage dans la porcelaine de la vaisselle. Il n'avait réellement plus faim à ce stade-ci. Valait mieux rapporter de quoi manger pour son invitée spéciale.

« Hum…Pour être honnête, je n'ai pas faim ce soir. Je reviendrai aux cuisines quand je le serai » confessa Draco. Il se leva progressivement de son siège et salua sa mère d'un léger coup de tête.

Narcissa ne lui posa point de question, sachant que le repas à table en famille n'était pas un sujet à débat. Si quelqu'un n'avait pas l'appétit, c'était son droit de quitter la table. Elle lui répondit donc en inclina sa tête et en n'hésitant pas à interpeller une fois de plus son elfe de maison, Jinx, réputé pour sa maladresse.

Draco se redirigea vers les longs couloirs du Manoir, mais dès qu'il était hors de vue de la salle à manger, il accoura vers les cuisines qui se situaient juste à côté. Sans faire de bruit, il demanda à voir Whyn (N/A : Prononciation Winne), son elfe de maison personnel. Pas brillant, un peu lourdaud, mais tout de même efficace.

Un petit elfe à longues oreilles crochues et aux yeux globuleux apparut en vitesse à l'entrée des cuisines.

« J'ai besoin que tu me ramènes un repas complet. Et dorénavant, tu viendras à ma porte, sans te faire voir, avec un de ces repas matin, midi et soir à chaque jour, jusqu'à nouvel ordre. C'est compris? » demanda Draco, le plus bas possible.

L'elfe acquiesça nerveusement et retourna parmi les siens pour ressortir prestement avec un plateau plus large que lui-même, garni d'un repas digne de nourrir dix personnes à lui seul.

Draco ne perdit pas une seconde et s'en alla vers les escaliers qui menaient au troisième étage. Regrettant de ne pas avoir demandé à Whyn de lui porter le plateau jusqu'à sa chambre pour éviter de grimper les trois étages avec cette immense assiette dans les mains, Draco maugréa tout le long du chemin. Déjà qu'il avait tout fait pour cette misérable sang-de-bourbe, voilà qu'il jouait au serviteur!

Dans la chambre, Hermione avait entendu les pas traînés à l'extérieur. Elle ne se douta pas que c'était bel et bien Draco, mais par précaution, elle alla se mettre à l'arrière d'une des armoires qui s'adossaient au mur connexe à la porte. De là, même si elle ne pouvait pas percevoir la réelle personne, elle avait toujours la possibilité de voir l'ombre qui serait projetée sur le parquet de bois.

Lentement mais sûrement, une silhouette très reconnaissable par les cheveux s'avança dans la chambre avec quelque chose de plat dans les mains et referma la porte. Hermione n'avait donc plus rien à craindre. Elle sauta à pieds joints en murmurant un léger « bonsoir » qui se voulait accueillant, mais sous cette hospitalité trop engagée, Draco sursauta d'un bond en arrière et les aliments les plus légers du plateau s'élancèrent sous le coup.

Hermione, ayant développé ses réflexes au cours des années, fit léviter le tout en une fraction de seconde grâce à la baguette qu'elle avait toujours en main.

« Tu veux me rendre cardiaque, c'est ça? » s'écria Draco en alternant son regard ahuri vers les quelques légumes qui flottaient dans l'air et le visage déconcerté d'Hermione. « J'te conseille de ne plus faire ça du tout! Tu imagines dans quelle merde je serais si tu avais fait ce coup idiot à ma mère! » Et Draco conçut la scène. « Bonjour Mère! Surprise! Une petite sang-de-bourbe pour te faire plaisir! » termina le jeune homme avec un ton sarcastique.

« Calme-toi, n'en fait pas toute une histoire. Je ferai plus attention la prochaine fois » répondit Hermione en essayant de masquer ses rires.

Draco la dévisagea silencieusement et contourna les légumes qui voltigeaient encore dans les airs. Il déposa bruyamment le plateau sur son bureau et soupira de fatigue et d'exaspération.

Hermione, de son côté, alla rejoindre le jeune homme pour lui remettre sa baguette.

« Je me suis permis d'écrire un message à mes parents. Ils vont envoyer la mienne » dit-elle, tout en lui tendant la tige de bois.

Draco la prit d'un mouvement brusque et s'éloigna de son invitée pour se rapprocher de son lit. Pendant un long moment, il se mit dos à Hermione. Il ne savait plus où se donner la tête. Tant d'émotions fortes, d'incidents et de souvenirs avaient fait surface que Draco se sentait brutalement vulnérable. Un certain sentiment d'impuissance le possédait et cela l'avait conduit à une incapacité à se maîtriser.

Hermione le regardait d'un air à la fois indifférent et désolé. Elle savait très bien que les événements des années précédentes avaient édifié une extrême aversion réciproque. Comment pardonner les abominables crimes et les injures? Draco lui-même n'était pas fait de fer. Il avait dû souffert à ces attaques.

Un long silence régna dans la chambre.

« Tu m'as rapporté ce plateau plutôt rapidement. N'as-tu pas mangé? » finit-elle par dire en détournant son regard vers l'assiette argentée.

Draco pivota lentement sur lui-même pour la regarder en face. Une expression contractée et affligée planait sur ses traits.

« Je n'ai jamais demandé à ce que tout cela m'arrive, à ce que tu arrives. Je n'ai pas souhaité rétablir notre situation, ou peu importe la sorte de relation que l'on possède. Je vis ma vie et tu as la tienne. Si tu es chez moi aujourd'hui, portant mes vêtements, mangeant nos repas, c'est que j'ai réellement perdu les pédales. »

La jeune femme demeura quelque peu interloquée à l'égard de ces propos. Le simple fait qu'elle était bien et bel chez lui ne partait que d'une rencontre anodine. Il était vrai que cette aventure n'avait aucun sens. Pourtant, c'est ce qui était arrivé. Pour Hermione, le mois avait été long, difficile et terne. Recherchait-elle quelqu'un avec qui partager sa mélancolie et sa souffrance? Elle se sentit tout d'un coup vide de sens. Avait-elle atteint un tel stade de désolation qu'elle ressentait le besoin d'attirer la sympathie des autres?

Draco vit dans l'espace d'un temps une étincelle parcourir les iris miroitants d'Hermione. Les deux jeunes adultes ne s'observaient pas directement, mais au plus profond de chacun, une introspection sérieuse s'amorçait.

Hermione fut la première à briser l'atmosphère délicate qui régnait depuis un moment en prenant le plateau garni. Elle prit soin de garder son sang-froid, à ne pas chanceler et se dirigea vers l'entrée pour sortir de la chambre en murmurant : « Merci pour le repas. Je choisirai une des chambres de l'étage. Bonne nuit. »

Avant qu'elle ne puisse franchir la porte, Draco se rappela de l'annonce que lui avait fait Narcissa quelques moments auparavant. « Demain soir, ma mère partira pour quelques jours. Tu n'auras plus à te cacher », lui dit-il, le ton encore ferme.

Elle acquiesça doucement de la tête et sortit de la chambre, ne jetant aucun regard vers l'arrière. Draco, qui n'avait point cessé d'observer ses moindres gestes alla refermer la lourde porte qui le séparait maintenant d'Hermione.

« Je ne pourrais pas imaginer ce qui va m'attendre dans les jours qui vont suivre », pensa Hermione après avoir pénétré dans une des chambres.

De l'autre côté, Draco scella le dernier écart de son entrée.

Dans un chuchotement, il dit tout bas : « Espérons que tout se terminera bientôt. »



Notes de l'auteure

Après cette lecture, laissez-moi vous dire que j'ai eu beaucoup de difficulté à peaufiner ce chapitre. Non seulement il fallait que je le réécrive au complet, mais le plus coriace dans ce processus fut que je devais m'empêcher de faire interagir Draco et Hermione le plus souvent possible. Ce chapitre est le pivot central de cette histoire.

C'est à partir du prétexte du départ de Narcissa que nos deux héros pourront faire fleurir leur relation. Et comme vous vous le figurez bien, je ne pouvais pas me permettre d'enclencher leur union dans ce chapitre, quelque soit sa longueur (eh oui…je me réserve habituellement 9 pages par chapitre et celui-ci n'en possède que 6).

J'espère que je ne vous ai pas trop déçu. Mais je vous promets que j'essaierai tout ce qui est en mon pouvoir pour écrire le plus fréquemment possible. Malheureusement, l'école est dans le chemin et je ne peux pas éviter les embûches qu'elle me tend.

Bref, restez à l'écoute (à l'œil, plutôt) car j'entame le prochain chapitre avec excitation!

À la prochaine!
Merci encore pour toutes vos magnifiques reviews!

With all my heart, for your extraordinary patience,

Lula-The-Only-One