18.10.07

La disparition de Lula-The-Only-One fut un terrible événement. Elle laissa des dizaines et des dizaines de lectrices languir sur ses mots. Mais que pouvait-elle faire? Son absence était un mystère! Mais la revoilà, prête à combattre le tout pour le tout afin de donner satisfaction à ses lectrices assoiffées de savoir ce que devient la suite de LFAPR! Ne lui demandez pas pourquoi cette absence. Au contraire, réjouissez-vous!

Oui. Je ferai mon énorme possible pour vous offrir la suite. Je me suis tourmentée depuis des mois et maintenant, je suis enfin libérée. Je dois remercier toutes les merveilleuses reviews que vous m'avez laissées tous ces derniers mois. Vous m'avez fait sourire, vous avez fait palpiter mon cœur et par-dessus tout, vous m'avez touchée. Vos mots sont réellement la meilleure récompense qu'il puisse exister dans le monde de l'écriture. Merci du plus profond de mon âme.

Réjouissez-vous! Et BONNE LECTURE!


Dans le dernier chapitre…

Elle déposa le bout de papier dans l'herbe et regarda Draco, silencieuse mais rieuse. « Je suis entre les bonnes et singulières mains de DracoMalefoy, maman » pensa Hermione. Draco choisit ce moment précis pour placer quelques mots.

« Alors, Granger. Tu veux végéter ici ou bien te soigner? » demanda Draco sur son ton ironique habituel.

« On peut bien faire les deux » répondit Hermione, un sourire en coin.


LA FILLE AU PARAPLUIE ROUGE

Chapitre 10 – Remedies

17 juillet 1998

« Comme tu veux Granger. Je t'avertis, je suis mauvais infirmier. »

Il la regarda avec insouciance pendant qu'Hermione continuait à lui offrir son sourire en coin un peu trop singulier aux yeux de Draco. Elle venait tout juste d'échapper à une mort certaine et voilà qu'il la retrouvait d'une humeur tout à fait réjouie. On pouvait même dire qu'elle avait l'air comblée. Bien entendu, son état n'avait pas la meilleure allure. Sa jambe cassée, bien qu'entourée de l'attelle que Draco avait conjurée quelques moments auparavant, ne cessait de faire grimacer la pauvre Hermione de temps en temps malgré son sourire.

Sa chemise était déchirée à plusieurs endroits dus à la confrontation avec la créature, ce qui permettait à Draco d'examiner de loin les brûlures légères qu'elle avait écopées. Des anneaux rouges qui paraissaient encore très sensibles faisaient le tour de ses bras à découverts, signe qu'elle s'était débattue contre la sorte de méduse géante. Il ne savait pas quel sortilège pratiquer sur les blessures. Est-ce que des bandages anodins feraient l'affaire? C'était sûrement mieux que rien.

Hermione passa un long instant à ne rien dire. Elle analysait les éraflures de ses bras et avec un air déterminé, pointa sa baguette sur son avant-bras gauche. Elle murmura quelque chose d'inaudible, mais assurément inconnu à l'oreille de Draco. Ce n'est que par la suite qu'il vit des filaments blancs jaillir de la pointe de la baguette. Les fibres s'unirent au fur et à mesure, tissant une longue bandelette de lumière. Finalement, cette dernière s'enroula autour des brûlures de l'avant-bras. La bandelette se serra soudainement, faisant gémir Hermione, mais lâcha bientôt toute emprise.

- Un de tes p'tits tours de mademoiselle je-sais-tout, je présume, dit Draco après avoir observé la scène.

- Si tu te renseignais plus souvent dans les livres, aussi. Hermione roula des yeux et secoua doucement de la tête, sans aucune intention de le contrarier.

- Je suis désolé de ne pas posséder un intérêt à aller fouiner dans des bouquins recouverts de poussières.

- S'informer devient très pratique à la longue. Je n'aurais probablement pas pu pratiquer ce sortilège si je ne m'étais pas aventurée dans ce livre de médecine rapide.

- Et puis? Qu'est-ce qu'elles ont de si particulier, ces bandelettes? répondit Draco, apparemment embêté. Sa voix avait un brin d'agacement qui rappelait à Hermione les heures passées en cours de potions avec les Serpentards.

- Elles sont imbibées d'une pommade à base de plantes médicinales et de feuillettes d'or. Elles cicatrisent les brûlures et aident à reconstruire les cellules plus rapidement.

Hermione pratiqua le sortilège sur les régions concernées et durant les soins qu'elle s'administrait, Draco resta silencieux comme tout. Enfin, lorsqu'elle croyait avoir terminé de se soigner, une douleur vive au dos la fit sursauter.

- Aïe…Mon dos n'est pas trop éraflé? demanda Hermione en fixant Draco, le visage crispé d'émotions.

Toujours assise, elle se contorsionna quelque peu pour faire en sorte que son dos fasse face à Draco. Ce dernier demeura remarquablement sérieux et inspecta d'une paire de yeux minutieux la surface de chair qui lui était présentée. L'arrière de la chemise n'avait pas fière allure; une déchirure considérable longeait obliquement du haut de l'épaule gauche jusqu'au milieu du dos. Draco découvrit alors avec une certaine curiosité refoulée la brûlure en forme de demi-lune sur le haut de l'épaule dénudée. Elle s'empourprait à vue d'œil et tandis que cette blessure laissait Draco intrigué, Hermione commença à tressaillir énergiquement.

- C'est – Aïe! C'est si grave que ça? arriva-t-elle à émettre à travers ses plaintes. À ces alertes de frayeur, Draco prit la parole.

- Tu as une ou deux écorchures de plus et des ecchymoses. À part celles-là, il y a une large brûlure qui s'étend sur ton épaule et ton omoplate gauche. Elle n'a pas l'air nouvelle; c'est rouge, mais pas comme tes autres blessures.

Hermione baissa légèrement son regard et contempla pendant l'instant d'un moment les brindilles d'herbes qui tapissaient le sol. Elle releva ensuite sa tête et plissa les yeux vers le ciel qui rayonnait toujours.

- Oh, tu parles de celle qui ressemble à une demi-lune? demanda Hermione, sans le regarder.

Draco n'eut pas le temps de répondre quoi que ce soit, car elle entamait déjà quelque chose.

- Elle ne te rappelle pas de vagues souvenirs?

Le jeune homme se redressa, vaguement anxieux. Il n'avait pas la moindre idée de ce que cela pouvait signifier. Cette brûlure était sensée lui ramener des souvenirs? Non…C'était le parfait néant dans sa tête. Il ne reconnaissait pas lui avoir infligé une telle blessure lors de son parcours à Poudlard. Il ne serait jamais allé jusque là…enfin, plus maintenant.

- C'est quoi cette histoire? dit-il tout simplement, très curieux de connaître la suite de l'intrigue. Hermione s'arrêta un instant et poursuivit ses explications.

- C'était durant la bataille. J'ai reçu un sortilège au dos qui m'a brûlée et maintenant, j'en porte les vestiges.

Peu à peu… quelque chose lui revenait à la mémoire. C'était peut-être elle…oui, peut-être bien! Il n'avait pas atteint Neville ce moment là…quelqu'un qu'il n'avait pas reconnu avait reçu le coup à sa place… C'était donc Hermione? Tout était possible…

- C'était moi? répondit Draco d'une manière qui ne semblait pas du tout interrogative.

Hermione resta silencieuse. Elle dévia ensuite son regard vers lui et soupira doucement.

- Je crois bien que oui, dit-elle sans aucun reproche.

Le jeune homme hocha de la tête par petits coups. Il s'étendit de tout son long sur l'herbe encore mouillée, les mains sous la tête. Le soleil chatoyait encore et toujours. Il faisait beau. Draco ferma les yeux et soupira à son tour. Que faire maintenant? Quoi dire? Jamais il n'avait vécu une situation pareille. Hermione Granger était à ses côtés…et pourtant, Poudlard était du passé. Tout était terminé…

Hermione fixait l'eau calme du lac. Elle savait que sa relation avec Draco allait changer pour de bon.

- Je suis désolé, murmura Draco un instant plus tard.

Il ne la vit pas, mais sentait le soudain regard de l'ancienne Gryffondor le scruter de partout. S'était-il déjà excusé? De toute manière, l'important n'était pas là. C'était plutôt ce sentiment étrange qui allégeait tout à coup son corps, comme s'il extirpait un malaise en lui. «Ce que je veux dire, Malefoy…c'est que je serais peut-être…prête à repartir à zéro.» Cette phrase lui revenait en tête. Repartir à zéro.

Et si c'était une bonne idée? Après tout…il n'avait plus rien à perdre. Il devait tout simplement accepter de changer certaines de ses manières. En dépit de ces brefs moments avec Hermione Granger, Draco sentait un vent différent souffler. Un vent de changement peut-être?

- C'est du passé. Tu n'as pas besoin de t'excuser, Draco. Elle lui offrit un sourire timide, mais sincère. J'arrive à peine à croire que tout cela s'est passé il n'y a que quelques semaines, soupira-t-elle…C'est une preuve que le temps passe affreusement vite, dit Hermione tout doucement.

Le jeune homme resta silencieux, toujours allongé dans l'herbe. Il la fixa des yeux. Il avait bien entendu.

- C'est bizarre, oui. Je dois admettre que le temps a filé plutôt vite…et les habitudes aussi, dit-il en haussant les sourcils. Qu'est-il arrivé à mon nom? Tu te crois maintenant égale à moi pour m'appeler par mon prénom?

Hermione se retourna pour fixer Draco à son tour. Sans qu'elle s'en rende compte, elle avait bien prononcé le nom de son ennemi. Un lapsus seulement, peut-être. Ou serait-ce parce que l'ambiance s'y prêtait? Elle secoua sa paralysie momentanée et ne se laissa pas prendre au jeu.

- Ton prénom? Qui peut dire que c'est vraiment le tien? demanda Hermione en haussant son menton. À ce que je sache, je t'ai un jour connu sous le nom de Dragan.

- Et qui es-tu pour m'accuser? répondit-il, un peu indigné. Ne t'appelais-tu pas Jane il y a quelques années?

- C'est différent dans mon cas parce que c'est mon deuxième prénom. Hermione Jane Granger! (N/A: J.K Rowling a décidé de changer « Jane » par « Jean » dans le dernier tome pour éviter une répétition, car Dolores Umbridge a aussi Jane pour deuxième prénom – il faudra m'excuser pour l'utilisation de «Jane» depuis le début. Mais ce changement ne change en rien l'histoire!)

Draco se mit en position assise et esquissa un sourire railleur.

- Et tu parles d'un nom bizarre! Hermiônene Grangeur, articula-t-il.

- Tu balances ça juste pour échapper à la question. Dragan, ce n'est pas aussi loufoque comme prénom?

Hermione se croisa les bras.

- Ça ne fait pas partie de mon nom complet, dit-il d'un ton indifférent.

- Alors c'est un surnom?

- On peut dire ça…

La jeune demoiselle se détendit quelque peu. C'était l'occasion parfaite pour en découvrir plus. Elle se sentait un peu comme Rita Skeeter en «interviewant» Draco de cette manière. Bien sûr, avec l'insupportable caractère de la journaliste en moins.

- Tu sais, reprit doucement Hermione, je n'aurais jamais pu croire que ce petit Dragan et toi finiraient par former la seule et même personne…

- On mature différemment, lâcha Draco en jetant un regard déplaisant à son interlocutrice.

- C'est bien possible, mais je ne me saurais jamais douté que tu aurais pu être Dragan! Enfin toi, Draco. Peu importe, se rattrapa-t-elle, ce n'est pas ça que je veux dire.

- Écoute, lança Draco en approchant son visage de celui d'Hermione, les sourcils froncés, qu'est-ce que ça peut me faire de t'écouter divaguer sur mon enfance? Hein? Dis-moi.

Hermione recula un peu sa tête et continua à scruter l'expression embêtée de Dragan – enfin Draco Malefoy. Apparemment, il n'était pas de nature ouverte.

- Ce n'est pas parce qu'on s'est détestés depuis des millénaires qu'on ne peut pas chercher à comprendre ou à se remémorer ces moments là! s'exclama Hermione. Est-ce que tu veux dire que lorsqu'on s'est rencontrés pour la première fois sous cette pluie, tu m'étais déjà malhonnête? Tu n'étais qu'un enfant, Draco!

- Qu'est-ce que ça peut bien te faire? On s'est connus un beau jour et on ne s'est plus revus avant Poudlard, exposa Draco. Qu'est-ce qu'il y a de si spécial pour que tu veuilles m'interroger autant?

- Ah! soupira Hermione, visiblement exaspérée de devoir converser avec un être aussi têtu. Ce n'est pas que je veuille t'interroger, comme tu le considères aussi amicalement. Je…, murmura-t-elle, je…voulais juste voir si tu te souvenais un peu de ces jours là.

Draco ne dit rien. Néanmoins, son visage le trahissait. Il était clair que quelque chose le dérangeait.

- Tu as encore l'agate… reprit Hermione avec un sourire gêné.

- Tu peux la reprendre, répondit froidement le jeune homme.

Hermione était contrariée.

- Pourquoi? Juste parce que c'est moi qui te l'ai donnée? s'écria-t-elle. Draco, figure-toi qu'on n'a plus rien à craindre et que Poudlard c'est du passé. Je…comment dire. Je ne te déteste pas – pas au point de t'en vouloir indéfiniment. Je trouve ça ridicule de ta part de continuer tes sottises. Je ne te déteste pas, sauf que tu ne facilites pas les choses!

Draco en avait entendu assez. Il ne voulait plus discuter de ces choses futiles qui leur donnaient une raison de se fréquenter. Il se leva brusquement et de sa baguette magique, remballa le pique-nique qu'ils avaient à peine entamé pour finalement faire disparaître la valise remplie de nourriture sous un « Evanesco! » grommelé.

- Je trouve qu'on a perdu suffisamment de temps comme ça. Ce lac est idiot, cette conversation est absurde et je n'ai pas besoin d'un autre fardeau sur les épaules. Alors tu viens oui ou non – Granger.

Elle le regardait faire, déconcertée. Sa jambe ne semblait plus la tourmenter tellement ce changement de rythme l'avait surprise. Draco s'en allait déjà, balançant ses bras à la cadence de ses enjambées. Elle n'avait donc pas le choix.

Elle tira la couverture qu'avait conjurée Draco lors de l'incident au lac, la plia soigneusement et rapidement.

- Evanesco! énonça à son tour Hermione en ayant tiré sa baguette.

Pour un bref moment, elle avait pratiquement oublié dans quel état elle était. L'attelle maintenait toujours sa jambe droite, et en un coup sec la douleur lui était revenue à l'esprit. Elle échappa une plainte qu'elle n'eut pas le temps de dissimuler.

Draco s'immobilisa au beau milieu du sentier et lentement, se retourna vers sa compagne. Il voyait une Hermione agrippée à la jambe blessée, qui lui renvoyait un regard paniqué, mais presque coupable; comme si elle ne voulait pas que cette interaction visuelle ne soit arrivée.

Il hésita un instant; un mur imaginaire qui l'empêchait de bouger s'était dressé devant lui. C'est toutefois avec un souffle que Draco se détermina à lui venir en aide. Il s'empressa et s'approcha d'Hermione avec un air résolu. Face à face avec la jeune femme, il soupira encore un fois et lui tourna le dos tout en s'accroupissant dans l'herbe.

- Allez, marmonna Draco.

- Quoi…? demanda Hermione, ne sachant pas ce qu'il voulait dire – et espérant que ce qu'il lui incitait à faire n'était pas ce qu'elle pensait être.

- Grimpe! lança-t-il un peu plus fort.

- Tu-tu rigoles? J'vais pas grimper sur toi, Draco!

- Écoute, tu choisis le mauvais moment pour être obstinée. Dépêche-toi et grimpe!

Malgré la douleur, elle se préoccupait de cette situation: grimper sur le dos de Draco Malefoy. « J'aurai tout vu, j'aurai tout fait… » pensa-t-elle en regardant dans les airs. « Quand Ron va savoir ça… ».

Elle se hissa debout et chancela sur sa jambe intacte. Hermione prit quelques respirations avant de se mettre au travail. Doucement, elle entoura les épaules de Draco de ses bras, penchée vers lui. Quelques mèches de ses cheveux vinrent cascader délicatement sur son visage lorsqu'elle s'inclina vers Draco. Elle parvint finalement à lui dire: « Ça va. Tu peux y aller…»

Il se redressa et entama le reste du chemin, silencieux comme t0ut. Il n'était pas rare, par contre, de l'entendre prendre sa respiration. Hermione n'était pas si légère…c'était un corps et non une plume que Draco traînait sur son dos. Par moments, il vacillait de droite à gauche et Hermione ne pouvait s'empêcher de penser qu'elle ne préférait pas le voir ivre.

Arrivés au manoir, ils passèrent de nouveau par le passage secret menant à la chambre de Draco. Malgré les escaliers, Hermione les grimpa sans fléchir. Elle avait déjà demandé beaucoup à son hôte; elle ne voulait pas lui rendre la tâche plus lourde en montant les marches sur lui. Elle refoula son mal en misant sur sa force psychologique.

- Ouf…enfin! haleta Hermione, à bout de souffle. C'est de l'exercice, ça!

- Pas autant que te porter sur mon dos. À première vue tu as l'air insignifiante, mais la réalité est une tout autre chose.

Elle le dévisageait, un peu embrouillée.

- Granger, comment dire… entreprit lentement Draco, tu es ma foi…plutôt dense, finit-il par dire avec un sourire narquois. Il laissa échapper un rire et conjura leur pique-nique pour y chercher de quoi grignoter.

- Dense. Dense, tu dis? Bien…on ne l'a jamais dit de telle sorte. Je vois que tu as élargi ton vocabulaire, répondit Hermione. Elle ne s'en faisait pas; son physique ne l'avait jamais grandement préoccupée.

- Chère Granger, votre agréable venue fut telle qu'elle en a chamboulé mon lexique intellectuel. Seulement en votre présence, je crois pouvoir user de mes connaissances aussi pointues.

Draco avait une main sur la poitrine pendant qu'il débitait ses âneries. Lorsqu'il la retira, son visage redevenait railleur. Il s'arracha deux-trois raisins et les avala aussi vite qu'il les avait pris. Hermione roula ses yeux et tira la chaise la plus proche vers elle.

- J'aurais aimé pouvoir être à Poudlard afin d'aller à l'infirmerie. Madame Pomfrey m'aurait remis sur pied en un clin d'œil, soupira Hermione.

- À court de sortilèges dans les manches, hein?

- Un peu oui…dit-elle faiblement en le regardant manger ses raisins.

Il prit un air plus sérieux – ou plutôt, neutre. Muet comme tout, il alla chercher dans une de ses armoires un pot de verre rond et scellé d'un couvercle d'or avec lequel il revint sur ses pas. Il le lui tendit. Accueilli par l'expression intriguée d'Hermione, Draco expira et planta la chose dans la paume d'une main égarée.

- Euh…merci? dit-elle d'une voix incertaine.

- Tes tours de baguette tout à l'heure; les feuillettes d'or qui peuvent cicatriser les brûlures et tout le tralala…

- Tu veux dire que tu en as?

- J'ai eu recours à la pommade bien souvent, confirma Draco. Compte-toi chanceuse que je puisse t'en passer; ça ne se trouve pas partout.

Il retourna vers la corne d'abondance et se ravitailla le corps avec un air presque affamé. Pendant ce temps, Hermione dévissa le couvercle d'or et fut reçue par un onguent qui miroitait à peu de choses près.

- Il n'en reste pas beaucoup…et pourtant le pot n'est pas petit, constata Hermione.

- As-tu déjà perdu la mémoire, Granger? balança Draco avec un peu de vigueur. Ou faut-il que je te rappelle que cette septième année a été plutôt sanglante?

Ce dernier commentaire la laissa mal à l'aise. Elle n'osa pas le regarder dans les yeux plus longtemps. Ceux-ci demeuraient perçants et lui donnaient des frissons. Elle se contenta d'étendre sur ses blessures ce qu'il restait de la pommade.

« Et voilà encore un autre moment d'inconfort…» pensa Draco en secouant la tête. Tout était encore si frais dans sa mémoire. Des blessures physiques, des souffrances intérieures, des épreuves à surpasser. Plus les années s'étaient écoulées et plus il s'était enfoncé dans un gouffre, hélas peut-être, sans issue.

« Bon…pensons à d'autres choses. Rester là à croupir ne servira en rien. Ma jambe…ah oui, pourquoi pas » se dit Hermione.De sa baguette, elle fit apparaître un bol assez large, de l'eau et du plâtre en poudre. « Ça doit faire l'affaire…Espérons que mes cours d'arts plastiques m'auront servie! »

Malefoy Junior ne pouvait pas être plus captivé (disons plutôt repoussé) par cette approche totalement moldue. Il n'y prêta pas attention, à l'exception de quelques « Ridicule! » et « Ces moldus sont dérangés! » par-ci par-là. Apparemment, Granger avait recours aux débilités moldues. Après un très long silence ponctué de respirations, de légères plaintes de douleurs et de railleries, Hermione s'était elle-même fabriquée un plâtre digne d'un hôpital. Son bénévolat à Sainte-Mangouste et son intérêt pour la médecine magique et moldue avaient fait bonne influence.

- Granger, j'sais pas si t'es au courant, mais tu t'es fourrée la jambe dans un oreiller, lança Draco en se moquant de l'apparence d'Hermione.

- En effet, le plâtre de la jeune femme était légèrement épais. Cela se voyait seulement à peine, mais la dimension de celle-ci demeurait tout de même importante.

- Merci du compliment, elle répondit d'un ton sarcastique. C'est mieux que rien tu sauras.

- Je n'ai jamais vue une telle horreur, affirma Draco en secouant la tête d'un air moqueur. Y'a que les moldus qui peuvent inventer des idioties pareilles!

- Je t'y verrais bien, moi! À leur place, tu ne saurais probablement pas comment te mettre un pansement au doigt.

- Je n'ai rien qu'une chose à dire, admit le jeune homme en s'approchant d'elle. L'insolence te va très mal, Jane.

Il s'éloigna avec un de ses fameux sourires et se dirigea vers son lit pour finalement faire un bond et retomber sur le matelas douillet, satisfait. Ô combien satisfait.

-O-o-O-o-O-o-O-o-O-

- M'man! J'vais voir Harry!

- D'accord, chéri. Veux-tu bien apporter le pot de géranium, là sur le coin de la table ? Je crois que les hémérocalles sont dues pour être remplacées.

Molly Weasley coupait des ananas en rondelles tout en regardant son fils prendre avec petite difficulté, le pot démesuré du géranium. Le visage de Ron effleurait la plante à quelques occasions, ce qui distrayait Molly.

- Ron, ce n'est pas un mouchoir! s'indigna-t-elle.

- Ouais, bah une chance que j'y suis pas allergique, répondit Ron en étirant son cou afin de voir où il allait.

- N'oublie pas de rapporter n'importe quelle plante qui faiblit, c'est bon pour le jardin!

- Oui. Bon, j'y vais!

Ainsi armé d'un géranium énorme, Ron Weasley rendit visite à son ami de toujours, Harry Potter.

-O-o-O-o-O-o-O-o-O-

Hermione fusillait du regard le jeune homme qui se payait sa tête. Il avait le don de la provoquer, celui là. Toutefois, elle se résolut à ne pas placer un mot de plus. C'était seulement un jeu de maturité et elle allait l'emporter, bien évidemment. Après s'être apaisée, Hermione remarqua que ses blessures s'estompaient quelque peu: un premier pas définitif vers une guérison rapide. À cette pensée, elle se rappela de l'état désolant du pauvre Harry. Elle réfléchit un instant, se conjura des béquilles et fit route vers le bord du lit où Draco se reposait.

- Tu veux terminer ta visite à Sainte-Mangouste? demanda-t-elle soudainement.

- Mmm? fit Draco en haussant un sourcil. Quoi?

- Quand on s'est rencontré là-bas le jour dernier, tu allais voir ton père, non?

- Oui. Et puis je t'ai trouvée, inoffensive et seule. Je ne pouvais pas m'empêcher de venir t'importuner, dit-il avec son sourire continuel.

- Enfin bon, Hermione roula des yeux, on peut y aller tout de suite – on n'a rien de prévu.

- Ok, accepta-t-il.

- Parfait!

- Une autre bonne idée serait aussi que tu te changes…

Hermione s'examina de la tête aux pieds. Accoutrée de cette manière, elle passerait sans contredit pour une patiente toute fraîche sortie d'un accident.

- Habille-moi alors, proposa Hermione avec, à son tour, un sourire narquois.

Plus tard, enfin disposés pour un périple dans les couloirs de Sainte-Mangouste, les deux associés au projet Amitiés des Sangs se mirent en route, ne sachant pas sur qui ils allaient tomber…


Notes de l'auteure

Rahlala…quel soulagement, je dois vous l'admettre! Mon cœur a été lourd de remords depuis la dernière mise à jour. Je suis assez contente de ce chapitre. Beaucoup de conversations, de dialogues. D'action aussi, si je ne me trompe pas! Et puis...regardez-moi la fin! Notre duo préféré sera à la rencontre de quel personnage, vous dites? Notre roux préféré, pardi! Qu'est-ce qui va bien se passer, je me le demande… ;)

Dans ce chapitre, on apprend l'origine de Jane et Dragan, on assiste à de nombreuses situations de soins, Draco promène Hermione sur son dos (avec de légères difficultés, qui l'aurait cru!), Hermione se fabrique un plâtre, Ron se fait attaquer par un géranium (et non pas des cerveaux comme en 5e année!) et finalement…Draco habille Hermione.

J'espère que vous avez apprécié ce 10e chapitre tout autant que j'ai eu de plaisir à l'écrire! J'ai déjà commencé le chapitre suivant, alors soyez là pour un assister à une mise à jour sous peu!!

Halloween is coming, it's time for trick-or-treating!
Donnez-moi des bonbons! Ou MIEUX encore!
Des reviews!
C'est sans calories et c'est délicieux!
Et je RAFFOLE des loooongues reviews!

Rendez-vous au chapitre 11!

Yours truly,

Lula-The-Only-One