« Mais qu'est ce que c'est encore ce boucan ! »
Apparemment, la réception plus qu'hasardeuse que venait de tenter Jonathan en réponse au sortilège de rejet de Harry n'avait pas fonctionné au mieux, et il semblait que le fait d'avoir démoli la commode lors de sa chute venait une nouvelle fois de mettre à vif les nerfs de l'oncle Vernon.
« Ce n'est rien mon oncle, juste l'entrainement qui continue…
- Vous ne voudriez pas que je parte n'est pas Monsieur Dursley ?
Le silence qui suivit la question suffit à Jonathan pour lui faire comprendre qu'une fois encore, il avait eu raison de tout expliquer aux moldus peu après son arrivé. Il ne se souvenait plus d'ailleurs pourquoi ils avaient eu cette idée, mais à chaque fois que ce souvenir remontait à la surface, il déclenchait une vague de fou rires des deux adolescents que même le plus intense entrainement sur d' obscurs sortilèges ne parvenait pas à dissiper.
En effet, peu après avoir convaincu Harry Potter de le laisser habiter dans la maison, ils avaient préféré avertir les Dursley qu'un autre anormal viendrait vivre chez eux pendant deux semaines. Il fallait convenir qu'ils ne l'avaient d'ailleurs pas si mal pris, même si forcément il était dur de dire non sous silence à une silhouette sombre encapuchonnée.
Pourtant, le bien être des Dursley n'était que le cadet de ses soucis, car il savait que dans la journée, des membres de l'ordre allaient venir chercher toute la famille et il ne savait toujours pas comment ils allaient réagir.
Enfin, même si il devait s'absenter quelques temps, le travail accompli durant les deux semaines avait été plus que concluant. Si il avait été un peu déçu de voir le faible niveau des sortilèges de son élève, son potentiel magique était à la hauteur de ses espérances, et il n'avait fallu qu'une semaine de travail intensif à Harry pour enfin maitriser de bonnes bases d'occlumentie et de légimencie. Peu après, il tint sa promesse, et lui montra à Potter le seul souvenir qu'il tenait de sa mère, et depuis, la question de ses motivations ne s'était plus jamais posée.
Il avait eu par contre un peu plus de mal à lui faire entendre raison au sujet de la magie noire, Potter étant au départ complètement contre à l'idée de maitriser le moindre sortilège interdit. Pourtant à force de négociations, et surtout en lui indiquant que si il ne voulait pas les utiliser, il pouvait les apprendre afin de se défendre contre eux, il était parvenu à lui faire lire « Magie Noire, tout ce que vous avez toujours voulu savoir ».
« Marrant, je n'ai pas souvenir qu'un sortilège de répulsion pouvait avoir des effets aussi puissants…
- Peut être parce que ce n'était pas qu'un simple sortilège de répulsion » lui répondit son élève tout souriant devant la déconvenue de son professeur.
Les mélanges, Jonathan avait encore oublié l'intérêt presque obsessionnel qu'avait développé Harry pour cette obscure discipline de la magie qu'ils avaient découvert dans un vieux livre familiale, la métamagie. Au moyen de lettres ou de mots rajoutés à la formule initiale, on pouvait modifier certains paramètres du sort que l'on souhaitait lancer. Simplement, la concentration requise n'en était que plus élevé, et Jonathan était stupéfait qu'au bout de ses deux semaines d'entrainements, Harry parvenait à allier métamagie et sortilège informulés, le tout en esquivant ses propres informulés.
Après avoir remis en place la pièce, les deux garçons décidèrent de se restaurer, tapant dans les provisions qu'allait chercher Jonathan lors des rares sorties qu'il s'autorisait. Tout en consommant les dernières potions régénérantes, ils commencèrent à discuter de la lettre arrivée il y a deux jours, prévenant Harry que l'évacuation se ferrait à la date d'aujourd'hui, et Maugrey précisait bien qu'il prendrait « le visiteur imprévu » avec eux. Après quelques débats au cours desquels Jonathan assura que l'ordre le pensait mort, ils en vinrent à penser que Dumbledore avait une nouvelle fois mis en œuvre son talent de divination insoupçonné, et que finalement, il aurait été préférable qu'il cumule directeur et professeur de divination.
« Cela aurait été au moins un peu amusant » ne cessait de répéter Harry.
Pourtant le sujet Dumbledore n'avait été que peu abordé par les deux jeunes hommes, même si les articles d'Elphias Dodge et de Rita Skeeter avaient eu le mérite de clarifier leurs positions. Si Harry restait complètement dégouté par les écrits de la journaliste, les révélations sur la situation de Jonathan le faisait quelque peu douté, ainsi faute de connaitre la vérité, ils en étaient resté à la position de « vieux fou surdoué un peu manipulateur ».
Lorsque la sonnette retentit, elle vint rappeler que l'ordre venait déjà s'occuper des Dursley, et comme convenu, Jonathan resterait en haut pour le moment. Inutile d'effrayer des membres de l'ordre qui ne seraient pas au courant.
Grâce à quelques sorts, Jonathan assista à la scène depuis la chambre, mais ne put parvenir à déterminer s'il regardait une comédie ou un mauvais roman à l'eau de rose. Surement un peu des deux finit il par conclure lorsqu'il assista aux adieux presque pathétiques des deux cousins. Encore que voir la tête de Vernon Dursley lorsqu'ils croisèrent en partant une famille du voisinage finit par lui arracher un fou rire.
« Je n'arrive toujours pas à me rendre compte que je ne les verrais plus annonça Harry qui était revenu donné à manger à la chouette. Bon y vont pas tarder, prends peut être la potion, je ne sais pas qui te reconnaitrait, mais ils seraient capable de… .
- Intérêt à avoir bon goût Potter, tandis qu'il prenait une de ses mèches de cheveux. Mmmh, une couleur doré, annonça t'il en regardant Harry d'un aire narquois, je ne sais pas pourquoi, je m'y attendais.
Il la but entièrement et après quelques instants de douleurs, un deuxième Harry apparut dans la pièce.
- Bon, c'est l'heure, allons te lyncher annonça Harry tout en descendant les escaliers.
- Attends, crois que c'est facile de bouger ce corps de nabot rabougri…
CRAC, le « nabot rabougri » venait de se faire propulser 3 mètres en arrière.
- Me le paiera Potter, tu vas…
Harry n'entendit pas la suite, il venait d'arriver dans la cuisine et regardait le jardin. Et ce fut à cet instant qu'il les vit tous, toute la grande et fameuse escorte de Harry Potter : Maugrey Fol Œil, Ron, Hermione, Fred et George, Bill, Fleur, Tonks, Lupin, Kingsley, Hagrid et…
Tandis que Jonathan redescendait en maugréant contre l'irrespect des jeunes de nos jours, il alla ouvrir la porte de derrière.
- Salut Harry, entendit il en cœur prononcé par la majorité des personnes attendant dehors
- Que fait Mondigus ici ? lança-t-il d'un air froid.
En regardant l'expression qui se dessinait sur les visages de son escorte, il comprit qu'ils savaient que quelque chose avait changé. Si les plus jeunes affichaient un air ouvertement outré devant ce manque de courtoisie élémentaire, Kingsley, Lupin et Hagrid étaient franchement étonnés, et il n'y avait guère que Maugrey pour sourire.
- Tu pourrais quand même nous…. Lança Ron
- Ca va, on fera les bonjours plus tard, on a un horaire à respecter coupa Maugrey, pour ta gouverne, Potter, c'est Mondigus qui nous a indiqué le moyen de te transporter en sécurité.
- Et je peux savoir comment vous allez vous y prendre, je ne peux pas…
- Un peu de jugeote Potter, je pensais qu'il t'en aurait inculqué. On va prendre des moyens de transports que ta Trace ne pourra pas détecter. Les balais, les sombrals et la moto.
- Grande idée l'auror, mais je reste persuadé qu'en l'air nous n'aurons aucune protections.
Si durant l'échange entre Harry et Fol Œil, tout le monde était resté abasourdis, l'apparition d'un deuxième Harry fit l'effet d'une bombe. Tout le monde voulut savoir qui était cet inconnu et surtout pourquoi il était déjà déguisé.
- Silence, silence tout le monde cria Maugrey, tout sera expliqué une fois au terrier rajouta t'il devant la franche incrédulité manifesté par la pluparts des membres du groupe. Harry, fais passer les potions à ceux qui en ont besoin qu'on puisse partir.
Pendant que les personnes choisis pour faire les Harry se transformaient et ajustaient leurs affaires, Maugrey plaçait les groupes.
- Bien, George avec Remus…
- Non Fred, moi c'est Fred, pourquoi personne ne…
- D'accord, on a compris, Fred avec Remus, tandis que l'autre jumeau se dirigeait vers Remus
- Tu as dit Fred avec Remus lança t'il devant le regard presque apeuré de Maugrey.
- BREF, Hermione avec Kingsley, Ron avec Tonks, Fleur avec Bill et Harry, tu vas avec Hagrid.
Manifestement, la répartition ne plaisait pas à tout le monde. Si Hermione, Fleur et George était enchanté, Mondigus était prêt à s'enfuir en courant, Ron et Harry semblaient dubitatifs de leurs protecteurs, quant à Fred, il ne comprenait carrément pas ce qui se passait.
- On peut savoir ce que je fais avec lui, montrant Jonathan du doigt, personne ne sait qui…
- On en a déjà parlé, il vient avec nous. D'ailleurs, lança Maugrey tout en montant sur son balai, ce sera peut être toi le mieux protégé… »
Pendant qu'il voyait Harry discutait des lieux de rendez vous avec Maugrey, Jonathan s'avança vers le dernier balai en compagnie du jumeau Weasley.
- Alors comme çà, le petit rouquin a peur ?
- Silence, qui que tu sois, je t'emmène, rien de plus…
- wooouuuu, ca ferait presque peur…, lança t'il tout en s'installant sur le balai, allez grimpe champion, ou ils vont partir sans nous.
Lorsque tout le monde fut en place, Maugrey donna le départ, et le petit groupe prit enfin son envol, laissant derrière lui une maison vidée de tous ses occupants et de sa magie.
Ce ne fut qu'après qu'ils se soient stabilisés au dessus des nuages qu'une trentaine de silhouettes encapuchonnées surgirent de nulle part. Comme convenu dans cette situation, les membres de l'ordre se dispersèrent dans différentes directions, et rapidement, Jonathan perdit de vue la moto de Hagrid. De toute façon, il n'avait que peu à se soucier des autres, puisque déjà des mangemorts s'étaient détachés du cercle pour les intercepter.
Sortant sa baguette, il laissa Fred prendre les commandes du balai, et commença à lancer quelques charmes afin de ralentir leurs poursuivants. Lorsqu'enfin, les 4 poursuivants furent distancés grâce à de solides nuages ou des vents contraires, il se retourna et lança à son partenaire, un peu revanchard :
- Toujours mécontent ?
Puis il essaya de regarder les alentours, et de lancer des sorts de détection, mais le résultat fut plus qu'alarmant :
- Il est là…
- Qui, il, qui est là ?
- Arrête de réfléchir, contente toi de nous emmener au lieu de rendez vous et vite !
Rendu presque fou par ce qu'il avait vu, Jonathan ne cessait de scruter le ciel, et ce fut avec un profond soulagement qu'il sentit enfin le balai piquer du nez vers la terre ferme.
Ce fut au moment où ils purent distinguer le toit des maisons, que le rayon vert frappa de plein fouet la queue du balai, détruisant ainsi l'engin et laissant tomber ses occupants dans le vide
- Avada Kedavra ! lança-t-il d'une voix terrible, Incarium ! finit il tout en visant Fred afin de stabiliser leur descente. La bonne maison, c'est laquelle ?
Pendant que Fred voyait le mangemort, les yeux grands ouverts, tombé comme une pierre, il put malgré son malaise indiquer un toit parmi la centaine qui se rapprochait à vue d'œil.
Lorsqu'enfin ils touchèrent sol, Jonathan se dirigea vers la porte qui s'ouvrit instentanément.
- Comment as-tu pu ?comment… Il se retourna et vit Fred pointant sa baguette sur lui, le visage pâle comme si il venait de coir la mort.
- Instinct de survie, c'était lui ou nous, jeta-t'il tout en regardant dans la maison. Ou est le portoloin, on a des délais, on parlera de tout ça après.
Là bas, c'est un vieil exemplaire de la Gazette sur la table, montrant la table que l'on apercevait dans la pièce suivante.
Jonathan se dirigea vers cette pièce et pris le journal en main. Tandis que son compagnon venait le toucher aussi, il posa seulement ces yeux sur la première page, et le titre resta gravé dans son esprit le temps du voyage : Une jeune femme massacré par des mangemorts en voulant protéger son enfant. Les ténèbres sont ils vraiment terminés ?
Il sut immédiatement qu'il était arrivé au bon endroit lorsqu'il entendit des personnes crier. Ouvrant enfin les yeux, il se retrouvait dans une petite pièce, une cuisine à en juger le mobilier, remplie de quelques personnes. Dans la pièce, il reconnaissait bien sûr Fred, qui était allé aux nouvelles de son frère jumeau qui semblait blesser à l'oreille, Harry bien sur, Lupin et le demi géant. Ce fut le hurlement d'effroi de la jeune fille qui lui fit prêter attention à elle et à sa mère. Il ne savait pas pourquoi, mais il semblait que cette jeune fille l'avait déjà vu
- C'est lui, Jedusor, je l'ai vu dans la chambre des secrets, c'est lui ! hurla-t-elle complètement hystérique tout en tirant sa baguette.
- Et voilà, fallait que ca arrive, le drame…, pensa immédiatement Jonathan, faisons simple, la baguette…
Les paroles de Ginny furent suivies du plus court et profond moment de solitude pour chacun, puis ils essayèrent tous de lancer le premier sort neutralisant qui leur passaient par la tête. A ce petit jeu, Harry et Jonathan furent les meilleurs et bientôt des baguettes venant de toute la salle volèrent vers les deux jeunes gens.
- Harry, comment peux tu seulement l'aider, c'est… parvint à articuler Remus Lupin, sous le choc de ses actes.
- Ecoutez moi tous, je suis Harry Potter, l'ennemi de toujours de Voldemort, vous me connaissez tous très bien, mais Jonathan est ici à ma demande, vous allez donc lui faire confiance.
- Quoi ! hurla Ginny, comment veux-tu que nous lui… On ne le connait même pas, il…
- Hop, Mlle Weasley, ce n'est pas tout à fait vrai n'est ce pas Mr Lupin ? coupa Jonathan tout en fixant intensément le loup garou.
La tension dans la pièce était à son comble, même George, étendu sur la table et qui venait de recevoir les premiers soins, fixait les deux hommes qui ne se quittaient pas du regard.
- Je ne vois pas…commença Lupin
- Qui était Julia Krasnikov, ma mère, finit Jonathan en savourant chaque parcelle du visage de Remus Lupin qui virait au blanc.
Ce fut à cet instant que pénétrèrent dans la pièce deux nouveaux arrivants, Hermione et Kingsley. Hermione voulu se précipiter sur Harry, tandis que Kingsley aller voir Lupin, mais le dramatique de la scène les stoppa sur place, médusés.
- Peut on savoir ce qui se passe ici, que… tenta Kingsley.
- Rien de bien grave, juste un défaut de confiance en moi, lança railleusement Harry.
Lorsqu'il vit leurs têtes, il sut que c'était gagné. « Faisons les choses simples pour une fois, Jonathan est là car Dumbledore et moi nous le voulions, il est là pour nous aider et c'est ce qu'il va faire, car il faut savoir où sont les autres et pourquoi notre plan a été découvert », finit il de la voix la plus autoritaire qu'il pouvait prendre.
Si son explication n'avait apparemment pas convaincu, personne n'osa faire une remarque ce qui était après tout l'essentiel.
- Potter, tu fais bien de parler de confiance, mais il semblerait que Voldemort est été au courant de votre petite escapade de ce soir.
- Attendons que tout le monde soit arrivé, lança Kingsley, nous aurons le temps de parler de…
- Parfait, dans ce cas, Mme Weasley, si vous pouviez avoir l'obligeance de nous fournir une chambre avec Harry, nous avons quelque chose à faire de…
- Mais Harry dormait toujours dans la chambre de Ron et…
- Viens John, coupa t'il, on va essayer de se trouver quelque chose. Au fait, vos baguettes, tandis que celles-ci retournaient vers leurs propriétaires respectives.
Tandis que les deux adolescents sortirent de la pièce, les autres occupants se regardèrent chacun dans les yeux, pour tenter de comprendre un tant soit peu cette situation totalement inédite.
Lorsqu'Harry revint dans la cuisine une demi-heure après pour venir chercher de quoi se restaurer, il vit vite que quelque chose n'allait pas. Lorsqu'il rentra dans la pièce, le silence semblait pesant, comme si tout le monde avait cessé sa conversation à son arrivé. Ce fut finalement Arthur Weasley qui rompit le silence :
- Harry, te voilà, Tonks était en train de nous dire que Fol Œil était tombé…
- Forcément, puisque personne n'a jugé bon de nous prévenir
- On peut savoir ce que tu entends par là ?
Lorsqu'il regarda Remus Lupin, il se rendit vite compte que tout le monde ici semblait choqué par son attitude. Et pourtant, bizarrement, il ne s'était jamais senti aussi bien.
- Tu veux parler de quoi ? Du fait que l'on ne me dise jamais rien, ou que l'on me prenne encore pour un enfant ? lança Harry tout en se servant allégrement dans le garde manger Weasley.
Il n'arrivait pas à déterminer ce qui était le plus drôle. La tête ébahie des plus jeunes ou l'expression outrée des Weasley et de Lupin. Il ne fut cependant pas étonné de voir Lupin avancé vers lui, la baguette tendue.
- Ecoute moi attentivement Harry, dit il tout en avançant vers lui, je ne sais pas ce que t'a mis dans la tête Krasnikov, mais tu vois bien qui il est, qui sont ses parents.
- Oui, je vois, rétorqua Harry, une mère naïve abusée par un mage noir séducteur. Mais pour ma part, je préfère retenir la grand-mère anti mangemort. Quant à toi, il me semble que tu n'es pas toujours été aussi prompte à critiquer sa mère, je me trompe ?
- Enfin Harry, comment peux tu lui faire confiance aussi aveuglement, cria Hermione, les larmes aux yeux, nous voulons t'aider et …
- Dans ce cas, laissez moi faire, je sais ce que je fais. Et non Ron, il ne m'a pas soumis à l'Impérium, lança t'il en partant à un Ronald Weasley complètement abasourdi de voir ses pensées révélées à nu.
Le lendemain matin, les habitants du Terrier furent réveillés par un bruit sourd ressemblant à une petite explosion. Alors qu'elle se levait pour aller dire deux mots à ces jumeaux, Mme Weasley se rendit compte de deux choses en ouvrant sa porte. La première, c'est qu'elle venait de voir Fred émerger de sa chambre aussi endormi qu'elle. La seconde, c'était que le bruit provenait du rez-de-chaussée. Tandis qu'elle descendait les escaliers, elle aperçut dans sa cuisine Harry et le jeune inconnu, en train de préparer leur petit déjeuner.
- Peut-on seulement savoir d'où venait ce boucan ?
- De moi madame, répondit en souriant Jonathan, il se trouve que cette infâme sangsue se gardait toutes vos confitures maisons qui sont, ma foi, fort délicieuses, tout en montrant le deuxième adolescent occupé à nier de la tête et des mains, la bouche pleine. Ceci dit, nous allons vous laisser la place, et je vous souhaite un bien bon appétit, finit' il d'un ton narquois tout en ramassant ses quelques affaires bientôt imité par le second.
- Mais…, Mais il est 6 heures, il… tenta Mme Weasley tandis qu'elle voyait les deux adolescents retourner dans leur chambres.
- Et alors, l'avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt. Vous avez un mariage à préparer non ? » termina Jonathan d'un ton moqueur non camouflé.
Les deux jours suivants furent pénibles pour tous les membres de l'ordre restant au Terrier. Ils voyaient circuler à heure fixe de la journée, environ 3 fois par jours, 2 adolescents qui ne manifestaient aucune envie de s'exprimer ou d'aider et qui réprimaient dans l'œuf la moindre tentative d'engager une conversation par un simple : « voyons, Harry a autre chose à faire que de préparer un mariage ». Pendant ce temps, les préparatifs du mariage de Bill et Fleur battaient leur plein, et chacun préférait s'investir à fond dans son travail plutôt que penser à ce qui se passait. Pourtant, lors des rares moments de pause que leur accordait une Mme Weasley rendue complètement dépressive par l'attitude d'Harry, Ron et Hermione purent enfin faire le point sur la situation. Si ils n'avaient put avoir de discussion avec Harry et Jonathan, leurs tentatives d'en savoir plus sur le mystérieux nouvel ami était sans cesse réduite à néant par les personnes qui semblaient au courant. Si les parents Weasley ne savaient rien, Lupin balayait le sujet par un « Je ne peux pas en parler, désolé » des plus éloquents et Hagrid ne put que se souvenir du nom de la jeune fille Krasnikov et du fait qu'elle était à Serpentard en même temps que les parents de Harry.
Si bien que la veille du mariage, lorsque pour la première fois depuis leur arrivée, ils croisèrent les deux adolescents, la discussion fut inévitable même si elle ne commença pas du mieux possible.
- Bon maintenant, tu vas nous dire ce qui se passe Potter annonça Ron les menaçant de sa baguette.
- Pose ta baguette, Ron, tu ne le feras jamais, rétorqua Harry d'un air las.
- Non, laisse, il est comique comme ça…
- Harry, on veut savoir ce que tu vas faire après, lança Hermione en jetant un regard noir à Jonathan.
- Moi qui croyais qu'il n'y avait que Ronald pour poser des questions stupides, je vais bien évidement quitter Poudlard et chercher les quelques choses qu'il faut détruire…
- Et nous dans tout ça, qu'est ce qu'on…
- Me semblait que vous aviez dit que vous veniez avec moi non ?
Lorsqu'il eut finit sa phrase, Harry se rendit compte que ses deux amis avaient l'air plus heureux qu'ils ne l'avaient jamais été, et la situation commençait à beaucoup l'amuser. Si bien que lorsque Jonathan éclata de rire, il ne put s'empêcher de le suivre et il s'aperçut que ses petits instants de bonheur s'étaient fait vraiment rare depuis le début de ses séances d'entrainement intensives.
A la fin de ce fou rire nerveux, et devant le ridicule de la situation, il emmena ses deux amis dans leur salle de couchage et d'entrainement, une pièce à l'arrière de la maison qui servait apparemment de dépotoir et que les deux avaient aménagé à leur guise. Là, après s'être installés, Harry tenta d'expliquer rapidement la situation du mois passé et de ceux à venir. Jonathan était venu le voir pour l'aider dans sa quête de destruction des Horcruxes, il lui avait donné quelques indices, mais l'avait surtout beaucoup aidé à développer sa magie. Il était certain qu'il viendrait avec lui, mais il ne voulait pas se couper de son ancienne vie, il restait Harry Potter, le type célèbre malgré lui, à qui il arrive toutes les tuiles de la Terre. Il leur expliqua rapidement la situation, ce qu'ils pensaient faire après être partis, mais surtout leur rappela qu'ils restaient ses amis, et qu'il souhaitait les avoir avec lui dans cette épreuve qui s'avançait. Après cette mise au point, Ron et Hermione furent soulagés mais firent face à un refus catégorique de la part des deux autres, lorsqu'ils voulurent mettre tout le monde au courant. Harry préférait que la situation reste telle quelle, elle lui garantissait peu de soucis lorsque le moment de quitter le Terrier viendrait. Ce soir là, si Hermione, après être aller rassurer Ginny à la demande de Harry, alla se coucher satisfaite, Ron ne put s'empêcher de penser que Harry n'avait toujours pas voulu répondre à ses questions sur Jonathan.
