Disclaimer : Le personnage de Leslie Van Liempd m'a été prêté par elle-même. Le personnage de Julie Martinez, c'est moi, et il me semble que je m'appartiens à moi-même (non ?). Les autres, eh bien, il s'agit des personnages du film, et vous avez rencontré Joke et Thânh, qui nous appartiennent...
Résumé : Fic écrite à quatre mains, par ma cousine et moi-même. Elle vient de partir en vacances, la suite ne viendra donc pas avant quelques semaines. En allant voir POTC 3, nous nous retrouvons elle et moi projetées dans l'univers du film... mais après la fin dudit film. Ne tient pas compte de la scène postgénérique. Je sias, le titre comme le résumé sont pourris, j'ai toujours du mal à en trouver... mais le contenu de la fic est mieux, promis.
Chapitre 4 : Leçon de danse, emplettes et retrouvailles
Leslie trébucha et atterrit lourdement sur les fesses dans le linge sale de la maisonnée que les bonnes devaient encore laver. Joke éclata de rire et lui tendit une main pour l'aider à se relever. Elle la prit avec férocité et lui décocha un regard noir. Il la hissa debout.
« Vous l'avez fait exprès, espèce de rustre ! s'exclama-t-elle d'un ton de demie plaisanterie.
- Moi ? fit-il, innocent. Jamais ! Ce n'est pas ma faute si vous ne tenez pas sur vos talons !
- Je tiens très bien sur mes talons ! s'insurgea-t-elle. C'est vous qui me balancez comme si j'étais une poupée de chiffons !
- Vous êtes plus lourde qu'une poupée de chiffons.
- Espèce de… !
- Où en étions-nous ? interrompit-il. Ah oui ! La valse. C'est pourtant simple.
- Je sais que c'est simple. Simplement, je n'ai pas un partenaire très compréhensif au niveau de mes lacunes !
- Etes-vous compréhensive de mes lacunes ?
- Mais oui !
- Vous comprenez que je puisse être illettré ? insista-t-il.
- Bien sûr, pourquoi non ?
- Vous avez tout le temps l'air de vous en moquer.
- Je suis désolée si vous avez cru que c'était le fond de ma pensée. Je trouve ça dommageable, mais ce n'est pas votre faute. Vous perdez tant à ne pas savoir lire ! »
Elle comprit qu'il cherchait à lui demander quelque chose, et ce n'était pas difficile de trouver quoi.
« Si vous voulez, je vous apprendrai. »
Il sourit. Puis il la prit par la taille et l'entraîna dans une danse populaire des Caraïbes, qu'elle ne savait pas danser, mais elle tenta de s'adapter au rythme qu'il donnait à ses pas. Quand il s'arrêta, elle avait la tête qui tournait et sentait un peu de sueur qui dégoulinait dans sa nuque.
« Malheureusement, fit Joke, de très bonne humeur, nos têtes poudrées ne veulent pas danser ce genre de danse. Ils trouvent ça… décadent. »
Leslie eut un rire enjoué et s'assit sur une barrique de rhum, qui reposait dans la cave.
« Bon, assez de danse pour aujourd'hui ! enchaîna Joke. »
Il tira sa rapière et se mit en garde. Exténuée, Leslie se leva quand même et alla chercher sa propre épée, balançant au passage les chaussures à talons qu'elle portait. Elle garda la robe.
« Voyons ce que Madame Turner a su vous apprendre ! »
Evidemment, il eut rapidement le dessus, mais elle réussi à dévier plusieurs fois ses feintes et à en faire elle-même.
« C'est bien, observa-t-il en abaissant sa lame. Dans peu de temps, vous saurez vous débrouiller comme il faut, et l'évolution ne tardera pas.
- J'espère bien ! … Quelle heure est-il ? »
L'homme jeta un œil sur sa montre de poche.
« Onze heures et demie.
- Merci pour ces leçons. Je dois rejoindre Madame Turner pour aller faire quelques courses.
- Elle accepte de vous faire sortir maintenant ?
- Apparemment oui.
- C'est trop dangereux.
- Vous n'avez qu'à venir avec nous !
- Je viens tout le temps avec Madame Turner ! Seulement c'est trop dangereux pour vous.
- J'ai une dague.
- Ah, et si la foule recommence à vous jeter des pierres ? Que ferez-vous, vous les assassinerez tous ? »
Elle eut un sourire ambigu.
« Peut-être bien. C'est une ambition de longue date que de débarrasser la terre de ceux qui la pourrissent.
- Pour eux, c'est vous la pourriture.
- Ils me jugent pour ce que je ne suis pas. Je ne suis pas une pirate. C'est démodé et inaccessible.
- Démodé ?
- Laissez tomber. »
Il haussa les épaules, et elle en profita pour sortir de la cave après avoir enfilé des chaussures pour la marche. Juste avant de refermer la porte, elle lança :
« Qu'est-ce que vous attendez, Joke, que le toit vous tombe sur la tête ?
- Dépêchez-vous ! renchérit Elizabeth d'un ton joyeux. Si vous croyez que les marchands m'attendent pour enlever leurs étoffes !
- Je ne comprends pas cette manie que vous avez d'aller vous-même acheter vos tissus ! s'exclama Joke, exaspéré, en grimpant les escaliers pour sortir de la pièce. »
Elle le fixa avec une expression sévère.
« Vous savez que je ne peux pas donner l'ordre à mes serviteurs d'acheter quelque chose dont je ne connais pas la description ! Je choisis mes étoffes selon mon humeur, et selon le stock.
- Et vous croyez sage d'emmener Eliza ?
- Sage ou pas, je l'emmène, il faut bien que les gens voient qu'elle n'a rien de la pirate qu'ils croyaient voir. »
Elle eut un coup d'œil entendu à l'adresse de Leslie qui lui rendit avec un sourire ironique.
« L'habit ne fait pas le moine, firent Leslie et Joke à l'unisson.
- Ça devient inquiétant, commenta Leslie en souriant à Elizabeth.
- Je suis du même avis, approuva Mme Turner. Attendez que j'arrange votre coiffure. Parfait. Ces cheveux courts, c'est d'une originalité !
- Certaines prostituées se les font couper pour éviter la vermine de leurs clients, professa Joke, et mal lui en prit.»
Outrée, Leslie lui enfonça son talon dans le pied jusqu'à ce qu'il hurle de douleur. Les deux femmes partirent devant, et commencèrent à descendre la colline le temps que le capitaine, boitillant, les rejoigne.
« Pas un mot, Joke, fit Elizabeth. Ce n'aurait été que de moi et sur un navire, les requins pouvaient bien vous dévorer que je n'aurais pas levé le petit doigt.
- Bien, Madame. »
Sur le chemin, ils croisèrent plusieurs personnes qui leur adressèrent des salutations aimables. Ils ne reconnaissaient pas Leslie, mais elle si, et mi-apeurée, mi-furieuse, elle observait leurs faces hypocrites avec un dégoût évident.
« Vous avez un visage expressif, lui dit Elizabeth. Beaucoup apprécient, ils trouvent cela charmant. Mais ils trouvent aussi cela particulièrement malpoli, quand l'expressivité se traduit par des émotions malvenues. Comme celle que vous avez sur le visage maintenant.
- Je peux très bien jouer l'indifférence.
- Alors faites-le. »
Joke parfaitement à sa place dans leur dos sifflotait un air de pirates qui titillait les oreilles d'Elizabeth et Leslie.
« C'est un capitaine de piraterie ? s'enquit Leslie dans un murmure.
- Je ne sais pas, mais ça m'en a tout l'air. C'est Will… mon mari… qui me l'a envoyé pour veiller sur moi. Je sais bien de qui il veut me préserver cependant. Et qui de mieux qu'un autre pirate pour ça ?
- Il veut vous éloigner de Jack ! s'amusa Leslie. C'est un jaloux.
- Il est prudent. Après tout, Jack est un prédateur, et…
- Il a des sentiments pour vous. (Leslie soupira) Ma question est peut-être indiscrète, mais vous qui avez vécu quelque temps sur un vaisseau pirate vous m'excuserez, j'espère. Allez-vous vraiment attendre Will pendant dix ans ?
- C'est une terrible question, approuva Elizabeth avec un sourire las. Dix ans c'est long, et je suis plutôt jeune, n'est-ce pas ?
- Ne soyez pas modeste, Madame ! s'écria Joke. Vous êtes jeune et jolie !
- Je croyais que vous étiez censé me préserver des prétendants, pas d'en devenir un !
- Oh non, vous êtes trop noble pour moi !
- M'en voilà ravie, grinça-t-elle. Une question à laquelle je ne peux pas répondre. Puis-je vraiment faire ça à Will qui lui attendra dix ans ? En même temps il ne m'a même pas donné la liberté de le faire…
- Ce que c'est égoïste !
- M. Turner est fier ! commenta encore une fois Joke.
- Joke, la ferme, je vous prie !
- Je dis seulement qu'il tient à garder l'œil sur ce qui lui revient de droit.
- « Revient de droit » ? releva Leslie, écoeurée. Si seulement les imbéciles pouvaient se taire, murmura-t-elle pour elle-même.
- Je ne suis pas sa propriété ! renchérit Elizabeth. Si je suis avec lui, c'est de mon propre gré. Et je suis libre de faire ce que je veux.
- Pas selon les termes de votre mariage, nia Joke comme s'il connaissait quelque chose à l'acte du mariage.
- Vous croyez que je finirai brûlée dans les flammes de l'enfer ?
- Ah ! s'exclama Leslie.
- Non…, hésita Joke. Non, mais vous serez punie.
- Je ne crois pas. Laissons-là ces questions. »
Ils approchaient du marché, où les étales couvraient toute la place près du port. Elizabeth se rendit directement chez le marchand de tissu, qui la salua avec une déférence appuyée.
« Vous me donnerez trois mètres de ce tissu, et cinq de celui-là, demanda Elizabeth en désignant une étoffe de soie vert émeraude et une en coton orange et jaune. Ainsi que cette bourse de cuir, ici. »
Le marchand approuva aussitôt et commença à découper les morceaux de tissu. Elizabeth et Leslie se détournèrent de l'étale pour observer la place. Joke attendait un peu plus loin. Soudain, ils virent arriver toute une bande d'hommes vêtus de tissus bariolés, le modèle typique du dandy pirate...
« Oh, oh, lâcha Leslie. »
Elle avait reconnu Jack – le sosie de Johnny Depp – en un clin d'œil, tant il était ce qu'il était dans le film. Elle ne comprenait toujours pas la possibilité de cette histoire. Ça lui donnait d'affreux maux de tête. Elizabeth s'était crispée. Elle se retourna vers le marchand, pris ses paquets et paya d'une main tremblante. Ce faisant, elle appela Joke.
« Portez-moi ça et rentrez au manoir.
- Vous me croyez aveugle peut-être ? Ce pirate est tellement voyant que même un aveugle le reconnaîtrait à l'odeur !
- Ce n'est pas ce que j'appelle « voyant » alors, lança Leslie.
- Cessez de chipoter !
- Que faisons-nous ? demanda Elizabeth.
- Ils nous ont vus, assura Leslie. »
Alors elle vit Julie, dans sa robe louée au magasin de déguisements, et ne put s'empêcher de pouffer de rire.
« Vous voyez la fille juste derrière Jack, à côté de l'homme asiatique ?
- Oui.
- Elle a l'air d'une fille de joie comme ça, non ?
- Disons qu'elle a l'air d'une fille qui est avec des pirates depuis un certain temps, à voir la crasse sur ses vêtements.
- Oui. Eh bien, je la connais.
- Ah, je suppose qu'il ne faut donc pas se fier aux apparences. Vous la connaissez d'où ?
- C'est… ma cousine.
- Oh vraiment ? »
Elizabeth fronça les sourcils et dévisagea Leslie.
« Est-ce un complot ?
- Si c'en est un je n'en suis pas la cause ! se défendit Leslie devant l'accusation. Je jure que je n'ai rien à voir avec la venue de Jack. Et même si ma cousine y est pour quelque chose, je ne pense pas qu'elle y soit à l'origine.
- Je vous crois, assura Elizabeth. Je n'ai aucune raison de croire que vous soyez mauvaise. »
Elle s'avança vers Jack, qui retira son chapeau et fit une profonde et extravagante révérence. Leslie en profita pour faire un signe à Julie, qui sourit.
« Jack, qu'est-ce qui vous amène ici ? fit Elizabeth d'un ton peu amène. Expliquez-vous ou j'appelle la garde ! »
