Merci aux reviewers (enfin aux revieweuses) pour leurs petits mots gentils, mais avant que vous ne deveniez trop joyeuses, je tiens à rappeller à tout le monde que cette fic est qualifiée à la fois comme une romance et comme un drame,
donc pour celles qui espèrent un happy end...
J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira...En relisant le chap 28 du T5, soit le "pire souvenir de Rogue", j'ai découvert qu'il était absolument PARFAIT pour ma fic, quelle agréable coïncidence!! Pour celles qui en ont le temps et l'envie, je vous conseille de relire ce même chapître avant de lire ce chapitre de ma fic, vous trouverez tout de suite ces petits détails (forts arrangeants je dois bien l'avouer)!
Encore quelques infos à donner avant de commencer: la fic va se derouler à trois époques differentes de la vie de Rogue, et je vous en previendrai toujours au début du chapitre, don't panic!! Ensuite, pour ce qui est du rating, je dois dire que je suis très prévenante envers les jeunes esprits, certaines d'entre vous trouveront peut-être que c'est exagéré (je vous reserve quand même une jolie scène de lemon XD)
Encore une dernière chose, il ne me semble pas avoir fait de disclaimer pour le premier chapitre, donc je tiens à préciser qu'aucun perso ne m'appartient, il n'y aura qu'un lieu qui sortira de mon imagination, mais ça n'arrivera que dans quelques chapitres!!
Voila, j'ai enfin fini, bonne (voir tres bonne j'espere) lecture à tous et toutes!!
OooooOooooOooooO
Je me suis levé. Je me suis douché puis revêtu de mon uniforme de Serpentard. C'est comme si j'étais rentré chez moi depuis une longue, une trés longue absence...Je sens les parfums des autres dans la salle commune, j'observe leurs regards peureux à l'approche des examens.
Apparement, je suis revenu exactement là où je l'avais voulu...Exactement là où tout avait commencé...Ou plutôt où tout avait prit fin. Par ma faute. Peu importe, ce n'est pas le moment de penser à ça.
Je descends dans la Grande Salle et y prends un copieux petit déjeuner. Bien que je ne sois pas glouton par nature, je me sens étrangement frais et léger ce matin, et ça reveille ma faim.
A la table des professeurs, Dumbledore est assis entre MacGonagall et Slughorn. J'aperçois aussi Flitwick. Ca me fait vraiment bizarre de voir mes collègues vingt ans plus jeunes...Et de devoir les appeller "professeur" qui plus est.
Voir Dumbledore vivant me rejouit autant que cela me fait souffrir. Bien sûr je suis heureux de le voir se mouver de ses gestes joviales mais je repense aussi à mon fatal tour de baguette et à son corps qui s'écrase mollement au bas d'une des tours du château où je suis tranquillement en train de savourer un pancake.
J'aimerais risquer un regard vers la table rouge et or, mais pour être franc, je n'ose pas. Les "maraudeurs" ne me font pas plus peur qu'il y a vingt ans mais je n'ai pas vriment envie de m'attarder en bavardages et autres insultes avec cette bande de petits prétentieux.
Alors que je m'abreuve d'un jus de citrouille qui, malgré sa fraicheur, ne tarit pas ma soif d'hydromel, une bande de jeunes filles pénètre la salle.
Une petite blonde insinifiante rit aux éclats, et à ses côtés, je l'aperçois.
Autant être honnête, mon coeur s'arrête de battre et ma bouche se fait sèche. Non seulement Lily est morte il y a dix-sept ans, mais en plus nous, ne étions pas revus depuis nos Aspics...Vingt ans.
Mon regard doit s'embuer car Parkinson, le père de la greluche du fils Malefoy, me regarde d'un air suspicieux avant de se retourner vers les deux filles.
Je n'en ai rien à faire et ne détourne pas mon regard de Lylian. Elle sourit à son amie et rejette d'un geste innocent sa chevelure d'un roux foncé sur ses épaules chétives. Ses grands yeux verts respirent la joie de vivre et l'intelligence.
Une muse, une merveille, un fantasme, appellez ma Lily comme vous le voulez, elle est si parfaite que je n'ai pas encore trouvé d'adjectif ou de nom qui puisse prétendre la qualifier.
Alors qu'elle se dirige vers la table des Gryffondors, où cette vermine de Potter la regarde avec faim, ses yeux croisent les miens.
Elle m'adresse un sourire enfantin et me fait un petit signe de la main, que je lui rends timidement, croyant à un mirage.
Potter tourne immédiatement sa tête d'idiot vers moi et me sors le regard "Propriété privée, défense d'entrer" que j'ai cru voir un jour sur le visage de son fils alors que Draco reluquait la fille Weasley.
Je ne prête pas attention au maraudeur, et détourne contre mon gré mon regard de ma douce pour sortir de la Grande Salle. Bien que je n'ai aucun besoin de revisions, mes camarades l'ignorent et il serait bien imprudent d'attirer leur attention en changeant brusquement le caractère et les attitudes du Severus qu'ils connaissent.
Mes pieds me conduisent sans que je les contrôle vraiment jusqu'à la bibliothèque. J'aurais dû m'en douter, elle est bondée de boutonneux aux hormones débordantes qui viennent de s'apercevoir qu'ils passents leur BUSE de défense dans une heure.
Tant pis, je trouve quand même un petit fauteuil où m'assoir dans un coin, et je deguste un livre sur les lycanthropes, fantasmant sur un Remus démasqué par un parent d'élève particulièrement étroit d'esprit.
Si je suis venu à la bibliothèque, à part pour ne pas éveiller les soupçons, c'est pour deux raisons.
La première, ici, on ne trouvera jamais d'autre maraudeur que ce foutu loup-garou, et franchement ce n'est pas celui qui me pose le plus de problèmes.
La seconde raison? Lily et moi avions souvent rendez-vous à la bibliothèque à l'époque.
Comme nous n'étions pas de la même maison, il s'agissait du seul endroit où nous pouvions parler sans être interrompus par les sarcasmes de l'autre clown à lunettes. La bibliothèque est donc restée un sanctuaire de bonheur et de nostalgie pour moi...
Quelques minutes après mon arrivée, je vois une Lily furibonde entrer dans la pièce. Elle cherche quelqu'un du regard et quand elle me trouve, elle augmente sa vitesse de deplacement.
Ô Merlin, je vais devoir (pouvoir aussi) lui parler...
A part "Je t'aime" et "Veux-tu Йtre ma femme Lylian Evans?" je n'ai réfléchis à aucune phrase durant ces dex dernières décennies.
Elle s'approche de moi, une ride se dessine sur son front, causée par son froncement de sourcils (que je trouve parfait).
Salut Sev'
Sa voix...Sa voix est douce quand elle prononce cette partie de mon prénom. Elle est la seule à m'appeller "Sev'". D'ailleurs, je me serais fait un plaisir de détruire les cordes vocales de celui ou celle qui aurait osé lui voler ce petit surnom. Ses yeux sont fixés sur les miens, et je reste muet. Muet de voir à quel point elle est belle, à quel point elle respire la vie et le bien être. Toute colère a disparu de son visage au moment même où elle m'a parlé.
Salut Lily.
Les mots m'ont brulé la gorge. Je n'avais plus jamais prononcé son doux prénom. Peut-être une fois, par accident, mais elle était devenue pour moi comme les saintes que vénèrent les moldus, si pure qu'il m'était interdit d'évoquer sa personne explicitement.
Elle me sourit encore, et je me sens defaillir. En fait, je suis un peu honteux aussi, et elle doit le lire au rose qui vient perturber la paleur habituelle de mes joues. Honteux car, malgré mon apparence juvenile, je suis un homme d'âge mûr qui se surprend à desirer une fillette de quinze ans.
Elle doit avoir l'habitude de me voir rougir car elle n'y prête guère attention.
Je viens de voir les Emmerdeurs.
J'avais oublié qu'on les appellait comme ça, nous les Serpentards, à cette époque.
Lily était bien la seule fille du collège a employer ce surnom. Les autres, toutes maisons confondues, étaient bien trop occupées à glousser sur le passage de ces quatre consanguins.
Cette fois ci je ne réponds rien. Je sais ce qu'elle attend de moi, (je le sais toujours, c'est d'ailleurs pour ça que je n'ai jamais osé franchir les limites de l'amitié) et elle n'attend pas que je l'interrompe, elle a besoin de se defouler, alors j'attends sagement qu'elle daigne le faire. Elle prend une longue inspiration, et je peux voir sa poitrine se soulever dès l'arrivée de l'oxygène dans ses frêles poumons. Chassant toute pensée inappropriée de mon esprit, je tends l'oreille car je sais que les mots vont franchir ses lèvres pleines et douces sous peu.
Potter est vraiment un abruti de première...Il a agressé un première année...Et je te parle même pas de ses fidèles toutous...J'ai bien crû que Pettigrow allait en mourrir d'admiration avec sa bouche bée...
En une phrase, Lily avait résumé tout ce qu'on pouvait dire sur les maraudeurs qui doive être retenu: abruti, agressé, toutous. Je lui souris, attendant avec elle qu'une réponse vienne chatouiller mes lèvres. Un coup d'oeil vers l'horloge de la bibliothèque me suffit à trouver quoi dire pour répondre au regard interrogateur et terriblement angelique que me lance Lily.
Ne t'occupe pas d'eux, les bouffons sont là pour faire rire les imbéciles, il en faut toujours.
Elle me sourit, laissant apparaître sa magnifique dentition d'un blanc et d'un regularité éclatants. Je vois qu'elle s'apprête à continuer cette agréable (Ô combien agréable, Merlin!) discussion, mais je joues la carte de l'ami protecteur et mature...Exactement ce qu'elle attend de moi.
Il est moins cinq, fis-je en designant l'horloge, on devrait peut-être y aller, non?
Elle acquiesce sans dire un mot, et nous nous levons à l'unisson pour quitter la bibliothèque, qui est maintenant pratiquement vide. J'ai une envie presque irresistible de la tirer à l'ombre d'un rayon pour lui avouer tout l'amour que j'éprouve et lui montrer tout le désir que je ressens pour elle. Encore une fois je chasse ses pensées, et bloque mon champ de vision sur le dos recouvert de tissus noir qui se ballade juste devant moi.
L'examen fût un cadeau du ciel. En même temps, j'ai un léger avantage de vingt ans d'études sur le défense par rapport aux autres candidats, mais est-ce que ça compte? Pas pour moi. Je peux bien rater cette examen sur toute la ligne, tant que Lily finit l'année (et sa vie) à mon bras. Ma plume court sur le parchemin, de sujet en sujet, de question en question, et avant que je n'en aperçoive, j'avais écrit plus de trente centimètres de parchemin. Lorsque le petit Flitwick annonça la fin du temps impartie, un sourire traversa mes lèvres. Il retomba dès que je vis le regard de Potter planté comme un couteau sur la chevelure légère et soyeuse de ma Lily.
Je me lève, mais ne m'approche pas de ma meilleure amie, elle est occupée en papotages avec une Serdaigle que je connais sous le nom de Greenlover. Une sang-mêlé aussi, il me semble. En pensant au sang, je me rappelle la raison pour laquelle j'ai perdu Lily à tout jamais il y a vingt ans, et me recite une fois de plus les instructions.
Installe-toi tranquillement, si les Emmerdeurs te cherchent fais leur mordre le gazon, n'insulte jamais Lily.
Comme prévu, je me dirige vers le parc, pofitant du soleil de mai qui rechauffe ma peau trop blanche, et de la fraicheur de l'ombre que m'apporte un petit buisson près duquel je m'installe. Comme je me souviens l'avoir fait il y a une vingtaine d'années, je fixe mon questionnaire des BUSE, à la recherche du moindre faux pas que j'aurais pû commettre. A quelques mètres de moi, Potter fait son malin en attrapant un Vif d'Or devant l'oeil éblouït de cet immonde Queudver. Black, lui, guettait quelle fille était en train de baver devant lui ou quel garçon le jalousait du regard. Quand à l'hybride, il avait ouvert un livre et plongé son nez dedans. Au bord du lac, insouciante et rieuse, Lily trempait ses pieds dans l'eau, n'accordant aucun regard aux Emmerdeurs.
Je n'entends pas la conversation des quatre Gryffondor, mais le mouvement brusque de la tête de Black (que je mine de ne pas avoir vu) me signale qu'il est temps pour moi de laisser au temps ce qu'il lui appartient, avant de mieux le voler. Je me lève donc et range mon questionnaire dans un sac déjà trop plein de parchemins et de livres. Alors que je n'ai fait que quelques pas, la voix de l'ex-futur mari de Lily se fait entendre dans tout le parc.
Ca va, Servilus?
En vingt ans, je n'ai pas oublié cette scène, comment pourrais-je le faire? J'ai donc sû à l'avance qu'il allait s'inviter à parler avec cette stupide tirade. En un rien de temps, je suis paré au combat, même si je sais que je dois paraître le plus faible de nous deux si je veux que les évènements se déroulent comme je le souhaite. Il me désarme, croyant bien sûr qu'il a l'avantage parce que je suis moins bon en duel qu'un gamin pré-pubère. Alors que je me baisse pour ramasser ma baguette, un autre sort fuse et je me retrouve à terre. Je ne suis pas surpris mais mon dos en a prit un coup et j'ai du mal à reprendre ma respiration.
Ce petit évènement a forcément attiré tout un petit groupe de spectateurs, joyeux ou non à l'idée que je me fasse détruire par cette espèce d'ecervelé de Potter. Lui et son fidèle chien de Black déblatéraient des insultes puériles à mon égard pendant que j'observais d'un oeil plus curieux que méfiant leur deux compères habituels. Lupin avait une moue triste collée au visage, se donnant l'air du prefet qui aimerait bien aider mais qui tient trop à ses amis, et Queudver se delectait de me voir à la merci de son cher Potter. S'il savait que vingt ans plus tard, il dormirait dans un placard de ma maison et m'apporterait des raffraichissements quand bon me semble, il ferait moins le fier, ce rat.
Ce sont les rires de hyènes des spectateurs qui me tirent de ma reflexion. Les maraudeurs ont sûrement raconté une blague poilante à mon sujet, et rien que pour ça, un éclair de haine traverse mes yeux, sans appel. Je n'ai pas du tout entendu la tirade de l'attrapeur, mais je peux aisément deviner de quoi il s'agissait, son registre étant très restreint. C'était soit quelque chose de desagréable sur mon physique, et en particulier mon nez, soit une quelconque accusation de magie noire.
Attends un peu...Attends un peu!
Qu'est-ce qu'il faut attendre? Qi'est-ce que tu as l'intention de nous faire, Servilo, t'essuyer le nez sur nous?
C'est le stupide Black qui a craché cette phrase, et malgré toute la maturité que j'ai accumulé pendant ces vingt dernières années, je ne peux retenir un flot de jurons fracassants, accompagné de toutes les formules que j'aimerais tant essayer sur ces abrutis de maraudeurs. Je sais qu'ils sont capables de m'insulter comme ça pendant des heures, c'est une occupation qui les distrait depuis environ trois ans, si mes souvenirs sont bons.
Qu'est-ce que c'est que ces grossièretés, lave toi la bouche.
Potter me lance de son air superieur un sortilège de recurvite, et je sens avec dégoût des bulles amères provenir de mon estomac. J'ouvre la bouche dans l'espoir candide de respirer, mes les coulées de savon et les nuages de bulles multicolores qui se deversent de ma bouche me font tousser, et m'empêchent serieusement d'aspirer ma dose vitale d'oxygène. Tout en m'étouffant, j'aperçois Lily, marchant vers James et sa bande d'un pas appuyé et rapide, marquant savament sa colère.
Laissez-le TRANQUILLE !
En voyant ma douce, Potter passe une main dans ses cheveux pourtant ébourriffés et laids à souhait. Pitoyable. Black, Lupin et Queudver se reculent plus qu'ils ne l'étaient déjà, comme s'ils voulaient laisser à leur ami toute l'intimité dont il avait besoin avec Lily.
Ca va, Evans?
Il a une voix mielleuse, qu'il veut chaude et rassurante. Le genre de voix qu'on réserve à ses conquètes, ou qu'on utilise quand on parle d'un trophé dont on est particulièrement fier. Ca me dégoute, mais cette fois-ci je ne laisserais pas MA Lily devenir le trophée de mister Potter. Non. Rien qu'à penser qu'elle l'a été...Qu'il lui a fait un enfant...J'en ai la nausée.
Laisse le tranquille. Qu'est-ce qu'il t'a fait?
J'adorais le ton méprisant et profondément dégouté qu'elle utilisait en lui parlant. D'ailleurs, plongé dans son regard d'emeraude, je n'entendais même pas Potter repliquer que ma simple naissance le genait. Si ce pauvre abruti avat vécu la moitié de ce que moi j'avais subit pendant mon enfance, il fermerait sa grande gueule. Jamais il n'avait dû supporter les violences de son père, jamais il n'avait vu sa mère accroupie sur le sol, saignant et pleurant toutes les larmes de son corps chétif et abimé. Jamais Potter ne pourra rendre une femme plus heureuse que je ne le pouvais, car jamais il n'avait vu de femme malheureuse.
Tu te crois très drôle, mais tu n'es qu'une abominable petite brute arrogante, Potter. Laisse le tranquille!
C'est d'accord, à condition que tu accepte de sortir avec moi, Evans. Allez...Sors avec moi et je ne porterai plus jamais la main sur le vieux Servilo.
Je ne sortirai jamais avec toi, même si je n'avais plus le choix qu'entre toi et le calmar géant.
Pas de chance, Cornedrue. Oh! Attention!
Le simple fait d'entendre Potter suggerer qu'il puisse sortir avec Lily m'avait mit hors de moi. J'avais rampé jusqu'à ma baguette, crachant les dernières gouttes de savon qui subsistaient à son maléfice. J'avais pointé ma baguette sur le dos de Potter, et j'entaillais sa joue sans prendre la peine de prononcer la formule de mon maléfice. Il aurait été assez arrogant pour le retourner contre moi dans le cas contraire. D'ailleurs, il retourne à l'instant même une formule de ma création contre moi, si c'est dire le niveau de pretention et de respect. Je me retrouvais suspendu la tête en bas, à quelques décimètres du sol, ma robe découvrant mon physique peu flatteur.
Fais le descendre!
Mais certainement.
Je m'écrasais par terre, faisant souffrir une fois de plus mon dos, qui commençaient à languir la fin de cette journée. Bien sûr, je me relevais en quelques dixièmes de seconde et brandissais à nouveau ma baguette, essayant d'oublier que Lily venait de voir une partie de mon anatomie que j'aurais aimé lui laisser en d'autres cisconstances. Black m'a lancé un Petrificus Totalus, et bien que je ne puisse plus bouger, j'entendais toujours la discussion mouvementée de James et Lily, craignant un infime rapprochement.
LAISSE LE TRANQUILLE!
Ah, Evans, ne m'oblige pas à te jeter un sort.
Alors, libère le du maléfice!
Je sentis mes muscles se décontracter, et me relevais tant bien que mal, faisant face à Potter et ses Emmerdeurs pour le énième fois de l'après-midi.
Et voilà, Tu as de la chance qu'Evans ait été là, Servilus.
Je ne sûs pas quoi dire. La première fois que j'avais vécu cette scène humiliante, j'avais traîté Lily de Sang-de-Bourbe. Je ne sais pas pourquoi d'ailleurs, j'avais parlé avant de penser, ce qui n'est jamais grattifiant. Cette fois-ci, j'étais bien décidé à ne pas insulter ma sauveuse, mon amour, mon coeur, ma femme...Mais je ne savais pas vraiment quoi répondre. Relancer Potter aurait été idiot. J'opte donc pour la sincérité.
Merci, Lily.
Je m'approchais de mon amie et lui fit un sourire que seule elle pouvait voir, tournant le dos au public avide de nouvelles batailles. Elle y répondit par un sourire éclatant malgré son visage encore crispé sous le coup de la colère, un sourire qui contrairement au mien a pût être vu par toutes les personnes présentes.
Je partis seul vers le chateau, sans me retourner, imaginant avec délectation le visage outré de Potter, que j'entendais crier.
Lily? Depuis quand il appelle Evans "Lily"?? Et c'était quoi ce sourire??
Je savourais ma victoire. Une furieuse envie d'alcool et de cigarette pour fêter ma victoire sur le passé. Je chassais d'un coup de tête ses pensées malsaines. Lily et moi avions toute la vie devant nous pour nous aimer maintenant. Il me semble que le bonheur me fait flotter à six pieds du sol.
Depuis cet après-midi, Lily et moi ne cachons plus notre amitié comme nous le faisions avant. Tout le monde sait que la belle préfète de Gryffondor est la meilleure amie du sournois et laid Serpentard que je suis. Et tout le monde jase, forcément. Potter ne m'a plus agréssé...Remarquez, ça ne fait que deux semaines qu'il a compri que Lily et moi n'étions pas des étrangers l'un pour l'autre. Il a peut être besoin d'un temps de réaction un peu plus prolongé que les autres?
En tout cas, ce jour est un jour béni. Le dernier jour d'école. Mes malles sont prêtes, et le banquet devant mes yeux est savoureux. Je dévore mon rost-beef avec presque autant de douceur que la façon dont je dévore Lily des yeux. Peu à peu, je me suis habitué à ce corps et à cette vie...à l'année 1975...Moins sombre que le 1998 que j'ai quitté. Je ne ressens que très peu l'envie d'alcool, et quand ça arrive, je vais passer quelques minutes avec Lily, dont les yeux me font immédiatement oublier le Whisky.
Dumbledore, comme à son habitude assis au milieu de la table des professeurs, prend la parole pour son traditionnel discours de fin d'année. Quelle joie imense et sans fin me direz vous.
Chers élèves, et chers professeurs, vous me voyez désolé de vous annoncer une fois de plus la fin de cette année scolaire, bien que je ne sois pas sûr que le mot "désolé" puisse convenir à certains d'entre vous. Les maraudeurs firent des signes de têtes idiots et approbateurs en direction du directeur. Pour ceux d'entre vous qui ont passé leurs examens, BUSE ou ASPIC, vous recevrez comme chaque année vos résultats par hibou postal, pendant vos vacances d'été. Et puisque nous en sommes au vacances d'été, je vous en souhaite des merveilleuses, mais sachez prendre votre temps, les choses qui commencent trop tôt finissent souvent trop tôt aussi.
A ce moment là, Dumbledore m'adressa un clin d'oeil dont seul lui avait le secret, derrière ses lunettes en demi-lune. Plusieurs questions fusèrent dans ma tête.
Savait-il que je venais de loin?
Savait-il pourquoi j'étais revenu?
De quoi exactement parlait-il?
Autant de réponses arrivèrent bientot à ma rescousse. Il paraissait évident que Dumbledore savait que j'étais revenu du futur, il avait peut-être déjà fabriqué l'objet dont je me suis servis à cette époque et peut-être a-t-il repéré des indices qui laissaient croire que je m'en étais servis justement.
Ensuite, je pensais bien qu'il savais pourquoi j'étais ici, sinon il n'aurait pas prit la peine de faire des sous-entendus soulignés de clin d'oeil pendant le discours, même si ça reste sa marque de fabrique.
Et pour ce qui est de ce dont il parlait, je crois bien l'avoir decouvert aussi. Ma relation avec Lily, ça coule de source. Et même si je ne sais pas trop ce qu'il voulait dire à la fin de sa phrase "les choses qui commencent trop tôt finissent souvent trop tôt aussi", je m'appliquerai à suivre sagement les conseils de Dumbledore cet été, car il ne m'ont jamais induit en erreur.
