Hello Hello!!! Merci pour vos reviews, et aussi à ceux qui m'ont mit dans leurs favoris ou leurs alerts, ça me fait tellement plaisir!!! J'ai encore fait quelques petites modifs dans l'histoire...Et je pense pouvoir affirmer que la fic ne sera pas très longues...En fait, aucune de mes fics ne sera très longue...Enfin bref. Les élèments que j'ai changé concernent l'époque de la fic. J'ai dit dans mon précdent chap qu'il y aura trois époques différentes, mais je crois bien qu'il y en aura plus que ça...Six époques en tout, en comptant depuis celle du premier chap, donc comptez au maximum huit chaps...Je sais que c'est peu mais je ne peux pas écrire de chap dans le vent, j'ai choisis d'en écrire un pour chaque moment important de la vie de Sev...Bon, je crois bien que j'ai terminé, alors bonne lecture à tous!!
Juin 1977
OooooOooooOooooO
Je suis dans le Poudlard Express, assis sur la banquette de mon compartiment, un livre de Potions sur les genoux. Lily est installée en face de moi, à demi allongée sur le cuir, la tête posée contre la vitre, les yeux clos par le sommeil qui l'a emporté il y a une heure au moins. Voilà deux ans que je suis revenu. Je me suis ré-habitué à vivre une vie d'adolescent, à aller de cours en cours et à resté soumis à mes professeurs. Comme avant, je me suis ré-habitué à passer des heures à la bibliothèque, à potasser des bouquins que je connais déjà par coeur. Je me suis ré-habitué à ce corps, même s'il a subit de légères modifications par rapport à celui de mon "ancienne" adolescence. En effet, je suis un peu plus musclé, même si je suis encore très loin d'égaler la carrure d'athlète de James, je dois bien me l'avouer. Mon visage est resté le même, terriblement laid et fade à mon goût mais je prends plus soin de mes cheveux, ils ne sont plus gras et je les attache en catogan sur ma nuque. La seule chose à laquelle je ne me suis jamais habitué, c'est d'être ami à nouveau avec Lily.
La voir sourire, l'entendre rire, sentir l'odeur vanillé qui se dégage de ses cheveux, observer ses courbes harmonieuses, dont elle n'a même pas conscience...C'est comme voir un peintre à l'oeuvre, toujours dans la grâce et s'enfonçant chaque seconde un peu plus dans un art délicieux à voir. Elle se recroqueville un petit peu sur elle-même, elle doit avoir froid. Cette année, le train est partie en pleine nuit, tout le monde ignore pourquoi, et même en juin, les nuits écossaises ne sont pas des plus douces. Je repousse mon livre à côté de moi et m'avance vers elle. Je prends une des couvertures polaires mises à disposition et la rabat sur les épaules frêles de Lily, un sourire apparaît sur ses lèvres.
Lorsque je retourne à ma place, Syanne, le chaton tigré que j'ai offert à Lily le 30 janvier dernier, pour son 17ème anniversaire, y est confortablement installé. Je le fixe d'un air des plus sévères, et il finit par me laisser m'assoir, juste après m'avoir lancé son regard le plus hautain et méprisant. De nouveau assis, je me reprends à rêver de ma Lily. Je ne me sens plus coupable de mes pensées, maintenant, après tout Lily est majeure aussi, non? Et puis ce n'est pas comme si les garçons de mon âge n'y pensaient pas...Ils ne pensent qu'à ça à longueur de journée, ça fait d'ailleurs partie des principales raisons de leur innattention en cours.
Alors que j'admire les haussements réguliers de la poitrine de Lily en me disant que dans d'autres circonstances, j'autait pût en être la cause, la vieille femme qui distribut la nourriture dans le train toque violemment à la porte de notre compartiment et l'ouvre à la volée. Les adolescents n'ont donc jamais droit à un tant soit peu d'intimité? Lily se reveille en sursaut et brandit sa baguette vers la femme du train, prête à lui balancer un impardonnable à la figure comme s'il s'agissait du Seigneur des Ténèbres.
Excusez-moi de vous avoir déranger, Miss. Souhaitez-vous acheter quelque chose?
Lily se rassoit brutalement et sans répondre. Ca ne lui ressemble pas, elle a dût faire un cauchemar pour réagir de cette façon. Je la connais bien, et je sais qu'un petit paquet de friandise accompagnée d'une oreille attentive suffiront à la remettre d'applomb. La vieille femme au cheveux blanc comme la neige semble excédée par l'impolitesse de ma Lily. Elle ne la connait pas, je peux l'en excuser, donc je rattrape le manque de sacoir vivre dont a fait preuve ma chère rouquine.
Ce n'est rien, nous allons prendre un paquet de Chocogrenouilles et deux baguettes au reglisse, s'il vous plaît.
La femme me tend les friandises d'une main et attrape ma monnaie de l'autre. Je ne roule pas vraiment sur l'or mais rien n'est trop cher pour les beaux yeux de Lily, alors je ne vais tout de même pas faire le goujat et lui reclamer une pièce. Je me lève et referme la porte du compartiment derrière l'employée du Poudlard Express, qui est encore en train de ronchonner sur Lily. Lorsque je me retourne, cette dernière est en train de recoiffer ses longs cheveux auburn, fabuleusement brillants et souples. Elle me sourit et attrape d'un geste vif le paquet de Chocogrenouilles que je lui lance.
Merci, Sev, je te rembourserai.
Tu plaisantes, j'espère.
Pas du tout, les bons comptes font les bons amis, et comme nous sommes d'excellents amis, je te paye un coup à boire dans le bar moldu de ton quartier demain soir, on goûtera à leurs spécialités.
Je lui souris pour toute réponse. Elle avait prononcé sa dernière phrase avec une Chocogrenouille dans la bouche, et je suis sur qu'elle est la seule fille au monde qui peut être sexy en parlant la bouche pleine et avec du chocolat partout. Boire un verre dans un bar moldu n'était pas une mauvaise idée...On fêtera nos Aspics ensemble, et bien que je sois depuis longtemps inicié aux boissons moldues, je feindrai la surprise lorsque j'ingurgiterai ma dose d'alcool.
La fin du trajet se passe en silence, Lily s'est endormie et je me suis replongé dans mon bouquin de Potions, pour éviter de penser à plonger en elle. Les potions peuvent être très interessantes, leur parfum, leur couleur, leur puissance et leur goût...Un noble art que peu comprennent...Mais il est néanmoins impossible de se concentrer sur un chaudron ou des pattes d'araignées quand Lily Evans est paisiblement assoupie à quelques décimètres de moi, angélique et presque iréelle tant elle est belle.
Au fait, puisqu'on y est, autant parler des Emmerdeurs. Potter est sortit avec une petite blonde de Serpentard cette année en espérant rendre jalouse Lily...Je crois que son indifference l'a tué sur le coup. Black, quand à lui, a couché avec tout ce qui a porté une jupe entre 1974 et aujourd'hui, si ça a été votre cas, pensez à faire un dépistage de la Dragoncelle, elle s'attrape comme ça aussi. Lupin n'a jamais été renvoyé de l'école pour "loup-garoutisme impardonnable" comme j'en rêvais mais il a toujours été réglo avec moi, même si je me réjouirais profondément de le savoir derrière les barreaux d'Azkaban un de ces soirs de pleine lune. Quand à Peter, il n'a pas rejoint le Seigneur des Ténèbres il me semble. En tout cas, il n'a pas cet air constamment coupable et peureux qu'il traînait autre fois, il est simplement une vermine insignifiante à l'image de ses amis.
Un sifflet retentit et le train s'arrête. Nous sommes arrivés à King's Cross et Lily n'est toujours pas reveillée. Je m'approche d'elle et m'accroupie, mon visage pile à la hauteur du sien. Elle est encore plus belle de si près, sa peau fine parfaitement lisse sous mon regard, les reflets harmonieux de son visage m'offrait des envies dont je n'oserais même pas vous parler. Je passe en tremblant presque une main sur sa joue, fraiche et blanche. Ses paupières clignents deux ou trois fois puis s'ouvrent complètement et un sourire prend place sur ses lèvres, presque de la même couleur que ses cheveux.
Sev?
Allez lève-toi, Lily, on est arrivé...
Comme à chaque fois que je m'adresse à elle, je parle d'une voix la plus douce et la plus chaude possible, craignant de la blesser par un mot plus strident qu'un autre. Elle sourit toujours et se met en position assise. Elle pose un regard interrogatif sur moi et je m'aperçois que je suis toujours accroupie. Je me lève brusquement et attrape Syanne, nos bagages ont déjà été descendus sur le quai par le personnel du train.
Sur le quai, personne ne m'attend, ce sont les parents de Lily qui me ramènent chez moi. Son père et sa mère sont tous les deux grands et assez minces. Pétunia ressemble bien plus à son père, mis à part que lui a un coeur en or. Je me souviens du jour où Petunia a envoyé une lettre à Dumbledore pour venir à Poudlard...Et maintenant elle ose nous traîter de monstre cette idiote. Heureusement les parents de Lily sont fiers d'elle, et savent que c'est un honneur pour des moldus d'avoir une sorcière dans leur famille.
Bonjour les enfants!!!
Mr Evans me serre la main chaleuresement, puis sa femme me prend dans les bras comme si j'étais un enfant de douze ans. Je me sens un peu gêné mais Lily lève les yeux au ciel d'un air entendu et je me détends immédiatement. Nous partons tous ensemble dans la voiture moldue de Lily. Nous sommes assis sur la banuette arrière, et la sieste du Poudlard Express ne semble pas l'avoir remis en forme, parce qu'elle s'endort une fois de plus, la tête appuyée sur le siège conducteur. Peut-on vraiment s'endormir dans ce genre de position? Lily s'endort n'importe où et n'importe quand, j'en ai l'habitude maintenant, mais elle m'emerveille toujours par son originalité.
Elle se reveille peu avant que ses parents ne me déposent devant ma maison. Je ravale l'amertume que m'inspire cette période "en famille" que je vais devoir passer avec mon père avant de trouver enfin quelque chose de plus personnel où habiter. Peut-être une colocation avec Lily? N'importe quoi, parfois je me dis que revenir vingt ans en arrière m'a fait regresser point de vue intelligence et maturité...J'ai quand même eu une BUSE de moins que pendant mon "ancienne" adolescence...Je devais être en train de penser à un stratagème pour récuperer Lily des griffes de Potter.
Au revoir, Severus.
Je t'envois un hibou pour demain soir Sev!
Au revoir Mr et Mme Evans, à demain Lily!
Je sais bien que Lily voit mon sourire crispé, elle sait combien je deteste mon père, et combien il me le rend bien. Quand je pousse la porte d'entrée de la maison, il est assis sur un fauteuil en face de la télé, une bière à la main. Son visage ressemble tellement au mien que je me dégoute de me voir dans un miroir. Il m'entend fermer la porte et se retourne vers moi, un air méprisant déformant déjà sa bouche en un rictus infame.
Sev...
Papa...
Et voilà le chaleureux retour du fils prodige au domicile familiale. Je n'ai rien à lui dire, je le hais, il me hait, et nous faisons semblant de ne pas nous voir les rares périodes où nous devons vivre ensemble. Dans mon "ancienne" adolescence, les vacances passaient vite, je restais enfermé dans ma chambre et m'exerçais à toute sorte de magie noire que je rendais indétectable par le ministère...Il faut dire qu'à l'époque la vigileance n'était pas la même, j'avais même enseigner ma façon de contourner la loi à Lily en deuxième année pour qu'elle puisse montrer à ses parents tout ce qu'elle avait apprit.
Mais cette fois-ci, pour Lily, j'ai totalement abandonné la magie noire et tous les amis qu'elle m'avait apporté. Terminé Mulciber, Malefoy, Lestrange, Rosier et j'en passe. J'ai la profonde impression que la Terre ne porte que deux personnes, Lily et moi. Peu importe le nombre de choses ou de gens qu'il me faut abandonner pour avoir son amour, je le ferai sans aucune hésitation. J'ai sû tirer leçon de mes erreurs et je ne les referai pour rien au monde...D'ailleurs, quelque chose dans le regard de Lily a changé...Je n'irais pas jusqu'à dire qu'elle a un regard amoureux mais ce n'est plus le même regard qu'avant...Il est moins...Peut-être moins innocent qu'avant je ne sais pas, en tout cas quelque chose a changé c'est sur.
Je monte les escaliers qui montent vers ma chambre, mais avant que je mette les pieds sur le palier, deux bras l'enlacent et j'entends la voix de ma mère. Ca me fait bizarre d'entendre la voix de ma mère. Elle n'est ni douce ni agréable mais ma mère reste ma mère, la dernière Prince, une femme respectable qui garde la tête haute sous les coups de son moldu alcoolique de mari. Je pose ma malle sur la marche d'escalier où je suis et réponds et à son étreinte. Son odeur ressemble à celle de Lily, ce parfum de vanille qui émane également de mon chaudron à chaque fois que je fais de l'Amortentia.
Bienvenue à la maison Sev.
Merci Maman
Contrairement aux autres sang-pur, ma mère ne m'oblige pas à l'appeller "mère" ou à la vouvoyer. Il faut dire que depuis son mariage, il lui est inutile de perpétuer les traditions puritaines des sang-purs, puisqu'elle appartient aux traîtres à leur sang. Alor qu'elle descend les escaliers et que j'amène mes affaires de Poudlard dans ma sordide chambre, j'entends mon père lui aboyer quelque chose. Quel ingrat vraiment, je ne sais pas si je vais supporter d'habiter avec lui, je vais finir par l'envoyer au paradis des moldus en deux coups de baguette. La soirée se passe presque sans accros, et je me diriges calmement vers ma chambre pendant que mon père hurle.
Tu es peut-être majeur dans ton monde, mais tu devras m'obeir jusqu'à ce qe tu quitte on toit mon grand!!!!!
Ce soir-là, je m'endormis presque aussi bien qu'à Poudlard, fixant d'un regard rêveur une photo de Lily et moi à Pré-au-Lard, que j'avais accroché au mur juste en face de mon lit. Les rêves que je fis cette nuit furent bien plus doux et plaisants que ceux qu'il m'arrivait de faire à Poudlard.
Le lendemain, vers 18 heures, je reçus le hibou promis par Lily. C'est une magnifique chouette, qui a les yeux du même vert et les cheveux du même roux que sa maîtresse. Je n'avais vu qu'une seule chouette comme ça dans ma vie, et elle se tenait devant moi et la patte levée en cet instant. Je dois avouer que j'ai un peu peur que Lily ait un empêchement, après tout, même si ses parents sont gentils, ils n'aiment peut-être pas l'idée de voir leur fille sortir dans un bar le soir avec un sorcier à peine majeur pour seule compagnie...Mais je connais Lily et son caractère bien trempé ne laisse pas beaucoup de place au pardon et au refus.
Cher Sev,
J'ai convaincu papa et maman, et tant pis si Petunia fait la tête, on mérite bien de fêter notre majorité et nos Aspics, non??
J'espère que les retrouvailles avec tes parents ne se sont pas trop mal passées, du moins avec ton père...
Je crois que je prefererais aller à Pré-au-Lard plutôt que dans un bar moldu, ils sont peu fréquentables je trouve, pour une jeune fille bien élèvée...Je plaisante, mais sérieusement j'ai envie d'aller faire un tour à Pré-au-Lard ce soir. Si tu n'es pas d'accord...Je te ferais mes yeux de cocker mixé avec ceux de l'enfant battue et tout sera réglé!
Transplane devant chez moi à 20 heures, si il y a quoi que ce soit qui ne va pas, renvois-moi Bloody!
Je t'embrasse, Lily.
Je fais passer et repasser mes yeux devant la dernière phrase, un sourire à la fois niais et hautain pendu à mes lèvres. Elle m'embrassait. Bien sûr, je sais que c'est quelque chose qu'on se dit entre amis, par habitude ou par politesse, et qu'elle aurait sûrement rajouré "sur la joue" si ça n'avait pas été impoli mais peu importe, elle m'embrassait, noir sur blanc. Je considère que la moitié du chemin vers son coeur (et pas que) est fait à partir de maintenant. Enfin disons le tiers du chemin, car je suis aussi timide que Lily et je sais ce que représente le mot "embrasser" pour deux jeunes gens comme nous. Je parcours à nouveau le reste de la lettre. Bloody? Qui appellerait sa chouette Bloody? Surtout une chouette aussi jolie...Lily est vraiment et irresistiblement imprévisible. Quant à Pré-au-Lard, j'ai déjà decidé de suivre les préférences de Lily, pourquoi la decevoir pour si peu, je me contente de suivre ses envies, quoi qu'il arrive.
Deux heures plus tard, j'atteris devant le portail du jardin des Evans. Je me suis habillé en moldu. Au moins, je passe inaperçu partout, les sorciers sont habitués aux jeunes qui s'habillent en moldu, contrairement aux moldus qui sont scandalisés de voir un garçon en robe! Mes cheveux sont noués en catogan de la même manière que d'habitude. Je porte un tee-shirt noir, et un jean noir, complètement assorti à mes baskets noirs. Je sais que je ne suis pas original, mais je me vois mal débarqué en rouge pétant...Pourquoi pas avec un chapeau pointu à la Dumbledore aussi...
Et là, Lily sort de chez elle. Je crois que c'est à ce moment là que mon coeur a décidé de prendre sa retraite et d'arrêter de battre. Je me sens étrangement vide en la regardant, je ne suis plus moi, je ne suis plus rien en fait. Je ne suis qu'un accessoire à ses côtés, à peine aussi important qu'un sac à main. Ses cheveux auburn sont remontés en un chignon élegamment négligé, dont quelques mèches retombent près de ses oreilles, qui sont parées d'anneaux dorés. Elle a souligné ses grands yeux verts d'un traits de khôl, qui accentue leur forme en amande et elle a ajouté une très légère touche d'une matière brillante comme de l'huile sur ses lèvres. De quoi me rendre fou. Et quand je m'attarde sur sa tenue, c'est à en perdre la tête pour de bon. Elle est habillée d'une fine robe d'été, dans un ton vert parfaitement assorti à ses yeux, et d'une longueur tout à fait acceptable si le but de la soirée avait été de mesurer la longueur de ses jambes. Même avec les quelques centimètres de talons qu'elle porte, elle est toujours plus petite que moi, ça me rassure et renforce un peu mon esprit viril.
Waou, tu es très belle Lily.
Merci, tu n'es pas mal non plus Sev...
J'ai essayé d'adopter un ton détaché pour la complimenter mais quand elle a prononcé sa réponse, je crois que le blanc de mes joues a définitivement laissé sa place à une couleur cramoisie oscillant entre celle des cheveux de Lily et celle de ceux des Weasley. Heureusement le ridicule ne tue pas, je serais mort au moins vingt fois depuis mon entrée à Poudlard, remarquez...
Quelques minutes plus tard, nous entrons aux Trois Balais, où nous sommes devenus des habitués depuis ces sept dernières années. Rosmerta, la jeune serveuse sur laquelle la plupart des étudiants fantasment durant les sorties trismestrielles au village, vient prendre notre commande. Pour fêter notre nouveau statut d'adukte, nous nous offrons un Whisky chacun, sous le regard amusé de la patronne. J'en oublis presque les décilitres de Pur Feu que j'ai ingurgité depuis la mort de Lily Potter. Une Lily qui n'existera plus jamais. Il n'y a de place dans ce monde là que pour Lily Evans et Lily Rogue.
Quand nous payons l'addition, il est plus d'une heure du matin. Pour être honnête, nous ne sommes pas de la première fraicheur...Je dirais même que je suis un peu emêché, et que Lily est complètement saoule. Son manque de pratique en la matière prend le dessus, je ne l'en blame pas. Elle insiste lourdement (très lourdement) pour nous ramener par Transplanage d'escorte. J'ai bien peur de n'arriver à l'Impasse du Tisseur qu'en plusieurs morceaux, mais je la laisse faire quand même. Je suis toujours les desirs de Lily, même quand elle est imbibée d'alcool.
Je sursaute lorsqu'elle m'agrippe le bras. Le transplanage d'escorte a ses bons côtés. Mais je déchante très vite, quand sous la pression du transplanage mon estomac fait une tentative de suicide en passant par mon oesophage. Heureusement, j'arrive à garder mon bien à sa place, et ouvre les yeux quand je sens que la sensation s'arrête. Une musique assourdissante se fait entendre, tout près, vraiment tout près de moi. Lily a raté le transplanage, ou plutôt, elle n'avait pas imaginé le bon aterrisage. Je l'entends éclater d'un rire strident qui ne lui ressemble pas quand elle se détache de moi.
Désolée, Sev, je voulais tellement venir ici...
Tu es sûre que tu ne veux pas rentrer Lily?
Nooooon...
Après le coup du cocker, je n'ai aucun pouvoir,nous entrons dans cette discothèque moldue, et nous sommes obligé de jeter un sortilège de Confusion au videur pour qu'il omette de nous demander notre âge (et oui, nous ne sommes pas majeurs chez les moldus, mon père me le rappelle assez souvent!!). A peine rentrée, Lily détache ses cheveux et se lance sur la piste de danse, au milieu de tous ces moldus inconnus qui l'évalue du regard comme un loup ferait avec une proie potentielle.
Aller viens Sev, on va s'amuser!
Pas pour danser, mais pour la protéger, je m'avance vers la piste et saisis les mains qu'elle me tend. Le contact avec sa peau m'a litteralement brûlé les doigts. Elle dégage une chaleur étrange, à la fois rassurante, excitante et douloureuse. J'adore ça, je pourrais lui tenir les mains, juste les mains,pendant une éternité. C'est si...Particulier...Rien à voir avec ce que j'ai pû ressentir avec les femmes que j'ai connu dans ma vie d'adulte. Quoi qu'on dis ou qu'on fasse, l'amour apporte des sensations inégalables, qui qu'on soit.
Lily se mit à rire, et à bouger ses mains en dansant, espérant sûrement que je suivrais le mouvement. Hors de question, les sept dernières années m'ont suffit pour faire le plein de ridicule, je ne vais pas me tremousser en public sur de la musique moldue, ça non. Mais là encore, le cocker revient à la charge, elle s'en sert un peu trop souvent à mon goût depuis qu'elle a remarqué son effet sur moi. Je bouge donc légèrement, en symbiose avec ses mouvement plus amples, admirant la sensualité inouïe de ma déesse.
Lily, je n'ai pas très envie de danser!
J'avais dû m'approcher assez près de son oreille et crier pour qu'elle puisse m'entendre, la musique et l'alcool ne favorisant pas nos cinq sens. Elle me sourit, et s'approcha à son tour de mon oreille, en se mettant sur la pointe des pieds. Mon coeur rata un battements, puis repris à une vitesse folle, si folle que j'ai l'impression que son bruit fait partie de la musique de la discothèque.
Okay Sev, mais tu me payes à boire!
Elle sourit encore, un sourire accompagné d'un clin d'oeil, même pas besoin de faire le cocker pour que je compatisse cette fois. Lily n'est pas une grande fêtarde d'habitude, et je suis sûre que quand demain matin elle saisira tout le sens de l'expression "gueule de bois" elle reprendra sa petite vie monotone en m'interdisant de remettre cette soirée sur le tapis.
Je lui fait signe d'aller choisir une table pendant que je me rends vers le bar. Le serveur, qui me fait étrangement penser à Sirius Black (oui, un type super beau avec un air super hautain c'est ça...) me demande ce que je veux boire. Je commande deux Whisky, Lily a l'air d'aimer ça et je me vois mal commander un hydromel ou une bièraubeurre dans une boîte moldue.
Quand je reviens vers les tables, j'aperçois Lily, complètement allongée sur un canapé de velours noir, sûrement les canapés reservés aux gens trop alcoolisés pour s'assoir correctement sur une chaise. Elle sourit bêtement, la tête renversée et un bras levé vers le plafond. Elle me fait sourire, et un léger rire s'échappe même de ma gorge lorsqu'elle tend la main dans le vide pour attraper son Whisky. Je me sens un peu coupable de la faire boire comme ça, elle aura sûrement mal à la tête demain matin, et elle aura besoin d'un bon sortilège de Confusion ou d'Oubliettes pour passer incognito auprès de ses parents et de sa soeur.
Nous parlons de tout de rien, de Poudlard, des universités, du passé, de l'avenir, de nos parents, de nos amis, d'elle, de moi, et nous finissons même par parler de "nous". Je l'évite du regard et mes mains se font moites lorsque nous abordons le sujet. J'espère qu'elle n'entend pas les battements de mon coeur parce que j'ai l'impression qu'ils vont exploser mes côtes. Dans ma vie d'adulte, je ne suis pas intimidé par les femmes, elles passent sans jamais repasser, et je serais franchement incapable de me souvenir d'un de leurs prénoms.
Tu vois Sev, le problème de l'amitié, c'est qu'il y a toujours des limites à ne pas dépasser...
Elle est toujours saoule mais quand je regarde (brièvement) ses beaux yeux verts emeraude, ils sont étonnament perçants et malgré les pupilles dilatées, le regard de Lily est claire et ouvert. Je ne sais pas trop quoi lui répondre, j'ai l'impression que cette discussion fait partie d'un rêve, qu'elle n'a pas vraiment lieu, mais tout est réel. Lily est réellement à moins de trente centimètres de moi, en train de me dire que l'amitié avait des limites et que c'était dommage ou je ne sais pas trop quoi. Moi je me contente d'aquiescer tout ce qu'elle dit et de la dévorer des yeux, en gardant quand même une oreille sur ses paroles.
Et des fois je me dis que tu mérites mieux, tu vois.
Elle prend une grande inspiration. Elle ne sourit plus et garde ses yeux plantés dans les miens, alors que moi je me force à détourner le regard, de peur de lui sauter dessus au milieu de toute cette foule.
Tu es quelqu'un de gentil, d'attentionné, de doux, de drôle, de marrant, tu es quelqu'un de parfait en fait et...
Elle s'arrêta, et mon coeur avec elle. Je ne peux pas empêcher la phrase de franchir mes lèvres. J'aimerais, j'aimerais me lever et partir, oublier tout ce qu'elle vient de dire mais je ne peux pas. Si on combine mes "2 vies", ça fait environ 41 ans que j'attends Lily Evans.
Toi tu es parfaite, Lily.
Elle est immobile, en face de moi, son visage parfait strayé par le khôl qui a coulé de ses yeux, et ce qui fût il y a peu un chignon tombant mollement sur son épaule dénudée. Elle s'approcha, fixant toujours mes yeux, qui fixent maintenant les siens. Je peux voir les petites mèches plus claires dans ses cheveux, des mèches plus rousses et d'autres plus chocolats. Elle s'approche toujours, et je la vois déglutir difficilement, elle n'est pas angoissée mais incroyablement concentrée sur ma bouche. Elle n'est plus qu'à cinq ou six centimètres de mon visage, et j'en aperçois chaque détail, de son grain de peau parfait et immaculé, les stries vert clair dans ses iris vert emeraude, ses cils immensément grands et ses sourcils bien dessinés, sa bouche régulière et juste assez charnue, son nez petit et droit, la mèche de cheveux qui tomba juste devant ses yeux et que j'ecarte d'une main légèrement tremblante.
Une demi seconde plus tard, ses lèvres viennent toucher les miennes. Sa bouche est douce et légèrement humide. Je suis tellement ému et heureux que je dois retenir la larme qui essaye de franchir les limites de mon canal lacrimal. Elle se retire et me regarde avec un air à la fois angoissé et gêné. Je m'approche un peu plus rapidement de son visage et prend son visage entre mes mains, tendrement, avant de l'embrasser à mon tour. Ce n'est pas un simple contact cette fois, Lily répond à mon baiser et laisse juste assez d'espace entre ses lèvres pour que ma langue puisse partir à la rencontre de la sienne. C'est un ballet langoureux qui s'en suit, pendant que mes mains entourent sa taille et que ses doigts caressent ma nuque.
Lorsque nous nous séparons un de l'autre, elle me sourit timidement. C'est comme si nous nous rencontrons pour la première fois, sauf que je peux toujours voir cette flamme d'amitié et de confiance au fond de ses yeux. Je n'en reviens pas, Lily Evans m'a embrassé, puis je l'ai ebrassé. C'est le plus beau jour de ma vie. Je peux mourrir en paix.
