Ce soir est un soir important. Mes mains moites en sont témoins. Ca fait maintenant 3 ans jour pour jour que je suis avec Lily. Nous ne nous sommes jamais disputé, même pas un mot plus haut que l'autre, jamais la moindre divergence d'opinion, le calme plat. Je ne pensais pas que tout pourrait aller aussi bien. Je suis de ceux qui voit le verre à moitié vide, pas moyen de me séparer de ce trait de mon caractère. Heureusement Lily est bien plus positive dans sa vision de la vie, nous sommes complémentaires sur ce point. En somme, ma vie est parfaite. Etrange de dire ça alors qu'il y a cinq ans, je pleurais sur une lettre qu'une Lily décédée depuis 18 ans avait envoyé à un Sirius Black décédé lui aussi...

Après ma sortie de Poudlard, j'ai vécu environ six mois chez mes parents. Ils auraient été les six pires mois de ma vie s'ils n'avaient pas été les six premiers mois de mon idylle avec Lily. Ensuite, j'ai trouvé un travail chez un apothicaire. Un bon début pour un féru de potions comme moi, mais j'ai eu besoin de plus d'or quand j'ai voulu emménager avec Lily. Heureusement, un client du magasin, qui s'est avéré être le vice-président d'une grande société de recherche sur les potions, a trouvé mes capacités et mes connaissances en la matière "absolument fantastiques" pour reprendre ses mots. Il m'a donc engagé comme assistant-chercheur dans un de ses laboratoires à Londres. J'ai depuis gravit un échelon, je suis le chercheur et j'ai un assistant, un sorcier très doué d'ailleurs. Tout ça m'a permis d'acheter un petit 3 pièces à Londres, dans un quartier sorcier. Pour ceux qui croient que Lily et moi avons un enfant, malheureusement non, la dernière pièce sert autant d'atelier que de chambre d'ami.

Lily, elle, travaille au Departement de la Justice du ministère. Elle s'y plait beaucoup et ne manque pas de me raconter ses journées de travail en long en large et en travers lorsque nous dînons. Je bois ses paroles...En même temps il faut dire que je bois ses paroles quand elle me parle de la pluie et du beau temps...Ma Lily est extraordinaire, parfaite, un ange...Quand je regarde dans ses yeux (Ha, ses yeux...) je n'y vois plus aucune trace de timidité ou de pudeur, elle ne me cache plus ses sentiments, ni bons ni mauvais, et je n'y vois qu'amour et confiance. Elle doit voir amour, confiance et adoration dans les miens, c'est certain.

Il est vingt heures. Je tire sa chaise pour qu'elle s'y assoit. Elle porte une robe noire, juste assez courte pour apprecier le galbe de ses demi-cuisses, mais jamais assez élégante pour sa grâce naturelle. Elle me sourit mais me lance un regard interrogateur. Nous fêtons ce soir nos 3 ans d'amour "officiel", et je ne l'ai pas emmené dans un restaurant chic de Londres. Ce soir est un soir spéciale, j'ai donc voulut être plus original. Je lui ai fait la surprise en la conduisant à Brighton, une ville au bord de la mer, tout à fait charmante. J'ai jeté un sortilège de protection pour que personne ne nous voit et ai amené tout ce dont on avait besoin pour dîner au bord de la mer, table, chaises etc...Nous ne sommes pas loin du Brighton Pier, pour vous situer...

Le repas apparaît, et nous commençons à le déguster, tout en parlant de tout et de rien, mais surtout de nous, comme à notre habitude. Ca pourrait paraître narcissique comme ça, mais la guerre fait rage dehors et nous nous consacrons à nous le peu de temps que nous avons en paix. Le Seigneur des Tenebres est toujours là, et ceux qui l'avaient rejoint la première fois sont avec lui. Mis à part moi, Regulus Black (qui a choisit la solidarité fraternelle quitte à être la honte de la famille) et Peter Pettigrow, qui n'a jamais pût trahir ce qu'il n'y avait plus à trahir...

Elle est belle, magnifique, divine, je ne trouve toujours pas de mot pour exprimer tout ce que je ressens. Ce n'est pas de l'amour, c'est beaucoup plus intense...Si je devais faire une potion où les ingrédients seraient les differents sentiments que j'epprouve constamment pour Lily, je mettrais sûrement de l'amour, de l'adoration (dans le sens où on adore une statue ou un Dieu) du désir, de l'amitié, de la confiance, de la joie...Et tout ça devient une mixture qui envahit mon coeur mais personne n'a jamais inventé de mot pour la définir.

Nous continuons de discuter aussi joyeusement qu'à notre habitude, mais quand le dessert arrive (une magnifique forêt noire accompagnée de champagne), je me fait moins confiant et elle semble le voir, parce que son regard d'un vert saisissant se fait de plus en plus curieux. Moi, je frotte mes mains contre mes cuisses, fébrilement, le genre de gestes qui ne me ressemblent pas du tout, elle le sait, elle me connait par coeur. J'évite son regard, pretextant admirer la mer qui se déchaine contre les rochers. Le mois de juin est-il toujours infame ou est-ce que c'est juste quand je dois faire quelque chose d'important?? Voila trois ans de suite qu'il fait un temps horrible, en particulier la nuit tombée.

Bouchée par bouchée, je sens la crème chantilly et les cerises confites se coincées dans mon oesophage pour former un embouteillage qui n'a qu'une envie, faire demi-tour et partir par là où il est entré...Je vous laisse imaginer les soubressauts de mon coeur et de mon estomac, à l'unisson dans une chorégraphie endiablée. Lily a l'air de s'amuser de la situation. Peut-être a-t-elle compris ce qui se trame? Ho Merlin faîtes que non, j'aimerais tant la surprendre au moins une fois dans ma vie...Suis-je si prévisible?

Pas d'addition à payer, donc pas de raison de rester plantés là sur nos chaises, comme nous sommes en train de le faire. Ma Lily se fait de plus en plus impatiente, et la pointe de curiosité qui flottait dans ses prunelles a maintenant été remplacée par de l'agacement. Elle va ouvrir la bouche, mais je l'interrompt d'un geste vif de la main. Encore un regard interrogateur, mais il se transforme en regard attendrit, elle se doute de quelque chose...Peut-être pas de la chose que j'ai prévu? Je prends une grande inspiration, tout en glissant une main moite dans la poche de mon jean. Ce n'est pas chose facile quand on est assis, je vous le dis!!

Heu...Lily. regard interrogateur. J'ai...Quelque chose à te demander ce soir.

Oui.

Oui???

Oui, j'ai repassé ta robe pour aller bosser demain...

Elle m'adresse un clin d'oeil et je lui renvois un sourire appuyé. Lily sait ce qui va suivre, j'en suis sûr. Mais en tout cas elle contrôle mieux ses émotions que moi, elle sait même tourner ça en dérision. Elle est parfaitement parfaite.

En faîtes ce soir...Je voulais te demander...inspire, expire, ne pense à rien, et surtout pas que Lili Evans va t'éclater de rire à la figure dans moins d'une minute...Je voulais te demander si...Si tu voudrais devenir ma femme?

Je risque un coup d'oeil dans ceux de Lily, et là, c'est le drame. Elle a les yeux arrondis de surprise, bien plus que le jour où je lui avais proposé qu'on emménage ensemble (ce jour-là elle s'était contenté de me sauter dans les bras et de chuchoter au creux de mon oreille qu'elle languissait le moment où on essayerait un lit de place autre que celui de ses parents). Maintenant, ses yeux se remplissent d'eau à une vitesse hallucinante, bien qu'aucune larme de vienne déposer sa trace salée sur ses joues immaculées. Je n'aurais jamais dût lui faire ma demande. Quel abruti je fais, non mais franchement...J'ai vraiment crût que Lily Evans allait accepter?? La belle Lily Evans?? Si elle est sortit avec moi, c'est simplement parce que je lui faisais pitié en réalité!! Peut-être même qu'elle voit Potter en cachette, peut-être qu'elle lui raconte des choses...intimes...sur moi!! Elle va rire, éclater d'un grand rire glaciale comme ceux que lancent les filles qui vous méprisent, un rire sans joie. Et ensuite elle me dira toute la vérité, comment je la dégoute et comment elle doit fermer les yeux chaque fois que je l'embrasse pour ne pas voir mon visage si hideux, comme le dit son cher Potter...

Oui.

Comment ça, oui?

Elle lève les yeux au ciel et se met debout. Elle me prend la main, me forçant à me lever de table à son tour. Elle m'emmène plus près de l'eau, puis se met face à moi. La vision qui s'offre à moi dans cet instant est magnifique. Le couché de soleil, sur la mer au loin, l'étendue des terres sur la mer et de la mer sur les terres, Lily, tout près de mon visage, qui fait jouer ses doigts avec les miens. Elle me sourit, mais je vois réapparaître le soupçon de timidité qui avait disparu il y a bien des années. Elle pose un doigt sur ma bouche quand je vais l'interroger, m'obligeant à garder le silence. Elle émet un râclement de gorge, le genre stressé et en même temps excité par l'annonce prochaine.

Severus Rogue. je peux enfin utiliser Mon regard interrogateur. Voilà maintenant quatorze ans que nous nous connaissons. Et voilà déjà trois ans que je suis ta femme. Les liens de l'amour nous unissent pour l'eternité, Sev. Et je serais ravie de devenir ta femme, pour clamer sur tous les toits que je t'appartiens, et que tu m'appartiens.

Je lui souris et l'embrasse, toujours plus intensément, ne pouvant pas croire à ce qui vient d'arriver. Elle se retire du baiser et regarde avec insistance la poche où j'ai glissé ma main pendant le repas. Elle me fait rire, et je replonge ma main dans les abimes de tissus pour en ressortir un petit coffret de velour noir. Elle prend un air surprit, elle me fait rire doucement. J'ouvre le coffret et lui présente son contenu. Ca fait maintenant deux ans que j'économise pour cette alliance. Une magnifique bague d'or jaune, sertie d'une dizaine de diamants, tous d'une taille résonnable, assez gros pour qu'elle en soit fière, mais assez petits pour ne pas paraître prétentieux. Elle me lance un regard admiratif, sa bouche à demi-ouverte. Je me saisis de son annulaire gauche et lui passe la bague.

Elle se jette à mon cou, m'enlace à m'en ettouffer et m'embrasse langoureusement. Lily est parfaite, ma vie est parfaite, je vais me marier. Peut-être que je finis par voir le verre à moitié plein?


Six mois ont passé depuis la demande en mariage. Lily avait évoqué un mariage très simple, mais je l'en avais dissuadé, voyant bien qu'il s'agissait là d'un sacrifice plus que d'un choix. Je ne sais pas à quoi avait ressemblé le mariage de James et Lily, mais celui de Lily et moi allait être magnifique, en tout cas c'est ce que j'espère pour elle. Nous avons invité une grande partie de nos anciens amis de Poudlard, même les Emmerdeurs ont reçu une invitation (nous ne sommes pas les meilleurs amis du monde, mais nous nous supportons depuis que James s'est marié à une Serdaigle d'un an de moins que nous). Si tout le monde vient (c'est le principale sujet d'inquiètude de Lily) nous seront environ 100 personnes. Un mariage à la fois grand et conviviale.

Pour que tout le monde y trouve un moment agréable, nous avons métissé la cérémonie: la base est moldue et catholique (religion des parents de Lily) et les artifices de la fête viennent du monde magique. De quoi satisfaire tous les invités, et leur offrir une occasion d'en connaître un peu plus sur les moldus ou les sorciers, selon là où on se place. Ma famille presque entière sera là, de même que celle de Lily (sa soeur n'a pas désiré se mélanger aux "tarés", comme elle nous appelle), un stress de plus pour la future mariée, qui tient absolument à honorer les traditions catholiques par respect pour ses parents (autant dire tout de suite que la robe blanche est une énorme farce...). Moi, je suis, comme d'habitude. Je ne m'en lasse pas, je ne m'en lasserai jamais en fait. Satisfaire Lily est la seule chose qui me tient à coeur, dans toutes les situations. Pour l'instant je ne l'ai jamais déçu, j'espère continuer sur cette voie.

Ca fait deux jours que je n'ai pas vu Lily. D'après ce qu'elle m'a dit, les futurs mariés ne doivent pas dormir ensemble la nuit avant le mariage, et le fiancé n'a pas le droit de voir sa femme en robe de mariée avant la cérémonie...Je pense que c'est pour en ajouter à l'émotion et la surprise...Lily est si belle, je pense qu'elle atteint les limites de la perfection, alors ça m'etonnerait d'être surpris par sa beauté. Quand à moi, j'ai dû acheter un costume. Je ne me sens pas vraiment à l'aise dedans, autant dire qu'une bonne vieille robe de sorcier aurait fait l'affaire à mon goût...Mais hors de question de choquer les parents de ma douce en apparaissant en guenilles à côté de ma magnifique rousse meringuée.

L'heure de la cérémonie approche, et enfermé dans ma chambre, je ne peux m'empêcher de penser à elle. Je souris, parce qu'en ce moment elle ne doit pas penser à moi. Elle doit sûrement se demander si elle son plan de table est ingénieux, si le menu va plaire, si personne ne va s'endormir pendant que le (comment on dit déjà??) "prêtre" parlera, si la musique d'ouverture n'est pas trop mielleuse, si elle n'a pas oublié de carton d'invitation, et tout un tas d'autres choses que les femmes passent en revue avant ce genre d'évènement. Quelqu'un toque à la vieille porte de bois. Sûrement mon abruti de père qui vient faire les dernières vérifications. Je me lève du lit où je suis allongé et me poste devant un miroir à pied avant de crier "Entrez!".

Pour la première fois de ma vie, je me trouve élégant. Des vêtements moldus, je ne connaissais avant que les tee-shirts, les pull-overs et les jeans, sans oublier leurs fidèles "baskets", mais là, je leur tire mon chapeau (ne croyez pas que je porte vraiment un chapeau...). Pour faire un portrait détaillé, je porte une chemise blanche, un pantalon de costume noir, une veste de costume de la même couleur et bien sûr, les chaussures vernies assorties. Les moldus diront que cette tenue n'a rien d'extraordinaire, certains d'entre eux portent la même tous les jours, mais pour un sorcier, c'est assez impressionant. En ce qui concerne ma coiffure, toujours la même, attachés en catogan sur ma nuque, mes cheveux noirs sont en parfait accord avec mon accoutrement.

Mon père entre dans la pièce, vêtu d'un costume presque identique au mien. Avec Lily, nous avions choisis de donner libre choix aux invités de ce côté, sorciers et moldus seront donc habillés de différentes manières, ce qui ajoutera au metissage de la fête. En s'approchant de moi, mon père me tend une sorte de bande de tissus noir étrangement courbée. Devant mon regard interrogateur, il lève les yeux au ciel. Encore un trait de caractère désagréable de mon paternel, il méprise les gens qui ignorent ce qu'il sait, et méprise également les gens qui savent ce qu'il ignore.

Neud-papillon, Severus.

J'appuis un peu plus mon regard interrogateur, et il commence à s'enerver, je le vois. J'ignore aussi habilement que je peux son froncement de sourcils. Il se saisit de mon cou, et pendant une seconde, je cherche ma baguette du regard. En fait, il commence à nouer ce machin autour de ma nuque, se débarassant au pasage de mes cheveux, en grognant, évidemment. Il serre le bout de tissus de plus en plus fort, et je passe un doigt entre mon cou et le "noeud-papillon" avant qu'il ne m'étrangle avec, dans son accès d'enthousiasme. Il me lance un de ses regards "C'est moi le chef, même si tu es plus que majeur et bientôt marié" puis s'en retourne par là où il est entré.

Alors que la porte de ma chambre (de mon ancienne chambre, Merlin soit loué) claque, je me regarde à nouveau dans le miroir, histoire de verifier qu'il n'a pas fait trop de dégâts, et que ma Lily ne sera pas déçu par celui qui va lui passer la bague au doigt devant Merlin...Enfin Dieu. En fait, ça fait vraiment un noeud ce truc (d'où le nom, je suppose), c'est plutôt élégant, mais je me sens serré à l'interieur. Tant pis, si ça peut faire plaisir à Lily. Quelqu'un se met à hurler mon nom d'une voix rauque au rez-de-chaussée, sûrement ma mère qui m'indique gentiment l'heure de quitter les lieux. Il faut dire qu'au fil des années, les coups et les remarques stridentes de mon père ne l'ont pas rendues agréables...Je ne l'en blame pas, mais un effort le jour du mariage de son fils ne serait pas de refus. Espérons qu'on pourra leur soutirer un sourire pendant les photos...

Je jette un dernier coup d'oeil à ma chambre alors que je suis sur le pas de la porte, c'est peut-être la dernière fois que je la vois. Ce n'est pas vraiment émouvant, mais c'est toujours difficile de quitter un endroit où on a trouvé refuge pendant des années. Ca fait deux fois que je dois faire cet effort. D'abord Poudlard, maintenant la maison de mes parents, heureusement il me reste le coeur de Lily. Je referme la porte derrière moi et descends les escaliers rapidement, je ne tiens pas à me prendre une énième reflexion, alors que le stress s'empare petit à petit de mon système nerveux.

Mes parents m'attendent dans le salon, ma mère tapant du pied imatiemment et mon père soupirant à chaque seconde. Ma mère n'est assortie à mon père, elle est habillé d'une robe de sorcière. Un très longues robe jaune pâle, jurant un peu avant ses cheveux d'un noir aussi profond que les miens. Peu importe, j'admire ma mère et lui donne volontier amour et compassion, même si elle ne les accepterait jamais. Elle me jauge d'une façon presque maternelle, enfin c'est ce que je voudrais voir dans ses yeux, à la place de l'indifférence qui les transperce.

J'y vais avec ton père, n'oublis pas que tu dois aller directement devant...

L'autel

Oui, c'est ça, à tout à l'heure, Severus.

A tout à l'heure, maman.

Elle a un peu sursauté quand mon père l'a corrigé, craignant peut-être un coup. Je n'y ai pas prêté attention. Parfois, je m'en veux de jouer l'ignorance comme ça, mais ma mère n'a jamais voulu de l'aide que je lui ai proposé, et mon père n'attend qu'une excuse pour me defigurer. Soyons honnête, c'est un homme assez trapus et musclé, et en combat moldu je ne ferais pas le poids. De toute façon, je ne me rebellerais pas, je dois un certain respect à mon père, majeur ou pas.

Je regarde ma mère lisser sa robe, puis laisser mon père lui prendre la main et enfin l'emmener par Transplanage d'escorte jusqu'à l'église où a lieu notre mariage. Moi, j'ajuste mon costume à mes épaules, un geste inutile mais presque inconcient, je le fais plus par angoisse que par besoin. Ces dans des moments comme celui là que dans le temps, j'aurais allumé une cigarette...Ou pris un verre...Enfin bref. Je mémorise l'autel devant lequel nous avons fait la semaine dernière la répétition du mariage, puis transplane. La sensation que procure le transplange est de loin la pireque j'ai jamais ressentis, cette espèce d'oppression sur ma poitrine, et les maux de tête presque insoutenables lorsque j'atterris...

Ca y est, je suis devant l'autel. Les murs de l'église, supportant tableaux et statues, ont été ornés de magnifiques bouquets de fleurs blanches et jaunes pale. Un tapis de velours blanc a été déroulé de l'autel aux portes de l'édifice. Le prêtre se tient devant moi,un regard bienveillant posé sur mon front, il me donne une sensation bizarre, j'ignore tout des religions moldues et m'en sens un peu honteux devant tant de foi et de grandeur. En tout cas, je ne suis pas le premier entré. De chaque coté du batiment, des rangées de bancs sont occupées par nos invités. J'y reconnais mes parents, quelques cousines éloignées, les parents de Lily de l'autre côté, d'anciens Serpentards, les Emmerdeurs et leurs épouses. Quelques gamins chahutent un peu au dernier rang et je souris doucement. Peut-être qu'un jour Lily et moi...

Je vois le père de Lily se hisser avec effort et sortir de l'eglise, en levant le pouce vers moi. Ca doit vouloir dire que Lily va arriver, je suis soulagé. D'abord parce que ça veut dire qu'elle n'a pas changé d'avis, et puis parce que son absence me pèse. La femme de Sirius Black se lève, et viens se placer en face de moi, un peu plus loin que l'endroit reservé à Lily. A sont tour, Michael Turner, un ancien Serpentard (un des rares à ne pas avoir mal tourné, légèrement plus jeune que moi) se lève et viens se poster un ou deux pas derrière moi. Maintenant que les temoins sont en place, la cérémonie peut commencer...Apparemment.

Les immenses portes de bois précieux s'ouvrent, mais la lumière qui s'infiltre tout à coup dans le lieu de culte m'empêche de voir les personnes qui entrent. Un musique retentit, une musique très forte qui me fait immédiatement lever la tête au dessus des portes, abandonnant les nouveaux arrivant. C'est un orgue, d'après les dire des Evans, un instrument dont on ne joue pratiquement que dans les églises, et qui sert aussi bien aux marches nuptiales qu'aux marches funèbres. Charmant. Suivant le rythme de la musique (vraiment très lent), les deux personnes qui viennent d'entrer s'avancent peu à peu vers moi. Quand les portes se referment, après quelques pas des invités non-identifiés, j'aperçois peu à peu leurs silhouettes, puis leurs physique en detail. La première personne est le père de Lily, marchant la tête haute, tel un militaire qui rentre chez lui après avoir conquérit le monde. A son bras, Lily me lance un sourire radieux, qu'elle agrémente d'un clin d'oeil, comme souvent ces temps-ci.

J'en reste bouche bée. J'aurais dû me méfier quand on m'a dit qu'elle serait époustoufflante, j'étais loin de me douter qu'elle était si...Une fois de plus,je ne trouve pas de mot pour la qualifier. Ses cheveux roux foncé sont remontés en une sorte de chignon très épais et très élangant, parsemé de petites fleurs blanches. Ses grands yeux verts sont surmontés de khôl et d'une poudre d'or qui leur donne un éclat si particulier. Sa bouche est naturelle, d'une couleur cerise, asortie à celle de ses pomettes. Sa robe de ressemble pas du tout à une meringue. Elle est longue, très longue, et blanche, très blanche. Le haut de la robe a l'air assez rigide, c'est une sorte de bustier, et ses épaules son drapées d'une voile de satin blanc. Quand je vois à quel point sa taille est serrée, je me demande comment elle arrive à respirer la pauvre. Le bas de sa robe est plus satiné et plus évasé, sans donner l'impression de sortir d'un dessin-animé non plus. Elle doit avoir des talons hauts cachés sous sa traine parce qu'elle n'est pas aussi grande, d'habitude.

Lorsqu'elle arrive à mes côtés, son père lache son bras et l'embrasse sur la joue avant de retourner vers sa place. Je ne sais pas quoi lui dire, je ne sais même pas si j'ai le droit de parler d'ailleurs...Quand j'ouvre la bouche, Lily pose un doigt sur la sienne, j'ai donc ma réponse. Le prêtre commence à parler. Il raconte la vie d'un homme qui a vécut à ce que j'ai compris il y a plusieurs millénaires, et qui a sauvé en quelques sortes les catholiques, ou quelque chose du genre parce qu'ils l'idolatrent litteralement. Les seuls moments qui marquent mon esprit son ceux où on me demande de parler, ou ceux où Lily parle.

Severus Rogue, voulez-vous prendre Lylian Evans ici présente pour épouse.

Oui je le veux.

J'aurais volontier déballer tout mon amour pour Lily,mais apparement j'avais simplement le droit d'être l'écho du type en robe blanche, donc je fais mon boulot, comme Lily l'attend de moi. Elle aussi répond "je le veux", et nous nous passons les alliances au doigts. J'entends sa mère pleurnicher et j'ai du mal à contenir un fou rire lorsque je vois ma famille tout entière se tourner, outrée, vers la mère Evans. Ils ne savent pas que c'est une sorte de "tradition" de pleurer aux mariages moldus, il est rare qu'on fasse de telles demonstrations dans des familles comme celle de ma mère.

Après avoir déblatéré tout un tas de trucs sur l'amour et la confiance (qu'est-ce que peut bien savoir un mec qui a fait voeu de chasteté sur l'amour?), le prêtre m'autorise à embrasser ma femme, et nous déclare mari et femme. Lily pousse un petit cri de joie et toute l'assistance en rit quelques seconde. Je saisis sa taille d'une façon aussi douce que ferme et me penche sur son visage, dont les joues poudrées rougissent. Elle passe une main sur ma nuque et l'autre sur mon épaule, et je l'embrasse si fougueusement que j'entends mon père grogner. Peu importe,nous sommes mariés, nous ne sommes plus "hors la loi" niveau religion.

Autant le dire franchement, la soirée que nous avons passé ensuite a été une des plus belles de ma vie, et sûrement de mes vies. Bien sûr, le restaurant a été sympa, la nourriture était bonne et tout le monde nous a félicité, même Pettigrow, qui a pourtant une facheuse tendance à oublier les premières politesses d'habitude. Lily et moi avons danser, Lily a dansé avec tout le monde en fait, même Potter (je ne vous cache pas que j'ai eu un petit pincement au coeur à ce moment-là). Mais le plus interessant n'est pas là. Après avoir prié les elfes de bien vouloir faire le ménage dans le restaurant,et après avoir reçu tous les compliments possibles sur le feu d'artifices magique, nous avons transplané pour notre lune de miel. Paris.

J'adore les hôtels de Paris. En tout cas j'aime celui où nous avions reservé une suite. Un énorme lit deux places trône au centre de la plus grande pièce de la suite nuptiale, un lit rond où nos noms sont brodés sur les taies d'oreillers. Lily est ravie, je suis ravi de voir Lily ravie. C'est vrai que la pièce est magnifique. Champagne et framboises près d'un jacuzzi bouillonant, pétales de rose éparpillés sur le lit...Un rêve éveillé. Mais tout est flou quand Lily est là. Tout. Souriante, et toujours aussi belle qu'à son entrée dans l'église, elle s'est approché de moi d'une manière dont elle seule a le secret. A la fois enfantine et feline.

J'espère que tu n'es pas fatigué, Severus Rogue...son sourire coquin me fait tourner la tête.

Je pourrais faire la fête encore des heures, Lylian Rogue.

Elle m'a sourit, mais pas embrassé. Elle s'est retourné, me faisant dos, et a guidé ma main vers l'ouverture de sa robe, que je défais en moins d'une seconde. Lorsque la robe tombe par terre, je n'en crois pas mes yeux. Sans doute une tradition moldue que je ne connaissais pas...Lily porte une guêpière, une sorte de petite culotte en dentelle, et des bas, le tout d'un blanc à m'en donner mal à la tête. Elle se retourne vers moi et doit voir mon regard ahuris parce qu'elle rit doucement.

Surpris?

Juste admiratif...Tu es...

Je ne pûs garder mon sang-froid plus longtemps, qui le pourrait? J'enlace sa taille de la façon la plus romantique possible, mais mes mouvements ne sont plus complètement sous mon contrôle, et je dois être un peu plus pressé que je n'aurais voulu le paraitre. Alors que je me baisse vers elle pour me saisir de ses lèvres, elle renverse la tête en riant, pour m'empêcher d'atteindre son visage. Elle se relève, droite comme un I, accentuant sa cambrure sous mes doigts.

Pas si vite, j'ai mis une heure à enfiler tout ça, ne crois pas me l'enlever en trente secondes.

Je lui souris. Elle est si parfaite qu'une espèce de sac de plomb vient se loger dans mon estomac. Elle se défait de mon emprise et m'enleve ma veste, lentement, son visage collé au mien, son souffle contre le mien. Elle sourit. Elle sourit toujours quand nous nous appretons à faire l'amour, mais jamais pendant l'acte. Trop occupée à mordre sa lèvre inférieure. N'y voyez aucune pretention, je ne fais que rapporter les faits. Après s'être habilement débarassée de mon noeud-papillon, elle commence à défaire un à un les boutons de ma chemise.

Lorsque les deux pans sont séparés, elle passe ses mains douces et fraîches de chaque côté de mon torce imberbe, et me retire ma chemise, son visage contre le mien, son sourire contre mes lèvres. Elle glisse une main sur la boucle de ma ceinture, qu'elle envoie valser à l'autre bout de la pièce, puis s'attaque à la fermeture éclair de mon pantalon. Lorsque je ne suis plus vêtu que de mon caleçon, elle s'éloigne de moi. Elle s'assoit sur le lit et en caresse la surface, accompagnant son geste plus qu'érotique de regards suggestifs.

Je m'approche d'elle aussi calmement que ce qu'elle désire, et m'allonge entre ses cuisses ouvertes, la gratifiant d'un baiser où nous langues s'excitent mutuellement. Je caresse son visage d'une main, que je fais glisser jusqu'à sa guêpière. Elle voit que je n'en trouve pas l'ouverture et sourit, comme si elle savait que je n'allais pas la trouver. Elle me chuchotte le mot "magique" à l'oreille. Je comprends tout de suite ce qu'elle veut dire. Elle est vraiment surprenante. Après avoir cherché l'astuce quelques secondes, je passe ma main sur son sein gauche, et la guêpière disparait, laissant apparaître la poitrine petite et ronde de Lily. Sans attendre mon reste, je dépose une série de baisers humides sur ses seins et son ventre, avant de laisser ma langue se promener de son nombril à ses têtons, très lentement.

Je sens sa respiration s'accelerer. Je remonte mon visage au niveau du sien et l'embrasse encore. Elle aspire ma lèvres inferieure avec les siennes, rapidement et plusieurs fois de suite. Sa main recouvre la mienne, qui est en train de malaxer tendrement son sein gauche. Doucement, elle la fait descendre jusqu'à ses hanches puis à la limite de ses sous-vêtements. Quand je glisse ma main dans sa culotte, elle ferme les yeux et caresse mon torse du bout des doigts. Elle est brûlante et de plus en plus humide lorsque mon majeur commence un va-et-viens de son clitoris à son vagin. Chaque fois que je m'y enfonce un peu plus profondément, ses soupirs se font plus intenses.

Au bout d'un moment, je retire ma main d'elle et fait glisser le bout de tissus le long de ses jambes. Elle n'est plus habillée que de ses bas. Je me mets à genoux à ses pieds, et retire les derniers vêtements. En remontant vers elle, ma tête fait un arrêt entre ses jambes à nouveau ouvertes.

Je passe ma langue sur son intimité, la peau y est douce et mouillée. Ma langue la pénètre en s'agitant et je l'entends réprimer un gémissement lorsque je tiens son clitoris entre mes lèvres, et le frotte doucement de ma langue. Elle fait glisser ses pieds de chaque côté de mes hanches, me débarassant ainsi de mon caleçon. Elle lève le bassin et me fait basculer sur le dos, elle est assise sur moi à califourchon. Elle entrelace nos doigts et plaque mes mains contre le lit, se voulant maitresse des opérations, je la laisse faire, j'aime ça. Sa main se saisit doucement de l'objet de son désir, et commence à le masser et à le caresser...C'est à mon tour de soupirer. Elle recule jusqu'au bas du lit, son visage tout près de mon excitation fremissante. Elle passe sa langue sur toute sa longueur, puis le recouvre de sa bouche et le masse entre ses lèvres.

Doucement, elle ré-hausse son corps sur le mien, faisant traîner son sexe humide sur le mien. Elle le prend un nouvelle fois dans ses mains, et, après avoir prit une inspiration à peine détectable, l'introduit doucement en elle. Allongé sur le dos, je savoure les allers et venus de son bassin sur le mien, et prends dans mes mains les seins gonflés qui bougent au rythme de nos ébats. Elle cambre son dos au maximum, la tête renversée, ses cheveux détachés caressant mes tibias. Je lache ses seins brulant pour encercler ses reins et la ramener vers moi. Elle se penche contre mon corps, sa poitrine frottant délicieusement contre mon torse.

Je la fais basculer à nouveau, pour retrouver ma place entre ses cuisses, si accueillantes. Je masse un mamelon en aspirant doucement l'autre, sentant sous mes doigts son petit coeur battre la chamade et sous ma langue la resonnance de ses grognements dans sa cage thoracique. A chaque coup de rein que je donne, nos bassins s'entrechoquent et elle laisse échapper un petit cri grave, y laissant souvent apparaître mon nom. Plus je l'entends m'appeller, plus j'accelère le mouvement. Elle s'agrippe au drap et mord sa lèvre inférieure. Lorsque j'aperçois une goutte de sang à la commissure de ses lèvres, j'y plonge ma langue, me délectant du goût metallique du liquide épais et flamboyant.

Ses gémissements sont de plus en plus aigus et prolongés, de plus en plus excitants. Je sens son orgasme approcher, je ne vais pas pouvoir me retenir beaucoup plus longtemps. Alors que j'assène l'ultime coup de rein qu'elle réclame, son corps tout entier se crispe. Je peux voir chacun de ses muscles se contracter, en particulier ceux de cuisses, entre lesquelles je masse son clitoris d'un doigt. Elle laisse échapper mon prénom, elle y accentue le "r", et je me laisse aller en elle. Je vais pour me retirer, mais sa main revient à la charge, et elle débarasse l'interieur de son corps de moi en douceur, tout en m'embrassant et en laissant sa respiration reprendre sa cadence habituelle.

Je m'allonge à côté d'elle. Elle se met sur le ventre, me laissant apprécier sa cambrure et l'arrondie de ses fesses. Elle approche son visage du mien, et d'une voix douce et chaude, elle chuchotte à mon oreille.

Je vais prendre une douche et on essaye le jacuzzi...Je t'aime.

Je t'aime plus.

Je la regarde partir. Je suis Severus Rogue. Je suis le mari de Lily Rogue. Lily Rogue est ma femme. Je viens de lui faire l'amour. Elle vient d'avoir un orgasme. Ma vie est parfaite. Je vois le verre à moitié plein.


Et voilà!!!!

Cette fois-ci, je met mes notes en fin de page, la flemme de faire remonter le curseur jusqu'en haut...

Merci beaucoup aux reviewers!!!

J'espère que ce chapitre vous a plû, la fic mérite son rating je pense...Au fait, à tous ceux qui souhaitent laisser un petit mot, vous venez de lire mon tout premier Lemon (que c'est moignon me direz-vous!!!!) alors j'aimerais bien savoir ce que vous en pensez...

A bientot pour un nouveau chap, et felicitations à tous ceux qui priaient pour que Sev soit enfin marié à sa Lily!!

Deb.