Coucou!!

Bon, ben voilà, cette fic est bouclée (je vous avez dit qu'elle serait courte) je sais que j'ai mis longtemps à la terminer, j'en suis désolée, et j'espère que la suite vous plaira et que vous serez là pour les reviews!!

Merci à tous ceux qui ont lu et commenté jusque là, je vous laisse un petit résumé (a mon avis, vu le nombre de semaines passées depuis ma dernière update, vous en avez bien besoin lol)

Severus Rogue, à qui Dumbledore avait confié un objet de sa création, a réussi a remonter le temps pendant la bataille finale. Il est revenu à sa 5eme année a Poudlard, le jour où il avait brisé son amitié avec la belle Lily Evans. Erreur réparée, leur amitié se transforme plus tard en flirt, et il finit même par être celui avec qui Lily se mariera et fera son premier enfant: Sarah Rogue.


Pas mal de choses avaient changé depuis la naissance de ma fille. D'abord, Lily et moi avions déménag, pour que la petite ait toute la place dont elle avait besoin. Je gagnais maintenant assez d'argent pour nous faire vivre tous les trois dans des conditions de palais. Jamais je n'aurais pensé vivre aussi bien il y a quelques années. Maintenant, nous sommes du côté de Canterburry, dans une magnifique maison de plein pied, où une salle est consacrée aux deux passions de notre petite fille: la danse classique et le piano.

Elle s'y est mise presque simultanément, vers l'âge de six ans. Au début, elle faisait l'idiote devant son miroir, et elle tapotait des touches au hasard sur le clavier de notre magnifique piano à queue, ce qui nous a encouraé à insonnoriser la pièce magiquement...Et puis au fil des mois, elle s'était assez entrainé pour devenir une bonne danseuse et joueuse de piano, du moins pour son âge.

En parallèle, elle commençait à développer des capacités magiques intéressantes, tout à fait dans les normes des enfants de son âge (sang impur peut-être, mais elle avait hérité des dons de ses parents, sans vouloir être prétentieux...). Dans deux mois, nous devons l'envoyer à Poudlard, l'école de sorcellerie pour laquelle j'ai travaillé dans une autre vie. Honnêtement, je ne sais pas si je la laisserais y aller, et Lily est de mon avis. Oui, c'est une excellent école, mais sera-t-elle en sécurité là-bas?

Faute d'Harry Potter, le mage noir que j'ai servi dans le passé n'a jamais cessé de prendre de l'importance. Les sang impurs comme nous, qui ne se rallient pas à lui par lacheté, ont vraiment à craindre pour leur vie. Les hopitaux sorciers, les banques, les dossiers du ministère...Tout est sous l'emprise des mangemorts, et ils y traquent la moindre trace de sang souillé. Quand ils la trouve, ils se rendent directement chez les gens et les abattent sans plus de sentiments. Hommes, femmes, enfants, ils ne font aucune différence.

Le seul endroit qui reste hors de portée de Vous-Savez-Qui est le collège Poudlard. Il est toujours tenu par Albus Dumbledore, et lui est toujours la seule personne que Voldemort n'ose pas encore affronter. Oui mais pour combien de temps? De là où je viens Dumbledore n'est plus, et on a vu le résultat dans l'école: tout est édifié aux noms des sang purs, et les autres n'ont qu'à bien se tenir s'ils ne veulent pas mourir...

J'ai peur. Pas pour moi, non, ma vie n'a pas grande importance même si je l'aime. J'ai peur que Voldemort trouve ma fille à l'école, et qu'il la soumette au même sortilège impardonnable que les autres enfants impurs: combien de cas ai-je déjà vu dans la presse sorciere? Combien de parents qui pleurent des enfants disparus? Je crois bien que je n'y survivrais pas...Et pourtant je n'ai pas franchement l'impression que ma petite princesse est plus en sécurité ici, dehors.

Heureusement, il y a toujours des gens pour lutter contre Voldemort. L'Ordre du Phenix a été crée, et les maraudeurs en font tous partie, comme moi. Comme dans l'ancienne version de notre cellule secrète, on lance des actions contre les disciples du mage noir, et on essaie d'en faire tomber un maximum avant de lancer les vraies attaques, celles où chacun risque d'y laisser la vie.

Il y a autre chose. Une chose dont seuls Dumbledore et moi sommes au courant. Parce que oui, comme je l'avais supposé le jour où il m'avait fait ce clin d'oeil dans la grande salle, Dumbledore connaissait bien toute l'histoire de mon retour dans le temps. Comment? Je n'en sais strictement rien, mais ce qui est sûr c'est qu'il le sait, et que grâce à lui j'ai compris pas mal de choses.

Grâce à son invention, il m'a offert la vie dont j'avais toujours rêvé: sans faire de mal à personne, j'avais conquerit le coeur de ma Lily, et nous vivions heureux en ménage, avec notre petite Sarah. Mais, comme il me l'a souvent expliqué, rien n'est gratuit, et je dois remboursé à la vie ce qu'elle m'a donné. Comment? Je n'ai pas mis longtemps à le comprendre, et je suppose que vous non plus.

En prenant Lily à James, je lui avais aussi pris son fils. Ho, il y a bien un Harry Potter, puisque James et sa nouvelle femme ont eu un fils, mais rien à voir avec un survivant aux pouvoirs démentiels: le sang de Lily ne coulant pas dans ses veines, il n'a plus rien à voir avec celui qu'il était dans mon autre vie. Et comme il manquait à ma Sarah le sang de James Potter, elle non plus n'avait pas l'étoffe d'une héroïne.

Avec Dumbledore, qui lui remplissait déjà bien son cotat de batailles et sacrifices en tout genre, j'étais donc le seul au courant de cette histoire. Et donc, à qui revenait la lourde tache de remplacer l'Elu? Et bien à moi, évidemment. Seulement, je n'avais pour me défendre ni l'amour sans limite aucune d'une mère, ni une fabuleuse cicatrice en forme d'éclair...Et c'est donc avec mes seuls talents de sorciers (qui, même si je n'étais pas le plus mauvais, n'avaient rien de spectaculaires) que je devais affronter celui que j'avais craint et servi pendant tant d'années.

Ma femme est au courant de mon appartenance à l'Ordre du Phenix. Elle-même avait voulu en être, mais on avait décidé d'un commun accord que si il devait arriver quelque chose pendant une des batailles, mieux valait qu'il reste un parent à notre fille, qu'elle ne finisse pas aussi mélodramatique qu'Harry (je n'avais pas précisé ça devant Lily, bien sur). Par contre, elle ne savait rien de mes actions secrètes avec Dumbledore. D'abord, je ne pouvais pas lui raconter pourquoi cette tache me revenait à moi, et puis bien que Lily soit une des femmes les plus courageuses que je connaisse, elle n'aurait surement pas accepter que je me jette dans la gueule du loup de cette façon.

Ma dernière action en date a été mise en oeuvre quarante-huit heures avant que je vous la raconte, et elle ne fait pas partie du top 10 des idées les plus brillantes que j'ai eu. Entre les infos de l'Ordre et celles supplémentaires de Dumbledore, j'ai fini par savoir où se cachait le Lord noir. Comme je m'en doutais (je le connaissais quand même pas mal) il s'agissait du manoir d'un de ces mangemorts: Avery. Il avait apparemment renoncé au style pompeux et lèche-bottes des Malefoy, cette fois...

Bref, aidé seulement par des communications inter-baguettes (procédé inventé par Dumbledore et moi-même il y a peu, qui consiste à laisser deux baguettes en relation, pour que l'une soit toujours au courant de ce que l'autre est en train de faire, et qu'elle puisse la secourir en cas de problème) de Dumbledore, j'étais partie m'infiltrer dans ce manoir autrement sécurisé.

En plus, contrairement à mes anciennes missions, j'étais interdit de tout découvert: ici je ne passais pas pour un mangemort, mais seulement pour un sang-impur qui était de mèche avec le vieux Dumbledore. Mais j'ai tout de même réussi. Je me suis même retrouvé dans la même pièce que Vous-Savez-Qui. J'aurais pu en venir à bout, j'allais en venir à bout, quand Yaxley, cette espèce d'abruti congénital, m'a envoyé un Crucio.

Bien concentré sur mon attaque sensée devenir légendaire, je m'étais retrouvé en moins d'une seconde comme un con, par terre, en train de me tordre dans tous les sens. La douleur qu'on ressent sous le Doloris est insoutenable. L'impression que chacun de nos nerfs est en train de brûler, que nos muscles se bandent jusqu'en éclater, que notre cerveau se met à bouillir dans notre tête...C'est à en devenir fou...

En tout cas, si Dumbledore n'avait pas été en train de me surveiller étroitement, depuis son bureau, je ne serais sûrement plus là pour en parler. Alors que j'étais toujours par terre, ma main crispée sur ma baguette mais complètement impuissante, celle-ci s'était mise à jeter des sorts toute seule, sous l'emprise complète du directeur de Poudlard. Je n'avais tué personne (ça m'aurait étonné de la part de Dumbledore, de toute façon) mais assez de mangemorts avaient été blessés pour me laisser le temps de m'échapper avant d'être retenu par leur maitre.

Ca avait donc été une journée de perdue, autant pour eux que pour moi: je n'avais abattu aucun mangemort et eux ne m'avaient pas fini. Un T comme Troll abruti merdique, voilà ce que je me serais donné comme note si j'étais encore prof. Être aussi con, c'était pathologique. Je n'étais peut-etre pas mort, okay, mais j'étais resté assez longtemps sous leurs yeux pour que le Seigneur des Ténèbres voit mon visage. Le visage de celui qui avait essayé de le tuer. Mauvais, très mauvais point.

Je m'en suis remis. Les douleurs se sont transformés en rhumatismes, puis en cicatrices psychologiques, pour enfin disparaitre. L'unique avantage du Doloris, c'est que si on en est libéré avant d'être devenu fou ou mort, on ne garde de séquels physique que pendant très peu de temps. Par contre, je ne peux pas nier que j'ai un léger mouvement de recul quand une baguette arrive un peu trop vite sur moi...

Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de Sarah. Elle a déjà 10 ans, c'est fou, non? Ca fait de nous un couple de 32 ans (ce qui fait 64 à nous deux quand même) et mariés depuis 11 ans. Je n'arrive même pas à le croire...Je ne pense presque plus à mon autre vie. A-t-on vraiment des raisons de se rappeller de l'Enfer quand on est en visite au Paradis? La seule chose qui me rappelle cette époque est Dumbledore et les foutues responsabilités qui me mèneront à ma perte, sans doute.

Nous sommes tous assis autour de notre table de jardin. La baie vitrée est ouverte sur le living-room, d'où Lily est arrivé quelques secondes plus tôt, un magnifique paquet dans les mains. Nous procédons toujours comme ça, pour les anniversaires de Sarah. D'abord on fait une petite réunion de famille chez les grands-parents (réunions qui se terminent parfois sur des sujets acerbes mais qui en somme restent convivial...Petunia les deserte toujours, et je ne suis pas moins content de n'avoir jamais rencontré Vernon et Dudley, ce ne sont pas des grandes pertes...), puis une dégustation de gateau entre nous trois, et elle termine par une sorte de boom, le surlendemain, avec ses copines.

La petite fête est prévue pour demain, et elle a la chance de découvrir le cadeau de 'Pa et 'Man (comme elle nous appelle) avant ceux de ses copines. Hier déjà, elle avait reçu une magnifique tenue de danse de la part de ses grand-parents Evans, et une chaine d'or de la part de mes parents. Tous la traitaient comme une petite reine, au bercail. En tout cas, elle est heureuse, et c'est tout ce qui compte à nos yeux.

Le gateau sur lequel elle souffle les bougies est ron et surtout bien trop gros pour trois personne. Recouvert de glaçage blanc, il est écrit en lettres roses et apétissantes "Happy 10th Birthday our Sarah", juste en dessous d'un chausson de danse en sucre bleu. Mmmm...J'ai hate qu'on entame tout ça...Mais bien sur, avant ça, il faut que mademoiselle ouvre son mystérieux paquet.

Difficile de lui faire plaisir et de trouver original en même temps...D'autant plus que tout le monde sait qu'elle danse et joue du piano, et qu'ils misent tous là dessus pour le cadeaux d'anniversaire...Donc on a opté pour une solution magique, vu qu'elle ne connaissait que très peu de sorcier et qu'elle allait surement commencer son apprentissage de la magie (si elle ne va pas à Poudlard, Lily et moi lui ferons l'école à la maison, on en a les capacités...), il faut lancer le jeu.

Elle met un moment à comprendre le but de l'objet caché sous le papier doré. C'est un livre épais à la couverture de cuir crème, où est représentée une clé de sol. Ce n'est que quand elle l'ouvre que ses beaux yeux verts s'agrandissent de bonheur. En fait, c'est une sorte de livre interactif magique. Chaque page comporte une partition de piano, quelques astuces pour la jouer plus facilement, et un clavier inséré sur le papier où elle peut jouer, et qui lui montre ses fautes dès qu'elle en fait. De quoi l'appeler Amadeus dans très peu de temps, non?

Elle lève la tête vers moi. Ses cheveux d'un noir de jais sont relevés en chignon (made in 'Man) au plus haut de sa tête, et même sa frange a été tirée en arrière (ce qui signifie clairement qu'elle compte bien aller danser après notre petite festivité). Son visage un peu rond et d'un blanc nacré suit parfaitement chacun des traits que je peux apprecier sur celui de sa mère. Ses grands yeux verts, son petit nez droit, sa bouche rose et fine, son menton doux, et son sourire d'ange...Elle avait tout de Lily.

Merci!!

Elle me saute dans les bras, mais je n'ai pas le temps de l'enlasser à mon tour, car un bruit attire mon attention. Lily tourne brusquement la tête vers le portail d'entrée, et ses yeux s'agrandissent d'horreur. Son beau visage tordu dans cette expression inquiètante fat accélerer les battements de mon coeur. J'ai peur. Je suis son regard, et ce que je vois me terrifie à mon tour.

Au-dessus d'une cape noire, un être blanc comme neige, et aux yeux rouge comme le sang nous fixe avec un sourire qui n'en est pas un. Son absence de nez et ses mouvements glissants le rendent encore plus reptilien que ça voix ne l'est. Il me fixe, et il est déjà trop tard quand je vois sa baguette se lever. Je jette pratiquement Sarah dans les bras de sa mère, et la dernière image que j'ai d'elles avant qu'elles ne disparaissent toutes les deux dans la maison est un petit visage torturé par les pleurs, à côté d'une chevelure aubrun flottant au rythme de la course de Lily.

Tu vas payer, Rogue!

Dans ce monde, Lord Voldemort ne me connait pas. Je ne sais même pas s'il a déjà entendu parler de moi. Tout ce qu'il doit savoir de ma vie, c'est que je suis un allié de Dumbledore qui a courageusement, mais stupidement, essayé de le tuer deux jours plus tôt. Et en seulement quarane-huit heures, il s'était débrouillé pour apprendre mon nom et l'endroit où j'habitais, simplement pour venir me faire payer.

Je n'ai même pas eu le temps de dire un mot, et lui n'en a pas prononcé un de plus. Sa baguette fend l'air et un jet de lumière s'abat en plein dans ma poitrine. Quand je sens tous les muscles de mon corps se raidir, et ma gorge se nouer, je crois d'abord que mon heure est venue, et que c'est cette chose et non cet homme qui me l'a sonnée. Mais non, c'est bien pire, et je m'en aperçois quand je tombe au sol, pas plus libre qu'une statue de pierre. Il m'a simplement stupéfié.

Je ne te tuerais pas aujourd'hui, Rogue, mais prends ça comme un avertissement...Ne te rebelle plus jamais contre moi, sang-de-bourbe!

C'était tout? Je ne l'ai pas cru plus d'une seconde, et toutes mes craintes sont devenues réalité quand, au lieu de s'éloigner de ma maison comme je l'ai espéré, il ne fait que se conduire vers l'interieur. Je voudrais crier, hurler à Lily d'être prudente, partir les sauver, lui lancer tous les sorts et maléfices que je connais...Mais de là où je suis, la seule chose que je peux faire est de regarder la façade de ma maison.

A peine deux ou trois secondes après que la cape noire de Voldemort ait disparu derrière notre baie vitrée, j'entends du vacarme, et des cris de Lily et Sarah, dans l'étage le plus haut, celui des chambres. Lily a l'air d'implorer le Seigneur des Ténèbres, mais les hurlements de Sarah couvrent tous ses mots, et la voix de mon ancien maitre est bien trop basse et sifflante pour que je l'entende.

Tout à coup, j'aperçois un éclair vert dans la pièce la plus à gauche du mur: la chambre de Sarah. Lily avait du se cacher là-bas parce que c'est la seule pièce qui a un verrou, mais il en faut plus pour arrêter, ou même ralentir, le mage noir. Un long hurlement strident suit l'éclair vert, et moi aussi j'hurle, interieurement. Ensuite, un silence parfait. Je vois Voldemort repasser devant moi avec cet hideux rictus, et je fais tous les efforts du monde pour me libérer et lui envoyer un Avada Kedavra en plein là où il aurait du avoir un coeur. Mais bien sur il n'y a rien à faire.

Il part de ma propriété sans un mot de plus. Et dans la maison, il n'y a plus de cris, c'est encore ce silence complet. Mon coeur bat si fort que j'en ai mal à la tête et les oreilles qui bourdonnent. Je ne peux toujours rien faire, je ne sais pas ce qui s'est passé, et je ne sais pas dans quel état elles sont. Que Lily ne viennent pas pour me rassurer m'inquiète beaucoup, qu'elle ne cherche pas à voir mon état aussi...Peut-être pense-t-elle que je suis mort...

C'est alors que je suis libéré du sortilège. Je me relève le plus vite possible, me tordant le genoux au passage. J'hurle le prénom de ma femme, désespérement. Je n'arrive pas à faire trois pas avant de m'étaler sur la pelouse de notre jardinet, et je me relève encore une fois du mieux que je peux. Je me remets à courir. J'attrape ma baguette sur la table du living-room, au cas où un sortilège de médicomagie soit utile, et je m'élance dans nos escaliers en colimaçon, qui ralentissent encore ma course.

En allant jusqu'au deuxième étage, celui où je suppose qu'elles m'attendent, une horrible pensée me vient à l'esprit. Et si l'histoire recommençait? Voldemort ne m'avait pas tué, parce qu'il voulait me faire souffrir, mais ça ne changeait rien. Et s'il avait voulu tué Sarah pour me faire payer? Et si Lily s'était mise en travers de son chemin, et qu'il l'avait abattue comme il l'avait fait pour Harry? Et si ma chère petite chérie était devenue l'Elue par ma faute, et qu'elle devait assumer tout ce que ça entrainait? Je m'en voudrais trop...

En poussant (non sans crainte) la porte de la chambre de ma fille, je découvre avec soulagemet que je me suis fait de fausses idées. Lily et Sarah sont bien là, en un seul morceau. Lily est à genoux par terre, dos à moi, encore sous le choc, et elle tient notre petite dans ses bras. Cette mère est sans doute la meilleure du monde, elle ne laisserait personne toucher à son bébé. J'en sourirais presque mais mon visage est encore trop crispé pour ça.

Je m'approche d'elles, avec la ferme intention de les enlacer, de les rassurer, de leur expliquer que tout est de ma faute, et que je saurais tout arranger. Je veux les serrer fort contre moi, leur dire que je les aime plus que tout et que je laisserai plus jamais une chose pareille arriver, leur dire que l'Ordre va être mobilisé et que dès demain, on ferait tout pour venir à bout de ce monstre et de sa tyrranie.

Mais quand je m'approche de mon épouse, et que je suis assez près d'elle pour voir par-dessus son épaule, je suis pétrifié.

Lily n'est pas en train de consoler Sarah, non, elle la berce simplement. Les beaux yeux verts du fruit de notre amour sont fixes, vides de toute expression, désertés par cette étincelle de malice qui les avait toujours fait briller. Elle ne sourit plus, mais un filet de sang s'échappe du coin du rictus macabre qu'elle m'adresse. J'ai l'impression que son corps est mou, flasque dans les bras de sa mère. Mère qui pleure doucement, la tête nichée dans le cou de l'enfant.

Je ne pleurs pas. Je ne cries pas. Je n'en ai même pas envie. Tout s'éteint peu à peu autour de moi. J'avais gagné une femme dans cette histoire, une femme que j'avais volé à un avec qui elle aurait été heureuse, un qui aurait eu la force de se battre et de sauver leur enfant et leur honneur. Un ange nous a quitté aujourd'hui, un ange qui était mien. Et même si Lily est en vie, elle est morte à l'interieur, et je le suis aussi.

Je n'ai pensé qu'à moi, j'ai voulu tout avoir. Et j'ai tout perdu, jusqu'à mon âme.