Le lendemain, Draco l'attendait dans la salle commune avec Blaise et les deux gorilles. Ils descendirent dans la Grande Salle. Après le petit déjeuner et la distribution des emplois du temps, ils se rendirent à leur premier cours de potion, commun avec les Gryffondors. Le père de Lily arriva en claquant la porte dans le silence le plus complet: sa réputation avait déjà fait le tour...
Pour le premier cours de potion de tous ceux qui n'étaient pas nés de parents sorcier, Snape frappa fort, et attaqua la "nouvelle célébrité", comme il l'avait surnommé: Harry Potter.
Le pauvre, ayant été élevé par des moldus, ne connaissait clairement rien à l'art des potions.
Et son père, pour un raison inconnue s'était déchaîné contre lui enchaînant question sur question, certaines plutôt difficiles, dans le seul but de l'humilier.
Puis après avoir retiré dix points à Gryffondor sous le regard goguenard de Draco, Severus leur donna la première potion à faire: Potion d'Agrandissement. Lily regarda son père un sourcil levé: il lui avait appris cette potion il y a trois ans et, bien sûr, elle savait la faire parfaitement.
Elle se mit néanmoins au travail et deux heures plus tard, quatre chaudrons fondus et un explosé, elle avait fini sa potion, parfaite, évidemment (de quoi aurait-elle l'air si, fille d'un maître des potions, elle était incapable d'en faire une correctement !).
Le professeur les lâcha avec des devoirs, et il filèrent à leur cours de Sortilège. Le professeur Flitwick était un gobelin, tout à fait charmant et toujours de bonne humeur. Le cour traitait de la base de la Magie: la lévitation. Seulement deux personnes arrivèrent au bout de la première fois: Lily et une certaine Hermione Granger, qui avait été surnommée par Draco, le Castor, en raison de ses deux incisives proéminentes.
Le cours se termina sans autre encombre qu'une explosion de plume d'un certain Gryffondor nommé Seamus Finnigan ("Mais où est-ce qu'on est tombé?! "Avait soupiré Draco).
C'est avec joie qu'ils s'en allèrent manger, avant de reprendre par Métamorphose, avec la dame qui les avait accueilli la veille: MacGonagall.
- Aujourd'hui nous allons changer une aiguille en allumette. C'est un premier pas dans la Métamorphose qui n'est pas très difficile puisque les deux objets sont de la même longueur. Seules l'épaisseur et la consistance changent. La formule est: Ago Fiammifero. Je vous conseille d'éviter de parler avec votre voisin, car la Métamorphose exige une grande concentration. Vous avez une heure.
Une demi heure plus tard, il y eut...une explosion ! Sauf que cette fois ce n'était pas un stupide Gryffondor mais...Crabbe ! Il avait tenu sa baguette dans le mauvais sens et l'avait agitée comme un pruneau.
- Non mais quel crétin ! murmura d'un air consterné, Lily. Rappelle-moi pourquoi tu les fréquentes ?
- Tu sais très bien pourquoi, Lily...souffla Draco.
- ...ton père, bien sûr...répondit-elle, amère.
Il lui jeta un regard étrangement blessé, et elle ressentit un pincement au coeur, sans pouvoir s'excuser car la sonnerie retentit, annonçant la fin des classes de la journée.
- Tu fais quoi, maintenant ? Lui demanda Draco, toute trace de peine envolée.
- Je vais à la bibliothèque. Faut que je fasse mes devoirs...
- Allez...viens au parc avec nous, il fait encore beau pour l'instant !
- Non, vraiment. En plus j'ai d'autres recherches à faire...
- Tant pis pour toi alors, Miss-je-sais-tout !
Elle lui tira la langue, et s'en alla en souriant.
En passant la porte de la bibliothèque, elle se sentit tout de suite chez elle. Lily avança parmi les rayons à la recherche d'un livre sur les Sortilèges pour son devoir, puis se mit à flâner dans les rayonnages, pour trouver ce fameux livre qu'elle cherchait tant, celui qui parlait de l'empathie. Puis, alors qu'elle avait trouvé un livre (mince) sur les dons les plus connus et leurs détenteurs qui avaient marqué les siècles, elle se retrouva devant la table d'une Gryffondor dans la même année qu'elle, Hermione Granger ou un truc comme ça. Il se dégageait d'elle un étrange sentiment de peine, mêlé à celui de l'excitation, qui ne faisait pas un bon mélange du tout.
- Je peux me mettre là ? Demanda-t-elle
La fille releva la tête et la fixa d'un air perdu, avant d'acquiescer, sans émettre le moindre mot.
- Je m'appelle Lily. Toi c'est Hermione, c'est ça ?
- Euh oui. Tu es la fille du prof' de potion, non ?
Elle avait dit cela sans le moindre jugement dans la voix, mais Lily grimaça quand même:
- Je vois que je suis cataloguée...
- Non, non, pas du tout, c'est juste que...je ne connais pas grand-chose à ce monde, alors...
- On ne dirait pas du tout, en tout les cas. Tu te débrouilles mieux que la plupart des Sang-pur de notre année.
- Sang-pur ? S'enquit-elle interloquée
- Oui, c'est comme cela qu'on appelle ceux qui ont plusieurs générations de sorciers dans leur famille.
- Ah, et comment on appelle les autres ?
- Les Sang-mêlés sont ceux qui ont un parent de chaque,et...le dernier terme c'est plus une insulte, personne ne l'utilise pour désigner quelqu'un dont les parents sont moldus...
Lily était plutôt gênée de parler de cela devant la jeune fille, mais voyant son air interrogateur et l'envie de savoir qui se dégageait d'elle, Lily murmura:
- On les appelle les Sang-de-bourbe...mais je préfère dire: les enfants nés de parents moldus. C'est plus long mais moins insultant !
Hermione la contempla en opinant quelques instants, puis lui demanda de but en blanc:
- Et toi ? Tu es une Sang-pure, je suppose ?
- Euh..et bien...je pense oui...étant à Serpentard...mais ma mère est morte, j'étais bébé, et mon père ne me l'a jamais dit, alors je ne sais pas...
Hermione hocha la tête, et s'excusa de ce que sa question avait soulevé comme mauvais souvenir, mais Lily ne l'écoutait déjà plus, le doute l'assaillant.
C'était vrai que son père ne lui avait pas beaucoup parlé de sa mère. Il l'avait élevé tout seul depuis sa naissance, et lui avait dit qu'elle était morte après l'avoir mise au monde. Elle savait à quoi elle ressemblait, mais à chaque fois qu'elle avait voulu savoir comment ils s'étaient rencontrés, s'ils étaient mariés (son père n'avait pas d'alliance), Severus lui répondait clairement et sèchement qu'il ne voulait pas en parler. Il ne lui avait même pas dit comment elle s'appelait !(Bon c'est vrai, elle n'avait jamais bien demandé, elle l'appelait Maman.) Lily en avait déduit que c'était un sujet encore douloureux même après toutes ces années et que la mémoire de sa mère était toujours bien présente dans son coeur.
Elle haussa les épaules, après tout elle aurait bien le temps de découvrir ce que lui cachait son père, mais sa première priorité restait de se débarrasser de ce don encombrant !
Elle ferma son livre deux heures plus tard. Hermione était partie, et elle avait finit ses devoirs. Elle avait aussi terminé Dons Exceptionnels Au Cours Des Siècles Et Autour Du Monde de Siphonia Troglodyte, et n'avait rien trouvé d'intéressant, sinon que les empathes étaient des personnes aux pouvoirs psychiques très puissants. Ils pouvaient être sorciers ou moldus, ces derniers ayant bien sûr un don beaucoup moins développés, limité à des pressentiments et un mal de crâne permanent.
Chez les sorciers, il y avait plusieurs niveau d'empathie: le premier était le même que chez les moldus. Le second niveau était la possibilité des ressentir les émotions des gens à différents degré: plus tu ressentais les émotions des gens loin de toi, plus ton pouvoir était puissant. Lily appartenait à ce niveau-là. Elle n'avait jamais connu le premier, comme le font normalement tous les empathes. Et enfin le troisième niveau consistait à pouvoir contrôler des choses par la pensée; des hommes, mais aussi les dangers qui vous arrivaient dessus, comme des sorts. Cependant, cette maîtrise était très difficile à atteindre, et la grande majorité des empathes restaient au second niveau.
Il existait aussi un quatrième niveau, mais on le nommait rarement comme tel, puisque en un millénaire de recensement, un seul cas avait été enregistré; il s'agissait de la possibilité d'avoir des visions, du passé, mais aussi du futur. Ce dernier cas avait été celui d'Alanis Serdaigle, fille de Rowena Serdaigle, qui s'était donné la mort à dix-sept ans, après avoir eu une vision semble-t-il.
Tous les autres exemples, Lily avait remarqué, était des sorciers dont les parents, les deux le plus souvent, s'étaient illustrés par des faits extraordinaires, qu'ils soient bons ou mauvais. Comme Ivana Grindelwald, fille du célèbre mage noir qui était issue de la plus grande famille de sorcier noir de Russie par sa mère; ou bien, Alanis Serdaigle, dont la mère avait été l'une des plus puissantes magicienne de son temps.
Lily se dit qu'elle n'apprendrait rien de plus et se leva pour partir en emportant L'Histoire de Poudlard, avant de passer voir son père.
Elle arriva devant les cachots pour voir un élève y sortir, lui jetant un regard mauvais. Elle frappa à la porte.
- Entrez ! Répondit une voix sèche.
- Je crois que je viens de croiser ta retenue. Dit-elle en souriant
- Ah oui...comment c'est passé ta première journée de cours ? Demanda Severus en adoucissant sa voix.
- Très bien. Les Gryffondors ont failli nous tuer au moins dix fois, et j'ai découvert que je vais passer sept ans avec des cruches pour compagnes de dortoir, mais sinon à part ça, c'était génial !
Severus rigola et passa sa main affectueusement dans les cheveux soyeux de sa fille chérie.
- Alors, qu'est-ce qu'il avait fait ce méchant garçon pour s'attirer tes foudres ?
- Il a fait exploser les chaudrons de son voisin à coup de pétard. Et je te défend de faire la même chose. Ajouta-t-il devant le sourire de sa progéniture.
- De toute façon tu ne me puniras pas n'est-ce pas ? Fit-elle en battant des cils.
- Tu veux parier ?
- Hum non...je te crois tout à fait capable de sadisme envers ton héritière !
- Ne dis donc pas de bêtise ! Allez viens on va manger !
Les deux Snape partirent bras dessus, bras dessous en direction de la Grande Salle, en parlant de tout et de rien. Severus souriait d'une imitation de Pansy par Lily, lorsqu'ils entrèrent dans la salle au 3/4 pleine.
Les conversations cessèrent immédiatement et les deux Snape levèrent les yeux au ciel avec une telle synchronisation que les murmures repartirent de plus belle.
- Bon repas et bonne nuit, on se voit demain. Lui souffla son père en lui caressant la tête.
Elle acquiesça et se dirigea vers la table des Serpentards.
- Alors, mon intello préféré, toujours à te faire remarquer ? La taquina Draco alors qu'elle s'asseyait à côté de lui.
- Apparemment...marmonna-t-elle. On dirait qu'ils n'ont rien d'autre à faire dans leur vie que de s'intéresser à celle des autres !
- C'est parce que la tienne concerne aussi celle de notre bien aimé prof' de potion et accessoirement Directeur de Maison ! Mais ne t'en fait pas, ça passera quand tu quitteras Poudlard ! Assura-t-il en souriant devant la mine contrariée de son amie.
- Bon, alors qu'est-ce que vous avez fait dans le parc ? S'enquit Lily en changeant de sujet
- On est allé em...euh discuter avec Londubat. Répondit Draco en souriant d'un air mauvais.
Lily leva les yeux au ciel et se dit que décidément son changement de sujet n'était pas très réussi.
Elle n'aimait pas que Draco s'en prenne à des personnes qui n'avaient pas les moyen de se défendre, elle trouvait cela très lâche et ne manquait pas une occasion de le faire remarquer à son ami.
C'est pourquoi celui-ci se tenait à carreau en sa présence, enfin...
- Bref...T'as fait tes devoirs, j'espère ?
- En fait, j'attendais que tu me donnes un coup de main. Avoua-t-il en faisant une moue innocente.
- Dray...ta moue de petit ange marche avec tout le monde, mais pas avec moi, tu le sais bien en plus !
- S'il te plaît !!
- C'est non Draco !
- Ma petite Mandragore, je t'en supplie !! Implora-t-il en utilisant le surnom que son père lui donnait en privé.
Malheureusement, il avait parlé assez fort pour que tout le monde les entende dans un périmètre de 5m. Blaise, en face de Draco, ricana et s'attira le regard "de-la-mort-qui-tue" de la part de Lily.
- Je te conseille de ne jamais, jamais plus, répéter ce que tu viens de dire, où ta vie, déjà très courte, risque de se réduire comme une peau de chagrin, Drakychou. Susurra-t-elle d'un ton doucereux en s'approchant dangereusement de son ami qui déglutit.
- Tu sais que tu me fais très peur comme ça.
- J'espère bien.
Les deux amis échangèrent un regard complice, et éclatèrent de rire sous le regard pétillant de Blaise, et celui, noir de Pansy.
Ce soir-là, Lily fut d'accord pour rester dans la salle commune des Serpentards, devant le feu, à parler avec Blaise de tout et de rien, sous le regard suppliant de Draco, qui peinait de plus en plus avec son devoir de Métamorphose.
- Je t'en supplie, Lily, aide-moi, je comprends rien !! S'exclama-t-il soudain, n'en pouvant plus de se creuser les méninges.
- Allez, donne ! Je vais le corriger ! Répondit-elle, en levant les yeux aux ciel.
Draco lui tendit son devoir, et se leva pour l'embrasser sur la joue, la faisant rougir, avant de s'affaler avec grâce, sur le fauteuil qu'il occupait précédemment.
Deux heures plus tard:
- Ca y est, j'ai fini. Je te préviens que c'est la première et la dernière fois. Tu te débrouilles, ensuite !
- Merci, merci, merci ! Si tu savais comme je t'aime, Lily !
- Allez, va te coucher, au lieu de dire des bêtises.
Après un dernier bisou sur la joue, en signe de remerciement, ils montèrent se coucher: elle, Draco et Blaise.
Dans leur chambre, alors qu'elle s'apprêtait à se mettre au lit, Pansy s'adressa à Lily:
- Au fait, Snape, vous avez l'air proches avec Draco. Ca fait combien de temps que tu le connais ?
- Depuis toujours, je crois. On a été élevé ensembles.
A partir de ce jour, Pansy ne lui adressa presque plus la parole.
