°O¤ FIDELITAS ¤O°
Spoilers: De nombreuses informations sont récoltées dans les 6 tomes.
Disclaimer: Pratiquement tous les personnages et lieux appartiennent à JKR. Toutefois, l'histoire et toute autre folie nous appartiennent pleinement –malheureusement :p
Personnages centraux: Les Maraudeurs (avis aux fans!)
Avertissement: Au vu de son thème, la fanfiction pourrait comporter une bonne soixantaine de chapitres, voire plus… Avis aux lecteurs impatients qui devront prendre leur mal en patience
Résumé général: Les Maraudeurs ont quitté Poudlard... Mais après, que s'est il passé? Que leur est il vraiment arrivé? De leurs premiers pas chez les Aurors jusqu'au tricentenaire du mariage des Potter, nous allons vous raconter la vraie histoire cachée par JK! Chers amis, laissez-nous vous conter la véritable histoire des Maraudeurs…
Dédié à : Lisa Black, notre première revieweuse ! Comme tu le voulais, voici tout de suite le second chapitre ;)
Résumé du chapitre précédent : Toutes les bonnes choses ont une fin… Les Maraudeurs viennent de quitter Poudlard pour plonger dans un monde plus grand, plus sérieux et plus sombre…
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Chapitre 2 : Débâcle…
Un nouveau cri strident perça les hurlements d'horreur de la foule, lui serrant un peu plus le cœur. Le Chemin de Traverse était méconnaissable. Bien sûr, il y avait foule. Mais cette foule était terrifiée et désorientée. Des boutiques s'écroulaient sous le poids de boules de feu sorties tout droit de la baguette du plus noir des mages. Déjà, les flammes léchaient leurs murs tandis que les débris couvraient le sol. Perdu, haletant, donnant des coudes pour ne pas se faire happer par la foule, James se hissait sur la pointe des pieds, cherchant de ses petits yeux marrons l'un de ses amis. Il tremblait. Tremblait de rage et de peur. Un sorcier courut dans sa direction et le percuta de plein fouet. Le Maraudeur tituba, rebondit sur une autre personne et se redressa avec peine. Merlin, mais où étaient les autres? Où était Lily? Un nouveau pincement au cœur, James hurla à nouveau son nom. Pourvu que rien ne lui soit arrivé! Pourvu qu'elle soit sauve… Avec Patmol… Et Lunard… Queudver… Un énorme fracas retentit à nouveau. Une nouvelle boutique s'effondra, projetant sur la foule les quelques pierres qui lui avaient permis de se dresser fièrement. James ne put que contempler les dégâts, sa rage s'amplifiant davantage. Pourquoi?! Pour quelle raison?! Pourquoi ne l'avait-on pas laissé terminer tranquillement sa glace en compagnie des autres? Il essaya de se calmer: réfléchir… Il lui fallait réfléchir. Quelle direction avait pu prendre ses amis?
oO°Oo
Cela c'était passé environ une heure auparavant. Transplanant sur le Chemin de Traverse, Lily à son bras, James riait des blagues de ses amis. Ils avaient décidé de profiter de cette magnifique journée ensoleillée pour fêter dignement le premier appartement du jeune couple. La première chose à laquelle ils avaient pensé était la terrasse de ce cher bon Florian Fortarôme. Ils avaient ri, ri pendant une heure entière, avant de sentir cette horrible secousse. Les tables et chaises avaient tremblé. Les clients s'étaient regardés. Un éclair avait jailli à l'autre bout de la rue. Tout le monde l'avait reconnu. Sans s'en rendre compte, chacun s'était levé par instinct. Lorsqu'il avait marché dans leur direction, la panique avait fusé. James se retrouva séparé des autres, une crinière rousse s'échappant malheureusement de son champ de vision.
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Il jura: il n'avait plus qu'à remonter la rue. Prenant son courage à deux mains, le Maraudeur se mit à avancer à contre-courant, essayant tant bien que mal d'éviter les coups donnés par une foule déboussolée. Il marchait, marchait sans s'arrêter, ne réussissant pas toujours à éviter des collisions violentes, tandis que ses pensées ne cessaient de l'assaillir. Comment allaient les autres? Étaient-ils à sa recherche? Étaient-ils en sécurité? Étaient-ils…? Et Lily? Son cœur chavira. Et s'il lui était arrivé quelque chose? Il ne pourrait jamais se pardonner d'avoir été séparé de la jolie rousse. Et pourquoi, pourquoi y avait-il autant de monde ce jour-là? Ses chances de la retrouver diminuaient plus le temps passait. Tandis qu'il y pensait, son visage souriant dansait devant le regard effrayé du jeune homme.
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Ils étaient tous assis à la terrasse de Fortarôme, la commande de chacun devant eux. Sirius, comme à son habitude, s'était amusé à faire le zouave et à raconter leurs différentes anecdotes (dont de nombreuses impliquaient le professeur McGonagall ou le concierge), provoquant des éclats de rire joyeux tout autour de leur petite table. James, lui, n'avait d'yeux que pour sa belle dulcinée. Si belle, si souriante, avec son petit rire cristallin qui lui caressait tendrement l'ouïe. Elle était tout simplement ravissante, à rire ainsi des pitreries de son ami.
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Et si jamais…? Son cœur souffrait tant il était serré. Ne pas penser à cela, avoir les idées claires. Là était la solution pour ne pas céder à la panique. Pourtant, il y avait cédé depuis un moment… Sa lèvre saignait. Ses côtes le lançaient. Il commençait à haleter. L'air se faisait plus rare. Il se rapprochait. Il le savait. Les dégâts étaient déjà plus importants: de nombreux établissements étaient effondrés, beaucoup brûlaient, la fumée commençait à envahir la foule, tandis que des corps inanimés gisaient déjà sur le sol. Un loup-garou se jeta sur un sorcier qui croisa James. Dans un cri, le Maraudeur eut un sursaut de côté tandis que la bête emportait déjà le corps. Restant un instant immobile sous le choc, son cœur battant la chamade, il sortit sa baguette et se remit à hurler le nom de Lily tandis qu'il hâtait son allure. Un autre cri lui répondit. Un appel lointain. Une voix masculine.
- James?!
Tout son corps fut parcouru d'une sorte de décharge électrique. Son cri redoubla d'intensité.
- Je suis là!
Il se figea sur place et chercha des yeux l'origine de la voix. Marchant dans sa direction, un géant en profita pour le saisir dans son immense main. James poussa un cri de surprise avant de se débattre comme un diable. La rage, la peur et l'horreur décuplant ses pouvoirs, il lança un "Inflamare" dans le visage du titan qui le lâcha soudainement sous la douleur. Le jeune sorcier fit une chute de quatre mètres et sentit son genou craquer. Il poussa un petit cri mais réussit à se relever. Tremblant de rage et de douleur, il jura à nouveau: il avait perdu son ami. Il se remit à marcher, oubliant la douleur lancinante de son genou. Il était à présent au milieu de la grande rue: la foule se faisait moins étouffante, tandis que les loup-garous, géants, inferi et autres créatures devenaient plus nombreuses. Combien de temps s'était-il écoulé depuis qu'il avait été séparé des autres? Il ne saurait le dire… Des silhouettes sombres étaient à présent visibles: des Mangemorts. James serra l'étreinte de sa main sur sa baguette tandis que ses idées se firent plus noires. Avait-il encore un espoir de revoir tous ses amis en vie? Un cri familier le sortit de cette réflexion désespérée. Un hurlement. Sirius. Il souffrait. Oubliant toute la douleur qui lui parcourait le corps, James se jeta presque sur la foule, courant à s'arracher la jambe vers son ami. Un sorcier encapuchonné se tenait au-dessus de ce dernier, tandis que le malheureux se tordait de douleur. Oubliant tout jusqu'à sa nature sorcière, James se jeta sur le Mangemort, qui, surpris, lâcha sa baguette, et le rua de coups.
- Espèce de salaud!
Il le frappait, frappait encore. Toute sa haine se déversait à cet instant sur l'individu: son horreur, sa peur pour ses amis, son dégoût. Ses jointures étaient en sang. Il les ignorait. Son genou craqua une seconde fois. Il s'en fichait. Tout ce qui comptait en ce moment était cet infâme bourreau. Qu'il souffre! Qu'il souffre autant qu'eux souffraient! Il ne se débattait plus. Il était inconscient. James se releva et se précipita sur Sirius, qui gisait toujours sur le sol.
- Sirius! Patmol... Ca va? Répond-moi!!!
Ce dernier mit longtemps à se rappeler où il se trouvait: des hurlements... Des bruits assourdissants... Chaque muscle de son corps semblait s'être carbonisés sous l'intensité du sort. Il tremblait. Une voix. Celle de James. Il fit un effort, se tournant sur le dos, et remarqua, un peu trouble, la chevelure hirsute de son meilleur ami.
- Pas trop tôt...
- Purée! J'ai eu peur!
James avait presque envie de lui mettre une baffe pour le remettre sur pieds. Ou de le serrer dans ses bras. Ses pupilles étaient dilatées par la peur. Il se pencha, ignorant toujours son genou lancinant, et aida son ami à se relever avant de s'isoler un instant dans une ruelle adjacente. Sa main appuyée sur le mur, assurant ainsi son équilibre, Sirius semblait, lui aussi, en piteux état: une grosse coupure lui barrait le côté droit du front tandis que le sang y coulait à flot. Quant à son regard, il semblait parfois trouble. D'un air rassuré, il souriait. Faiblement, mais il souriait.
- Je… Je t'ai cherché partout. Où sont les autres? demanda-t-il tout en se massant l'épaule dans une grimace, son air sérieux reprenant le dessus.
Le cœur de James se plomba.
- Ils-Ils n'étaient pas avec toi?!
- On a été séparés…
Son regard se perdit dans la foule: il n'avait toujours pas réussi à trouver Lily. Un ricanement austère leur glaça le sang: il approchait. Il ne pouvait le laisser s'approcher d'elle! A présent, il avait Sirius à ses côtés. Il était temps de répliquer! Il se redressa fièrement et sortit à nouveau sa baguette.
- Allons les chercher!
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- Je lève ma coupe de glace en l'honneur du nouvel appartement de James et Lily! riait Sirius. Longue vie à votre couple!
- Ouais, longue vie! renchérit Rémus.
- Je suppose qu'il y aura besoin d'aide pour aménager votre petit nid d'amour, reprit Patmol dans un sourire en coin, la tête penchée sur le côté, tandis que ses yeux se faisaient rieurs.
- Euh, Sirius… répliqua James, le ton hésitant, connaissant très bien la maladresse légendaire de son ami.
- Bien sûr, le coupa Lily, de son petit air ravi. J'avais justement besoin d'aide pour récupérer un fauteuil ainsi que quelques autres meubles que ma mère m'a donnés.
Interdit, James se tourna brusquement vers la jeune fille, le regard effaré, la bouche pendante: Lily ne comptait quand même pas récupérer ce vieux morceau de tissus! Ce fauteuil! LE fauteuil! Celui qui était entièrement recouvert d'un tissu vert, orné de petites fleurs roses à la mode grand-mère! Si jamais Sirius le voyait…
- Parfait! répondit l'intéressé en avalant cul-sec sa glace.
James se laissa retomber dos à sa chaise, les bras pendant de chaque côté. Il était foutu…
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L'air déterminé de son ami redonna du baume au cœur de Sirius. Sortant à son tour sa baguette, le jeune homme essuya d'un revers de sa manche le sang qui coulait à flot sur son œil droit, puis se lança à nouveau dans la foule, suivant un James déterminé. La foule se dispersait davantage. Les créatures hurlaient, chantant la mort. La fumée brûlait les yeux tout en étouffant les poumons. Chacun respirait comme il le pouvait. Des débris comme des corps recouvraient le sol. James et Sirius avançaient tant bien que mal à travers cet horrible panorama. Au loin, Voldemort hurlait. Ils le voyaient au loin: il était au milieu de la rue principale, les flammes se dressant étrangement à ses côtés. Un geste de baguette à droite… un malheureux se tordit à terre puis se figea. Mort. Un geste de baguette à gauche… une famille au complet vola dans les airs… un loup-garou attrapa la femme au vol, et s'éloigna dans ses cris désespérés, pendant que le mari et les enfants disparaissaient dans un proche brasier. Quelques malheureux sorciers tentaient de l'encercler. Un coup de baguette devant, et tous furent attaqués d'une nuée d'insectes, qui piquaient et s'insinuaient, qui creusaient et dévoraient. Ses Mangemorts l'avaient quitté, accompagnés de quinze géants, douze loups et une trentaine d'inferi. Il leur en avait donné l'ordre. L'ordre d'aller piller les boutiques encore debout… De leur côté, James et Sirius marchaient péniblement. Pourtant, ensemble, les deux Maraudeurs ne ressentaient plus leurs douleurs respectives. Seulement leur dégoût et leur haine. Il fallait aider ces pauvres gens ! Voilà ce que, silencieusement, ils s'étaient dit. La foule était beaucoup trop paniquée pour pouvoir se défendre. Et ses attaquants beaucoup trop joyeux pour se méfier de deux jeunes sorciers. Erreur… Au milieu de la rue, un Mangemort ricanait, tandis que de sa baguette, il faisait hurler de douleur une petite fille, la pauvre enfant se tortillant sur le sol. La rage au cœur, son genou de plus en plus douloureux, James brandit sa baguette en direction du bourreau, et d'un sort, l'immobilisa. Une boutique s'effondra à nouveau sur la foule: il empêcha les débris de la blesser. Un géant, mécontent de l'action du jeune homme, fonça sur lui. Avec l'aide de son ami, il le mit hors d'état de nuire. Il savait que cela allait attirer l'attention du mage noir, mais il n'en avait que faire: au moins, ils agissaient! Sirius, de son côté, envoya valser un loup-garou dans les flammes qui recouvraient les restes d'une boutique, alors que la bête allait se jeter sur une jeune femme. Un coup de baguette à droite, et il immobilisa un Mangemort trop occupé à terrifier la foule. Un coup de baguette à gauche, et ce fut le tour de plusieurs harpies. Il s'arrêta un court instant, essayant de reprendre son souffle, et jeta un coup d'œil environnant. Ce qui se déroulait sous ses yeux était le résultat d'un véritable carnage: la rue, à présent baignée d'une fumée sombre et épaisse, s'était éclaircie de ses passants, ceux-ci gisant au sol, mélangés aux débris de nombreuses boutiques, ou fuyant comme ils pouvaient les créatures du mal. Celles-ci étaient à présent disséminées dans la rue, essayant de faire le plus de victimes possibles. Les capes noires des Mangemorts soulevaient d'étranges nuages de fumée, tandis qu'ils prenaient la direction des deux sorciers rebelles. Des corps se relevaient petit à petit et marchaient avec eux dans leur direction. Des inferi. Sirius grimaça tandis qu'il épongeait à nouveau son oeil: ils provoquaient en lui une intense sensation de dégoût. Il se rapprocha de James, qui, comme lui, ne quittait pas des yeux la nouvelle menace.
Ce fut alors que la balance vacilla: aussi soudains que tant attendus, de nombreux claquements retentirent dans toute la rue, alors que les hommes du Ministère se dressaient au milieu de la fumée. Les Mangemorts se figèrent, fixant de leur affreux masque les nouveaux arrivants, tandis qu'une voix grave et sévère recouvrit tout le brouhaha.
- Au travail!
Georges McHarris, un homme d'un âge plutôt avancé mais d'une stature néanmoins imposante, se lança dans la bataille, accompagné des quelques Aurors qui le secondaient. Pendant une infime seconde, les deux Maraudeurs eurent envie d'hurler leur joie: les secours arrivaient enfin! L'espoir revenait au triple galop. Mais le temps n'était pas encore aux réjouissances: les inferi marchaient toujours dans leur direction, tandis que les Mangemorts reprenaient leurs activités, se jetant à présent sur les hommes du Ministère. Relevant leurs baguettes, les deux amis firent front à cette nouvelle attaque, mais l'un comme l'autre savait qu'il était difficile de repousser un inferius. Les sorts fusaient de toute part, autant du côté ministériel que celui des Mangemorts, tandis que les jeunes hommes se débattaient comme ils le pouvaient contre ces corps ensorcelés. Alors qu'il était aux prises avec un inferius déterminé à lui briser le cou, une chevelure flamboyante attira l'attention de James. Son cœur chavira à nouveau: Lily! Elle était en vie! Elle était là, à quelques mètres de lui! Il avait envie de hurler son nom, de se jeter dans ses bras, mais les mains de l'inferius, tout comme la fumée, l'empêchaient de le faire. Quelque chose d'autre attira alors son attention, quelque chose de plus menaçant. Un groupe de créatures se dirigeait vers elle. Cela ne l'aurait que peu inquiété s'il n'était pas présidé par lui. Voldemort. Il se dirigeait vers Lily. Sa Lily. Sa raison sembla soudainement se dissiper. Oubliant sa douleur, oubliant son ami, James décocha un incroyable direct du gauche à l'inferius qui lui faisait face, le repoussant dans un étrange claquement de vertèbres, et vola littéralement à la rescousse de sa bien-aimée, grimpant sur les corps, sautant par-dessus les débris, tandis que les inferi essayaient vainement de le retenir.
oO°Oo
- Alors, quand est-ce que vous allez enfin vous marier? s'exclama Remus, dans un sourire à la fois joyeux, à la fois moqueur, sa coupe de glace à la main tandis qu'il se balançait timidement d'avant en arrière.
- Ca serait pas trop tôt! Depuis le temps que James en parle! éclata de rire Sirius, ses mains voltigeant dans les airs afin d'appuyer ses propos. Lily par-ci, Lily par-là… Et ça, pendant sept longues années! J'les ai vues passées, j'vous le dis! Et môssieur en rêvait même parfois!
Prenant son air songeur, le jeune homme continuait inlassablement:
- Je me souviens d'une fois dans le dortoir, alors que…
- Siriuuuuuuuuus, grogna James dans un sourire quelque peu forcé, regardant de ses petits yeux plissés son ami éclater de rire et balancer étrangement sur le côté de sa chaise. Laisse-nous au moins le temps de nous installer dans l'appart, et on en reparlera après, répliqua James dans un sourire désespéré, levant les yeux au ciel. Ce que son ami pouvait l'agacer lorsqu'il abordait ce sujet!
- Bah, du moment que je suis le témoin, vous faites c'que vous voulez!
Sirius s'affaissa légèrement dans sa chaise, sa nouvelle coupe de glace à la main, un sourire vainqueur se dessinant sur ses lèvres alors que James roulait des yeux et Lily souriait à pleines dents. D'un sourire si joyeux… Si heureux…
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D'un rapide revers de son bras gauche, il épongea à nouveau le sang qui lui couvrait la vue, tandis qu'il envoya valdinguer un nouvel inferius dans les flammes qui les encerclaient. Sa gorge semblait déchirée tant il toussait. Sa tête pesait lourd, le sang lui tournait. Quant à sa vue, elle semblait ne pas vouloir obéir à sa volonté, se troublant de temps à autre. Il tanguait légèrement, mais tenait bon. Il le fallait. Un nouveau sort, un nouvel ennemi neutralisé. Pourquoi étaient-ils soudain plus nombreux? La vitrine de la boutique derrière lui vola en morceaux tandis qu'il repoussait un nouvel inferius. Voilà qu'il détruisait à présent lui-même ce qui restait encore debout! Un violent coup à la tête lui fit ployer le genou. Le second le fit basculer entièrement à travers la vitrine déjà absente. Il poussa un cri de douleur alors que sa jambe le fit soudainement souffrir: un morceau de verre venait de traverser de part en part sa cuisse. Mais où donc était passé James?!
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- Lily!! Lily, c'est moi!
Le visage de la jeune rouquine se tourna soudainement vers lui, tandis que ses yeux émeraudes parcouraient fébrilement la foule.
- James?
- Lily!
- James!!
Qu'il était heureux de la voir enfin! Vivante, et apparemment, saine et sauve! Il s'approcha, amplifiant la vitesse de ses pas, oubliant jusqu'à sa douleur, lorsqu'un hurlement austère retentit à nouveau, figeant chaque personne qui l'entendait, glaçant le sang. Voldemort était là, au milieu de ses créatures. Il se mit à tourner et s'éleva dans les airs. De lourds nuages s'amoncelèrent. Des éclairs strièrent le ciel. La terre trembla de plus belle, faisant s'effondrer les boutiques à l'équilibre précaire. Le monde sembla imploser. Le Sombre Mage était là, les bras écartés, les yeux enflammés de haine, comme une ombre. Un éclair vert monta de la baguette de sa silhouette, déchirant l'étrange obscurité. La Marque des Ténèbres apparut, immense, mouvante. Chaque personne, créature encore consciente était immobilisée par la peur. James avait réussi à rejoindre Lily, et la serrait étroitement dans ses bras, tandis leur regard était braqué, ensemble, sur lui. Voldemort se laissa retomber lourdement sur le sol, dans une bourrasque de vent phénoménale. Il riait, encore… toujours… De sa baguette, il envoya un formidable sort, qui, dans un chaos de volutes noires, fit valser toute personne se trouvant à sa portée, créatures de son camp y compris… James reprit consistance, en même temps que les hommes du Ministère qui se lançaient déjà en direction du mage noir, alors que ce dernier continuait sa marche.
- Lily, pars te mettre à l'abri!
- Mais…
- Vas-y!! Je te couvre.
Sa baguette prête à l'affront, James embrassa fougueusement sa dulcinée afin de se donner du courage, avant de la relâcher. À regret, la jeune femme s'éloigna, écartant les dernières créatures qui se jetaient dans sa direction. James, quant à lui, piqué par il ne savait quelle folie, pointa sa baguette vers le groupe qui avançait péniblement vers eux – péniblement car les Aurors ralentissaient considérablement son avancée- et se mit à faire fuser les sorts. Il fallait protéger Lily. Il fallait protéger ces gens. Il fallait aider les Aurors. Voldemort ricana à nouveau. Il ne pouvait rien contre lui. Personne ne le pouvait. Un sourire carnassier aux lèvres, il regardait les quelques malheureux qui tentaient de l'arrêter. À chaque fois qu'un sort fusait, une créature était là pour le stopper. Il était invincible. D'un nouveau coup de baguette, il se débarrassa de ces jeunes apprentis. James les regarda avec horreur disparaître après un vol plané dans le brasier qui les entourait. Il était à présent seul. Seul contre lui.
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La table se mit à trembler sous leurs coupes de glace. Chacun releva des yeux interrogateurs tandis qu'ils s'observaient. Le tremblement se propagea et bientôt, tout ce qui se trouvait sur le Chemin de Traverse se mit à vibrer. Un éclair zébra le ciel si bleu d'été, surprenant chaque personne qui était présente. Le temps semblait s'être arrêté. Tous, immobiles, debout, regardaient avec appréhension l'endroit où l'éclair avait frappé. Au lointain, une grande silhouette noire se dressait face à eux, bientôt rejointe dans des claquements caractéristiques par une multitude de créatures ainsi que des nombreuses silhouettes sombres. Plus personne ne bougeait, plus personne ne parlait. Un long hurlement brisa le silence. La troupe se mit en marche. Chacun retrouva ses facultés. Tous se mirent à courir. Les Maraudeurs, toujours immobiles, n'eurent pas le temps de s'esquiver que déjà chacun se faisait percuter par cette masse affolée. Ils étaient séparés…
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Ils commençaient à avancer vers lui, enjambant ce qui restait de vitrine. Ils n'étaient plus beaucoup, mais assez pour le mettre en pièce. Prenant son courage à deux mains, le jeune homme s'appliqua à retirer le morceau de verre de sa cuisse dans un horrible gémissement puis se redressa péniblement, appuyé contre une étagère de livres. Sa tête lui tournait de plus en plus: il n'était plus très loin de l'inconscience. Mais il fallait se battre: il voulait vivre assez longtemps pour retrouver ses amis, s'assurer de leur santé. La main serrée sur sa baguette, il décocha un fameux sort qui fit traverser la rue à l'inferius le plus proche avant que celui-ci ne se retrouvât entièrement recouvert de flammes. Il fit de même avec le second. Puis le suivant. Son bras se fit lourd. Sa vision se troubla davantage. Quelque chose semblait étinceler devant ses yeux. Ne pas céder, ne pas céder… Une étagère s'abattit à ses côtés. Il se tourna vers elle mais ne distinguait que très peu les contours des deux corps qui lui faisaient face. Ne pas céder… Il leva à nouveau son bras, brandissant sa baguette. Ne pas céder… Tout s'obscurcissait autour de lui, tout devenait flou et confus. Il tomba à genoux, tandis qu'il repoussait son dernier adversaire. Il se sentait las. Son bras droit retomba le long de son corps, un bruit sourd lui indiquait qu'il avait lâché sa baguette. Il était épuisé. Il souffrait. Il cédait... Il n'en pouvait plus. Mais où était les autres? Où étaient les Aurors? Pourquoi personne ne l'aidait? Un nouveau choc. Cette fois, sa tête explosa. Cette douleur immense le fit s'écrouler, inerte, au sol, tandis que les ténèbres le recouvraient entièrement. Il était inconscient.
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Sans vraiment s'en rendre compte, il tremblait. Il était seul. Il avait abandonné son ami, repoussé Lily. Il se laissait envahir par sa peur. Seuls comptaient à présent ces yeux terrifiants qui se plongeaient dans les siens. Il n'y avait plus d'espoir. Rien ne pouvait le vaincre. Tout était fini. Ses doigts commençaient à se relâcher. Malgré cela, quelque chose semblait l'empêcher d'abandonner. Il voulait sauver Lily. Il voulait la revoir. Dans un froncement de sourcils, ses doigts se crispèrent à nouveau sur le bois de sa baguette. Il ne pouvait rester ainsi, immobile, face à lui, alors que d'autres mourraient en se battant. Aussi soudainement qu'elle était venue, sa peur s'envola et il se mit immédiatement à hurler une multitude de sorts. Dans un ricanement, Voldemort les dévia tous, regardant sans pitié ce jeune homme si lamentable. Il resta un petit moment immobile, ses yeux considérant le visage si déterminé de ce jeune sorcier, avant de brandir sa baguette dans sa direction. Les yeux de James s'écarquillèrent tandis qu'il essayait d'éviter le retour de ses attaques. Un sort le frôla, puis un autre. Le troisième le toucha. Il sentit ses pieds quitter le sol, tandis que la rue se mit soudainement à défiler sous ses yeux dans une vitesse incroyable. Puis un impact. Sa course stoppa net. Son dos se brisa dans un horrible craquement. Il hurla toute sa douleur, son cri se mêlant au ricanement glacial de cet être si noir, avant de rejoindre le sol, dans un nouveau gémissement. Toutes les douleurs qu'il avait jusque là oubliées vinrent s'unir à cette nouvelle souffrance. Son genou lui faisait atrocement mal, et il avait l'impression que sa colonne vertébrale s'était brisée en deux. Des larmes coulèrent le long de ses joues tandis qu'il poussait encore quelques cris. Il aurait voulu s'endormir pour ne plus sentir cette douleur. Il voulut se redresser - rester là relevait du pur suicide - mais rien qu'à lever la tête, il poussa un nouveau hurlement à en déchirer les tympans des gens se trouvant dans un rayon de vingt mètres. Que quelqu'un vienne l'achever, qu'il ne ressente plus cette affreuse douleur qui lancinait tout son corps! Il le sentait approcher. Lui ne pouvait plus rien faire pour le repousser. Il ne put que rester immobile, attendant sa dernière heure, sa douleur et ses larmes coulant à flot sur ses joues pour seules compagnes. Il ferma les yeux. Il voulait voir le visage de Lily une dernière fois. La douleur lui donnait envie de vomir. Il se sentait si mal. Doucement, ses sens commencèrent à s'atténuer. La douleur se fit moins grande, sa conscience moins présente. Les yeux toujours fermés, les larmes coulant toujours, il ne fit que peu attention aux nouveaux claquements qui retentirent dans la rue. Il se laissait aller. Il ne souffrait plus.
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Des murmures de voix connues... Un silence étrangement profond... Une odeur curieuse, qu'il connaissait pourtant parfaitement bien... Un air aseptisé... Il respira à pleins poumons. Sa gorge s'irrita. Il toussa. Les voix se turent. Il se sentait fourbu. Lentement, il ouvrit les yeux. Du blanc. Que du blanc. Était-il mort? Il ferma à nouveau les yeux, les plissa et les ouvrit à nouveau. Un visage était penché vers lui. Dans un haussement de sourcils, il reconnut un visage plutôt rondelet, qui le regardait d'un air hébété. Il ferma les yeux dans un grognement. Sa voix, murmurante, s'éleva.
- Et dire qu'après tout ce que j'ai fait, on m'envoie en enfer...
- Comment te sens-tu? demanda Peter de sa petite voix couinante.
- Comme si on s'était amusé à passer mon corps sous un rouleau compresseur. En clair, je suis au top de ma forme, désolé de ne pas le montrer…
Il grogna, fermant à nouveau les yeux tandis qu'il relevait doucement un bras et apposa sa main sur son visage. Il était si las. Pourquoi y avait-il fallu qu'il se réveillât aux côtés de Peter? Il grogna à nouveau. D'ailleurs, où était-il? Comment y était-il arrivé? Un bandage lui barrait le front. Il rouvrit les yeux, surpris. La curiosité prenant le pas sur la surprise, il fronça les sourcils tandis qu'il le parcourait du bout des doigts.
- Où je suis…?
- A Ste Mangouste, répondit presque immédiatement Peter.
Nouveau grognement: ce qu'il pouvait l'agacer lorsqu'il faisait cela…
- Content de te voir en si grande forme, rajouta une voix.
Remus apparut dans son champ de vision. Un pâle sourire était dessiné sur ses lèvres, mais ses yeux inquiets ne mentaient pas tandis qu'il scrutait son visage. A nouveau, le Maraudeur fronça les sourcils.
-Qu'est-ce que… Où est James? demanda-t-il, brusquement, essayant de se redresser.
Peter poussa un couinement apeuré tandis que Remus repoussait d'une poigne forte son ami.
- Calme-toi. Il va… bien. Il est encore au bloc opératoire… Mais! Il va bien, rajouta-t-il, voyant que son ami essayait à nouveau de se relever. Lily vient de nous donner de ses nouvelles: il va s'en tirer.
Sirius se laissa retomber sur son oreiller. Il n'aurait pas dû se brusquer ainsi: il se sentait mal. Mais James était hors de danger. Tous ses amis étaient hors de danger. Ils avaient quitté cet enfer. C'était tout ce qui comptait à ses yeux. Il tourna vers Remus un regard embué, orné d'un faible sourire rassuré.
- Content de vous voir indemnes…
Sur ces mots, la fatigue reprit le dessus et le jeune homme se laissait bercer par les bras de Morphée... Lorsqu'il ouvrit à nouveau les yeux, la nuit était déjà tombée, recouvrant de son voile noir la pièce dans laquelle il se reposait. Quelque chose respirait sur sa droite. Lentement, il regarda autour de lui, plissant légèrement les yeux: il ne différenciait que peu les formes qui l'entouraient. Quelqu'un était allongé sur le lit voisin. Il pouvait apercevoir distinctement un visage. Ce visage qu'il reconnaissait si naturellement, même lorsqu'il était dénudé de ses lunettes. James. Un léger sourire vint se dessiner sur ses lèvres…
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- Les médicomages m'ont certifié que sa motricité n'était plus menacée. Il a encore une petite mine, mais dans quelques semaines, il pourra sortir en pleine forme.
- Et Sirius?
Lily s'accorda un petit sourire en coin.
- Oh, Sirius, il a l'air d'aller un peu mieux: il commence déjà à maugréer au sujet de son bandage qui l'empêche de se coiffer "correctement".
Une voix rauque faussement courroucée s'éleva soudainement derrière la porte de la chambre où se tenaient Remus, Lily ainsi que Peter.
- Et d'ailleurs, j'attends toujours qu'on daigne m'amener un peigne! Le service est lamentable dans cet hôpital!
Ses fines lèvres roses esquissant un sourire amusé, la jeune rouquine leva ses prunelles émeraudes au ciel tout en poussant un petit soupir, avant de les poser sur un Remus égayé d'un air qui semblait lui dire "Tu vois ce que je te disais?". Cela faisait maintenant quelques jours que les deux Maraudeurs avaient été admis à Ste Mangouste suite à cette effroyable journée sur le Chemin de Traverse. Repos total promulgué, les deux jeunes gens avaient été exclus de visites qui pourraient perturber leur prescription, les médicomages qui s'occupaient d'eux ayant été prévenus, par une mystérieuse personne, de leurs personnalités quelque peu extraverties. Mais cela avait été de courte durée puisque, après maintes protestations, Sirius avait menacé de sauter par la fenêtre et de s'aplatir en plein milieu de la rue moldue. Il devait avoir l'air très sérieux lorsqu'il avait enjambé le rebord de ladite fenêtre, muni de son appareil de perfusion, pour que les infirmières qui restaient à son chevet se mettent à plusieurs pour lui faire regagner son lit dans un torrent de cris apeurés. Quelques temps après, étrangement, ils avaient reçu l'autorisation demandée…
Le sourire aux lèvres, Lily accorda un dernier regard amusé à Remus avant de franchir la porte de la chambre des deux convalescents et de sourire tendrement à son Jimmy. Ils semblaient tous deux se remettre peu à peu de leurs blessures: relevé grâce à un petit coussin placé par une infirmière plus que prévenante, James souriait tendrement à sa bien-aimée, les yeux pétillants de joie, mais le teint encore un peu blafard, tandis que Sirius, légèrement plus bougon de devoir continuer indéfiniment à garder le lit, portait encore, à son grand dam, le bandage qui lui enveloppait le front et l'empêchait toujours de faire retomber ses précieuses mèches sur ses yeux par conséquent découverts. Toutefois, la vue de Lily semblait soudainement dissiper toute trace de bouderie sur son visage, un sourire ornant déjà ce dernier alors que le jeune homme se redressait sur sa literie.
- Lily-jolie! Quelle surprise de te voir!
- Comme si je n'étais pas au courant du chahut que tu as fait ce matin pour obtenir notre visite…
- Oui, enfin bon… Tu m'as ramené mon peigne, hein? poursuivit-il d'un ton empreint à la fois de sérieux et d'espoir.
- Bonjour mon chéri.
Ne prêtant pas plus d'attention au Maraudeur, Lily se pencha tendrement vers James et l'embrassa dans un petit sourire, avant de s'asseoir doucement sur le lit du jeune homme.
- Quelle injustice… reprit Sirius.
Retombant sur son oreiller dans un nouveau grognement, il regarda néanmoins dans un sourire joyeux ses deux amis s'approcher de leur lit. Remus lui souriait en retour: Sirius avait toujours été ainsi, débordant d'énergie et à en faire toujours trop pour rassurer ses amis.
- Alors, il paraît que tu veux t'évader? Tu en as déjà marre de tes ravissantes infirmières?
- Oh ça, non!
Un large sourire vainqueur trônait les lèvres de l'ancien Gryffondor, alors qu'il se passait doucement un bras derrière la nuque.
- Tu parles! Il a déjà obtenu les coordonnées de toutes les infirmières de cet étage! se moquait James, caressant du bout de ses doigts le dos de Lily. Il est pire que Lockart lorsqu'il était à Poudlard! Heureusement qu'il n'y a pas de miroir dans cette pièce, il ne s'en séparerait plus!
- Hey oh! Tu peux parler, grand-père! Avec toutes ces filles qui bourdonnent autour de toi, tu peux te refaire dans l'apiculture!
- Ne l'écoute pas, mon amour, souriait innocemment James, regardant la jeune rousse. Il est jaloux. Tu sais très bien que je n'ai d'yeux que pour toi…
- Et pour la petite Katie aussi, marmonnait Sirius.
Un grand sourire aux lèvres, il fixait Remus d'un air complice, celui-ci riant silencieusement des pitreries de ses deux amis. Le regard suspicieux de Lily posé sur lui, James cala correctement sa nuque sur son oreiller, un large sourire aux lèvres.
- Ne me confonds pas avec toi, Patmol! Je sais me "restreindre" à une seule…
S'interrompant dans sa réplique, le sourire fatigué qui ornait jusque là ses lèvres se mua alors en un sourire beaucoup plus large, emprunt d'une certaine moquerie, alors que ses yeux se posait sur la porte qui venait à l'instant de s'ouvrir.
- Meredith!
Une jolie blonde se tenait dans l'encadrement de la porte, un plateau de médicaments dans les mains, le visage courroucé, tandis que le regard des visiteurs se posait sur elle. D'après James, après avoir enfin quitté Poudlard et, par conséquent, ses nombreuses disputes avec les deux Maraudeurs, la jeune Meredith Sedorna s'était dirigée vers la médicomagie, au vu des excellentes notes qu'elle avait obtenues dans les matières concernées. Cependant, pour pouvoir payer ses études et apprendre plus rapidement, la jolie blonde avait dû accepter un poste de stagiaire à Ste Mangouste. Quelle ne fut pas sa surprise –mêlée à un grand agacement- de revoir les deux Maraudeurs dans son service! Et ceux-ci ne se gênaient pas pour exhiber leur immense joie de revoir leur ancienne camarade, cible préférée de leurs moqueries pour son caractère de feu. Selon eux, le patient étant le roi, la jeune fille ne pouvait contredire le moindre de leurs désirs, ce qui devint rapidement le nouveau terrain de jeu des deux sorciers.
Au prénom de la jeune fille, Sirius se redressa d'une traite comme si le bras sur lequel sa tête se reposait était soudain devenu très brûlant.
- Meredith-chérie!
- Allonge-toi! aboya la jeune infirmière stagiaire.
- Quel ton si dur! Tu es si froide avec moi, répondit Sirius tout en se recouchant. Je ne demande qu'un peu de ton amour…
- Tu n'es pas là pour ça! claqua la voix de la jeune fille.
- Excuse-moi, répliqua James de sa voix doucereuse, un sourire aux lèvres, mais d'après la définition d'une infirmière, tu te dois de te montrer polie et chaleureuse avec deux pauvres malades comme nous.
Un simple grognement lui répondit, tandis que la jeune stagiaire se dirigeait vers la petite table qui séparait les deux lits et y déposait son plateau un peu plus violemment qu'elle ne l'aurait dû. Attrapant un sirop, elle le versa dans un petit gobelet qu'elle tendit à Sirius d'un air impérieux devant un Remus observant le spectacle avec délectation.
- Bois!
- S'il-te-plait, répondit Sirius en penchant la tête sur le côté, le sourire mielleux.
- BOIS!
Il soupira puis jeta un vague coup d'œil au verre qu'elle lui tendait, son sourire se transformant en une grimace.
- Euh… hésita-t-il, le regard plongé sur le liquide d'aspect visqueux. Je suis obligé ?
La jolie blonde démarra au quart de tour :
- Nan mais tu crois quand même pas que je suis là pour t'amener un café, des petits gâteaux…
- Sans crème pour moi, ça me donne des gaz! la coupa James, un large sourire aux lèvres.
Sirius éclata littéralement de rire, penchant légèrement sur le côté de son lit sous les secousses de son hilarité. Meredith se retourna lentement, très lentement vers son ami, un regard étrange, indescriptible, la paupière tiltant d'un air quelque peu assassin. Avalant difficilement sa salive, le jeune Maraudeur s'attendait au pire, mais l'infirmière stagiaire revint à Sirius sans mot dire et lui tendit à nouveau le verre.
- Avale-moi ça, STP.
- Bon, bon, d'accord… répondit-il en essuyant ses larmes de rire. Qu'est-ce qu'il ne faut pas faire pour obtenir une once de politesse chez toi!
Attrapant le petit gobelet que la jeune fille lui tendait toujours, le jeune Maraudeur avala son contenu d'un trait, son sourire toujours aux lèvres… qui disparut immédiatement. Il frémit de dégoût alors qu'il lui rendait le verre de plastique et grimaça de manière horrible, provoquant des éclats de rire autour de lui ainsi qu'un nouveau soupir agacé de l'infirmière.
- POUAH! Tu veux me tuer avec ces trucs!
- Si seulement, cingla-t-elle.
- C'est méchant, ça, gémit-il.
Versant une dose plus importante dans un nouveau gobelet, Meredith se tourna vers James, qui regarda avec un certain effarement le verre qu'elle lui tendait.
- Avale-moi ça et tais-toi! tonna-t-elle avant qu'il ne dise quoi que ce soit.
De nature très curieuse, Peter s'approcha un peu plus de Sirius, première victime de cette étrange mixture, et se pencha sur son lit, jetant un coup d'œil à Meredith, craignant son courroux si elle l'entendait.
- C'est si affreux que ça? demanda-t-il dans un murmure.
- Ca dégraferait le chignon de la vieille McGo, répondit Sirius dans une affreuse grimace, tout en se frottant énergiquement la langue comme pour en faire partir le goût, avant de se tourner vers son meilleur ami, un sourire carnassier aux lèvres: Allez, James! Tu n'oserais pas te dégonfler devant Lily-jolie!
Maudissant intérieurement Sirius et sa langue bien pendue, le Maraudeur lui décocha un regard des plus noirs avant d'adresser un léger coup d'œil à la jolie rousse qui riait à nouveau des grimaces de son meilleur ami. 'Quand faut y aller, faut y aller!' comme le répétait très souvent son père. Prenant avec une certaine appréhension le verre que Meredith semblait prête à lui faire avaler en entier, plastique y compris, James le porta à ses lèvres en s'imaginant du mieux qu'il le pouvait qu'il s'agissait là d'un jus de citrouille. Le liquide qu'il but lui donna l'impression d'avoir avalé du suc de Mimbulus Mimbletonia: collant étrangement à son palais, il s'insinuait lentement dans sa gorge de façon très gluante. Eclatant le verre dans sa main tout en réprimant un frisson, James ne put que fermer les yeux et grimacer. Dans un sourire cruel, Meredith reprit son plateau et jeta un œil aux deux Maraudeurs avant de saluer leurs visiteurs.
- Je repasserai ce soir.
Sur ce, silencieuse, elle sortit de la pièce sans demander son reste. Sirius regarda alors les autres, chacun à leur tour, avec effarement.
- Il faut que je me barre d'ici avant ce soir!
- Je comprends maintenant pourquoi tu avais voulu sauter par la fenêtre, éclata de rire le lycanthrope.
- Ca va mon chéri? demanda Lily d'une voix douce, s'inquiétant du silence du jeune sorcier.
- Redemande-moi ça dans une heure, grimaça James, la mine défaite.
Un sourire s'étala le long des fines lèvres de la jolie rousse. Se penchant doucement sur celles du jeune homme, elle l'embrassa tendrement.
- Ah, ça va déjà un peu mieux! sourit ce dernier.
Plein d'espoir, Sirius se tourna vers elle, souriant de manière geignarde.
- Moi, ça ne va toujours pas, gémit-il en tendant étrangement les lèvres.
- Sirius, grogna James d'un air menaçant, jetant un regard féroce à son ami.
- C'est ce que je disais: quelle injustice!
Prenant son air bougon, le Maraudeur se renfrogna tout en glissant sous ses couvertures, les bras croisés sur sa poitrine, tandis que ses amis le regardaient soit en ricanant, soit en levant les yeux au ciel. Imperturbable jusqu'au bout, Sirius resta une petite demi-heure ainsi, écoutant d'une oreille distraite les plaisanteries de ses amis, espérant peut-être toujours un geste de la jeune fille. Mais bien vite, il se dérida à la suite de quelques anecdotes qui selon lui étaient érodées, et auxquelles il apporta bien vite quelques variations, embellissant bien évidemment les passages qui lui faisaient référence. Il n'eut cependant pas le temps d'en faire davantage, puisqu'au bout d'un trop court instant et à son grand dam, Meredith entra à nouveau dans la chambre, jetant un œil sur les hôtes.
- La visite est terminée.
- Oh non, gémit-il.
oOo
°O°
Le soleil commençait déjà à rougir lorsqu'il se réveilla, recouvrant chaque parcelle de la chambre d'ombres écarlates. Fronçant les sourcils en se demandant ce qui pouvait l'avoir réveillé, un nouveau sifflement retentit à ses oreilles. Il tourna alors la tête pour apercevoir un James au sourire amusé.
- Flemmard, tu t'es endormi! ricanait-il.
- Oh, c'est bon, grogna Sirius.
Il jeta un œil à l'extérieur alors qu'il s'étirait. Le soleil ne s'était déplacé que de quelques centimètres où il l'avait aperçu pour la dernière fois: il n'avait dû s'assoupir seulement quelques minutes.
- Tu penses à ce que je pense? reprit James, son sourire toujours accroché au coin des lèvres.
- Si tu penses aux beaux yeux de Katie, je pense que oui, ricana Sirius.
- Idiot! soupira James.
- Alors, on y va?
- Je te suis!
Jetant un œil à la porte en redoutant sûrement une entrée violente de la jeune infirmière stagiaire, Sirius souleva ses couvertures et mit pieds à terre, non sans manquer de perdre l'équilibre lorsqu'il s'appuya sur sa jambe malade. James fit de même, se courbant légèrement en avant: son dos le faisait encore légèrement souffrir. Chacun enfila alors une robe de chambre, et s'empara de sa baguette avant de rejoindre l'autre au centre de la pièce. Blêmes comme ils étaient, les deux Maraudeurs se sourirent et Sirius s'avança doucement vers la porte.
- Tu te rappelles où c'est, au moins? demanda James, regardant son ami entrouvrir la porte.
- Fais-moi confiance pour ça! sourit Sirius. La voie est libre, c'est parti!
Avançant à pas de loup, le Maraudeur pénétra alors dans un couloir désert de tous infirmiers ou infirmières, comme ils l'avaient prévu: l'heure du dîner… Un large sourire aux lèvres, Sirius jeta un œil par-dessus son épaule, vérifiant que James le suivait bien, avant de reprendre sa route d'un pas discontinu. Ils marchèrent ainsi quelques minutes, Sirius boitillant, James se courbant, lorsqu'ils atteignirent enfin la salle qu'ils cherchaient. Prenant garde à ce que personne ne les aperçoive, Sirius força la porte d'un petit sort informulé et laissa entrer son ami, leurs sourires ne quittant à présent plus leurs lèvres, avant de doucement verrouiller derrière eux. La porte refermée, plusieurs minutes s'écoulèrent à l'intérieur de ce petit couloir à l'odeur aseptisée sur lequel le soleil s'amusait à étendre des ombres rougeâtres, vide de patients ou d'infirmiers qui ne se souciaient pas encore de ce que ces deux Maraudeurs leur préparaient. Lorsqu'elle s'ouvrit à nouveau, ce fut deux énergumènes en fauteuil roulant qui en ressortirent, de larges sourires trônant leur visage.
- Prêt à perdre, mon vieux? ricanait James, se calant à côté de son ami.
- Prépare ton mouchoir, répondit l'autre en se penchant sur les roues de son engin.
Le silence qui régnait alors en maître, jusqu'à cet instant, sur le quatrième étage, ne mit pas bien longtemps à être obscurci par des hurlements apeurés, mêlés étrangement à deux cris de joie. Sans attendre de signal de départ, les deux amis étaient partis dans une course folle, traversant dans une vitesse hallucinante maints et maints couloirs, descendant comme montant les divers escaliers, poursuivis à travers tout l'hôpital par des infirmières en furie qui leur hurlaient de retourner dans leur chambre. Mais tous ces cris furent soudainement insignifiants face à une seule vocifération qui perça le vacarme:
- JE VAIS LES TUER!!!!!!!!!!!!
- INFIRMIERE SEDORNA! Nous sommes ici pour sauver les patients, pas pour les assassiner!
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Chapitre rédigé par Mélanie
