°O¤ FIDELITAS ¤O°
Spoilers: De nombreuses informations sont récoltées dans les 7 tomes. Cependant, se doutant bien que tout le monde n'ait lu le septième, si le chapitre comporte un SPOILER, vous en serez immédiatement prévenus ;)
Disclaimer: Pratiquement tous les personnages et lieux appartiennent à JKR. Toutefois, l'histoire et toute autre folie nous appartiennent pleinement –malheureusement :p
Personnages centraux: Les Maraudeurs, et plus précisément James pour ce chapitre
Avertissement: Au vu de son thème, la fanfiction pourrait comporter une bonne soixantaine de chapitres, voire plus… Avis aux lecteurs impatients qui devront prendre leur mal en patience
Résumé général: Les Maraudeurs ont quitté Poudlard... Mais après, que s'est il passé? Que leur est il vraiment arrivé? De leurs premiers pas chez les Aurors jusqu'au tricentenaire du mariage des Potter, nous allons vous raconter la vraie histoire cachée par JK! Chers amis, laissez-nous vous conter la véritable histoire des Maraudeurs…
Dédié à: Lia Sail, Miss-Sunny, ademnoide, Sevy, Loulou2a, Alyson Devlin et love-lily-jolie, nos premiers reviewers que l'on remercie du fond du cœur!
Résumé du chapitre précédent: Les Maraudeurs ont fait leur entrée dans le monde sorcier, mais pas vraiment celle qu'ils souhaitaient…
°¤°¤°¤°¤°¤°¤°¤°¤°¤°¤°¤°¤°
Chapitre 3: Ca déménage!
Lily avait tenu à tout faire «à la moldue». Pourquoi James avait-il accepté…? Avait-il seulement entendu ce qu'elle lui avait dit? Lily avait le don de lui faire accepter tout ce qu'elle voulait… Un sourire de ses lèvres roses et il se serait coupé en quatre pour exaucer le moindre de ses désirs.
Mais là… là c'était trop. Ayant insisté auprès des déménageurs pour qu'ils ne montent rien, de peur qu'ils ne découvrent quoi que ce soit de magique, James se retrouvait seul sur le trottoir d'une petite rue de Londres, au milieu d'une trentaine de cartons et de meubles très hétéroclites. Il n'y avait pas beaucoup de passage à Robin Lane, et c'était heureux, car tout l'intérieur du couple s'étalait au grand jour.
James sentit un regard glacial posé sur sa nuque. Il se tourna vers la fenêtre du rez-de-chaussée de l'immeuble, derrière lui, et adressa un grand sourire presque insolent à Mrs Square, la concierge avec qui il allait devoir cohabiter pour une période indéterminée. Mrs Square leva son nez d'un air hautain et disparut derrière ses petits rideaux en crochet, mais James savait pertinemment qu'elle l'épierait de nouveau dans les cinq minutes à venir.
Dès leur première visite de l'appartement, Mrs Square avait décrété que James était quelqu'un de louche. Et avec une certaine appréhension, James s'était dit que l'arrivée de Sirius n'allait faire que la conforter dans cette idée…
Un énorme bruit de pétarade le coupa dans ses réflexions tandis qu'il levait deux yeux horrifiés vers le ciel azur de ce début d'août.
Une moto.
Dans le ciel.
Une rue pleine de Moldus.
Par réflexe James se tourna vers l'immeuble en priant pour que Mrs Square ne soit pas à sa fenêtre et c'est soulagé qu'il vit Sirius atterrir sur le macadam sans que personne ne l'aie vu. Se demandant où diable Sirius avait pu se procurer un engin pareil, il dût attendre que son ami coupe le moteur pour pouvoir lui parler.
- Sirius! Tu es dans une rue habitée par des Moldus!
Un blouson de cuir sur le dos, des lunettes de soleil sur le nez, Sirius était tout sourire sur son énorme moto.
- Ravi de te revoir aussi, Cornedrue.
- Mais où as-tu trouvé ça?
- Ça, mon cher, est en provenance directe de la collection d'un fanatique d'objets moldus… Quelques coups de baguette et me voilà parcourant les airs.
- On n'a pas le droit d'ensorceler des objets moldus pour les faire voler…
- On n'a pas le droit non plus d'être des Animagi non-déclarés.
James ne put que s'incliner devant le sourire vainqueur de Sirius et il leva les yeux au ciel, une fossette se creusant sur sa joue.
Il ne s'était écoulé que deux petites semaines depuis que James avait eu le droit de quitter Ste-Mangouste. On lui avait expliqué qu'il devait la vie à la seconde vague d'Aurors qui avaient transplané sur le Chemin de Traverse au moment même où il avait perdu connaissance. Dans la Gazette du Sorcier, on ne parlait que de ça ; le nombre de victimes avaient été le plus élevé depuis l'attaque du stade Bowman Right, en 1973, lors de la finale de la Ligue de Quidditch. Les dégâts matériels et financiers étaient incommensurables, et il faudrait plusieurs mois pour redonner au Chemin de Traverse son éclat d'antan. Quelques boutiques avaient été réouvertes, mais plus personne n'osait s'aventurer sur les lieux de la catastrophe. Et pour couronner le tout, on n'avait réussi à trouver qu'un seul Mangemort… Qui était déjà mort. Les sorciers préféraient désormais aller se procurer leurs objets magiques dans des boutiques moins connues et plus reculées, qui avaient soudainement vu leurs chiffres d'affaires multipliés par dix.
Comme quoi le malheur des uns faisait bien le bonheur des autres.
James tira un peu sur son épaule avec sa main droite ; quelques douleurs le reprenaient de temps en temps dans le dos. Meredith lui avait refourgué quelques fioles de sa potion infecte, mais le jeune homme avait remarqué que ce petit geste atténuaient la douleur quelques temps. Son dos allait souffrir, aujourd'hui…
- Ta baguette ne sera d'aucune utilité , Sirius. On va monter tout ça avec la force de nos muscles.
Sirius ôta ses lunettes et son visage prit une expression de quasi-horreur quand son regard se posa sur le fatras d'objets et de cartons à monter… à la sueur de son front.
- Et bien c'est parti, ne chômons pas!
Sirius eut soudain un regain de zèle et il se précipita presque sur les affaires du jeune couple. James connaissait Sirius mieux encore que lui-même, et il savait que s'il ne s'y prenait pas très vite, son cher Patmol allait vite réduire en pièce la moitié du mobilier. Mais étonnamment, Sirius abandonna bien vite et d'une voix suppliante, demanda :
- Tu es sûr qu'on ne peut pas faire un tout petit peu de Mag…?
- Chut! le coupa James en souriant. On pourrait t'entendre… et non. Ça éveillerait les soupçons…
Mrs Square refit son apparition derrière son rideau, un sandwich à la main. Ils avaient déjà éveillé des soupçons, apparemment, au vu du regard indigné qu'elle lança sur l'immense bécane de Sirius.
- Franchement, t'aurais pas pu trouver plus gros, comme engin?
James et Sirius s'affairèrent à réunir tous les petits cartons qu'il pourraient monter plus tard le long du mur de l'immeuble.
- Nan, toutes les autres étaient déjà parties…
Et le premier convoi de cartons partit en direction du troisième étage. L'escalier était étroit, les enfants du premier jouaient sur le palier, le second venait d'être ciré… Leur ascension ne fut pas des plus faciles mais ils pénétrèrent enfin dans le futur nid des deux tourtereaux. Après une toute petite entrée servant de couloir, James conduisit son ami dans la plus grande pièce de l'appartement, le salon.
- Pas mal… Ta mère a eu le chic pour vous dénicher le coin parfait. Vous êtes à… quoi? Cinq minutes du Ministère, ici?
- Deux. Le loyer est un peu élevé – enfin c'est ce que me dit Lily, je n'y connais rien en argent moldu – mais mes parents vont nous aider un peu…
- Où est-elle, d'ailleurs, ta tigresse?
- Chez elle, sa mère l'aide à remplir toute la paperasse… Bon, je te fais visiter!
Le salon donnait sur une petite cuisine aménagée – les deux amis s'arrêtèrent d'ailleurs un long moment devant une grosse armoire blanche qui fabriquait du froid. Deux pièces s'alignaient dans le couloir, respectivement la salle de bains et une pièce de taille moyenne que James avait pour idée de faire leur bureau… c'est à dire l'endroit où l'on range tout ce qu'on ne sait pas où ranger, où l'on fait semblant de travailler et où ils allaient cacher tous leurs objets magiques. Il y avait d'ailleurs une cheminée, communiquant avec celle du salon, et James expliqua à Sirius la difficulté de relier une cheminée moldue au réseau de Cheminette. Et enfin, au bout du couloir, la chambre. Spacieuse, baignée de lumière par une large porte-fenêtre, elle donnait sur un balcon depuis lequel on pouvait jeter un œil sur le petit jardin commun de l'immeuble. Au loin, Big Ben étincelait sous le soleil.
Lily et lui… Chez eux. Combien de temps avait-il rêvé d'un endroit pareil? Oh certes, ce n'était pas un palace, mais c'était suffisant pour qu'ils puissent construire leur vie… ensemble. Les yeux rêveurs, James alla ouvrir la grande fenêtre et contempla d'un air absent la chambre.
- Cornedrue, ton visage te trahit…
- …Hein?
- Tu baves… Tu penseras aux bras de ta rouquine plus tard.
James éclata de rire, un rire heureux, épanoui et insouciant.
- Met-toi un peu à ma place, aussi…
Mais il regretta aussitôt ses paroles. Une lueur quasi-perverse s'alluma dans les yeux de Sirius.
- NON! Non, ne t'imagines surtout pas à ma place!
Virant presque au cramoisi, il observa avec horreur Sirius se passer la langue sur les lèvres.
- Trop tard…
- Je te préviens, Sirius, si tu n'ôtes pas ces images de ton esprit MAINTENANT, tu ne vas plus pouvoir t'asseoir sur ta grosse mobylette avant au moins…
- James?
C'était la voix de Lily. La porte d'entrée grinça, et le bruit suivant fut une voix masculine :
- Voyons un peu les goûts de Sirius et James en matière de décoration…
Sirius et James s'immobilisèrent un bref instant avant de rejoindre les nouveaux venus dans le vestibule, qui soudain apparut encore plus petit. Ils serrèrent énergiquement la main de Remus. Le pauvre avait dû passer une Pleine Lune seul… Peter était parti avec ses parents en voyage, leur avait-il annoncé. Mais il semblait en pleine forme –enfin, autant qu'un loup-garou peut l'être – et ravi de voir que ses deux amis allaient bien eux aussi.
- Qu'est-ce que tu fais déjà là, Lily? demanda Sirius.
Lily lui sourit tout en se rapprochant imperceptiblement de James.
- Maman m'a proposé de finir de remplir les papiers seule, pour que je puisse participer un peu… Et je vois que vous n'avez pas fait grand chose depuis tout à l'heure! ajouta-t-elle en fronçant un peu les sourcils, ses yeux se tournant sur James. Ça ne te fait rien que tout notre mobilier traîne sur le trottoir en libre-service?
- C'est ta faute! s'indigna Sirius. Mumus, tu te rends compte? Elle refuse que nous utilisions nos baguettes! C'est de la torture! Je vais m'abîmer les mains!
- Et bien tu verras ce que c'est que de travailler, répliqua Remus, un sourire espiègle aux lèvres. La rue est pleine de Moldus, on n'est jamais trop prudent…
- Et toc, termina Lily. Allez les hommes, au travail! Je m'occupe de la… de la supervision des événements!
Elle avait dit cela avec un tel ton pompeux que les trois garçons ne purent contester et, tout sourire, ils redescendirent.
Remus et Sirius semblèrent se mettre d'accord pour éviter à James la peine de porter les objets et les cartons les plus lourds. A trois, et avec leur bonne humeur, tous les cartons se retrouvèrent vite au troisième, montés au son des éclats de rire, des jurons fleuris et des anecdotes croustillantes. Puis vint le tour des meubles et là, la partie fut plus difficile : les jeunes gens durent user de toute leur logique pour pouvoir faire passer l'immense buffet donné par les Potter dans l'étroite cage d'escalier.
- Une égratignure sur mes papiers peints et je vous le fais payer! avait crié Mrs Square en sortant en trombe de son appartement.
- Une rayure sur le buffet et ma mère m'a juré qu'elle me tuerait! s'exclamait James à chaque tournant.
- Faudra bien que ce soit l'un ou l'autre, et dans les deux cas, t'es condamné, Cornedrue! rétorqua Remus, en sueur.
Finalement, le buffet sacré arriva sans encombres dans l'appartement de James et Lily, mais James soupçonna vite Sirius d'avoir effacé d'un léger coup de baguette toutes les griffures qu'ils avaient faites sur les papiers peints.
L'après-midi passa plus vite que prévu. Lily aménageait déjà l'appartement, réfléchissant aux différentes teintes dont ils pourraient colorer les murs, tandis que les trois garçons montaient et descendaient dans la bonne humeur et les éclats de rire. N'importe quel sorcier passant par là aurait tout de suite oublié les horreurs du Chemin de Traverse.
James s'apprêtait à redescendre, après avoir monté leur table basse, quand il entendit de grands éclats de rire retentir dans l'escalier. Sirius et Remus étaient hilares.
- Attends, attends, Lunard! Je ne peux plus respirer!
James les entendit poser quelque chose sur le palier et reprendre leur souffle, tant ils riaient.
- Faut le prendre en photo, ce truc, c'est pas possible… Regarde-moi ça! Tu crois que James est au courant?!
- Cornedrue! appela Sirius.
James alla donc sur le palier et découvrit avec horreur que Lily n'avait pas tout à fait ses goûts en matière de décoration. Il dût faire une tête vraiment ridicule car Remus et Sirius éclatèrent de nouveau de rire. Sirius était plié en deux, en se tenant les côtes, quant à Remus il tentait d'empêcher des larmes de couler de ses yeux clairs. Entre eux trônait un horrible fauteuil. Est-il possible de le décrire dans toute sa laideur? A moitié mité, une armature en bois très foncé, il était recouvert d'un tissu vert kaki orné d'un millier de petites fleurs rose pâle. Quelques franges jaune délavé sur les accoudoirs et sous le coussin et il était parfait pour correspondre avec l'intérieur de la concierge.
- Vraiment, magnifique, James… C'est pour les après-midi thé avec tes voisines?
- Ma grand-mère avait le même, renchérit Remus entre deux éclats de rire.
- Même un elfe de Maison n'oserait pas s'installer dans un truc pareil…
- Je ne savais pas que Lily avait un tel sens de l'humour!
James restait muet d'horreur.
- Roh, arrêtez! Merlin… Mais qu'est-ce que… Je ne…? LILY!
Sirius et Remus n'en pouvaient plus. Sirius tomba à genoux sur le parquet et son aboiement retentit dans toute la cage d'escalier. Lily passa sa tête sur le palier et son visage s'assombrit aussitôt.
- Qu'est-ce qui vous fait rire?
Sirius avait sans doute quelque chose de très drôle à répondre, mais il n'arrivait plus à prononcer le moindre mot. Pointant le fauteuil du pouce, il laissa Remus répondre à sa place.
- On se disait que ça irait parfaitement dans la tour de Divination…
Lily, piquée au vif, s'approcha du fauteuil et entreprit de le pousser dans l'appartement, mais James se mit au travers de sa route. Comment lui dire avec calme, diplomatie et douceur que son fauteuil était affreux?
- Ma chérie… On est… euh… obligés? Je veux dire… On a déjà un canapé et…
- C'était le fauteuil préféré de mon père! coupa Lily d'un ton tranchant. Il le tenait de sa grand-mère et avait l'impression de se retrouver chez elle chaque fois qu'il s'installait dedans… Il l'aimait beaucoup et je t'INTERDIS d'y toucher!
James eut l'envie irrépressible de lui rétorquer que son père avait des goûts de chiottes, mais il ne tenait pas à dormir sur le palier dès le premier soir. C'est donc avec des yeux horrifiés qu'il vit le fauteuil de Mr Evans prendre place à côté de leur beau canapé rouge. Se demandant s'il arriverait à la convaincre d'au moins changer la couleur du tissu, il se tourna vers ses deux amis, qui avaient cessé de s'esclaffer mais dont les grands sourires trahissaient toujours leur amusement.
- On dirait que ce n'est pas toi le chef dans l'histoire…
Piqué au vif, James se tourna vers Sirius et haussa la menton.
- C'est moi, le chef! C'est juste elle qui prend les décisions…
Ils redescendirent, James le menton haut, Sirius moqueur et Remus attendri.
- Tu comprendras quand tu en trouveras une qui veuille de toi… Si tant est que tu en trouves une un jour, Patmol, claqua James en arrivant sur la trottoir.
- Il y en a déjà eu quelques-unes qui ont réussi! s'indigna Sirius et se saisissant de deux chaises. Yaëlle…
- Erreur de jeunesse, commenta Remus. Pour elle, bien sûr.
- Elena…
- Qui refuse désormais ne serait-ce que d'apercevoir ton ombre…
- Laya…
- Tu as encore des cicatrices, d'ailleurs.
- Bon, Remus, t'as fini?!
Ce fut au tour de James d'éclater de rire.
- Sans compter tes tentatives désespérées avec la pauvre Dragonia.
- Elle est l'exception qui confirme la règle, décréta Sirius en haussant le menton.
- Ah? Et les trois que tu viens de citer, elles ont pu te supporter…? se moqua James en se saisissant de deux autres chaises.
- La preuve, ils ont rompu à chaque fois, répondit Remus à la place de Sirius.
- Je trouve ça plutôt maladroit de la part d'un gars qui n'a jamais oser avouer ses sentiments à sa jolie Serdaigle.
- Je ne vois absolument pas de quoi tu parles, Patmol.
Finalement, Poudlard n'était pas si loin que ça ; les trois garçons se chamaillaient comme de vrais gamins, se renvoyant la balle à chaque réplique. Mais tout cela dans la bonne humeur et très vite, on oublia l'horrible fauteuil. Quand le soleil se mit à décliner dans le ciel, tous les trois s'avachirent enfin dans le canapé du jeune couple.
Le déménagement était terminé.
Le soleil éclairait d'une lueur dorée le salon de l'appartement. Les meubles et les cartons formaient un joli bric-à-brac, mais déjà Lily, après avoir bien vérifié que la porte était verrouillée, se mettait à tout agencer au rythme de ses coups de baguette.
- Ce n'est vraiment, mais alors vraiment pas juste, grogna Sirius en passant une main dans ses cheveux trempés de sueur. On a tout fait à la main et toi tu prends ta baguette…
- Moi je n'ai pas votre force, susurra Lily dans un grand sourire.
Elle fut tout de même assez compatissante pour leur préparer une bonne limonade bien fraîche. Les trois amis se reposèrent un peu. Le chemisier de Remus pendait sur ses épaules, le t-shirt de James était trempé, quant à Sirius, il avait commencé un mouvement pour enlever le sien mais James le lui avait formellement interdit ; après avoir vu le visage de Sirius se transformer en celui d'un satyre à l'évocation de Lily, hors de question de le laisser faire quoi que ce soit d'impudique en sa présence.
- Au fait, Sirius, c'est à toi, la grosse moto garée devant l'immeuble? demanda soudainement Lily.
- Ouais! répondit fièrement le concerné en bombant le torse.
- C'est pour attirer de nouvelles conquêtes? Tu étais obligé d'en prendre une aussi grosse?
- Bah, vous, les filles, vous aimez bien tout ce qui est grand, non…?
- HEM! s'écria James et se redressant d'un bond sur son séant.
Remus, Sirius et Lily éclatèrent de rire, bientôt suivis de James.
-o-
Une fois leurs amis partis, James et Lily avaient prévu d'aller se coucher… mais la hâte de tout installer et d'enfin ranger ces dizaines de cartons qui encombraient chaque recoin de l'appartement fut plus forte que la fatigue. C'est toute la nuit qu'ils bougèrent les meubles de place afin de profiter du maximum d'espace, qu'ils changèrent douze fois les couleurs des murs, et une heure de la nuit fut passée à convaincre Lily de refaire une jeunesse au vieux fauteuil de son père. Elle le couvrit du même velours rouge que celui de leur canapé, et dora l'armature en bois, et tout de suite James se mit à adorer le fauteuil qui s'avérait être plus confortable qu'un lit.
Tout ce qui relevait de la Magie fut confiné dans le bureau et dans la chambre, au cas où il viendrait à l'esprit d'un Moldu de venir leur rendre visite, et Lily s'attela aux branchements de la télévision et du téléphone. Jamais James n'avait imaginé qu'un jour, son appartement serait équipé d'objets aussi étranges, et pourtant dès qu'il vit à l'écran deux femmes dans une voiture, discutant de leurs époux respectifs, il admira l'ingéniosité des Moldus et posa mille questions. Lily, fatiguée, ne lui répondait que par des «Plus tard…» amusés.
Le soleil commençait à se lever sur Londres quand James et Lily, épuisés, s'effondrèrent dans leur canapé. De grands cernes entouraient leurs yeux mais on pouvait y lire un bonheur sans commune mesure.
- Ne manque plus qu'à remplir le frigo, commenta Lily dont les yeux émeraude se posaient sur chaque détail avec un plaisir à peine dissimulé.
- Le quoi…?
- L'armoire à faire du froid.
Elle indiqua vaguement le grand meuble blanc qui étincelait dans la cuisine mais James ne le regarda même pas. Il avait croisé le regard de Lily et à cet instant précis, il savait qu'il était le jeune crétin à tête de porc-épic que Merlin, par le plus grand des hasards, avait désigné comme homme le plus chanceux du monde. L'avenir s'annonçait radieux. Oubliées, les horreurs du Chemin de Traverse, Voldemort et ses sbires… Tant qu'elle serait avec lui, tout serait parfait.
Il lui caressa doucement les cheveux, la sentant s'endormir contre son torse.
- On devrait aller se coucher, dit-elle enfin d'une voix endormie. Tu dois reprendre ton entraînement, demain…
- Et toi tes révisions.
Le concours d'entrée chez les Aurors n'avaient lieu qu'une petite semaine plus tard, et plus la date fatidique approchait, moins James se sentait prêt. Les mots rassurants de Lily ou les encouragements de Sirius n'y faisaient rien ; il avait à chaque fois l'impression qu'il n'avait pas le niveau pour tenter d'entrer chez les chasseurs de Mages Noirs. L'examen de Lily n'aurait lieu qu'un mois plus tard ; mais elle était si savante et révisait avec une telle assiduité que James était persuadé qu'elle deviendrait très vite une grande Médicomage.
- Viens…
James se leva enfin, et la prit doucement dans ses bras. Lily, un grand sourire aux lèvres, se laissa faire en le regardant dans les yeux. Merlin, tout se trouvait dans ses yeux… Absolument tout.
En tout cas, tout ce dont James avait toujours rêvé.
°¤°¤°¤°¤°¤°¤°¤°¤°¤°¤°¤°¤°
Chapitre rédigé par Jeanne
