°O¤ FIDELITAS ¤O°

Spoilers: De nombreuses informations sont récoltées dans les 7 tomes. Cependant, se doutant bien que tout le monde n'ait lu le septième, si le chapitre comporte un SPOILER, vous en serez immédiatement prévenus ;)

Disclaimer: Pratiquement tous les personnages et lieux appartiennent à JKR. Toutefois, l'histoire et toute autre folie nous appartiennent pleinement –malheureusement :p

Personnages centraux: Les Maraudeurs, et plus précisément Sirius pour ce chapitre

Avertissement: Au vu de son thème, la fanfiction pourrait comporter une bonne soixantaine de chapitres, voire plus… Avis aux lecteurs impatients qui devront prendre leur mal en patience

Résumé général: Les Maraudeurs ont quitté Poudlard... Mais après, que s'est il passé? Que leur est il vraiment arrivé? De leurs premiers pas chez les Aurors jusqu'au tricentenaire du mariage des Potter, nous allons vous raconter la vraie histoire cachée par JK! Chers amis, laissez-nous vous conter la véritable histoire des Maraudeurs…

Résumé du chapitre précédent: Après un plongeon bien trop violent dans le monde qui les entoure, les Maraudeurs préparent leur petite vie de sorciers…

Note à l'intention de Diane: si le premier chapitre se nomme épilogue, c'est intentionné: il marque la fin de la scolarité des Maraudeurs ;) Ne t'inquiète pas pour ce genre d'erreurs, Jeanne est en prépa littéraire et surveille ça de près :p

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Chapitre 4: Le Ministère de la Magie

Le mois d'août se termina rapidement, tandis que le monde Magique se remettait peu à peu de ses émotions passées, et laissa place au mois de septembre qui ramenait avec lui de nouvelles angoisses. Debout au milieu de la gare King's Cross, Sirius, habillé de manière moldue, regardait dans un sourire attendri sa petite cousine Nymphadora monter à bord du Poudlard Express et lui adresser de grands signes de la main. Quand le train s'ébranla, il resta un long moment à la regarder, lui adressant divers signes de la main. Il ne la reverrait pas avant les vacances de Noël. Intérieurement, il reconnut que c'était plus sage pour elle: avec les temps qui couraient, Poudlard était l'endroit le plus sûr d'Angleterre. Ce ne fut que lorsque le dernier wagon était déjà au loin que le jeune Black transplana. James devait déjà l'attendre... Prenant garde à ne pas se faire remarquer par la concierge, Mrs Square, il appuya sur le bouton adjacent au nom des Potter. Il grimaça: les Moldus et leur gadgets! La voix de James s'éleva alors d'une plaque pleine de petits trous.

- J'arrive!

Sirius fronça un instant les sourcils, se demandant comment une chose ressemblant à s'y méprendre à une tranche de gruyère argentée, pouvait bien fonctionner. Mais l'arrivée de James le coupa dans ses élans philosophiques. Ce dernier était habillé en parfait petit Moldu, revêtu d'un simple Jean et d'un pull bleu-noir. Un sourire aux lèvres, le jeune homme lui serra énergiquement la main.

- Prêt?

- Bien sûr, sourit Sirius. Et toi?

- Idem.

- T'as l'adresse?

- Yep. On y va…

Côte à côte, les deux jeunes hommes se mirent en route. Silencieusement. Car sans se l'avouer directement, l'un comme l'autre était pris d'une angoisse sourde, leur nouant les entrailles. Un faible sourire vint étirer les lèvres de Sirius: jamais un examen ne l'avait inquiété, alors pourquoi à cet instant? Il secoua la tête pour faire le vide dans ses pensées et frissonna. La matinée était assez fraîche, annonçant doucement le retour des jours froids. Curieux, il posa son regard clair sur la rue qui l'entourait: plus ils avançaient, moins les immeubles paraissaient imposants. Ils finirent par atteindre une rue déserte où s'alignaient des bureaux d'aspect plutôt miteux, un pub, ainsi qu'une benne à ordures –du moins, ce qu'on pouvait en apercevoir derrière les nombreux déchets jetés tout autour. James vérifiait les numéros aux alentours lorsque son regard se posa sur une cabine téléphonique rouge aux vitres cassées. Un sourire éclaira son visage.

- On y est.

- Ils auraient pu choisir quelque chose d'un peu plus reluisant… répondit Sirius en haussant un sourcil devant l'appareil téléphonique qui pendait de travers.

- Au moins, ça n'attire pas les Moldus… Attends que je me rappelle, continua-t-il en prenant le combiné. 6, 2, 4, 4 et 2.

Ni l'un ni l'autre ne sursauta lorsqu'une voix féminine s'éleva soudainement à travers la cabine.

- Bienvenue au Ministère de la Magie, fit-elle d'un ton net et glacial. Veuillez indiquer votre nom et l'objet de votre visite.

- James Potter et Sirius Black, fit James d'une voix diplomatique. Nous venons pour l'examen d'entrée des Aurors.

- Merci, répondit aussitôt la voix. Les visiteurs sont priés de prendre les badges et de les attacher bien en vue. Une fouille est recommandée ainsi que la présentation de leur baguette pour enregistrement au comptoir de la sécurité, au fond de l'atrium.

Après une série de déclics et de grincements, deux badges en argent tombèrent dans un petit réceptacle tandis que le plancher de la cabine téléphonique se mit à vibrer, alors que celle-ci se mit doucement à descendre. Sirius s'empara de son badge dans un petit sourire.

- J'aurais pourtant juré que Meredith travaillait à Ste Mangouste et non au ministère!

Il eut à peine le temps d'accrocher son badge à sa chemise ("Sirius Black. Examen d'entrée – Département de la justice Magique") que la cabine fut plongée dans le noir total. Il ne pouvait plus rien voir, mais cette fâcheuse manie qu'avaient les sens à se développer lorsqu'ils étaient réduits en nombre lui permit d'entendre parfaitement le grondement sourd que faisait la cabine en s'enfonçant de plus en plus profondément dans le sol. Ce ne fut qu'au bout d'une longue minute qu'un rai de lumière l'éblouit soudainement, éclairant d'abord ses pieds avant de s'élargir pour illuminer tout son corps.

- Le Ministère de la Magie vous souhaite une bonne journée, fit la voix de son ton toujours aussi glacial.

La porte s'ouvrit à la volée, dévoilant un spectacle qui laissa bouche bée les deux Maraudeurs. Ils se trouvaient à l'extrémité d'un hall gigantesque et somptueux. Le parquet, d'un bois foncé, étincelait tant il était ciré à la perfection. Mais cet éclat était fade comparé à la fontaine qui s'élevait au milieu du hall. Des statues d'or plus grandes que nature se dressaient fièrement au milieu d'un immense bassin circulaire. Un centaure, un gobelin et un elfe de maison bordaient la fontaine, tandis que leurs regards –plein d'adoration? Sirius n'en était pas sûr- étaient tournés vers deux silhouettes humaines. La plus haute des deux représentait un sorcier de noble apparence, la seconde étant une jeune femme d'une beauté certaine. La baguette de l'homme était pointée vers le plafond. La bouche de Sirius s'entrouvrit un peu plus: ce plafond, aussi haut que celui de Poudlard, était d'un bleu céleste, faisant penser à ces oiseaux moldus à la queue magnifique, et incrusté de nombreux symboles dorés et étincelants qui ne cessaient de bouger et de se transformer.

De nombreux claquements le sortirent de son admiration. Son regard se reporta à nouveau sur le hall. A droite comme à gauche, de nombreuses cheminées aux manteaux dorés étaient aménagées le long des murs recouverts de lambris de bois sombre et éclatant. Une foule nombreuse de sorciers se déplaçait entre ces deux murs, allant et venant des cheminées ou de deux grandes portes d'or qui se dressaient au fond du hall.

La surprise passée, le Maraudeur se tourna vers son meilleur ami, tout aussi ébahi que lui. Il essaya néanmoins de reprendre contenance en indiquant un lieu un peu plus loin.

- On devrait aller par là.

Ils se mêlèrent alors à la foule et, tant bien que mal, se frayèrent un chemin parmi les employés du ministère, pour se rendre à un bureau au-dessus duquel une pancarte "Sécurité" se balançait. Un sorcier à l'air plutôt jeune était assis derrière, vêtu d'une robe du même bleu que le plafond. Ses yeux ensommeillés se levèrent difficilement de la Gazette qu'il lisait pour se poser sur les deux sorciers qui se dirigeaient vers lui. D'un air machinal, il leur fit signe de s'approcher. James et Sirius s'exécutèrent dans un petit sourire maladroit.

- Encore deux personnes pour les Vétérans… fit le jeune homme en regardant leurs badges. Ils vont en avoir, du boulot, cette année.

De son Capteur de Dissimulation, le sorcier parcourut le corps de Sirius, puis celui de son ami dans des gestes minutieux. Il le reposa ensuite et tendit la main vers les deux jeunes hommes.

- Baguettes Magiques.

James donna la sienne. Le sorcier-vigile la prit d'un air las, puis la plaça sur l'unique plateau d'une balance en cuivre que Sirius reconnut comme un Scrutobaguette. L'appareil se mit à vibrer d'une étrange manière tandis qu'une étroite bande de parchemin sortait d'une fente aménagée à sa base.

- Acajou, 27.5 cm, flexible, en service depuis 7 ans. C'est bien cela?

- Ouaip, répondit James d'un sourire en coin.

Il avait toujours été très fier de sa baguette, Sirius le savait. Le sorcier empala le morceau de parchemin sur une pointe de cuivre qui surplombait la balance, et rendit sa baguette à James, avant de tendre la main vers Sirius. Le même manège se produisit.

- Bois de houx, 26 cm, souple, en service depuis 7 ans?

- C'est cela, répondit-il alors que le sorcier lui rendait sa baguette. On dit bien que plus c'est petit, plus ça a du caractère! Croyez-en mon expérience, rajouta-t-il en laissant un œil appuyé sur James.

Le sorcier-vigile eut un sourire amusé.

- On dit aussi que plus c'est grand, plus c'est con, mon cher, répondit James d'un ton indifférent. Croyez-en mon expérience, continua-t-il en jetant un œil sur le badge du sorcier. Merci…. Éric

- Les Vétérans sont à la cheminée V, sourit le jeune homme. A bientôt.

- Merci Eric! répondirent en cœur les deux Maraudeurs.

Fixant sa baguette à sa ceinture, Sirius se tourna à nouveau vers le hall et jeta un regard d'ensemble aux cheminées. James fut plus rapide que lui.

- La-bas…

Ils rejoignirent alors la foule qui peuplait la salle. Légèrement bousculés par le flot de sorciers et de sorcières qui allaient et venaient du réseau de cheminées, ils finirent par gagner la numéro V. Un petit groupe d'un peu moins d'une quarantaine de personnes y attendait déjà, mais aucune trace des Vétérans. Sirius jeta un petit regard appuyé à son ami qui semblait confiant, avant de se mêler au groupe de futurs apprentis –ou pas, pensa-t-il.

Calmant comme il le pouvait son angoisse naissante, ses yeux parcoururent le visage anxieux des jeunes sorciers, et détaillèrent avec attention chaque figure qui l'entourait. Il reconnut quelques têtes dans cette foule: Frank Londubat et Alice Pham, deux Gryffondor de la même année qu'eux, plutôt bons élèves, Michael Holloway, un Poufsouffle d'un an leur aîné, Jack Alan, un Serdaigle aux résultats brillants… Les yeux du jeune Black se plissèrent: à partir de cet instant, ils n'étaient plus ses camarades. Chacun était devenu son concurrent. Un obstacle qu'il fallait franchir pour atteindre le but. Un obstacle qu'il fallait éliminer pour devenir Auror. Il le savait: il devait être le meilleur. Il ne devait plus se contenter d'être excellent…

Sur ses pensées, il poursuivit son observation, lorsqu'une chevelure flamboyante qui lui était familière accrocha son regard. Fronçant les sourcils, il examina un court moment le visage de la demoiselle à qui appartenait cette crinière écarlate, avant de sourire d'un air réjoui. Il se tourna alors vers James, à qui il donna un léger coup de coude.

- Aïe! Quoi?

- Ca ne serait pas Armelys, là-bas?

Plissant ses petits yeux noisette, le jeune Potter chercha un instant la demoiselle à travers la foule et finit par trouver la silhouette de la jeune femme. Un sourire amusé se dessina sur ses lèvres.

- Si, c'est elle.

- Remus va être content de l'apprendre, ricana le jeune Black.

James leva les yeux au ciel. Lynn Armelys était une ancienne camarade de la même année qu'eux -mais contrairement aux Maraudeurs, la jeune femme avait fait sa scolarité à Serdaigle. Depuis leur troisième année, Remus et elle avaient suivi les mêmes options, ce qui leur avait permis de passer de nombreuses heures ensemble, à rédiger leurs devoirs. Sirius avait toujours titillé Remus là-dessus, lui promettant félicité et bonheur d'un couple heureux. Mais bien que Remus niait ouvertement une telle union, Sirius ne cessait de répéter que son flair ne s'était jamais trompé. Mais hélas pour lui, en cinq ans, ni l'un ni l'autre ne semblait avoir fait un quelconque pas. Comme quoi, son flair n'était pas infaillible…

Les quelques discussions qui provenaient de cette foule angoissée s'éteignirent enfin, laissant place à un silence des plus imposants. Cinq silhouettes solennelles fendaient la foule de sorciers et de sorcières, marchant lentement dans leur direction. Sirius sentit son cœur rater un battement. Les Vétérans… Il jeta un coup d'œil à James, qui pâlit légèrement. Lui-même ne devait pas en mener bien large.

Ils étaient au nombre de cinq: deux femmes et trois hommes. Le plus grand, le plus imposant s'avança vers eux et leur jeta un rapide coup d'œil acéré, le menton haut. Sirius l'observa attentivement: il semblait assez âgé. Son visage était austère et marqué de plusieurs cicatrices –fait commun à tous les Aurors, remarqua Sirius. Ses sourcils, la petite ride formé au coin de ses lèvres et entre ses deux yeux indiquaient clairement un caractère strict, voire McGonagallien. Mais ces détails paraissaient insignifiants face à son regard. Ses yeux, noirs, semblaient vouloir geler la foule d'un simple regard. Ils étaient froids et sévères à la fois. Tout comme sa voix.

- Bienvenue à vous tous.

Difficile à croire avec ce ton…

- Comme vous le savez, vous êtes ici car vous êtes, ce qui semble être, les meilleurs. Mais j'en doute fortement! claqua-t-il en laissant un œil appuyé sur Holloway. On n'est pas le meilleur parce que l'on a un dossier scolaire irréprochable. On le prouve! Et cela, durant trois années entières de formation. Autant vous le dire tout de suite: la sélection sera très sévère! Moins du quart d'entre vous seront sélectionnés.

Sirius accusa le coup: allaient-ils vraiment passer trois ans sous la tutelle de cet Auror?! Sept ans avec McGonagall, d'accord, mais il ne fallait pas pousser… Le Vétéran resta un court instant silencieux, scrutant de son regard glacial la foule de visages à présent bien pâles. Les mains dans le dos, il se redressa de toute sa hauteur, l'air visiblement contrarié.

- Cependant, au vu des derniers attentats –petit regard échangé entre James et Sirius-, notre chère Ministre de la Magie a décidé de raccourcir cette période d'essai. Nous sommes donc forcés, face à ces événements, de former les pauvres sorciers que vous êtes… en Aurors… Sur une période d'une seule année! Autant vous dire que la sélection sera draconienne! Peu d'entre vous pourront espérer accéder à cette formation! Et encore moins pourront avoir l'audace d'espérer être Auror! S'il y en a seulement un qui réussit, rajouta-t-il d'un ton plus que méprisant.

Le silence régnait sur la foule de prétendants au titre, perturbé de temps à autres par le claquement des cheminées voisines.

- Maintenant que les choses sont claires, rendez-vous au centre de formation!

Sans demander son reste, le Vétéran marcha de son pas solennel vers la cheminée, et la franchit, rapidement suivi de ses quatre compagnons. Abandonnée devant l'âtre, la foule des jeunes sorciers était devenue bien silencieuse et plutôt livide. Bien sûr, comme tous les autres élèves à Poudlard, James et Sirius avaient entendus des rumeurs comme quoi les concours pour devenir Auror étaient drastiques, mais la réalité était bien dix fois pire. Sirius avait même l'impression de s'engager dans une brigade de tireurs de baguettes magiques d'élite, similaire à ces camps moldus où les entraînements pouvaient se faire 24h/24. Un claquement soudain fit sursauter les futurs apprentis: l'un d'eux venait de franchir la cheminée. Revigoré par cet élan, chacun franchit alors l'âtre, inquiet de ce qu'il allait trouver de l'autre côté. Sirius soupira: il détestait les cheminés… Cette odeur de suiffe, ce vertige qu'elles provoquaient, et surtout, le peu de place qu'elles offraient!

Après avoir pris sur soi et franchi la cheminée numéro V, Sirius scruta de ses yeux argentés la nouvelle pièce qui s'offrait à eux. Il s'agissait d'une sorte de galerie. Elle était bien plus petite que l'atrium, pourtant tout aussi luxueuse. Le parquet brillait du même éclat, la tapisserie qui recouvrait les murs était tout aussi élégante, le plafond était toujours aussi bleu, mais bien plus bas. De chaque côté de ce corridor, de nombreuses portes brillaient de l'éclat de leur lambris de bois sombre et étincelant, offrant mille possibilités au voyageur égaré dans cette galerie. Combien de portes comportait-elle exactement, Sirius ne saurait le dire: il n'arrivait même pas à apercevoir la fin de ce somptueux couloir. Le petit groupe de jeunes sorciers attendait un peu plus loin, inquiet sous les regards glacials du Vétéran en chef. Sirius rejoignit alors son ami qui attendait, comme le reste du groupe, la suite des évènements. Ceux-ci ne mirent d'ailleurs pas bien longtemps à arriver.

Une fois que le dernier des postulants fit son entrée dans la galerie, la voix glaciale du Vétéran rompit le silence. La constitution de la pièce n'en rendait sa voix que plus austère, produisant une sorte de résonance autour d'eux, au grand dam des jeunes sorciers.

- Il ne faut pas être pressés avec vous! Heureusement qu'il n'y a pas eu d'attaques! Les mages noirs auraient eu le temps d'attaquer et de disparaître avant que le premier d'entre vous n'ait eu le temps de montrer son beau minois! Et ça veut être Auror!! Où va le monde, je vous le demande! Z'avez intérêt de vous améliorer si vous souhaitez finir cette journée!

Les échos de sa voix résonnant encore à travers la galerie, l'Auror sortit un vieux parchemin, qu'il défroissa. Sirius jeta un œil aux autres Vétérans: postés derrière leur chef, aucun ne semblait démontrer la moindre émotion. Ils attendaient simplement. Ils auraient pu être un petit groupe d'armures que Sirius n'aurait pas vu la différence.

- Bien. Vous serez répartis en huit groupes de cinq. Suivez-moi!

Comme auparavant, le Vétéran se mit en chemin sans demander son reste. Il s'arrêta alors devant une première porte et porta la liste à ses yeux.

- Alan, Armelys, Black, Dreaw et Holloway! Là-dedans!

Sirius écarquilla les yeux devant le ton autoritaire du vieil homme, mais aussi devant une vérité qu'il n'avait pas envisagée: être séparé de James. Jetant un coup d'œil à ce dernier, le jeune Black s'avança vers la porte, rejoignant deux de ses compagnons qui attendaient déjà. Sans aucune trace d'une quelconque émotion, l'Auror reprit son chemin, rapidement suivi du reste du groupe. Sirius remarqua cependant que l'une des deux sorcières-Vétéran était restée en arrière: apparemment, c'était elle qui allait les évaluer. Il fronça les sourcils: cinq enseignants pour huit groupes…? Il l'observa: la vieille femme avait un regard moins austère que leur chef, mais tout aussi strict. Ses longs cheveux grisonnants et tressés encadraient un visage peu ridé, marqué de quelques cicatrices et bien plus aimable que celui de son collègue. Jetant un vague coup d'œil au petit groupe qui s'offrait à ses yeux, elle prit la parole.

- Suivez-moi.

Elle leur fit alors pénétrer une petite pièce, pas plus grande qu'une salle de cours de Poudlard et éclairée par une grande baie vitrée aux différentes couleurs du Ministère. Mais Sirius doutait qu'il s'agisse du véritable éclat du soleil: le temps était couvert lorsqu'ils avaient quitté le monde tranquille pour rejoindre celui des fous… Au milieu de cette salle, devant un petit banc, une petite estrade était dressée. Il ne mit pas bien longtemps à comprendre sur quoi ils allaient être évalués: le duel, ou l'art de combattre.

- Installez-vous, reprit la Vétéran en indiquant le petit banc. Pour commencer, je me présente: Anya Austen, Auror depuis à présent une trentaine d'années. Comme vous pouvez le remarquer, je vous évaluerai sur votre façon de vous battre. Bien entendu, mon but n'est pas de vous tuer, mais je ne ménagerai pas mes forces. Commençons. Alan, veuillez me rejoindre.

Jack Alan, assez sûr de lui, se leva et grimpa sur l'estrade où l'Auror l'attendait, baguette sortie. Les deux duellistes se placèrent face à face et se saluèrent avant de lever leur baguette magique. Commença alors un petit combat que Sirius n'eut pas de mal à suivre. L'Auror lançait différents sorts que l'élève devait contrer ou renvoyer. Haussant un sourcil devant la facilité de l'exercice, Sirius plongea son menton dans la paume de sa main, et regarda d'un œil morne le duel qui se déroulait sous ses yeux. Pendant un court instant, il se surprit à repenser aux cours de Défense contre les Forces du Mal qui semblaient bien plus passionnants face à ce spectacle. Et dire que le Vétéran en chef l'avait presque impressionné! Mais bien vite, il chassa ses pensées: l'Auror avait soudainement accéléré la fréquence de ses sorts, mettant Alan à de nombreuses reprises dans des situations périlleuses. L'ancien Serdaigle fut touché une fois, puis deux… la troisième fois, il fit un vol plané à travers la salle, atterrissant durement contre le mur. Sirius le regarda s'affaisser sur le sol. Tout bien considéré, ça promettait d'être du grand sport!

- Bien Alan, veuillez vous rasseoir. Armelys!

Un peu impressionnée par la sortie brutale de leur compagnon, la jeune fille monta avec appréhension sur l'estrade et salua avec respect la Vétéran. L'évaluation de Lynn ne fut pas bien différente de celle d'Alan: même commencement, même accélération. Mais l'enthousiasme qu'y mettait la jeune fille était tout autre. Plus vive, plus concentrée, elle semblait presque inhumaine de par la rapidité de ses gestes. Leur combat dura bien plus longtemps que le précédent, mais la sortie n'en fut pas moins impressionnante: dans un jet de couleur rouge, Lynn s'envola dans les airs avant de retomber en tonneaux sur le tapis de sol qui encadrait l'estrade. Sirius déglutit: c'était à son tour de faire ses preuves…

- Rasseyez-vous, mademoiselle. Black!

Expirant un bon coup, Sirius tira sa baguette de sa ceinture et rejoignit l'Auror sur l'estrade. Il se plaça alors face à elle et la salua d'un simple signe de tête. Commença alors une série de sorts de premier cycle. Comme ses deux compagnons précédents, Sirius n'eut aucun mal à repousser la totalité d'entre eux. Il poussa même la démonstration en en renvoyant une bonne quantité. Mais lorsque les choses s'accélèrent, il laissa tomber son masque du simple sorcier évalué pour la concentration. La main droite serrée sur sa baguette, ses yeux clairs fixés sur celle de son adversaire, il ne se concentrait plus que sur les sorts que lui lançait la vieille femme, en oubliant presque il s'agissait là de son examinatrice. La fréquence des sorts augmentait crescendo, accroissant la difficulté du combat. À maintes reprises, il dut se pencher, esquiver un sort pour éviter la catastrophe. La salle n'était plus qu'emplie de leurs deux voix, hurlant sans arrêt une série de sortilèges bien plus difficiles les uns que les autres. Mais bientôt, la voix de l'examinatrice se tut, ne laissant place qu'à ses sorts qui fusaient de plus en plus rapidement. Sirius ne s'en démonta pas pour autant. Plus concentré que jamais, il ne cessait de repousser les sorts qu'elle lui envoyait, se contentant de n'en renvoyer qu'un de temps à autre. Un jet vert le rasa de près tandis qu'il en repoussait un rouge. Il plissa les yeux: la fin du combat était proche, il le sentait, mais il n'avait pas dit son dernier mot! Il se pencha en avant, évitant ainsi un nouveau sortilège, mais le second fut trop rapide. Touché à la poitrine, Sirius sentit ses pieds quitter la terre ferme tandis que le sol devint plafond et le plafond devint sol. Dans une roulade, il retomba lourdement sur le tapis de sol, fermant les yeux sous la douleur. Elle ne ménageait vraiment pas ses forces…! Le souffle coupé, il se redressa tant bien que mal.

- Allez rejoindre vos camarades, jeune homme. Dreaw!

Plié en deux, Sirius peina légèrement à rejoindre le banc des vaincus. Alan et Armelys devaient être dans le même état que lui, à en juger par leur moue. Sans leur jeter un seul regard, Sirius s'assit sur le banc, et ne prêta qu'un œil peu attentif aux deux derniers candidats. Michael Holloway avait été le moins chanceux des cinq. Après avoir combattu un long moment avec la Vétéran, il s'était retrouvé expulsé contre le plafond, avant d'embrasser le sol à une vitesse vertigineuse. L'Auror dut l'aider à se relever. Une fois les cinq postulants vaincus, cette dernière se plaça face à eux, les mains sur les hanches, et scruta chaque détail de leurs visages de ses yeux plissés, sans dire un seul mot. Sirius avait l'impression qu'elle les "notait" mentalement, mais il n'eut pas le loisir de vérifier sa théorie.

- L'évaluation est terminée. Veuillez vous rendre dans la pièce voisine.

Sans plus un mot, elle sortit par la porte qu'ils avaient empruntée, tandis qu'une seconde apparaissait sur le côté. Un vague coup d'œil appréhensif et les jeunes sorciers pénétrèrent dans la salle suivante. Le décor était un peu plus lugubre. Aucune fenêtre, aucune porte visible. De simples bougies étaient utilisées pour l'éclairage. Mais la première chose qui attira l'attention de Sirius était la fumée épaisse qui régnait en maître dans la pièce, recouvrant cinq gros chaudrons. Imperceptiblement, les lèvres du jeune Black s'étirèrent en un sourire. Les potions… Ca, c'était un jeu d'enfant!

Un vieil homme s'extirpa de la fumée. Il était âgé, plutôt trapu et portait un étrange petit sac sur le côté. Il ne faisait pas partie du groupe des Vétérans mais Sirius était sûr de l'avoir vu lors de ses ASPICs.

- Répartissez-vous dans la salle et attendez les instructions.

Merlin, faites qu'il ne soit pas aussi aigri s'il devient un jour Auror!

Lentement, le Maraudeur s'installa derrière un chaudron et jeta un œil à la potion verdâtre qui fumait sous son nez. Un rapide coup d'œil aux autres chaudrons lui apprit que chacun était doté d'une potion qui lui était propre, devant probablement permettre une meilleure évaluation des capacités des candidats. L'examinateur se plaça au centre des chaudrons, mais ne semblait pas enclin à une quelconque forme d'échange verbal. Et pour cause: à peine le dernier candidat installé qu'un vieux parchemin claqua devant le nez de chaque candidat, provoquant un ou deux sursauts. Sirius s'empara du sien. Une unique phrase apparut alors. Il la lut puis fronça les sourcils, la relisant à plusieurs reprises. Boire la potion? Il jeta un coup d'œil à son chaudron avant de revenir à son parchemin. S'il avait pu choisir, il aurait préféré refaire un autre duel avec la furie… Le sac de l'examinateur lui revint en mémoire. Il l'examina un instant avant de découvrir ce qu'il contenait: des bézoards… Plutôt rassurant…! Décidément, ça ne rigolait pas aux examens Son regard se posa à nouveau sur la surface visqueuse de la potion. Après tout, il risquait juste de mourir empoisonné, où était donc le problème? Son cœur se pinça: il espérait que James réussisse cet examen. Son ami montrait quelques difficultés dans cette matière…

Prenant la louche d'un geste anxieux, il porta le contenu à ses lèvres et avala non sans une grimace morose. L'instant d'après, il se sentit fiévreux. Il reposa l'ustensile, et jeta un œil à son parchemin. Une nouvelle phrase venait d'apparaître: composer l'antidote. Immédiatement, la potion verdâtre disparut dans un pop, laissant place à un grand espace vide, tandis qu'une petite table apparaissait à côté, avec quelques ingrédients. Un léger filet de sueur recouvrit le visage du Maraudeur alors que ses mains commençaient à trembler. Ils en avaient de bonnes, ces examinateurs! Tout en jetant un œil à ses quatre compagnons –certains perdus, d'autres plutôt livides-, Sirius réfléchissait. La potion était de couleur verte et d'aspect visqueux, le premier symptôme était la monté subite de fièvre, accompagnée de tremblements… Le jeune Black fronça des sourcils, appelant à lui ses souvenirs. Il ne voyait qu'un seul poison qui correspondait: la thératrodia, qui avait un effet très lent. Le seul intérêt de ce poison était qu'on le confondait souvent avec une simple maladie, rendant son effet sournois. Et l'antidote qui en découlait était d'une facilité enfantine… Un sourire étira ses lèvres tremblantes. Revigoré par cette pensée, Sirius sortit sa baguette et emplit son chaudron d'eau. Après l'avoir portée à ébullition, il inséra différents ingrédients, laissant macérer certains alors qu'il en retirait d'autres très rapidement. La tâche n'était pas aisée: ses mains ne cessaient de trembler, rendant l'exercice que plus ardu. Encore une petite goutte par ci, quelques centilitres par là, et l'antidote n'avait plus qu'à bouillir pendant une dizaine de minutes. Sirius jeta un nouveau coup d'œil à son parchemin: plus qu'une chose à faire, apporter un échantillon de l'antidote à l'examinateur. Il releva la tête, épongeant la sueur qui perlait sur ses tempes. Le vieil homme s'était approché du dénommé Dreaw qui semblait en difficulté avec son chaudron. Travailler dans la hâte n'était pas donné à tous, songea Sirius. Il plongea une fiole dans son chaudron et s'approcha de l'homme. Ce ne fut qu'à cet instant qu'il remarqua que le chaudron d'Armelys était abandonné et contenait déjà un nouveau poison. Avait-elle déjà fini ou avait-elle été éliminée? L'examinateur se tourna vers Sirius, et, sans aucune forme de politesse, s'empara de la fiole que lui tendait le jeune sorcier. Il la tapota à plusieurs reprises, extirpant mille et une fumées de sa baguette, avant de rédiger une rapide note sur un parchemin et de rendre la fiole à son propriétaire dans un sourire plutôt satisfait.

- Antidote parfait. Buvez-le et rendez-vous dans la pièce suivante.

Ravi et soulagé par la réponse, Sirius ne se fit pas prier puis rejoignit sa place assez rapidement, après avoir déposé la fiole vide sur la table… qui disparut l'instant d'après. Déjà son chaudron laissait s'échapper une nouvelle odeur. Une porte apparut à sa droite, il la franchit. Il se retrouva à nouveau dans la galerie principale. Un Vétéran attendait, déjà rejoint par la jeune Armelys. Sans un mot, il gagna le petit groupe et attendit le reste de ses compagnons de fortune. Ceux-ci ne furent que deux à les rejoindre. Apparemment, l'élève en difficulté qu'avait aperçu Sirius n'avait pas pu terminer son antidote à temps et avait été éliminé. Le Vétéran parcourut alors de ses yeux bleus le petit groupe réduit en nombre.

- Suivez-moi.

Suivant silencieusement l'Auror, Sirius ne put s'empêcher de jeter un œil en biais à Armelys. Elle était sortie plus tôt que lui. Elle était donc tombée sur une potion facile… ou était-elle une élève très douée? Sirius sourit d'un petit air moqueur. La première solution était certainement la plus probable.

Après avoir parcouru une bonne dizaine de mètres à travers la longue galerie, le Vétéran les fit entrer dans une petite pièce. Celle-ci ressemblait à s'y méprendre à la salle de duel, mais sa taille était bien plus petite, et une simple table remplaçait l'estrade. Derrière celle-ci, quatre examinateurs encadraient une chaise vide et regardaient les jeunes sorciers arriver. L'Auror rejoignit ses compagnons et fixa les quatre candidats qui étaient immobiles devant lui. Un petit sourire étira ses lèvres en constatant le trouble qui brillait dans leurs yeux. Sirius en fut surpris. Des trois Vétérans qu'il avait eu le loisir d'approcher, il était le moins rude. Ses cheveux, eux aussi grisonnants, lui tombaient devant les yeux, lui donnant un petit air charmant. Il ne devait pas dépasser la quarantaine.

- Pour commencer, je me présente: Joe Harrigan. Je suis chargé de vous évaluer sur la métamorphose humaine.

Ses yeux parcoururent rapidement le petit groupe.

- Je vois que l'un de vos compagnons nous a quitté.

Jetant un rapide coup d'œil aux badges que portaient les candidats, le Vétéran sortit une plume et un parchemin, et raya le nom de Dreaw. Il reposa alors sa plume et fixa le petit groupe de sorciers.

- L'épreuve sera simple: vous devrez simuler une mission d'infiltration. Autrement dit, vous devrez changer votre apparence… faire en sorte que l'on ne puisse plus vous reconnaître. Chacun de vous face à un examinateur. Allez-y.

D'un petit signe de la main, il invita le groupe à s'exécuter. Sirius resta immobile, sous les yeux inquisiteurs du Vétéran. Il jeta un furtif coup d'œil à ses compagnons. Pendant un court instant, il avait pensé à se métamorphoser en chien. Mais être un Animagus non déclaré posait un menu problème…

Il se creusa alors les méninges sur l'apparence qu'il allait prendre. Sortant sa baguette, il la pointa d'abord sur ses vêtements. Son beau Jean noir devint soudain délavé et plus moulant. Son pull pourpre s'élargit considérablement, et prit une teinte grise. Avec une petite moue, il éclaircit la couleur de ses cheveux, jusqu'à ce que ceux-ci furent châtain clairs, et changea également leur taille au point qu'ils ressemblaient à s'y méprendre à la chevelure de Peter. Un frisson parcourut sa nuque. Il n'était plus habitué à porter les cheveux aussi court. Enfin, il pointa le bout de sa baguette vers son visage. Une étrange sensation parcourut alors sa figure. Ce n'était pas aussi étrange qu'une transformation Animagus, mais c'était tout autant surprenant. Chaque trait de son visage semblait parcouru par la glace. Il sentit sa figure s'agrandir et s'arrondir, son nez s'allonger légèrement, ses sourcils s'épaissir, jusqu'à ce que la transformation le satisfasse. Cependant, il avait volontairement gardé la couleur de ses yeux, il en était trop fier pour pouvoir leur apporter quelques modifications. Et cela ne poserait aucun problème, au vu du sourire qu'afficha son examinateur. Ce ne fut qu'à cet instant que Sirius s'accorda un coup d'œil sur ses autres compagnons. Et quel coup d'œil! La jeune Lynn était totalement changée. Elle avait prit l'apparence d'une petite femme dodue, elle qui était si mince et élancée. Sa chevelure, blonde, encadrait une petite paire de lunettes qu'elle avait fait apparaître. Si Remus l'avait vue ainsi, les chances pour que Sirius arrive à les mettre un jour en couple auraient été réduites à néant.

Un petit cri retentit à ses côtés, lui faisant tourner rapidement la tête. Apparemment, la métamorphose humaine n'était pas donnée à tous. Le jeune Holloway avait tenté de refaire les traits de son visage, mais malheureusement pour lui, c'était le nez entier qui était tombé au sol. Sirius grimaça. Intérieurement, il remercia James pour avoir trouvé l'idée de devenir Animagi! Le vétéran se leva. Après avoir rapidement signalé aux trois autres candidats que leurs tests étaient réussis et qu'ils devaient se rendre dans la pièce suivante après avoir repris leur apparence, il ramassa le nez du pauvre Poufsouffle et s'attela à réparer les dégâts. Sirius n'était pas fâché de reprendre son apparence. La caresse de ses cheveux de jais sur sa nuque lui avait cruellement manquée! Un vague coup d'œil à la jeune Armelys et il constata que revoir la véritable apparence de la demoiselle était tout aussi réjouissant…

Les trois candidats pénétrèrent alors dans la pièce suivante. S'ils n'étaient pas sûrs d'avoir bien traversé la porte, ils auraient pu croire qu'ils étaient restés dans la même salle. Seul un détail changeait: cinq chaises trônaient au milieu de la pièce, en face de chaque examinateur. Le plus âgé se leva, et indiqua les chaises aux trois candidats en leur expliquant qu'ils allaient les évaluer sur la métamorphose matérielle. Leur épreuve: changer la chaise en un balai –une tactique connue pour les replis stratégiques. Une tâche plutôt simple. Du moins, Sirius le pensait. Mais au vu de la manière dont ses deux compagnons s'en étaient sortis avec cette simple métamorphose, il remercia Merlin d'avoir passé des semaines entières à s'entraîner à devenir un Animagus!

Heureusement pour les trois postulants, les épreuves suivantes avaient été bien plus simples, relevant presque du niveau des ASPICs. Il avait été question d'évaluation sur leur niveau en sortilèges –un examen des plus faciles pour Sirius qui avait toujours excellé dans cette matière-, sur leur capacité à déjouer les pièges d'un objet ensorcelé ou encore à enquêter face à une série d'indices.

La pièce dans laquelle ils pénétraient à présent était baignée d'une lueur rougeoyante, venant du soleil couchant qui étincelait derrière une grande baie vitrée aux armoiries du Ministère. Sirius sourit: ils ne changeaient pas beaucoup, au niveau décoration. Alors qu'il examinait le vitrail avec attention, son sourire disparut aussitôt lorsque ses yeux se posèrent sur le Vétéran en chef. Celui-ci l'observait de son regard d'acier, prêt à le liquéfier sur place. Sirius déglutit tandis que l'Auror prenait la parole.

- Derrière moi se trouvent cinq portes.

Il s'arrêta, jetant un œil au petit groupe.

- Mais apparemment, nous n'en aurons besoin que de trois…

Son ton était méprisant à souhait. Sirius avait l'impression de se retrouver face à Apollon Picott dans tous ses états. Une agréable sensation, tout bien considéré…

- Franchissez-en une et rejoignez moi de l'autre côté… Si vous y arrivez.

Dans un claquement de cape, le Vétéran prit une porte qui disparut aussitôt qu'il la referma. Lynn jeta un petit coup d'œil à Sirius et s'avança. Le Maraudeur plissa des yeux. Si elle croyait qu'il allait la laisser y aller en première, elle se fourrait la baguette dans l'œil! Avançant de son pas rapide, il ouvrit une porte avant même que Lynn n'eut le temps d'y arriver et disparut derrière. Un sourire rehaussa ses lèvres: gagné! Euh… Merlin qu'il faisait noir par ici… Sirius fronça des sourcils et d'un murmure, alluma sa baguette d'un Lumos. Mais malgré cela, les ténèbres ne disparaissaient pas. Résigné, le jeune Black avança à tâtons dans cette petite pièce étroite. Une sensation étrange de froid s'empara alors de lui. L'atmosphère, déjà étrange, devint lourde. Sirius eut l'impression soudaine de devenir sourd. Il n'entendait même plus le bruit de ses propres pas. Et ce froid… Si mordant que bien malgré lui, le Maraudeur se mit à trembler. Soudain, il se figea. Quelque chose d'autre était présent dans la pièce… Quelque chose qui poussait de longs soupirs rauques, semblables à des râles… Un brusque frisson parcourut l'échine de Sirius tandis qu'il sentait son propre souffle se figer dans sa poitrine. Le froid lui traversait la peau et se répandait dans tout son corps. Il avait une étrange sensation… Il avait l'impression qu'il était en train de perdre à tout jamais l'envie de rire.

Alors qu'il comprenait peu à peu la cause de tout son malaise, une haute silhouette encapuchonnée glissait doucement vers lui, confirmant ses doutes. Reculant d'un pas incertain, Sirius leva sa baguette.

- Spero patronum!

Un mince filet de vapeur argentée jaillit à l'extrémité de sa baguette, mais il n'était pas assez puissant pour repousser le Détraqueur. Sirius fit un nouveau pas en arrière, tremblant de tous ses membres. Le froid l'engourdissait totalement. Au lointain, il pouvait percevoir un hurlement à glacer le sang. Ce hurlement, il ne le connaissait que trop bien, pour avoir passer son enfance à l'entendre… Sirius ferma les yeux, essayant d'ignorer le froid qui lui mordait la peau. Son envoi à Gryffondor, il devait penser à son envoi à Gryffondor… Toutes ces soirées passées avec ses amis aux dortoirs… Toutes ses farces faites en compagnie de James…

- SPERO PATRONUM!

Un grand chien argenté jaillit alors de sa baguette et fonça sur la silhouette sombre du Détraqueur. Celui-ci se figea, tandis que le chien lui sautait dessus. La créature fut projetée dans les airs, et s'évapora soudainement, laissant une faible lumière pénétrer dans la pièce. Un peu égaré par cette épreuve, Sirius se dirigea vers la porte qui lui faisait face. Quel bonheur de retrouver l'air libre! Il en tremblait encore… Mais à peine avait-il mis un pied à l'extérieur, que le Vétéran se dirigea vers lui d'un pas solennel.

- Mangez!

Désorienté, Sirius mit un peu de temps à apercevoir le bout de chocolat que lui tendait l'Auror. Il le prit silencieusement et s'exécuta. Une douce chaleur envahit alors son corps tandis que ses pensées se remettaient peu à peu dans le bon sens. Sirius releva les yeux vers ce qui l'entourait. Il était seul dans une pièce avec le Vétéran. Il sourit faiblement: il avait été le premier à sortir. Ce ne fut qu'au bout de quelques minutes que Lynn sortit à son tour de la pièce. A leur plus grande surprise, le Vétéran les conduisit à la salle adjacente sans attendre leur dernier compagnon. Et les épreuves continuèrent de plus belle. Il fut question de réaction dans l'urgence, où ils avaient été plongés au cœur d'une simulation presque parfaite d'une attaque de Mangemorts, puis de sauvetage, au cours de cette même attaque. Si Sirius avait gardé la tête froide durant tout le temps de l'épreuve, cela n'avait pas été le cas de Lynn qui avait semblée un instant déboussolée face à une imitation grotesque de la marque des Ténèbres.

La dernière de leur épreuve consistait en une complexe énigme. Sirius eut énormément de mal à la résoudre. Les examinateurs voulaient apparemment tester leurs capacités de réflexion et de logique, mais il avait plus l'habitude de foncer dans le tas plutôt que de s'arrêter et de réfléchir. Il finit cependant par trouver la réponse et s'écria "ROUGE" après avoir cru qu'il resterait dans cette salle en ayant vu Lynn s'éclipser derrière la porte. Lorsqu'ils rejoignirent le reste des prétendants au titre d'apprenti, il ne restait plus que Lynn et lui. Et son groupe n'était pas le seul à avoir été diminué en nombre… Sirius écarquilla les yeux en rejoignant la galerie principale: d'une quarantaine de jeunes sorciers, ils n'étaient plus qu'une dizaine. James était d'ailleurs le seul "survivant" de son groupe. Maintenant Sirius comprenait les rumeurs à propos des examens d'entrée…

Le Vétéran en chef rejoignit le groupe et regarda d'un nouvel œil les candidats qui restaient –bien que celui-ci était toujours aussi froid et acéré.

- Bien! Finalement, on obtiendra peut-être quelque chose de vous! Cette journée d'examens est terminée! Estimez-vous heureux de l'avoir finie! Un courrier vous parviendra dans les jours qui suivent. Ceux qui auront la chance d'avoir été acceptés commenceront leur formation lundi, 7h! Quant aux autres…

Un sourire mauvais s'étira sur ses lèvres ridées.

- Une nouvelle vocation serait vivement conseillée!

Sur ces mots, le Vétéran salua le petit groupe d'un petit signe de tête et repartit dans le dédale de couloirs, laissant hébétés les apprentis en sursis. Chacun se jetait des petits coups d'œil gêné, se demandant silencieusement la marche à suivre, avant de quitter enfin la galerie maudite. Rejoignant son ami, Sirius jeta un œil à James qui paraissait aussi fatigué que lui de cette journée éprouvante. Ensemble, ils quittèrent la galerie par la cheminée V pour rejoindre l'Atrium, toujours aussi peuplé malgré l'heure tardive. Les deux Maraudeurs prirent alors la direction de la sortie et montèrent silencieusement dans l'étroit ascenseur qui les avait conduits au Ministère. Là, Sirius se laissa tomber sur l'une des parois et poussa un profond soupir.

- Pas fâché d'avoir fini!

- A qui le dis-tu! s'exclama James en imitant son compagnon. La vieille Austen m'a presque déboîté une épaule! J'ai jamais autant morflé pour un examen!

- J'dois d'ailleurs avouer que les énigmes ne sont décidément pas faites pour moi! sourit légèrement Sirius.

- Et moi les potions, continua James. J'étais à deux doigts d'y passer!

- Espérons que ça vaille le coup, plaisanta Sirius.

- Ouais…

James laissa s'installer un blanc entre eux deux, tandis que la lumière du soleil décroissant apparut enfin. Un petit sourire joyeux dessina ses lèvres.

- Il se fait quelle heure?

- On aura quelques minutes de retard, c'est tout.

- Parfait!

S'extirpant de la cabine ministérielle, les deux Maraudeurs échangèrent un rapide regard avant de disparaître dans un pop caractéristique et de transplaner au Chaudron Baveur, lieu de rendez-vous où toute la joyeuse bande les attendait. Rien de tel pour fêter la fin d'un examen qu'une petite soirée entre amis…

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Chapitre rédigé par Mélanie