Bonjour à toutes et à tous !
Me voici enfin avec le chapitre 5, qui a mis du temps à venir. Je dois vous avouer qu'il est un peu plus court que les autres, et je m'en excuse d'avance. Mais j'espère qu'il vous plaira quand même.
Encore merci pour vos reviews et de m'avoir lu !
Bonne lecture !
Chapitre 5
Sa cape bleue nuit où ornaient des filets dorés traînait derrière lui. Le bruit de ses bottines noires résonnait dans le long couloir vide. Sa couronne brillait sous les rayons de la Lune qui traversaient les grandes vitres des fenêtres. Le Roi d'Eclésia représentait la puissance en lui-même. Une allure tout à fait normale pour un Roi. Mais il n'avait rien d'un Roi.
Depuis que son fils avait quitté le royaume, Léone était devenu encore plus terrifiant. Son prédécesseur était très important, puisqu'il assurait la continuité de ses actes. Mais en apprenant que le prince ne suivait pas ses engagements, le Roi s'était décidé à le retrouver, coûte que coûte, quel qu'en soit le prix, afin de lui faire changer d'avis et de le passer de l'autre côté du camp.
L'homme s'arrêta devant une grande porte en bois et entra dans la pièce qui se trouvait derrière, qui s'avérait être son bureau. Il s'avança vers sa bibliothèque, posa sa main sur un livre et le poussa vers lui. La bibliothèque coulissa et laissa entrevoir un passage secret. Une fois qu'il s'engagea dans l'allée sombre, la bibliothèque se referma derrière lui.
Devant le Roi se dressait une sorte de cocon géant transparent rempli d'un liquide vert translucide, placé dans une salle où les murs étaient en pierre. Il s'approcha de l'objet en question. On pût distinguer une silhouette dans le tube se dessiner sous ses yeux. En effet, un homme nu reposait dans ce cocon, où des tuyaux étaient reliés à lui. Léone sourit, d'un sourire fou. Une femme rousse aux yeux verts en blouse blanche s'avança vers lui.
- Est-il bientôt prêt ? lui demanda-t-il.
- Presque, Votre Majesté. Il reste encore quelques détails à régler. Tout sera prêt dans quelques jours.
- Parfait. Vous faites du très bon travail, Leila.
La dénommée Leila rougit et s'inclina.
- Votre Majesté, c'est un honneur. Je ne fais cela que pour vous servir.
Puis elle s'éloigna, retournant à ses travaux.
Le Roi posa une main sur le tube et regarda l'homme qui flottait à l'intérieur. Il se mit à rire sadiquement.
- Le jour viendra où je te récupérerai enfin, Fye. Et pour cela, je vais avoir besoin de Lui. Tu ne pourras plus m'échapper.
Son rire résonna dans toute la salle, provoquant des frissons de terreur chez les occupants de la pièce. Oui, Léone était prêt à tout, même au pire…
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Fye se débattait dans son futon, en sueur, les yeux fermés et les dents serrés. Il gémissait de douleur et essayait de se sortir de ce gouffre. Soudain, il se releva brusquement, essoufflé, ses iris bleus reflétant la souffrance qu'il ressentait à ce moment-là. Il mit ses mains sur son visage et tenta de reprendre ses esprits en secouant sa tête.
Ce n'était qu'un cauchemar, mais il était si réel. Et surtout, son frère jumeau était présent. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas rêvé de lui. Mais là, c'était tout sauf un rêve heureux. Son frère, mourant entre ses mains, couvert de sang, et le prince appelait à l'aide, sans que personne ne vienne. Et il le regardait mourir, sans rien faire, ne pouvant le sauver.
Fye regarda ses mains. Il se sentait responsable de sa mort. Même si celle-ci ne s'était pas passée comme dans son cauchemar, il n'a pas pu le sauver. Il aurait dû voir qu'il était malade, il aurait dû tout faire pour le soigner. Mais il n'avait pu rien faire, juste le regarder mourir à petit feu. La culpabilité le rongeait depuis ce jour maudit. Il se recroquevilla sur lui-même et étouffa quelques sanglots.
- Yui…
Le prince se calma après plusieurs minutes et se leva. Il essuya machinalement ses yeux et respira un grand coup. Sa mère et sa sœur ne devaient pas le voir comme ça. Il se dirigea vers la porte de sa chambre, sortit de la pièce, descendit les escaliers tomba nez à nez avec Erika, qui préparait le petit déjeuner. Celle-ci remarqua sa présence et lui sourit.
- Bonjour, Fye. J'ai préparé tes plats préférés. Viens, installe-toi, je vais te servir du thé.
Son fils s'étonna de tant d'attention, se demandant pourquoi l'ancienne Reine agissait ainsi. Il s'assit devant la table basse où des plats succulents étaient dressés. Erika le rejoignit et s'installa à son tour, affichant un sourire radieux. Cela en devenait louche selon lui. Pensant qu'il se trompait, il regarda autour de lui et remarqua que Sakura n'était pas là.
- Où est Sakura ? questionna-t-il.
- Elle est allée au village chercher des fruits.
- Mais elle a mangé ?
- Oui, ne t'inquiète pas. Une fois par semaine, elle se lève tôt pour aller chercher des fruits. Ca ne la dérange pas, au contraire, elle aime se rendre utile. Et puis, c'est aussi une occasion pour voir Shaolan, puisque lui aussi y va. Tiens, tu veux un croissant ?
Fye n'aimait pas cette attention de la part de sa mère à son égard. Bien qu'elle fusse naturellement attentionnée envers ses enfants, elle en faisait trop. D'un coup, il se souvint du moment où elle était encore avec lui, quand il était encore un enfant. Elle réagissait ainsi lorsqu'elle avait découvert une chose horrible. Il fronça les sourcils.
- Que se passe-t-il, Mère ?
L'interpelée perdit son sourire et ouvrit de grands yeux stupéfaits.
- Mais rien, voyons. Je te fais plaisir, c'est tout.
- Justement, tu en fais trop. Tu réagissais de la même manière lorsque tu vivais encore au château. Tu me caches quelque chose, je le sais. Alors, dis-moi ce qu'il se passe. Je ne suis plus un enfant.
Erika baissa son visage pour masquer sa peine et prit la parole.
- C'est vrai, tu n'es plus un enfant. Mais justement, aujourd'hui, c'est encore plus dur pour toi que d'accepter toutes ces horreurs.
- De quelles horreurs parles-tu ?
- Tu le sais très bien.
Ce fut à son tour de baisser son visage. Oh oui, il le savait mieux que quiconque. Il releva son visage et regarda sa mère dans le blanc des yeux.
- Dis-moi quand même ce qu'il se passe. Je commence à être habitué à tout ça.
Elle soupira de désespoir et s'efforça de tout lui avouer.
- Tu as rêvé de Yui cette nuit, n'est-ce pas ? De sa mort, plus précisément.
Le prince ne fut même pas surpris de la question de l'ancienne Reine. Il savait qu'elle avait un don de prescience et qu'elle lisait les rêves des autres. Alors il lui répondit simplement.
- En effet…
- J'ai moi-même rêvé de lui, mais dans un futur proche. Je l'ai vu, en vie, à l'âge qu'il devrait avoir aujourd'hui, entrain de se battre contre nous. Je ne sais pas ce que cela signifie, mais j'espère me tromper et que ce rêve n'était pas prémonitoire… Cela me fait vraiment peur.
Choqué par cette révélation, Fye se mordit la lèvre. Lui qui rêvait de la mort de son frère, sa mère qui rêvait d'un futur proche où il serait présent… Il ne savait pas quoi penser. Qu'est-ce que cela voulait dire ? Était-ce un signe envoyé par Yui lui-même ? Non, impossible. Il n'arrivait pas à croire à tout ça. Son jumeau était bien mort, il l'avait vu de ses propres yeux. Jamais plus il ne reviendrait.
Le jeune homme soupira et arbora un sourire réconfortant à l'ancienne Reine, même s'il n'était pas rassuré du tout.
- Ne t'inquiète pas. C'est juste une coïncidence, je suis sûr que c'était juste un mauvais rêve, comme le mien. Tout va bien, Mère, d'accord ?
Erika sourit malgré son appréhension. Son fils avait sûrement raison, en tout cas elle l'espérait du tout cœur.
Tous deux sursautèrent lorsque la porte s'ouvrit brusquement sur Sakura qui revenait du village, une corbeille pleine de fruit dans les bras.
- Bonjour, Grand Frère ! dit-elle avec un grand sourire.
- Tu as été bien longue, Sakura, fit remarquer sa mère.
- Oui, désolée.
Elle était terriblement gênée, ce qui n'échappa pas aux yeux du blond. Celui-ci se leva, s'avança vers sa sœur et lui passa un bras autour du cou.
- Ohoh, aurais-tu par hasard croisé Shaolan ? demanda-t-il, un sourire espiègle aux lèvres.
La jeune fille rougit et détourna son visage pour se cacher. Leur mère se mit à rire.
- Je crois que tu as touché juste, Fye. Hein, Sakura ?
- Mais vous avez fini, tous les deux ? Vous me fatiguez !
- Oh mais on te taquine, ma chère sœur.
- Peut-être, mais ce n'est pas une raison.
- D'accord, d'accord, on arrête.
Alors que Sakura posa la corbeille sur la table et monta à l'étage, en colère, Erika et le prince débarrassèrent la table du petit-déjeuner.
- On devrait vite finir de se préparer avant d'aller au QG des Guerriers Rouges pour décider de celui qui t'a agressé hier, annonça l'ancienne Reine.
- Oui, tu as raison. Si on est en retard, je crois que ça ne plaira pas au chef.
Une fois qu'ils eurent fini, Fye alla dans sa chambre pour mettre son habit de prince et redescendit. Il ne fallait surtout pas qu'il arrive en kimono. En tant que prince, cela n'avait aucune crédibilité. La famille royale sortit de la maison et se dirigèrent vers le lieu désiré.
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- Bordel, mais ils foutent quoi, là ? Ca fait une demi heure qu'on les attend !
- Du calme, chef, ils vont arriver.
Kurogane n'aimait pas les retardataires, car il trouvait que cela faisait perdre un temps précieux. Il grogna et fit les cents pas devant l'entrée du QG. Kenseï, qui tenait Takumi près de lui, Miyaki et Shaolan l'accompagnaient, et étaient exaspérés devant l'attitude de leur chef. Aucune patience…
Enfin, les trois personnes tant attendues arrivèrent. Kurogane s'arrêta net et une fois que la famille royale soit arrivée, il ne put s'empêcher de crier après eux.
- Vous êtes en retard !
Fye, amusé devant l'attitude du brun, s'avança vers lui et lui tapota le dessus de sa tête.
- Désolé, on a eu un petit problème. Faut pas s'énerver, Kuro-chan !
Tous furent stupéfaits par le surnom donné au principal intéressé. D'ailleurs, celui-ci vit rouge, encore plus que ses yeux.
- Qui t'a permis de m'appeler comme ça ?
- Personne, mais je trouve ça plus rigolo que Kurogane. C'est mignon, non ?
Le prince affichait un sourire satisfait face au comportement du chef. Ce surnom était vraiment sorti tout seul, et voir le destinataire s'énerver comme cela l'amusait beaucoup. Ce dernier avait remarqué la satisfaction du blond et cela le mit encore plus en rogne.
- N'affiche pas cet air satisfait, ça m'agace ! Et ne m'appelle plus comme ça, c'est clair ?
- Je n'ai pas d'ordres à recevoir de toi. N'oublie pas que je suis ton prince.
- C'est ça, ouais.
- Mais vous allez arrêter tous les deux, oui ? s'écria Miyaki.
Les deux intéressés s'arrêtèrent, Fye toujours souriant et Kurogane toujours en rogne. Cette petite querelle avait beaucoup amusé le premier, énervé le dernier et désespéré le reste du groupe. De vrais gamins.
Une fois le calme retrouvé, ils reprirent tous leur sérieux et entrèrent dans la grotte. Après tout, ils étaient là pour décider du sort de Takumi, qui avait agressé le prince la veille. Arrivés devant la porte blindée, le chef de l'Ordre l'ouvrit, entra dans la pièce, suivi du reste du groupe et referma la porte. Kenseï prit une chaise, la retourna et fit asseoir de force l'agresseur. Tout le monde était debout devant lui, le regardant.
- On attend des explications claires et nettes, Takumi, déclara Miyaki. Pourquoi as-tu agressé notre prince, hier ?
L'interpelé ne répondit pas, et se contenta de rester immobile, ce qui ne plaisait pas du tout à Kurogane.
- Répond ! ordonna ce dernier.
- J'ai mes raisons, et je les garde pour moi, dit Takumi, très calme.
Le brun lui prit le col de sa tenue de ninja et le força à parler.
- Ecoute-moi bien, si tu ne dis rien, je te frapperai jusqu'à ce que tu daignes nous répondre. Crois-moi, je ne retiendrai pas mes coups, à toi de choisir.
Il lâcha brusquement Takumi et regagna sa place initiale. Le prisonnier soupira et se décida à répondre, n'aimant pas les menaces de Kurogane.
- Je ne crois pas à son alliance. Il est juste venu nous espionner sous l'ordre de son père pour qu'il puisse envoyer des soldats de Roi nous tuer. C'est forcément ça. Il est comme son père.
Erika s'avança précipitamment vers lui et le gifla de toutes ses forces sous les regards ahuris du reste du groupe.
- Je ne te permets pas d'insulter mon fils, est-ce clair ? Crois-moi que s'il avait de mauvaises intentions, je l'aurai remarqué, tu ne crois pas ?
- Peut-être que vous aussi vous êtes dans le coup. Après tout, vous êtes arrivée comme ça, il y a treize ans, dans notre village. Je n'ai jamais approuvé votre arrivée ici. Vous aussi, avec votre fille, vous nous espionnez depuis le début, j'en suis cer…
PAF !
Fye, qui n'avait pas réagi jusqu'ici, vint de donner un gros coup de poing à Takumi. Sous l'effet du coup, ce dernier était tombé au sol. Il ouvrit de grands yeux surpris, bientôt imité par tous les autres. Il vit le regard méprisant du prince posé sur lui.
- Que tu m'insultes moi, passe encore, déplora-t-il. Mais je n'accepterai pas que tu insultes ma mère. Cela se passe entre toi et moi.
Le prisonnier se releva péniblement et se rassit. Après avoir repris ses esprits, il afficha un visage rongé par la colère.
- Pourquoi es-tu venu nous espionner, hein ? Ton père n'a-t-il pas fait assez de dégâts comme ça ? Il a tué tellement de gens. Mon frère… Il est mort par sa faute ! Laisse-nous tranquille ! Retourne dans ton royaume et retrouve ta belle vie de prince.
Le regard méprisant de Fye se transforma en un regard triste. S'il savait…
- Si tu penses qu'être prince signifie avoir une belle vie, dans ce cas je n'ai rien d'un prince.
Le blond se détourna de son agresseur et se dirigea vers la porte. Il fut retenu par la voix de Miyaki.
- Prince, attendez ! Que fait-on de lui ?
Il s'arrêta, mais ne se retourna pas, et se contenta de répondre.
- Libérez-le et ramenez-le chez lui. Peut-être qu'en agissant ainsi, il me croira.
Puis le prince sortit de la pièce, sous les regards incompréhensifs des autres.
Kurogane, qui avait observé toute la scène, fut complètement abasourdi par le comportement de Fye. Que signifiait cette phrase qu'il avait prononcé ? Pourquoi avait-il agi ainsi ? Pourquoi le brun avait-il senti une pointe de tristesse dans la voix du prince ? N'y tenant plus, il se précipita sur la porte et sortit vivement de la salle, dans le but de suivre le blondinet qui hantait ses pensées à ce moment précis.
Oui je sais, j'aurais dû continuer, mais j'avais envie de laisser un peu de suspence et vous donner envie de lire le 6ème chapitre xD ! D'ailleurs, je ne sais pas quand celui-ci arrivera... J'essaierai de faire vite, promis !
Sur ce, je vous dis bonnes fêtes et on se reverra l'année prochaine ^^ !
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