Voici le premier chapitre ! Il est un peu plus long mais pas encore assez à mon goût, enfin, il sert de "chapitre d'introduction" ce qui explique que les suivants soient plus importants. Même chose qu'avant, seuls les nouveaux personnages m'appartiennent et... Je remarque qu'il n'y en a pas dans ce chapitre...
Angelus
1. Retrouvailles
En cette chaude matinée d'été en Sylvarant, Génis, Raine, Colette et Régal s'étaient retrouvés dans le village de Triet, encore frais d'une nuit qui venait juste de lever son voile. Ils étaient attablés sur la terrasse toute nouvelle de l'auberge, à l'ombre d'un grand parasol. Dés le début de l'après-midi, ils partiraient vers la base des Renégats car tous avaient été convoqués par le chef des Renégats en personne, l'Ange Yuan. Un an s'était écoulé depuis la réunification des mondes et leur vie à chacun avait changé à jamais.
Colette, Raine et Régal discutaient tranquillement de leurs nouvelles habitudes alors que Génis sirotait son jus de fruit avec morosité, abattu après avoir tenté pour la quatrième fois d'entrer dans la conversation, en vain, mais pas sans espoir.
- L'église de Meltokio a encore été refaite, vous devriez voir ça ! S'exclama l'élue.
- Nous l'avons vue en revenant d'Exire, dit calmement Raine, c'est vrai que c'est assez impressionnant.
- Surtout avec les deux statues géantes des élus, ricana le jeune Demi Elfe, s'immisçant encore une fois parmi ses compagnons.
- Mh, à Exire ? Comment cela s'est-il passé ? Demanda Régal au professeur.
- Seuls cinq habitants ont accepté de revenir sur le continent…
- C'est déjà bien.
- Oui, mais il me reste beaucoup de travail, soupira-t-elle.
- Me ? Me ?! T'oublierais pas quelqu'un parfois ?!
- Au moins, les restrictions des Demi Elfes ont été levées par le roi de Tesséha'lla après ta conférence à Sybak, ce qui est déjà un grand pas en avant, ajouta l'ancien détenu.
- Hé !! S'emporta Génis.
- Je pense que j'ai déjà fait le plus difficile…
Le jeune garçon était tellement énervé que sa boisson bouillait dans son verre. Brusquement, le jus de fruit brûlant lui jaillit au visage. Il tomba et roula sur le sol avant de se relever en hurlant.
- Ah ! Mes yeux ! J'y vois plus rien !
Courant en agitant les bras et en criant, il ne vit pas la maison. Il fonça droit devant. Après un grand fracas, on put voir sur la façade un trou en forme de jeune magicien incompris.
- Génis, attends ! L'appelait Colette qui le poursuivait.
Mais sur le chemin de la jeune fille, il y avait… un caillou.
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Ce jeune et petit caillou était originaire d'Hima. Là-bas, des pierres avaient été extraites pour être envoyées sur le chantier de Palmacosta. Dans le chariot, il était assis entre sa grande sœur brique et son grand frère bloc. Tous trois avaient fait de touchants adieux à leur maman falaise et à leur papa montagne.
Quand ils furent arrivés à destination, le petit caillou fut séparé de ses aînés. A cause de sa petite taille, il fut déposé dans une allée avec d'autres pierres de son âge.
Un jour, il se coinça malencontreusement sous la botte d'un marin. Alors, il fut obligé de suivre son nouveau compagnon jusqu'à un petit village appelé Izold. Là, le paillasson d'une auberge eut raison de sa ténacité.
Plus tard, quelqu'un battit la carpette et c'est ainsi que le petit caillou tomba dans la chaussure d'un marchant ambulant qui l'emmena au plein cœur du désert, dans la ville de Triet. Après un mois de douleur, l'homme vida sa chaussure pleine de sable et le petit caillou échoua dans un univers inconnu.
Autrefois, il vivait tranquillement entre ses parents. Ensuite, il avait été violemment arraché à toute sa famille, puis perdu. Mais le petit caillou n'en avait pas fini de souffrir.
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Colette trébucha sur le malheureux petit caillou. La solidité des murs de Triet ayant déjà été testée, l'élue passa au travers. Dans les débris et la poussière, les deux jeunes gens se relevèrent péniblement.
- Génis, je suis désolée, dit la jeune fille.
- Bah, c'est rien, grommela le plus petit.
Raine et Régal vinrent les rejoindre. Sur le chemin, le professeur ramassa le petit caillou… et le jeta négligemment derrière elle. A une table voisine, un vieux mercenaire ne vit pas ce qui venait de tomber dans son verre.
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Le lendemain matin, les compagnons arrivèrent de bonne heure à la base de Triet. Un Renégat les conduisit dans une sorte de salle de réunion au milieu de laquelle trônait une grande table ovale entourée de hauts sièges. C'est là, adossé à un mur métallique, que les attendait leur première surprise.
- Kratos ! S'exclamèrent les quatre amis.
L'Ange tourna vers eu un regard froid et vide, ils en auraient presque frissonné. Le mercenaire semblait encore plus distant que lors de leur périple, il y avait une année de cela. Il portait ses habits du Cruxis et apparaissait en assez bonne santé, quoique le terme fût un peu déplacé pour un Ange. Malgré cela, les plus attentifs purent remarquer quelques détails attestant de son mauvais état : sa peau de porcelaine encore plus pâle, le vide dans ses yeux écarlates, l'iris délavée, son visage aminci, ses lèvres blanchies, … Quelque chose n'allait pas mais son aura de puissance en était décuplée, heurtant les compagnons comme une tempête hivernale.
- Qu'est-ce que tu… ?
Génis fut arrêté par Yuan qui venait d'entrer dans la pièce. D'un geste ample, il désigna les sièges, prenant lui-même place en bout de table. Kratos resta de marbre. Après un silence lourd de questions, l'Ange aux cheveux bleus prit enfin la parole.
- Je vois que certains d'entre vous ne répondent toujours pas à l'appel…
Il avait parlé calmement, mais les compagnons mirent un moment avant de répondre.
- Préséa travaille actuellement à la reconstruction d'Ozette, dit Régal sur le même ton.
- Zélos est en vacances à Altamira et Sheena doit sûrement être occupée avec le peuple de Mizuho, enchaîna Raine.
- Et Lloyd ?
La voix de Kratos résonna et sa question flotta dans les airs, comme un reproche.
- N'essayait-il pas de récupérer toutes les exsphères ? Interrogea l'élue, soudain inquiète.
- En effet, commença Yuan, il devait prendre contact avec nous il y a… environ un an.
- Et… ? Fit le petit mage.
- Et… c'est tout.
- Quoi ?! S'exclamèrent les deux plus jeunes.
Raine et Régal écarquillèrent les yeux, seuls ceux de l'Ange appuyé contre le mur restaient inexpressifs, absents.
- Vous voulez dire… qu'il n'est jamais revenu ?! Cria presque la Demi Elfe.
Yuan les fixa sans répondre.
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Raine, Colette, Génis et Régal avaient laissé les deux vieux amis discuter et s'étaient réunis dans une pièce voisine. On pouvait lire la tristesse dans les yeux de l'élue et du jeune Demi Elfe, ceux des adultes étaient habités d'une inquiétude fébrile. La jeune fille frissonna
- J'espère qu'il va bien, pria-t-elle
Bien que les autres eussent formulé le même vœu, connaissant depuis toujours ses sentiments pour Lloyd, ils préférèrent la réconforter
- Je suis certaine qu'il ne lui est rien arrivé de grave, la rassura Raine en passant un bras autour de ses épaules
- Ne t'inquiète pas, dit doucement le grand homme aux cheveux bleu ciel.
- Et puis, tu sais très bien que notre bon vieux Lloyd a le don de s'attirer des ennuis mais qu'il s'en sort toujours ! C'est ça qui importe ! Lança joyeusement le petit mage prodige. Maintenant, on va appeler Sheena et ses potes de Mizuho pour le retrouver et il nous devra de sacrées explications !
La tirade de Génis réussit à voler un sourire à la jeune fille.
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Quelques heures plus tard, ils étaient à Isélia où ils avaient rendez-vous avec l'invocatrice et des habitants de Mizuho. Leur amie les accueillit avec un enthousiasme non dissimulé.
- Bonjour tout le monde ! Alors, prêts à partir à la recherche de notre Lloyd international ?
Ils ne purent s'empêcher de sourire. Tous s'entreregardèrent avec la même expression, le cœur plus léger. Ils étaient presque réunis. Sheena se précipita vers l'élue et la Demi Elfe pour les enlacer, même le plus jeune y eut droit, virant au rouge sous un tel élan d'affection. Quant à Régal, quand vint son tour, ils se serrèrent la main, la jeune femme retenant difficilement son rire après avoir esquissé un solennel « M. Régal ».
Les agents de Mizuho disparurent suite à un ordre de leur chef et les vieux amis se réunirent dans la maison de Colette.
- Est-il parti vers Triet ? Demanda l'invocatrice.
- Non, vers Hima, en contournant Isélia, répondit Raine.
- Alors nous suivront le même chemin, affirma son frère avec détermination.
Un soupir de tristesse échappa à l'élue.
- Il ne sait pas…
Les autres baissèrent les yeux.
- Oui, j'en ai entendu parler en arrivant… Dit Sheena dans un murmure.
Phaïdra entra dans la pièce et brisa leur méditation, tous reportèrent leur attention sur la vieille femme.
- Il y a deux hommes qui vous cherchent, ils sont à l'entrée du village.
Colette remercia sa grand-mère et ils partirent à leur rencontre.
A l'entrée d'Isélia, Yuan et Kratos les attendaient. Le chef des Renégats s'adressa à Sheena sans même les saluer.
- J'ai aussi envoyé des hommes à la recherche du garçon, une coopération rendrait l'entreprise plus rapide et fructueuse.
- Très bien, je ferai passer le message, confirma-t-elle avec sérieux.
Cela ne faisait qu'une année qu'elle tenait les rennes de Mizuho mais ses talents de meneuse étaient indéniables. Elle était rapidement devenue une jeune femme forte et respectée parmi les siens et au-delà malgré son peu d'expérience. Mais elle restait aussi l'amie joyeuse et complice qu'ils avaient connue lors de leurs voyages, toujours présente pour aider ou pour apporter de l'espoir et du réconfort. Ils se rendaient enfin compte à quel point leur Sheena leur avait manqué.
En vitesse, ils expliquèrent leur plan aux deux Anges qui acquiescèrent. Rompus aux départs précipités, il leur fallu moins d'une heure pour rassembler argent, armes et vivres, et pour être sur le départ devant le village. Ils firent encore une fois l'inventaire de leurs possessions puis se tournèrent vers l'horizon. Ce fut Génis, suivit de Colette, qui fit le premier pas.
- Lloyd, mon vieux pote, peu importe dans quel bazar tu t'es encore fourré et peu importe où tu te caches, on va te retrouver ! Et te passer le savon de ta vie !
Le jeune mage éclata de rire, il se serrait même mis à courir si son sac n'avait pas été aussi lourd.
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