Lee et Sasuke étaient partis se battre sur la colline. C'était leur endroit à eux, leur lieu de vie, leur lieu de rencontre, c'était là que tout avait commencé et chacun des deux espérait que ce serait là que tout se finirait, à la mort et pas autrement, si possible.
Le combat fut simple, du taijutsu exclusivement, parce que Sasuke revenait d'une mission qui l'avait agacé et qu'il avait besoin de se défouler – comme souvent en fin de compte, et surtout parce que Lee lui avait manqué et qu'il avait besoin de reconnaître tout ce qu'il était pour s'assurer qu'il était bien là.
Sasuke avait toujours des moyens dérivés de s'octroyer des sentiments et de se faire comprendre. Il ne supportait pas de montrer qu'il savait avoir des impressions positives – aimer, par exemple, et il était de plus en plus certain que c'était ce qu'il commençait à ressentir pour Lee.
Les deux corps essoufflés qui s'étaient allongés dans l'herbe s'étaient aussi enlacés. Le toucher était quelque chose de très dangereux dans ces moments-là. Le toucher impliquait un autre toucher, une autre réaction, quelque chose qui irait forcément plus loin, et Lee avait déjà embrassé Sasuke de toute son âme en plein milieu du combat. L'étreinte continua, toujours avec cette même volonté de guerre qui restait. Les deux jeunes hommes tournaient l'un au dessus de l'autre pour avoir la main, mêlant souffles et langues et gardant leur respiration saccadée. Lee, ne tenant plus, commença à promener ses mains sur les vêtements de l'Uchiha qui gardait ses bras autour de son cou, ne voulant plus bouger, et approfondissait le baiser pour au moins maîtriser quelque chose.
La main droite de Lee passa sous le T-shirt, Sasuke eut un frisson et fit jouer encore sa langue avec celle de Lee, mordant les lèvres, léchant les commissures et s'en allant finalement au niveau du lobe de l'oreille. Lee avait trop chaud et laissait son corps le contrôler, faisant avec Sasuke des mouvements de hanches, l'excitation les gagnant, et ce quelque chose comme une bataille qu'ils gardaient toujours en eux qui continuait de brûler.
« Lee… parvint à articuler Sasuke entre deux baisers, ses paupières encore à moitié closes et ses mains tentant faiblement de repousser le poids sur lui qui lui donnait tant de sensations.
— Sasuke… Me dis pas que tu veux t'arrêter, grogna Lee en réponse en descendant sa tête dans le cou de son amant pour y déposer quelques baisers et petites morsures, faisant sursauter sous lui le brun.
— On… Va chez moi… »
Lee s'arrêta net, regarda Sasuke haletant promener ses yeux de gauche à droite pour éviter son regard, puis se vexa légèrement et se leva d'un seul coup en déclarant en souriant :
« Non. Chez moi, et au premier qui arrive. On va éviter de perdre notre libido en chemin, cette fois. »
Sasuke regarda la main que tendait Lee vers lui. Il avait à la base voulu s'assurer, aller chez lui, dans un endroit qu'il connaissait, parce que l'inconnu pour lui était une sorte de lien à la faiblesse, et Lee était bien parti pour la lui montrer plus encore. Mais il était déjà trop tard et Sasuke n'avait plus le choix : ses désirs et son soulagement écrasaient fierté déplacée et volonté de rester insensible. Sasuke voulait se laisser aller avec Lee.
Aussi, il ne refusa pas la proposition et les deux ninjas, encore brûlants de leur combat et de leurs ébats – mais y avait-il vraiment une différence pour eux ? –, arrivèrent presque en même temps au petit appartement de Lee. Tout avait été remis en place, en ordre, Lee avait mis quelques secondes de moins que Sasuke et avait ainsi ouvert fébrilement la porte.
À peine avait-il posé les pieds au sol que l'Uchiha s'était senti soulevé de terre et plaqué à un mur. Une bouche avide et encore gonflée de ses dernières avances avait saisi la sienne pour un langoureux baiser et un grand coup de rein l'avait fait tressaillir d'un seul coup, forçant ses jambes, dans un réflexe, à passer autour des reins de Lee qui avait pris le temps de fermer la porte d'un habile coup de pied.
« L… Laisse ! »
Sasuke ne put achever son ordre, Lee venait de saisir ses fesses pour se déplacer avec lui.
« Aie ! Mais fait doucement, enfin ! cria Sasuke en se faisant poser avec force sur le lit, recevant directement le poids de son amant et se cognant l'arrière de la tête avec le mur.
— Ah… Désolé, Sasuke… »
Sasuke tenta de déshabiller Lee. L'autre n'arrêtait pas de le maîtriser et il détestait cela, de même qu'il détestait rester inactif. Mais la combinaison de Lee était tout sauf facile à enlever. Sasuke laissa tomber rapidement et se contenta de glisser ses mains partout où il pouvait, retenant ses sursauts face aux doigts de Lee, contact si inhabituel, qui découvraient rapidement toutes les parcelles de son corps et lui enlevaient sa veste de jônin avec une facilité déconcertante. Sasuke leva ses bras pour se débarrasser de son haut, Lee défit lui même sa combinaison, Sasuke s'attaquant à sa propre braguette. Une des cuisses de Lee, juste en dessous, bloquait à moitié ses mouvements. De l'empressement de Sasuke à se déshabiller, il résultat un grognement de frustration et il cria :
« Dégage ! »
Lee, d'un coup de genou du brun, se retrouva éjecté du lit où Sasuke achevait d'enlever son boxer. Après s'être parfaitement rétabli – Sasuke n'en attendait sans doute pas moins de lui –, l'expert en taijutsu ne se fit pas prier pour l'imiter. Voir Uchiha Sasuke étendu sur son lit, les jambes légèrement écartées et lutant de toutes ses forces pour ne pas descendre sa main jusque sur son sexe afin de se procurer le plaisir qu'il espérait était certainement la chose la plus excitante qu'il lui serait jamais donné de voir.
Lee saisit la hampe de chair avant que la main de son amant n'y arrive, lui faisant pousser un gémissement de bien être. Les pupilles d'encre se fermèrent, la tête partit vers l'arrière et Sasuke se laissa aller sous les mouvements imposés. Lee admirait le spectacle en faisant jouer ses doigts jusque sur les bourses.
C'était Sasuke qui était là, à sa merci. C'était Sasuke, c'était la personne qu'il admirait et qu'il considérait comme la plus forte à son niveau, c'était Uchiha Sasuke, l'inaccessible, celui qu'il n'avait battu que partiellement plus jeune, c'était ce type qui déclenchait toute cette passion furieuse en lui, et il était là, le dos cassé où descendait ses doigts, le sexe tendu par l'action de sa main.
Lee tenta de s'exciter autant de lui-même. C'était plus difficile, d'autant plus que ce qui était le plus jouissif était d'entendre par moments les petits gémissements de Sasuke, sa voix rauque qui grognait, avec toute la retenue qu'il pouvait. Lee n'eut qu'une envie à cet instant, c'était de prendre Sasuke, juste pour l'empêcher de se retenir, juste pour le faire crier, même s'il savait très bien que peut-être, même sur l'instant, Sasuke serait tellement vexé de se sentir soumis qu'il le repousserait.
Alors, il se plaça entre ses jambes, plus à l'aise pour imposer le mouvement de sa main et pour le soulever de l'autre.
« Lee… Hn… haleta soudain Sasuke, les yeux toujours fermés, les doigts crispés sur le torse de son partenaire, grouille toi… Hm… Avant que je change d'avis… Fais pas ch… »
Le fauve de Jade n'avait pas eu besoin d'entendre les grossièretés furieuses de Sasuke. Il pouvait. Alors il avait embrassé Sasuke, avec toute sa force, toute sa passion, tout l'amour qu'il avait fini par progressivement ressentir pour cet homme, ce gosse grandit trop vite qui avait la vingtaine et se conduisait encore parfois comme un gamin au sale caractère. Lee embrassa Sasuke, encore et encore, descendant sa main qui s'était un instant déplacée au bas du dos de l'autre, atteignant son intimité tandis que sa main droite le masturbait toujours.
Sasuke était tellement beau… Sasuke avait tellement de force en lui, et toute cette noirceur, tout ce charisme lui donnait envie de perturber le flux calme et macabre qui se dégageait de lui. Mais présentement, juste sous ses yeux, il n'y avait plus qu'un corps blanc et pur avide, un cœur qui battait à tout rompre, et une pose si lascive, bien malgré la volonté du propriétaire, qu'elle aurait fait bander – oh, Lee devait avoir été influencé par Neji pour penser si directement – n'importe qui.
Lee divagua encore en accomplissant les gestes qui lui paraissaient habituels tant il les avait répétés dans sa tête depuis une semaine. Il trempa ses doigts avec le lubrifiant qu'il avait oublié de ranger et qui traînait toujours sur sa table de nuit, et alla doucement titiller l'anus de son amant. Ses dents vinrent cueillir la nuque en sueur du jeune homme, le brun gémit légèrement, Lee continua, fit bouger son doigt pour l'enfoncer, attendit avant d'en ajouter un deuxième, s'enfonçant de plus en plus et accélérant la cadence sur le sexe. Sasuke gémissait encore parfois, grimaçant, il grognait des presque-insultes à Lee, parce qu'il fallait bien un moyen pour lui de protester, de dire qu'il n'était pas entièrement soumis, parce que Sasuke avait cet ego surdimensionné qui ne permettait normalement pas d'aller aussi loin et qu'il vivait mal la situation à causse d'on ne savait quel stupide préjugé sexiste.
Lee enfonça ses doigts au maximum en entendant Sasuke lui ordonner de se dépêcher « putain de merde », selon ses mots propres. Ses lèvres étaient encore descendues, elles avaient atteint l'érection du brun qui se déhanchait un peu pour faire passer la sensation désagréable qui tenaillait la chair autour des doigts de Lee.
Lee regarda Sasuke pendant un court instant encore, ses bras qui avaient saisit le drap au dessus de sa tête, certainement pour s'empêcher de le repousser, ses yeux fermés maintenant doucement, la sueur qui coulait sous ses mèches corbeau, ce visage si distant qui n'avait jamais semblé aussi présent qu'en cet instant et puis sa bouche fondit sur la hampe dressée. Le cri de plaisir de Sasuke encouragea le fauve de jade, qui fit glisser sa langue au même rythme que ses doigts, tentant maintenant de toucher ce qu'il avait entendu Ino appeler la prostate – il ne remercierait certainement jamais assez cette fille d'être une fan de yaoi, même si elle lui avait aussi raconté des choses peu crédibles.
« Mer… Putain, Lee… Cont… Hmph…
— Sasuke… Qu'est-ce que tu fous ? »
Lee avait relevé la tête pour regarder Sasuke et savoir pourquoi il étouffait ainsi. Il fut à peine surpris de constater que les joues de Sasuke étaient écarlates et que l'une de ses mains s'était, dans un réflexe pour garder un peu de retenue, calée dans sa mâchoire.
Les yeux un peu écarquillés, Lee avait cessé tout mouvement, et Sasuke n'était vraiment pas satisfait de cette façon. Pour le rappeler à l'ordre sans avoir à enlever la main salvatrice, il donna un grand coup de bassin qui signifia à Lee où étaient ses doigts et cogna son menton pour lui faire sentir son excitation.
Lee eut alors une folle idée. Une idée qui tenait de celle qu'il avait eue de renverser la situation sur ce mur de ruelle sombre.
Il se retourna soudain, de façon que Sasuke puisse atteindre son pénis avec sa bouche. L'oreiller faisait office de support et il n'aurait pas trop de mal à relever un peu la tête. Sasuke sembla heureux de la situation, qui lui permettrait de grogner silencieusement, puisqu'il saisit le membre en bouche, déclenchant un sursaut de plaisir.
Merde, Sasuke était en train de le sucer, et il semblait aimer ça. Et bien sûr, c'était divin. Parce que Sasuke n'y allait pas de main morte, que la position nécessitait qu'il contracte tous les muscles du haut de son corps, déjà malmenés par le précédent combat, et que c'était à tomber par terre de voir les abdominaux se contracter selon les mouvements de sa tête, de sentir la langue faire un peu n'importe quoi, non pas le goûter mais le dévorer, et de savoir qu'avec son… son sexe dans sa bouche… – il devait être en train de rêver – Sasuke pouvait se permettre de ne pas être trop vocal, de rester lui-même, de lui procurer aussi du plaisir afin de ne pas être le seul à en profiter, à se soumettre au plaisir.
Pour Lee, cette idée de soumission était stupide et, n'eut-il voulut pénétrer Sasuke plus que tout au monde, il serait volontiers passé en-dessous. Il s'en fichait et considérait qu'une personne qui se faisait prendre, quel que soit son genre, n'en était aucunement dégradée. Il ne voyait pas en quoi Sasuke pouvait avoir honte d'être aussi beau dans ce plaisir qu'il laissait filtrer en lui. En quoi le fait de se laisser pénétrer par lui, s'ils y arrivaient, l'amoindrissait. Sasuke était un dieu. Et à regarder les morceaux visibles de son corps, Lee se demandait ce qu'il pouvait y avoir au-dessus des dieux, car si ces titans existaient, alors Sasuke, tordu d'envie, essoufflé et écrasé sous sa poigne, en était un.
En même temps, Lee voulait voir Sasuke se perdre. Il voulait le pénétrer pour briser les barrières, pour le voir se laisser aller, pour lui fournir ce plaisir que Sasuke ne semblait pouvoir accepter de personne. Il voulait l'aimer, lui donner, et que Sasuke l'accepte tout entier, enfin, alors même qu'il était plus petit que lui, moins stable, moins expressif, moins enthousiaste, tout en nuances de noir et de bleu glacial.
Sasuke brûlait. Sasuke voulait bien de lui. Sasuke bandait pour lui et le laissait manipuler son corps nu. Pour Lee, qui connaissait les névroses du brun, c'était déjà un don incroyable et il aurait souhaité pouvoir lui rendre la pareille. Sasuke en faisait déjà trop. Lui, à qui Sasuke donnait tant, voulait lui rendre cette consécration. Il voulait garder les choses en main pour permettre à Sasuke de se relâcher. À Sasuke de s'accepter. D'enfin, accepter de se laisser aimer.
Lee reprit sa préparation jusqu'à n'en plus pouvoir de la langue de Sasuke qui détrempait son membre et le rendait fou de plaisir. D'où le jeune homme tenait-il cette capacité ? Était-ce d'ailleurs réellement lui, la position, ou simplement leur envie cuisante ? Après tout, songea Lee, peut-être Sasuke avait-il été aussi curieux que lui et avait-il tenté de se renseigner. Il était assez simple de voler un manga à Sakura et de se fournir diverses sources plus ou moins constructives. Ou alors, Sasuke, dans son entrain à rester lui-même, faisait-il un peu comme lorsqu'ils se battaient…
Tout à coup, un coup de langue mieux placé que les autres le fit sursauter de plaisir. Si Sasuke continuait, ils ne risquaient pas d'aller plus loin. Refusant de tomber si vite, Lee se plaça de nouveau en face de son amant, qui fut mécontent de devoir à nouveau masquer ses expressions.
Lee décida de ne plus réfléchir, il ne chercha pas plus l'Uchiha et son auto-torture morale, enleva ses doigts, enfila de sa rapidité habituelle un préservatif qu'il lubrifia également et plaça son sexe, doucement, regardant la face brûlante de Sasuke qui crispait encore ses paupières et tournait la tête sur le côté pour ne pas se faire voir.
Sasuke sentit sa jambe droite se soulever et le picotement désagréable s'évanouit bientôt à mesure que Lee glissait doucement en lui. Le plus dur était déjà passé, et l'évidence apparut dans son esprit brumeux et embarrassé : c'était naturel. C'était affreusement naturel, comme s'il fallait que Lee puisse passer aussi facilement, que lui-même n'en souffre pas, parce que Lee avait été suffisamment attentif, comme si c'était normal pour Sasuke d'être aussi parfaitement détendu dans cette situation improbable.
Il n'était plus lui, c'était impossible. Il était hors de lui-même. Il sentait la chaleur dans ses entrailles et l'épaisseur étrange qui bouchait l'ouverture comme si ce devait être sa place. Alors que cela n'aurait pas dû être possible. Il était bien, là, essoufflé, en sueur, les picotements restants lui procurant une sorte d'envie et de plaisir étranges. Il voulait sentir Lee plus profondément, il voulait le sentir de tous ses membres, et se faire pénétrer de toutes parts par sa présence et sa fièvre, et oublier que, pour lui, cette possession n'aurait pas dû être si jouissive. Mais elle l'était parce qu'il attirait Lee, l'hypnotisait, le subjuguait. Parce que Lee le regardait avec tout ce respect guerrier, avec cette hargne du combattant transi, et cet émerveillement de l'apôtre face à l'ange. Alors, soumis de la sorte, possédé par Lee, Sasuke se sentit puissant.
Et Lee fut plus beau que jamais, avec l'épaisseur de ses sourcils et de sa coupe au bol, avec son corps splendide et difforme du ninja surentraîné, avec ses cils du bas qui donnaient l'impression que ses yeux ne pouvaient s'écarquiller davantage, et la sueur dégoulinant de son front, et ses mains couvertes de cicatrices, et son torse couvert de poils bruns, cachant presque ses tétons roses. Et malgré la vue qui aurait pu être à la fois peu flatteuse et alarmante d'excitation, selon point de vue, Sasuke ne pensa plus qu'une seule chose : il l'aimait.
Le mollet de Sasuke sur son épaule, le reste de son corps totalement à sa merci et en proie à des tremblements flagrants d'on ne savait quoi, Lee aurait pu mourir à l'instant, il serait parti comblé. La seule chose qui l'agaçait, c'était la main de Sasuke, de nouveau dans sa bouche, qui l'empêchait sciemment d'exprimer son plaisir, et Sasuke lui-même qui, même détendu et avide, refusait d'assumer. Sasuke qui pourtant était le désir personnifié en cet instant, un corps, une âme tout entière devenue comme blanche et vénérée, à la fois si fragile sous ses doigts, et si forte parce qu'il se serait certainement plié à ses moindres volontés pour pouvoir continuer.
Après tout, finalement, Sasuke restait toujours le même et il se dégageait de lui tous ses complexes et tous ses états d'âme. C'était cela le plus impressionnant. Lee n'aimait pas voir Sasuke se sentir faible, parce que Sasuke n'était plus lui-même dans cet état. Il savait que toute impression s'envolait avec le plaisir, qu'il n'y avait plus qu'un pas à franchir pour que Sasuke, acceptant visiblement intérieurement sa présence, puisse manifester cette concession au lieu de la retenir en lui de toutes ses forces. Sasuke avait compris, mais de là à accepter de le dire avec des mots ou des gestes, de là à ne pas résister à Lee d'une façon ou d'une autre, par exemple en refusant de gémir et en détournant les yeux pour ne pas fondre en croisant le regard bouleversé de Lee, il y avait un monde.
Lee le savait et il voulait lui faire perdre conscience complètement. Il se rappela d'une autre chose que lui avait dite Ino, et pour se justifier tandis que Sasuke reprenait un peu de souffle, il dit :
« Sasuke… Retourne-toi.
— Quoi ? s'étrangla Sasuke, enlevant sa main d'entre ses dents, visionnant tout à fait la situation et refusant complètement de le faire sans bonne raison.
— Si tu te mets à quatre pattes, tu prends l'oreiller, tu enfonces ta tête dedans et tu pourras crier et rougir tout ton saoul sans que… je puisse t'entendre… ou te voir… » acheva le jeune homme.
Lee avait réussi à tout articuler sans s'arrêter ou presque, en se retenant de toutes ses forces de donner un coup de reins au moment où le brun l'avait regardé dans les yeux et qu'il avait reçu une véritable décharge électrique dans la colonne vertébrale.
Sasuke abdiqua rapidement. C'était certainement la meilleure solution pour lui et il ne voulait pour rien au monde s'arrêter. Ainsi, il pourrait fuir le regard insistant de son partenaire, étouffer des gémissements qu'il n'aurait pas cru entendre un jour s'échapper de lui – bon sang, qu'il se sentait gêné de faire autant de bruit ! dire que certains ne grognaient qu'à peine… –, et grimacer sans retenue.
Lee le pénétra de nouveau, plus vite cette fois, presque violemment, de telle sorte que le premier gémissement de plaisir ne fut étouffé que sur la fin, lorsque Sasuke attrapa l'oreiller à pleins bras pour s'y cacher et laisser Lee faire ce qu'il voulait de son corps.
Le fauve de Jade commença à se déhancher doucement et régulièrement, appliquant des mouvements de va et vient d'instinct, accrochant sa main au bassin de son partenaire, le maintenant mieux, l'autre dédiée à le masturber comme il pouvait. Il entendait le souffle de Sasuke et voyait son dos se cambrer ou s'arquer selon sa respiration. Lee accéléra un peu, allant et venant par saccades, s'arrêtant parfois de façon que l'Uchiha ne sache jamais ce qui allait venir, lançant des décharges de plaisir incommensurable dans le corps de Sasuke dont la voix satinée et rude s'élevait étouffée dans la pièce surchauffée.
Le plus jeune voulait donner parfois quelques ordres pour son propre bien être, Lee les appliquait selon ses envies et ce qu'il voulait faire ressentir à l'autre, Sasuke grognait et levait la tête de sa protection face à l'extérieur pour protester.
« Lee, plus vf… »
Lee n'avait pas eu besoin d'avoir la fin de la phrase. Il savait toujours deviner avec Sasuke, et dans ces circonstances, c'était encore plus évident puisque lui avait les mêmes envies. Il y avait les mêmes désirs, les mêmes sentiments, les mêmes impressions et cette passion qui se dégageait de l'union des deux. Il y avait Lee et Sasuke, cela formait un tout, un univers tout entier. Sasuke continuait de gémir tout ce qu'il pouvait dans l'oreiller, mordant le tissu pour ne pas grogner trop fort alors que Lee accélérait, s'arrêtant net, reprenant violemment, continuant de façon tellement irrégulière que les cris étouffés de Sasuke n'arrivaient même plus à suivre.
Soudain, le brun poussa un cri et se redressa d'un coup sur ses coudes, comme si la cambrure improbable lui permettait de s'aimanter à une sensation entre ses reins.
« Qu'est-ce que c'était que ça ? demanda-t-il, surpris lui-même de ce réflexe.
— Je… Je crois que je sais. Attends, je vais réessayer. »
Lee tenta à plusieurs reprises, ratant, recommençant, doucement, pour trouver l'angle et la distance qui avaient déclenché en Sasuke ce sursaut avide.
« Tu peux courber ton dos davantage ? »
Sasuke s'exécuta sans broncher, trop curieux de retrouver l'étrange sensation qui lui avait donné des frissons dans tout le corps. Il le sentit à nouveau le frôler, retint un grognement et ordonna :
« Mets-toi plus haut. »
Lee s'exécuta, remerciant son entraînement à toute épreuve et, cette fois, Sasuke émit de nouveau un râle étrange.
« Mince, c'est génial, ce truc ! » commenta Lee, visant bien à présent qu'il avait repéré l'endroit.
Sasuke refusa d'acquiescer et retourna dans son oreiller pour retenir les petits cris que Lee parvenait désormais à faire sortir de lui. Le garçon commença à aller de nouveau un peu plus vite, s'empêchant d'aller trop loin pour ne pas rater le point nouvellement découvert, et Sasuke, noyé dans les sensations de son propre corps, les yeux écarquillés de surprise tant le plaisir était inédit, ne put plus s'empêcher de contracter ses membres et ses chairs à chaque stimulation.
Bientôt, comme le plaisir devenait presque trop bon et qu'il refusait d'être le premier à craquer, Sasuke ordonna à Lee de se lâcher.
« T'es sûr ? » interrogea Lee, qui trouvait que le corps de Sasuke, ramolli par le doux plaisir et étroit autour de son sexe, pourrait encore le faire continuer de longues minutes.
Il espérait secrètement le faire jouir ainsi, si c'était possible pour une première fois, avant lui, et recommencer jusqu'à ce que Sasuke en devienne complètement dépendant et le supplie tous les soirs de titiller sa prostate jusqu'à un orgasme anal dont il ne pourrait plus jamais se passer.
Mais Sasuke aimait peut-être aussi d'autres choses… Sasuke, peut-être, fatiguait-il un peu ? Ou alors, Sasuke ne voulait pas se laisser aller cette fois-là. Peut-être aussi savait-il qu'il n'y parviendrait pas et en était-il frustré ? Ou alors, Sasuke préférait-il se faire pilonner au plus profond de lui-même, jusqu'à ce que ses fesses rougissent sous les coups de rein et qu'il éjacule de plaisir transmis et non depuis l'intérieur de lui-même ? À cette idée, Lee ne put s'empêcher d'obéir, trop obnubilé par l'être de luxure qu'incarnait Sasuke en cet instant, avec son dos voûté dont on voyait le moindre muscle, ses omoplates saillantes et ses fesses blanches et sèches qu'il aurait même essayé de fesser, rien qu'une fois, s'il n'avait pas su qu'il se ferait détruire la figure s'il tentait le coup.
L'idée en elle-même le poussa plus loin et plus violemment. Il vit la peau rougir un peu, entendit les claquements de ses hanches, et dieu que c'était bon, et dieu, que Sasuke était incroyable, et que fichait-il, dans son coussin, à retenir de petits « Ooh » mal cachés, comme si cette violence qu'il subissait le faisait s'oublier entièrement ?
Lee décida d'aller aussi vite que possible, aussi profondément et aussi durement, voyant les doigts de Sasuke se convulser sur les draps.
« Sasuke je…
— Continue et ferme-la ! »
Lee accéléra une dernière fois, il se sentait venir, il savait que Sasuke aussi vu l'état dans lequel se trouvait son corps, suant de tous les pores de sa peau, ses mains et ses pieds se raccrochant désespérément au drap froissé et entièrement défait, ses dents qu'il entendit déchirer le tissu de l'oreiller.
« Sasuke, ça vient.
— Je sais, merd… »
Sasuke n'avait pas pu dire à Lee de se stopper. Sasuke n'avait pas pu s'empêcher de jouir en criant, sa bouche séparée de la loque blanche qu'il avait mordue, sa tête complètement levée en continu avec son dos, ses yeux larmoyants écarquillés. C'était ce qu'il aurait voulu éviter à tout prix, une question de stupide honneur, une question d'ego qu'il pouvait maintenant envoyer paître bien loin. Lee s'était libéré en lui, son grognement de soulagement perdu au milieu de l'expression de l'autre. Doucement, il se retira et s'assit sur le drap malmené. Il enleva la protection, regardant Sasuke s'avachir de tout son long, jambes écartées, leurs semences coulant un peu entre ses cuisses, tentant de reprendre son souffle. Lee eu une bouffée de chaleur.
« Sasuke, si tu veux pas recommencer tout de suite, je t'en supplie, change de pose. »
Uchiha Sasuke, à l'opposé de Lee, comprit très bien de quoi il s'agissait et, pour ne pas perdre complètement contenance en se rétractant à la tête du lit, rougissant comme un forcené, décida de venir prendre Lee dans ses bras et de l'allonger sous lui.
« Je veux recommencer. Mais cette fois, c'est moi. »
Lee avala difficilement en voyant le regard de prédateur que lui lançait Sasuke et n'eut aucun mal à comprendre de quoi il voulait parler. Il allait bander si Sasuke continuait de le lorgner de la sorte. Sasuke le désirait. Comment résister ?
« D'accord. Mais laisse moi me reposer un peu, je suis crevé… »
Sasuke acquiesça en ricanant, l'air de dire qu'il ne l'était pas autant, même si c'était faux, et Lee ajouta tranquillement, ses yeux se fermant d'eux-mêmes :
« Hé ! Sasuke.
— Hn ?
— Je t'aime. »
Lorsqu'on sonna à la porte, seul Lee eut le courage de se lever. Ils avaient fait l'amour plusieurs fois durant la nuit avant que Sasuke ne le laisse jouir en paix une dernière fois, dans la matinée. Le jeune homme était complètement épuisé. Le fauve de jade avait toujours eu plus d'endurance que lui. Le soleil s'était levé depuis longtemps semblait-il, l'air des deux pièces de l'appartement était vicié, mais cela n'empêcha pas Lee d'ouvrir la porte en caleçon en laissant celle de la chambre ouverte, parce que personne mis à part ses coéquipiers et Gai ne venait chez lui d'ordinaire.
Aussi fut-il plus que surpris de voir Ino qui souriait innocemment sur son palier. Vite, Lee regarda derrière lui et s'apprêta à intimer à la jeune fille d'entrer lorsqu'elle le prit de court :
« Je ne sais pas de quoi tu as peur, Lee, mais je ne fais que passer, rayonna la blonde. Sakura m'a demandé de venir te dire que tu étais attendu avec Sasuke au bureau de l'Hokage pour une petite surprise. Enfin, je pense que ça te fera plaisir, gloussa-t-elle.
— Ah, euh, d'accord. Tu passes aussi à la tour ?
— Oui, je t'attends si tu veux, l'appartement de Sasuke est sur le chemin.
— Oh, pour ça c'est pas la peine, rit légèrement Lee avant de se tourner vers la masse sombre qui gisait sur le lit et qu'Ino n'avait pas remarquée. Sasuke ! Debout ! »
Ino vit avec stupeur la masse gigoter un peu en grognant, s'asseoir doucement, rester environ trente secondes sans bouger, la tête un peu baissée comme pour se remettre les idées en place, puis se lever avec difficulté pour apparaître à la lumière du salon, en équilibre instable sur ses jambes. Nu. Complètement nu. Ino crut s'évanouir. Le corps de Sasuke était encore plus beau que tout ce qu'elle avait pu imaginer, comportant quelques suçons qui plus est, et des traces sur ses jambes et ses abdominaux saillants. Sasuke regarda sans vraiment sembler les voir les deux personnes présentes qui le mataient ostensiblement et tituba jusqu'à la porte d'à côté en grognant quelque chose qui ressemblait à s'y méprendre à « Gmgnn mphfg ».
On put ainsi admirer le dos contracté par les efforts et les fesses fermes mises en valeur par la façon particulière qu'avait l'Uchiha de marcher – malgré ses difficultés somnolentes. Il y avait deux fontaines humaines de bave à la porte d'entrée. Ino resta interdite trois secondes. Trois secondes, et elle piqua un fard monstrueux, serra les jambes et pointa Lee du doigt en criant presque :
« Où est ton congélateur ? »
Lee regarda Ino d'un drôle d'œil mais lui indiqua la porte de la cuisine où elle se précipita, trouva un verre, le remplit de glaçons, mit le reste d'eau et but le tout cul sec, gardant un cube froid dans sa bouche. Elle revint dans le salon calmée et demanda à Lee sur un ton ironique :
« Ce grognement avait-il un sens ?
— Ah, j'en ai aucune idée, rit Lee en se grattant l'arrière du crâne. Sûrement râler, pour changer, mais si j'en juge par ses actes, je dirais qu'il a dit qu'il allait prendre une douche et qu'il arrivait. D'ailleurs, je vais y aller aussi. »
Lee disparut en coup de vent derrière la porte. Ino s'affala sur le canapé après s'être resservi un verre de glaçons à l'eau et attendit.
Pendant ce temps, Lee avait rejoint un Sasuke à l'esprit encore brumeux sous la douche et avait glissé ses bras autour de sa taille, déposant un baiser sur son épaule.
« Bonjour, Sasuke.
— Grmph.
— Ouh là ! Qu'est-ce qu'il y a ? Tu regrettes ? s'étonna Lee.
— Non.
— Alors quoi ? T'as détesté être uke, c'est ça ? Tu sais, c'est pas mon truc non plus, hein ! On aura testé ! Y a plein de façon de faire l'amour sans pénétration…
— Non, justement, c'est ça qui m'emmerde, grogna Sasuke en se retournant vers Lee, ses yeux reflétant une certaine forme de colère derrière ses mèches sombres et trempées.
— Pff… Sasuke, si t'aimes ça, ça veut rien dire ! T'es toujours aussi fort, non ?
— Grmph, râla encore le brun. Je m'en fous. C'est une question de principe. C'est tout. La pose est tout sauf glorieuse. »
Lee se retint de rire – lui trouvait tout cela complètement ridicule, il n'y avait pas de questions de place ou d'honneur dans ces choses là. Il plaça sa main sur son front et regarda Sasuke au travers de ses doigts. L'Uchiha s'était rapproché de lui et avait posé ses mains sur ses bras comme il avait pris l'habitude de le faire. Lee suivit le mouvement et enlaça carrément Sasuke, le jeune homme s'appuyant contre le mur et soulevant une jambe tout en embrassant le fauve de jade.
« Sasuke, qu'est-ce que…
— Encore.
— Hein ? Mais il y a Ino à côté !
— Rien à foutre. »
Lee étudia le visage impérieux de Sasuke. On aurait juré que dit comme cela, par un ordre, par cette notion de supériorité qui n'en était pas vraiment une, Sasuke arrivait à trouver un équilibre et à accepter. À tout accepter, surtout lui-même.
Lee ne se fit pas prier, dans la limite de ses moyens physiques, pour faire plaisir à son amant tout ce qu'il pouvait. Que Sasuke soit si demandant était à la fois une surprise et une évidence.
Ino dut sortir, emportant avec elle un autre verre de glaçons – elle n'avait pas pu déplacer le frigo. Lorsque les deux jeunes gens sortirent de l'appartement, ils suivirent la jeune fille jusqu'à la tour administrative au bas de laquelle elle les quitta pour attendre ses coéquipiers, la bave encore aux lèvres et le regard dans le vague.
Dans le bureau de Tsunade les attendaient Naruto, Sakura et Kakashi, tout sourire, et la Cinquième les regarda tour à tour en déclarant :
« Bon, vous partez tous les quatre en mission de rang S contre l'Akatsuki. »
À suivre
