Lee et Sasuke s'étaient regardés deux secondes. Sasuke avait très vite repris ses esprits et avait demandé :
« Et en quel honneur ? »
Tsunade avait fait glisser son regard sur Lee, qui retenait une explosion de joie en gardant toute son énergie dans ses poings, des torrents de larmes coulant silencieusement de ses yeux, puis avait croisé ses doigts sur le bureau et expliqué :
« Eh bien, c'est une mesure avant tout préventive. Nous savons à quel point tu es susceptible quand il s'agit d'Itachi, au point que tu en oublies tout le reste. Tu viens car tu fais partie de l'équipe, et de toute façon je ne pourrais certainement pas t'empêcher d'y aller, mais nous ajoutons Lee qui sera le troisième membre de l'équipe sept dans le cas où tu perdrais contrôle de toi-même et oublierais que tu as une mission et des amis. »
Sasuke fronça les sourcils mais ne dit rien. Tsunade lui en avait toujours voulu d'être parti en laissant Naruto et Sakura, et elle le montrait dans ce genre de circonstances.
« Quand, où et pourquoi faire ? »
La mission consistait à trouver les membres de l'Akatsuki repérés dans le pays de la Cascade et à les éliminer après avoir récupéré un maximum d'informations, si possible. L'équipe sept avait été choisie sur cette mission pour la complémentarité de ses membres et leur implication dans l'affaire. Ils partiraient le lendemain même.
Les anciens genin sortirent du bureau, enthousiastes, discutant joyeusement, demandant à Lee de filer en vitesse chercher Tenten et Neji pour qu'ils aillent tous ensemble à Ichiraku manger des râmen avant de partir. Sakura suggéra d'inviter également Sai, recevant des regards noirs de ses coéquipiers, mais n'en démordant pas. Kakashi était resté un peu dans le bureau. Il voulait demander quelque chose à Tsunade à propos de Lee et Sasuke.
« Hokage-sama, vous n'avez pas assigné Lee à cette mission seulement pour les raisons que vous avez citées, n'est-ce pas ? »
Tsunade le regarda, puis demanda :
« Et qu'est-ce qui te fait dire ça, Kakashi ?
— Pour remplacer Sasuke, vous auriez plutôt pensé à Neji qu'à Lee, par exemple. Lee est de la trempe de Naruto, pas de Sasuke, et je ne pense pas que vous songiez à vous reposer uniquement sur moi pour ce qui était d'accomplir des jutsu de tous horizons et du Sharingan, répondit-t-il, presque sûr d'avoir raison.
— En effet, soupira Tsunade. On ne peut rien te cacher. Lee est aussi là pour aider Sasuke. Ils sont habitués à se battre ensemble, d'après ce que Sakura m'a dit, et cet insensible d'Uchiha semble être passablement amoureux de lui. J'ai pensé que peut-être, Lee pourrait agir sur lui de la bonne façon si jamais il croisait encore Itachi. D'autant plus que Lee sait à présent parfaitement se battre contre quelqu'un qui possède un Sharingan.
— Mais… Vous avez vu l'effet avec Naruto, pourtant… objecta le ninja copieur, inquiet de la tournure que pourraient prendre les événements.
— Oui, mais Lee n'est pas Naruto. Leur relation est complètement différente. Uchiha a réussi à accepter Lee. Il était prêt à mettre en péril son lien avec Naruto, pour lui. Et Lee n'est pas responsable des complexes de Sasuke. Au contraire, il a toujours sublimé ses efforts. C'est toi-même qui l'y a initié. »
Kakashi sursauta, se rappelant de l'entraînement qu'il avait fait subir à Sasuke pour copier le taijutsu de Lee, afin de le préparer à son combat contre Gaara. Puis la blonde lui dit que, de toute façon, il verrait bien le lendemain. L'homme haussa les épaules et sortit. Après tout, si Tsunade faisait parfois preuve de légèreté, Sakura ne se trompait jamais, et c'était elle qui avait renseigné la Hokage.
Lorsque Neji et Tenten arrivèrent à Ichiraku, ce fut pour commenter avec Lee, d'une voix enjouée et moqueuse, la réaction d'Ino du matin même. Sai se présenta au moment où Sasuke, qui s'était jusqu'à présent contenté de plonger de plus en plus dans son bol de râmen, craquait littéralement et ordonnait froidement – malgré la très légère rougeur de ses joues – à Lee de cesser d'épiloguer là-dessus.
« Alors comme ça, Uchiha a un pénis ? » s'étonna Sai de son sourire hypocrite.
La tempe de Sasuke afficha clairement son énervement, Lee attrapa la perche à pleines mains et se lança dans un discours à propos des capacités sexuelles de Sasuke, le défendant tout ce qu'il pouvait et s'enfonçant davantage face à un Sai ravi. Neji semblait s'amuser comme un fou, se mordant les lèvres pour ne pas exploser de rire, ce qui était fait depuis longtemps pour les autres, et il finit par se laisser aller, découvrant qu'il savait frapper bruyamment sur la table – dressée en raison du nombre et composée d'une planche de bois et de deux tréteaux – pour se défouler.
Soudain, Sai se figea et se tut, un Sharingan se reflétant dans ses yeux. Lee lui asséna dans son élan un grand coup de poing sur le crâne sans pour autant que le jeune trouble-fête en soit affecté, puis les autres se calmèrent, Naruto essuyant ses larmes et Tenten, en face de lui, souriant à son image. Un regard de connivence entre ces deux là apprit à Sakura qu'un deuxième frère risquait de trouver chaussure à son pied. Naruto sourit plus encore en regardant Tenten droit dans les yeux, la faisant rougir, puis, retournant à son quatrième bol de râmen, il grogna entre deux bouchées :
« Waouh ! Tenten, t'es encore plus belle quand tu ris comme ça ! »
C'était évident. Les pieds dans le plat. Tenten était passée au carmin et Neji avait manqué s'étouffer.
« Tss… Il n'y a que toi pour draguer de façon si peu discrète, usuratonkachi…
— De quoi, enfoiré ? T'as vu la réaction de ton mec i peine une minute ? s'énerva Naruto par réflexe.
— Ne te sers pas de mon mec comme argument, débile… »
L'ambiance était légère, paisible malgré tout le bruit. C'était comme cela que ça devait être, comme cela que ça devait rester. Sakura soupira de bien être. Tout allait bien, c'était tout ce qui comptait.
Ce matin là, Sasuke avait semblé bien plus nerveux que d'ordinaire. Il s'était invité chez Lee d'office – mais ce n'était pas comme s'il dérangeait –, et il avait passé la nuit à le serrer dans ses bras, comme pour canaliser des sentiments qu'il n'aurait pas dû continuer à avoir. Lee avait du coup très mal dormi. La tension que dégageait Sasuke était, dans ces moments là, insupportable et il n'y avait que ses coéquipiers pour parvenir à l'ignorer, question d'habitude. Lee était résistant, alors il n'avait rien dit et avait paru aussi frais et dispos que n'importe quel autre matin. Il avait laissé Sasuke se lever sans le moindre mot, petit déjeuner en lui laissant sa part et partir froidement sous la douche. À présent, il le regardait se préparer calmement.
Le jeune homme avait encore la chair de poule de sa douche gelée. Lentement, méticuleusement, il revêtit son uniforme noir. Pantalon, haut sans manches pour de meilleurs mouvements, l'éternel col large laissant voir les dernières traces de leurs si lointains, semblait-il, ébats. Le regard sérieux et un peu vague, Sasuke attrapa sans vraiment les voir ses bandages et les enroula patiemment autour de ses bras et de ses chevilles. Il fronçait les sourcils, Lee percevait parfaitement cette sorte d'anxiété méfiante qui bouillait en lui.
« Lee, on part dans une demi heure. »
Le ton sec ne trompa pas le ninja. Une demi-heure… Lee en aurait éclaté de rire s'il n'avait pas connu les circonstances. Il lui fallait bien moins d'une demi-heure pour se préparer. Voyant la moue sceptique de son amant, Sasuke ajusta son bandeau frontal et ajouta :
« On s'entraîne avant. »
Lee n'aurait jamais cru que cela puisse venir si facilement et que Sasuke trouverait lui-même un remède à son problème. Pressé, mal à l'aise, son cadet était sur des braises ardentes et, par conséquent, lui aussi. Cinq minutes plus tard, il était prêt. Vint cinq minutes plus tard, ils se tenaient tous les deux à la sortie du village, essoufflés sans vouloir le montrer, Lee affichant un sourire rayonnant et saluant ses camarades, Sasuke les bras croisés, l'air apaisé derrière son coin de lèvre soulevé.
« Lee, bon sang ! Arrête de gigoter, tu vas nous faire repérer ! »
Sasuke soupira d'un air las.
« Nous sommes encore loin de la frontière du pays de la Cascade, Sakura, fit-il remarquer par principe.
— Hé ! Tu le défends, maintenant ?! Tu ne vas pas me dire que ça ne t'agace pas aussi qu'il n'arrête pas de courir dans tous les sens, de s'engueuler avec Naruto ou de raconter les exploits de son magnifique Gai-sensei à tord et à travers ! Il est plus fatiguant que Naruto ! »
— Non, c''est pas possible ! Il n'y a personne de pire que moi ! s'exclama le ninja blond, encore en train de faire un bras de fer en marchant avec la resplendissante bête verte de Konoha.
— Ah oui ? lança Lee, des flammes dans les yeux. Eh bien si ! Pour Sakura et Sasuke, je suis certainement bien pire que toi ! »
Les deux jeunes gens recommencèrent à se lancer des œillades meurtrières et à se frapper comme des gosses. Tout était parti d'un sentiment commun de vouloir toujours être le plus important aux yeux des deux autres. C'était idiot, mais Lee et Naruto avaient, pour cela du moins, une façon de penser assez semblable. Ils cherchaient tous les deux de la même façon l'attention des personnes qui leur étaient chères. Sasuke était d'accord avec la kunoichi, hélas, la nervosité que Sakura évacuait en l'engueulant – certainement pour la première fois de sa vie –, lui la catalysait dans le comportement puéril et insupportable de Lee. Il décida tout de même de répondre. C'était l'équipe qui en dépendait et il avait toujours été capable de calmer le jeu.
« Oui, et non. »
Même Kakashi, qui avait fui en hauteur l'arène dangereuse de ses élèves, s'arrêta net.
« De quoi ? demanda Naruto, un bras encore croisé avec celui de Lee et le pied de Sakura, qui en avait ras le bol, encastré dans la tête.
— Hein ? fit cette dernière.
— Tssss… siffla l'Uchiha en réponse. Oui, Sakura, il est insupportable. Et non, Lee, moins que Naruto. »
Sasuke en avait assez. Assez de Sakura qui lui cassait les oreilles malgré sa voix un peu moins criarde, assez de Kakashi qui se foutait de sa gueule ouvertement rien qu'en affichant un petit sourire niais derrière son masque – et il ne savait même pas pourquoi –, assez de Naruto qui voulait toujours qu'on le voie alors qu'on le voyait déjà, et assez même de Lee qui d'ordinaire savait se calmer plus facilement à ses remarques. Même faire un feu pour camper, la veille de passer la frontière, semblait une difficulté majeure à traverser pour la petite bande. Il se demandait si la Hokage ne voulait pas plutôt semer le désordre dans l'équipe et le tester pour savoir s'il resterait ou pas au vu des circonstances.
Soupirant encore de lassitude et d'agacement, Sasuke décréta qu'il avait besoin d'un câlin. C'était ainsi que cela s'appelait, et il n'y avait pas vraiment d'autre mot, d'après Lee, pour définir sa façon de le prendre dans ses bras. Cela l'énervait, mais c'était un fait, de la même façon d'ailleurs qu'il avait juste décrété vouloir un câlin, parce qu'un Uchiha n'a jamais besoin de quelque chose qu'une tierce personne puisse lui donner, et surtout pas d'une telle démonstration d'affection. Au moins, de cette façon, il pouvait éloigner Lee du reste de l'équipe et le faire taire. Il aurait son silence, Sakura adoucirait Naruto en étant obligée de porter son attention sur lui, Kakashi cesserait forcément ses petits regards désobligeants.
Sasuke avait peut-être compris pourquoi le ninja copieur l'observait ainsi. Il cherchait la faille. Il allait même finir par la trouver si cela continuait. Sasuke n'avait pas de faiblesse, même vis-à-vis de Lee. Il devait absolument montrer à son malicieux professeur qu'il n'avait besoin de personne, pas même de Lee, et que c'était lui qui maîtrisait la situation et personne d'autre.
Kakashi guettait l'instant où Sasuke voudrait se réfugier auprès de Lee, qu'il avait potentiellement esquivé pendant tout le trajet. Il détestait montrer ses sentiments, affection à Lee incluse, surtout devant son équipe, parce que tous ricanaient derrière son dos. Kakashi pensait avoir trouvé la faille, Naruto se foutait de sa gueule parce qu'il était soi-disant mignon – et un Uchiha n'est jamais mignon –, et Sakura les fixait ostensiblement, les yeux brillants de convoitise.
Alors le brun se résigna :
« Lee, viens. »
Le fauve resplendissant de Konoha ne se le fit pas dire deux fois. Sasuke avait ses bras croisés sur son torse, ses mèches retombaient devant ses yeux et on percevait dans ses prunelles quelque chose d'animal qu'il n'adoptait que lors d'un combat. Sasuke savait se faire communicatif, et présentement, l'expert en taijutsu avait parfaitement compris qu'un contact s'imposait. Gardant son air sérieux, l'Uchiha lui intima d'un coup de tête une zone ombragée par des arbres aux troncs lisses et larges. C'était l'endroit où il avait posé son sac – et ce n'était aucunement lié à l'ambiance glauque de l'endroit, comme l'avait ironiquement fait remarquer Naruto.
« Et assieds-toi. »
Lee obtempéra dans la seconde qui suivit en déglutissant, posant son dos contre le bois doux. Un Sasuke si froid et furieux vous foutait les jetons. Ce qui lui donna encore plus la chair de poule fut l'arrivée prédatrice du ninja vers lui, son geste pour s'accroupir face à lui, et surtout son poing gauche qui saisit son col sèchement. Mais dès l'instant où le visage pâle plongea vers lui, Lee comprit ce qu'il se passait et les raisons du comportement agressif de Sasuke, compensation à ses gestes futurs. Il avança également ses lèvres et rencontra celles de l'Uchiha.
De là où les autres étaient, ils ne pouvaient rien voir. De là où était Lee, Sasuke faisait une demi-tête de plus que lui, glissait sa langue dans sa bouche d'une façon telle qu'il lui donnait d'incontrôlables frissons d'excitation, et maîtrisait toujours totalement leurs gestes par sa prise sur le haut de sa combinaison.
Lorsque Sasuke posa sa main droite sur son bras, Lee pensa que c'était bon – ou ne pensa en fait plus du tout – et attrapa Sasuke par le dos à pleins bras, le rapprochant de lui et approfondissant le baiser, surprenant l'autre qui, contrairement à ce que Sakura supposait, ne s'écarta pas pour protester. L'Uchiha tomba même sur les genoux et saisit épaules et tête de son amant, son visage à présent de trois quarts à l'assistance qui ne pouvait détacher ses yeux de la scène.
Voir Sasuke embrasser quelqu'un, surtout une personne aussi spéciale que Lee, donnait une impression à la fois étrange et euphorique, comme si les entrailles s'étaient mises en mouvement en même temps que les deux jeunes gens.
« Sakura-chan ? chuchota la voix de Naruto, inquiète et hésitante, à côté d'elle.
— Qu'est-ce qu'il y a ? répondit la jeune fille, ses yeux verts suivant l'échange lointain avec avidité, captivée.
— Je peux t'embrasser ? »
Sakura eut un sursaut de surprise alors que la main de Naruto se posait sur la sienne et, aussi vite qu'elle s'était éloignée, elle revint à la charge pour lui donner un énorme coup de poing en hurlant :
« Non mais ça va pas la tête ?! »
Les cris de protestation de Naruto alors qu'il se faisait poursuivre résonnèrent dans la clairière, donnant un fond sonore pas trop désagréable pour Sasuke qui retrouvait complètement ses bases et s'appuyait suffisamment sur Lee pour finir par le faire glisser sur le côté et s'étaler par terre. Les deux ninjas oublièrent même Kakashi qui se retrouvait légèrement frustré de voir qu'aucune faiblesse n'était perceptible chez l'Uchiha, que ça ne le dérangeait pas plus que ça d'embrasser carrément son amant devant les autres, et même de se laisser maîtriser par lui selon son bon vouloir – Lee avait à présent fait rouler Sasuke et se tenait partiellement au-dessus de lui à l'aide de ses bras.
Sasuke se sentait bien, à l'aise et reposé. Le combat non bruyant qu'il venait d'engager était la chose qui lui avait le plus manqué ces derniers jours. Il avait eu besoin de distance, parce qu'il y avait eu un trop plein de contacts avant, et à présent il se rendait compte qu'une part des choses pouvait se faire simplement. D'autant plus que Lee embrassait très bien. Du moins c'était la façon dont il souhaitait, lui, être embrassé. Sakura aurait certainement trouvé cela dégueulasse, même si elle avait aimé Lee.
Soudain, le jeune homme se figea. Un souffle à sa droite, dans le bois, avait attiré son regard. Pour ne pas éveiller l'attention des autres, il continua d'embrasser son amant comme si de rien n'était, mais les éclats rouges de ses yeux regardant dans la direction de la présence ne trompèrent pas Lee qui conservait toujours ses trop grands yeux seulement mi-clos.
« Sasuke… Qu'est-ce qu'il y a ? »
Le brun hésita, lança un regard menaçant à l'autre – littéralement « Si tu dis quelque chose je te casse la gueule » – et finit par répondre :
« Lee, je n'y arriverai pas tout seul. »
Les Sharingan toujours allumés restaient tournés vers le noir, juste parce que Sasuke ne voulait pas reconnaître ce genre de chose en face.
« Hein ? demanda Lee, pas vraiment sûr de ce que l'Uchiha insinuait.
— Quand on sera face à lui, il faudra que tu participes. Je serai assez fort avec du soutien.
— Oh… »
Lee sourit. Cette reconnaissance de la part de Sasuke, il l'attendait depuis très longtemps. En guise d'accord, il replongea sur les lèvres du brun puis descendit dans son cou sous l'injonction de la main de l'autre. Sasuke ferma les yeux. Il y avait quelque chose de purement érotique à cette situation. Il ne savait pas pourquoi, mais se montrer ainsi, avec cette sorte de faiblesse que pouvait figurer Lee, était extrêmement jouissif. Parce qu'il savait bien que Lee était très fort, et qu'à eux deux ils pouvaient massacrer n'importe qui, parce que son attachement à Lee le rendait justement bien plus puissant et que Lee faisait partie de lui à présent, bien plus même que l'équipe sept. Plus aucun mouvement dans l'ombre à présent, il avait peut-être rêvé, mais il y pensait encore. C'était tellement ironique, il voulait y penser encore et encore : montrer à Itachi sa faiblesse et le battre quand même, avec Lee, parce que s'il était sa faiblesse, il faisait bel et bien partie intégrante de lui.
« Lee, remonte immédiatement. »
Lee explosa de rire en voyant les joues rouges de Sasuke. Cela faisait bien une semaine qu'ils étaient partis et qu'ils ne s'étaient pratiquement pas touchés – d'autant plus que Sasuke refusait catégoriquement de dormir à côté de lui –, mais au point que le brun ait envie de lui si facilement… On parlait d'un Uchiha ! Ricanant toujours d'un air sadique, Lee n'obéit pas le moins du monde et mordilla un morceau de chair abdominale à travers le tissu qui le recouvrait – l'Uchiha ne s'était toujours pas résigné à mettre l'horrible veste de tout jônin, et c'était tant mieux. Sasuke eut un sursaut et protesta vivement, renversant Lee et donnant un coup de rein bien placé qui fit sortir du fauve de jade un gémissement de douleur – sous le regard avide de Kakashi qui ne parvenait même plus à faire semblant de lire Icha Icha Tactics. Dix minutes plus tard, les deux jeunes gens s'étaient endormis – sans avoir rien fait de concret, ils étaient en mission, tout de même.
Lorsque Naruto réveilla Sasuke pour son tour de garde, il ouvrit des yeux grands comme des soucoupes. À la question silencieuse de Sasuke, il fixa avec insistance son entrejambe, puis articula, ahuri :
« Sasuke… Tu… Tu bandes ! »
Le brun eut un sourire en coin, se dégagea de Lee, pouffa, souffla un grand coup et s'assit, grommelant :
« Bon, maintenant tu sais pourquoi je ne voulais pas dormir avec lui. »
Naruto s'éloigna en baragouinant une espèce de charabia dans lequel Sasuke perçut vaguement les mots « Uchiha », « frigide », « gros-sourcils » et « incompréhensible ».
« Naruto ! » énonça Sasuke.
Le blond se retourna, l'air toujours atterré, et Sasuke ajouta :
« Tu feras un parfait combattant face à Hoshigaki Kisame.
— Tss… Si c'est pour m'éloigner de toi et d'Itachi, crétin, tu perds ton temps ! grogna Naruto, son regard bleu rivé dans celui de son meilleur ami.
— Je serai avec Lee. Naruto, tu sais très bien que tu es fort, tu l'as assez prouvé, non ? »
Le blond regardait toujours son ami en s'allongeant le plus près possible de Sakura, croisant ses bras derrière sa tête. C'était comme cette fois là. L'ambiance, la façon dont Sasuke avait dit ces mots… « Il faudra que je t'affronte, toi aussi ».
Il rit doucement :
« Sasuke, tu vas baliser aussi, mais t'assures. » Moi aussi, je veux me battre contre toi.
Reconnaissance égale. Le brun ne manqua pas de grogner, sourire en coin à l'appui tandis qu'il s'adossait à son arbre, et conclut :
« Hn. Bien sûr. »
À suivre
