Disclaimer : Les personnages de Gravitation ne m'appartiennent malheureusement pas. Ils appartiennent tous à Maki Murakami.
Note de l'auteur : Voici le deuxième chapitre ! Je voulais vous avertir que dans cette fanfiction, le caractère d'Eiri est quelque peu changé. La colère qu'il nourrit envers sa famille n'aide pas à adoucir son caractère. Par contre, vous comprendrez mieux dans quelques chapitres ses sentiments envers sa famille et Shuichi. Sur ce bonne lecture !
XoXoX
Chapitre 2
POV Yuki
Je suis enfin sorti de ce trou à rats. J'ai retrouvé la tranquillité de mon appartement. Ce même appartement que j'ai quitté il y a un an. Rien n'a changé, tout est à sa place. Mais il manque quelque chose, une présence, une énergie qu'une seule personne peut dégager. Il manque Shuichi.
Je fais le tour des pièces, j'entre dans mon bureau pour y déposer mon portable. Je remarque le banc sur lequel il était presque toujours assis quand je lui permettais d'entrer dans la pièce. Je détourne le regard et sort. Arrivé dans le couloir, je tourne à droite et vais au fond où se trouve ma chambre. J'entre. Tout est propre, le lit au milieu de la pièce, la commode à la droite avec son miroir. Je me regarde dans le miroir, je n'aime pas ce que j'y vois. Mes traits sont tirés par la fatigue. Pourquoi ne me coucherai-je pas un petit instant ? Je m'étends sur le lit. Je me surprends à prendre son oreiller. Il sent encore son parfum, son odeur, son shampoing. Les fraises. Il les adorait tellement. Je ne peux pas oublier ce parfum.
Je suis libre, je peux faire ce qu'il me plaît, mais malgré tout ça, je suis encore emprisonné. C'est pire qu'avec Kitazawa. Je sais qu'il n'existe plus, qu'il est mort, donc il m'est plus facile de l'oublier, mais comment oublier une personne qui a changé ta vie et qui est tout prêt de toi. Il m'est impossible de l'approcher. Je ne peux même pas aller à l'un de ses concerts. Tout ce que je peux faire, c'est resté dans mon bureau à écrire des romans comme j'ai toujours fait. Je voudrais tellement le revoir, pouvoir lui parler, le toucher. Sentir sa peau si douce, ses lèvres si sensuelles. Rien que d'y penser, j'en ai des frissons. Cela me met hors de moi ! Pourquoi me manque-t-il tellement alors qu'il a témoigné pour me faire enfermer ? Il a dit tellement de grossièretés à mon sujet. Je ne pouvais pas croire que tous ces mots pouvaient sortir de sa bouche.
« … quand je suis entré dans la chambre, j'ai vu Tatsuha sur le lit. Enchaîné à celui-ci. Il était bâillonné. Je ne savais pas qu'il y avait une personne dans cette chambre. Yuki m'avait toujours interdit d'y entrer. Je suis content de l'avoir fait. Tatsuha était dans un état lamentable. Son corps était parsemé de blessures plus atroces les unes que les autres. Des marques de brûlures, des lacérations faites avec des lames, des fouets, il avait également beaucoup de bleus. C'était une vision d'horreur. C'est à cet instant que je me suis mis à Le détester, je voulais le quitter, aller appeler la police, l'ambulance. Il me répétait que c'était son frère qui lui avait fait toutes les blessures qu'il avait. Je voulais sortir Tatsuha de là. Il n'avait pas à subir les fantasmes de ce monstre. Je ne pouvais pas y croire, mais la réalité m'a frappé quand cette ordure est arrivée … »
À ce moment il m'a regardé dans les yeux. Mon regard devait être mauvais comme à l'habitude. Je me retenais pour garder mon calme. Je lui en voulais pour tout ce qu'il disait. Je lui en voulais de m'avoir désobéis en entrant dans la chambre. La suite des choses je n'avais pas le choix, même si je ne voulais pas lui faire de mal. Jamais, je n'aurais voulu lui faire ce que je lui ai fait.
« … il m'a empoigné par les cheveux et m'a traîné dans la chambre en n'oubliant pas de fermer la porte à clé derrière lui … sans crier gare, il m'a arraché mes vêtements et a empoigné une lame. Il m'a menacé avec en me disant que je lui avais désobéis qu'il n'était pas content … il m'a jeté sur le lit et s'est mis au-dessus de moi, il avait toujours la lame dans les mains … de l'autre, il tenait fermement mes poignets au-dessus de ma tête … j'avais tellement mal … il a déposé la lame à côté de ma tête et a commencé à … je ne ressentais aucun amour venant des ses gestes et de ses mots … il m'a dit que c'était ma punition pour avoir été trop curieux … il m'a attaché les poignets à la tête du lit et … il a menacé de me tuer si je parlais et il est sorti de la chambre. Ce monstre m'a laissé attaché là pendant un long moment, très longtemps … »
Je ne voulais pas croire que Shuichi ait pu dire du mal de moi. Il m'aimait tellement, j'avais beau lui dire des méchancetés, être froid avec lui, mais il revenait toujours avec un sourire. Des larmes apparaissent aux coins de mes yeux, mais je les chasse très vite. Je me lève et retourne dans le corridor. Je m'arrête devant une porte. J'hésite à entrer. Pourquoi suis-je incapable aujourd'hui de faire ce que je faisais à tous les jours ? Ma main se pose sur la poignée de la porte. Je tourne lentement celle-ci et j'ouvre la porte. Je reste à l'entrée de la chambre. La lumière entre par la fenêtre. Elle ne contient qu'un lit. Ce même lit sur lequel Tatsuha était. Un sourire me vient. Ce n'est pas parce que j'ai passé un an en prison que je vais regretter ce que j'ai fait. Il le méritait, c'était sa punition. Je sors de la chambre et referme la porte derrière moi. Je chasse les images qui me viennent en tête. Je vais à la cuisine et me prends une bière dans le réfrigérateur et vais ensuite m'asseoir sur mon sofa dans le salon. Je m'allume une cigarette.
J'aperçois Mika entrée par la baie vitrée avec une cigarette entre les doigts et elle vient se planter devant moi. Je croyais pourtant avoir bien fermer la porte à clé. Je voulais être seul, je sais que c'est la seule personne qui me parle encore en dehors de mon éditrice, mais je ne voulais pas entendre ses «bla-bla» sur sa vie. Puisqu'elle est venue me récupérer à ma sortie de prison, j'ai du endurer le récit de sa vie depuis un an. Elle n'est plus avec Tôma Seguchi, ce qui ne me surprend guère. J'ai toujours su que leur mariage était voué à l'échec. Ce n'est pas un secret pour personne que Tôma était avec ma sœur seulement pour être près de moi. Vraiment, j'ai beaucoup de difficulté à comprendre ce mec. Il fait tout pour se rapprocher de moi, mais ne vient même pas me rendre visite en taule. Pendant tout le trajet, elle m'a parlé du nouveau mec dans sa vie, comme s'il n'y avait que lui sur la planète. J'aimerais bien savoir les autres nouvelles.
Je l'ai laissé parler et me suis concentré sur autre chose. Après deux heures de route, nous sommes arrivés à mon appartement. Je ne lui ai pas laissé le temps d'arrêter le moteur de la voiture que j'étais déjà dans l'ascenseur avec mes maigres bagages. J'ai ouvert la porte et j'ai été directement m'asseoir sur mon divan dans le coin, après, bien sûr, avoir fermer la porte à clé, il me semblait, quoique la présence de Mika devant moi me laisse douter de ce fait. Rien n'a changé. Une seule chose cloche, je m'étais habitué à voir les choses appartenant à ce baka, mais là, il n'y a plus rien qui lui appartienne.
« Eiri, peux-tu me dire pourquoi tu es monté si vite ? » me demande-t-elle.
« Il n'y a plus rien. Même pas une petite chose qu'il aurait pu oublier. » Dis-je dans un murmure plus pour moi-même.
« De quoi parles-tu, Eiri ? »
Je ne réponds pas, je ne bouge pas. Mon regard reste évasif. Je dois absolument le retrouver. Il doit être au studio, mais est-ce qu'on me laissera entrer ? Je ne crois pas, mais je peux l'attendre devant. À moins que je précise que je vais voir Tôma. Pourquoi irais-je le voir ?
« Eiri, ne me dit pas que tu vas rester ici ? Il faut que tu recommences ta vie. Je pourrais venir habiter avec toi, comme ça, tu ne seras pas seul. »
« Je suis habitué d'être seul. Je voudrais justement que tu partes. »
Elle me regarde comme si je venais de la mettre dehors. C'est précisément ce que je viens de faire, mais elle ne bouge pas. Qu'est-ce qu'elle attend ? Je prends mon paquet de cigarettes et je m'en sors une autre que j'allume.
« Eiri, tu ne devrais pas fumer autant. » me sermonne-t-elle. Elle n'a rien à me dire, elle fume aussi. D'ailleurs cela me surprend, elle ne fumait pas il y a un an !
« Ce n'est pas de tes affaires ! » lui dis-je en me levant pour me diriger vers mon bureau. « De toute manière, c'est le seul plaisir qu'il me reste. » dis-je dans un murmure. Elle ne bouge pas. Parfait, elle ne viendra pas m'embêter dans mon bureau. J'entre dans la pièce et vais m'asseoir sur ma chaise. Ma table de travail est recouverte d'une couche de poussière blanche. Je ne m'en préoccupe pas pour l'instant et j'ouvre mon portable. Il me demande mon mot de passe. Shuichi. Ensuite, j'ouvre le dossier contenant mon journal. Mot de passe. Kitazawa. La dernière fois que j'ai pu écrire c'était il y a un an avant mon procès. Je vais voir la dernière page.
Aujourd'hui, c'est la dernière fois que je vais pouvoir écrire dans ce journal. Dans quelques heures, j'ai mon procès. Je vais revoir Shuichi, mais je ne pourrai pas être seul avec lui. Je voudrais tellement pour une dernière fois goûter ses lèvres, le sentir dans mes bras, mais c'est impossible. Je vais être condamné à ne plus revoir celui qui m'a appris à aimer à nouveau.
Je ferme violemment mon portable. Mon regard se pose sur le banc de Shuichi. Je me lève, le prend et le balance à travers la pièce. Pendant quelques secondes, je ne bouge pas, ensuite je sors de mon bureau. Je ne sais pas ce qui m'a pris. Je n'ai pas l'habitude de lancer des objets, mais de voir ce banc a réveillé trop de sentiments en moi et je ne l'ai pas supporté. J'ai ressenti une rage montée que je ne peux pas décrire. J'ai le goût de tout casser sur mon passage. J'arrive dans le salon et m'aperçois que ma sœur n'est plus là. Parfait, elle a compris le message. Je n'ai jamais eu besoin de personne pour vivre et ce n'est pas aujourd'hui que cela va changer. Non. J'ai besoin d'une personne pour vivre, même de deux, mais la plus importante, c'est Shuichi. L'autre n'était qu'un jouet pour assouvir mes besoins sexuels.
Quelque chose attire mon attention sur la table basse du salon. Une note de Mika. Je suis partie chercher quelques affaires et je reviens. J'ose espérer que tu seras encore là ! Ptfff. Elle croit vraiment qu'elle va pouvoir dormir ici. Il n'en est pas question. Je ne l'accepterai pas. D'ailleurs n'a-t-elle pas un petit ami pour s'occuper ? De toute manière, je vais sûrement rester enfermé dans mon bureau puisque je veux commencer un nouveau roman. Une idée a germé dans mon esprit depuis que je suis sorti, il me reste à la développer. Je vais devoir également appeler mon éditrice pour l'avertir et avoir mon «deadline».
Soudain, j'entends une musique. Comment se fait-il que la télévision soit allumée ? Ce n'est pas moi qui l'ai fait ! Pourtant je suis seul dans l'appartement. Elle est au poste que ce baka regardait en permanence. Quoique cela ne me dérangeait pas puisque j'étais dans mon bureau et que je pouvais avoir la paix de cette façon. Mes yeux se posent sur un jeune homme. Il me dit vaguement quelque chose, mais je ne pourrais pas dire pourquoi ! Il a les cheveux noirs avec des reflets bleus qui lui descendent sur les épaules. Ses yeux sont violets. Sa voix est sublime. Attendez ! Mais, ce ne peut pas être lui ! Non ! Cela fait un an que je ne l'ai pas vu. Je l'ai entendu plusieurs fois, mais pas vu des mes yeux ! Shuichi. L'écran de télévision me le confirme en affichant le nom du groupe qui vient de chanter. Bad Luck.
Je me laisse tomber sur mon divan. Je ne crois pas que je vais être plus heureux en liberté qu'en taule. Après avoir éteint la télévision, je décide de retourner m'asseoir devant mon portable et de commencer mon nouveau roman. Celui-ci parlera d'un homme qui a perdu l'amour de sa vie, mais je ne sais pas encore comment il va se terminer ! Je sais que je vais sûrement rester ici des heures sans sortir comme me le reprochait souvent Shuichi. Pourquoi toutes mes pensées me ramènent-elles à lui ? Je m'allume une cigarette et j'essaie de relaxer. Il est tellement plus beau aujourd'hui. Ce n'est pas que je n'aimais pas ses cheveux roses, mais maintenant il est tellement plus sexy.
XoXoXoXo
POV Shuichi
« La li oh » dis-je sur un ton lasse en entrant dans le studio où m'attendaient les deux autres membres du groupe et notre manager.
À peine avais-je mis un pied dans le studio que je me retrouve avec un magnum braqué sur ma tempe gauche. Décidément, K ne changera jamais. Je sais, je suis largement en retard ! Pour une fois, j'ai une bonne excuse. S'ils ont regardé le bulletin de nouvelles hier soir, ils comprendront. Pour l'instant, je suis dans l'impossibilité de les renseigner. Je ne me préoccupe pas du magnum et je continue à avancer comme un automate. Je vais m'asseoir sur la chaise dans le coin droit du studio et je soupire. Je n'ai pas vraiment le goût d'être là en ce moment. Je voudrais être aux côtés de Tatsuha et le soutenir du mieux que je peux. Mika a téléphoné avant que je quitte l'appartement, mais je n'ai pas pu savoir ce qu'elle voulait. Je sens les regards tous dirigés vers moi.
« Quoi ? »
« Que se passe-t-il ? Pourquoi fais-tu une tête d'enterrement ? » me demande Hiro.
Dois-je leur dire ? C'est vrai, cela fait maintenant un an qu'ils ne m'ont pas vu déprimer. Une seule personne peut me rendre dans cet état, c'est Yuki. Maintenant qu'il est libéré …
« Shuichi, la terre appelle la lune. »
Je lève mon regard et je vois Hiro qui me parle. « Oui, excusez-moi. Je ne me sens pas très bien, aujourd'hui. » leur dis-je en espérant qu'ils me croiront. « Euh … » Je sors de mon sac à dos mon calepin de notes et je tourne les pages jusqu'à ce que j'arrive aux paroles que j'ai réussi à écrire hier soir. « Tenez, ce sont les paroles que j'ai écrites hier soir. »
Hiro me prend le calepin des mains et commence à lire. Une fois terminée, il le passe à Suguru qui lit à son tour.
« C'est bon, nous pouvons maintenant faire les arrangements musicaux pour ces paroles. »
« Hum. » Je suis incapable de me concentrer sur mon travail. Je vois à peine Hiro et Fujisaki s'activer dans le studio et je vois encore moins K me fixer. Pourquoi n'ai-je que l'image de Yuki sortant de prison ? Pourquoi ne puis-je pas penser à autre chose que l'appel de Mika de ce matin ? Je me demande dans quel état est Tatsuha présentement. Je ne voulais pas le laisser seul, mais il m'a presque poussé dehors pour que je vienne travailler en me disant que tout irait bien. Je veux bien y croire, mais je ne peux pas m'empêcher de douter.
« Shuichi ! »
Hiro m'interpelle, mais je ne réponds pas. Je me lève tranquillement et je sors du studio. J'erre dans les couloirs. Une main vient se poser sur mon épaule.
« Shuichi, peux-tu me dire ce qui se passe ? »
«Hiro, si tu savais … »
« Je veux savoir, Shuichi ! Qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi es-tu dans cet état ? »
Je m'effondre à terre. La pression est trop forte. Je ne peux pas garder tout pour moi. Je dois leur dire. Ils ont le droit d'être au courant.
« Il est … il est sorti … » dis-je tout bas. Les larmes coulent sur mes joues. Mon corps tremble. De peur ? De peine ? De froid ? Je ne saurais le dire.
« Qui ? Qui est sorti ? » Me demande Hiro d'une voix douce. Ses bras entourent mes épaules. Il pose son menton sur mon épaule gauche. Il me serre contre lui. Je suis à genoux, lui dans mon dos. Tranquillement, je vais me tourner et le serrer à mon tour et je vais pleurer.
« Il est sorti … de … » Je suis incapable de sortir la suite. Il ne parle pas. Il me serre un peu plus fort dans ses bras. Je me sens bien. Je me sens en sécurité. Après quelques minutes, je laisse échapper ce que je n'étais pas en mesure de dire. « Yuki … prison. »
Je ne sais pas s'il a compris quelque chose, mais il resserre encore son étreinte. S'il continue, il risque de m'étouffer. Il m'aide à me relever et nous retournons au studio. Je retourne m'asseoir pendant qu'Hiro et Fujisaki font les arrangements musicaux. Je prends mon calepin et j'essaie d'écrire d'autres chansons.
Le reste de la journée passe rapidement. Au dîner, je suis monté sur le toit avec Hiro. Je n'ai pas beaucoup parlé et il m'a respecté dans mon choix. J'essayais de m'enlever de la tête l'image que j'avais. Décidément, son image ne veut pas me quitter. Pendant un an, j'ai réussi à ne pas penser à lui et maintenant qu'il est libre, il me hante.
Dans l'après-midi, ils m'ont fait écouter le résultat de leur labeur du matin. J'ai bien aimé. Ils ont choisi une musique douce, un peu mélancolique. Elle colle bien avec les paroles de la chanson. Je ne pouvais pas écrire quelque chose de joyeux, pas hier soir. Nous allons pratiquer un peu avant de souper. K ne veut pas nous laisser partir tant et aussi longtemps qu'elle ne sera pas parfaite. Il est content parce que ce matin j'ai fait l'ébauche d'une autre chanson, donc demain mes coéquipiers pourront travailler sur la musique. Je réussis finalement à suffisamment me concentrer pour que K nous laisse partir. Il est plus de vingt-deux heures. J'espère que Tatsuha n'est pas couché.
Je suis réellement épuisé et les larmes menacent encore de couler. Hiro me voit et me dit de l'attendre. Il prend ses choses et nous nous dirigeons vers sa moto. Il vient me reconduire chez moi.
Nous arrivons à la maison. Il gare sa moto devant la porte. Je débarque de la moto et je cours jusqu'à la porte que j'ouvre sans ménagement. Je m'engouffre à l'intérieur, j'enlève mes souliers et je vais directement à la chambre. La porte est fermée. Je l'ouvre et j'aperçois Tatsuha qui est couché. Je m'approche du lit et me mets à genoux. Il dort. Je prends une des ses mains et la serre fortement. Les larmes coulent sur mes joues, je suis incapable de les retenir. Je n'ai jamais réussi. Yuki me le reprochait souvent. Je secoue ma tête. Non ! Je ne veux pas penser à lui !
« NON ! »
Je vois Tatsuha ouvrir les yeux. Je ne m'étais pas aperçu que j'avais crié. Il me regarde et semble comprendre. Il s'assoit. Je réussis malgré mes tremblements à m'asseoir à ses côtés. Il ne me regarde pas. Je voudrais qu'il m'embrasse, mais il ne fait rien.
« Tat …»
« Non, Shuichi. Je sais. » Me dit-il en regardant à mon opposé.
« Tu sais quoi ? Je ne comprends pas. »
Ses épaules tressaillent. J'entends ses sanglots. Dans un murmure il me demande de sortir de la chambre, de le laisser tranquille.
« Pourquoi ? Nous devons surmonter cette épreuve ensemble, Tat-chan. »
« Non, Shuichi. Je sais que tu as encore des sentiments pour lui. »
« Quoi ? Tatsuha, tu n'es pas sérieux ! Je n'ai plus aucun sentiment pour lui. Comment pourrais-je en avoir encore ? » Je ne comprends pas pourquoi mon cœur se serre seulement à en parler. Je ne l'aime plus, c'est Tatsuha que j'aime. C'est lui mon amant maintenant. Je ne peux pas aimer Yuki. C'est impossible. Comment pourrais-je aimer un homme qui a maltraité son frère et son amant ?
« Laisse-moi. » me dit-il.
Je voudrais rester, mais je sors de la chambre. Peut-être veut-il réfléchir ? Je me rends dans le salon où je vois Hiro assis sur le divan. Il me regarde, je vais directement m'asseoir. Je ne veux pas perdre Tatsuha. Je veux que nous surmontions cette épreuve ensemble. J'ai besoin de lui. Je remonte mes genoux sur mon torse, enroule mes bras autour et pose ma tête sur mes genoux. Les larmes coulent encore, elles sont silencieuses. Hiro ne dit pas un mot. Il attend peut-être que je parle, mais je n'ai pas le goût.
Je me sens seul, délaissé par la personne que j'aime. Au même moment, je me surprends à penser à Yuki. Je secoue ma tête. Non, ce n'est pas lui que j'aime, c'est Tatsuha.
« Shuichi. » Hiro a murmuré mon nom en passant son bras autour de mes épaules. J'accote ma tête sur son épaule. Je ne bouge plus. Je ferme mes yeux. Mes larmes coulent toujours, mais aucun son ne sort. Je voudrais crier mon désespoir, ma peine, ma colère. Je vais finir par m'endormir.
Le lendemain, je me fais réveiller par une voix que je connais très bien, celle de Tatsuha. J'ouvre lentement les yeux et je m'aperçois que je suis couché sur le divan. Hiro n'est pas là. Il est sûrement parti pendant que je dormais. Tatsuha est agenouillé à côté du divan et me regarde. Je remarque qu'il a les yeux rouges, il ne doit pas avoir beaucoup dormi cette nuit. Je me lève lentement et m'assois. Il ne me parle pas, mais accote sa tête sur mes genoux. Nous restons un bon moment dans cette position sans parler ni bouger.
« Je m'excuse Shuichi. » murmure Tatsuha. « Je ne voulais pas te faire de peine. Je ne veux pas te perdre. J'ai tellement peur. »
Je passe ma main dans ses cheveux. Je voudrais pouvoir le rassurer, mais peut-on rassurer une personne quand nous ne pouvons pas le faire pour nous-même ? Il lève ses yeux vers moi. Je prends son visage entre mes mains et vais l'embrasser. Un simple baiser pour essayer de le rassurer.
« Je t'aime Tat-chan. » lui dis-je.
« J'ai tellement peur, Shu. Je ne veux pas que tu me quittes. »
« Pourquoi te quitterai-je, Tat-chan ? » lui demandai-je sans vraiment comprendre. Jusque-là, il me regardait dans les yeux, mais il détourne le regard au moment où je pose ma question.
« Tu l'aimais tellement, tu étais follement amoureux de lui. Tu ne voyais que lui. Qu'est-ce qui me prouve que tu ne retourneras pas vers lui ? Qu'est-ce qui me dis que tu ne l'aimes pas encore ? Que tu ne serais pas avec moi seulement parce que je lui ressemble ou que tu as pitié de moi ? »
CLAC
Le coup est parti seul. Je n'ai pas réfléchi à ce que j'ai fait. Je le regrette déjà, mais ce qui est fait, est fait. Tatsuha me regarde avec des larmes dans les yeux. Il se tient la joue sur laquelle je lui ai donné une claque.
« Je t'interdis de penser cela ! Tu n'as pas le droit de douter de mon amour pour toi ! Je t'aime TOI pas LUI ! Vas-tu arrêter de penser que je l'aime encore ? Après tout ce qu'il nous a fait, je ne crois pas être capable d'aimer un monstre comme lui ! Jamais ! Qu'il n'ose même pas se montrer devant moi, sinon … sinon … »
Je suis incapable de finir ma phrase. Les larmes coulent abondamment sur mes joues. Qui suis-je en train de convaincre, Tatsuha ou moi ? Peut-être a-t-il raison ? Est-ce que j'aimerais encore Yuki malgré tout le mal qu'il nous a fait ? Non ! Je ne veux pas le croire !
XoXoXoXo
POV Yuki
Quatre heures déjà que je suis assis à mon bureau à essayer de pondre quelque chose. Malgré tout, la page reste blanche. Je ne réussi pas à écrire quoi que ce soit. Dans mon cendrier qui traîne sur mon bureau, je peux compter dix mégots de cigarette et il y a presque autant de cannettes de bière. Je n'ai rien mangé depuis que je suis sorti. Je n'ai pas faim. Je ferme Word et mes yeux fixent l'écran. Pourquoi gardais-je ce fond d'écran ? Voir cette image me fait trop mal. Voir l'homme qui est sur cette image me serre le cœur et me l'émiette. Je ferme les yeux un instant. Quand je les ouvre, je ferme l'ordinateur et je vais dans le salon. Je m'assois sur mon divan, au même moment la sonnette retentit. Je ne veux pas répondre, je veux être seul. Je sais très bien que c'est Mika. Elle continue à sonner. Je finis par me lever parce que le son de la sonnette m'agresse royalement. J'ouvre la porte sans ménagement.
«Quoi ? » lui lançai-je avant de m'apercevoir que ce n'est pas Mika, c'est pire encore, c'est Tôma. Naturellement, il n'a pas perdu l'habitude de m'emmener des gâteaux quand il vient me voir. Comme je n'ai rien mangé depuis hier, j'accepte qu'il entre pour pouvoir manger.
« Bonjour, Eiri-san. »
Je ne réponds pas, je prends la boîte de gâteaux et je vais m'asseoir sur le divan. Je sais très bien qu'il va me suivre. Il ne pourrait pas seulement me donner les pâtisseries et partir. Non ! Il doit absolument coller chez nous. Et si j'appelais Mika pour qu'elle vienne le chercher ? Je ne crois pas qu'elle m'aiderait sur ce coup-là. J'oubliais qu'ils ne sont désormais plus ensemble, de plus elle me dirait sans doute que cela peut juste me faire du bien d'avoir de la compagnie. Quelle idée ! La seule compagnie que j'accepterais sans broncher, c'est Shuichi, mais malheureusement, c'est impossible, quoi que … Non ! Je ne peux pas. Je dois le laisser vivre sa vie. Je ne peux plus l'approcher, le prendre dans mes bras, sentir son parfum aux fraises, l'embrasser tendrement …
« Eiri-san ? Est-ce que ça va ? » me demande l'imbécile blond assis à mes côtés.
« Hum. » Je ne peux pas répondre plus parce que j'ai la bouche pleine. Ce serait impoli. J'y pense, pourquoi serais-je poli avec lui ? Parce qu'il m'a sauvé il y a 9 ans ? Non ! Sûrement pas. De toute manière, pourquoi vient-il me voir quand il ne l'a pas fait la dernière année pendant que j'étais enfermé ?
« Eiri, Mika m'a demandé de passer te voir. Elle s'inquiète beaucoup, elle ne veut pas que tu passes tes journées enfermées dans ton bureau et elle veut aussi s'assurer que tu te nourris bien. »
Voilà ma réponse. Il n'est pas venu de par lui-même, c'est Mika qui l'envoie. Elle fait semblant de s'inquiéter, mais n'est pas capable de venir elle-même. Bon, d'accord, je lui aurais sûrement fermé la porte au nez, mais je ne trouve pas que c'est une raison de m'envoyer son cher ex-mari pour ça. Elle pouvait très bien appeler. D'accord, d'accord, c'est vrai, je lui aurais raccroché la ligne au nez.
« Vous n'êtes pas séparés ? » Cela me turlupine. Elle est divorcée de lui, mais l'appelle pour qu'il vienne me voir.
« Oui, mais nous n'avons pas arrêté pour autant de se parler, Eiri-san. »
D'accord, je vais lui dire que tout va bien, que je me porte à merveille et ensuite il me foutra la paix.
« Je vais bien, je suis en pleine forme. Je travaille sur mon prochain roman. Je n'ai pas changé d'habitude, cela fait au moins cinq ans que je vis de cette façon et ce n'est pas aujourd'hui que je vais changer. » lui dis-je avant d'engouffrer le dernier gâteau dans ma bouche. Pensant que la conversation est terminée, je me lève et me dirige vers mon bureau quand Tôma m'arrête. Je me tourne et lui lance un regard énervé.
« Eiri, je m'inquiète également pour toi. Je … »
Il ne continue pas sa phrase et s'approche de mon visage. Je sais très bien ce qu'il essaie de faire. Cela fait neuf ans qu'il essaie, mais je ne veux pas. Il ne m'aura pas. Il est le mari de ma sœur, je ne peux pas lui faire cela. Merde ! C'est vrai, maintenant, c'est l'ex-mari de Mika. Est-ce que je vais m'y faire ? Je ne pense pas. De toute façon, je suis supposé être un fou dangereux. Je me recule et entre dans mon bureau. Je sais qu'il va partir. Je me rassis à mon bureau et rallume mon ordinateur. Le fond d'écran apparaît.
« Yuuuukkki ! Je suis arrivé ! »
« Est-ce que tu peux crier un peu moins fort, baka ! »
« Yuki, tu es méchant quand tu m'appelles comme ça ! » me dit-il avec une mine boudeuse.
« Est-ce que tu veux que je te montre comment je peux être méchant ? » lui dis-je en le prenant par le poignet et l'emmenant dans la chambre.
Je l'envoie valser sur le lit. Il me regarde avec de grands yeux. Il ne m'a jamais vu dans cet état de colère. Je m'approche du lit où il s'est assis et continue de me regarder. Des larmes menacent de couler.
« Déshabilles-toi ! » lui ordonnai-je. Il ne fait aucun geste. « Aller, qu'est-ce que tu attends ? »
Il commence à se déshabiller tranquillement, je le vois trembler, il a peur. Je me sens mal, mais je suis incapable de me calmer. Il ne va pas assez vite à mon goût, je l'aide en lui arrachant ses vêtements. Il me crie d'arrêter. Je ne l'écoute pas.
« Tournes-toi ! »
Il s'exécute sachant probablement que rien ne me ferait changer d'idée. J'enlève mon pantalon et me prépare pour le pénétrer. Pourquoi le préparer ? Il n'a pas besoin de préparation, il n'avait qu'à pas m'énerver en criant. Donc, je le pénètre d'un coup. Il laisse passer un cri assez fort de ses lèvres. Je pose mes mains sur ses épaules et je commence des mouvements de bassin. Je sais qu'il pleure et je commence à me sentir un peu honteux. Je vais de plus en plus vite et finalement je me soulage en lui. Je me retire, prends mes choses et vais dans la salle de bain pour prendre une douche.
Je suis dans la douche, l'eau coule sur mon corps. Je n'arrive pas à croire que je viens de faire ça à Shuichi, à cet être si innocent, si pure. Je m'en veux. Il est trop tard. Va-t-il partir ou rester ? Je vais m'excuser, je vais lui offrir d'aller voir un film, celui qu'il veut, même si je risque de ne pas aimer. Oui, oui, vous avez entendu, je vais m'excuser.
Je reviens à la réalité. Je ne me suis jamais excusé. J'ouvre Word pour continuer mon chapitre, mais son image hante mes pensées.
J'entre dans la chambre, il est couché et semble dormir. Je me couche de mon côté et m'endors assez vite. Quand je me réveille quelques heures plus tard, non, pas possible, seulement une demi-heure plus tard, merde, je perds vraiment la notion du temps, bref, il n'est plus à mes côtés. J'attends un moment pensant qu'il est allé aux toilettes, mais il ne revient pas. Son sac est toujours là, parfait, il n'est pas parti. Je sors de la chambre et vais dans le salon. Parfois, il dort sur le divan, mais je ne me rappelle pas le lui avoir demander. Il n'est pas là. Mais où peut-il bien être ? En fermant les yeux pour réfléchir, j'entends des voix. Merde ! Bordel ! Ce n'est pas vrai. Je lui avais pourtant interdit d'aller le voir ! Est-ce que c'est dur à comprendre ? Je me dirige vers la pièce en question et j'ouvre la porte sans m'annoncer.
Le regard que j'ai vu à ce moment là, je ne l'oublierai jamais. C'est justement ce regard qui me hante. La peur pouvait se lire très facilement sur son visage. Il savait que je n'étais pas content et que je pouvais faire des gestes que j'allais regretter toute ma vie et c'est exactement à partir de ce moment que tout a chamboulé.
Je me prends une cigarette et je l'allume. Pourquoi suis-je incapable de me l'enlever de la tête ? Pourtant je connais la réponse, je l'aime encore et je l'aimerai toujours. C'est le seul homme que j'ai été capable d'aimer après Kitazawa. Personne d'autre n'avait eu droit à mon amour autant les femmes que les hommes. J'ai tout gâché. Je ne croyais pas m'attacher à lui autant. Je voulais surtout m'amuser avec lui comme je l'ai fait avec tous les autres, mais quand je me suis aperçu que je tenais à lui, il était trop tard.
Dring, Dring, Dring
Maudit téléphone, ils ne peuvent pas me laisser tranquille. Je décroche sans trop le vouloir.
« Allo. » dis-je sans conviction, voulant en finir au plus vite.
« Eiri, c'est Mika. » Comme si je ne le savais pas déjà. « Tu dois venir à Kyoto, père veut te voir. »
« Il n'en est pas question. Je ne voulais pas le voir il y a un an, ce n'est pas aujourd'hui que je vais changer d'avis. » lui dis-je voulant couper cours à la conversation.
« Je viens te chercher. » me dit-elle avant de raccrocher. Eh merde ! Je ne pourrai pas m'en sauver.
Pourquoi veut-il me voir ? Pour encore me parler de mariage avec cette Ayaka ? Je ne veux rien savoir. Une seule personne habite mon cœur et c'est Shuichi. Même si je sais que je ne peux plus rien avoir de lui, je continue à l'aimer et rien n'y changera, même pas mon stupide de père. Je n'ai pas été surpris qu'il soit du côté de Tatsuha, son fils chéri. Il l'a toujours préféré à moi.
D'accord, j'avoue, je n'ai pas toujours été facile, mais je voulais attirer son attention pour qu'il s'occupe enfin de moi. La seule personne à s'être vraiment occupé de moi, c'est ma mère. Depuis qu'elle est décédée, j'ai cessé d'exister aux yeux de notre père. C'est à ce moment que je suis devenu difficile. Tatsuha a toujours eu les grâces de notre père, même s'il court à droite et à gauche, il est le favori. Il ne lui causait pas de trouble parce qu'il ressemblait en tout point à un Japonais, ce qui n'est pas mon cas. Il voulait reprendre le temple familial, moi je ne voulais pas. Il faisait des études tandis que moi, je voulais écrire. Bref, mon père m'a toujours considéré comme le démon de la famille. Il me reprochait tout. C'était toujours moi le fautif, tandis que Tatsuha était le petit ange parfait. S'il savait tout ce qu'il a pu faire. Cela m'a amené à être extrêmement jaloux de mon frère.
Pour éviter les dégâts, ce cher Tôma a eu la brillante idée de m'envoyer en Amérique. Quelle idée !
J'entends la sonnette. Je ne bouge pas, je sais qu'elle est capable d'entrer sans que j'aie à lui ouvrir. Cela confirme malheureusement ma théorie quand je la vois entrer dans mon bureau. Je me mets une note dans un coin de mon cerveau, je dois absolument changer les serrures. Elle s'approche de moi, elle remarque mon fond d'écran.
« Pourquoi ne le changes-tu pas ? » me dit-elle en prenant la souris pour aller dans mes fichiers, sûrement pour trouver une autre photo, mais je sais qu'elle trouvera seulement des photos de lui. Je mets ma main sur la sienne pour l'arrêter.
« C'est quoi ton problème ? Si je veux garder ce fond d'écran, c'est mon choix. »
« Mais, Eiri … »
« Je l'aime Mika. Je l'aimerai toujours. Peu importe ce qu'il m'a fait, me fera. Je ne pense qu'à lui, je ne vois que lui. Malheureusement, il ne m'est plus accessible. »
Mika lève les yeux au plafond, désespérée par ce qu'elle vient d'entendre.
« Viens, nous devons y aller, il nous attend. » me dit-elle.
« Pourquoi veut-il tant me voir ? » lui demandai-je connaissant déjà la réponse, mais je veux m'assurer que c'est bien pour cette raison.
« Non, il ne me l'a pas dit. »
Est-ce qu'elle me ment pour que je la suive ou n'est-elle vraiment pas au courant ? Je me le demande bien et je vais sûrement le savoir quand je vais arriver à la maison familiale.
Pendant le trajet, elle me parlera de son nouveau copain. Je ne l'écoute pas vraiment. La radio joue de la musique plus ou moins bonne. Je regarde dehors défiler le paysage. Je n'en ai rien à foutre. Pourquoi l'ai-je suivi ? Pour qu'ils me laissent tranquille par la suite ? Peut-être bien.
« M. Shindou, voulez-vous annoncer la prochaine chanson. Après nous passerons aux questions. »
« Bien sûr ! Donc, la prochaine chanson que vous allez entendre est une demande spéciale d'une auditrice, c'est In The Moonlight. »
Cette voix toujours aussi enjouée. De plus, c'est la chanson qu'il avait improvisée pour moi et comme d'habitude je lui avais dit qu'elle était nulle. Pourtant, je l'aimais. Je remonte le son malgré les protestations de ma chère sœur qui pense que ce n'est pas sain pour ma santé mentale. Je m'en fou. Je veux l'entendre, le voir. Je vais peut-être me déplacer à leur prochain concert. Je sais qu'ils m'ont interdit d'y assister, mais je serai à plus de cinq mètres, puisque je serai au fond de la salle. Par chance, il ne me verra pas, mais moi, je vais pouvoir le voir.
Après six heures de route, nous arrivons finalement à la maison de mon cher père. Je remarque quelque chose qui m'empêche de sortir de la voiture. Non ! Ce n'est pas vrai ! Il ne peut pas être ici ! Est-ce que Mika m'aurait amené ici sachant qu'il serait là ? Elle semble avoir remarqué la moto elle aussi. Elle semble en colère. Je crois qu'elle n'était pas au courant, alors je décide de sortir.
« Est-ce qu'il est au courant que je ne peux pas l'approcher ? » dis-je sans vraiment attendre une réponse de Mika.
« Attends-moi ici, Eiri, je vais aller voir. »
Je m'accote sur la voiture et fixe la moto de ce cher Tatsuha qui me sert de frère. Ptfff. Vraiment ! J'ai seulement le goût de lui démonter sa précieuse moto. Dire que père lui laisse en faire. Est-ce que c'est digne d'un moine de faire de la moto ? Je n'ai pas le temps de rien faire que Mika revient.
« Père m'a assuré que Tatsuha est dans sa chambre et qu'il ne devrait pas descendre le temps que nous sommes là. »
« Ptfff. »
Dans le fond, pourquoi aurai-je peur de me retrouver devant mon cher frère ? Le fils à papa, le fils parfait ! Je me demande d'ailleurs pourquoi mon paternel veut-il tellement me voir, moi, le fils indigne ?
Nous montons les quelques marches qui mènent à la porte d'entrée. Mika ouvre celle-ci et entre dans la maison. Je la suis de près. Ça ne me ressemble pas d'avoir peur, mais disons que parfois le paternel peut être effrayant. Nous nous dirigeons vers le salon. Notre père est déjà dans la pièce en train de nous attendre. Quand il nous voit, il fait un geste poli vers Mika et ne me regarde même pas. Je ne sais pas si je dois avancer ou pas. Mika prend place sur le divan en face de notre père. Elle me regarde et me fait signe de m'asseoir moi aussi. Je m'exécute, mais je voudrais juste retourner à la maison. Juste savoir qu'il est dans la même maison que moi, me donne la nausée. Comme j'aimerais bien lui tordre le cou … non … je ne dois pas penser à cela ! Notre père s'éclaircit la voix, mais je ne lui laisse pas le temps de parler. Je veux savoir ce que je fais ici.
« Pourquoi m'as-tu fait venir ici ? Surtout, pourquoi est-il présent ? » lui demandai-je en espérant diminuer le temps de la conversation.
Il ne me répond pas, mais je vois une ombre se dessiner dans le cadre de porte. Je sais très bien à qui appartient cet ombre. N'était-il pas supposé rester dans sa chambre ? Mika l'a également aperçu.
« Père, vous m'aviez dit qu'il resterait dans sa chambre ! Ils ne peuvent pas se retrouver ensemble dans la même pièce. » dit Mika. Je vois qu'elle se sent outrée parce que notre père s'est joué de nous. Elle n'est pas la seule. Le sang commence à bouillir dans mes veines.
XoXoXoXo
POV Tatsuha
Le téléphone sonne. Je réponds pendant que Shuichi part travailler.
« Moshi, Moshi ! »
« Tatsuha, c'est Mika. »
« Mika ? »
« Père veut nous voir à la maison. Est-ce que tu veux que je passe te chercher ? » me demande-t-elle.
Je ne comprends pas. Pourquoi père passe par Mika pour me demander d'aller le voir ? Il ne s'est jamais gêné pour me parler directement. Quoi que depuis un an, il ne me parle plus beaucoup. Il n'a pas trop aimé que je lui annonce que je n'étais plus intéressé par la succession du temple et que je partais vivre avec Shuichi. Il disait qu'il était le démon qui avait corrompu son fils aîné. Eiri l'était bien avant l'arrivé de Shuichi dans sa vie.
« Tatsuha, es-tu toujours là ? »
« Oui. Je vais y aller par moi-même. Je trouve juste bizarre que ce soit toi qui m'appelles Mika. » lui dis-je avant de raccrocher pour qu'elle ne puisse rien ajouter.
Je vais prendre une douche. Je n'ai pas pu donner son baiser à Shuichi avant de partir, j'étais au téléphone avec ma sœur. Après ma douche, je décide de prendre sur moi-même et de penser à autre chose. Donc, je regarde dans le réfrigérateur pour manger, mais il ne reste presque plus rien, alors je décide qu'après être aller voir mon père, j'irai au marché acheter quelques affaires. Demain, je vais peut-être préparer un souper remarquable pour Shuichi et moi. Disons que son souper de fête a quelque peu tombé à l'eau. Mon esprit reprend du poil de la bête. Je m'habille d'un simple jeans et d'un t-shirt. Je sais que Shuichi ne l'aime pas beaucoup, mais j'y tiens. Il est noir avec un lapin blanc sur le devant. Il est vieux, il a des trous aux aisselles, mais c'est la dernière chose que Mika m'a achetée, donc j'y tiens. Je prends mes clés. Au dernier moment, je me rends dans la chambre pour mettre une chemise noire avec deux bandes argentées sur chaque pan de la chemise. Je ne crois pas que le vieux aimerait me voir avec un chandail troué. Bon, je prends ma veste et je suis prêt à partir. Soudain, j'y pense ! Je vais laisser un mot à Shuichi pour qu'il ne s'inquiète pas d'où je suis ! Donc, je lui écris un mot et ensuite je prends mes clés de moto et descends. Enfin, je pars en direction de la demeure Uesugi.
Quand j'arrive à la demeure familiale, je ne vois pas la voiture de Mika. Je stationne ma moto et je monte les quelques marches pour arriver à la porte. Je sonne. Je ne sais pas si je peux encore entrer comme chez nous. Mon père vient m'ouvrir et me demande de passer au salon. Il ne m'attend pas, j'enlève mes souliers et accroche ma veste à la patère qui est dans le vestibule. Ensuite, je me dirige vers le salon. Rien n'a changé dans la maison, tout est encore à la même place. Le vieux cadre avec la photo familiale avant que notre mère décède est toujours accroché devant l'entrée du salon. Eiri était tellement chou quand il était bébé. S'il avait pu rester enfant, il ne nous aurait pas causé autant de souci, mais bon. Avant qu'il ne revienne de New-York, il avait toujours été gentil avec moi. Il me protégeait comme il le pouvait, mais malheureusement il a beaucoup changé à son retour des USA. J'arrive dans le salon, mon père est assis dans son fauteuil habituel, je m'assois en face de lui. Il ne parle pas. Je n'ose pas faire le premier pas. Je ne sais même pas pourquoi il nous a convoqué.
« Cela faisait longtemps que je ne t'avais pas vu, Tatsuha. » me dit mon père.
« Oui, c'est vrai. Pourquoi vouliez-vous nous voir, Mika et moi ? » lui demandai-je.
« Il n'y a pas que Mika et toi. Je veux avoir l'heure juste sur les événements. »
Je ne sais pas quoi répondre. Les événements. Non ! Il ne veut quand même pas revenir sur ce que m'a fait subir mon frère ! J'entends la porte d'entrée s'ouvrir. Peu de temps après Mika fait son entrée dans le salon. Elle me regarde et ensuite se tourne vers notre père.
« Il ne peut pas rester dans le salon. Vous le savez très bien ! » lui dit-elle. S'adressant à moi. « Monte dans ta chambre … à moins que tu aies envie de le voir. » me lance-t-elle avant de retourner dehors. Je regarde mon père qui me fait un signe affirmatif pour que j'obéisse. Je monte les marches, mais je ne vais pas dans ma chambre. Je sais très bien qu'il veut que je revienne, mais pourquoi ? Mika a raison, nous ne pouvons pas être dans la même pièce. Je crois que notre père a une idée derrière la tête et il peut être très têtu quand il veut. Je suis curieux d'entendre leur conversation.
Pas longtemps après Mika revient avec mon frère. Celui-ci n'a pas changé d'un poil. Il a toujours les cheveux en bataille et est toujours élégamment habillé. Est-ce pour plaire à notre père ? Je ne crois pas. D'ailleurs, je ne crois pas qu'il soit content d'être ici. Mika l'a sûrement amené de force.
« Pourquoi m'as-tu fait venir ici ? Surtout, pourquoi est-il présent ? » demande Eiri. Bien sûr, je sais qu'il parle de moi malgré que je ne sois pas présent dans le salon. Je décide à ce moment-là d'apparaître dans le cadre de porte.
Mika m'aperçoit et me fait signe de retourner dans ma chambre, mais je ne bouge pas. Je suis figé par le regard que me lance Eiri. Il n'est vraiment pas content de me voir ici, et moi non plus d'ailleurs. Je sais qu'il ne fera rien, puisqu'il n'est pas seul avec moi, mais la peur est là pareil.
« Père, vous m'avez dit qu'il resterait dans sa chambre. Ils ne peuvent pas se retrouver ensemble dans la même pièce. » dit Mika avec un regard sévère.
Père ne fait pas attention à la remarque de Mika.
« Je vous ai réunis aujourd'hui parce que je veux savoir pourquoi tu as agis de cette façon avec ton frère, Eiri ? »
Mon frère ne parle pas. Il regarde mon père de son regard meurtrier. Est-ce que je vais enfin savoir pourquoi j'ai subi ce calvaire ? Quoique je m'en doute un peu, malgré qu'il n'ait jamais pris le temps de m'expliquer.
« Ça change quoi que tu le saches ou pas ? » lui demande Eiri.
« Cela peut m'aider à comprendre ton comportement, peut-être ! Et puis reste poli avec moi ! » répond mon père.
« Ouais, c'est ça et tu vas encore me dire que tu ne me crois pas. Je connais la chanson. Elle ne changera jamais. Depuis la mort de maman, c'est pareil. »
Eh oui ! Depuis la mort de notre mère, Eiri a changé un peu. Pourtant, il a continué de jouer avec moi, il me protégeait encore. C'est vraiment depuis qu'il est revenu des USA qu'il s'est mis à divaguer. J'ai hâte d'entendre la suite. Je ne sais pas si père pense qu'il pourra nous réunir, mais je ne veux sûrement pas me retrouver à nouveau seul avec lui. Jamais ! Présentement, je sais qu'il ne peut pas me faire de mal parce que Mika et père sont dans la pièce.
« Tatsuha, est-ce que tu sais pourquoi il t'a maltraité ? »
Je n'en crois pas mes oreilles, il me pose vraiment la question ?
« Vous le savez très bien pourquoi ! Je vous l'ai déjà dit. Je n'ai pas envie d'en parler ici. » lançai-je. Je veux seulement partir. Je vois du coin de l'œil, un léger sourire sur le visage d'Eiri. Il pense que je ne parlerai pas devant lui. Est-ce que je dois lui faire ravaler son sourire en le disant ? Mika prend la parole.
« Père, je ne crois pas qu'il sera possible de tirer quoi que ce soit de ces deux-là s'ils sont réunis et je continue à dire que Tatsuha devrait retourner dans sa chambre. »
« C'est une très bonne idée. De toute manière, je ne peux pas rester plus longtemps, Shuichi m'attend à la maison. » Je me fige automatiquement. Est-ce que je viens de prononcer le nom que je ne devais pas devant mon frère ? À voir son regard posé sur moi, je crois que oui. Merde ! Que va-t-il se passer maintenant ? Je recule dans le corridor pour partir, la tension dans la pièce est lourde. Je dois prendre de l'air.
« Tatsuha, assieds-toi, je n'ai pas terminé de vous parler. » me demande mon père. Mais je ne veux pas l'écouter. Je reste debout. Après quelques secondes, je fais un pas de plus en avant. Je veux vraiment sortir d'ici.
« Il t'a dit de t'asseoir. Ne vient pas nous dire que tu es devenu sourd ! » me dit Eiri d'un ton ferme. Je me fige automatiquement. Sa voix me fera toujours le même effet.
Je me tourne vers lui. « Je n'ai plus à recevoir d'ordre de toi ! » lui criai-je. Je tremble de partout. Je n'aurais jamais pensé être capable de lui parler.
« Tatsuha, ne cris pas dans cette maison. Nous avons des choses à régler, donc tu viens t'asseoir. » Mon père se met rarement en colère, mais là, je crois que je ne peux pas désobéir. Je vais m'asseoir et je lance un regard noir vers Eiri. Celui-ci me le rend parfaitement.
Un long silence s'installe. C'est notre père qui le brise.
« Dites-moi pourquoi une haine semblable s'est installée entre mes deux fils ? »
Je n'ose pas répondre. Je risque un regard en direction d'Eiri. Il ne semble même pas écouter ce que le paternel dit. Je réponds.
« Il est jaloux de moi. » dis-je dans un murmure. Eiri me lance tout de suite un regard meurtrier. Je le connais très bien ce regard. Avant, il aurait été suivi de coups.
« Jaloux ? Pourquoi Eiri ? » lui demande notre père. Naturellement, il ne répond pas. « Répond. »
« Il invente tout. Tu vois bien qu'il essaie toujours d'avoir ton attention. Bien sûr, il est tellement manipulateur qu'il a tout ce qu'il veut. » dit-il avec une nonchalance à vous coupez le souffle. Comme si c'était normal !
« Je n'invente rien ! Tu es jaloux ! Tu l'as toujours été, parce que notre père accordait plus d'importance à moi qu'à toi ! Je n'ai jamais voulu qu'il s'occupe plus de moi ! Je voyais très bien que tu n'étais pas heureux que notre père te laisse de côté ! » dis-je en m'emportant.
« Bon, c'est fini les mensonges ! Mika, ramène-moi chez nous ! Je ne resterai pas une minute de plus dans cette maison de fou ! » crie mon frère en se levant.
« EIRI ! Tu vas t'asseoir et nous allons parler ! »
« Non, c'est terminé ! Tu m'as toujours détesté, surtout depuis la mort de mère ! Tu n'as pas hésité une seconde avant de m'envoyer en Amérique ! Tu crois aveuglément tout ce que ce petit vaurien te dit ! Tu n'as jamais accepté que je ne veule pas reprendre le temple ! Que je ne me mari pas avec Ayaka ! Que je sois écrivain ! Tu vois j'ai réussi ma vie, je suis très bien capable de m'occuper de moi-même ! J'en ai assez ! Je vais retourner chez moi, écrire mes bouquins en toute tranquillité et tout le monde va être content ! »
Il se dirige vers l'entrée, mais au passage, il se penche vers moi pour me dire quelque chose à l'oreille.
« Eiri, éloignes-toi de ton frère ! » lui crie-t-il. Il s'éloigne de moi et sort dehors sans rien dire.
Notre père le regarde sortir et je peux apercevoir une larme perlée au coin de son œil. Je ne me sens pas gros dans mes culottes non plus. Notre paternel se lève sans dire un mot et va dans la chapelle. C'est l'endroit où il va le plus souvent quand il veut être seul. Je ne sais plus quoi faire. Je sais que si je sors dehors, je vais rencontrer Eiri et je ne veux pas avoir de contacts avec lui.
« Mika, peux-tu sortir en même temps que moi ? J'ai peur d'Eiri. » lui demandai-je.
Elle me regarde et me fait signe de la suivre. Nous mettons nos chaussures dans l'entrée et nous sortons. Mon frère est appuyé sur ma moto en train de fumer. Je m'avance prudemment et je reste très près de Mika.
« Veux-tu entrer dans ses culottes ? » me demande-t-il en faisant un rictus.
« Eiri, arrête un peu. Laisse-le tranquille ! Embarque plutôt dans la voiture si tu veux que je te ramène. Sinon, tu devras rester ici avec le paternel. » lui dit Mika.
« Je crois que tu me dois des explications, morveux. » me dit-il.
« Eiri ! » Mika ne semble pas vouloir qu'il me parle et c'est tant mieux comme cela.
« Attends, je veux savoir ! Depuis quand restes-tu avec Shuichi ? » me demande-t-il.
« Depuis un an. Nous sortons ensemble maintenant. » lui dis-je très sûr de moi, malgré que je connaisse d'avance sa réaction.
« Ptfff. Tu sais très bien que tu es un remplaçant. Qu'il t'aime seulement parce que tu me ressemble ! » rajoute-t-il avant de s'avancer vers la voiture. Mika se tient près de moi, mais il ne s'en préoccupe pas. Il se penche à mon oreille et me murmure :
« Je réussis toujours à avoir ce que je veux. » Un sourire éclaire son visage. Un sourire sadique. Merde ! Qu'est-ce qu'il a en tête ? Non ! Pas ça ! Est-ce qu'il voudrait récupérer Shuichi ?
Je ne bouge pas avant qu'il soit embarqué dans l'auto. Je monte sur ma moto et je prends la direction de chez nous. Six heures de route encore à faire. Je ressens tellement de colère que je vais peu trop vite au goût de la police. J'oublie de passer au supermarché, donc je devrai y aller demain.
En arrivant, je vais directement dans la chambre et je m'allonge dans le lit. Je m'endors immédiatement. J'ai eu beaucoup trop d'émotions à mon goût.
Je me réveille parce que j'entends crier. Shuichi est à côté du lit. Je sais qu'il veut me parler, mais ce que m'a dit mon frère me trotte dans la tête. S'il avait raison et qu'il m'aime seulement parce que je ressemble à mon frère ? Je lui dis que je sais tout. Il n'a pas l'air de comprendre. Les larmes coulent et je laisse échapper un sanglot. Je l'entends me dire que nous devons traverser cette épreuve ensemble. Il n'est pas au courant que je viens de voir mon frère. Comment réagirait-il ? Est-ce que je devrais lui dire ?
« Non, Shuichi. Je sais que tu as encore des sentiments pour lui. »
« Qu'est-ce que tu dis là ? Tatsuha, tu n'es pas sérieux. Je n'ai plus aucun sentiment pour lui. Comment pourrais-je en avoir encore ? »
Je suis incapable de le croire. Pourquoi faut-il que la phrase d'Eiri me revienne continuellement en tête ? Je vais lui demander de me laisser tranquille. Je veux réfléchir correctement. Je veux mettre mes idées en ordre et surtout sortir les paroles de mon frère de ma tête. Je crois avoir fait de la peine à Shuichi en lui disant qu'il aimait encore mon frère. C'est vraiment l'impression que j'ai ou c'est parce que j'ai peur de le perdre ? Je ne veux pas qu'il retourne avec ce fou. Je ne pense pas qu'il veule se faire brutaliser à nouveau. Je veux le protéger d'Eiri. Sur ce, je vais m'endormir à nouveau jusqu'au lendemain.
En me levant, je m'aperçois que Shuichi n'est pas dans le lit. Je me lève et sors de la chambre pour le trouver endormi sur le divan. Je me mets à genoux à côté de lui et du revers de ma main, je lui flatte la joue.
XoXoXoXo
J'espère que ce chapitre vous a plu ... maintenant vous pouvez me le faire savoir en me laissant un superbe review ! Merci à tous !
