Disclaimer : Les personnages de Gravitation ne m'appartiennent malheureusement pas. Ils appartiennent tous à Maki Murakami.

Note de l'auteur : Voici le quatrième chapitre ! Je remercie énormément ma beta-reader, Kaoru Sayuri Kamiya. Elle est d'une très grande aide pour la correction de mes chapitres. Merci beaucoup à toi. Je veux également dire un gros merci à toutes celles qui m'envoient des reviews, c'est toujours très plaisant de savoir que notre travail est apprécié.

Chapitre 4 :

POV Hiroshi

Je ne réussirai jamais à comprendre Shuichi. Pourtant c'est mon meilleur ami depuis très longtemps. Il faut croire que nous ne pouvons pas connaître complètement une personne, même si cette dernière s'avère être notre meilleur ami.

Il y a une semaine, Shuichi a été convoqué dans le bureau de Seguchi Tôma, déjà il n'allait pas très bien, mais quand je l'ai retrouvé aux toilettes et qu'en plus il avait fermé à clé, je me suis posé de sérieuses questions. Il est sorti en me disant que tout allait. Je ne l'aie pas crû. Je savais que K, notre manager, l'avait accompagné au bureau du patron, donc je lui aie posé quelques questions. Il ne m'a pas répondu. Il m'a simplement dit que la seule personne en mesure de me répondre était Shuichi.

Je m'inquiète vraiment pour lui. Depuis deux semaines que ce Yuki est en liberté et que Shuichi agit bizarrement. Je voudrais l'aider, mais je ne peux pas si je ne sais pas pourquoi il est comme ça. Tatsuha est même venu me voir pour vérifier si je savais quelque chose. Malheureusement, je n'ai pas pu l'aider, lui non plus. Il m'a fait part de ses peurs. Je voudrais l'aider en lui disant qu'il a tort, mais j'ai la même intuition que lui. Yuki Eiri est derrière tout cela.

Malgré que ce soit Shuichi qui l'ait dénoncé et qu'il l'ait accusé au tribunal, celui-ci a vécu son premier mois sans Yuki très difficile. À ce moment-là Tatsuha était à l'hôpital pour soigner ses blessures. Shuichi allait le voir à chaque jour sans exception. Je veillais sur lui le soir quand il revenait à la maison. Il est venu habiter avec moi, il n'avait plus d'endroit pour rester et il voulait attendre Tatsuha. Ce mois-là, Seguchi a été très clément envers mon meilleur ami, puisqu'il nous a laissés tranquille. Seulement, Suguru a pété sa petite crise, mais je lui aie parlé franchement et il a fini par comprendre.

J'ai longtemps pensé qu'il sortait avec Tatsuha à cause de sa ressemblance avec Yuki. Ressemblance physique, on s'entend. Pour ce qui est du caractère, ce n'est pas du tout le même. Tatsuha est beaucoup plus doux que son frère, beaucoup plus à l'écoute des autres. Il prend soin de Shuichi, il ne le fou pas à la porte pour rien, il ne le fait pas pleurer. Si c'est le cas, il s'en veut pour les deux prochaines semaines. Peut-être est-il comme ça à cause de ce que son frère lui a fait subir ? Je ne le crois pas, mais quand nous regardons le caractère de sa sœur et de son frère, c'est à se demander s'ils font partie de la même famille.

Tatsuha est même venu me voir quelques mois après avoir aménagé avec Shuichi pour me demander si je croyais que notre chanteur l'aimait seulement pour sa ressemblance avec le « crétin qui lui sert de frère » pour reprendre ses mots. Je lui aie assuré que non. Je connaissais la réponse puisque j'avais posé la même à Shuichi quelques jours avant. Donc, leur relation s'est approfondie et maintenant ils sont super bien ensemble. Mais, pas plus tard qu'hier, Tatsuha est venu me voir chez moi sans Shuichi. Il m'a paru fatigué.

« Hiro, j'ai vraiment peur. Shuichi ne va vraiment pas bien. Il se cache et essaye de nous prouver le contraire, mais … »

« J'ai la même impression que toi. Demain, je vais le prendre à part et je vais essayer de lui tirer les vers du nez. » lui dis-je pour le calmer un peu. Il est vraiment au bord des larmes. Qu'est-ce que Shu a dans la tête exactement ?

« Merci, Hiro. Désolé de te déranger encore pour les états d'âme de Shu-chan. Je ne sais pas comment réagir face à ses sautes d'humeur présentement. » Il fait une pause. « Hier soir, nous avons mangé dans une ambiance très joviale. Il riait, faisait des blagues, mais ensuite quand je l'ai approché pour m'asseoir sur le divan, il m'a repoussé, ensuite, il s'est enfermé dans la salle de bain. Il n'en est ressortit que seulement une heure plus tard pour aller se coucher. Comment dois-je réagir ? Que dois-je faire ? Je ne peux pas le laisser faire, il va finir par se détruire et je sais très bien que mon connard de frère est derrière tout cela. »

À la dernière phrase, il laisse échapper un sanglot qu'il essaie d'étouffer, mais je viens m'asseoir près de lui et lui dit de ne pas se retenir. C'est ce qu'il fait. J'ai l'impression qu'il se retient chez lui, pour ne pas céder devant Shuichi.

« Tatsuha, est-ce que tu te laisses aller chez vous ou tu te retiens pour Shuichi ? »

Il me regarde et me dit d'une voix mal assurée qu'il se retient, qu'il ne veut pas pleurer devant Shuichi.

« Tu devrais peut-être. Il n'a pas conscience présentement qu'il te fait du mal. Si tu te laisses aller peut-être s'en rendra-t-il compte. Je me charge du reste. »

Il me remercie encore et retourne chez lui. De mon côté, j'appelle Shu sur son portable.

« Allô. » répond-il sur un ton nonchalant.

« Shuichi ? C'est Hiro. Écoute, je voudrais te parler, est-ce que tu peux arriver plus tôt demain au studio ? »

« … »

« Shu ? »

« Oui, oui, j'y serai. » J'entends un bruit derrière lui. Il ne peut pas être chez lui.

« Où es-tu ? » Aucune réponse. « Shuichi ? »

« Hiro, je dois te laisser. On se voit demain. » Il raccroche sans que j'aie pu dire quoique ce soit. Je m'inquiète vraiment. Une chose est certaine, il n'est pas chez lui parce que j'ai entendu un instrument de musique, un synthé je crois, mais il n'y en a plus chez lui. Est-ce qu'il serait au studio ? Si c'est le cas, il sera déjà sur place demain. Cette nuit, je n'arriverai pas à trouver le sommeil. Je m'inquiète trop pour mon meilleur ami et son petit copain. Pourquoi a-t-il fallu qu'il sorte de prison ? Tout allait pour le mieux avant qu'il revienne dans leur vie.

Le lendemain matin, je me rends au studio en espérant que Shuichi y soit. Heureusement, je le retrouve dans la salle d'enregistrement, assis dans un coin. J'accoure vers lui.

« Shuichi ! » Il lève lentement la tête. Ses yeux sont rouges et gonflés. Il doit avoir pleurer toute la nuit. Je m'assieds à ses côtés et appuie mon dos au mur. « Shuichi, tu vas me dire tout, sans exception. »

« Je n'ai rien à dire. » me dit-il en regardant le sol.

« Ce n'est pas vrai. Ne viens pas me dire que tout va bien. Tu as passé la nuit ici, tu as les yeux rougis par les larmes. Je m'inquiète pour toi et je ne suis pas le seul. »

« Il ne faut pas. Je vais très … »

« SHUICHI ! » le coupai-je. Il a réussit à me mettre en colère. Je me mets face à lui. Je lui lève la tête pour qu'il me regarde dans les yeux. « NE viens PAS dire que tu vas bien parce que c'est faux. Arrête de te cacher et dis-nous ce qui ne va pas, BORDEL ! » C'est rare que je me fâche contre mon meilleur ami, mais là, il va un peu loin.

« Je ne peux rien dire. Laisse-moi, je veux être seul, je suis épuisé, c'est tout. »

Je le regarde. J'ai vraiment le goût de lui donner une gifle, mais je m'abstiens. Je le lâche et me lève, avant de franchir la porte je laisse sortir ces mots de ma bouche. « C'est Yuki, c'est ça ? Il est revenu dans ta vie et tu n'es pas capable de rien lui refuser de peur qu'il fasse du mal à Tatsuha. » Je sors et ferme la porte. Je ne veux pas voir sa réaction face à ce que je viens de dire.

Une seule personne peut le mettre dans cet état et c'est Yuki Eiri. Personne d'autre. Il ne l'a jamais oublié. Il veut protéger Tatsuha. Shuichi, qu'est-ce que tu es en train de faire ? Je voudrais bien l'aider, mais s'il ne me dit rien, je ne peux rien faire. Selon lui, c'est qu'il ne peut pas. Pourquoi ? Parce que s'il parle, il va lui faire du mal ? C'est déjà fait, je ne sais pas s'il s'en rend seulement compte.

Suguru arrive et me demande si Shuichi est arrivé. Je lui réponds qu'il est dans la salle d'enregistrement. Au même moment, il en sort et nous fait un sourire. À qui penses-tu faire croire que tu vas bien ? L'atmosphère n'est pas à la fête et je crois que pour une fois, Fujisaki l'a compris. Il ne dit pas un mot et va derrière son clavier. Je prends ma guitare et nous répétons un morceau avant de l'enregistrer. Je jette de temps en temps un œil sur mon meilleur ami, il est plein de vie. Contrairement à son habitude, je sais très bien qu'il cache quelque chose et qu'il ne veut pas que personne s'en aperçoive.

Cela fait deux heures que nous pratiquons Fujisaki et moi. Nous sommes prêts à enregistrer. Je fais signe à Shuichi que nous allons enregistrer la piste musicale.

« C'est d'accord. Pendant ce temps, je vais aller aux toilettes. » me dit-il en regardant l'heure.

« Je ne veux pas que tu sortes du studio sans K. Je vais le chercher. » lui dis-je en me dirigeant vers la porte.

Je suis arrêté par lui. « Non, ça va aller. Elles ne sont pas très loin. Et puis, M. Seguchi a renforcé la sécurité à l'entrée. » Il ouvre la porte et sort. Je n'ai pas le temps de rien dire. Fujisaki est derrière moi.

« Ça va aller, Nakano, il va simplement aux toilettes. » me dit-il en passant sa main sur mon bras.

« Non, Suguru, ça ne peut pas aller. Je crains le pire. » Je me tourne vers lui. « Est-ce que cela te dérange si je vais voir ton cousin ? J'aurais quelque chose d'important à lui demander. »

« C'est par rapport à Shindo ? » Je lui fais un signe affirmatif. « Hiro, je comprends très bien. Tu peux y aller. Je ne m'entends peut-être pas bien avec Shindo, mais je sais reconnaître quand une personne ne va vraiment pas bien. »

« Merci. »

Je sors du studio et me dirige vers le bureau du directeur. Je dois lui parler de mes soupçons.

XoXoXoXo

POV Shuichi

Pourquoi me dirigeai-je vers la salle des toilettes ? Pourquoi n'irai-je pas voir Seguchi-san pour l'avertir ? Je ne me comprends plus. Hiro a bien essayé de comprendre lui aussi, mais je ne peux pas lui dire. Je ne peux pas lui avouer … JE NE PEUX PAS !

J'arrive devant les toilettes, je mets ma main sur la poignée. J'hésite, je sens mon cœur battre très fort dans ma poitrine. Malgré tout ce que ma tête me dit, j'ouvre la porte lentement et j'entre à l'intérieur.

« C'est bien, Shuichi, je vois que tu tiens à mon cher frère. » Le sang se glace dans mes veines. Cette voix, j'avais espéré qu'il ne serait pas là. Qu'il n'ait pas réussit à monter ici ! Pourquoi fais-je cela ? Sait-il vraiment où nous habitons ?

Brusquement, je me retrouve adosser au mur. Je n'ai plus aucun moyen de m'échapper. Je commence à trembler de peur. Je ne sais pas ce qu'il va me faire. Pourquoi suis-je ici ? Eh merde !

« Calme-toi. Je ne te veux aucun mal. Seulement avoir un peu de bon temps. » Il s'approche de moi. « Il s'agit que tu m'obéisses et il ne t'arrivera rien ainsi qu'à ton cher Tatsuha. »

Je sens son genou venir se positionner entre mes jambes. Ses mains empoignent mes poignets et les remontent au-dessus de ma tête. Il vient capturer mes lèvres. Je ne veux pas participer au baiser. Je n'en ai pas le goût. Malgré moi, j'entrouvre mes lèvres et il en profite pour passer sa langue. Pendant ce temps, son genou frotte ma virilité. Je me surprends à ne pas résister, mais je me sens mal.

« C'est bien. Tu as tout à fait compris. Passons aux choses sérieuses maintenant avant de se faire déranger. Je n'ai pas envie d'être interrompu. » me dit-il après avoir rompu le baiser et en soulevant mon chandail.

Je l'arrête. « Yuki, nous ne pouvons pas faire cela. S'il te plaît ... peux-tu nous laisser tranquille ? »

Je ne vois aucune réaction. Il me regarde et ne fait rien. Qu'est-ce qu'il a en tête ? Soudain, je sens ses mains sur mon torse. Merde ! Il n'a pas l'intention d'arrêter ! Il s'approche de mon cou. Je sens son souffle chaud.

« Pourquoi arrêterai-je ? J'ai été privé de mon jouet favori pendant un an. Maintenant que je l'ai retrouvé, je n'ai pas l'intention de le laisser filer. » Me dit-il avant de sucer ma peau.

Je ferme les yeux. Qu'est-ce que je peux faire maintenant ? Comment l'arrêter ? Les larmes commencent à couler sur mes joues pendant qu'il enlève mon chandail. Ensuite, il s'attaque à mes mamelons. Il les martyrise en les mordant légèrement. Sans le vouloir, je laisse sortir un gémissement. J'ai peur.

Pendant qu'il continue de goûter ma peau, ses mains travaillent à déboutonner mon pantalon. Une idée me vient en tête, mais je risque de le regretter. Je crie très fort. Soudain, une main vient se positionner sur ma bouche. Son regard ne me dit rien qui vaille.

« Tu vas le regretter, baka. » me dit-il. « Mets-toi à genou. » Je ne bouge pas. Mes larmes coulent de plus belle. Ma vue est brouillée. « À genou, je t'ai dit. » Sans réfléchir, je fais ce qu'il me dit.

« S'il te plaît, Yuki ! Laisse-moi. » Je le vois descendre son fermoir éclair et sortir sa verge. « Non, pitié, Yuki ! »

« La ferme et suce. » Que puis-je faire ? Je pleure de désespoir, de honte, de colère. Je voudrais être ailleurs. J'aimerais mieux me faire critiquer, engueuler par Fujisaki que d'être ici avec lui.

« SUCE ! » Il m'empoigne les cheveux et m'approche de lui. Son gland effleure mes lèvres. « Ouvre. » Je ferme les yeux et laisse glisser mes larmes sur mes joues. J'ouvre la bouche et il enfonce son pénis dans celle-ci. Je commence à sucer. Je me dégoutte. Qu'est-ce que je vais dire à Tatsuha ? Je ne peux pas lui dire. Bordel ! Ses mains se serrent dans mes cheveux pour que ma tête fasse des vas et viens. Mes mains sont sur ses jambes et essayent de le reculer, de l'éloigner de moi.

Après un temps qui me paraît une éternité, il se soulage dans ma bouche. « Avale. » me dit-il. Je ne réfléchis plus et je le fais. Il me lâche. Je tombe sur mes avant-bras. Il me relève par mes cheveux. « Maintenant, si tu dis quoique ce soit à qui que ce soit, tu n'es pas au bout de tes peines. »

Il me relâche et s'en va. Je me roule à terre en boule et je laisse échapper un sanglot. Je tremble de tout mon corps. La peur transpire par tous les pores de ma peau. Qu'est-ce que je peux faire ?

Après quelques minutes qui me paraissent une éternité, je réussis à me rendre à un lavabo et à me lever. Je me regarde dans le miroir, je ne suis vraiment pas beau à voir. J'ouvre le robinet et je m'asperge d'eau froide le visage. J'essaie de le rendre moins pire. Je ne veux pas qu'Hiro s'inquiète. Je veux protéger Tatsuha.

Maintenant que je suis calmé, je retourne dans le studio pour y trouver K, Hiro et Suguru.

« Eh bien ! Est-ce que vous avez déjà terminé d'enregistrer. Je peux … »

« Shuichi, nous devons parler. » me dit Hiro. Avec le regard qu'il a, je sais très bien que je ne peux pas me défiler. Qu'est-ce que je peux dire, sans trop mentir pour qu'il me croit.

« Oui, bien sûr ! Sans problème ! » dis-je nerveusement.

« Où étais-tu exactement depuis une demi-heure. Ne viens pas me dire que tu étais aux toilettes parce que je ne te croirai pas. »

« J'ai été prendre de l'air sur le toit. J'en avais un peu besoin, et cela m'a fait du bien. »

Hiro me fixe et je sais qu'il ne me croit pas. De toute manière, tout ce que je dirai, il ne le croira pas. Il a deviné juste ce matin quand il a parlé de Yuki, mais je ne peux pas leur dire.

« Si tu ne veux pas nous l'expliquer à nous, je peux comprendre, mais je veux que tu en parles avec Tatsuha, il s'inquiète énormément pour toi, et nous aussi d'ailleurs. Promets-le moi, Shuichi. »

Malheureusement, je ne peux pas lui promettre. Je le regarde. Je ne dis rien. Pendant quelques minutes dans un silence où Hiro me fixe en attendant ma réponse, c'est le silence total que je brise enfin.

« Est-ce que c'est aujourd'hui que nous enregistrons les paroles où nous allons rester ici à ne rien faire ? » demandai-je pour changer de sujet.

« Shuichi … »

« Arrête, Hiro. Je vais très bien. Je te l'ai dit plus tôt. Je suis vraiment allé sur le toit pour prendre un peu l'air, c'est tout ! Maintenant, si nous n'enregistrons pas, je vais retourner chez moi. » Je me tourne vers K pour avoir son accord. Il me fait un signe de tête. Donc, je retourne dans la salle d'enregistrement pour prendre mes affaires et sors du studio sans dire un mot de plus. Je marche sans me retourner. Je me fou que Hiro essaie de me suivre.

Une fois dans la rue. Je ne sais pas où aller. Je ne veux pas retourner chez nous tout de suite. Qu'est-ce que je pourrais faire ?

« Je vais te reconduire chez toi. » me dit une voix derrière moi. C'est naturellement Hiro. Il ne me laisse pas le temps de répondre et m'embarque sur sa moto.

Je m'accroche à lui et il me ramène chez nous. Je le remercie et descend de sa moto. Mais je l'entends arrêter son moteur et descendre à son tour.

« C'est beau, Hiro, je suis capable de monter moi-même. Je vais aller me coucher, je n'ai pas beaucoup dormi la nuit dernière. »

« Parfait, je vais pouvoir m'assurer que tu fais bien ce que tu dis. » me dit-il en me suivant.

« Hiro, ça va ! Je suis capable d'être seul. »

« Non ! Je ne te laisserai pas seul tant et aussi longtemps que Tatsuha ne sera pas de retour à la maison. »

Je n'argumente pas plus. Avec le ton de voix qu'il emploie, je sais très bien qu'il a gagné, donc je le laisse monter. Je vais directement dans ma chambre après avoir enlever mes chaussures. Je me change et vais vers la salle de bain. Je prends une douche et me laisse aller à pleurer. Que fais-je faire ? Continuer à mentir à mes amis ? À Tatsuha ? Je ne peux pas leur dire la vérité, sinon, je ne sais pas ce qu'il fera.

Je sors de la douche. Je m'essuie et reste assis sur le bord du bain. Il m'a dit qu'il voulait me voir une fois par semaine, ce n'est pas si pire. Par contre, je sais très bien qu'il ne s'en tiendra pas à ça. Yuki ne peut pas se passer de son « jouet », comme il le dit si bien. Son jouet. Il n'a aucun sentiment pour moi. Est-ce qu'il en a déjà eu ? Je ne sais pas et ne le saurai jamais. Par contre, de mon côté, je commence sérieusement à me poser des questions sur mes sentiments envers lui et Tatsuha. Je ne sais plus quoi penser. Avant qu'il ne revienne dans nos vies, je n'avais aucun doute, mais maintenant, tout se mélange dans ma tête.

« Shuichi, est-ce que ça va ? » me demande Hiro de l'autre côté de la porte.

Je lui crie que oui et je sors pour aller me mettre en pyjama. Je sors de la chambre et vais dans le salon. Je le retrouve en train de regarder les livres dans la bibliothèque. Il m'en pointe un.

« Pourquoi les as-tu ? » me demande-t-il. Les livres qu'il me pointe sont ceux de Yuki. Je les ai toujours gardé. Tatsuha a bien essayé de m'en dissuader, mais malgré toute la colère que je pouvais avoir contre lui, je n'ai jamais réussi à m'en débarrasser.

Je ne lui réponds pas. Je sais de toute manière que peu importe la raison que je vais lui donner, il ne me croira pas. Je lui dis que je vais me coucher et je retourne dans ma chambre.

Je m'assois sur mon lit et regarde dans le vide. J'entends la porte de l'appartement, c'est sûrement Hiro qui est parti. Je reviens sur les événements de la journée. Je ne peux pas leur dire la vérité. Je dois leur cacher pour le bien de Tatsuha. D'accord, vous allez me dire de penser à moi, mais je suis bien pour l'instant. Oui, oui, je le suis. Je sais qu'il n'est pas très tendre, mon Yuki, mais il n'a pas changé. Oui, j'ai malheureusement encore des sentiments pour lui, je sais, je suis en train de faire une très grosse erreur, mais tant que je vais faire ce qu'il attend de moi, il ne touchera pas à son frère.

La porte de la chambre s'ouvre. Tatsuha entre, mais je ne fais aucun geste pour signifier que je l'ai entendu. Il s'approche de moi et s'assoit à mes côtés. Il ne parle pas, sûrement qu'il espère que je vais le faire en premier. Après un certain temps, il se décide à parler.

« Shuichi, dis-moi ce qui ne va pas. J'ai besoin de le savoir. Je m'inquiète vraiment pour toi. »

Je ne lui réponds pas, mais je décide d'accoter ma tête sur son épaule. Je ferme les yeux. Je suis bien maintenant qu'il est près de moi. Doucement, je me sens pousser sur le lit. Je n'ouvre pas les yeux, je me laisse faire. Je l'entends faiblement, il semble parler à une autre personne, ensuite il se couche également et je sombre dans un sommeil profond.

XoXoXoXo

POV Tatsuha

Hiro m'a promis de parler à Shuichi. Est-ce qu'il sera capable de le faire parler ? Est-ce que Shuichi voudra lui parler ? Je ne comprends pas, Shu-chan ne m'a jamais rien caché. Il m'a même avoué au début de notre relation qu'il avait encore des sentiments pour mon frère. Pourquoi me cacherait-il quelque chose maintenant ? Pourquoi me laisser dans l'ignorance de ses sentiments ? Je voudrais pouvoir l'aider, mais je ne peux rien faire tant et aussi longtemps que je ne saurai pas pourquoi il agit de cette façon.

Cette nuit, il n'est pas rentré. Je suis allé me coucher sans vraiment fermer l'œil. Je me suis demandé où pouvait-il bien être ? Je me suis retenu pour ne pas appeler Hiro à deux heures du matin pour lui demander s'il le savait. Je suis inquiet. Je suis certain que c'est en rapport avec mon frère, puisqu'il n'est comme cela que depuis que celui-ci est libre. Est-ce qu'il l'aurait revu ? Si oui, est-ce Shuichi ou Eiri qui a fait les premiers pas ? Si c'est mon frère, je ne lui pardonnerai jamais ! De toute manière, je ne lui pardonne déjà pas ce qu'il m'a fait subir simplement par jalousie. Il n'a pas le droit de s'approcher de Shuichi. Tôma m'a assuré qu'il ne pouvait pas entrer dans la bâtisse de NG, mais est-ce que je peux le croire ? Il n'a jamais vraiment porté Shuichi dans son cœur parce que selon lui, il lui volait Eiri, mais quand il m'a découvert, il a cru Shuichi et non mon frère. Est-ce qu'il veut vraiment protéger Shuichi ? Est-ce qu'il a vraiment renforcé la sécurité de NG ? J'aimerais pouvoir le croire.

Je n'ai presque pas dormi de la nuit. C'est ma première journée de travail aujourd'hui. Je m'inquiète pour Shuichi parce que je n'ai pas de ses nouvelles. Donc, c'est le cœur serré et l'inquiétude dans l'âme que je me rends au travail. Je dois donner mon cent pour cent aujourd'hui. Je dois être de bonne humeur avec les clients. Sourire, rire, être joyeux. C'est facile quand tu n'as pas d'inquiétude, quand tout va bien.

Pendant ma pause déjeuner, je décide de contacter Hiro pour savoir s'il a des nouvelles de Shu-chan. Il me dit qu'il a vu Shuichi, que celui-ci a passé la nuit au studio. Je lui demande pour lui parler, mais il me répond qu'il est aux toilettes. Je perçois dans sa voix de l'inquiétude.

« Hiro, est-ce que tu peux m'expliquer pourquoi tu sembles inquiet ? » lui demandai-je.

Il semble hésiter avant de me répondre.

« Cela fait trente minutes qu'il est parti aux toilettes. Écoute, Tatsuha, je vais aller mener Shuichi moi-même chez vous quand nous aurons terminé le travail et je ne le laisserai pas seul tant et aussi longtemps que tu ne seras pas là. Je ne veux plus qu'il soit seul. S'il faut que j'aille aux toilettes avec lui la prochaine fois, je le ferai. »

« Tu penses à la même chose que moi. Tu crois que mon frère est derrière tout cela ? »

« Je ne le pense pas, j'en suis certain. »

« Dis-moi une chose, Hiro, est-ce que tu crois qu'il peut entrer chez NG malgré ce que Tôma prétend ? »

« Je n'en sais rien, Tatsuha-kun, mais comme je te l'ai dit, je vais essayer de parler avec Shuichi. Ce matin quand je l'ai trouvé, il n'a pas été très réceptif, mais je vais m'essayer encore. »

« D'accord ! Merci, Hiro ! Je ne devrais pas arriver très tard ce soir. »

Nous raccrochons. Au moins, je suis moins inquiet et je retourne travailler le cœur beaucoup plus léger de savoir Shuichi en sécurité avec Hiro. En sécurité ? Je n'en suis pas si sûr. Je me pose encore la même question. Est-ce que Tôma a vraiment augmenté la sécurité de NG ? Je dois l'appeler de nouveau pour en être certain. Je le ferai à ma pause de l'après-midi.

« NG, bonjour. » me réponds la réceptionniste. Je demande à parler à mon beau-frère en précisant que c'est très important.

« Seguchi Tôma, à l'appareil. »

« Tôma, c'est Tatsuha ! J'ai une question à te poser. C'est primordial que tu me dises la vérité. »

« Tatsuha, je ne peux pas jaser avec toi présentement. Je suis occupé. »

« Non, je dois avoir une réponse maintenant, je ne peux pas attendre. C'est une question de vie ou de mort. »

Le silence à l'autre bout. Est-ce qu'il m'a raccroché au nez. Non ! J'entends encore du bruit.

« Vas-y ! Pose-moi ta question, mais fait cela vite. »

« Est-ce que tu as vraiment augmenté la sécurité ? Es-tu certain qu'il ne peut pas d'aucune manière entrer dans la bâtisse ? »

« Tatsuha, nous en avons déjà parlé. Je t'ai dit que j'avais tout fait pour sa sécurité. Maintenant, je dois te laisser. »

Je l'entends protester à une autre personne. Je me demande bien qui ? Est-ce que ce serait mon frère ?

« D'accord. Excuse-moi de t'avoir dérangé. » lui dis-je avant de raccrocher. Cette conversation ne m'a pas du tout rassuré.

Je continue à travailler. Mon patron a l'air satisfait de moi. Je ne veux pas le décevoir dès la première journée. Dès que ma journée se termine, je rentre chez nous. Je retrouve Hiro assis dans le salon à attendre. Il fixe quelque chose dans la bibliothèque.

« Salut Hiro ! Où est Shuichi ? »

« Dans votre chambre. » me dit-il. « Tatsuha, est-ce que tu as essayé de demander à Shuichi de se défaire des livres de ton frère ? » me demande-t-il toujours en fixant la bibliothèque.

« Oui, des centaines de fois, mais il n'a jamais voulu. Une fois, j'ai même essayé de les enlever de l'étagère et de les mettre dans une boîte, mais il m'a fait toute une crise et j'ai été obligé de les remettre à leur place. Pourtant, il ne les a jamais ouverts. »

« C'est ce que je pensais. Il n'a pas voulu me répondre quand je lui ai demandé pourquoi il les gardait. » Il me regarde enfin. Je vois qu'il a les yeux rougis. Il se lève et vient vers moi. « Tatsuha, je ne crois pas que nous pourrons l'empêcher de voir ton frère. J'ai peur pour lui. Shuichi ne voit pas toujours les dangers qui le guettent et de plus, il ferait tout pour protéger ceux qu'il aime. Donc, si ton frère le menace de te faire du mal s'il parle, il ne dira jamais rien. »

« Je sais Hiro. Je vais aller le voir. Peut-être que s'il sait que je suis au courant pour mon frère, il daignera enfin à me parler. »

« Je l'espère parce qu'il n'est plus lui-même. Il ne m'a jamais menti avant et depuis quelques temps, il n'arrête pas de me mentir. Cela m'inquiète beaucoup et me fait également de la peine. Je le sens s'éloigner de nous. » me dit-il avant de quitter l'appartement.

Après avoir pris une grande respiration, je me dirige vers la chambre. Ce que je m'apprête à dire à Shuichi ne me fait pas plaisir, mais peut-être n'ai-je pas le choix pour lui faire comprendre qu'il n'est pas seul et qu'il doit me dire ce qui se passe exactement. Je ne resterai pas plus longtemps dans l'ignorance.

Quand j'entre dans la chambre, je le vois assis sur le lit, le regard dans le vide. Qu'il vienne seulement me dire qu'il va bien !

« Shuichi, dis-moi ce qui ne va pas. J'ai besoin de le savoir. Je m'inquiète vraiment pour toi. »

Naturellement, il ne me répond pas. Par contre, il accote sa tête sur mon épaule. C'est un bon début, mais ce n'est pas ce à quoi je m'attendais. Je sens qu'il va s'endormir, donc je le couche confortablement sur le lit. Je me tourne vers la porte et parle avec Hiro.

« C'est bon, je vais le laisser dormir et ensuite je vais tout faire pour qu'il me parle. »

« Tatsuha, si vraiment ton frère est derrière tout ça … »

« Je sais que Shuichi, malgré tout ce que mon frère nous a fait, n'a jamais cessé de l'aimer. Je sais que je risque de le perdre, mais je dois savoir. Je ne veux pas qu'il subisse les atrocités d'Eiri pour me sauver. J'ai plusieurs questions à lui poser. »

« D'accord, je vais vous laisser. Appelle-moi s'il y a un problème, n'hésite surtout pas ! »

« Merci, Hiro. » lui dis-je avant de me coucher aux côtés de Shuichi. J'ai attendu qu'il soit dans un sommeil profond avant de quitter le lit et aller préparer le souper.

Pendant que je suis dans la cuisine en train de faire le souper, je réfléchis à ce que je vais dire à Shuichi quand nous serons en train de souper. Je dois réussir à lui parler sans qu'il retourne s'enfermer dans la chambre. Je ne peux pas tourner autour du pot. Je dois lui dire ce que je ressens directement. Est-ce qu'il m'écoutera ? Est-ce qu'il voudra se confier à moi ? Il n'a rien voulu dire à son meilleur ami.

Je déteste cette situation. Nous avons les mains liées. Nous ne sommes pas certains que mon frère est derrière tout cela, mais je doute fortement que c'est le cas. Shuichi ne me le cacherait pas contrairement.

Du coin de l'œil je vois justement ma douce moitié entrer dans la cuisine encore endormie.

« Est-ce que tu as bien dormi ? » lui demandai-je.

« Oui. »

C'est tout. Il ne vient même pas me faire un câlin, un bisou, rien. Je me tourne vers lui, il est devant le réfrigérateur en train de regarder à l'intérieur. J'arrive derrière lui et l'entoure de mes bras. Il sursaute légèrement et se crispe.

« Shuichi, qu'est-ce que tu as ? Tu ne veux plus de câlins ni de bisous ? Pourquoi me fuis-tu ? »

Il se tourne vers moi et j'en profite pour fermer la porte du réfrigérateur. Il me regarde avant de s'approcher pour m'embrasser, mais encore une fois c'est un baiser rapide. C'est la goutte qui fait déborder le vase. Je le laisse et retourne à mes fourneaux.

« Shu-chan, je ne sais plus quoi faire ! Je ne peux pas continuer à vivre dans cette ambiance. C'est trop. Non ! Tu restes ici, tu vas arrêter de t'enfuir à chaque fois que je veux te parler ! Bordel Shuichi ! Est-ce que je suis trop con pour que tu te confies à moi ? »

Il reste sur place. Il regarde le plancher. Soudain, il relève la tête et me regarde. « Non, tu n'es pas con. JE NE PEUX PAS EN PARLER ! Est-ce difficile à comprendre ! » me cri-t-il.

« Shu, je ne veux pas que tu t'énerves, je veux seulement comprendre ton comportement des dernières semaines. Hiro aussi s'inquiète beaucoup pour toi. »

« Ben, vous n'avez pas à vous … »

« Au contraire ! Shuichi, au studio, tu vas de plus en plus aux toilettes à des heures impossibles. Hiro m'a mentionné que tu regardais souvent l'heure avant d'y aller, pour ensuite revenir plus tard et dire que tu étais sur le toit. Comment veux-tu qu'il te croît, tu n'es jamais allé sur le toit de NG ! Nous savons tous que mon frère est derrière tout cela et je peux t'assurer que je vais appeler Tôma demain pour lui … »

« Arrête, ne l'appelle pas ! »

« Si tu ne veux pas que je l'appelle. NE FAIT PAS PLAISIR À CE CONNARD QUI ME SERT MALHEUREUSEMENT DE FRÈRE ! » Je n'ai pas pu me retenir. Je vois que Shuichi pleure. Je m'approche de lui et le prends dans mes bras. Il ne résiste pas.

« Excuse-moi, Tatsuha. »

« Shu, je vais te poser une seule question et je veux que tu me répondes franchement. Je ne veux pas que tu me caches la vérité. » Je laisse quelques secondes passées avant de poser cette fameuse question. « Est-ce que tu as encore des sentiments pour Eiri ? »

Je le regarde dans les yeux. Il a sursauté un peu quand je lui ai posé la question. C'est ce que je pensais. Je ne me suis pas trompé. Il ne me répond pas. Il se tourne pour sortir de la cuisine, mais je le retiens.

« Lâche-moi, Tatsuha. »

« Je n'ai pas eu ma réponse. »

« Je ne sais pas. Je t'aime ! Je t'aime énormément, mais … »

« Mais, tu as encore des sentiments pour mon crétin de frère. »

« Oui. »

« Comment peux-tu en avoir après tout ce qu'il nous a fait ? Tu sais très bien qu'il ne t'aime pas ! Il s'amuse avec toi, il t'utilise comme bon lui sembles et toi tu te laisses faire ! Shuichi, pourquoi n'appelles-tu pas la police ? Il n'a pas le droit de t'approcher ! »

« Je n'ai aucune preuve. Je ne veux plus qu'il te fasse du mal. » dit-il. Tous les doutes que nous avions viennent de se confirmer. Il accepte de faire ses quatre volontés pour me protéger.

« Shuichi, tu n'as pas à faire cela. La police est là pour ça ! Nous devrions l'appeler. »

« Non. Ne l'appelle pas ! Tatsuha, est-ce que tu m'aimes vraiment ? »

« Oui, je t'aime et justement je ne veux pas te perdre au profit de mon frère. Je ne veux pas qu'il te fasse encore plus mal. Je ne veux plus qu'il te touche ! »

« Fais-moi confiance. S'il te plaît, fais-moi confiance, Tatsuha. »

« Shu-chan. » Je l'enlace dans mes bras. Il pleure un peu en continuant de me dire de lui faire confiance. Je veux bien lui faire confiance, mais je ne sais pas ce qu'il a en tête et je ne pense pas qu'il me le dira si je lui demande. Il finit par se calmer.

Il acceptera de manger avec moi. Je suis content, cela fait longtemps que nous n'avons pas eu un souper ensemble. Au début, nous mangeons en silence, mais peu à peu, il commence à parler. Il me parle de tout, de ses chansons qu'il doit écrire, de Suguru qui continu à le critiquer … Après souper, nous nous installons devant la télévision pour regarder un film.

XoXoXoXo

POV Yuki

Il n'y a rien de plus satisfaisant que quand notre jouet favori est au rendez-vous. Il peut bien essayer de faire son dur, mais je sais qu'au fond de lui, il est content de me voir. Ce qu'il ne sait pas, c'est que je sais très bien où ils habitent, donc je peux en tout temps aller rendre visite à mon cher frère adoré. Donc, s'il ne vient pas au rendez-vous, au lieu de jouer avec lui, je vais aller voir mon défouloir.

Quand j'en ai terminé avec lui, je sors et me dirige vers la sortie avant d'être intercepté par Tôma.

« Eiri-san, est-ce que je peux savoir comment tu as réussi à te rendre jusqu'ici ? » me demande-t-il.

« Ce n'est pas de tes affaires ! » lui dis-je en retour et je le contourne, mais je me trouve face à un agent de sécurité.

« Ramenez-le à la sortie et faite en sorte qu'il ne puisse plus entrer ici ! » lui dit Tôma.

L'agent m'empoigne le bras et me sort de l'immeuble. Je regarde derrière moi et je vois Tôma m'épier. Vous pouvez être sûr qu'il va entendre parler de moi. Ce n'est pas lui qui ne voulait pas que Shuichi reste avec moi parce que monsieur m'aimait, parce qu'il voulait coucher avec moi ? Maintenant qu'il pourrait m'avoir, il me met à la porte. Si je me présente en disant que je veux le voir, est-ce qu'il acceptera de me laisser entrer ? Là est la question et croyez-moi, je vais m'essayer. Je vais le cuisiner un peu lui aussi.

Je retourne chez nous. J'essaie de me concentrer sur mon nouveau roman. Mais je n'y arrive pas. Je ne sais pas pourquoi. Je ne suis pas en mesure de dire ce qui me tricote dans la tête, mais cela m'agace vraiment.

Je relis ce que j'ai déjà écrit. Je m'aperçois que pour la première fois depuis que je suis écrivain, j'ai mis un couple gay dans mon histoire. Est-ce que j'aurais voulu vivre avec Shuichi ? Il y a plus d'un an, j'étais jaloux de mon frère. Je lui en voulais. Je lui en veux encore, mais ma rancune n'est plus aussi forte qu'elle l'était. Aujourd'hui, je suis jaloux, mais pas pour les mêmes raisons. Shuichi est maintenant la raison de ma jalousie. Pourquoi faut-il que ce soit Tatsuha qui ait tout ? La seule chose que je voulais garder pour moi, c'est Shuichi, je n'ai jamais voulu qu'il parte et surtout pas avec mon frère. Je me suis demandé pendant un an : est-ce qu'il serait resté avec moi si j'avais accepté de relâcher mon frère ? Est-ce qu'il aurait continué à m'aimer ? Je ne le sais pas et ne le saurai jamais. Sérieusement, c'est tellement difficile sans lui. Je veux le récupérer et je vais tout faire pour y arriver. Je ne laisserai pas mon frère gagner !

La sonnette retentit. Je reste assis devant mon bureau. Deux personnes savent où je reste. Ma sœur et mon éditrice. Je ne veux pas répondre ni à l'une ni à l'autre, mais après plusieurs minutes, je décide d'aller répondre parce que je n'en peux plus d'entendre la sonnette. C'est Mika, elle me regarde sévèrement. C'est la seule qui est restée en contact avec moi et je ne sais pas pourquoi elle le fait. Je ne sais pas pourquoi elle continue de me parler. Elle sait que Tatsuha et Shuichi ont dit la vérité. Je lui ai tout avoué. Non, je ne me cache plus. Je ne veux plus nier que j'ai fait du mal à Shuichi. Par le fait même, j'avoue que j'en ai fait à mon frère.

Revenons à Mika. Elle entre dans l'appartement et va directement dans le salon. Je la suis et me sors une cigarette que j'allume. J'attends qu'elle parle.

« Eiri, qu'est-ce que tu faisais chez NG ? »

« Qu'est-ce que cela peut te faire ? » lui dis-je. Ce n'est pas de ses affaires. De plus, elle n'est plus avec Tôma.

« Est-ce que tu te rappelles des conditions de ta libération ? »

« Oui. »

« Tu ne peux pas approcher Shuichi et Tatsuha. Donc, je te répète la question, qu'est-ce … »

« C'est bon, je suis allé voir Tôma. Cela te cause un problème ? » lui demandai-je exaspérer.

« Oui, parce que ce n'est pas lui que tu es allé voir, c'est Tôma qui m'a téléphoné pour m'avertir que tu avais réussi à t'introduire dans l'immeuble, mais qu'il ne t'avait jamais vu. »

« Vous ne pouvez pas me ficher la paix ? » J'en ai vraiment marre. Pourquoi faut-il toujours qu'ils soient à me mettre des bâtons dans les roues. Tout ce que je demande, c'est d'avoir un peu de temps avec mon jouet, c'est tout. Bien sûr, je n'irai pas dire cela à Mika, sinon elle serait bien capable de m'enfermer dans mon propre appartement. « Est-ce que tu avais d'autres choses à me dire ou tu as terminé ? »

« Eiri ! » Elle me regarde avec son regard meurtrier. Bon, d'accord, j'ai peut-être été trop loin, mais je m'en fou. « Écoute-moi bien, je t'ai soutenu pendant tout le procès et pendant la dernière année, mais si tu n'es pas capable de te retenir d'approcher Shuichi ou Tatsuha, je n'aurais pas le choix de … »

« Tu as gardé le contact avec Tôma même si vous n'êtes plus ensemble ? » lui demandai-je à brûle-pourpoint.

« Hein ? » Mika semble perdue le temps de quelques secondes avant de se reprendre. « Eiri, tu ne m'as pas écouté du tout. Pour ta question, oui, j'ai gardé contact avec Tôma. Maintenant, j'aimerais que tu m'écoutes. EIRI ! »

Je ne l'écoute déjà plus. Est-ce que je l'ai déjà écouté ? Non ! Même quand je vivais à la maison et qu'elle se prenait pour notre mère, je ne l'écoutais pas. Je prenais un malin plaisir à la faire damner. Je continue même aujourd'hui. J'écrase ma cigarette dans le cendrier et je me tourne vers mon bureau dans l'intention d'aller travailler sur mon roman. Je dois également penser à un moyen beaucoup plus subtil pour voir Shuichi sans que personne ne le sache.

« EIRI, reviens ici immédiatement, je n'ai pas terminé avec toi ! Si tu penses que tu vas t'en tirer comme cela ! »

Elle m'énerve à jouer la maman attentionnée. D'accord, elle a été là pour moi quand j'en ai eu besoin, maintenant elle peut me laisser tranquille parce que je n'ai plus besoin d'elle.

Elle apparaît dans l'encadrement de la porte et me fixe pendant que j'écris. J'essaie de l'ignorer, mais cela me dérange qu'une personne me regarde travailler.

« Qu'est-ce que tu veux encore ? » lui demandai-je.

« Que tu m'écoutes. » Je la regarde un instant avant de reporter mon attention sur mon écran. « Eiri, je sais que tu l'aimes peut-être, d'accord, c'est une drôle de façon, mais je ne pense pas qu'il soit heureux de ce que tu lui fais subir présentement. »

« Je ne lui fais rien. »

« Laisse-moi en douter, Eiri. Ne m'oblige pas à t'avoir à l'œil. Laisse Shuichi et Tatsuha tranquilles. Ils ont droit à une vie normal. Si tu as besoin absolument d'un jouet, comme tu le dis si bien, même si je suis totalement en désaccord avec le terme que tu utilises, va voir ailleurs. Il y en a qui sont heureux que l'ont les traites de cette façon. »

« Va te faire foutre, Mika ! Je fais ce que je veux avec qui je veux. » Ce sera mon dernier mot. Je sais très bien qu'après cela, il me sera difficile d'approcher Shuichi. Croyez-moi, personne ne m'empêchera d'avoir ce que je veux.

XoXoXoXo

C'est tout pour ce chapitre. Que va faire Yuki pour approcher Shuichi ? Va-t-il réessayer de retourner à NG Productions ou va-t-il trouver autre chose ? Va-t-il tenter quelque chose avec son frère ? Que va-t-il se passer avec Shuichi et Tatsuha ? Vous le verrez dans les prochains chapitres ! Merci de votre lecture et n'oubliez pas de m'envoyer vos commentaires !