Disclaimer : Les personnages de Gravitation ne m'appartiennent malheureusement pas. Ils appartiennent tous à Maki Murakami.
Note de l'auteur : Voici le cinquième chapitre ! Je remercie énormément ma beta-reader, Kaoru Sayuri Kamiya. Elle est d'une très grande aide pour la correction de mes chapitres. Merci beaucoup à toi. Je veux également dire un gros merci à toutes celles qui m'envoient des reviews, c'est toujours très plaisant de savoir que notre travail est apprécié.
XoXoXoXo
Chapitre 5 :
POV Tatsuha
Depuis quatre jours, Shuichi s'est refermé sur lui-même. Oh ! Il a encore plein d'énergie ! Il rit, s'amuse et tout, mais il ne nous parle pas de ses sentiments profonds. Je sais qu'il souffre en silence. S'il souffre de ne pas voir mon frère ? Je ne sais pas, mais je suis certain d'une chose, c'est qu'il souffre de ne plus être libre de ses mouvements.
Eh oui ! Depuis la dernière fois qu'il a vu Eiri, K a décidé de prendre le contrôle de la sécurité. Maintenant, Shuichi ne peut plus se rendre à un endroit sans qu'il soit accompagné. Quand ce n'est pas K, c'est un homme travaillant pour lui.
Dans le bâtiment de NG aussi, la sécurité a été renforcée. Tôma nous a assuré qu'Eiri ne pouvait plus entré. Il serait intercepté dès son arrivé.
La seule place où il peut être seul est chez nous. Donc, maintenant pour avoir la paix, il ne sort presque plus.
Présentement, il est sous la douche. Ce soir, nous avons prévu de regarder un film et de relaxer. Le programme a quelque peu changé puisque nous avons relaxé avant de regarder le film.
« Tatsuha. »
Je sors de mes pensées quand je vois Shuichi devant moi qui me regarde avec des points d'interrogation à la place des yeux.
« Oui, Shu-chan. »
« Dépêche-toi d'aller prendre ta douche, je viens d'avoir un appel de Ryuichi et il s'en vient dans environ une demi-heure ! »
« Mais Shuichi, nous avions décidé de passer la soirée seuls. » dis-je sur un ton désespéré.
« Quoi ? Tu n'es pas content de le voir ? » me demande-t-il en sachant très bien la réponse.
« Oui, je suis content, mais je voulais être seul avec toi ce soir. »
« Demain, c'est un autre soir ! » me dit-il excité.
« Ouais, c'est ça et demain tu vas trouver une autre excuse pour ne pas être seul avec moi. » murmurai-je.
« Qu'est-ce que tu as dit ? »
« Rien. » dis-je en me levant pour aller prendre une douche.
Depuis que je lui ai parlé et qu'il connait mes soupçons, il essaye d'être le moins longtemps avec moi. Dès que j'ai une occasion pour que nous parlions, il trouve une excuse pour éviter la conversation. Hiro m'a dit qu'il faisait la même chose avec lui. Je m'inquiète beaucoup pour lui. Il a beau me répéter qu'il ne veut plus revoir mon frère, qu'il le faisait parce qu'il ne voulait pas qu'il me touche à nouveau. Je ne le crois pas. Malgré tout, il a gardé des sentiments envers lui. Je ne peux pas l'en blâmer, il l'aimait énormément avant qu'il découvre la vérité.
Je sors de la douche et j'entends des voix dans le salon. Ryuichi est déjà arrivé. Est-ce que je devrais les laisser seul ? Mais je ne peux pas faire comme si je n'étais pas là ! Je me dirige vers la chambre pour m'habiller avant de revenir dans le salon.
« Salut Tat-chan ! » me lance Ryuichi en se levant et venant me faire un câlin.
Je souris à celui-ci et mon regard se dirige vers Shuichi. Il ne s'est même pas retourné pour me regarder.
« Excuse-moi, Ryuichi-san, mais je vais te laisser seul avec Shu-chan, et je vais aller lire un peu. Occupe-toi bien de lui. » lui dis-je avant de retourner dans la chambre.
Je n'ai pas l'intention de lire. Je repense à mon frère et à ce qu'il m'a fait subir, soit disant par jalousie. J'aimerais bien comprendre ses véritables raisons.
J'entends Ryuichi et Shuichi rirent dans le salon. Il ne rit plus avec moi. Pourquoi ? Est-ce par ce que je sais que mon frère lui tourne autour à nouveau ? Je me rappelle soudain ce qu'il m'avait dit au temple. J'obtiens toujours ce que je veux !
Sans m'en apercevoir je laisse les larmes coulées sur mes joues. J'en veux à mon frère. Malgré qu'il ne me touche plus, il continue à me faire du mal. Il continue à saccager ma vie. Était-ce vraiment une bonne idée de vivre avec Shuichi ? Si j'étais parti loin de tout, peut-être n'aurais-je plus entendu parler de Eiri ? J'aurais pu refaire ma vie, sans qu'il vienne gâcher mon bonheur.
La douleur que nous avions nous a rapproché. Shuichi ne voulait pas me laisser seul. Je le comprends, il se sentait mal pour moi. Il avait conscience que cela faisait un an qu'il vivait avec mon frère et que j'étais présent sans le savoir. Il s'en est énormément voulu.
Je suis interrompu dans mes pensées par un bruit. Quelqu'un frappe à la porte. Je ne suis pas prêt d'affronter Shuichi dans cet état. Je me suis juré d'être fort pour lui.
« Tatsuha, je sais que tu es là ! J'aimerais te parler. »
Je reconnais la voix. C'est Sakuma-san, mon idole de toujours que ma sœur ne m'a jamais permis de voir de près. Depuis que je suis avec Shu-chan, nous nous sommes croisés, mais jamais plus. C'est un très bon ami à Shuichi. Ils sont dans le même domaine.
La porte s'ouvre, je ne l'avais pas fermé à clé. Il entre et me voit assis sur le lit. Il s'approche de moi et s'assoie à mes côtés.
« Je savais que tu n'allais pas lire. Je l'ai vu dans tes yeux. Ils semblaient si tristes. Je crains d'avoir gâché votre soirée. » me dit-il.
« Non, ce n'est rien. Tout ce que je veux c'est que Shuichi soit heureux et ce soir je l'ai entendu rire pour la première fois depuis que mon frère est en liberté, ce n'est pas avec moi qu'il l'aurait fait. » dis-je.
« Tatsuha, toi aussi, tu as le droit de rire et d'être heureux. Je ne suis pas d'accord avec ce que fait Shuichi présentement. Il était parfaitement au courant que vous aviez organisé une soirée et il m'a appelé pour que je vienne, maintenant, … »
« Quoi ? Ce n'est pas toi qui ais téléphoné ? »
« Non. » me dit Sakuma-san mal à l'aise. Je ne lui en veux pas. Il ne pouvait pas savoir. « Tatsuha, est-ce qu'il t'a dit que j'avais téléphoné ? »
« Oui, il m'a dit qu'il avait reçu un appel de toi. Il m'a menti. Il continue à me mentir. Combien de temps encore le fera-t-il ? »
Je me lève, cette fois, je ne me tairai pas. J'en ai assez de m'effacer pour rendre la vie plus facile à Shuichi. Il n'y a que lui dans l'histoire. Nous devons régler cela tout de suite. D'un pas décidé, je me rends dans le salon.
« Shuichi, nous devons parler ! » lui dis-je sans laisser place à la protestation.
« Tatsuha, Ryuichi est ici, nous parlerons plus tard. » répond-il sans même me regarder. Ce dernier arrive justement dans le salon. Je serre les poings. Je n'attendrai pas une minute de plus. Sakuma-san me regarde pour m'encourager à parler.
« Non, Shuichi ! Il est présent parce que tu l'as appelé pour qu'il vienne. Je ne peux plus attendre pour que nous parlions, c'est insupportable ! »
« Bien moi, je n'ai pas le goût de parler ! »
Je prends la première chose qui me vient sous la main, un cadre, et je lui lance en pleine figure. Quand je réalise ce que j'ai fait, je tombe à genoux. Shuichi ne bouge pas, mais il a une marque sur la joue. Je vois qu'elle saigne. De mon côté, les larmes coulent sur mes joues. Je me relève de peine et misère et je retourne dans la chambre. Je sors un sac du placard et je commence à mettre des vêtements dedans quand une main m'arrête.
« Ne fait pas cela, Tatsuha. Vous passez tous les deux par une mauvaise période. Vous devez parler, même si ce n'est pas facile. Shuichi fera toujours tout pour protéger ceux qu'il aime sans se préoccuper de sa propre sécurité. »
« J'en ai marre. Je ne suis plus capable de supporter toute cette pression. C'est invivable, il m'ignore, ne me parle pas, fait comme si je n'existais pas. Tout ce qu'il accepte de faire avec moi, c'est de baiser, parce que je ne ressens plus d'amour dans ses gestes. Je ne peux pas rester ici. »
« Shuichi ne se rend pas compte de ce qu'il fait. Il pense que c'est ce qu'il y a de mieux à faire. Il ne pense qu'à te protéger. »
« Tu parles, me protéger en étant le jouet de mon frère c'est … »
« Tatsuha … »
« Non, il a raison. » Nous nous tournons vers la provenance de la voix. C'est Shuichi qui est dans l'encadrement de la porte. Depuis combien de temps il est là ? Je n'en ai aucune idée.
« Je ne suis qu'un imbécile qui s'est encore une fois jeté dans la gueule du loup. »
« Non, Shuichi, arrête ! Je veux simplement savoir deux choses, peut-être trois. »
« Vas-y. Pose tes questions. » me dit-il en s'avançant pour venir s'asseoir sur le lit.
« Je veux savoir pourquoi n'as-tu pas appelé les flics ou simplement pas averti Seguchi-san qu'il venait au studio pour te voir et pas seulement en ami ? »
Il me regarde, mais ne semble pas vouloir répondre. Son regard se pose sur son ami avant de revenir à moi.
« Je ne savais pas quoi faire. J'avais peur. Je ne voulais pas qu'il te fasse du mal. Il pouvait très bien savoir où nous restons et venir te voir avant que les policiers interviennent. »
« Tu aimais mieux qu'il te fasse du mal. Est-ce que tu l'aimes encore ? ET je veux que tu sois le plus franc possible. »
« Non ! Comment pourrai-je l'aimer ? »
« Est-ce que tu en es sûr, Shuichi ? Tu n'as plus AUCUN sentiment pour mon frère ? »
Et là, bizarrement il se tait. Il ne répond pas. Comment dois-je interpréter son silence ?
« Écoute, Tat-chan … Yuki est mon premier amour … je l'aimais d'un amour inconditionnel. Je ne pouvais pas concevoir à ce moment-là qu'il pouvait être cruel à ce point. Tu ne peux pas me demander d'oublier celui que j'ai aimé comme jamais je n'avais aimé. Maintenant, c'est toi que j'aime. Je n'ai rien fait parce qu'il me l'ordonnait et qu'il me disait que c'est toi qui y passerais si je faisais quoi que ce soit. Je voulais seulement te protéger, je sais que je n'ai pas réagis correctement, mais j'avais terriblement peur. J'espère que tu sauras me pardonner … Je te demande seulement une chose … une seule … Ne me demande pas de l'oublier … c'est impossible. »
Il se tait. Il attend sûrement que je parle, mais je n'ai rien à lui dire. Je le vois se lever et sortir de la chambre. Je laisse enfin couler mes larmes, il ne veut pas l'oublier. Comment puis-je croire qu'il m'aime quand il ne veut pas oublier mon bourreau ?
Je vois Ryuichi venir s'asseoir près de moi. Il me prend dans ses bras et me berce. Je continue à pleurer.
« Shuichi t'aime beaucoup. Tatsuha, il ne veut en aucun cas retourner vivre ou avoir une quelconque relation avec ton frère. Crois-moi, il a beaucoup de peine lui aussi de te voir comme cela, il voudrait tellement t'épargner, mais il s'y est mal pris. Pardonne-lui … C'est ce qu'il veut … Il ne veut pas te perdre. »
« Parce que je ressemble … »
« NON, ARRÊTE ! Ne dis pas ça ! Je ne veux plus t'entendre dire cela ! Tatsuha, je t'aime, je t'aime, je t'aime ! Combien de fois devrais-je te le dire pour qu'enfin tu comprennes que c'est toi que j'aime maintenant et non Yuki ! » C'est Shuichi qui est revenu. « Ryuichi, est-ce que tu peux nous laisser seuls, s'il te plaît. »
« Oui. Est-ce que tu veux que je reste dans le salon ou … »
« Non, ça va aller. Merci d'être venu ! »
Ryuichi sort de la chambre et nous entendons la porte d'entrer s'ouvrir et se fermer. Shuichi vient me rejoindre sur le lit.
Je regarde brièvement Shuichi et lui aussi me regarde. Je sens comme un malaise s'installer, mais Shuichi prend soudainement la parole.
« Tatsuha, tu dois absolument me croire, c'est toi que j'aime et personne d'autre. Ce n'est pas parce que je ne peux et ne veux pas oublier Yuki que je ne peux pas t'aimer plus que lui. »
« Je veux bien comprendre, mais Shuichi, je ne veux plus que tu lui obéisses même si c'est pour me protéger. Je veux que tu ailles voir la police s'il s'approche encore de toi. Est-ce que tu m'as compris ? »
« Oui, Tat-chan. »
« Promets-le moi, Shuichi ! »
« Je te le promets. »
Shuichi se risque à s'accoter sur moi. Je suis prêt à lui pardonner pour ce soir. Je voudrais que nous puissions finir notre soirée en bon terme. Pour lui montrer ma bonne foi, je lui prends le menton et j'approche mes lèvres des siennes. Je l'embrasse, mais je ne pousse pas plus loin. Malgré que les mains de ma douce moitié semblent vouloir plus.
« Shuichi … »
Il ne répond pas, mais ses lèvres sont maintenant dans mon cou et l'explorent. Ses mains se baladent dans mon dos. Je laisse les miennes sur ses hanches. Il entreprend de m'enlever mon chandail, je me retrouve torse nu. Ses mains se promènent sur mon torse suivi de sa langue qui a quitté mon cou pour s'occuper de mes mamelons. Je sens déjà le plaisir me gagner. Je ne veux pas mettre fin à ce moment, même si … et puis non, je veux qu'il continue. J'aime trop sentir la douceur qu'il met dans chacun de ses gestes.
Sa langue s'aventure sur mon torse, mon ventre, elle lèche chaque parcelle de ma peau. Je suis sérieusement à l'étroit dans mon pantalon. Je gémis et gigote un peu pour le faire savoir à Shuichi. Il me jette un bref coup d'œil avant de continuer sans se préoccuper de mon problème.
« Shuichi … »
« Sois patient, Tat-chan. » me susurre-t-il dans l'oreille avant de venir m'embrasser à nouveau. Cette fois-ci, je ne me laisse pas faire et j'essaie de prendre le contrôle. Mes mains sur ses hanches, je roule dans le lit pour me retrouver sur lui. Je romps le baiser et je vais sucer son cou et j'y laisse ma marque. Je prends deux secondes pour le regarder. Ses yeux améthyste me fixent avec tendresse. Je sais qu'il est heureux en cet instant. Je ne veux pas pour tout l'or du monde que ce moment s'arrête. Sa bouche s'ouvre légèrement comme s'il m'invitait à l'embrasser ce que je fais sans plus attendre. Nos langues dansent une valse entre elles. Quand nous sommes à bout de souffle, je retourne dans son cou pour respirer son odeur et lui donner des baisers papillons. Pendant ce temps, ses mains se baladent dans mon dos, mais descendent bien vite sur mon torse. Ses doigts effleurent chaque centimètre et descendent vers mon nombril.
Ma langue descend lentement vers ses clavicules. Je prends mon temps même si je n'en peux plus d'attendre. Une partie de mon anatomie me fait vraiment souffrir, mais je continue d'explorer la peau dorée de mon amant. Des images de mon frère touchant Shuichi me viennent en tête, mais je les efface immédiatement, je ne veux pas penser à lui. Il n'est pas question qu'il vienne gâcher ce moment privilégié. Je suis ramené au moment présent par les doigts de Shuichi qui sont en train de défaire ma ceinture. Je retourne l'embrasser en espérant qu'il suspende son geste, mais il réussit à m'enlever mon pantalon tout en m'embrassant. Donc, je me retrouve en boxer tandis que lui, il est encore habillé. Je délaisse sa peau à contre cœur pour lui enlever son chandail. Il se laisse faire, ensuite je descends pour m'occuper de son pantalon. Il m'arrête. Quoi ? Je ne peux pas le déshabiller ? Pourquoi devrai-je être celui qui est le plus à nu ? Je fais fi de son geste pour m'arrêter et je continue. Je l'entends gémir. Maintenant nous sommes tous les deux en boxer. Je me penche à nouveau sur lui. Il ferme les yeux. Ses mains retournent dans mon dos. Ma langue prend plaisir à titiller ses mamelons, pendant que mes mains explorent son torse.
Quand je considère que j'ai assez malmené ses pointes roses, je descends tranquillement ma langue vers son nombril. Je ne veux pas brusquer les choses. Je veux prendre mon temps. Une de mes mains essaie de se frayer un chemin à l'intérieur de son boxer. Je ne vois aucune résistance malgré ce que je pensais. Il me laisse totalement le contrôle. Ma langue descend jusqu'à l'élastique, ensuite ce sont mes dents qui prennent le relais. J'entreprends de descendre le tissu qui me gêne vers ses jambes pour lui enlever. Il m'aide un peu en soulevant son bassin. Je peux sentir son impatience puisqu'il se met à gigoter pour m'inciter à aller plus vite, mais je ne l'écoute pas. Une fois qu'il est enlevé complètement, j'enlève le mien et je me recolle dessus.
Je vais l'embrasser. Ses mains caressent mon dos, je sens ses ongles me grafigner la peau. Je romps le baiser pour aller humer son odeur dans le creux de son cou. Il laisse un gémissement s'échapper en même temps que moi quand nos membres se rencontrent.
« Tat-chan … » soupire Shuichi.
Ses jambes viennent entourées mes hanches. Je sais très bien ce qu'il veut. Je descends vers l'objet de ma convoitise en laissant traîner ma langue sur sa peau. Un frisson parcoure sa chair et un gémissement de bien-être se fait entendre. Je contourne son membre sans y toucher et je vais marquer ses cuisses. Ma langue goûte à cette peau si tendre à cet endroit. Mes dents la marquent comme mienne. Mes lèvres lui donnent des frissons en la frôlant. Shuichi arque son dos de plaisir. Je distingue un murmure qui me supplie de continuer. Je décide enfin de répondre à son impatience.
Ma bouche remonte sa cuisse pour arriver à ses bijoux de famille. Je prends le temps de les lécher et de les sucer. Les gémissements de Shuichi sont de plus en plus sonores. Il ne contrôle plus son plaisir. Ses mains agrippent les draps comme si sa vie en dépendait. Ses muscles sont tendus par la montée soudaine de plaisir. Lentement je délaisse ses bijoux pour aller m'occuper de son gland. Je lui donne de petits coups de langue pour le faire gémir encore plus. Je jette un œil pour le voir se tordre de plaisir. Je veux qu'il me supplie de le prendre en bouche. Je ne le ferai pas autrement.
« Shuichi, tu sais ce que tu as à dire pour que je continue. » lui dis-je avant d'embrasser son gland.
« Tatsuhaaaa …. ne me fait plus languir ! Je n'en peux plus ! »
« Ah oui ? Tu n'en peux vraiment plus ? Je crois que je vais attendre un peu. »
« S'il te plaît, non ! Suce-moi ! »
Je n'en rajoute pas et je le prends en bouche sans autre cérémonie. Automatiquement, il arque son dos et crie son plaisir. Je sens également monté le mien. Ce serait de vous mentir que de vous dire que je n'ai pas hâte de ne faire qu'un avec lui. Je veux le pénétrer depuis le début, mais je veux le faire patienter. Une sorte de vengeance en quelque sorte, malgré que je me punisse par le fait même. Je commence de légers va et vient. Je vais très lentement. Je le sens frustrer par ma lenteur à passer à l'action. Ses mains viennent agripper mes cheveux et essaient de pousser sur ma tête pour que j'accélère le rythme, mais je résiste. Shuichi grogne son désaccord.
Mes mains lui tiennent fermement les hanches. Finalement, j'arrête de le sucer et je remonte pour aller l'embrasser. Il me refuse l'accès à sa bouche. Il me boude. Il est tellement mignon.
« Shuichi, sais-tu que tu es vraiment mignon quand tu boudes ? J'ai envie d'arrêter pour te voir me bouder plus longtemps. » lui susurrai-je dans l'oreille avec un petit sourire gourmand.
Il me regarde et consent finalement à accepter que je l'embrasse. Nos lèvres sont chaudes, nos langues se battent pour avoir le dessus sur l'autre. Les mains de Shuichi font une pression sur mes hanches pour essayer de me basculer, mais je ne me laisse pas faire. Je romps le baiser et je vais à son point le plus sensible de son cou et y laisse ma marque. Ses mains se relâchent, je délaisse son cou. Je me relève et enlève mon boxer.
En même temps, je prends le tube de lubrifiant. Shuichi suit tous mes gestes avec son regard voilé de plaisir. Je retourne m'occuper de mon amant. Je me place entre ses jambes que j'écarte lentement en lui effleurant la peau. Un frisson parcoure son corps. J'applique une bonne dose de lubrifiant à l'entrée de son intimité que j'étends par la suite. J'en mets également sur mon pénis pour facilité la pénétration. Je le regarde dans les yeux tout en introduisant un doigt son intimité. Il gémit déjà. Après quelques secondes, j'introduis un autre doigt et je fais un mouvement de ciseaux. Je me penche sur Shu et je vais l'embrasser. Ensuite, je retire mes doigts pour y enfoncer ma verge. Je reste un instant sans bouger pour qu'il s'habitue tranquillement à moi et ensuite, j'y vais avec un va et vient lent.
Pendant mes mouvements de bassin, ma langue vient goûter encore à ses mamelons. Ses mains entourent mon torse et se rejoignent dans mon dos. Ses ongles me grafignent légèrement. Je sens son cœur battre très fort, le mien aussi se déchaîne dans ma poitrine. Nos respirations sont saccadées par le rythme des va et vient. J'accélère un peu le rythme. C'est bon !
J'aime cette sensation de bien-être que nous ressentons quand nous ne faisons qu'un avec la personne que nous aimons.
Shuichi commence à bouger son bassin. J'accélère le rythme. La sueur ruisselle sur nos corps, je sens que je ne tiendrai pas longtemps. Je vais embrasser ma douce moitié et pendant ce temps je me libère en lui. Nos gémissements sont étouffés dans le baiser. Mes forces me lâchent, je me laisse donc tomber à côté de Shuichi.
Il se tourne vers moi et vient m'embrasser dans le cou. Plusieurs petits baisers papillons. Son bras entoure mon torse et une de ses jambes s'est glissée entre les miennes. Que pense-t-il faire exactement ? Malheureusement pour lui, je n'ai pas envie de remettre cela ! Mais, comme s'il avait lu dans mes pensées, il s'arrête. Il laisse sa tête sur mon torse. Je lui laisse quelques minutes avant de bouger pour me lever, je dois aller aux toilettes. Il ne réagit pas. Je m'aperçois qu'il dort. Je le déplace tranquillement pour ne pas le réveiller. Je le couvre avant de me lever. Après être passé au toilettes, je vais éteindre les lumières et je vais rejoindre Shuichi sous les couvertures pour une bonne nuit de sommeil.
XoXoXoXo
POV Yuki
Que doit-on faire pour avoir la paix une fois pour toute ? Cela fait trois jours que mon paternel se fait un plaisir de m'appeler pour que je retourne vivre au temple. Il n'en est strictement pas question. Mika est d'accord avec lui, elle dit que cela me ferait du bien de me remettre les idées à la bonne place dans ma tête. Je suis majeur et vacciné. Je ne réponds plus au téléphone, j'ai débranché le répondeur. J'ai arraché la sonnette, donc plus personne ne peut me pourrir la vie.
Ah oui ! Il y en a encore une, Tôma. Ce mec avide de pouvoir a renforcé la sécurité de NG. J'ai suivi mon plan d'aller le voir lui. Je voulais m'amuser un peu à ses dépends, mais mon plan a échoué au moment de le quitter.
Je suis arrivé à NG et me suis présenté à la réceptionniste sachant très bien que je ne pourrais pas aller plus loin. Je lui ai dit que je voulais voir de toute urgence Tôma. Elle m'a fait patienter pendant qu'elle le contactait. Il est arrivé au bout de quelques minutes.
« Bonjour Eiri-san, que puis-je pour toi ? » me demande-t-il. Je sais qu'il n'est pas dupe.
« Te parler. Sommes-nous obligés de rester ici dans ce lieu grouillant d'insectes ? »
« Suis-moi, nous allons monter dans mon bureau. » me dit-il avec son éternel sourire hypocrite.
Je devrai jouer juste si je veux réussir à voir Shuichi aujourd'hui. Tôma n'est pas né de la dernière pluie et il sait très bien comment je fonctionne. Par contre, je ne refuse pas une petite conversation avec lui. Pourquoi ne pas en profiter pour lui demander une petite explication ? Donc, je le suis sagement, comme si je n'avais aucun plan dans la tête pour voir mon baka. Tôma entre dans son bureau et me fait signe de m'asseoir sur le divan qui longe le mur à gauche. Il s'installe dans un fauteuil en face de moi. Je n'aurais jamais pensé que je puisse faire ce que je m'apprêtais à faire pour réussir à voir Shuichi.
« Tôma, je suis au courant pour toi et Mika. Je sais également que tu étais intéressé par moi. Je me demandais si c'était toujours le cas ? »
« Pourquoi Eiri-san ? Pourquoi maintenant ? Parce que tu ne peux plus avoir Shindo-san ? … Sache Eiri-san que je ne suis pas dupe, je sais très bien que tu utilises cette … »
Je ne lui laisse pas le temps de terminer sa phrase et je me lève en m'approchant de lui. Je me penche pour être face à lui et l'embrasser. Bizarrement pour une personne qui se dit ne plus être intéressée, il s'en donne à cœur joie. Il ne pourra jamais m'oublier.
Finalement, il met fin à ce baiser. Je souris intérieurement. Mais, le contraire de ce que je m'attendais arrive.
« Eiri-san, je sais très bien que ce n'est pas moi qui t'intéresse, donc pour cette raison je vais te pardonner ce baiser et je vais te demander de sortir d'ici et de ne plus revenir. Nataku-san te raccompagnera à la sortie. Tu crois peut-être que je n'ai pas vu ton jeu, tu voulais me voir pour ensuite sortir et aller le voir, mais tu ne pourras pas l'approcher. »
Ce sont les dernières paroles qu'il me dira avant que je ne sorte accompagné bien sûr de son gorille. Je n'ai pas pu voir Shuichi et maintenant, je ne peux plus entré dans le bâtiment. Ce baka me le payera.
Ce n'est pas parce que je ne peux plus entrer dans l'immeuble que je ne peux pas observer Shuichi. Il me sera difficile de le voir même en dehors de son travail. Il est toujours en compagnie soit de Nakano, soit de K. J'ai vraiment besoin de le voir, de le sentir, de le goûter. Je ne supporte pas de l'avoir loin de moi. Pendant un an, j'ai essayé de le faire fuir. C'est seulement quand il s'est éloigné de lui-même que je me suis rendu compte que je … non, je ne peux pas aimer une personne. C'est impossible ! Il est seulement un bon coup au lit, point à la ligne, rien de plus. Il n'existe que pour me satisfaire. Pourquoi mon cœur s'affole-t-il quand je pense à lui, quand je suis avec lui ? Je ne comprends plus. Autant je veux le détruire ainsi que mon frère, autant je veux … Ahhh ! J'ai soudainement mal à la tête. Je réfléchis trop. Je décide de retourner à la maison, m'enfermer encore une fois.
En allant rencontrer mon éditrice, encore une chose qui m'ennuie à mourir, j'ai découvert quelque chose d'intéressant. Nous nous sommes rencontrés dans un petit restaurant. Après dix minutes, le serveur n'était toujours pas venu prendre notre commande. Cinq minutes plus tard, c'est le propriétaire qui l'a prise. Il s'est excusé en prétextant qu'il n'avait qu'un seul serveur et qu'il était énormément occupé. Bizarrement, la salle est presque vide à cette heure-ci. Je ne pose pas de question, mais cela ne m'empêche pas d'être furieux. Une vingtaine de minutes après, il nous ramène nos commandes, c'est à ce moment-là que j'aperçois, le seul serveur de la place. Un petit sourire apparaît au coin de ma bouche. Voilà pourquoi il n'est pas venu nous voir ! Tatsuha se trouve à travailler ici. Intéressant ! Maintenant, je tiens une information que je risque éventuellement d'utiliser pour avoir ce que je veux. J'espère seulement qu'il n'a pas l'intention de changer de travail. Je vais le retrouver peu importe où il sera.
« Yuki-san, est-ce que vous m'écoutez ? » me demande Misaki pendant que j'observe mon frère derrière le comptoir.
C'est bien lui, toujours gentil avec le monde qui l'entoure. Il ne s'aperçoit même pas qu'il est en train de se faire draguer par une fille. Il lui sourit bêtement. Quel imbécile !
« Oui, vous disiez ? »
« Je vous parlais de votre prochain deadline. Nous pourrions le mettre disons dans … »
Je perds à nouveau le fil de ce qu'elle dit. J'observe mon frère. Les sentiments que j'ai longtemps enfuis au plus profond de moi remonte à la surface. Je ne peux pas rester une minute de plus ici.
« Vous aurez le prochain chapitre quand je l'aurai terminé, point final. Je dois maintenant partir, vous m'excuserez. »
« Je vous appellerai pour vous le donnez ! »me dit-elle avant que je ne quitte la table.
Je jette un dernier coup d'œil à mon frère avant de quitter définitivement l'endroit. Je vais marcher un peu, bizarrement je ne veux pas rentrer tout de suite. Je ne tiens pas compte d'où mes pas me mènent, mais je me retrouve assez vite devant les bureaux de NG. Je m'assois sur un banc dans le parc en face de l'immeuble. Je repense aux deux années que j'ai passées avec Shuichi.
La première année, c'est lui qui me courait après. Je n'ai jamais su ce que j'avais fait pour qu'il soit soudainement intéressé par moi. J'avais rattrapé une feuille et je lui avais dit que les paroles écrites dessus étaient nulles. Est-ce qu'une personne normale voudrait aimer un type qui lui lance des méchancetés à la figure ? Je ne crois pas. Je l'ai toujours trouvé collant. Je ne sais pas pourquoi, mais à chaque fois que j'étais en sa présence, il se passait quelque chose dans mon cœur que je ne saurais expliquer. Non, en fait, je savais ce qu'il se passait, mais ce sentiment n'était réservé qu'à une seule personne que je m'évertuais à oublier.
Malheureusement, j'ai été incapable de l'oublier, non, de les oublier. Eh oui, pendant un an, j'ai cru que je n'aimais plus la personne pour laquelle j'aurais pu faire n'importe quoi. Quand je suis sortie du trou à rats, je ne pensais qu'à Shuichi, mais depuis la visite chez mon père, les sentiments que j'ai enfouis sont remontés. J'ai voulu revoir et revoir Shuichi pour les enfoncer et n'avoir que des sentiments pour lui, mais de le revoir dans ce restaurant …
Je ne pourrai jamais oublier les sentiments que j'ai pour cette personne. Je m'allume une cigarette. Je ferme les yeux et je le revois quand il était jeune. Je sais très bien que j'étais son héros. Il venait me voir quand il avait un problème. Je le protégeais tout le temps. Je n'acceptais pas qu'il soit approché par des filles. Je soupire. J'avais un sérieux problème. Pourquoi avais-je ce sentiment pour lui, c'est mon frère bordel ! Je ne peux pas ressentir un sentiment aussi fort pour mon frère ! Je suis allé aux États-Unis. Cela a été très pénible. Je ne pouvais plus le voir, je ne pouvais plus le protéger. J'avais une peur constante qui me nouait le ventre. De m'éloigner était supposé me faire du bien, mais c'est le contraire qui se produisit. Je ne voulais plus l'aimer, je ne pouvais pas lui faire cela. Il était si pur.
Je suis revenu et je lui ai fait du mal. Je ne voulais pas ressentir l'amour que j'avais pour lui. Je voulais le détester, le trouver laid. J'ai tout fait pour. J'étais en train de réussir quand Shuichi est entré dans ma vie. Je suis tombé amoureux de lui aussi. Son sourire resplendissant, ses yeux qui pétillaient de bonheur. Je ferais n'importe quoi pour le revoir une seule fois comme ça avec moi, une seule fois, mais Tatsuha est encore dans le décor. À l'époque, j'aurais pu garder Shuichi, mais comment laisser partir mon frère sans qu'il aille se plaindre à la police ou Mika ou encore le paternel ? Je ne pouvais pas prendre ce risque et perdre Shuichi. L'ironie de la situation, c'est que je l'ai perdu. Vraiment, rien ne me réussi. Ah ! Vous allez dire que les filles et les femmes de ce pays adorent mes romans, c'est vrai, vous avez raison, mais ce n'est pas cet amour-là que j'ai de besoin. C'est certain que je pourrais coucher avec n'importe quelle fille et la rendre heureuse, mais je suis égoïste et je veux être heureux moi aussi. Je veux Shuichi pour oublier mon amour interdit !
« Eiri-san, qu'est-ce que tu fais ici ? » me demande la personne qui est devant moi. Naturellement, je ne pouvais pas m'attendre à un parfait inconnu. Eh non ! C'est ce cher Tôma qui rapplique jusqu'au parc. Qu'il ne vienne pas me dire que le parc lui appartient parce que je vais le frapper. Ce parc est public et j'ai autant le droit que n'importe qui d'y être.
Je ne lui réponds pas et lui envois seulement un regard meurtrier avant de retourner dans mes pensées.
« Eiri-san, en profiterais-tu pour attendre que Shindô-kun sorte pour le voir ? »
« Non ! »
L'imbécile vient s'asseoir à côté de moi. Comme je ne veux pas rester plus longtemps en sa présence, je me lève, mais il m'empêche de partir.
« Eiri-san, j'aimerais te parler. Tu ne peux pas rester comme ça. Mika s'inquiète sérieusement pour toi. Elle dit que ce n'est pas sain de te laisser seul. Tu devrais peut-être aller vivre avec elle ou tout simplement venir avec moi. Je vis seul maintenant et j'avouerais que tu serais tranquille puisque je suis le plus clair de mon temps au bureau ou en studio. »
« Pourquoi t'intéresses-tu à moi tout d'un coup ? Parce que Mika te l'a demandé ? »
« Je ne comprends pas Eiri-san. »
« Tu n'es jamais venu me voir, toi qui n'arrêtais pas de me dire que tu m'aimais et tout le tralala. Maintenant que je suis libre, tu crois que je vais te laisser m'approcher naturellement ? Sache Tôma qu'il y a une seule personne qui compte vraiment à mes yeux et … »
« Et tu ne peux plus l'approcher. Pire, elle est amoureuse de ton frère. Cette personne Eiri-san, si tu l'avais réellement aimé, tu la laisserais vivre sa vie. Tu dois passer à autre chose, aller voir ailleurs. »
« Désolé Tôma, mais ce n'est pas tes gardes du corps ou la sécurité du bâtiment de NG qui va m'arrêter. Je vais tout faire pour récupérer ce qui m'appartient. »
« Tu n'es vraiment qu'un enfant gâté, Eiri-san. Shuichi ne t'appartient pas. Ce n'est pas un objet que tu peux faire ce que tu veux avec. C'est un être humain et comme toi et moi, il a des sentiments. Tu ne peux pas jouer avec comme tu le fais. Tu ne veux pas de notre aide, parfait, nous allons te laisser tranquille, mais ne viens pas pleurer sur mon épaule. J'ai toujours été là pour toi, Eiri-san, mais si tu nous rejettes parce que monsieur se croit supérieur et au-dessus de tout, aucun problème, je vais te laisser avec tes démons. Laisses-moi te dire encore une chose, j'espère seulement qu'ils ne te lâcheront jamais. Pour ton égoïsme, ta cupidité, ton immaturité, j'espère qu'ils seront toujours là pour te rappeler tout ce que tu as perdu en agissant comme tu l'as fait avec ton frère et Shindô-kun. »
« Ce n'est pas moi l'enfant gâté. » murmurai-je plus pour moi.
« Pardon ? » me demanda-t-il, mais je ne répondis pas.
Il se lève et retourne travailler. Pour ma part, je me rends à ma voiture. Ce que vient de me dire mon ex-beau-frère me turlupine. Pourquoi des démons viendraient me hanter ? Je sais que j'ai beaucoup de difficulté à oublier mon amour interdit, mais j'ai toujours passé à travers. D'accord, Tôma était là jusqu'à ce que Shuichi arrive dans ma vie.
J'allume la radio. Soudain, je me fige quelques secondes. Pourquoi allumerais-je la radio ? Je ne l'ai jamais fait. Seul Shuichi le faisait parce qu'il disait que le silence l'étouffait. Moi, c'était le contraire, mais aujourd'hui … je ne sais pas … peut-être inconsciemment je l'ai fait en pensant à Shuichi ?
Elle naît de paroles blessantes
Elle naît de gestes brusques
Engendrée par celui que nous haïssons
Ou celui que nous aimons
La douleur résiste au temps.
Je reconnais cette voix. C'est Shuichi qui chante. Il chante un single qui est sorti peu de temps après mon arrestation.
Les mots, les gestes peuvent faire mal
Mais, la vraie douleur vient de la trahison
Trahison de l'âme sœur
Trahison qui tue
La douleur s'incruste dans mon être.
J'écoute ce qu'il chante. Je n'ai pas le cœur à dire que ses paroles sont minables comme je le disais toujours. Cette chanson exprime parfaitement ce qu'il ressent. C'est de ma faute s'il a sorti des albums tristes et déprimants.
Comment la chasser
Comment trouver le bonheur
Tout m'a été enlevé
Je suis perdu dans la douleur
Mon être se meurt avec elle.
J'ai besoin de le voir. Je dois trouver un moyen pour qu'il réussisse à me voir. J'ai besoin de lui, de le toucher, de le sentir. Je ne peux pas m'en passer. Je veux parler avec lui, je veux lui expliquer, je veux qu'il me revienne. Tatsuha n'a pas le droit de l'avoir, il était à moi, il me l'a encore volé comme tout ce que j'ai possédé avant. Mon frère m'a enlevé ma raison de vivre, m'a enlevé mon bonheur, ma joie.
J'arrive à la maison. Je vais directement dans la chambre pour prendre son oreiller, mais l'odeur de Shuichi n'y est plus. Elle a disparu tout autant que son propriétaire. Une idée germe dans ma tête. Je sais comment je peux l'avoir. Est-ce une bonne idée ? Je ne le sais pas, mais je sais qu'il sera à nouveau à moi. Seulement à moi. Je ne veux plus partager, c'est terminé !
Le lendemain je retourne surveiller la sortie de Shuichi. Il n'y a rien qui m'empêche de le regarder. Il ne sait même pas que je suis là. Personne ne le sait. Cela fait une heure que j'attends. Je commence à perdre patience quand je le vois sortir. Il est accompagné de Nakano et de … Tatsuha. Je jure intérieurement. Il semble tellement heureux. Il rit, saute partout. Il resplendit dans cette journée nuageuse. Comment ai-je pu être idiot à ce point ? Je démarre en trombe et décide de me promener dans la ville avant de revenir chez moi.
Je regrette d'arriver à la maison. Oh ! Ce n'est pas parce que je ne veux pas être tranquillement assis dans mon divan à ruminer sur mon sort, mais parce que ma chère sœur s'est faite un plaisir de me rendre visite avec son nouveau copain. Je ne sais pas s'il a rencontré Tôma. Je ne pense pas. J'entre dans ma place de stationnement et je reste dans ma voiture. J'espère de cette façon qu'elle partira, mais ce n'est pas ce qu'elle fait. Elle frappe dans ma fenêtre. Je décide enfin de sortir, mais croyez-moi, je ne suis pas de bonne humeur.
« Que fais-tu ici ? »
« Je suis venu voir mon frère, je n'ai pas le droit ? »
« Non. » lui dis-je en me dirigeant vers mon appartement. Naturellement elle me suit avec son chien de poche. J'ouvre ma porte, mais avant que j'aie le temps de la refermer, Mika fait déjà une pression dessus pour que je ne puisse pas le faire.
« Non, Eiri, tu ne me fermeras pas la porte au nez. »
Je lui lance mon regard meurtrier, mais je sais qu'il n'a aucun effet sur elle. Donc, elle entre et son chien la suit toujours. Il n'est pas le bienvenu. Si elle veut que je sois content qu'elle entre chez nous qu'elle emmène avec elle Shuichi et je n'aurai aucune réticence.
Je vais m'asseoir dans le salon. Sachant très bien que je ne leur offrirai rien à boire ou manger, elle va d'elle-même dans la cuisine. Elle revient dans le salon avec deux tasses de café. Elle en donne une à son copain qui s'est permis de s'asseoir en face de moi.
« Eiri, cela fait combien de temps que tu n'as pas mangé ? » me demande-t-elle. Elle a sûrement remarqué qu'il n'y avait rien dans le réfrigérateur.
« Ne t'inquiète pas, je me nourris, seulement je vais au restaurant. »
« Ah oui ? Lequel ? » demande-t-elle précipitamment. Saurait-elle que Tatsuha travaille dans un petit restaurant ? Devrai-je lui dire que j'y suis déjà allé juste pour voir sa réaction ?
« Qu'est-ce que cela peut te faire ? Cela ne te satisfait pas que je mange ? Peut-être voudrais-tu que je reste enfermé chez nous ? »
« Eiri, calmes-toi ! Je m'inquiète seulement pour toi. » Elle s'assoie aux côtés de son copain. « Je voulais te présenter mon copain. » me dit-elle avec un sourire.
« Hum. » Je lève mon regard vers celui-ci. « Si tu es capable de l'empêcher de venir m'embêter, je t'accepterai peut-être comme beau-frère. »
« Eiri ! Comment peux-tu dire cela ? Je t'ai soutenu pendant un an. Je ne t'ai pas renié malgré ce que tu avais fait. Comment peux-tu seulement penser à me tasser de ta vie ? Je te connais bien Eiri, je sais ce que tu essais de faire et je ne te lâcherai pas. Je ne te laisserai pas t'enfermer dans ton mutisme et éloigner tout le monde autour de toi. »
« Pas tout le monde. » dis-je sans vraiment m'en rendre compte.
« Eiri, tu dois l'oublier. Il est heureux maintenant. Laisse-les tranquille. »
« Ce n'est pas toi qui viendra me dire quoi faire, je suis assez grand pour décider moi-même de ma vie. Maintenant, j'ai du travail, donc je te prierai de partir. »
Je me lève pour aller dans mon bureau.
« Je le demande vraiment. Es-tu capable de t'occuper de toi-même, Eiri ? Si je n'avais pas été là à ton retour de New-York, pire si Tôma n'avait pas été là, est-ce que tu serais encore là aujourd'hui ? Est-ce que tu aurais connu Shuichi ? » me demande-t-elle avant de partir.
Je vais dans mon bureau. Je m'installe pour travailler. Mais rien ne vient. Je suis incapable d'écrire quoi que ce soit. Ce que m'a dit Mika avant de partir me vire dans la tête. Est-ce que tu serais là aujourd'hui ? Probablement pas. Par contre, personne n'aurait été fâché. Tatsuha n'aurait pas subit ma colère, père n'aurait pas eu à accepter un fils indigne.
Pour ce qui est de Shuichi, elle a vu juste. C'est le seul qui a su faire fondre un peu la glace recouvrant mon cœur, mais malheureusement, il n'a pas réussit à la faire partir complètement. Aujourd'hui, elle continue à s'épaissir. Je repense au plan que j'avais conçu pour attirer Shuichi et pouvoir profiter de lui.
J'ouvre une vierge. Et je commence à écrire, mais je me ravise. Une question me vient en tête. Lequel des deux j'aime le plus ? Je me rends compte que tant et aussi longtemps que je vais voir mon frère d'une façon ou d'une autre, je ne pourrai pas oublier l'amour que je lui porte. Par contre, j'aime également Shuichi. Devrai-je me réjouir de les voir tous les deux heureux ? Non ! C'est évident, je ne pourrai jamais avoir mon frère, donc je dois à tout prix récupérer Shuichi. S'il est avec moi, je sais que je finirai par oublier l'autre.
XoXoXoXo
POV Shuichi
J'en ai marre. Tout le monde s'inquiète pour moi. Ils n'ont aucune raison de le faire. Si j'accepte de faire ce qu'il me demande c'est que je le veux. N'allez pas dire que je trompe Tatsuha, parce que ce n'est pas le cas. Je veux seulement le protéger et j'avouerais que … non, cela ne peut pas être possible. De toute manière, je n'arrête pas de certifier à mon cœur que je n'aime plus du tout son frère. C'est vrai que je n'ai plus aucun sentiment pour lui, mais pourquoi dans ce cas quand je me retrouve avec lui, s'en est tout autrement ? C'est comme si les sentiments que j'ai toujours eus pour lui refont surface quand il est devant moi. Que dois-je faire ? D'accord, écouter tout le monde et arrêter de le voir. Comment pourrais-je le faire maintenant qu'il y a tous ces gardes autour de moi ? Quand ce n'est pas K qui me suit partout, c'est un autre. Je ne peux même pas me rendre aux toilettes qui se trouvent maintenant à côté du studio.
Eh oui ! Nous avons changé de studio, K trouvait les toilettes trop loin. Surtout que dernièrement, j'y allais souvent. C'est normal d'avoir envie plus d'une fois dans la journée lui ais-je fait remarqué. « Ah oui ? C'est normal d'y aller à tous les cinq minutes ? Ah bon ! Donc, tu serais la seule personne normal dans cette bâtisse. » m'a-t-il répondu. Non, mais pour qui se prend-il ? Mon garde du corps, je sais. Je peux comprendre qu'ils veuillent tous que j'aille bien, qu'il ne m'arrive rien, mais je trouve qu'ils exagèrent un peu. Je sais très bien qu'il va trouver un moyen de me voir, sinon, il ira voir Tatsuha.
En parlant de ce dernier, il est totalement d'accord avec son ex-beau-frère. Lui aussi, il a beaucoup peur pour moi, mais je soupçonne qu'il ait davantage peur de me perdre. Que je retourne avec son frère ! A-t-il si peu confiance en moi ? Peut-être a-t-il raison ? Devrait-il avoir peur quand moi-même je ne suis pas sûr de mes sentiments par moment ?
Hier soir, Tatsuha et moi, nous avons eu une bonne conversation. Je la fuyais à chaque fois que je la voyais venir, mais mon chéri ne le voyait pas comme moi. Je n'avais jamais vu Tatsuha dans cet état-là par ma faute, une chance que Ryuichi était présent, il a su quoi faire. Nous avons réussi à nous parler, mais je doute qu'il arrête de me soupçonner. Je ne sais pas s'il a bien compris mes sentiments quand je lui ai dit que je ne pouvais pas oublier Yuki même si je le voulais, mais il m'a fait promettre quelque chose que je ne suis pas certain de tenir. Aurais-je assez de force pour tenir ma promesse ? Depuis sa sortie, mon inspiration va bon train, mais mes chansons sont plus sombres. Je n'ai aucun problème avec ça, parce que mes fans les aiment beaucoup. De toute façon, cela ne peut pas faire de tort, depuis un an, elles étaient joyeuses et pleines d'entrain. Elles ne peuvent pas toutes être joyeuses, quelques chansons nostalgiques ne peuvent pas faire de mal.
Je suis présentement au studio et nous enregistrons les dernières chansons que j'ai écrites. Fujisaki râle encore, il est tanné de composer de la musique triste.
« Quand vas-tu recommencer à composer quelque chose de plus joyeux ? »
« Quand j'en serai capable de nouveau ! Vous avez deux choix, soit je continue à avoir de l'inspiration et nous pourrons sortir l'album dans les temps, soit j'essaie de te faire plaisir et je compose des chansons joyeuses, mais la sortie de l'album risque d'être retardé ! » lui lançai-je. Je n'aime pas quand il me critique, ce qu'il fait depuis qu'il est dans le groupe.
Sérieusement, j'aimerais bien changer de claviériste, tout ce que je fais, il trouve toujours quelque chose à redire même après trois ans de carrière. Hiro me regarde, je crois qu'il est un peu tanné de se faire l'avocat du diable.
« Je prends une pause, j'en ai marre ! » dis-je en me dirigeant vers la porte. Naturellement, j'ai tout de suite K sur mes basques prêt à me suivre peu importe où je vais. Je soupire d'agacement. Je sors du studio et vais dans le petit salon où nous prenons nos repas et nos temps de repos. Je m'achète un jus et quelque chose à grignoter.
« Je ne peux pas croire qu'il n'est pas encore content. Qu'est-ce qu'il lui faut pour le satisfaire ? Peut-être que s'il avait une personne à aimer, cela l'aiderait. »
K ne me répond pas. Il sait pertinemment que cela ne vaut pas la peine. Je me surprends à penser à Yuki. Pourquoi ? J'en sais rien.
Que fait-il de ses journées ? Sûrement enfermé dans son bureau comme à l'habitude. Reste-t-il encore au même endroit ? Certainement pas. Il doit habiter un autre endroit. Bien malgré moi, j'aimerais le voir une dernière fois pour que nous parlions de tout cela, pour mettre les choses au clair. D'accord, j'ai encore une peur bleue de lui et de ce qu'il pourrait me faire s'il n'est pas content, mais je veux vraiment comprendre pourquoi il a agit comme il l'a fait. Il y a sûrement une bonne raison. Il mérite qu'une personne l'écoute et je suis prêt à être cette personne. Je sais très bien ce que Tatsuha en pensera, mais malgré tout ce qu'il peut penser, si j'ai envie d'écouter Yuki, personne ne peut me l'empêcher. En même temps, cela nous permettrait de nous voir. Merde ! Il ne peut pas s'approcher de moi. Pourquoi pensais-je d'ailleurs que je serais la personne qui pourrait l'aider ? Pourquoi voudrais-je même l'aider ? Pourquoi voudrait-il de mon aide ?
C'est une personne qui n'aime pas avoir de l'aide. Il aime faire tout par lui-même. Je ne suis pas la seule personne de son entourage, il a sa sœur, qui j'en suis certain essaie de prendre soin de lui, même si ce ne doit pas être facile tous les jours. Je la plains un peu. Yuki n'est pas facile à vivre, il faut savoir le cerner. Ce que j'ai réussi à faire en partie. Je sais qu'il se sent bien quand il est en ma présence. Je le ressens. Il ne l'aurait jamais avoué. Mais je sais aussi une chose. Les deux dernières fois que nous nous sommes vus dans les toilettes, je crois avoir vu dans ses yeux de la tristesse. Il était brusque avec moi, mais je sais qu'il ne le voulait pas. Pourquoi l'a-t-il été ? Peut-être de la colère cumulée. Peut-être qu'il voulait être certain que je ferais ce qu'il voulait. J'avoue que je ne l'aurais pas fait, mais je l'aurais écouté s'il avait voulu me parler de ce qu'il pouvait ressentir. Je sais qu'il ne le fera jamais et cela m'attriste de le voir survivre. Oui, oui, vous avez bien lu, survivre. Yuki survit avec ses vieux démons, il n'accepte pas qu'une personne brise sa carapace parce qu'il s'y sent en sécurité.
Je ne suis pourtant pas psychologue, mais à force de vivre avec lui, de le côtoyer, j'ai fini par comprendre comment il fonctionnait jusqu'à ce jour.
« Shuichi. »
Aujourd'hui, je sais très bien que je ne serais plus capable de retourner vivre avec lui. J'ai tout le bonheur que je veux avec Tatsuha. Je me suis aperçu que je n'avais pas tout ce que j'avais de besoin. Son frère m'apporte beaucoup plus. Je me sens aimer par lui, je n'ai pas peur d'être mis à la porte pour un rien. Il me permet de chanter à la maison, de faire du bruit, bref d'être moi-même. Donc, non, je ne l'aime plus. Il n'a été qu'une idylle de jeunesse.
« Shuichi ! »
Je sors de mes pensées quand j'entends Hiro crier mon nom.
« Oui, Hiro. »
« Nous allons reprendre si nous voulons terminer aujourd'hui. »
« Oui, j'arrive. »
Nous allons passer le reste de la journée à enregistrer. Fujisaki n'a plus râlé, mais je sens qu'il se retenait de peine et de misère.
Enfin, je peux rentrer chez moi. K me raccompagne. Quand j'arrive Tatsuha n'est pas encore arrivé, il devait travailler ce soir. Depuis qu'il s'est trouvé un travail, il semble plus heureux. Malgré ma réticence à le laisser faire, je dois avouer que cela l'aide à remonter la pente. Il peut penser à autre chose qu'à son frère. Il m'a raconté la rencontre chez son père. J'ai eu peur quand il m'a dit ce que Yuki lui avait murmuré à savoir qu'il avait toujours ce qu'il voulait. Je sais très bien qu'il parlait de moi.
Je vais m'asseoir devant la télévision et je regarde le courrier que nous avons reçu. Beaucoup de lettres viennent de mes fans. J'essaie toujours de toutes les lires, mais bien sûr, je ne peux pas toujours y répondre. Je commence à les lire. Elles sont tous semblables. Les fans m'encouragent à continuer. Certaines connaissant parfaitement ma relation avec le grand écrivain qu'est Yuki me disent de ne pas désespérer qu'il ne peut plus m'approcher, si elles savaient.
Je les mets de côté et décide de ne plus penser à Yuki. Pour ce faire, je vais préparer le souper. Tat-chan devrait arriver bientôt. Je dois absolument mettre de côté mes sentiments qui remontent à l'invocation de mon écrivain. Je dois me concentrer sur mon travail et mon amour. Tat-chan a également besoin de moi, beaucoup plus que l'autre d'ailleurs. Yuki a toujours été un grand solitaire, donc il ne devrait pas trop souffrir. Pourquoi suis-je encore en train de penser à ce grand crétin ? Je secoue la tête et termine le souper en même temps que mon cœur rentre. Je vais l'accueillir comme il se doit. Nous soupons dans une ambiance joyeuse. Il me conte sa journée. Il aime beaucoup son nouvel emploi, mais j'ai l'impression qu'il me cache quelque chose et je n'aime pas cela.
« Tat-chan, est-ce que tu me cacherais quelque chose ? »
« Non, pourquoi ? »
« Pour rien, c'est l'impression que j'avais à l'instant. Je me suis sûrement trompé. »
« Non, tu ne te trompes pas. J'ai omis de te dire quelque chose. Aujourd'hui, plus précisément cette après-midi, j'ai refusé de servir un client. Mon patron a compris et ne m'en veut pas. »
« Pourquoi as-tu refusé de le servir ? » m'étonnai-je.
« Shuichi, c'était impossible que je le serve. Je sais bien que c'est une coïncidence s'il était là, mais maintenant … »
« De qui parles-tu ? … Non ! … Yu … »
« Oui, c'est mon frère, le client. Il était avec son éditrice. Cependant, je sais très bien qu'il m'a observé tout le temps qu'il a été présent dans le restaurant. »
« Ne t'inquiète pas, je vais prévenir K. Il trouvera un moyen pour que tu puisses rester là sans qu'il revienne. »
« Shuichi … tu n'as pas l'intention de le revoir, n'est-ce pas ? Même si c'est pour me protéger ? »
« Non, Tatsuha. Je n'ai pas l'intention de le revoir. Je sais que je ne le peux pas, mais surtout je sais que je perdrais trop. Tu comptes le plus pour moi. »
« Merci, Shuichi. » Il se lève pour porter les assiettes dans l'évier. « Bon, est-ce que nous écoutons un film ? »
« Tu ne voulais pas aller prendre ta douche. Je n'ai pas le goût de regarder un film avec quelqu'un qui pu. » lui dis-je avec un petit sourire en coin.
« Viendrais-tu la prendre avec moi ? »
« Ah là ! Non ! Je l'ai déjà prise. Pendant que tu seras dans la douche je vais faire la vaisselle et ensuite préparer le film. »
« D'accord. Attends-toi à être puni pour ne pas m'accompagner dans la douche. »
« J'ai toujours adoré tes punitions Tat-chan. »
« À croire que tu le fais exprès pour en avoir. »
« Ça reste à voir. Peut-être bien. » répondis-je en riant de bon cœur.
Cela faisait longtemps que je n'avais pas rit de cette façon. J'ai pu voir du bonheur dans le regard de Tatsuha. Je sais que cela lui a fait plaisir de m'entendre rire. Oui, c'est ce que je veux, oublier Yuki Eiri et repartir dans la joie.
Soudain le cellulaire vibre dans ma poche de jeans. Je le sors. C'est un message texte. Croyant que c'était Hiro qui me l'envoyait, je l'ai lu. Je n'aurais jamais dû. Il ne venait pas de mon meilleur copain, mais plutôt de Yuki. Comment a-t-il pu avoir mon numéro ? Je sais où travail Tatsuha. C'est tout ce que dit le message. Que dois-je faire ? Avertir K ? Oui, c'est ce que je devrais faire, mais pour ce soir, je vais me contenter de passer une belle soirée avec mon amour.
« Est-ce que ça va, Shuichi ? » me demande Tatsuha en sortant de la salle de bain. Il ne porte qu'une serviette autour de la taille. Mon cœur se met à battre la chamade. Je ne suis plus sûr de vouloir seulement regarder un film.
« Bien sûr, pourquoi ? » lui demandai-je à mon tour.
« Tu fais un drôle d'air. J'ai l'impression que tu viens de voir un fantôme. » me dit-il en riant.
« Oui et c'est toi mon fantôme. » lui répondis-je en enroulant mes bras autour de son cou et en l'embrassant. Il semble heureux que j'aie agit de mon propre gré. N'ayant plus de souffle je brise le baiser et me sauve dans le salon avant d'aller plus loin. J'ai l'impression que nous n'écouterons pas le film au complet. J'essaie de reprendre mes esprits quand je sens deux bras entourés mon cou par derrière. Je me laisse aller. C'est trop bon, je me sens si bien dans ses bras. Il vient me donner deux ou trois bisous dans le cou.
« Cette fois, je ne te laisserai pas t'enfuir. » me dit-il avec du désir dans le regard. Je laisse échapper un petit gloussement.
Nous nous installons pour écouter le film. Même pas quinze minutes plus tard, Tatsuha a son nez dans mon cou et me donne de petits baiser.
« Tatsuha, arrête, regarde le film ! » essayai-je, mais il ne m'écoutait pas.
« On s'en fou du film, c'est toi que je veux. » me dit-il en glissant une main sous mon chandail.
Je laisse échapper un soupir pour la forme. Mais, je suis bien content que le film passe après moi. Je suis content que mon Tat-chan ne me rejette pas. Je tourne la tête pour capturer ses lèvres. Il répondra à mon baiser sans problème. Nos langues danseront ensembles pendant un moment. Quand nous sommes à bout de souffle, je romps le baiser, mais Tatsuha n'en reste pas là. Sans attendre il m'enlève mon chandail. Je veux faire de même avec lui, mais il m'arrête dans mes gestes.
« Non. » me dit-il tout en promenant ses mains sur mon torse. « C'est moi qui commande, tu m'appartiens ce soir, corps et âme. Je décide de tout. »
Je ne réponds pas, mais l'idée ne me déplait pas. Donc, je le laisse faire. Sa langue remonte jusqu'à mon oreille pour la lécher. Des frissons me traversent tout le corps. Je ferme les yeux pour mieux sentir les sensations. Ses mains sur mon torse me procurent une sensation que j'avais oubliée ces derniers temps. Son souffle dans mon cou me fait vibrer de plaisir. Sa bouche descend rejoindre mes mamelons. Sa langue s'amuse avec en les titillant. Mon désir augmente. Je ne peux plus retenir mes gémissements. Je sens les doigts de mon amour descendre vers mon pantalon. Des frissons parcourent tout mon corps. Ne pouvant pas m'en empêcher, mes mains se glissent sous son chandail. Je me délecte de sa peau douce et chaude. Elles remontent jusqu'à son dos.
Je sens la langue de Tatsuha descendre vers mon désir. Elle trace un sillon de salive sur mon ventre, s'attarde à mon nombril et remonte vers mes mamelons, continue son chemin dans mon cou pour arriver à mon oreille.
« Shuichi, tu te souviens ce que je t'ai dis. Tu m'appartiens. Je mène la danse aujourd'hui. »
« Oui, mais je ne peux pas rester inactif. Laisse-moi te toucher, Tat-chan. » dis-je dans un soupir de plaisir.
Il ne me répond pas. Je laisse mes mains où elles sont. Il vient m'embrasser et encore une fois, je me laisse aller. Je me sens tellement bien. Je ne veux pas que cela arrête. En manque de souffle, il rompt le baiser et ses mains s'affairent à défaire le bouton de mon jeans. Ensuite, il me regarde et descend lentement sa tête vers l'ouverture de mon pantalon. Je ferme les yeux. Je ne veux rien manquer des sensations que me procure mon amour. Je sens ma fermeture éclair descendre très lentement. Je connais assez Tat-chan pour savoir qu'il le fait avec ses dents. Il veut me faire languir. Je laisse échapper un gémissement de mécontentement et je pousse sur sa tête avec mes mains. Il relève celle-ci et vient lécher mes lèvres du bout de sa langue avant de retourner s'occuper de ma virilité.
Après un instant qui me paraît très long, je me retrouve nu comme le jour de ma naissance. La bouche de mon amant entoure ma verge. La chaleur qui monte en moi me procure un sentiment de plénitude totale. Il m'est impossible de penser à quoique ce soit. Je me laisse glisser dans les méandres du plaisir et je consens enfin à laisser le contrôle total à Tatsuha. Ses va et viens qui au début étaient lents sont maintenant rapides. Je suis très proche de l'extase. Mon cœur s'affole dans ma poitrine, ma respiration est saccadée et mon corps entier est parsemé de gouttelettes de sueur. Je sais très bien que si j'ouvre les yeux, ma vision sera floue. Au moment où je vais venir, il s'arrête. Soudain, je ne sens plus aucun contact de sa peau sur la mienne. Par contre, le son de vêtements m'avertit qu'il est en train de se dévêtir. Je bouge mon bassin pour lui signifier mon impatience.
Très vite, il revient m'embrasser. Ses lèvres sont chaudes et douces. Je ne souhaite pas qu'il brise le contact de nos lèvres donc je passe mes bras autour de son cou pour le retenir. Je sens son souffle sur ma joue. Malheureusement nous devons séparer nos lèvres pour reprendre notre souffle. Sa langue vient lécher mon oreille. Je gémis sous cette attention. Je n'ai plus de force, Tatsuha utilise cet atout pour enlever mes bras et descendre. Je me cambre pour lui faire comprendre que je ne peux plus attendre. Je sens un doigt s'introduire dans mon intimité. Je gémis pour la forme, je me sens atteindre le septième ciel, le nirvana, un monde parallèle. Un deuxième doigt vient rejoindre le premier. Il prend son temps, mais je n'en peux plus, je veux qu'il aille plus vite.
« Tat-chan, plus vite. » gémis-je.
Il retire ses doigts et me pénètre lentement, trop lentement. Je grogne, mais il n'y fait pas attention. Bientôt, je suis perdu dans mes sensations, je suis trop loin pour décrire ce qui se passe. Je continue à gémir mon plaisir. J'en oublie vraiment tout : le retour de Yuki dans ma vie, les gardes du corps qui me suivent partout où je vais, Suguru qui n'arrête pas de me critiquer. Tout, j'oublie tout. Je suis dans un monde parallèle où il n'y a aucune souffrance, seulement un bien-être non comparable à toute bonne chose. Tatsuha voulait que je lui appartienne corps et âme, eh bien, il a parfaitement réussit. Je ne peux plus dire ce qui fait partie de la réalité ou pas.
Quand je reviens à la réalité, je suis couché dans notre lit. Tatsuha dort à mes côtés. Je ne sais comment ni quand je suis arrivé ici, mais je suis certain d'une chose, c'est que je me sens bien. Je me colle contre mon amour et je retrouve le sommeil sans attendre.
À Suivre !
J'espère que vous êtes curieuses d'avoir la suite ! J'attends avec impatience vos reviews qui me le démontreront. Ciaos !
