Merci, merci, merci pour tout vos reviews, ça m'a vraiment fait plaisir de lire tous vos commentaires positifs ! Pour la peine, je vous poste un chapitre supplémentaire, parce que j'ai bien travaillé cet après midi et que j'ai avancé de manière significative dans l'histoire ! Pas de dialogue dans celui-ci,contrairement au précédent, mais on arrive un peu plus dans le vif du sujet...

Bonne lecture !


Tim n'avait malheureusement pour lui pas réussi à revenir à son plan initial malgré les quatre jours qui s'étaient écoulés. Chaque soir depuis que Blade avait ouvert la porte aux sentiments cachés de Tony, Tim se persuadait que le lendemain, il parviendrait à faire fi de ce qu'il apprenait au profit de sa vengeance personnelle. Chaque matin, il se répétait mentalement toutes les raisons qu'il avait de se comporter ainsi, de poursuivre cette mascarade. Toutes les moqueries, les insinuations douteuses que Tony lui avait faites depuis tant d'années. Mais chaque soir, lorsqu'il se connectait, il ne pouvait qu'apprécier les discussions avec Blade, sans arrière pensée, sans faux semblant. Blade était tout ce que Tim appréciait en l'ami qu'était Tony – son humour, sa sensibilité qui transparaissait si rarement – auxquels s'ajoutaient de nouvelles données insoupçonnées – une capacité d'écoute sans jugement, un don particulier pour apaiser en quelques mots bien choisis,… Mcgee avait donc de plus en plus de mal à s'en tenir à sa décision première et en avait encore plus pour ne pas changer de comportement vis-à-vis de Tony lorsqu'ils étaient au travail.

Tony, quant à lui, n'arrivait pas à comprendre l'attitude du Bleu. Il semblait distant et en même temps beaucoup plus tolérant vis-à-vis de lui, de ses plaisanteries même les plus grivoises ou les plus mesquines. Ce qui n'était pas dans ses habitudes. Cela le tracassait un peu mais son esprit n'était plus assez disponible pour se soucier réellement des soucis de son collègue. Toutes ses pensées étaient tournées vers une seule et même personne. Cela faisait tellement longtemps qu'il ne s'était pas intéressé à quelqu'un suffisamment pour en oublier tout le reste que ça lui faisait un bien fou. Il était devenu totalement obnubilé par Orlando. L'informaticien était parvenu à force de patience à ébrécher la carapace qu'il s'était forgé et qu'il conservait habituellement même sur le net. Il était lui-même surpris d'avoir ressenti le besoin de lui révéler la vérité sur son métier, ce qu'il n'avait encore jamais fait auparavant. Discuter sur le net, multiplier les amitiés n'avaient été qu'un amusement au début, voir s'il pouvait être le plus populaire. Un défi de plus à relever. Et Orlando était arrivé, alors même qu'il envisageait d'arrêter, le record des 150 amitiés féminines étant dépassé. Mais depuis 2 ou 3 jours, une idée ne cessait de le perturber, encore et encore. Rencontrer Orlando devenait une évidence pour lui, il fallait qu'il le voit, qu'il discute en face à face. Voir si l'alchimie fonctionnait aussi bien dans la réalité que derrière un écran. Après tout, cela avait fonctionné pour Meg Ryan et Tom Hanks alors (1)… Pour une fois qu'il rencontrait quelqu'un de bien, un homme qui n'était pas de son cercle professionnel, il n'avait pas envie de le laisser filer. Et tant pis s'il n'était pas physiquement parfait. Orlando avait tellement d'atouts pour lui que le physique pouvait bien passer au second plan. Même un léger embonpoint ne le dérangerait pas. Il lui proposerait plus de sorties sportives, voilà tout ! Et il y avait pleins de sports que l'on pouvait faire à deux ! Tony se fila une claque mentale rien qu'à cette idée, il était vraiment irrécupérable… Si le jeune homme charmant, capable d'autodérision et de le remettre à sa place quand il exagérait acceptait déjà de le rencontrer, il pourrait se considérer satisfait. Restait qu'à le lui proposer maintenant. Et attendre sa réaction.

...

- Ca va Mcgee ? Demanda Ziva alors que Tim manquait de s'étouffer avec son café latte.

Le jeune homme toussota puis acquiesça vivement avant que ses deux collègues ne fassent mine de vouloir s'approcher de son écran. Et du message qu'il venait de recevoir. Cela faisait plus de 24h qu'il n'avait reçu aucun message de Blade et il s'en inquiétait un peu. Ils ne travaillaient actuellement sur aucune affaire sérieuse. Juste une vérification des antécédents du personnel civil d'une base où devait avoir lieu une cérémonie commémorative et où seraient présents quelques uns des plus gros bonnets de la Navy. Et Tony n'avait pas l'air particulièrement différent de d'habitude. D'ailleurs, pourquoi était-il inquiet du manque de réactivité de son ami alors qu'il voyait pertinemment qu'il était présent et en bonne santé au bureau ? Il venait de noter cette différence dans sa façon de réagir face à Tony quand il avait vu le message arriver. Il l'avait ouvert et s'était immédiatement étouffé avec son café. Le message ne comportait qu'une seule phrase.

« Je veux te rencontrer ».

Lorsqu'il était rentré chez lui ce soir-là, il n'avait pu se résoudre à allumer son ordinateur. Faire comme s'il n'avait rien reçu était peut être la bonne option. Mais rien qu'à penser à Blade attendant une réponse qui ne viendrait pas lui serra le cœur. Il n'arrivait cependant pas à formuler de mensonge satisfaisant. Lui dire qu'il avait déjà quelqu'un se révélait impossible, cela risquait de lui briser le cœur. Tout lui avouer serait encore pire. Lui dire qu'il n'était pas prêt à ça serait tout bonnement un aveu de lâcheté dont il ne se sentait pas capable. Mais il lui devait une réponse. Orlando devait bien ça à Blade. Tim devait bien ça à Tony. Au nom de leur amitié. Au nom de ce lien, inconnu pour son ami, qu'ils avaient tissé en peu de temps, bien plus palpable que celui qui était né entre eux au travail. Parce qu'au NCIS, ils étaient collègues, frères d'arme, amis parfois, chahutant gentiment. Mais le lien qui unissait à présent Orlando et Blade était beaucoup plus suggestif, plus mature, plus complexe aussi. Des confidences intimes, quelques allusions coquines parfois, auxquelles Orlando répondaient avec plaisir et qui n'étaient pas pour déplaire à Tim, faisait souvent oublier à ce dernier qui se cachait derrière le pseudo de Velvet Goldmine. Et Tim ne voulait pas songer à tout ce que cela impliquait. Parce que ça n'était censé être qu'un jeu. Pour lui tout du moins. Et que ça ne l'était plus vraiment.

...

Tony désespérait dans son coin. Bien entendu, il ne laissait rien paraître au travail, le masque de pitre de service étant définitivement collé à son visage dès qu'il garait sa voiture au parking. Mais intérieurement, il le sentait se fissurer doucement, au fur et à mesure que les jours passaient sans nouvelle d'Orlando. Cela faisait une semaine qu'il lui avait envoyé son dernier message. Peut être avait-il voulu aller trop vite ? Peut être s'était-il trompé dans ce qu'il avait cru lire entre les lignes ? A savoir que le jeune homme l'appréciait ? Et ce matin-là, alors qu'il n'avait que peu dormi à cause de cette foutue enquête qui leur était tombée dessus la veille, il savait qu'il ne parviendrait pas à donner le change. Il n'en avait de toute manière pas envie. Et tant pis si les autres s'en rendaient compte. Pour une fois, il avait lui-aussi envie de laisser tomber le masque. Juste une fois. Juste un jour. Lorsqu'il sortit de l'ascenseur, il vit ses trois collègues assis à leur bureau. Il leur adressa un vague salut de la main, croisa le regard inquisiteur de Gibbs, celui interrogateur de Ziva et enfin celui plus inquiet de Mcgee. Les ignorant royalement tandis qu'ils reprenaient leurs activités respectives – appels téléphoniques pour Ziva et recherches sur ordinateur pour Mcgee, Gibbs s'étant levé après avoir jeté son gobelet à la poubelle – il alluma son ordinateur et vérifia sa messagerie. Juste au cas où. Il soupira, toujours sans nouvelle d'Orlando. Il allait fermer la fenêtre à l'écran quand une fenêtre de dialogue s'ouvrit.

« Quand ? »


Et voilà pour ce petit chapitre de transition. C'est peut être un peu court, mais arrêter plus en avant dans l'histoire n'aurait pas été aussi drôle ! Qui a dit sadique ? ;)