Salut ! Chose promise chose dûe ! Voici le nouveau chapitre. Par contre, avant de me lancer dans des tergiversations toutes plus inutiles les unes que les autres, je me mets à genoux et je m'excuse le plus platement du monde (excuses publiques et le nez est bien collé au sol, je peux vous l'assurer...) à Ayu et Love FMA. J'ai eu beau cherché dans chaque chapitre, je n'avais pas vu ce petit (1) oublié au chapitre 4. Donc, oui, Ayu, c'est bien pour la référence au film "vous avez un message" que j'avais mis ce petit (1). Encore toutes mes excuses !
Sinon, c'est bien à la rencontre que vous allez assister maintenant. J'ai essayé de mettre un peu plus de lisibilité dans mes paragraphes en sautant plus de lignes qu'avant car j'ai eu une remarque qui stipulait que ça demandait un peu trop d'effort de concentration quand tout était accolé. N'hésitez pas à me dire si c'est mieux ainsi.
Voilà, je vais m'arrêter là pour ce soir. Juste, en revenant de chez mes parents en train aujourd'hui (vive le train, n'est-ce Azniv !), j'ai pondu mon premier TIVA, si ça en intéresse certains. Je dois juste le mettre au propre sous ordinateur (vous avez déjà essayé d'écrire lisiblement dans un train vous... Moi, j'ai pas réussi !), probablement ce soir !
Bonne lecture !
Le Blue Berry était le bar où Tony avait l'habitude d'aller lorsqu'il se sentait seul ou lorsqu'il était galamment accompagné. Mais pour ce premier rendez-vous avec Orlando, il avait eu envie de faire les choses différemment. Il lui fallait quelque chose de convivial, de chaleureux. Et surtout un endroit où l'on pouvait discuter, sans avoir à hurler. Il avait repéré dans son quartier un café-librairie qui, lui semblait-il, ferait parfaitement l'affaire. La décoration était neutre, plutôt masculine, avec ses gros fauteuils en cuir brun, son bar en acajou et ses petites tables basses. Et Orlando adorait les livres. Par déduction, cet endroit devrait lui plaire.
Tony était arrivé légèrement en avance, bien qu'il ait pris le temps de repasser par chez lui pour une douche rapide et un changement vestimentaire plus approprié. Simplicité était le mot d'ordre qu'il voulait donner à cette soirée. Une chemise blanche, un jean et une veste noire était suffisant pour qu'un Dinozzo soit séduisant. Sans trop en faire. Depuis qu'il était arrivé, il ne pouvait s'empêcher de fixer la pendule intensément. Plus qu'une quarantaine de secondes. Peut-être était-il déjà arrivé ? Peut-être s'était-il installé à une autre table en attendant ? Il jeta un regard aux autres personnes présentes. Deux amies discutaient accoudées au bar, un vieil homme lisait un livre, installé dans un gros fauteuil sombre, remontant régulièrement ses lunettes qui glissaient sur le bout de son nez, et une mère de famille cherchant pour ses enfants la prochaine histoire à lire au moment du coucher. Personne ne semblait être Orlando.
Il reporta son attention sur la porte. La pendule. La porte de nouveau. Et se figea. Qu'est-ce que Mcgee foutait là bon sang ? Et aussi soudainement que son collègue était entré dans le café, aussi soudainement que leurs regards s'étaient accrochés, regard gêné contre regard interrogatif, il comprit. Se leva. Reprit sa veste qu'il balança par dessus son épaule. Le voyant faire, Tim s'arrêta, figé au milieu de la pièce. Par peur. Parce que ce qu'il lisait dans les yeux de Tony le blessait profondément. L'italien s'arrêta à côté de lui, sans le regarder, le visage fermé.
- Ne pas se faire d'illusion, c'est bien ça. Risquer d'être déçu. Tu as réussi au delà de tes espérances, Timothy !
- Tony, attends !
Les deux hommes étaient désormais sur le trottoir, le plus âgé devançant de quelques pas le plus jeune. Il marchait vite, décidé à fuir cet endroit le plus vite possible. Tim dû courir pour le rejoindre. Il posa sa main sur l'épaule de Tony, qui se retourna violemment, écartant vivement le bras d'un geste sec. Il était en colère et déçu et cet étrange mélange se lisait clairement dans son regard.
- Laisse-moi…
- Laisse-moi quoi ? Laisse-moi t'expliquer ! C'est ça que tu veux me dire ? Que je te laisse la possibilité de… De quoi d'abord ?
- C'était juste un jeu au…
- Tu sais quoi, Mcgee ? Ne m'adresse plus jamais la parole. Ca vaut mieux pour nous deux…Pour toi surtout.
Et il s'en alla. Laissant derrière lui Tim qui ne tarda pas à faire de même, le cœur lourd. Par la peine, par la fureur qu'il avait vue dans les yeux de son ami. Par la douleur aussi.
...
Mais Tony n'était pas furieux. Tony était ravagé, pire encore qu'après le départ de Jeanne. Tim l'avait trahi, avait joué avec ses sentiments. Qu'Orlando se soit foutu de lui, il pouvait l'encaisser, même si c'était douloureux. Il s'y était plus ou moins préparé, par instinct de conservation, sans pour autant penser qu'il subirait un revers. Mais que Mcgee ait pu imaginer quelque chose d'aussi abject, il ne pouvait l'accepter. Parce qu'Orlando ne pouvait pas être Mcgee. C'était impossible. Même s'ils avaient les mêmes passions, Mcgee n'était pas capable d'autant d'auto dérision, n'était pas capable de faire chavirer son cœur. Tony était tombé amoureux d'un fantôme, d'une illusion qu'avait créé de toute pièce son « ami ». Cette saloperie d'écrivain avait bien joué avec ses sentiments et c'était encore plus dur à accepter que tout le reste. Jamais encore il ne s'était autant dévoilé. Personne n'avait su qu'il était bi, à part les quelques aventures masculines qu'il avait mises dans son lit. Pas même Gibbs en presque 10 ans ne l'avait deviné. Enfin, le marine n'avait jamais fait la moindre allusion qui aurait pu sous-entendre qu'il savait. Et qu'il soit désolé ne changerait rien. Absolument rien. En d'autres circonstances, il aurait cherché un moyen de le lui faire payer, mais la douleur était trop ancrée en lui pour qu'il puisse penser à autre chose pour le moment. Il voulait oublier. Juste oublier. Orlando, Tim… Les sentiments qui lui écorchaient le cœur, lui donnant l'impression de n'avoir plus rien à quoi se raccrocher. Pas même l'amitié.
...
Tim de son côté était rentré chez lui plus dépité que jamais. Dès qu'il avait accepté ce rendez-vous, il avait su comment ça allait se terminer. Qu'il allait perdre l'ami. Qu'il allait perdre un peu plus que ça. Et qu'il s'y soit préparé n'atténuait en rien la douleur.
Assis sur son canapé, il repassait mentalement les images de l'entrevue de Blade et Orlando. Le regard figé de Tony, puis la lueur de compréhension, de peine et finalement le rejet pur et simple qu'il avait vu dans les prunelles de son ami. Et cette souffrance qui s'était immédiatement emparée de lui, qui laminait son cœur. Il savait à quoi elle était due, il n'était pas stupide. Il décortiquait depuis tellement d'années les sentiments humains avec ses foutus bouquins qu'il savait ce qu'il lui arrivait. Pire que dans un mauvais roman de gare. La chose la plus incongrue, la plus inconcevable de l'univers, qui l'aurait fait éclater de rire si on lui en avait parlé quelques mois plus tôt. Il avait développé des sentiments pour Tony en découvrant Blade. Il était tombé amoureux de celui qui se cachait derrière le masque, qui n'était pourtant pas si différent de celui qu'il côtoyait tous les jours. Parce que Tony et Blade n'était qu'une seule et même personne. Il en avait parfaitement conscience.
Machinalement, il caressa la tête du chien qui s'était assis près de lui, réconfortant inconsciemment son maître. Il devait tout lui expliquer, il fallait qu'il le force à écouter. L'idée de vengeance, le plaisir qu'il avait pris à décortiquer sa façon d'être, de se comporter. Et puis, petit à petit, le besoin de lui parler, tout simplement, de se confier, l'attente parfois insoutenable du prochain message. La révélation finalement de ses sentiments. Tout cela, il l'avait éprouvé depuis qu'il avait véritablement rencontré Dinozzo et il devait le lui dire. Même si ça n'aboutissait à rien. Mais il lui devait d'être honnête. Pour se racheter. Se sentir moins coupable. Et peut être, peut être qui sait, être pardonné.
Alors, verdict ? J'espère que vous n'êtes pas trop déçus par cette rencontre ? Dans mon idée, il ne pouvait pas y avoir vraiment de conversation à ce stade, mais la confrontation viendra...plus tard !
