Chapitre I: Pervenches Violettes et Pâquerettes.
Discrètement, Natsu Hakuhen jura. Elle était en retard. Encore. De toute façon, ils devaient bien s'y être habitués depuis le temps! Vingt-quatre ans. Vingt-quatre ans qu'elle était shinigami est pas une seule fois elle était arrivée à l'heure. Pas une fois en vingt-quatre ans de carrière. Il faut dire que son sens de l'orientation n'était des plus extraordinaires, mais il n'était, bien évidemment pas le seul motif.
Enfin bon. Un petit quart d'heure de retard signifiait généralement une entrée remarquée, quelques regards déplacés et une plate excuse. Quinze minuscules petites minutes dans toute une vie de Shinigami, qu'est-ce que c'était? Absolument rien.
Natsu allait accélérer quand son regard dériva sur un petit magasin des riches quartiers du Rukongai. Ses yeux fixaient un innocent petit gâteau à la crème délicatement posé derrière la vitrine où trônait une délicieuse fraise. Provoquant. Aller, cinq minutes de plus n'allait pas la tuer!
Avec un sourire en coin, elle entra pressement dans la boutique, paya sa pâtisserie et en ressortit, un immense sourire aux lèvres. Cette petite chose avait l'aire délicieuse, elle s'en léchait les lèvres d'envie.
Quand enfin elle succomba et ouvrit grand la bouche pour engloutir son gâteau, un second shinigami arriva derrière elle.
- Hakuhen-taicho, vous avez une demi-heure de retard. Lui souffla celui-ci, un sourire en coin.
La femme tourna la tête vers lui, le visage horrifié et choqué. Sa main droite encore suspendu a mi-chemin de sa bouche lâcha le gâteau qui vint s'écraser sur les pavés.
- Merde! Jura Natsu qui se précipita à grande vitesse vers le lieu du rendez-vous. Comment cinq petites minutes avaient pu se rallonger pour en faire le triple? Peut-être était-ce à cause du temps à papoter qu'elle à passer avec la pâtissière ou alors le fait de négocier sa gourmandise à prix plus modéré car, y a pas à dire, les quartiers riches du Rukongai vendaient leurs marchandises à prix exorbitant. Natsu devait travaille deux jours entier en tant que kyubantai taicho (capitaine de la 9ème division) pour s'acheter cette petite gâterie. Mais bon, elle en avait les moyens.
Usant de son meilleur shunpo, elle s'empressa de cherche une excuse valable. Une demi-heure était vraiment beaucoup. Mais Natsu avait de la chance, sa division était assez près du centre du Seireitei, encore quelques minutes à peine et elle y serait.
Elle entra en trombe dans la première division, courut de toutes ses forces jusqu'à la grande portes et se stoppa. La capitaine prit quelques secondes pour reprendre son souffle, tapota de ses mains fraiches ses joues rougies et brûlantes par l'effort et entra dans la salle.
Plusieurs regards furieux se tournèrent vers elle. Oui, une demi-heure de retard était vraiment beaucoup trop. Elle prit une grande inspiration silencieuse et s'avança de trois pas.
- Pardonnez-moi, Yamamoto-sama. J'ai dût régler une affaire importante à ma division avant de partir. Fit-elle tout en s'abaissant allègrement.
- Que cela ne se reproduise plus. Répondit-il, impassible.
- Oui.
Natsu prit discrètement sa place entre le nanabantai taicho(capitaine de la septième) et celui de la onzième.
Ce rituel était maintenant habituel. Toutes les semaines se tenait une réunion des capitaines et à chaque fois, le ichibantai taicho (capitaine en chef/de la première) lui demandait de venir à l'avance les prochaines fois ou au moins à l'heure.
A sa droite, Aigawa Love lui envoya un petit sourire amusé qu'elle lui retourna. Alors que Yamamoto recommença le sujet des rondes autour du Seireitei, Natsu fixa la capitaine de la cinquième division. Celle-ci lui renvoya son regard avec colère puis soupira discrètement et fit un sourire en coin. Natsu connaissait bien cette capitaine. Waku Fuyu, Gobantai taicho (capitaine de la cinquième) son second était Hirako Shinji, beaux jeune homme à la longue chevelure blonde coupé droit et à l'humour sarcastique. Oui, Natsu connaissait bien sa sœur.
Puis, le regard de Natsu dériva vers son katana attaché à sa hanche. Elle le fixa longuement et quelque chose lui vint à l'esprit. Son katana lui déplaisait. Il était trop… comment dire... Trop normale. Trop comme les autres. Une poignée couleur feu tressée de rouge et une garde ovale aux bouts pointus. Son fourreau était d'un beau rouge aubrun lisse et brillant. Mais c'était tout. Rien de plus. Pas de petite babiole qui lui indiquait bien que le katana à sa ceinture était bien à elle.
Enfin. La capitaine releva la tête et fut attentive le reste de la réunion. A part certains regards échangés par-ci, par-là, elle écouta attentivement presque tous les dires du capitaine. Presque. Natsu n'était pas une personne que l'ont pouvait emprisonner comme un oiseau en cage et attendre gentiment sa réaction quand celui-ci sera priver de liberté puis tentera de s'échapper pour enfin le punir. Natsu n'aimait pas qu'ont la teste. Mais malheureusement, la vie entière était un teste.
Elle soupira silencieusement de soulagement quand, une heure et demie plus tard, l'ichibantai taicho autorisa les autres à sortir. Directement, sa sœur vint à sa rencontre et lui sourit sans s'empêcher de la sermonner.
- Alors c'était quoi cette "affaire importante" que tu devais régler avant de venir? Hm? La taquina la capitaine.
Waku grommela quelque chose dans sa barbe tout en lançant un regard noir à sa sœur.
- Pardon, je n'ai pas entendu. Tu peux répéter? Continua celle-ci, un sourire sarcastique sur les lèvres.
- J'ai dû négocier sang et eaux pendant des heures de durs labeurs, tendant mes muscles aux maximum, surpassant mes limites, allant au-delà de toutes expérience humaine pour- Sa phrase fut couper par son second, Muguruma Kensei qui l'avait croisé un peu plus tôt.
- Acheter un gâteau à la fraise. Finit-il, le visage sournois.
Sa sœur se tourna vers elle, énervé. Elle croisa les bras sur sa poitrine et lui lança un regard courroucé.
- Kensei! S'exclama Natsu. Pas à la fraise, à la crème!
Waku soupira, excédé et se détendit. Sa sœur était irrécupérable. Aussi gourmande qu'un trou noir sans pour autant gagné ne serai-ce qu'un milligramme de graisse.
-Tu es désespérante… Souffla-t-elle. Comment tu te débrouille pour toujours arriver en retard?
- L'expérience? Répondit Natsu, un immense sourire sur le visage qui partit très vite en fou rire avec sa camarade.
Natsu et Waku n'était pas réellement liées par le sang. Mais elles s'aimaient tellement l'une comme l'autre que ça n'avait pas beaucoup d'importance. Waku protégeait sa petite sœur au péril de sa vie et Natsu la respectait, l'écoutait et la suivait toujours, quoi qu'elle fasse.
Elles s'étaient rencontrées toutes les deux au Rukongai. Waku était arrivé en première, abandonnée, seule, sale, pauvre, affamée et perdue. Elle ne savait pas quoi faire. La petite fille c'était alors coincé dans un coin à l'ombre de tous et avait attendu. Elle-même ne savait pas ce qu'elle avait attendu. De l'argent? De la nourriture? Un logement? Une personne qui lui dirait qui elle était et pourquoi elle était ici. Mais rien de vint. Personne ne fut la pour elle.
Jusqu'au jour où Natsu apparut. Les particules spirituelles c'étaient reformées juste devant elle. Waku attendit encore. Puis Natsu fut là. Comme un miracle. La renaissance d'une âme au Seireitei était aussi commune que manger pour les humains. Des centaines d'âmes venaient tous les jours au Rukongai.
Waku avait déjà assisté plusieurs fois des renaissances mais c'était la première fois qu'elle en vit une comme ça. C'était lumineux, chaud, joyeux, vivant. C'était espoir.
Waku revint à la réalité et continua sa marche en compagnie de sa sœur. Toutes les deux avait réussit leurs scolarité de shinigami et avait passé les épreuves avec brio. Et maintenant, elle était capitaines. Toutes les deux. Ensembles.
Elles s'arrêtèrent et se tournèrent l'une vers l'autre. Waku sourit et ouvrit les bras. Précipitamment, sa sœur se jeta sur elle et enserra sa poitrine contre elle. Waku sourit et caressa doucement la tête de Natsu. Elle aimait sa petite sœur. Beaucoup. Vraiment, vraiment beaucoup. Elle aurait tout fait pour elle. La capitaine de la cinquième division déposa un baiser sur le sommet du crâne de sa sœur et la serra un peu plus contre elle.
- Je t'aime Natsu. Murmura-t-elle.
- Je sais. Moi aussi onee-chan (grande sœur). Répondit-elle sur le même ton.
Puis elles se lâchèrent et se sourirent. Ce rituel revenait tous les jours. Et tous les jours, la même étreinte, les mêmes mots avec exactement la même sincérité.
- Ont se retrouvent à l'heure prévu, sortit Est? Demanda Waku.
- C'est bien quatorze heure? S'enquit la plus petite. Sa sœur lui répondit d'un signe de tête affirmatif. Alors comme prévu. A tout à l'heure! Et Natsu s'en rentra dans sa division en sautillant, heureuse. Waku soupira, un sourire aux lèvres et se dirigea elle-même vers sa division.
Waku marcha tranquillement dans les rues du Seireitei. Aujourd'hui était une belle journée elle aimait le soleil au contraire de sa sœur qui s'amusait à s'entrainer sous la pluie.
La capitaine soupira. Elle était bien. Tout allait à merveille. Rien ne venait perturber la calme du Seireitei. Alors qu'elle marchait tranquillement, son regard dériva vers un rebord de fenêtre et elle aperçut des fleurs. Des pervenches violettes. Elle sourit.
Un peu plus loin, Waku arriva enfin dans a division et entra. Sa journée ne faisait que commencer mais elle était déjà de très bonne humeur. Un sourire constant flottait sur ses lèvres se qui n'échappa pas à son lieutenant.
- Qu'est-ce qu'il y a Taicho? Enfin un petit copain? Fit-il, un sourire carnassier sur le visage.
La capitaine le foudroya du regard. Elle ne détestait pas son second mais son comportement insolent et détendu l'énervait.
- Non, une énième demande en mariage. Répondit-elle, le même sourire aux lèvres. Tu sais, être belle, forte, riche en plus d'être populaire n'arrange rien.
Depuis le jour où le jeune homme avait vu un groupe de nouveau Shinigamis arrivés dans la division et rougir sous les félicitations du capitaine, Shinji adorait taquiner sa supérieur à ce sujet. Hirako n'aimait pas forcément se disputer, mais quand il lançait des remarque sarcastique, il appréciait qu'ont lui réponde. C'était un jeu, et sa capitaine le jouait à merveille.
- Enfin… Soupira-t-elle. Hirako, peux-tu aller me chercher Hai, Aizen et Ichimaru s'il te plaît?
- Bien sûr. Il s'inclina et partit en shunpo.
Shinji devait avouer qu'il appréciait sa supérieure. Même si elle avait du répondant et toujours des remarques acérés en réserve, elle ne manquait pas de charme et de politesse.
Waku soupira, s'assit dans son fauteuil et sourit. La fenêtre derrière elle était grande ouverte et la pièce étincelait de vie. Et comme un déclique, la capitaine se souvint des fleurs qu'elle avait rencontrées un peu plus tôt.
- Cette pièce manque de fleurs… Murmura-t-elle.
Aussitôt, deux coups furent frappés à la porte. La Gobantai taicho se redressa sur son siège et fixa la porte.
- Entre Hirako. Fit-elle.
La porte coulissa sur quatre personnes qui entrèrent dans la pièce. Ils s'inclinèrent respectueusement devant elle puis s'agenouillèrent devant son bureau.
- Tout d'abord, je te remercie Hirako. Ensuite, dans quelques heures je vais partir en mission de repérage. Aucun combat ne sera de vigueur mais j'ai toujours un doute. Hirako, Aizen, vous resterez ici pour protéger la division et Aizen supervisera l'entrainement. J'ai confiance en toi. Waku s'arrêta pour reprendre un peu son souffle puis reprit. Hirako finira la paperasse et viendra se joindre à toi pour faire les tours de garde pour ce soir. Fit-elle en s'adressant à Aizen. De mon coté, j'emmènerais Hai et Ichimaru en mission. Hai, prépare une petite équipe de Shinigamis. Nous partons dans deux heures.
- Oui! Firent les quatre concernés.
De son coté, Natsu usait de son shunpo tout en bougonnant. Trop de soleil. Elle détestait le soleil. Elle haïssait le soleil.
Après quelques minutes de course supplémentaire, elle arriva enfin à sa division. Muguruma Kensei l'attendait. Son second l'attendait, les bras croisés sur le torse, un sourire un coin sarcastique sur les lèvres.
- Kensei! Cria Natsu. Tu me dois un gâteau à la crème!
Celui-ci soupira sans pour autant perdre son sourire. Cette fille était impossible. Soudain, le lieutenant décroisa ses bras et tendis la main droite vers sa capitaine. Des étoiles brillèrent sans les yeux de sa supérieure.
- C'est… C'est pour moi? Murmura-t-elle, des larmes brillantes dans les yeux et une moue surprise sur le visage.
- Bien sûr que c'est pour toi, idiote! Ricana Kensei. Dans sa main, un gâteau à la crème.
Natsu tendit une main tremblante vers son trésor, émerveillé. Elle était à quelques centimètre de le touché quand son lieutenant changea d'avis et engloutit la sucrerie sous le visage déconfit de la jeune femme. Il rigola.
- Kensei! Hurla-t-elle pour ensuite se jeter sur lui. Je vais te tuer!
Celui-ci rigola et posa doucement sa main sur le front de Natsu qui tentait en vain de lui donner des coups tandis que Muguruma se léchait allégrement le bout des doigts de sa main libre encore pleins de crème.
- Tu vas mourir, Muguruma! Hurla Natsu. Mashiro, attaque! Kensei, ouvrit un peu les yeux, surpris et esquiva au dernier moment un boulet de canon vert lui sautant dessus.
- Mashiro Kick!
- Désespérant… Souffla le fukutaicho (lieutenant) qui ne vit pas les deux femmes lui sauter dessus.
- Victoire! Crièrent-elles, toutes les deux assises sur le torse du gris qui soupira une nouvelle fois.
- Kensei, mission, toi et moi! Ordonna la capitaine tout en pointant son doigt sur le torse du concerné. Dans… disons trois heures.
- Le rendez-vous n'est pas à deux heures? S'enquit-il.
- Si, pourquoi?
- On part dans deux heures dans ce cas. Répondit le fukutaicho, un soupire las traversant ses lèvres.
- Disons plutôt deux heures et demie. Renchérit la capitaine. Mashiro, Kaname et… Mince, comment s'appelle cet abrutis de quatrième siège déjà? Heum… M'enfin, vous trois restez ici et… Et, bah je vous fais confiance!
Et sans un mot de plus, elle se volatilisa. Kensei soupira, poussa Mashiro et se leva. Il avait l'impression de se répéter quand il disait que sa capitaine était impossible. Mais c'est pour ça qu'il l'aimait et la suivait. C'est pour ça que c'était son ami. De sa poche, il sortit un second gâteau à la crème, délicatement emballé dans une boîte enroulé dans un tissue de soie rouge. Il n'allait quand-même pas faire l'égoïste à ce point! Il décida donc de ranger la petite boîte dans son kimono et continua sa route, Mashiro trottinant tranquillement derrière lui.
Il avait hâte de partir un peu en mission, histoire de se défouler. Rien de mieux qu'une chasse aux hollow même si, théoriquement, aucun combat ne serait engagé. Mais bon. Il pouvait toujours espérer!
Kensei ralentit un peu son rythme et se mit à réfléchir. Lentement, son esprit se mit à vagabonder un peu et une image de sa capitaine et de sa sœur lui revint en tête.
Natsu faisait voler ses immenses cheveux aubrun clair, presque roux, ses magnifiques yeux couleur feu pétillants de malice, les joues légèrement rougies par l'effort, son kimono tremper et dégoulinant et son haori, glissant lentement dans le vent derrière elle qui le tenait par-dessus son épaule avec sa main gauche. Ses cheveux lui arrivait à peine à la taille et sa frange tombait parfois devant ses yeux. Elle regardait à sa droite et rigolait doucement. Juste à coté se trouvait sa sœur, ses longs cheveux blancs éternellement attaché était libre et dégoulinait dans son dos, son kimono et son haori était dans le même état que celui du kyubantai taicho, trempé et collant à sa peau. Mais elles rigolaient, toutes les deux, sortant d'un combat d'entrainement sous la pluie battante. Les deux étaient légèrement amochées, quelques estafilades, des bleus et autres mais sans rien de plus sauf leurs sourires.
Kensei retourna à la réalité quand Mashiro lui rentra dedans. Il ne bougea pas et tourna la tête vers son troisième siège qui se frottait le front, assise par terre.
- Kensei! Gémit-elle de douleur, plaintive. Pourquoi tu t'es arrêté aussi brutalement?
- T'avait qu'à faire attention! Fit-il tout en soupirant. Aller vient, on rentre. Il lui tendit une main qu'elle accepta sans broncher puis, une fois debout se remit à sautiller. Aussi désespérante que Hakuhen-Taicho. Souffla-t-il.
Ukitake Jushiro était tranquillement assis à son bureau, remplissant certains dossiers importants quand quelqu'un frappa à la porte.
- Koori demande autorisation d'enter. Souffla une petite voix fluette à travers le shoji.
- Entre. Fit Ukitake, un léger sourire sur le visage.
La jeune fille s'exécuta et ouvrit la porte pour ensuite s'accroupir en face du bureau.
- Je me suis dit que vous aimeriez avoir un thé… Fit-elle, la tête basse et une légère rougeur aux joues. Le capitaine sourit.
- Volontiers. Toute contente, la petite tendit la tasse que prit son supérieur et bu. Il est délicieux! S'exclama-t-il, réellement surpris. Qu'à-tu mis dedans? Rigola-t-il. La petite rougit encore plus.
- En fait, j'ai fait infuser un peu moins longtemps, mis la même dose de sucre que d'habitude mais j'ai pensé à mettre quelques pétales de pâquerettes dedans. D'ailleurs, j'en ai cueillit un peu trop… Elle sortit de sa poche un petit bouquet de fleurs blanches et jaunes attachées par un ruban de soie bleu glace. Je…je… Koori qui ne sût quoi dire finit par se taire.
Toute tremblante, elle tendit la main contenant son bouquet vers son capitaine qui lui offrit un immense sourire et prit le minuscule bouquet.
- Merci Koori, elles sont magnifiques. Merci, vraiment. Son lieutenant rougit de plus belle.
- Dites, Ukitake-taicho, j'ai toujours voulu savoir… Pourquoi vous êtes devenu shinigami et pourquoi continuer vous de vous battre pour le Seireitei? Elle planta ses yeux glaces dans ceux de son capitaine et attendit.
Celui-ci fut surpris. Sa raison de se battre? Parce qu'il était capitaine bien sûr! De toute façon, qu'avait-il d'autre à faire?
- Je suis devenu Shinigami car j'ai pensé que c'était pour ça que j'étais né et j'ai continué parce que c'était mon devoir. Et toi, Koori? Pourquoi tu es devenue shinigami et pourquoi continue-tu de te battre?
La petite sembla réfléchir quelques instants, soutenant le regard de son capitaine sans siller puis lui lança un regard déterminé.
- Je suis ce que je suis parce que je le voulais. Non… Parce que je le devais. Quand j'étais au Rukongai, alors que je commençais à perdre espoir, une shinigami m'as aidée et m'as sauvée. Elle m'a fait promettre de ne jamais abandonner et de battre jusqu'au bout. Et je continue de me battre pour lui faire honneur, pour lui prouver qu'elle ne m'a sauvée la vie pour que je reste une âme faible et sans défense.
La capitaine sourit devant son regard flamboyant de détermination. Cette petite à toujours été intelligente et dans toutes les situations qu'elle à affronter, elle n'a jamais abandonné.
- Et tu connais cette shinigami? Demanda-t-il, curieux.
- Elle était dans votre division avant mais elle à dû partir pour une autre division et pour un poste plus élevé. Ukitake, impatient hocha la tête. C'est Natsu Hakuhen, capitaine de la neuvième division. Le regard du jusanbantai taicho s'écarquilla un peu pour ensuite se radoucir. J'aimerais la revoir pour la remercié mais avec son nouveau poste, je n'ai pas trop… Elle soupira.
- Tu aurais la chance de pouvoir la rencontrer aujourd'hui. Le regard de Koori se mit à pétiller. D'ailleurs, tu pars en mission avec moi dans quelques heures pour rejoindre Hakuhen-taicho et Fuyu-Taicho.
- Oui! Répondit-elle, un immense sourire aux lèvres. Merci beaucoup, Ukitake Taicho! Elle s'inclina devant son supérieur qui parut un peu décontenancé et surpris.
Jushiro aimait vraiment beaucoup Koori. Pour lui, c'était sa fille. Toute petite âme timide et attentionnée. Tout ce qu'elle faisait, ces petites attentions, lui faire un thé, lui offrit des pâquerettes, tout ça, elle le faisait parce qu'elle en avait envie. Beaucoup de personne était au petit soin avec lui juste pour sa maladie. Quand son ancien lieutenant lui avait annoncé, elle avait haussé les épaules et dit que ce n'était pas son problème, que si les médecins les plus compétents n'avaient pas pût le soigner, ce n'était pas elle qui réussirait, même si elle le voulait très fort.
Voilà maintenant dix minute que la capitaine était sur ces dossiers depuis l'entrer de Koori qui li avait gentiment demandé de rester à ses cotés. Le shoji ouvert donnait une impression plus grande, plus lumineuse et plus chaleureuse à la pièce. Koori, assise près de son capitaine traitait certain dossiers avec lui pour l'aidé. Sa voix chantonnait doucement quelques notes de temps en temps jusqu'au moment où de timides paroles quittèrent ses lèvres.
" kyozō no rakuen no hate no
fukai fukai daichi no soko de
tada hitori inori no uta o
utai tsuzuru sadame
yukiba o nakushita kako kara
meguri tsuzukeru koe o tsunagi
kuri kaesu rekishi no fuchi de
sadame ni mi o sasagu
nani mo shirazu tada uta dake
tsumuide ikite kita
hare no uta o ame no uta o
yasashī requiem o
rakuen eto tsuzuku michi no saki ni sashi nobe rareta
atatakai te sae todokazu ni
towa ni utai tsuzuke nasai...
horobu sekai no yugami no soko de
inori no uta o kanaderu sadame
wasu rareshi kako ni nemuru yasashī koe ni
zetsubō sae mo hohoemi ni kae
namida no soko ni shizunde iku*"
Jushiro n'osait parler. Le son de sa voix était si beau… Les paroles qu'elle chantait étaient vraiment triste. Comment une si belle voix pouvait laisser s'échapper des mots si… si tristes? Soudain, elle s'arrêta de chanter et leva précipitamment la tête.
- Ukitake taicho, je suis désolé, je ne me suis pas rendu compte que je chantait, je suis désolé. Encore une fois, elle s'inclina devant lui qui fut surpris.
- Ne t'en fait pas Koori. Ça ne me dérange pas au contraire, tu as une très belle voix et j'aime l'entendre. Si tu veux continuer, je t'écouterais avec plaisir.
Celle-ci hocha la tête puis continua. Cette fois, elle raconta une histoire. C'était tout aussi magnifique mais les paroles restaient tristes. Tellement belles…
" Kodoku na kagakusha ni tsukurareta robotto
Dekibae o iu nara "kiseki"
Dakedo mada tarinai hitotsu dake dekinai
Sore wa "kokoro" to iu puroguramu
Ikuhyaku toshi ga sugi
Hitori de nokosareta
Kiseki no robotto wa negau
Shiritai ano hito ga
Inochi no owari made
Watashi ni tsukutteta
"Kokoro" **"
Soudain, un shinigami essoufflé entra dans la salle et s'agenouilla devant la capitaine.
- Ukitake Taicho, des hollow en grand nombres sont apparut près du secteur sud, sud-est au soixante-seizième Rukongai. Fit-il, encore essoufflé.
- Les autres équipes sont-elles au courant? Demanda le jusanbantai taicho tout en se levant, Koori sur ses talons.
- Oui, elles se dirigent vers le secteur concerné. Le sotaicho attend votre réponse. Fit-il, toujours à genoux, la tête baissée.
- Je m'y rends accompagné de Koori, fukutaicho de ma division. Allez en avertir le sotaicho.
- Oui! Et il disparut.
Natsu courait aux cotés de sa sœur. Toutes les deux en têtes de leurs petites escouades, elles se dirigeaient vers la porte "est" du Seireitei. Ont les avaient informées que le jusanbantai taicho les rejoindrai mais au vu de la distance entre les deux positions, les deux capitaines avaient préférées prendre un peu d'avance.
Dans leur équipe, Hai, jeune fille belle et forte qui tenait le troisième siège de la cinquième division. Ensuite, Ichimaru Gin. Géni du katana trouvé par Aizen. Cinquième siège de la même division. Derrière Natsu se tenait son second, Muguruma Kensei. Waku avait prit soin de réunir une petite équipe d'une demi-douzaine de shinigami.
Tous couraient et usaient de leurs shunpo pour arriver vers leur destination. A mi-chemin, ils furent rejoint par le capitaine de la treizième division et sa lieutenant.
- Autant de monde était vraiment nécessaire? Bougonna Natsu. Pas besoin de plus de renfort, non plus. Ils vont finir par nous envoyer toute la onzième division. Waku partie dans un fou rire très vie suivit par tout les shinigamis gradés.
Après quelques temps, quand leur course fut ralentit puis stoppé, une équipe fut envoyé pour patrouiller avec Ichimaru à leur tête.
Timide et encouragé par son capitaine, la petite Koori s'approcha doucement de Natsu qui rigolait gaiement avec son second.
- Excusez-moi, Hakuhen-taicho… Natsu se tourna et lui offrit un immense sourire encourageant. Vous ne devez sûrement pas vous rappelez de moi mais vous m'avez aidée il y a longtemps et j'aimerais que vous acceptiez ce présent en remerciement.
Natsu mis sa main sur son menton tout en réfléchissant et fixa la jeune fille. Puis, elle se leva de sa pierre et s'accroupit à la hauteur de la petite.
- Tu es Koori, n'est-ce pas? La petite du Rukongai? Fit-elle enfin.
Celle-ci en fut très surprise. Alors elle se souvenait d'elle? Comme elle était heureuse!
- Oui! Elle secoua vivement la tête.
- Alors fait-moi voir ce présent. Rigola la capitaine.
Koori fourra sa main dans sa poche et prit l'objet en question. Tendant doucement la main, elle laissa délicatement tombé son cadeau puis recula.
- Je suis consciente que ce n'est pas beaucoup mais… Elle refoula un sanglot. Cette femme lui avait sauvé la vie et lui avait donné une raison de se battre. Et c'est tout ce qu'elle offrait? Un minuscule objet tenant dans le creux d'une paume.
Pourtant, les yeux de Natsu étincelaient. Dans sa main, deux petites clochettes relié par un nœud de ruban très fin et rouge.
- C'est magnifique. Murmura-t-elle. Elle leva la tête vers la petite et lui offrit son plus beau sourire tout en écartant les bras. Vient me faire un câlin. Ordonna-t-elle en riant.
Koori se jeta presque sur elle et enserra la taille de Natsu qui enfouit le nez dans sa chevelure. Ce n'était rien, juste deux minuscules clochettes. Mais pour Natsu, c'était bien plus que ça. Elle avait sauvé une vie. La vie de Koori.
Quand elles se lâchèrent, Natsu défit doucement le nœud des deux clochettes puis les attacha toutes les deux au kashira (bout en métal du manche). Maintenant, sur le bout de son katana trônaient deux petites clochettes grelottant sous les caprices du vent.
Appuyant son bras gauche sur le manche de son sabre, les clochettes reprirent leurs son de plus belles. Natsu sourit. Celle-ci allait ouvrit la bouche quand Kensei se leva en vitesse, perdant son sourire niait.
- Hollow! Cria-t-il, mais sa voix fut très vite couverte par un rugissement plus animale qu'humain. C'était ahurissant, surdimensionné, sinistre et surtout terrifiant. C'était un rugissement animal plein de haine, de rancœur et surtout, de rage. Le hollow était affamé.
Le reste se passa très vite. Comme dans un rêve, le regard des trois capitaines se croisèrent et, d'un accord tactique, les shinigamis sans grade se mirent et première ligne, encerclant deux des capitaines avec, en tête, Hai, Kensei et Ukitake.
Au centre se tenait Waku et Natsu, toutes deux tentaient de mettre en place une stratégie de combat pour anéantir les hollow venu les attaquer tout en perdant le moins de troupe possible. Koori, un peu en retraite tenait éloigné les hollow blessés par la première ligne et couvraient les deux capitaines d'une ardeur évidente.
Mais les hollow étaient trop nombreux, et quand les deux jeunes capitaines levèrent la tête, seul les trois haut-gradés étaient encore vivants et combattaient. Tous les autres étaient à terre, noyés dans la boue ou leur propre sang s'ils n'étaient pas exécutés par les hollow.
Ukitake était un des seul en bon était. Le shikai de Kensei ainsi que celui de Hai prouvait leurs difficultés. Cependant, même si Ukitake semblait être en bonne position, menant des coups d'épées assez larges et décontractés, il était évident que son souffle commençait à lui manquer.
Soudain, Gin sortit de la forêt, seul et plein de sang. Son Zanpakuto dégainé était, lui aussi imbibé de liquide vital et sur sa manche, le jeune shinigami possédait maintenant une immense balafre partant de son coude et rejoignant l'intérieur de son poignet.
Ukitake, surpris, tourna la tête vers le shinigami pour lui demander des nouvelles et des explications. Celui-ci ne vit pas le hollow qui se dirigea vers lui. Koori si. C'est pour celui qu'elle hurla et sauta. Geste impulsif et désespéré. Elle se prit les trois grandes griffes en plein sur le torse sous les yeux écarquillés du capitaine.
Sans délicatesse, elle fut envoyée dans l'arbre le plus proche après un long vol plané de quelques mètres. Son dos frappa bruyamment contre le tronc et un craquement sonore retentit. Ses yeux à demi fermés fixaient les trois immenses griffures dégoulinantes de sang sur sa poitrine.
La capitaine n'attendit pas plus et utilisa son shunpo pour allez vers son lieutenant agonisant. Arrivé près d'elle, il s'agenouilla, le visage encore choqué et se pencha vers la blessure. Profonde. Sanglante. Mortelle. Sans plus de cérémonie, il enserra sa seconde dans ses bras et la souleva délicatement. Ukitake sentait le sang couler entre ses doigts et cette vision d'herbe ensanglantée le fit paniquer. Sans qu'il ne sache pourquoi, son regard accrocha un minuscule point dans l'herbe. Une fleur aplatit montrait sa tête à la terre et ses pétales étaient remplis de sang. Une marguerite. Le souffle d'Ukitake trembla et il tourna la tête.
Les deux capitaines c'étaient mêlées à la bataille et Hai, avec un minimum de connaissance médicale soignait Gin, adossé à un arbre. Seule Natsu, Waku et Kensei combattait. Celui-ci, un peu plus loin en avait finit avec ses hollow et se dirigea vers sa supérieur, submergé. Les yeux paniqués du jusanbantai taicho croisa celui de Waku qui lui répondit par un signe de tête. Juste après, la capitaine à la chevelure blanche qui, elle aussi répondit par un signe de tête tout en cherchant son second du regard.
Quand elle l'eu aperçut, son regard vrilla quelques seconde à la vu du sang qui n'était, à première vu pas le sien.
- Kensei, c'est la merde, ont se barre d'ici en vit-
Et sa phrase du couper par une seconde faucheuse. Un hollow venait de l'attraper elle-aussi. La mâchoire masquée du monstre enserra tout son coté droit partant du dessus de sa poitrine jusqu'à sa hanche. Son regard écarquillé et choqué fixa Kensei pendant quelques très longues secondes. Ses yeux, emplis de larmes dont une qui roula sur sa tempe pour finir dans sa chevelure, trahissait sa terreur. Pourtant, elle ne sentait pas la souffrance.
Waku, trop occupé avec ses propre hollow n'entendit le murmure presque gémissant de douleur de sa sœur quand elle prononça le nom de Kensei qui réagit.
Il s'élança, animé d'un feu de rage et découpa le hollow qui poussa un hurlement sourd avant de disparaître. En vitesse, le fukutaicho atterrit sur ses pieds et attrapa sa supérieure.
Celle-ci sont les yeux se fermait gémissait maintenant de douleur. Doucement, d'une main tremblante, elle posa sa paume contre la joue de Kensei et accrocha son regard.
- Ken…sei… Gémit-elle.
Sa douleur semblait se répercuter sur son subordonné. Son visage exprimait l'angoisse et l'horreur. Pourtant, sa main qui tombait doucement de la mâchoire du lieutenant pour finir sur les bords de son hakama, juste sur sons torse serra son vêtement avec force.
C'est à se moment que Waku se tourna. Hai qui tenait Gin par l'épaule était elle aussi blessée à la jambe. Ukitake soutenait toujours fermement Koori dont les yeux commençaient à se fermés et Kensei qui portait sa sœur dans ses bras.
Son sang ne fit qu'un tour et, sans réfléchir, s'élança vers Natsu. Tendant les bras, Kensei lui passa la blessée qui gémissait et mit quelques courtes secondes à lâcher le vêtement du fukutaicho.
- On rentre. Souffla Waku qui serra sa cadette contre elle.
C'était un vrai massacre. Tous les shinigamis étaient morts sans exception. Plus un seul ne respirait et les vivants, salement amochés, dégoulinaient de sang. Tous approuvèrent.
Quand Ukitake leva la tête quelques minutes plus tard, de lourdes gouttes de pluies s'écrasaient avec force sur le sol du Seireitei. L'eau s'écoulait sur les pavés dans un petit clapotis réconfortant. Sans qu'il ne sache pourquoi, il repensa à ce moment, un peu plus tôt dans la journée où Koori -qu'il tenait dans ses bras- chantait une belle mélodie et que les rayons du soleil s'écoulaient tranquillement à travers la pièce. Il accéléra et partit.
(Les pâquerettes sont le symbole de la douceur, la timidité, l'innocence et l'attachement alors que les pervenches violettes représentent les regrets, la mélancolie, l'abandon et la trahison.)
(*:"A la fin du paradis artificiel,
Loin, loin, au fond de la terre
Je suis condamnée à chanter des prières
Toute seule, venant d'un passé qui ne conduisait nul-part
Je tisse des voix qui tournent et tournent...
A la limite du réveil de l'Histoire,
Je me sacrifie à mon propre destin
Je ne sais rien et je continue de chanter pour le restant de mes jours
Une chanson pour le soleil, une pour la pluie
Un doux requiem...
A la fin de la route du paradis,
Des mains chaudes ont été offertes
Mais elles ne peuvent me rejoindre...
Chante éternellement !
A la distorsion du monde d'en bas qui meurt,
Je suis condamnée à chanter des prières
Avec les gentilles voix qui dorment dans le passé oublié...
Comme je change mon désespoir en un sourire,
Je sombre au bord des larmes..."
(Vocaloid: Looking for you in the sky/ Rin & Len)
**: "Un robot fut construit par un scientifique seul
Quand il fut terminé, il fut connu comme un "miracle"
Mais il manquait quelque chose, une chose qu'il ne pouvait faire
Et c'était le programme appelé "cœur"
Les années passèrent
Et le robot miracle qui s'était retrouvé seul
Fit un vœu :
"Donnez moi ce 'cœur', que cette personne
La personne que j'ai toujours voulu connaitre
A fait pour moi, jusqu'à la fin même de sa vie""
Vocaloid: Kokoro Kiseki/ Rin & Len)
