Chapitre II: Anémone Pourpres et Eglantines Noires.
Plus tard, la quatrième division nommera cette mission, "La Perte". Car en plus de deux cens ans, c'étaient la première fois qu'autant de dégât furent infligés aux shinigamis. C'était monstrueux. Cette après-midi là, en l'espace de trois heures, vingt-deux shinigamis furent tués.
Quand l'équipe rentra, ensanglanté des pieds à la tête, toute la quatrième divisions s'activa.
En premier, on s'occupa de Koori ainsi que Natsu. Très vite, elles furent envoyées dans un bloc opératoire conjoint dans lesquels circulait la capitaine de la quatrième.
Les autres, moins blessés furent contenues dans une petite salle d'où des shinigamis s'occupaient d'eux.
Hai, légèrement entaillé sur le sommet du crâne ainsi que sur la cuisse fut amené aux cotés de Gin, blessé sur tout l'avant bras dans une salle à part.
Kensei, le poignet fracturé et couvert de brûlures resta aux cotés de Waku, dans la salle d'opération de Natsu. Juste à coté de cette dernière, séparé d'à peine quelques mètres se trouvait le lit de Koori d'où une dizaine shinigamis s'activaient.
Fuyu tremblait. Elle avait réellement peur pour sa petite sœur. Elle était pleine de sang et convulsait faiblement. Kensei serraient les mâchoires de toutes ses forces pour ne pas hurler à ces imbéciles de la quatrième divisions de s'activer plus vite que ça.
Quand a lui, Ukitake, il attendait, patiemment. La boule dans sa gorge ne semblait pas vouloir s'en aller mais qu'importe. Koori ne méritait pas ce traitement douloureux. Son lieutenant, consciente, retenait à grande peine ses larmes. Le capitaine, inquiet attrapa sa main et la serra dans sa paume. Si petite, si frêle, si… froide.
Après encore quelques minutes, on demanda aux trois shinigamis de sortir de la salle, ce qu'ils durent faires, a leurs grands regrets. Ceux-ci furent vite rejoint par Gin, le bras bandé et Hai, un tissue blanc autour de la tête qui recouvrait une partit de son œil droit, lui aussi touché ainsi que des béquilles qui l'aidé à ne pas posé sa jambe douloureuse au sol.
Après plusieurs heures de durs labeurs, Unohana sortit de la salle. Son visage fermé et désolé alerta Kensei qui se leva en trombe, ignorant la protestation de ses muscles brûlés.
- Comment vont-ils? Sont-elles sauf? Répondez! S'énerva le lieutenant de la neuvième.
- L'état de Hakuhen-taicho est assez instable. Si elle passe la nuit, -ce que j'espère- elle vivra. Les informa-t-elle.
Kensei, soulagé que son capitaine aille bien pour le moment soupira puis se laissa tomber sur son siège.
- Comment va Koori? Demanda néanmoins Waku.
Le regard d'Unohana se fit triste quand elle tourna la tête vers Ukitake. Le cœur de celui-ci se serra. Et si elle n'avait pas survécue? Non, impossible, c'était sa jeune et frêle lieutenant, elle ne pouvait pas mourir! Mais justement. Elle tait peut-être trop frêle pour une telle blessure… Ce corps si petit avait plié si facilement sous la griffe du hollow…
- Je suis désolé, Ukitake-taicho. Mais Koori-fukutaicho était trop faible pour résister à cette blessure. Elle nous à quittée il y a quelques minutes. S'excusa Unohana.
Le cœur du capitaine se serra très douloureusement. Non, elle ne pouvait pas… Pas ce petit bout de femme si jeune et si pétillante de vie. La main de Jushiro se serra sur son hakama blanc remplit de sang.
- Je vois… Merci pour votre aide, Unohana-taicho. Fit-il tout en se levant, un sourire qu'il voulait agréable sur le visage.
- Koori-san voulait vous faire passer ceci. Fit-la yonbantai-taicho (capitaine de la quatrième) tout en tendant un bout de papier ensanglanté vers lui.
Ukitake prit doucement l'objet en question et le déplia. A l'intérieur, quelques mots écrits dans une belle écriture soigné mais rongé par le sang et quelques traces de brûlures.
"Arigato... Isshoni sugoseta hibi o
Arigato... Anata ga watashi ni kureta subete
Arigato... Eien ni utau*"
La main du capitaine se serra sur le papier. Il fallait qu'il parte. Il n'en pouvait plus. Trop de douleur. Trop de souffrance.
- Merci, Unohana-taicho. Fit-il, retenant un faible sanglot.
Et il partit.
Natsu regardait le soleil illuminer la cour derrière la fenêtre d'hôpital. Encore un jour sans pluie. Quelle catastrophe. Elle détestait le soleil.
On avait accordé à la capitaine deux semaines de repos pour reprendre de son attaque dont sept jours à l'hôpital. La chose la plus insupportable pour elle était de resté enfermée comme un animal en cage sans pouvoir bouger sainement.
Elle soupira tout en s'affaissant dans son lit blanc et impersonnel. Dans son mouvement, sa blessure la fit grimacer. Sans qu'elle n'y pense vraiment, sa main souleva la kimono blanc qu'on lui avait filé et passa sur la grande cicatrice en quart de cercle qui partait de sa hanche pour finit juste sous sa poitrine.
Unohana lui avait proposé de la faire disparaitre mais à la surprise de tous Natsu avait refusée. Ce n'était pas dans ses habitudes de laisser une impureté sur sa peau blanche et immaculée, mais elle y tenait vraiment. Tous avaient accepté sans poser de questions mais le regard curieux de son lieutenant la fit sourire.
Elle ne faisait rien sans raison particulières, et ça, il le savait parfaitement. Mais malgré sa curiosité maladive, Kensei n'avais rien demandé, pas de question particulièrement ardue ou même de coup d'œil interrogateurs. Rien.
Mais Natsu, elle, savait. Elle savait pourquoi son désir de garder cette cicatrice était si ardent. Elle savait pourquoi elle ne voulait plus la faire disparaitre. En un mot: souvenir. Pour se rappeler. Pour ne pas oublier. Pour garder en mémoire la douleur qui à compresser son cœur quand elle a appris les dégâts du massacre. Vingt-deux shinigamis morts pour un simple hollow. Mais pas seulement. Hai et Gin, blessés assez sévèrement avaient quand même dût passer toute une journée à l'hôpital tandis que Ukitake-taicho, Waku et Kensei, bien moins touchés ne restèrent que quelques heures. Mais ce ne fut pas le pire.
Non. Natsu gardait cette blessure pour se souvenir de la douleur que ça faisait de voir la petite, toute petite fleur qu'était Koori se faire balayer par la mort d'un simple coup de griffe. Au début, elle c'était tellement dis qu'elle vivrait, qu'elle avait rêvée pendant son opération d'un retour à la normale. Que rien ne changerais. Mais quand sa sœur lui a annoncé le décès de la fragile fillette, elle a tout perdu. Ce n'était qu'un rêve, ou elle entendait mal. Oui! C'est ça! Elle avait tout simplement mal entendus! Mais alors… Pourquoi son cœur se serrait si fort?
Alors que le ciel s'assombrissait lentement dehors, Natsu serra le drap dans ses mains. Ces mains faibles qui n'avaient pas pus tenir un katana pour sauver une des personnes qui lui étaient chères…
Kensei entra sans un bruit, croyant sa capitaine endormit. Il sursauta en l'a voyant recourbée sur elle-même, ses ongles s'enfonçant dans ses paumes, faisant perlés de tâches écarlates. Il ne dit rien et s'assit sur une chaise disposé près du lit blanc. Le métal de du meuble racla bruyamment sur le sol et le lieutenant se laissa lourdement tomber dessus. Natsu ne bougea pas.
Et ils attendirent. La capitaine, tête basse se remémorait. Elle tentait de se souvenir de la petite forme blanche et fragile assise dans la boue et le sang quand elle l'a trouvée. C'était une petite fille salle du Rukongai. Une fleur pleine de crasse et qui baissais la tête. Mais Natsu en à prit soin. Comme un petit oiseau blessé, elle l'a soigné, nourrie, logé, habillé, en même entrainé. " La crinière brûlante du soleil va effacer les traces de pas sur la neige. Ne crains pas les illusions, c'est déjà sur elles que le monde repose." Lui avait-elle dit un jour. Koori lui avait avoué ne pas comprendre le sens de sa phrase. "Alors prie pour ne jamais la comprendre petite colombe. Mais ne t'en fait pas, quand tu seras en âge, tu comprendras. "
Kensei n'osait pas bouger. Son capitaine, la figure tournée vers le drap tremblotait. C'était la première fois qu'il la voyait aussi… faible. Aussi brisée. Lentement, tout en tachant de ne pas faire de bruit, il se leva et se posa une nouvelle fois sur le lit, juste à coté d'elle.
Natsu releva la tête et posa son regard sur les rues grisâtre du Seireitei. Les nuages s'amoncelaient peu à peu autour de la cour et l'air s'assombrit.
"Ce qui nous permet de considérer la beauté d'une fleur parfaite est le fait qu'on prend le temps de s'arrêter pour bien la regarder. C'est le fait de passer cet instant en un état de parfaite tranquillité, sans continuer notre marche vers le ciel." C'est ce qu'avais un jour dit Koori en regardant une magnifique Anémone ensevelie sous la neige qu'elle dégagea délicatement du bout du doigt.
Kensei ne bougea toujours pas quand le regard nostalgique de sa capitaine se posa sur la cour. Il ne fit pas un mouvement quand sa tête tomba lourdement sur son épaule.
- Oh, il pleut… Murmura-t-elle doucement.
- Mais non, il ne- Voulut-il dire avant d'être coupé.
- Si, il pleut. Répondit-elle, un sanglot dans la voix.
Kensei n'avait pratiquement pas bougé depuis qu'il c'était assis sur le lit, mais tout son être trembla quand il vit une unique larme rouler sur la joue de Natsu.
- Oui. Vous avez raison… Il pleut. Souffla Kensei quand il sentit une goutte tomber sur le dos de sa main.
La fenêtre était fermé mais dehors, même si le ciel assombrit ne semblait pas vouloir laissé tomber de pluie, plusieurs larmes coulèrent.
Ukitake était rentré chez lui, dans sa division. Il faisait encore beau et le soleil rayonnait agréablement sur sa peau quand Ukitake entra dans son bureau.
Avec un soupire lasse, il se posa doucement sur son cousin et commença son travaille. Quelques minutes à peine après, il releva la tête vers son shoji et se releva. Il faisait bien sombre aujourd'hui. Trop sombre. Et trop froid. D'un mouvement souple du bras, il ouvrit la porte en papier de riz de moitié et laissa le soleil éclairé la pièce de ses rayons chauds. Il partit se rassoir quand il croisa du regard un petit vase de fleur en pleine éclosion à moitié fané, il soupira à nouveau.
- Je devrais vraiment pensé à changer de fleur… Se dit-il pour lui-même.
Des pâquerettes. C'étaient des petites pâquerettes blanches entouré d'un fin ruban bleu dans un minuscule vase de verre. Etrangement, le bout des pétales étaient teinté de violet.
Ukitake détourna vivement le regard et tenta, en vain, de se replonger dans ses papiers. Ce vase de verre discret et fragile qui ressemblait tellement à Koori… Ses pétales blancs violacés à peine éclot ne lui faisait que trop rappeler le souvenir de ses cheveux blancs neige rougit par le sang de la jeune fille. Et ce ruban. Cette touche de couleur sur sa chevelure monochrome. Ce petit bout de soie qu'elle avait défait pour la première fois de ses cheveux puis l'avais enroulée autour des petites fleures maintenant fanées.
Ukitake trouvait cette pièce bien petite tout d'un coup. Et trop silencieuse. Il ouvrit encore un peu plus les portes en papiers de riz et écouta tranquillement les oiseaux siffloté un air qui lui rappela directement Koori.
Dans une rage contre lui-même contenu, il retourna à ses papiers. L'encre du pinceau traçait avec légèreté sur le rapport quand le capitaine sentit quelque chose sur sa main. Ses yeux tournèrent vers le dos de son poignet où il aperçût une petite tâche transparente. Qu'était-ce? Il ne pleuvait pas pourtant.
Mais c'est quand il sentit son cœur serrer et la brûlure sur ses yeux qu'il comprit. Pour la première fois en l'espace de plusieurs heures, Ukitake prit conscience d'une chose. Il y a quelque temps, il avait perdu quelque chose. Quelque chose qu'il ne pourra jamais retrouver. Alors que les nuages assombrissaient inlassablement le ciel, Ukitake se rendit compte qu'il avait perdu Koori.
Et la pièce parut soudainement trop froide, trop sombre, trop silencieuse, trop petite, trop triste et bien trop vide.
Quatre jours. C'était le temps qui avait passé depuis le décès officiel du lieutenant Koori de la treizième division.
Natsu avait insisté pour venir aux obsèques de la petite malgré l'interdiction formelle de se lever. Jamais elle n'accepterait de ne pas lui rendre un dernier hommage. Elle lui devait au moins ça.
Beaucoup de personnes étaient présent. Mais même en étant lieutenant, Koori devait avoir un enterrement assez "privé". Natsu avait hurlé. Koori valait bien mieux que ça! Mais peu de gens l'avait entendu.
Six capitaines étaient présents. La digne Yoruichi de la division des forces spéciales, accompagnée de son lieutenant, Wameku. Unohana qui, attrister par la mort de ce petit être était venue mais aussi en tant que médecin qui avait tentée de réanimer son cœur, en vain. Waku Fuyu de la cinquième accompagné de ses quatre sièges: Hirako, Hai, Aizen et Gin. Ceux-ci avaient pratiquement tous demandés à venir.
Shunsui, capitaine de la huitième aux cotés de Mei et Liza -celle-ci étant venue plus par obligation que par amitié-. Natsu Hakuhen était venue sans Kensei, celui-ci étant partit en mission avec Mashiro à grand regret de ne pouvoir assister aux obsèques mais aussi de se taper cette 'bombe à connerie verte' pendant une mission.
Kurosaki Isshin, major de la dixième c'était sentit obligé de venir. Il aimait beaucoup la petite Koori qui venait souvent dans sa division pour des affaires de paperasse. Après plusieurs allés-retours, il avait développé avec elle une relation assez simple et amicale. Elle l'appelait grand-père sous le regard faussement énervé du capitaine et lui la surnommait 'petite colombe'. Matsumoto et Hitsugaya, venus en connaissance de la petite suivaient leur capitaine de près.
Et le dernier des capitaines était, bien évidemment Ukitake Jushiro. Au dernier moment, une mission de premier ordre avait été donnée. Il avait refusé. Catégoriquement. Pas question de rater son enterrement.
Enterrement… Ce mot lui faisait si bizarre… De toute façon, on n'enterrait pas les shinigamis, on leur rendait hommage. Il n'y avait aucun corps à mettre en terre. Juste des souvenirs.
Tous étaient regroupés devant la petite pierre de marbre blanc où trônait fièrement: "Koori, lieutenant de la 13ème division." Aucun nom de famille. Elle venait du Rukongai en même temps. Natsu lui avait déjà donné un nom et bien plus. Mais sur la stèle, rien de plus. Juste du blanc et des inscriptions d'argents scellés dans la pierre. Mais un jour, elles disparaitraient. Un jour, cette tombe ne serra plus qu'une pierre grisâtre sans aucunes particularités. Mais Natsu refusais d'y pensée. Pour l'instant, tout ce qui comptait, c'était que sa petite fleur blanche était morte. Et ça, elle ne le pardonnera jamais.
Tous, un par un virent faire un geste, un petit discourt, ou juste une salutation pour Koori. Aucunes larmes ne furent versées. Sauf celle du ciel. Au début, il faisait beau. Puis, quand vint les annonces, les nuages semblèrent s'amoncelés très rapidement. Mais à part seulement quelques gouttes, il ne plut pas. Seulement une dizaines de minutes plus tard, il faisait de nouveaux beaux.
Le bonheur n'est pas éternel. Mais le malheur non plus. Tout à une fin. Le bien, comme le mal.
- Que ton âme ais enfin le repos qu'elle mérite. Tonna tristement Yoruichi. Son haori s'éleva de quelques centimètres de ses mollets mais le vêtement, trempé de bougea plus.
- Même si ton corps était faible, ton cœur était fort. Fit Unohana d'une voix douce.
- La réalité est ce qui continue d'exister quand on cesse d'y croire. Murmura Waku, le regard fixé sur la tombe tout en se penchant pour déposer une petite Pensée bleue clair. Pour que tu n'oublis pas. Finit-elle sur le même ton.
Hai s'avança d'une démarche féline et se posa devant la tombe sans vraiment savoir quoi faire. Elle n'avait jamais vraiment été proche de Koori, mais son sourire illuminait souvent ses journées quand elle la croisait.
- Que ton sourire continue à faire tenir tout un monde. Parce que tu as fait tenir le mien. Elle refoula un sanglot, tourna la tête et partit.
- 'Nous savons ce que nous sommes, mais nous ne savons pas ce que nous pouvons être.*'Souffla Mei, déposant un magnifique magnolia blanc, son visage orné d'un petit sourire étrange. Symbole de pureté, de force et de dignité. Parce que tu étais libre et fière.
- Lorsque tu te réveilleras de ce monde inconnu, déploie tes ailes et envole-toi, petite colombe. Dit le capitaine de la dixième sur un air chantonnant, un sourire triste sur le visage.
Puis, tous défilèrent uns à uns. Toshiro, Rangiku, Liza, Gin, Aizen, Hirako, Wameku, Shunsui et d'autres personnes qui considéraient Koori comme quelqu'un de bien.
Puis vint le tour d'Ukitake. Vivre l'éternité ne lui faisait pas peur. Attaquer une horde de Hollow ne lui faisait pas peur. Être un capitaine ne lui faisait pas peur. Donner des ordres ne lui faisait pas peur. N'y en recevoir d'ailleurs. Être blessé ne lui faisait pas peur. Sa maladie ne lui faisait pas peur. Mais allez devant la tombe de sa lieutenant le terrifiait.
Néanmoins, il avança. Pas après pas. Le son de ses sandales sur le sol était atroce. La sensation de son cœur battant contre sa poitrine l'étonna un peu. Silence. Juste la pluie tombant sur la stèle et dégoulinant entre les lettres argentées. Rien d'autre.
Le capitaine continua d'avancer puis s'accroupit. Lentement, son doigt parcouru le contour de on nom gravé dans la pierre humide. Koori. Son lieutenant. Sa fille. Son petit bout de femme. Sa fleur rayonnante de fierté et de joie de vivre. Disparut. Morte. Plus jamais. Sa main trembla quand il déposa un minuscule bouquet de pâquerettes finement entouré d'un ruban de soie bleue à l'odeur de l'été.
Natsu s'avança, ses pas lourds et mesurés ne semblaient pas vraiment fait de sa propre volontés mais plutôt par habitude. Par automatisme. Comme si son corps refusait de comprendre ce qui se passait. Comme si son cerveau lui dictait ses mouvements contre sa volonté.
Elle ne voulait pas s'avancer vers la tombe. Elle ne le devait pas. Elle refusait de la regarder. Tout ça, c'est qu'un énorme ramassis de conneries! Hurla son fort intérieur. Alors, sans regret, elle se détourna de la tombe devant les regards surpris mais mélancoliques. Elle croisa le regard de Jushiro. Il comprit.
Natsu n'accepter juste pas que Koori soit morte. Non. Elle était vivante. Elle en était sûre. Et tout ça, regarder la tombe, la pleurer, poser des fleurs, faire un discourt… C'est comme accepter de croire en sa mort. Elle n'est pas morte! Cria-t-elle de toutes ses forces en elle. Mais parfois y croire, même de toutes ses forces, de toute son âme ne suffit pas. Koori était morte. Mais Natsu ne voulait pas le voir.
Fuyu regarda la personne qu'elle considérait comme sa petite sœur s'éloigner, les poings serrés, le dos raide et la démarche froide. Puis, d'un shunpo léger, elle s'avança à ses cotés. Elle devait la raisonner, c'était son rôle en tant que grande sœur.
- Natsu, écoute-moi. Fit-elle tout en prenant les épaules de sa cadettes, tournant son buste vers elle.
Mais celle-ci ne fit que l'esquiver d'un mouvement agile et continua sa route. Fuyu voulait comprendre sa douleur, mais elle ne la ressentira peut-être jamais de la même façon.
- Natsu, écoutes-moi! Tenta-t-elle d'un ton plus ferme et plus dur, attrapant cette fois le bras de la jeune capitaine.
- Lâche-moi! Répondit-elle, furieuse.
- Non, tu vas m'écouter! Gronda Waku, plantant son regard dans celui de la rousse qui continuait son regard froid. Je n'irais pas par quatre chemins Natsu. Koori est morte. Et il faut que tu t'y fasses, elle et morte et plus jamais tu ne l'as reverra! Donc tu vas m'écouter, faire demi-tour et lui dire adieu! Cria la Gobantai-taicho.
-Non, toi tu vas m'écouter! Fit Natsu, un ton plus haut encore. Je refuse l'idée que Koori soit morte presque dans mes bras, tu entends? Elle n'aurait pas dût mourir! Pas comme ça! Koori méritait mieux que ça! Hurla-t-elle, elle-même perdue. Pourquoi?
- Mais elle est morte Natsu! Morte! Jamais elle ne l'avouera mais la douleur qui passa sur le visage de sa sœur à ce moment là la fit trembler. Douleur. Je comprends ta douleur Natsu. Continua-t-elle plus calment. Je comprends que tu sois perdue, moi aussi j'ai mal, mais ouvre les yeux, Koori est morte. Alors va lui dire adieu, sinon tu le regretteras. Murmura-t-elle.
Morte. Morte. Morte. Stop. Arrête. Elle n'était pas morte. Ce n'était pas possible. Elle ne comprenait pas. Pourquoi? Koori, si petite, si fragile… Non… Non. Non! Non…? Qui? Pourquoi? Morte…?
- Non! Tu ne sais pas ce que je ressens! J'ai mal! J'ai mal d'être en vie alors qu'elle est peut-être morte! Je haïs ce monde et tous ces gens parce que leur cœur bât encore! Je me haïs de vivre et de pouvoir encore pleurer, sourire et ressentir! J'ai suppliée et implorée encore et encore mais rien ne fonctionne! Hurla-t-elle. Son cœur s'emballait et ses mains tremblaient. Et puis j'ai voulu abandonner. J'ai voulu accepter de toutes mes forces… Mais non. Koori n'est pas morte. Sa voix écorchée dérailla et elle se tût.
- Je comprends, Natsu, mais elle n'est pluslà, et c'est ainsi. Tu ne pourras pas le changer. Je t'en pris, Natsu, même si c'est contre ton grès, va lui dire adieux. Elle mérite au moins çà. La supplia Waku.
Sa sœur tremblait de partout. La pluie s'abattait sur sa silhouette frêle sans ménagement, ses poings serrés faisaient couler quelques perles brillantes de sang. Son regard, tourné vers le sol ne voulait pas comprendre.
- Ma douleur… Ma haine… Mon désespoir… Ils sont biens au-delà des tiens! Hurla-t-elle tout en se dégageant de l'emprise sur son bras. Après un regard incandescent et furieux, elle partit.
* Merci, pour tous ce que vous avez fait pour moi,
Merci, pour tous les moments passés à vos cotés,
Merci, je chanterais éternellement.
Rin & Len Kagamine 'Kokoro Kiseki'
(Les Anémones sont le symbole de la rupture et de l'abandon mais aussi de la renaissance et du renouveau, mélangées au rouge, elles rappellent l'étrange couleur qu'est le pourpre qui ravive les sentiments aussi bon que mauvais comme l'amour, la colère, la sensualité, courage, danger, ardeur, interdiction… Elle fait penser au sang, au feu et à la lave. L'Eglantine représente le bonheur éphémère, l'amour passager… De son coté, le noir est sombre, souvent associé à la mort, mais aussi l'élégance, la peur, la douleur et la nuit.)
