Bonjour à toutes et tous!
Voici la deuxième partie!
Merci à Miss no name: Ravie de t'avoir fait rire! J'espère que le reste de la fic t'a plu également! ;p
Bonne lecture!
Celui-qui-se-maudissait-de-se-retrouver-ici attendait non sans piétiner d'impatience qu'on veuille bien le recevoir. Quand, enfin, on lui fit signe que c'était à lui, il frappa rapidement quelques coups sur la porte, et une voix douce l'enjoignit d'entrer. Mais en poussant la porte, il se figea sur place. La pièce en elle-même était chaleureuse sans être étouffante : un divan gris souris trônait en plein milieu, des plantes vertes s'épanouissaient dans un coin et la fenêtre était fermée par un store qui tamisait la lumière du soleil. Mais ce qui choquait le plus Tom Jedusor, c'était le médicomage qu'on lui avait attribué. Une femme brune, imposante, était assise derrière un bureau de verre. Elle était en train d'écrire quelque chose et releva son regard ambré en lui souriant avec bienveillance.
- Je crois que je me suis trompé, dit-il en rebroussant chemin.
- Tom Jedusor ? appela-t-elle. Je suis le docteur Greengrass.
Il se retourna avec lenteur, effaré de la situation. Elle osait l'appeler par son vrai nom. Il lui lança mentalement deux maléfices cuisants.
- J'ignorais que j'allais parler à une femme, expliqua-t-il avec froideur.
Elle enleva ses lunettes à fine monture et eut un petit rire.
- Lucius m'avait prévenu que vous seriez difficile, dit-elle avec un sourire entendu.
L'homme serra les mâchoires. Lucius, sale traître ! Dès que je rentre, je te lance trois Doloris.
- Je vous propose quelque chose, Mr Jedusor : une seule séance. Une seule séance pour vous convaincre, et si vous ne voulez pas poursuivre, nous arrêterons et je serais remplacée par un homme.
Le ton était courtois, quoique ferme. L'homme réfléchit : il n'allait pas repartir, maintenant qu'il avait attendu aussi longtemps dans cette salle d'attente aseptisée. Autant essayer. Il n'avait rien à perdre. Il hocha brièvement la tête et le docteur Greengrass élargit son sourire.
- Asseyez-vous, je vous en prie.
Il s'exécuta, enlevant son pardessus noir, révélant un corps squelettique. Il déposa avec précaution son chapeau sur le portemanteau en même temps que son pardessus. Le docteur Greengrass regarda avec intérêt l'homme décharné qui s'installa devant elle sur le fauteuil de cuir blanc. Il faisait toujours peur, c'était certain. Mais il avait perdu la lueur rouge morbide dans ses yeux. Il semblait profondément fatigué. Les traits de son visage étaient tirés, et de larges cernes violets coloraient son teint grisâtre. L'absence de nez accentuait le côté maladif de Celui-qui-était-craint-de-tous.
- Je vais vous demander quelques formalités avant de procéder, lui sourit-elle. Date de naissance ?
- 31 Décembre 1926, grimaça-t-il.
- Une femme ? Des enfants ?
- Ni l'un, ni l'autre.
- Depuis quand avez-vous des problèmes ?
- Je n'ai aucun problème.
- Bien. Et pourquoi vous venez me voir, alors, Mr Jedusor, si vous n'avez aucun problème ?
- Parce que mes fidèles m'ont convaincu de venir, expliqua Voldemort en toute franchise. Mais à vrai dire, je suis parfait, je ne vois pas ce que vous pourrez m'apporter.
Le docteur Greengrass grattait son parchemin avec une plume d'aigle, tandis qu'il répondait à ses questions. Elle ne releva la tête qu'à la fin du questionnaire, un large sourire sur les lèvres.
- Très bien, Mr Jedusor. Alors si vous voulez bien vous allongez, nous allons commencer.
Un peu surpris, Voldemort obéit. C'était la première fois qu'il obéissait. C'était la première fois qu'il obéissait à deux ordres en aussi peu de temps. C'était la première fois qu'il obéissait à deux ordres en aussi peu de temps et surtout provenant d'une femme. Il fallait dire aussi, il était très curieux de cette séance.
Il s'allongea avec raideur sur le divan, les mains croisées et les yeux au plafond. Le docteur Greengrass joignit les mains et l'observa avec curiosité. Elle avait remis ses lunettes et un léger sourire se dessina sur ses lèvres.
- Donc vous êtes parfait, vous dîtes ? répéta-t-elle sur le ton de la conversation.
- Tout à fait, répondit-il avec assurance.
- Donc tout va bien pour vous ? s'enquit-elle avec amusement.
- Absolument, argua-t-il avec véhémence.
- Vous êtes heureux, donc ? énonça-t-elle avec évidence.
- Oui.
Il y eut un petit silence, et Voldemort baissa les yeux. Non, il n'était pas heureux.
- Enfin, non. Non, même pas du tout.
Le docteur Greengrass haussa les sourcils, mais resta silencieuse.
- S'il n'y avait pas ce Potter pour m'empêcher de vivre, là, je serais heureux. Mais tant qu'il est encore vivant, c'est impossible.
- Harry… Potter ? demanda-t-elle avec étonnement.
- Lui-même. Je ne pense qu'à lui. C'est lui qui me mènera à ma perte. Pourtant, j'ai voulu le tuer, croyez-moi ! Je m'y suis mis très tôt, en plus ! Il a réussi à contrer mon sort, vous vous rendez compte ? C'est absurde ! Un nouveau-né !
Complexe monomaniaque, ajouté à une paranoïa aiguë, nota en silence le docteur Greengrass.
- Vous avez vraiment cru qu'un nouveau-né vous défierait et prendrait votre place ? demanda avec stupéfaction la doctoresse.
- Evidemment ! J'ai eu vent d'une prophétie ! Je ne suis pas fou non plus !
Superstitieux…, griffonna le docteur Greengrass sur son parchemin.
- Et regardez où j'en suis à présent ! Il me traque ! Il est toujours derrière moi ! Quoique je fasse, Harry Potter déjoue tous mes plans et me nargue ! Il rit ! Il rit de moi ! Il me détruit à petit feu ! C'est tellement injuste ! Je rêve du jour où je lui lancerai un Avada Kadavra !
Complexe d'injustice très fort envers Harry Potter, écrivit silencieusement le docteur Greengrass en réajustant ses lunettes.
- Vous lancez beaucoup ce sort… Vous avez une attirance particulière pour le vert ? Et pour la mort ? s'enquit-elle d'un ton détaché.
Celui-qui-s'énervait-tout-seul-contre-Potter prit son temps pour répondre.
- Non… Enfin, si, je suis de Serpentard, quand même… Mais ce n'est pas la même chose. Ecoutez, je tue par obligation. Ce n'est pas par plaisir que je torture (enfin si, quand même un peu). Mais je ne suis pas sadique à ce point. C'est juste une… constance.
- Une constance ? s'étonna le docteur Greengrass en se caressant le menton d'un air rêveur.
- Oui, il faut bien leur montrer qui a le pouvoir, raisonna Jedusor. Il faut bien qu'ils me craignent. J'en suis réduit à cela, voyez-vous ! Lancer des Doloris et des Avada Kadavra pour que les gens me craignent et me respectent. Sinon, ils partiraient tous, vous comprenez…
Complexe d'infériorité, il a besoin de faire peur pour être respecté. Mais c'est relativement excessif, écrivit le docteur Greengrass d'un air sous-entendu.
- Et depuis quand avez-vous ce besoin de reconnaissance ? lui demanda-t-elle d'un ton courtois.
Il mit du temps à répondre, cherchant une échappatoire. Mais il n'y en avait pas.
- Depuis toujours, grinça-t-il. J'ai grandi dans un orphelinat. Et les autres enfants étaient vraiment méchants avec moi. Alors j'ai compris : quand on fait plus mal à l'autre que l'autre vous fait du mal, on gagne son respect.
Complexe de Cain, ce qui l'a conduit à avoir des TOC de violence…, souligna le docteur Greengrass.
- Et paradoxalement, je me suis marginalisé… Par exemple, les gens ne me comprenaient pas, mais les animaux, si.
- Par exemple ? dit-elle en relevant la tête.
Il hésita cinq secondes, puis il avoua :
- Je parle fourchelangue.
Troubles du langage…, inscrivit-elle sur sa feuille avec un air désolé.
- Vous m'avez parlé d'un orphelinat…, rappela le docteur. Qu'en est-il de vos parents ?
- Mes parents ne m'ont jamais aimé, grogna Celui-qui-boudait-désormais. Mon père a lâchement abandonné ma mère et cette dernière est morte peu après. Mais j'ai réussi à venger ma mère : j'ai attendu, mais au final, j'ai réussi à tuer mon père comme il convenait ! Et pour ça, ma mère, maintenant, est heureuse…
Complexes d'Œdipe et d'abandon excessivement forts…, nota fébrilement le docteur Greengrass.
- Mais vous avez fait de grandes choses, pourtant ! s'exclama-t-elle avec verve, devant l'expression désemparée de Celui-qui-culpabilisait-de-n'avoir-pas-été-aimé-pa r-sa-mère.
- Evidemment ! argua ce dernier avec véhémence. J'ai changé mon nom quand je suis arrivé à Poudlard. Maintenant, même mon nom fait peur ! J'ai vraiment réussi mon job !
Complexe de supériorité avec un égo surdimensionné…, rédigea la femme en réajustant ses lunettes et en poussant un petit soupir.
- Et puis, vous avez de nombreux amis ! argumenta-t-elle.
- Des amis ? cracha Celui-qui-tripotait-de-ses-longs-doigts-blancs-l'a bsence-de-cartilage-en-plein-milieu-de-sa-figure. Si vous osez parler des affreux cafards qui m'ont trahi dès ma chute ? Je suis obligé de les garder par la terreur ! Je leur ai tatoué leur fidélité sur leur bras pour qu'ils se souviennent à jamais à qui ils appartiennent ! Mais il faut croire que ce n'est pas suffisant.
Scarification à autrui…, griffonna la doctoresse en secouant la tête, abattue.
- Vous êtes très maigre…, constata-t-elle en lui jetant un regard rapide. Vous mangez bien ?
- Je ne mange plus, je ne dors plus… Je fais des cauchemars, gémit Voldemort.
- Des cauchemars ? s'étonna-t-elle.
- Oui, je rêve de ce Potter. On se rejoint par rêve, c'est assez frustrant d'ailleurs. Il arrive à s'immiscer dans mon esprit, je me sens tout vulnérable. Et la première fois que j'ai voulu le toucher, ma peau a brûlé.
Psychose hallucinatoire…, écrivit-elle rapidement.
- Mais heureusement, tout va bien, maintenant, le même sang coule dans mes veines. Et il a réussi à apprendre l'occlumancie.
Délire paranoïaque et névrose hystérique…, rédigea-t-elle avec un dégoût marqué.
- Vous avez tué beaucoup de gens, vous vous sentiez supérieurs à eux ? Pourquoi les avoir tués ? demanda-t-elle en relevant la tête, plissant ses yeux ambrés.
- Evidemment ! répondit Celui-qui-avait-un-regard-atterré-face-à-une-quest ion-si-stupide. Ces moldus ne savent faire aucune magie ! Et ces moldus qui se croient sorciers ne sont pas meilleurs !
Il y eut un petit silence, puis le docteur reprit avec un ton plus sérieux :
- Et vous, vous avez peur de la mort ? Un être éternel comme vous…
- Je n'ai pas peur de la mort, évidemment ! se vanta Voldemort. J'ai créé plein d'horcruxes pour revenir de la mort, j'ai survécu déjà plein de fois ! La mort… La mort n'est rien !
Complexe d'insécurité et phobie de la mort…, écrivit-elle avec un sourire en coin.
Elle gratta encore quelques instants sa plume sur le parchemin, puis la posa et releva son regard pénétrant sur l'homme cadavérique qui se tenait allongé sur son divan. Ce dernier paraissait relativement surpris : il n'avait pas eu envie de lancer de maléfices durant ce laps de temps, une première ! Serait-il finalement soignable ?
- Bien, Mr Jedusor. Je vous propose deux choses : d'une part, continuer nos séances en tête-à-tête de psychothérapie, et d'autre part, suivre une thérapie de groupe. Vos fidèles mangemorts en auraient besoin aussi. Si cela vous convient, je vous donne le nom et l'adresse à laquelle vous rendre.
- Alors ? s'enquit Bellatrix, les yeux agrandis par la curiosité.
- Alors, vous allez morfler, mes agneaux. Parce que je vous emmène avec moi, la prochaine fois, ricana Celui-qui-était-plus-qu'heureux-de-se-venger.
Et Voldemort ricana comme un bossu devant la mine déconfite de Lucius et celle déboussolée de Bellatrix. Dans un coin, Narcissa faisait semblant de lire et Drago mimait une profonde concentration d'un rapport ministériel. Mais les sourires narquois que les deux affichèrent étaient des plus explicites.
Merci d'avoir lu!
N'hésitez pas à m'écrire une petite review pour me donner votre avis, ça me fait très plaisir! ^^
On se retrouve pour le prochain volet de cet OS!
Au plaisir,
Kumi
