Re-bonjour!

Un nouveau chapitre! Je vais arrêter de dire que c'est le dernier ou patati patata. Cette histoire m'amuse tellement que je pense encore écrire un chapitre.

Réponse aux reviews anonymes:

Merci à Anorluin: merci à toi pour ce compliment et je suis bien contente que ça t'ait fait rire, ce n'est pas encore fini! ;p

Merci à Anouk: merci à toi! Ca me fait très plaisir que tu aies ri! C'était le but :)

Bonne lecture!


- Enfin, Dumbledore ! C'est insensé ! Pourquoi je suis obligé de me farcir ces séances de torture ?

- Alors, ça vous plaît, Severus ?

- Absolument pas ! Vous n'écoutez rien de ce que je vous dis ?

- Disons que c'est une petite vengeance, avoua le directeur avec un petit rire mesquin.

- Mais ce n'est pas moi qui ai voulu vous tuer ! Vous m'avez supplié !

- Oh, si on ne peut même plus s'amuser…, gloussa Dumbledore dans son tableau avant de disparaître en faisant un clin d'œil malicieux à un Rogue complètement outré et furieux.


L'entraînement intensif de Weasley, ou comme ils aimaient appeler ça entre eux « Les dix plaies des Mangemorts », était d'une véritable perversité. Après avoir dû, entre autres, accepter la différence et devenir plus ou moins tolérant (c'était pas encore trop ça, mais y avait du progrès), ils attendaient avec appréhension la prochaine étape de la folie contagieuse de Ronald Weasley.

- Bonjour à tous ! Aujourd'hui, nous allons entamer une nouvelle phase de l'entraînement : aborder les sorciers et se rentre utile.

- Qu'est-ce que ça signifie ? cracha Celui-qui-avait-déjà-oublié-son-honneur-en-s'imaginant-au-même-rang-que-ceux-qu'il-tuait-jusqu'à-récemment.

- Je ne vais pas vous expliquer ici. Nous allons faire une sortie, les amis ! s'exclama joyeusement Ron.

A priori, cela n'enchanta aucun des patients présents dans la salle.

- Une sortie ? répéta avec suspicion Rogue.

- Oui. Maintenant, suivez-moi.

Il les amena près d'un gros morceau de bois et ils firent cercle autour.

- A mon signal, vous le prendrez tous en main, ordonna Ron.

- Attends…, fit Drago, méfiant. Est-ce que c'est ce que je crois que c'est ?

- Oui, tout à fait. C'est un Portoloin, Malefoy. Allez, on y va !

Sans pouvoir riposter, ils attrapèrent bon gré mal gré le bout de bois et atterrirent après quelques instants chaotiques sur un chemin dallé en plein air. L'allée se situait entre deux rangées de magasins : elle était reconnaissable entre toutes.

- Qu'est-ce qu'on fout sur le Chemin de Traverse ? râla Celui-qui-sentait-déjà-que-l'exercice-n'allait-pas-lui-plaire d'un air mécontent.

- On va… là, pointa Ron en montrant une devanture pour le moins éclectique.

Des petites fusées folles fusaient de partout et la devanture était colorée à souhait. Une odeur de barbe-à-papa flottait dans l'air et ils déglutirent tous, refoulant un violent mal de crâne et une nausée naissante.

- Grand Merlin, s'exclama Dolohov. C'est d'un goût !

- Ne me dîtes pas que c'est qu'on va faire notre entraînement ? lança Lucius en pâlissant.

- Evidemment, les seuls Weasley qui ont réussi dans ta famille, il fallait bien nous les montrer, râla Drago. Bien, maintenant qu'on a pu admirer, on s'en va ?

Mais non. Sous les regards horrifiés des mangemorts en réinsertion, Ron ouvrit la porte qui émit un petit bruit de clochette et ils entrèrent à contrecœur dans la boutique.

- Ah, vous êtes déjà là ?! s'exclama une tête rousse qui dépassait d'un carton. Vous avez fait vite !

- Peu de trafic, sourit Ron. Alors, que peut-on faire pour t'aider ?

- Mais rentrez, rentrez ! encouragea le rouquin le plus âgé.

Les mangemorts se pressèrent dans la boutique qui regorgeait de babioles en tout genre. Celui-qui-avait-troqué-son-enfance-à-l'âge-de-cinq-ans regardait avec des yeux envieux les étagères où reposaient des produits colorés qu'il mourrait d'envie d'essayer.

- Bonjour à tous, je m'appelle George Weasley, on se connaît déjà, en d'autres circonstances, mais passons. Il se trouve que je n'ai personne pour m'aider aujourd'hui à livrer mes petits gadgets au service pour les enfants malades de Ste Mangouste. Vous me seriez d'un grand service, déclara George avec un sourire éclatant.

- Et pourquoi on devrait jouer les larbins ? râla Drago d'une voix traînante.

- Parce que vous avez décimé le deuxième propriétaire de ce magasin. Il faut bien que vous assumiez vos actes, répliqua Ron d'un air sévère.

Ça jeta un froid. Celui-qui-regardait-à-présent-avec-envie-la-gamme-Charme-de-Sorcière-des-frères-Weasley tiqua : alors, c'était comme ça, Weasley se vengeait de cette façon. En leur faisant faire des travaux d'intérêt général.

- Parfait, ça ne me concerne pas, trancha Drago en se dirigeant vers la sortie.

Mais un sort le retint.

- Tu participes à la thérapie, tu dois rester, Malefoy, gronda Ron.

Une main compatissante se posa sur l'épaule du jeune blond qui réprima un soupir d'énervement et se dégagea brutalement de son père.

- Votre boulot consiste à remplir ces cartons de boursouflets, de pendus réutilisables, d'oreilles à rallonge, de flambées de base (les feux d'artifice à votre gauche) et de fausses baguettes. Ensuite, Ron vous expliquera la démarche à suivre. Mettez-vous par équipe de… combien vous êtes ? Douze ? Mh… Par équipe de trois, alors. Il y a cinq cartons, si Ron et moi, on s'y met, on en aura pas pour longtemps.

Celui-qui-ne-quittait-pas-les-boîtes-à-Flemme-des-yeux se dirigea lentement vers un carton. Bellatrix aussitôt vint le coller, le faisant soupirer. Travers et Mcnair entamèrent une discussion houleuse sur la meilleure façon de découper les boursouflets, tandis que les petites bestioles couinaient de terreur dans leurs mains.

- C'est bon, on rigole, tempéra Mcnair devant le regard noir de Ron.

- Mets ça plutôt dans l'autre sens, oui comme ça… Un peu plus au fond du carton…

- Dis donc, Selwyn, tu pourrais pas nous aider au lieu de donner des ordres ? râla Greyback d'un air mauvais.

- Impossible ! Je risque de me salir.

Le loup-garou ragea et d'un coup de poignet sec et violent arracha Selwyn au tabouret qu'il avait monopolisé.

- Maintenant tu nous aides. Ou je vais être vraiment méchant, sourit-il avec un sourire dément.

- Rustre ! s'indigna Selwyn.

- Ç-ça s-suffit ! s'interposa Rowle en tremblant comme une feuille.

- C'est pas parce que c'est pour des enfants qu'il faut que tu te mettes dans des états pareils, lança Rodolphus à Greyback d'un air sous-entendu.

Ce dernier grogna. Rodolphus jeta d'un air désabusé une boîte de feux d'artifice dans son carton.

- Mais attention ! s'exclama Dolohov en reprenant la boîte de feux d'artifice. Pas comme ça ! Tu vois bien que ça ne rentre pas ! C'est moche, comme ça !

- Tu me cherches, Dolohov ? Parce que si c'est ça, tu pourrais bien me trouver…

- Allons, allons, temporisa Rogue avec agacement.

Drago ne disait rien, écœuré par la conversation de Travers et Mcnair à ses côtés.

- Non, mais tu te rends pas compte. Si on les ouvre avant de les avoir attachés, ils peuvent bouger et alors tout s'en va : les intestins, les organes…

- Oui, mais si tu les attaches trop fort, après c'est fini.

- De toute façon, un bon coup de hache…

- C'est ce qui fait la différence entre toi et moi, Mcnair. Tu es un plouc.

- Et toi tu es trop snob pour redescendre sur terre. Au moins, avec moi, le travail est fait.

Tandis qu'ils se crêpaient le chignon, Lucius soupirait bruyamment devant la mine babillarde de sa belle-sœur qui faisait tout pour attirer l'attention de Celui-qui-aurait-bien-voulu-garder-un-carton-pour-lui-tout-seul. Elle était belle, la fameuse troupe de mangemorts qui avait terrorisé la population il a de ça quelques années.

Au bout de quelques minutes, les cartons étaient finis.

- Bien, et maintenant ?

- Et maintenant, on va à Ste Mangouste.

- Quoi ? s'exclamèrent-ils tous en chœur.

- Vous avez l'air surpris, s'étonna Ron. George ne vient pas de vous dire où ça allait ? On va aller les livrer !

Ils le regardèrent tous comme s'il avait complètement perdu la boule. Des mangemorts allant offrir des jouets à des enfants malades ? Où se croyait-il ? Qui avait eu cette idée débile ? Est-ce qu'au moins ils étaient au courant, là-haut ?

- Euh… Tu sais pourtant qui ils sont ? demanda Drago d'un air peu convaincu.

- Oui. Ça fait bientôt deux mois que vous êtes en réinsertion. Nous avons l'accord des directeurs de Ste Mangouste qui vous accordent leur confiance. Allez, on prend les cartons et on s'en va. Merci George !

N'en revenant toujours pas, les mangemorts chargèrent en silence la diligence. Ils arrivèrent à l'hôpital assez mal à l'aise. Celui-qui-était-le-plus-mal-à-l'aise l'était encore plus qu'il venait ici régulièrement pour ses séances avec le docteur Greengrass. Au détour des couloirs, la troupe ne passa pas inaperçue et même si la plupart des personnes qu'ils croisaient avait une expression d'inquiétude sur le visage, certaines leur firent des sourires encourageants et d'autres mêmes les saluèrent timidement avec la main.

Arrivés dans le service pour enfants malades, une médicomage s'approcha d'eux, l'air bienveillant.

- Bonjour, je suis le docteur Zabini. Je suis ravie de vous compter parmi nous. Bonjour Drago, Lucius (elle salua les deux blonds qui lui répondirent brièvement). Alors, l'idée serait que vous entriez dans les chambres des enfants et que vous leur donniez les jouets. Restez un peu avec eux et voilà. Mh…

- Après livreur, on va devoir faire les clowns ? railla Rogue en se renfrognant.

- Non, juste être sociable, Rogue, sourit Ron.

- Nous avons cinq dortoirs. Rentrez à deux ou trois dans les pièces et distribuez les paquets.

Ils acquiescèrent en silence. Ron vit avec amusement les mangemorts se diriger d'un pas incertain vers les portes, un carton dans les bras.

- Des petits enfants, des jolis tout mimis petits enfants, chantonnait Greyback d'un air effrayant, tandis que Rogue le suivait en pestant, pour le surveiller, des fois que.

Drago décida de faire son devoir avec Rowle, le moins pénible des mangemorts. Au moins, il était sûr de ne pas parler de découpages ou de meilleure façon d'arracher les entrailles de quelqu'un sans qu'il s'en aperçoive. C'était sans compter l'arrivée en catastrophe de Celui-qui-fuyait-à-tout-prix-Bellatrix. Le cadavre ambulant qui n'avait plus de nez et qui avait un teint si gris qu'il contrastait peu avec le teint maladif des enfants qui les regardaient avec des yeux écarquillés au fond de leurs lits blancs.

Travers dut faire équipe avec Lucius et Bellatrix qui s'insurgeait contre le fait d'avoir été séparée de Voldemort, mais elle se tut aussitôt quand Travers aiguisa son scalpel devant elle.

- Tu disais ? demanda-t-il d'une voix douce face à la femme horrifiée.

Avec une dextérité affolante, il ouvrit le carton et commença à distribuer les jouets, Lucius et Bellatrix suivant son exemple. Les enfants leur adressèrent de timides sourires, bien que leur entrée fût pour le moins étrange.

Mcnair se retrouva avec Rodolphus. Ils s'ignorèrent du regard et passèrent entre les lits avec un silence morbide qui traumatisa les occupants des lieux.

Ron commença sa ronde pour voir si tout se passait bien et s'avança dans la pièce où étaient Dolohov et Selwyn.

- Mais qu'est-ce que…, s'indigna-t-il.

Le carton semblait intact, tandis que Selwyn se balançait distraitement sur une chaise et que Dolohov menaçait les enfants.

- Si jamais l'un s'approche de ce carton et ose l'abîmer, il va m'entendre ! susurrait Dolohov. Ce carton est parfait, si sa beauté s'en va…

- Dolohov, soupira Ron. Allez, dégage.

Il poussa sans ménagement le mangemort et entreprit d'ouvrir le carton sous les remarques outrées de l'inconditionnel du violet.

- Allez, distribue-moi ça. Et toi, Selwyn, viens faire ta part du boulot !

A contrecœur, ils s'exécutèrent, les enfants grelottant de peur sous leurs couvertures.

En soupirant, il passa devant la porte de Greyback et Rogue qui surveillait étroitement les mouvements du loup-garou qui s'avançait beaucoup trop près des enfants livides de peur. Mais il ne s'arrêta pas, Rogue saurait parfaitement quoi faire. Il jeta un rapide coup d'œil sur Mcnair et Rodolphus : tout semblait aller à peu près bien. Quant à Travers, Lucius et Bellatrix, c'était de loin la meilleure pièce : les enfants souriaient. Bien, ils ne sont pas si désespérants, au moins, pensa Ron avec lassitude.

Mais surtout, c'était la dernière salle qui l'inquiétait : celle dans laquelle était Voldemort. Il jeta un coup d'œil et soupira.

- Allons Voldy, qu'est-ce qui se passe ?

- Ils osent penser que c'est pour eux ! Regarde-les ! Ils osent !

- Mais évidemment, puisque c'est pour eux…

- Non ! C'est à moi ! A moi, tu entends ! A moi !

Ron leva les yeux au ciel et poussa Celui-qui-était-monté-sur-le-carton-et-regardait-avec-suffisance-quiconque-osait-convoiter-avec-envie-le-carton. Drago et Rowle étaient adossés au mur et semblaient profondément s'ennuyer.

Eh bien, pensa Ron découragé, la réinsertion, c'est pas encore gagné…


Merci d'avoir lu!

Une review et vous pourrez vous disputer le carton de farces et attrapes des Weasley avec Voldy!

A bientôt!

Kumi