Salut tout le monde!

Voici le cinquième et dernier volet de cette mini fic! Cette fois, c'est la bonne!

Merci à Anorluin: Merci de ton engouement, je suis ravie que tu aies ri autant, c'était le but! ;p Pour mes autres fics, tu peux aller sur mon profil si ca t'intéresse... Au plaisir!

Merci à Araym: Merci de ta review et de ton effort à venir lire mes autres fictions :D Ca me touche beaucoup! Je suis ravie que tu aies pris du plaisir à lire ce gros délire! Si tu as ri, j'ai gagné mon pari alors! ^^ A bientôt!

Bonne lecture!


Quatre mois plus tard…

- Bonjour à tous ! Alors, comment allez-vous ?

Ils avaient tous l'air pitoyable.

- Allons, vous devriez être contents ! Nous avons bientôt fini la thérapie et vous êtes presque guéris !

- Tu avais dit la même chose il y a quatre mois… Et regarde où on en est ! cracha Drago avec rancœur.

- Oui, mais là, vous touchez le bon bout !

Ron sourit plus largement pour les convaincre de ses propos, tandis que Bellatrix avait un teint plus blafard que jamais et que Celui-qui-faisait-même-peur-aux-aveugles tremblait de tout son corps.

- Et puis, on vous a rendu vos baguettes ! Comment vous sentez-vous ? Vous devriez être heureux !

Il se souvenait encore de leur regard interloqué et envieux quand il leur avait rendu leurs baguettes la dernière fois. Pourtant ils avaient fait des efforts considérables. Ils la méritaient bien, alors qu'est-ce qui n'allait pas ?

- C'est… dur, articula lentement Lucius dont le visage se crispait de souffrance.

- Dur ? s'étonna Ron.

- Oui, ils sont en manque. Tu peux pas les sevrer de tuer ou de torturer en un mois, ricana Drago, ce qui lui valut un coup de poing de la part du paternel.

- Vos baguettes sont scellées, dit Ron en fronçant les sourcils, vous ne pouvez pas lancer de sorts impardonnables…

- C'est bien ce que je te dis, rétorqua Drago avec un sourire en coin. Ils en rêvent la nuit. Mais ils ne peuvent rien faire. C'est de la torture à l'état pur !

Il ricana comme un bossu alors que son père le rouait de coups. Ron eut un petit air compatissant et posa une main sur l'épaule de Bellatrix et de Celui-qui-avait-bien-perdu-de-sa-superbe.

- Courage ! dit-il avec entendement.

- J'essaie, mais c'est dur…, gémit la mangemort en sanglotant.

- Juste une fois… un tout petit sort…, supplia Celui-qui-avait-normalement-les-yeux-rouges-et-qui -étaient-à-présent-blancs-tellement-ils-étaient-ré vulsés-et-qui-bavait-lamentablement.


Six mois plus tard…

- Bonjour ! Alors comment allez-vous ?

Les mines étaient déjà plus réjouies : le sevrage était passé et ils avaient l'air moins abattu. Un joyeux brouhaha emplissait la pièce.

- Nous voici à la dernière étape de notre entraînement !

Ron attendit que le silence se fît.

- Mais avant, scandons notre joli slogan !

- Les Sang-de-Bourbe sont nos amis, on n'y touche plus ! hurlèrent avec entrain les mangemorts.

Ron parut satisfait. Il avait essayé d'éradiquer l'insulte, mais sans succès. Après tout, l'idée était bien la même.

- Bien. Avez-vous amené votre ami né-moldu ?

Les visages s'éclairèrent.

- Oui, chantonnèrent-ils tous en chœur.

- Alors, je vous laisse faire les présentations… Vous présentez votre ami(e), vous dîtes ce qu'il ou elle fait et vous expliquez brièvement pourquoi vous l'avez amené(e) ici. Rowle, tu commences.

- Euh… D'accord. Voici Mrs Flume. Elle tient Honeydukes avec son mari. Euh… Elle est là parce que je suis tout le temps fourré là-bas. J'adore les sucreries, avoua Rowle d'un air piteux.

- Voici Augustus Pye, présenta fièrement Travers. Un petit stagiaire de Ste Mangouste, qui utilise des techniques moldues combinées à des approches magiques. Je trouve que ses points de suture sont dignes des meilleures initiatives de torture possibles…

- Oui, bon ça suffit…, toussa Ron, gêné. Dolohov ?

- Voici Herman Wintringham, le joueur de luth des Bizarr'Sisters. C'est le seul que j'ai trouvé joli, alors c'est lui que j'ai pris.

Il caressa la joue de Wintrhingham comme s'il s'agissait d'une poterie rare, au grand malaise de ce dernier.

- Euh… Oui, pourquoi pas. Greyback ?

- Teddy Lupin, désigna Greyback en se léchant les babines. Et… Accompagné de son père.

Il eut une moue de mécontentement et soutint le regard noir de Remus.

- Entre loup-garous, faut bien se soutenir, hein, Lupin ? sourit le loup-garou en le fixant de ses yeux jaunes, mais Remus ne répondit pas.

- Mais c'est pas un né-moldu ! s'insurgea Ron.

- Non, mais j'ai pas de problème avec les né-moldus, Weasley.

- Certes… Mais est-ce que ça va combler ton problème ? argua le rouquin.

- Je ferais en sorte que oui, décréta Remus avec un air entendu.

Un peu dépassé, Ron fit signe au suivant d'enchaîner.

- Justin Finch-Fletchley, désigna Rogue d'une voix lente et froide. Un élève brillant, qui est à présent mon assistant. Il a un talent incontestable en potions.

Ledit Justin rougit jusqu'aux oreilles, d'entendre un compliment pareil de la part de celui qui terrorisait tous les élèves. Ron se tourna vers le prochain à parler et ouvrit grands ses yeux bleus.

- Monsieur le Ministre ? s'étonna-t-il. Mais que…

- Oh, je ne suis plus ministre depuis longtemps, Mr Weasley, sourit tristement Fudge.

- Oui, mais il reste un sorcier d'ascendance moldue, dit Lucius d'une voix douce. Et de surcroît, un ami.

Fudge eut une grimace qui en dit long et Ron s'éclaircit la gorge pour changer de sujet, sentant que ça devenait dangereux.

- Mh… très bien. Et vous, Selwyn ?

- Fiertalon. Un très bon Auror qui a accompli tout mon boulot quand j'étais au ministère.

- Ah ! Je le savais ! s'exclama Fudge.

- Mais pas du tout ! s'indigna Fiertalon. Je croyais que ça devait rester secret, Selwyn !

- Je n'y travaille plus, on s'en fout, non ?

- Allons, messieurs, s'il vous plaît ! tempéra Ron, tandis que Fudge et Fiertalon élevaient la voix.

Les deux hommes eurent une moue pincée, tandis que le rouquin se passa une main sur le visage en soupirant.

- Bien… Où en étions-nous ? Mcnair ?

- Newton Scamander, illustre figure du Département des créatures magiques… et qui m'a donné mon premier poste, présenta Mcnair avec un air trémolo nostalgique dans la voix.

- Enchanté de vous avoir parmi nous, salua poliment Ron, légèrement surpris du choix de Mcnair.

Il tourna son regard vers le suivant et fronça les sourcils.

- Rodolphus ? Pourquoi vous avez attaché votre ami ?

Il pointa son doigt sur un paquet ligoté à côté du mangemort. La tête qui dépassait était rouge de colère et lançait des regards noirs à tout va.

- Stalk Blenheim, auteur de Témoins moldus. Il n'était pas disposé à me suivre, alors je l'ai attaché.

- Mais enfin, il fallait qu'il vous accompagne de plein gré ! Relâchez-le et rendez-lui la parole.

A regret, Rodolphus Lestrange défit son sort.

- Un scandale ! hurla Blenheim. Mais attendez ! Vous n'allez pas vous en sortir comme ça ! Vous devriez avoir honte ! Quand je vais raconter ça à la presse, la façon dont vous m'avez ligoté, espèce de…

Mais sa voix se perdit à nouveau et il redevint silencieux.

- Vous êtes sûr de vouloir le laisser avec le son ? demanda Rodolphus, peu convaincu en haussant un sourcil.

- Non, vous avez raison, soupira Ron. Peut-être… pensez peut-être à lui lancer un sortilège d'Oubliettes quand on sortira d'ici… Je ne veux pas de souci...

Il se tourna vers le prochain mangemort et eut une exclamation de surprise.

- Hermione ? Mais qu'est-ce que tu fais là?

Hermione Granger se tenait assise, le dos droit sur sa chaise, devant lui. Elle lui offrit un petit sourire avant de lancer un regard dégoûté au jeune blond qui l'avait amenée ici.

- A ton avis ? Un demeuré m'a demandé de venir…, lâcha-t-elle sans complaisance.

- Si tu ne voulais pas venir, fallait pas te forcer.

- Au contraire ! C'est très bien, ces séances… Je suis d'ailleurs très surprise que tu aies pensé à moi, remarqua la jeune brune.

- Tu es la seule Sang-de-Bourbe que je connaisse…

- Malefoy ! intervint Ron en fronçant les sourcils.

- Mais c'est quand même dommage que tu n'aies pas eu plus de tact pour me demander de t'accompagner…, déplora Hermione en ignorant l'insulte.

- Tu n'as qu'à t'en prendre à toi-même, Granger, râla Drago d'une voix traînante. Après tout, c'est à cause de toi qu'on en est là.

- Et heureusement ! objecta-t-elle avec virulence. Vous êtes bien moins horripilants en faisant des efforts ! Vous allez peut-être même retrouver une place dans la société ! Tout ça, grâce à…

- Tais-toi, Granger…, coupa Drago avec un geste exaspéré de la main. T'es chiante.

- Tu n'avais qu'à ne pas m'inviter à cette séance alors, répliqua Hermione d'un ton sans appel.

Ron eut un sourire en coin et détourna le regard, tandis que les deux ennemis de Poudlard se fusillaient du regard.

- Bon, on va passer à la suite… Bellatrix ?

- Dennis Crivey. Parce que c'est le seul qui me soit tombé sous la main.

- Tu exagères, tu es trop timide, sourit Dennis.

Face à l'interrogation muette de tous, le jeune garçon aux cheveux châtains ignora le regard meurtrier de Bellatrix et reprit avec un sourire triste :

- Elle est venue me voir pour s'excuser de la mort de Colin.

- Tu n'avais pas besoin de le dire…, rouspéta Bellatrix en lui lançant une œillade noire.

- Qui l'eut crû ? Bellatrix fait dans le sentimental, maintenant, ricana Drago, ce qui lui valut une tape de la part d'Hermione.

Il y eut un petit silence et Ron se tourna vers Celui-qui-était-étrangement-muet-pour-cette-rencon tre.

- Et maintenant… Voldy ?

- Arrête avec ce stupide surnom, grinça Celui-qui-en-avait-marre-de-se-faire-prendre-pour- un-con. Voici Lily Potter. Je crois que tout le monde la connaît.

Une pâle silhouette flottait à côté de lui. Ses cheveux épais et roux contrastaient avec la blancheur de sa peau et ses grands yeux verts fixaient l'horizon.

- J'y crois pas, râla Rogue. T'as osé ouvrir sa tombe ?

- Juste pour quelques heures, je la remettrai en place tout de suite après, se défendit Celui-qui-commençait-à-comprendre-que-ça-sentait-p as-bon-pour-lui-et-qui-se-maudissait-d'avoir-oubli é-que-Rogue-aimait-éperdument-et-toujours-Lily-Eva ns. De toute façon, elle entend rien, elle est juste…

- Merlin, mais je vais vraiment te buter, hurla Rogue.

Il se leva avec une telle rapidité qu'ils ne comprirent pas tout de suite ce qu'il se passait. Rogue se jeta à grands cris sur Celui-qui-était-tombé-de-sa-chaise-et-qui-maintena nt-se-retrouvait-au-sol-entre-les-mains-de-son-anc ien-bras-droit. Il le roua de coups pendant de longues minutes, tandis qu'autour d'eux s'agitaient les autres mangemorts et les né-moldus impuissants.

- Ça suffit ! s'exclama Ron en séparant les deux hommes via un sort de magie.

Ils étaient tous deux en sang et n'en menaient pas larges, leurs yeux étincelant de pulsions mortelles.

- Shootez-moi ces deux-là sous calmants pendant un mois, cracha Ron tandis que le médicomage qui était resté en retrait tout au long se hâta d'obéir.

- C'est pas mal l'ambiance, chez vous, observa Hermione avec un air dégagé à l'égard de Drago qui n'eut pour seule réponse qu'un rictus amplement éloquent.


Celui-qui-maintenant-affichait-un-superbe-sourire- et-qui-avait-un-visage-complètement-transformé-par -l'apparition-d'une-proéminence-nasale-artificiell e regarda d'un œil vif et espiègle le docteur Greengrass devant lui.

- Ah je suis soulagé, Docteur ! s'exclama-t-il.

- Oui, je vois ça…, répondit le docteur d'un air étonné. Comment vous sentez-vous ?

Elle lisait un rapport médical et pianotait avec ses doigts sur la copie : shooté depuis un mois aux tranquillisants ? Eh bien…

- Très bien… Je me sens comme libéré, souffla Celui-qui-semblait-sur-une-autre-planète.

- Libéré ? C'est-à-dire ?

Le docteur lui lança un regard interloqué : il semblait totalement transformé. Il arborait un sourire sincère et son teint était retourné dans les rose pâle.

- Avez-vous failli ? demanda-t-elle en le scrutant à travers ses lunettes fines.

Faillir signifiait briser la promesse de ne pas tuer ou torturer. Autrement dit, c'était un retour simple pour Azkaban.

- Je n'ai pas lancé un seul sort impardonnable ou un seul maléfice depuis ma sortie conditionnelle, s'enorgueillit Voldemort en se redressant. Je me sens libre.

- C'est admirable, nota le docteur Greengrass en clignant des yeux. Et vos cauchemars ?

- Plus de cauchemars ! Rien que des jolis rêves tout roses !

Elle papillonna, incrédule. Elle inscrivit quelques mots dans le dossier et reprit :

- Et vous êtes heureux, maintenant ?

- Oh oui !

- Vous ne pensez plus à Harry Potter ?

Son regard sombre transperça Celui-qui-se-tortillait-sur-son-siège-à-cette-ques tion-si-indiscrète-et-qui-mit-quelques-temps-avant -de-répondre.

- De temps en temps…, dit-il en hésitant. Mais rien de terrible. Parfois, peut-être, je me dis que j'aimerais bien aller boire une Bièraubeurre avec lui aux Trois-Balais.

Le docteur Greengrass réprima un sourire moqueur.

- Et vous n'avez plus le projet de dominer le monde ? s'enquit-elle.

- J'ai tout oublié ! Les moldus, les cris, le sang, la peur… Tout, pff, disparu ! Envolé !

Elle nota quelques lignes dans son dossier d'un air entendu. Elle l'observa ensuite un moment.

- Je vois que vous avez décidé de remodeler votre silhouette… Vous avez là un nez admirable !

- Merci ! se réjouit Celui-qui-était-ravi-que-le-docteur-ait-enfin-rema rqué-qu'il-était-passé-sur-le-billard. Vous avez vu hein ? Il est beau !

Et il se caressa amoureusement l'arrête nasale.

- Bien… Vous semblez définitivement guéri, Mr Jedusor… Je suis enchantée du travail que nous avons fait !

- Oui ! Le temps semble s'être arrêté, je renais ! Je suis un homme nouveau ! Tout ça, c'est grâce à vous ! Merci, Docteur !

- Remerciez plutôt Miss Granger, c'est grâce à elle. Sans cette clause…, sourit le docteur Greengrass.

Il hocha la tête, et s'apprêta à se lever, transporté.

- J'aurais une dernière question : depuis combien de temps n'avez-vous pas jeté de sort de mort ?

- Onze ans, deux mois, trois semaines, quatre jours, dix heures, quarante-cinq minutes et vingt secondes…, dit-il du tac au tac. Maintenant vingt-trois secondes. Pourquoi ?

Le docteur Greengrass se figea un instant en le dévisageant. Mais elle ne répondit rien, hochant simplement la tête. Ah. Quand même. Finalement, peut-être que…


- Alors, tu voulais me voir ? argua l'homme, ses cheveux bruns en bataille masquant une cicatrice fine qu'il avait au front.

Celui-qui-avait-maintenant-un-nez tiqua, mal à l'aise, en s'asseyant en face du Survivant qui sirotait sa Bièraubeurre avec nonchalance. Il toisait son interlocuteur d'un œil goguenard. C'est fou comme les choses peuvent changer.

- Je vois que tu as arrêté de vouloir faire peur…, observa l'homme aux yeux d'un vert feuille.

Il se tut un instant et reprit avec un sourire amusé.

- Mais c'est amusant. C'est la première fois que tu ressembles à un être humain. Y a du progrès, c'est incontestable.

Celui-qui-pianotait-sur-la-table-en-attendant-que- sa-boisson-arrive ne répondit rien mais fut flatté quand même de la remarque. Il ne savait pas quoi dire. Il avait dix mille questions, il avait ressassé ce moment depuis tellement longtemps, à s'imaginer qu'il dirait ci, qu'il ferait ça, qu'à présent qu'il l'avait sous les yeux, il était muet et incapable de placer ses idées correctement. En fait, ça faisait si longtemps qu'il rêvait de cette rencontre qu'il ne savait plus quoi dire.

- Alors, il paraît que tu t'es reconverti ?

- Oui, articula lentement Celui-qui-détaillait-avec-intensité-le-jeune-homme -devant-lui. J'ai repris la place de Florient Fortarôme.

- Ah oui, comme vous l'avez buté, se souvint-il d'un ton détaché.

- C'était le moins que l'on puisse faire, dit Voldemort en haussant les épaules.

Madame Rosmerta arriva près d'eux et déposa un verre d'hydromel qui ravit l'ancien Seigneur des Ténèbres.

- Alors, tu voulais me voir pour quoi ? demanda le jeune homme en face de lui, les yeux brillants.

Celui-qui-prenait-maintenant-tout-son-temps fit durer une petite gorgée avec délice, sous le regard amusé de son interlocuteur. Il prit une profonde inspiration.

- Je te déteste. Je te déteste. Je te déteste. Mieux. Je te hais. Non seulement je te hais pour m'avoir gâché mon plaisir de dominer le monde, mais parce que tu as réussi ça à l'âge d'un an à peine. Je te hais parce que tu as des amis et que tu es un incroyable arrogant et détestable personnage. Je te hais parce que ta mère s'est sacrifiée pour toi. Je te hais parce que tu as trouvé des amis. Je te hais parce que tu as les yeux verts. Je te hais parce que grâce à moi, tu as maintenant des pouvoirs qui m'appartenaient à moi seul. Je te hais parce que tu ne sais pas les utiliser correctement. Je te hais parce que tu es allé à Gryffondor. Je te hais parce que tu n'as pas voulu me donner la pierre philosophale. Je te hais parce que tu as détruit mes horcruxes que j'ai mis si longtemps à créer. Je te hais parce que tu as décimé mes copains. Je te hais pour toutes ces raisons-là, et bien plus encore.

Il y eut un silence durant lequel ils se dévisagèrent mutuellement.

- Bien, dit le jeune brun. Si c'est tout, je crois que tu as tout dit. Je peux y aller, maintenant ?

- C'est tout l'effet que ça te fait ? s'étrangla Celui-qui-restait-atterré-du-si-peu-de-réaction-de -son-ennemi-juré-face-à-une-déclaration-aussi-viol ente.

- Bah oui, répondit l'autre en lui lançant un regard interloqué. Je suis bien désolé, mais je ne peux rien y faire. Je te plains, parce que je sais à quel point c'est difficile. Je t'ai écouté jusqu'au bout, c'est tout ce que je suis capable de faire.

Celui-qui-comprit-que-le-garçon-avait-définitiveme nt-gagné-la-guerre eut un rictus. Son ancien rival finit sa bouteille de Bièraubeurre et remit sa cape sur les épaules.

- J'aurais une question…, hésita Voldemort. Pourquoi ?

Le brun aux yeux verts lui lança un regard incrédule.

- Pourquoi avoir fait cette clause ? Pourquoi m'avoir sorti de prison ? détailla Celui-qui-revint-sur-ses-pensées-que-le-Grand-Surv ivant-était-intelligent-finalement-il-n'était-pas- si-brillant-qu'on-le-disait-s'il-ne-comprenait-mêm e-pas-une-simple-question.

- C'est évident, non ? s'étonna son interlocuteur. « L'un ne peut vivre, tant que l'autre survit ». Si on y réfléchit bien, et qu'on exclut la possibilité de tuer l'autre, il faut que chacun vive sa vie sans se soucier de l'autre. Donc si on te sortait d'Azkaban pour que tu puisses arrêter de ressasser comment me tuer, je pourrais vivre normalement. Et regarde comme ça a bien marché ! Tu es même devenu un gentil agneau inoffensif et tu t'es trouvé un boulot. Et moi, je peux vivre pleinement. D'ailleurs, je remercie Hermione, sans elle, on n'aurait jamais gagné cette clause.

Il eut un sourire entendu.

- D'accord, je suis reconnu comme l'homme le plus génial de la planète, qui a réussi non seulement à éradiquer le Seigneur des Ténèbres, et tu en es réduit à un tel point que tu vends des glaces aux enfants moldus… Mais faut croire que dans la vie, tout se paie, hein, Voldy ?

Il lui tapota négligemment l'épaule avec un sourire en coin.

- Harry ! Tu viens ?

Une jolie rousse avait passé la tête à travers la porte du pub et l'interpelait.

- J'arrive ! lui répondit-il.

Il reporta son attention sur Celui-qui-regardait-d'un-œil-morne-le-fond-de-son- verre-avec-un-sourire-déçu.

- Alors c'est pour ça ? Pour que tu sauves ta propre peau ? Moi qui croyais que tu avais eu pitié…

Le jeune brun eut un sourire amusé, faillit lui rétorquer qu'il n'avait pas de pitié pour quelqu'un qui avait tué ses parents, mais se retint : lui aussi avait fait une thérapie et il savait bien comment ça fonctionnait. Il eut un ton compatissant.

- Sérieusement, on y gagne tous, Vold' : moi, je suis toujours le Survivant, l'Elu, celui qui a survécu et qui a ramené la lumière, j'ai une super place au ministère, et toi, t'as gagné une réinsertion, un vrai boulot et une vraie vie, en somme ! On est tous gagnants, non ?

- Tu t'es foutu de moi…

Son ancien ennemi eut un rire bref.

- C'était quand même mérité, non ? Allez, je te laisse. A bientôt, peut-être ? Merci pour la Bièraubeurre !

Et il sortit en riant du pub. Celui-qui-avait-désormais-un-nez paraissait plus abattu qu'autre chose. Timidement, une grande femme aux cheveux bruns s'approcha de lui avec une démarche féline. Elle posa sa main sur son épaule d'un geste navré.

- Je crois que je vais refaire une rechute, Bella, j'ai besoin de me calmer…, gémit-il en serrant les dents et les poings.

Bellatrix secoua la tête avec dépit.

- Soyez fort, Maître…


Merci d'avoir lu!

Une petite review et vous pourrez aller consoler Voldy (ou alors aider Rogue à lui casser la gueule, c'est au choix)

Au plaisir!

Kumi