Merci à toutes pour vos encouragements ! Et merci à celles qui ont reviewé sans que je puisse leur répondre !
C'est parti pour la suite !


Le défi était lancé. Sauf que j'étais incapable de lui demander un tel service. Et d'ailleurs, je n'en voulais pas. Enfin, c'est ce que je m'efforçais de penser même si la situation laissait clairement entendre le contraire. Le marimo, plus bas, s'impatientait. Il avait posé gentiment sa tête sur ma cuisse, attendant ma requête.

« Alors ? Ça ne t'intéresse pas ? Juste quelques mots en échange d'un p'tit plaisir… T'auras pas cette chance tous les jours… »

Il accentua son discours en remontant sa main le long de ma jambe avec une lenteur exagérée. Je me cambrai doucement sous la caresse, priant silencieusement pour qu'elle ne s'arrête pas mais, évidemment, sa main refusa de poursuivre son ascension au-delà. J'étouffai aussi discrètement que possible un gémissement de frustration, qui ne passa pourtant pas inaperçu. Il eut un sourire narquois et patienta à nouveau, me fixant du regard, amusé.

« S'il… te plaît… murmurai-je, hésitant. »

Ses yeux pétillèrent dangereusement.

« Tu peux… poursuivis-je de plus en plus faiblement, lé… cher… ma… »

Immédiatement, je sentis sa langue frôler délicieusement la peau de mon bas-ventre.

« Te lécher quoi ? fit-il, enjôleur. »

Il poursuivit le tracé d'un délicat sillon humide, attisant mes envies et usant ma patience qui bataillait nerveusement avec ma gêne profonde et ma moralité déjà bien entamée.

« Mon… Entre mes… jambes… »

Sa langue, obéissante, se mit à caresser consciencieusement mes bourses. Aérienne, elle les imprégna de cette salive masculine. Je soupirai d'aise et je le sentis sourire, comme satisfait, poursuivant inlassablement ses cajoleries. Il savait que moi, je ne l'étais pas, pas complètement et il travaillait au corps ma persévérance avec un amusement évident et grandissant.

« Plus… haut… »

Enfin, il s'autorisa à remonter le long de mon membre impatient, me faisant délicieusement frémir. Ma respiration se fit hachée, rapidement parasitée de bruissements indécents ponctuant les méandres langoureux de sa langue sur ma peau. Mais je voulais davantage.

Difficilement, je m'empêchai de lui intimer de me prendre en bouche. Ce n'était pas la peine, je savais qu'il trouverait toujours un arrangement pour exciter ma frustration tant que je ne lui dirais pas explicitement ce qu'il voulait à tout prix entendre.

Péniblement, je réprimai mes lents et profonds coups de bassins incontrôlés, comme autant de va-et-vient inassouvis, lorsque sa langue redescendait jusqu'à la base de mon sexe contrarié. Je crevais d'envie de lui hurler de m'avaler sur le champ mais ma putain de conscience s'y opposait, intransigeante, sans pour autant calmer mes pulsions.

Douloureusement, je retins mes mains de le forcer d'aller plus loin lorsqu'il décrivit précautionneusement des cercles lents au sommet de ma verge.

« J'ai envie de tellement plus… »

Ces mots n'étaient pas les miens. Il venait d'exprimer tout haut, langoureux, ce que je pensais tout bas. Cela me fit l'effet d'une décharge et je perdis pieds. Au même moment, il glissa son pouce et son index autour de mon membre, le massant doucement dans un mouvement entêtant, comme me rapprochant toujours plus de ce désir complètement fou. Plus il me branlait, plus je m'habituais à cette folie, plus je la désirais, comme si cet acte se devait d'être le prolongement évident de ces gestes délicieux.

Les mots qu'il attendait se dessinèrent dans ma tête. À chaque aller-retour, ils résonnaient davantage. Et bientôt, il n'y eu plus qu'eux, ces quatre mots ridicules et toutes leurs promesses. Je les criai sans un son, je les hurlai de tout mon corps. Et je les savourais déjà, durs, violents. Inconvenants, captivants. Excitants. Enfin, je les sentis caresser mon palais. Alors ma conscience, vaincue, tenta de les retenir. Vainement. Il était déjà bien trop tard…

« Suce-moi la bite. »

Les mots avaient franchi mes lèvres, dans un souffle rauque. Je les avais dits. Et je fus immédiatement envahi d'émotions contradictoires. L'exquise ivresse d'avoir senti ces sons interdits glisser vers lui commençait déjà à s'évaporer, en proie à l'embarras et l'écœurement dont les vagues dévastatrices menaçaient de se déverser. L'instant se suspendit dans un supplice.

Et pourtant, mon impératif venait de signer ma délivrance. Le marimo se jeta sur mon membre que je sentis sombrer sous une incroyable chaleur humide. Son ardeur éclipsa rapidement ma gêne et je ne parvins pas à regretter d'avoir osé lui ordonner un tel acte. Mon bien-être était trop grand en ces instants de plaisir à l'état pur.

Alors que mon sexe se laissait frôler, enlacer, combler par sa langue et ses lèvres toutes à la fois, inconsciemment, mes doigts rejoignirent ses cheveux, s'y mêlèrent, effleurèrent sa joue et caressèrent son omoplate, s'ancrèrent dans son épaule et agrippèrent sa nuque. Pour me prouver que c'était vrai. Pour me prouver que c'était lui. Son contact faisait encore monter la température et j'osai, l'espace d'un instant, entrouvrir les yeux. L'image que j'aperçus se grava irrémédiablement dans ma mémoire.

Le marimo, mon membre entre les lèvres, avait levé les siens vers moi, passionnés. Je ne sais si le hasard avait voulu que nos regards se croisent en cet instant ou s'il ne me quittait pas des yeux, jouissant du spectacle que je lui offrais, sans pour autant négliger son délicieux traitement. Mais je me surpris à désirer qu'il se plaise à me regarder me cambrer à chacune de ses caresses buccales, gémir lorsqu'il accentuait délicieusement la pression sur ma verge, soupirer sous une plus délicate attention sur mon gland.

Dans ce fantasme dangereusement réaliste, il ne serait pas question de dominant ou de dominé. Il n'y aurait que celui qui prendrait du plaisir à en donner et celui qui donnerait du plaisir à en prendre. Et, l'espace d'une fraction de seconde, je caressai l'idée qu'un jour, peut-être, nous pourrions faire les deux à la fois.

Quoiqu'il en soit, je ne pus soutenir davantage son regard, comme submergé. Ma tête bascula en arrière et je m'abandonnai tout entier à lui…

« Zo… ro… je… »

Il savait et il ne s'arrêta pas.


« Grouille, Baka-Cook ! Sauf si tu veux que j'dise aux autres qu'yaura rien à bouffer c'soir ? »

Sa réplique me sortit brutalement de la douce torpeur dans laquelle j'avais lentement sombré après avoir joui dans sa gorge, dans une volupté insondable, dans un râle qui avait emporté mes mots et ma conscience. Alors, il avait attendu que ma passion s'apaise et il m'avait relâché.

À travers le brouillard de mes sens épuisés, une timide déglutition était parvenue à mes oreilles. Ces dernières avaient rougi lorsque j'avais vaguement saisi ce que cela signifiait. Puis, je l'avais senti s'éloigner et plus rien. Enfin, plus grand-chose. J'étais resté prisonnier d'une somnolence confortable. J'avais chaud, je ne pensais plus à rien, j'étais bien. Vraiment bien.

Mais la fameuse réplique avait coupé court à ma savoureuse indolence. Et je renouai avec la réalité : j'étais en retard. Ce mot n'avait pourtant pas l'habitude de faire partie de mon vocabulaire.

J'étais en retard sur mes préparations. Comment diable avais-je pu laisser une telle atrocité se produire ? Je répugnais à l'idée de faire attendre mes mellorines tout comme il m'était impossible de leur présenter un plat imparfait sous prétexte que j'étais pressé par le temps.

J'étais en retard sur mes préparations car j'avais fait des saloperies. Cela dépassait tout bonnement l'entendement. Même si mes jolies sirènes avaient des corps de rêves, je n'avais jamais sérieusement envisagé d'avoir ce genre de rapport avec l'une d'entre elles et encore moins à bord du Sunny, dans une salle de bain, au beau milieu de l'après-midi. Elles non plus d'ailleurs. Surtout elles, admettons.

J'étais en retard sur mes préparations car j'avais fait des saloperies avec le marimo. La réalité était parfois bien cruelle. Et le pire, c'est que j'avais aimé ça. J'envisageai un instant la pendaison avec le flexible de douche avant d'admettre que ce serait révéler aux yeux de tous ce qu'il venait de se produire. En même temps, si j'étais mort, cela importait peu mais je pouvais toujours me louper… et me rétamer sur le carrelage toujours aussi bien posé que tout à l'heure.

« Ou alors c'est moi qui fait la bouffe. »

La menace était réelle. Mort ou vif, je ne pouvais décemment pas le laisser commettre une telle atrocité. Je me résolus donc à mettre de côté l'évidence de nos derniers instants pour me rhabiller en vitesse, regagner rapidement la cuisine, me laver les mains précautionneusement et à trois reprises avant de sélectionner mes précieux ingrédients.

Je commençais à les découper lorsque le marimo me rejoignit. Focalisé sur la réalisation de mon plat, je lui avais négligemment désigné le pressoir à citrons vers lequel il se dirigea en maugréant. Je n'avais pas besoin de jus mais il ne savait rien faire d'autre et ça finirait bien par me servir…

Alors que je reportais mon attention sur ma propre tâche, une aura de sombre concentration envahit la pièce.

« Ittoyru… »

Je lâchai précipitamment ma courgette pour tenter d'éviter un massacre mais il était déjà trop tard.

« …Iai Shishi Sonson ! »

Je devais admettre qu'il avait séparé le citron en deux moitiés parfaites… Tout aussi efficacement que la planche à découper, bonne à jeter, et laissant une admirable entaille sur le plan de travail. Je fulminai et résistai admirablement à la tentation de lui foutre un coup de pied au cul pour qu'il quitte les lieux au plus vite, évitant par là même des complications avec le reste de l'équipage. Je me contentai de lui grogner mon exaspération, achevant rapidement de débiter mes légumes.

« Bordel, marimo ! Tu peux pas couper un citron normalement ? T'es en train de défoncer la cuisine !

- Tes lames sont merdiques, se défendit-il, faut bien que je compense en technique ! »

Exaspéré, je soupirai profondément, démarrant la cuisson de mon plat, sans parvenir à m'empêcher de répliquer.

« Tu as dans les mains un couteau de cuisine, ça n'a rien à voir avec tes cure-dents ! T'y connais vraiment rien en technique, baka…

- C'est pas c'que t'avais l'air de penser tout à l'heure, Love-Cook… »

Mon geste se suspendit. Son ton s'était fait moqueur et je compris enfin pourquoi il ne s'était pas énervé aussi violemment que d'habitude alors que lui n'avait pas de raison apparente de se retenir : il venait de trouver un nouveau terrain de jeu pour me faire enrager, un terrain de jeu où je n'étais pas capable de le suivre. Pas encore, en tous cas.

En effet, alors que je voulus accueillir sa remarque dignement, les rougeurs qui m'avaient quitté, réapparurent sans crier gare et un léger tremblement agita mes mains. J'étais incapable de répliquer.

Alors, je refusai de remarquer ce demi-sourire victorieux qui s'afficha sur ses lèvres et nous continuâmes nos activités dans un silence religieux… Naïvement, j'avais pensé qu'il ne tirerait pas avantage de la situation. Il me restait une chose à faire : éviter à tout prix que ce genre de répliques s'étende à un tout autre public.


Je tirai nerveusement sur ma cigarette. Finalement, il ne s'était rien passé au cours du repas et nous nous étions même payé le luxe de quelques-uns de nos bons vieux différents. Après tout, qui aurait pu se douter de quoi que ce soit et pourquoi se serait-il amusé à sous-entendre des faits qui auraient pu le desservir, lui aussi ? La tension qui m'avait tiraillé commençait enfin à me quitter. Cependant, de nouvelles réjouissances m'attendaient.

Oui, le moment était venu - malvenu mais venu tout de même -, celui de mettre au clair, avec moi-même, ce qu'il s'était produit dans l'après-midi. L'espace d'un instant, je me surpris à savourer les souvenirs enfiévrés de ce moment hors-normes et je me repris bien vite. Mon but n'était pas de fantasmer, je comptais bien faire la part des choses.

Alors oui, j'avais joui. Deux fois. Et le marimo aussi. Une fois. Cet abruti avait l'air de trouver ça tout à fait normal donc la situation ne devait pas être si rarissime entre deux hommes. Peut-être même que cet enfoiré avait l'habitude d'échanger ce genre de services et que je n'étais pas le premier à bord à profiter d'un tel échange.

Cette pensée me noua étrangement le ventre… le dégoût, sans doute, d'imaginer le marimo partager un moment intime avec notre capitaine ou tout autre mâle de l'équipage. Cela me rassura, un peu.

En revanche, ce qui ne me rassurait pas du tout, c'était un tout autre aspect de la question : j'avais aimé, et encore, le mot me parut bien faible pour décrire ces vagues passionnées qui m'avaient bousculé.

Et ce n'était pas seulement le plaisir brut que j'avais aimé. J'avais aimé que ce soit le marimo que me le procure. J'avais été incapable d'imaginer une autre personne à sa place et, quelque part, je n'avais même pas essayé. Pire encore : dans mes délires lubriques, j'avais espéré bien plus que ce que nous avions fait.

À froid, les envies qui m'avaient effleuré me révulsèrent. Cela me rassura encore. Après tout, si ces fantasmes passagers me laissaient de marbre, c'est qu'ils n'étaient pas si graves et que je devais dédramatiser.

Et puis c'était arrivé une fois, juste une ridicule petite fois. Ça me faisait même une expérience supplémentaire, s'il fallait vraiment être optimiste. Maintenant, j'avais simplement à oublier l'incident. Le marimo le ferait aussi, si ce n'était pas déjà le cas.

Et pour cela, je devais calmer cette putain d'envie qui m'avait repris. La pensée de faire ça là, immédiatement, accoudé au bastingage, prenant le risque délicieux de me satisfaire à l'air libre au gré des allées et venues de mes nakamas, me traversa l'esprit.

J'écarquillai les yeux. Jamais il ne me serait venu à l'idée de me soulager ainsi auparavant. Il était décidément urgent que j'oublie cet épisode et, pour ce soir, ma décision était prise, je ne tenterais rien. J'avais bien trop peur de me replonger dans mes rêveries masculines. Les conneries, c'était terminé pour aujourd'hui.


Le lendemain, je me réveillai des rêves plein la tête. Pas les bons. Ils l'avaient étés, bons, pourtant. En témoignait une érection tout à fait respectable. Mais ils étaient en parfaite inadéquation avec mes choix de la veille. La nuit porte conseil, dit-on. Et bien, je m'en serais bien passé, de ces conseils-là. Surtout lorsque je m'étais lavé… Nu, évidement, sur les lieux du crime…

« …ji ! »

Je sursautai et repris rapidement contenance. Après tout, aujourd'hui, j'étais en délicieuse compagnie. Je devais profiter intensément de ce bonheur évident.

« Oui ma Nami-swaaaaaan ? répondis-je mielleusement.

- C'est un peu tard pour tes manies. C'est la troisième fois que je t'appelle !

- Toutes mes excuses, Nami-chérie, j'étais absorbé par mes réflexions ! Je cherchais comment te faire passer la plus agréable de tes journées à mes côtés !

- En répondant, ce serait déjà pas mal. Bon, je fais quoi ?

- Rien du tout ! Comment pourrais-je te laisser trimer d'une quelconque manière ? Alors installe-toi, à ton aise, et patiente encore quelques instants, le petit déjeuner est bientôt servi.

- Si c'est vraiment ce que tu veux ! »

Et quelques instants plus tard, la table accueillit un à un les membres de l'équipage : Luffy arriva en hurlant, comme à son habitude, talonné par Chopper et Brook. Usopp rejoignit la troupe en compagnie de Francky, plongés dans une discussion hautement technique. Robin attendit tranquillement que tout ce monde s'installe pour passer la porte à son tour. Et le dernier se fit attendre, encore une fois, mais finit par ramener son gazon sous mes insultes matinales. Elles avaient d'ailleurs été plus violentes qu'à l'accoutumée. Peut-être parce que nos regards s'étaient croisés, me rappelant, fébrile, nos folies de la veille.

J'avais d'ailleurs eu bien du mal à le quitter des yeux par la suite et je fus soulagé de voir la pièce se vider peu à peu. Ma précieuse Nami, en dernière, me proposa à nouveau son aide mais je déclinai. Ravie, elle ne tarda pas à s'éclipser discrètement pour rapporter son matériel de cartographie. Après tout, elle s'était engagée auprès de son capitaine à passer la journée dans la cuisine, elle devait s'y tenir. Bientôt, seul le bruissement du papier régna alors que je peaufinais tranquillement une recette, heureux de pouvoir goûter à nouveau à ce plaisir solitaire.

Il me manquait un ingrédient. Il me fallait quelque chose de simple, qui saurait faire ressortir le bouquet de saveurs que j'avais déjà réalisé. Songeur, mon regard balaya les épices que j'avais à disposition. Rien ne me convenait. Alors, il erra tranquillement d'un placard à l'autre, dans mes réserves, un peu partout à la recherche d'une idée. Et il finit par se poser sur le pressoir. C'est ça qu'il me fallait. Du jus de citron.

Oui, un simple jus de citron, ce serait parfait...

Et tout me revint brusquement en mémoire : notre premier contact, mes envies grandissantes et mon effarement. Ses avances, ses caresses. Mes réticences et mon ivresse. Sa violence et ma défaite. Nos jouissances, mon allégresse. Tout. Et je n'eus bientôt plus qu'une envie en tête : recommencer.