Allez, c'est parti pour le troisième chapitre ! Bonne lecture !
Le temps me parut interminable jusqu'au déjeuner, et ce, malgré l'agréable présence de ma douce Nami-swan qui traçait adorablement ses cartes avec une précision et un soin émérites… Même si, à dire vrai, je n'avais pas réellement réussi à y prêter attention.
Au cours du repas, sans pouvoir m'en empêcher, je dévisageai longuement le marimo, cherchant inlassablement ce qu'il pouvait bien penser lui-même. Avait-il oublié nos petits jeux de la veille ? Ou nos plaisirs indécents repassaient-ils en boucle dans sa tête ? Pour lui, était-ce une expérience comme une autre, sans lendemain ? Ou envisageait-il également de recommencer ? Nos yeux s'étaient croisés à quelques reprises mais les siens restaient désespérément indéchiffrables.
Plusieurs fois, il avait amorcé nos disputes puériles, sans doute pour détourner l'attention de l'équipage loin de mes regards insistants. Les réflexes reprenaient alors rapidement le dessus mais un avertissement, un coup de poing ou autre achevait bien vite nos querelles et mes pensées en revenaient encore et toujours au même point : qu'allait-il se passer ensuite ?
Notre première fois avait été le fruit du hasard, enfin il me semble, et un hasard arrangeant, effaçant les gênes, évitant les demandes, un excellent prétexte en somme. Concrètement, nous n'avions maintenant plus ce prétexte et je me voyais très mal proposer une petite séance de détente dénudée au marimo sur le ton de la conversation… Lui avouer que j'en crevais d'envie ne faisait pas non plus partie de mes plans.
J'en étais là de mes réflexions quand je déposai la dernière assiette, propre et sèche, dans son placard. Me recomposant un visage radieux, je me tournai vers mon obligée du jour et lui dévoilai que mon travail était, pour le moment, terminé, qu'elle pouvait donc se retirer en des lieux plus adéquats pour ses délicieuses occupations et enfin que, si elle le désirait, je passerais la chercher lorsque je reprendrais mes tâches quotidiennes. Elle s'éclipsa donc rapidement, me laissant seul avec mes pensées et je décidai de les laisser seules elles aussi, quittant ma cuisine pour prendre un peu l'air.
Sans réfléchir, je me rendis de la cuisine à notre magnifique pelouse que je sillonnai de long en large, puis de la pelouse au gouvernail autour duquel je fis les cent pas, et du gouvernail à notre cabine où je rangeai, un temps, le chaos ambiant. Peu m'importait du moment que je ne finissais pas dans la salle de bain, sans ce putain de prétexte dont j'avais tant besoin.
De la cabine, je me dirigeai vers le bar contemplant les poissons sans vraiment les voir, du bar je rejoignis la bibliothèque où je me perdis dans les rayonnages, de la bibliothèque je pénétrai dans la salle de bain où je… où je… Merde.
Qu'est-ce que je fichais là ? Cette question était stupide, je savais pertinemment ce qui m'avait amené ici, mais je n'avais pu l'empêcher de me traverser la tête car mes pas m'avait guidé jusqu'ici sans que j'en ai réellement conscience. Décidément, ces pensées dont je cherchais à me défaire, le temps de rencontrer une nouvelle opportunité, n'étaient d'aucune patience…
Fatigué de toutes ces complications, je me laissai choir là où, la veille, j'avais pris tant de plaisir, me replongeant presque douloureusement dans ces souvenirs qui me paraissaient déjà irréels. Alors que mes mains furent dangereusement tentées de m'aider davantage à fouiller ma mémoire, je me relevai brusquement, quittai la pièce en claquant la porte et appuyai mes deux mains sur le rebord du lavabo d'à côté.
Comment étais-je ainsi devenu esclave de mes désirs ? Hésitant, je levai doucement les yeux vers le miroir qui me renvoya une image que je ne reconnaissais pas. L'homme que j'aperçus était complètement déboussolé, tiraillé, prisonnier par la perversité. Où était passée cette volonté inébranlable qui brillait habituellement dans mes yeux ? La lueur de ma détermination s'était éclipsée derrière une concupiscence coupable. Cet homme n'était qu'un pâle reflet, dévoyé et misérable.
Qu'avais-je espéré en venant ici ? Que le marimo se pointe et qu'on recommence ensemble nos bêtises ? Qu'on aille même plus loin ? Je frissonnai à l'idée que cela m'avait bien plus qu'effleuré et je baissai mon regard, ne supportant plus le spectacle de ces yeux indécis. Je me sentais sale, immonde.
Alors, j'aspergeai mon visage d'eau, me lavant de mes pulsions devenues maîtresses, de cette crasse immatérielle qui me collait à la peau. Peu à peu, la fraîcheur calma mes désirs répugnants, faisant resurgir à sa place une profonde honte. J'eus soudainement envie de vomir et je contemplai, le ventre noué, méprisable, la vasque d'un blanc pur, bien trop pur.
« Je vois que tu n'aimes pas conserver une dette trop longtemps… »
Le marimo s'était glissé discrètement dans mon dos et avait murmuré ces quelques mots. Sa voix assurée ne laissant en rien supposer une quelconque surprise de me retrouver là, offrant même un alibi, aussi stupide soit-il, à ma présence.
Mon cœur fit un bond, accentuant mon écœurement, pendant que le reste de mon corps se crispait quand je sentis son torse chaud s'appuyer contre moi. Nullement heurté par mon silence, il empoigna mon épaule d'une main et redressa mon dos voûté pour souffler une terrible exigence à mon oreille :
« Suce-moi la bite. »
Ses mots me pétrifièrent et je réprimai une violente nausée. Voilà ce que j'avais cherché. Ma réaction ne sembla pas l'émouvoir, au contraire, c'est passablement amusé qu'il reprit, la voix basse :
« Quoi ? T'es choqué ? Je répète seulement c'que t'as dit hier… Tu t'en rappelles, pas vrai ? »
Je m'en rappelais bien assez et il le savait pertinemment. Il se réjouissait simplement de remuer ses sabres dans ma plaie. Malgré tout, je parvins à articuler péniblement une réponse.
« Mais j'étais excité… »
Elle était visiblement peu convaincante car le marimo répliqua dans la seconde, s'emparant de ma hanche d'une main puissante et plaquant son bassin contre moi.
« Si c'est qu'ça, je l'suis aussi. »
Son geste brutal m'avait rendu le témoin privilégié de sa dangereuse érection. Ma respiration se coupa alors que des vagues d'excitation s'écrasaient contre les barrières de ma révulsion. Raffermissant son emprise et imprimant de légers coups de bassin dans le bas (trop bas) de mon dos, il poursuivit son petit discours.
« Me dis pas que t'en as pas envie. T'as passé ton temps à m'regarder ce midi… T'as pensé qu'à ça depuis hier… Qu'est-ce que tu ferais ici, sinon ? Lève la tête et regarde-toi. Ose me dire que j'me plante. »
Son autre main s'était saisie de mon menton, me forçant à le lever vers le miroir. Mes yeux croisèrent alors les siens, terriblement excités et excitants, puis les miens, abîmés dans l'inconstance. Cette dernière provoqua un sursaut de ma conscience, me faisant prononcer à regret ces quelques mots :
« J'ai pas envie… »
Ma réplique sembla le déstabiliser et il s'immobilisa un instant, lâchant posément, presque insensible :
« Alors casse-toi. »
Cependant, si sa voix m'intimait de partir, ses doigts brûlants se frayèrent un chemin sous ma chemise, caressant ma peau glacée. Je frissonnai. De plaisir et d'amertume.
« Casse-toi, j't'ai dit. »
Provocants, ses doigts glissèrent sur mon entrejambe bien trop couverte. Je gémis et il se moqua gentiment :
« Quelle détermination… Allez, viens… »
Et il m'attira dans la salle de bain. Je succombai.
Tenant doucement ma main, il me fit asseoir au même endroit. Il avait peut-être conscience que le rebord froid avait quelque chose de rassurant, comme une promesse d'atteindre les mêmes plaisirs que la veille, et ce n'était pas vain car j'avais beau m'affirmer le contraire, j'avais peur. Une peur irrationnelle, insensée, illogique mais une peur malgré tout.
« Ça va aller, t'inquiètes pas… »
Mes doigts s'étaient resserrés autour des siens quand ils avaient essayé de se retirer, lui soutirant cette attention. Cependant, cela ne l'empêcha pas de poursuivre ses gestes, debout devant moi.
Sans un mot de plus, ses mains regagnèrent ses vêtements et il s'empressa de libérer un passage à son membre impatient. À sa vue, je réalisai réellement ce que nous nous apprêtions à faire. Je me sentis brusquement incapable de lui offrir ce qu'il désirait. Si je me sentais prêt à le toucher de nouveau, l'idée même de faire davantage me glaçait le sang.
« Heu… Zoro… »
Il souleva un sourcil interrogateur. J'avais détourné la tête, le rouge aux joues.
« J'arriverai pas à…
- Mais si. »
Il avait affirmé sa réplique, m'adressant un demi-sourire narquois. Ma peur se mua en panique, il n'allait quand même pas me forcer…
« On va y aller doucement… »
Je le dévisageai, incrédule. « Y aller doucement » ne changeait en rien mon incapacité. Il me resterait impossible d'avoir ça dans la bouche, maintenant comme dans cinq minutes, comme demain, comme… Alors que j'allais protester, un doigt franchit mes lèvres, étouffant mes mots. En grimaçant, il s'empressa de poursuivre :
« Un doigt, rien qu'un doigt, tu dois être capable de m'le sucer correctement, non ? Donc, si tu pouvais desserrer les dents… »
Instinctivement, j'obéis, libérant de ma morsure irréfléchie son index qu'il ne retira pas pour autant. On devait avoir l'air bien cons comme ça mais le marimo ne semblait pas vouloir bouger tant que je ne m'y serais pas collé. C'est donc lentement que je consentis à glisser maladroitement ma langue sous l'importun.
« Oui, vas-y, montre-moi de quoi tu es capable… »
Encourager de telles incongruités, c'était ridicule, aberrant même, et pourtant je me laissai doucement prendre au jeu. Fermant les yeux, je confiai à cette langue le soin de découvrir chaque phalange, contourner son ongle, presser délicatement son doigt contre mon palais.
Alors que je bravai ses interdits, mordillant malicieusement l'intrus, le marimo le retira doucement avant de l'enfoncer à nouveau entre mes lèvres. Appuyant mes mains sur son bassin, je pris rapidement le relais sur le léger va-et-vient qu'il m'imposait et ce mouvement éveilla en moi une douce chaleur. Cette excitation grandissait délicieusement, éclipsant mes doutes et mes craintes. À peine si le contact que je ressentis le long de ma joue me dérangea. Pourtant, il m'était impossible d'ignorer l'identité de cette présence ferme qui avait caressé ma peau. Bien au contraire, l'effleurement m'avait arraché un frémissement. Je ne sais comment il l'interpréta, moi, je savais que c'était de la convoitise.
« C'est bien… Mais tu as envie de plus… »
Un autre doigt rejoignit le premier et je m'empressai de le recouvrir de salive, jouant de ma langue autour de son index, autour de son majeur, entre les deux, dessus, dessous. Je ne comprenais pas pourquoi mais je prenais un malin plaisir à les traiter ainsi. Brutalement, je les empalai dans ma gorge avant de reprendre ce va-et-vient enivrant que je commençais à accompagner de tout mon corps, ressentant toujours plus fortement la puissante morsure du désir.
« Voilà… Continue, Sanji, continue… »
Ses doigts se retirèrent et j'attendis, la bouche entrouverte, qu'ils me les rendent, encore un peu plus nombreux. Cependant, ce qui se posa doucement contre mes lèvres n'y ressemblait en rien. Cette peau chaude et lisse qui, quelques instants plutôt, m'avait tant répugné, attendait sagement contre mes lèvres le droit de pénétrer.
J'avais son sexe appuyé contre ma bouche, à une distance infime de ma langue, et cette évidence se refusait d'atteindre ma conscience, retenue par une gourmandise inconnue qui s'empara de moi. Si je sentais déjà son membre contre moi, j'avais l'envie irrésistible de venir le lécher, le goûter, tout doucement, du bout de la langue. Je salivai. Et sans réfléchir, j'avais déjà franchi la distance.
Je sentis alors ses mains rejoindre ma nuque et, lentement, il força l'entrée de ma bouche. Centimètre par centimètre, je sentis son sexe glisser entre mes lèvres pour pénétrer toujours plus loin, caressant ma langue, visant dangereusement ma gorge. Je ne résistai pas. Car c'était bon.
Il gémit doucement et je ne pus m'empêcher de jeter un coup d'œil à la source de ce son délicieusement indécent. Son regard était posé sur moi, comme avalant tout sur son passage. Je ne pus m'empêcher de réaliser, l'espace d'un instant, ce qu'il se passait et je sentis un flot de panique se mouvoir en moi, loin sous mes pulsions, mais dangereusement agité par cette domination illusoire que Zoro avait sur moi. Rassurant, il m'aida à replonger dans mes envies autrement plus agressives :
« Vas-y. »
Il n'en fallut pas plus. Je reculai doucement, sentant la peau interdite de son membre caresser mes lèvres, avant de plonger à nouveau sur lui. À chaque aller-retour, je découvrais une nouvelle sensation, de ma langue jouant sur sa verge à ma salive la lubrifiant délicieusement. De temps en temps, la curiosité m'emportait et je libérai mon prisonnier pour partir à la recherche de plaisirs différents, sillonnant de ma langue avide. Il frémissait alors sous mes attentions avant de soupirer de bien-être lorsque je le reprenais en bouche.
Puis son souffle saccadé ne me suffit plus, mes envies se firent pressantes et mon va-et-vient s'accéléra, attisant son désir, encourageant ses gémissements. Je voulais l'entendre, je voulais le sentir, je voulais qu'il prenne un plaisir jamais rencontré jusqu'alors. L'ambition était peut-être trop grande mais ce genre de pensées ne m'atteignait plus depuis longtemps.
Sous la tenue et la vitesse de l'effort, je sentis mes muscles se crisper mais je n'arrivai pas à ralentir. À chaque pénétration, je le sentais plus profondément en moi, lui arrachant de délicieux soubresauts m'encourageant à aller toujours plus loin.
Trop loin. Soudainement, mon estomac se contracta et je me reculai brutalement, évitant la violente nausée qui m'avait saisi, complètement différente de celle qui m'avait tenu au corps quelques instants plus tôt. Celle-ci était mécanique. Je n'avais pas l'habitude, c'était ma première fois en matière de fellation. Et mon corps m'avait rappelé à l'ordre.
Tout aussi mécaniquement, ma main avait pris le relais et, les yeux mi-clos, perdu dans un plaisir que j'avais connu la veille, Zoro n'avait, semblait-il, rien remarquer de l'incident. Alors, bien plus conscient de mes gestes, mes lèvres s'approchèrent à nouveau de son membre, plus douces, et je me mis à guetter ses réactions, devinant ce qui le faisait totalement chavirer.
Pourtant, rapidement, l'avidité se rappela à nouveau à moi et je suçai, comme assoiffé, pendant que mes doigts à l'autre bout de la verge, le branlait, experts. Ses soupirs se muèrent en véritables gémissements. Il parlait, aussi, mais sans que je n'en saisisse le sens. Alors qu'il approchait dangereusement de la jouissance, ses mains tentèrent faiblement de me repousser, je les ignorai, trop pressé de l'emmener jusqu'au bout et il vint.
Il vint. Dans ma bouche. Je sentis une substance amère s'y répandre lentement et j'écarquillai les yeux de surprise, m'immobilisant.
« Alors, le mien a quel goût ? »
Je le fusillai du regard.
« Ah nan ! J'ai tout fait pour t'éviter ça, t'as rien voulu savoir alors maintenant, t'assumes ! »
Brutalement, ses paroles et son léger rejet me revinrent en mémoire. Trop emporté, je n'avais pas réalisé que fatalement s'il devait jouir… Enfin bref, je savais pourtant depuis bien longtemps le fonctionnement de l'homme, comment avais-je pu oublier, même un court instant, l'évidence même ?
Alors que je m'apprêtai à le relâcher pour pouvoir recracher sa semence, je sentis une de ses mains, beaucoup plus forte qu'à l'instant, m'empêcher de me retirer complètement. Je levai un sourcil, sans comprendre.
« J'ai dit… Maintenant, tu assumes. »
Volontairement, il m'avait laissé m'éloigner suffisamment pour que je puisse déglutir sans pour autant me libérer. Ahurissement, colère et fatigue bataillèrent en moi et je lui livrai tout ça en vrac, d'un seul regard. De son côté, il me renvoya une furieuse passion qui balaya mes doutes et j'avalai sans réfléchir. Après tout, je n'étais plus à ça près…
« Alors, t'as aimé ? Non, pas le sperme, s'était-il empressé d'ajouter devant mon regard dépité, mais notre petit moment… »
Il avait lancé ça sur le ton de la conversation, me retenant toujours. Comme si je pouvais lui répondre avec son membre coincé dans la bouche. Comme si j'allais lui dire de toute façon que, oui, j'avais pris mon pied, aussi surprenant soit-il. Je sentis le rouge me monter légèrement aux joues et il prit ça pour un consentement.
« Prouve-le. »
Bien que la situation ne paraisse pas appropriée, je parvins, malgré tout à sursauter. Non mais qu'est-ce qu'il fabriquait ? D'une, je ne pouvais pas lui faire un long discours, de deux, mon attitude pendant l'acte avait clairement reflété mon avis sur la question. Je n'avais pas meilleure preuve à lui soumettre…
Décidément, il avait parfois un cheminement de pensées complètement obscur et j'espérais que son petit jeu s'arrêterait vite : je commençai à ressentir l'inconfort d'une position trop longtemps maintenue et son membre, forçant ma bouche à rester ouverte, me faisait de plus en plus saliver. Malheureusement, il interpréta mon regard perdu comme une demande à laquelle il s'empressa de répondre.
« Finis-toi. »
Je me figeai.
« Et il vaudrait mieux que tu fasses ça vite car sentir ta langue s'agiter ne me laissera pas de marbre très longtemps… »
Voilà pour ce chapitre ! Un grand merci à tou(te)s pour votre soutien et plus particulièrement à "la voix de la raison" ;) !
