Disclamer : L'univers de Harry Potter ne m'appartient pas. I do not own Harry Potter – I'm just playing with the characters.

Rating : M, voir M+. Contenu explicite.


Vision

BONUS

« Je n'ai pas peur du noir.

- Mais si ! Tu me prends pour qui exactement ? Un Weasley ? Tu ne supportes pas le silence une fois la nuit tombée, si ça, ce n'est pas avoir peur du noir, qu'est-ce que c'est ?

- C'est juste… ne pas aimer le silence ? », tenta Harry sans détourner son attention de ce qu'il avait entre les mains. Ils étaient assis dans le jardin de leur propriété au sud de la France : une grande maison en pierre datant du siècle dernier, entourée d'un immense jardin aux plantes variées et sans aucun vis-à-vis, leur offrant une intimité plus qu'appréciée. On était le 19 Juin. Harry avait 25 ans.

Draco Malfoy lui jeta un regard entendu, entre menace et agacement.

« Ça n'existe pas, ça, comme peur.

- Ce n'est pas une peur, c'est… quelque chose que je n'aime pas, c'est tout. De toute façon je ne vois pas pourquoi tu m'enquiquines avec ça : tu es une vraie pipelette. Pas le temps d'avoir du silence que tu le combles immédiatement…

- C'est un reproche ? », grogna Draco.

Harry releva enfin les yeux de son scoubidou aux couleurs de l'arc-en-ciel pour les poser sur Draco. Il avait une expression amusée, presque moqueuse sur le visage alors qu'il dévisageait le jeune homme blond.

« Tu sais que j'adore quand tu fais ça ? », dit doucement Harry.

« Quand je fais quoi ?

- Quand tu fais le grognon… Quand tu crois encore que tes remarques acerbes m'atteignent. Ah Draco, si tu savais comme tu es plus mignon qu'autre chose quand tu râles ! »

Les sourcils levés et les lèvres entrouvertes, Draco semblait outré, et son expression idiote ne fit qu'accentuer l'amusement de Harry.

« Mignon… » Harry déposa son scoubidou sur la table en fer forgé. « Adorable… » Harry se leva souplement, trottinant quelques pas pour se rapprocher de la chaise sur laquelle Draco était installé. « Trognon… » Harry posa ses mains sur ses épaules. « A tomber par terre… » Harry l'enjamba, s'assaillant sur ses cuisses. « Adorable…

- Tu l'as déjà dit » ne put s'empêcher de répliquer Draco alors que ses pupilles se dilataient lentement, rendant son regard hypnotique.

Pour le faire taire, presque vexé qu'il ait parlé, Harry fit un mouvement brusque du bassin, rapprochant ses hanches de celles de son amant. Draco retint un soupir en enroulant ses bras autour de la taille de Harry, posant son front contre sa clavicule.

« Refais-ça » murmura-t-il en fermant les yeux.

Harry ne retint pas son sourire satisfait et réitéra son mouvement. Encore et encore et encore, enflammant leurs sens, resserrant ses cuisses autour des hanches de son petit-ami. Draco se redressa enfin, plongea ses yeux dans les siens. Leur regard était fiévreux, leur souffle erratique, leurs paumes moites. Harry agrippa ses cheveux blonds et se pencha vers son visage pour l'embrasser rapidement avant de faire glisser ses lèvres le long de la mâchoire de Draco, glissant un baiser près de son oreille. Draco soupira contre la nuque de Harry :

« Si tu t'arrêtes maintenant je te jure que je t'étrangle. »

Harry retint un rire, glissant un nouveau baiser sous son oreille, accentuant la friction de leur bas ventre. Il sentait clairement l'érection chaude de Draco frotter contre la sienne à travers leurs vêtements fins.

« Harry… »

Le brun se détacha rapidement de lui, bondissant en arrière. Il avait les cheveux en pagaille, les joues rougies, les lèvres humides et une bosse conséquente au niveau de l'entre jambe. Draco le fusilla du regard. Harry sourit malicieusement, faisant un pas de côté, marchant vers la maison sans tourner le dos à Draco. Le blond le suivait des yeux, attendant il ne savait quelle invitation pour se lever et le suivre. Soudain, Harry s'immobilisa, le dos appuyé contre la porte en bois. Il retira rapidement son t-shirt bleu ciel et le jeta aux pieds de Draco qui ne baissa même pas les yeux vers le vêtement, trop occupé à affronter le regard vert plein de défis de son amant. Harry s'alanguit contre la porte, affichant au soleil sa peau dorée, creusant le dos, rejetant sa tête en arrière. Une de ses mains vient se placer sur son cou, l'autre plaquée contre le bois ferme de la porte. Lentement, insupportablement lentement, il fit descendre sa main sur son torse. Les doigts glissèrent le long de sa nuque offerte, son index glissant sur sa gorge alors qu'il présentait sa paume à Draco, puis il suivit le tracé d'une clavicule apparente et sa main se reposa à plat contre sa peau, recouvrant un pectoral, ses doigts effleurant un téton brun… Harry se mordit les lèvres et commença à onduler du bassin. Sa main reprit sa descente, conquérante, glissant sur ses abdos contractés alors que le mouvement de ses hanches se faisait plus prononcé mais toujours aussi langoureux. Harry ferma brusquement les yeux, un soupire franchissant ses lèvres entrouvertes.

Draco serra les dents, s'empêchant de se jeter sur lui : il voulait que le spectacle continue, Harry était en train de mettre le feu à ses sens, à sa raison et à toute forme de retenue.

« Ah… »

Harry poussa un soupire plus profond, plus audible, alors que son pouce caressait son nombril. Sa main appuyée contre la porte en bois se crispa, ses ongles griffant la matière brune presque noire. Ses doigts continuèrent leur exploration, effleurant un instant ses hanches saillantes avant de revenir vers son ventre plat où une ligne de poils noir dessinait un chemin de paradis depuis son nombril vers son pubis, caché sous ses vêtements. Le mouvement semblait ralenti au possible alors que Harry faisait s'hérisser ses poils sous le passage de ses doigts, sa peau se couvrant de chair de poule. Ses doigts se frayèrent un chemin sous l'élastique de son caleçon qui dépassait de son ample bermuda vert foncé, sa main disparaissant sous le tissu tendu. Harry rejeta brusquement la tête en arrière, se cognant contre la porte. Aussitôt, son autre main s'agrippa à ses cheveux noirs, l'obligeant à maintenir sa tête en arrière, sa gorge offerte, la peau de son cou tendue, prête à recevoir les baisers brûlant de Draco. Les hanches de Harry reprirent leur mouvement lent – Draco n'avait même pas remarqué qu'elles s'étaient figées lorsque Harry avait empoigné son sexe. Draco voulait se lever. Il crevait d'envie de se lever et de rejoindre Harry, de le plaquer contre cette porte, de le prendre contre cette porte. Mais il attendait que Harry le lui dise, il attendait que Harry le demande. Parce que Harry avait toujours eu cette emprise puissante sur son corps et son esprit – et ça les rendait fou, tous les deux.

Les lèvres de Harry s'agitaient, prononçant des mots incompréhensibles – alors que sa main en fourreau autour de son sexe bougeait doucement.

Draco attendait, il attendait, envouté par ce spectacle hypnotisant et terriblement excitant. Il avait délaissé son érection qui pourtant demandait toute son attention, chaude et pulsante contre son bas ventre.

Harry écarta un peu plus les jambes alors que sa main s'enfonçait plus loin sous ses vêtements. Draco se mordit violemment les lèvres, fermant les paupières en s'imaginant son amant glisser ses doigts dans son intimité.

« Ah ! »

Draco maintenait ses paupières closent. Il renversa sa tête en arrière, contre le dossier de sa chaise en fer forgé alors qu'il entendant les soupirs profonds et hachés de Harry.

« Harry… », soupira Draco, pleurant presque son nom alors qu'il sentait qu'il allait craquer. Il fallait qu'il le rejoigne, maintenant, où il allait perdre l'esprit.

« Draco. »

Draco se leva brusquement, s'approchant à grand pas de son amant. Il plaqua sa bouche contre la sienne et poussa Harry contre la porte, fondant son corps au sien. Harry retira rapidement sa main de son caleçon. Il attrapa le t-shirt blanc de Draco. Ils se séparèrent quelques secondes et le t-shirt tomba silencieusement au sol. Leurs gémissements se perdaient entre les lèvres de l'autre, leurs langues se caressant furieusement. Leurs gestes désordonnés, à peine maitrisés, trahissaient leur empressement et contrastaient violemment avec la douceur des gestes de Harry quelques minutes plus tôt.

Draco étouffa un grognement appréciateur lorsque leur peau nue se rencontra. Il fléchit les genoux, agrippant les cuisses de Harry de sa poigne ferme et se redressa, plaquant le dos de Harry contre la porte alors qu'il nouait ses jambes autour de sa taille. C'était dans ces moments là que Draco louangeait le poids plume de son amant. La sueur perlait sur leur peau et leur corps quémandeur n'eut pas le temps de trembler d'impatience : Draco mordit violemment l'épaule de Harry alors qu'il se retenait de toutes ses forces pour le pénétrer doucement. Le cri de Harry se perdit, avalé entre les frémissements de leur corps.


Il se réveilla en sursaut, des sanglots troublant le silence impérieux de la nuit. La chambre était plongée dans la pénombre mais il se leva sans allumer la lumière et se dirigea vers la porte fenêtre, ouverte, et tomba à genoux sur le sol du balcon pour prendre le corps frais de Harry dans ses bras. Le clair de lune éclairait le jardin d'une lueur fantomatique et rendait les bosquets et les arbustes presque effrayants : comme si les morts de tout un cimetière avait décidés de se relever. Comment un endroit aussi beau en plein jour pouvait être si terrifiant une fois la nuit tombée ?

Un nouveau sanglot. Draco resserra ses bras autour des épaules de Harry qui s'accrochait à lui avec désespoir. Ça n'arrivait pas si souvent, mais c'était douloureux de le voir ainsi.

« Mes parents sont morts » murmura Harry entre ses pleurs.

« Oui » répondit simplement Draco, le regard perdu vers le jardin fantomatique. La première fois que cela était arrivé, ils venaient de fêter leur un an de vie commune – une idée de Harry qui avait pourtant choisit une date étrange puisqu'elle ne représentait pas leur un an mais leurs dix mois de vie commune, mais Draco ne s'en était rendu compte que plus tard. Ils avaient donc passé une journée magnifique, avaient fait l'amour le soir, puis s'étaient endormis l'un contre l'autre. Mais en plein milieu de la nuit, Harry avait éclaté en sanglot, il s'était mis à hurler qu'on lui avait menti, il s'était écrié qu'il les détestait. Draco n'avait pas compris et il avait fallu attendre le lendemain pour que Harry lui explique ce qu'il s'était passé : un rêve où il voyait une tombe portant le nom de ses parents. Un souvenir. Draco avait alors compris que, dans son petit monde idyllique, Hermione n'avait jamais dit à Harry que ses parents étaient décédés, elle ne lui avait jamais parlé de sa famille. Draco s'était alors renseigné comme il avait pu sur la famille Potter et avait essayé de répondre aux questions de Harry, mais la mémoire du jeune homme était toujours scellée. Seuls ces rêves lui faisaient voir la vérité, et cela arrivait lorsque rien ne semblait pouvoir entacher leur vie heureuse, comme si le bonheur ressentit pendant une journée pouvait suffire à Harry pour affronter ses démons et cauchemars nocturnes.

Draco posa son menton sur le sommet de la tête de son amant dont les sanglots s'étaient lentement taris. La vie était injuste avec Harry. Son amnésie – quoique demeurant inexpliquée – lui avait en quelques sortes offerte une porte de sortie : le droit de tout reprendre à zéro. Mais ses souvenirs n'étaient pas perdus, ils étaient enfouis quelque part dans sa tête et lorsqu'il rêvait, rien ne pouvait les empêcher de surgir.

« Mes parents sont morts » répéta Harry d'une voix plus claire. « Mon parrain est mort. Et toi tu m'as pourri la vie… »

L'étreinte de Draco se fit plus forte.

« Je sais » murmura-t-il fatalement.

« Mais sans toi je ne serais qu'une coquille vide » souffla douloureusement Harry en griffant le dos nu de Draco. Le jeune homme blond ne protesta pas. Il savait pertinemment qu'il s'était comporté comme un salaud pendant leur scolarité, et il savait aussi que Hermione ne s'était pas privée de raconter ça à Harry. Nonobstant, ils vivaient ensemble, dans une magnifique propriété qu'ils avaient tous deux acheté dans le sud de la France, à des centaines de kilomètres de leurs anciennes vies, et ils étaient heureux.

« Même si ma mémoire me revient… Draco… Si un jour je me souviens, je ne veux pas qu'on se sépare. »

Draco eut un rire jaune. C'était plutôt à lui de supplier le brun pour qu'il ne le rejette pas, non ? Harry se détacha doucement de lui. Draco passa sa main sous ses jambes et se releva, son amant contre lui. Ils rentrèrent dans leur chambre, Draco fermant la porte fenêtre d'un mouvement de pied, puis il vint déposer Harry dans leur lit avant de s'allonger à côté de lui.

« Ça n'arrivera pas » répondit finalement Draco.

« Qu'est-ce qui n'arrivera pas ? Mes souvenirs, ou notre séparation ?

- Les deux. »

Harry lui sourit timidement. Puis il baissa les yeux, cherchant la main de Draco du regard. Doucement, il attrapa la main gauche du blond et la posa contre son torse, sur son cœur, avant de la recouvrir de la sienne. Draco regarda un instant leur doigts enlacés contre la peau chaude de Harry avant de relever les yeux vers le regard vert de son amant, de se rapprocher de lui et de murmurer tout près de ses lèvres :

« Ça n'arrivera pas parce que je t'aime. »

Non, Harry n'avait pas peur du noir : il avait peur de ses souvenirs.

. . .

Fin du BONUS.

Merci à ceux qui laissent un petit mot et merci d'avoir lu. KuyyT.


J'ai décidé d'ajouter la réponse à une review de ma futur bêta :3 (oui, je ne l'ai pas encore pourri de travail, mais ça ne vas pas tarder xD prépare toi !) car ça devrait éclairer un certain nombre de lecteurs sur l'OS (hors BONUS) :
"En fait, j'en fais manger plein la figure à Ron et Hermione dans cet OS ^^ et de façon très mesquine... J'ai pitié d'eux. Ron et Hermione sont si égoïstes envers Harry car il les a toujours soutenus : il était celui qui souriait toujours pour remonter le moral des autres alors que lui-même avait des soucis que tout le monde prenait soin de ne pas évoquer. Harry était un peu cet ami toujours heureux, qu'on ne voit jamais pleurer ou même triste. Ron et Hermione se sont habitué à cette situation : quand ils allaient mal, ils allaient voir Harry. Quand Hermione a fait sa fausse-couche, Harry a dû faire face à ces amis terriblement attristé par l'évènement, alors qu'il était lui aussi affecté et triste. Puis vint l'amnésie de Harry. Hermione est assez maline pour avoir compris que Harry avait en quelques sortes volontairement bloqué ses souvenirs car quelque chose l'y avait forcé (c'est pour ça que quand elle lui raconte leurs années lycée et tout, elle ne mentionne jamais la famille de Harry, ni même sa fausse-couche). Elle ne parle pas des évènements tristes de la vie de Harry car elle veut retrouver son Harry, un Harry heureux qui saura l'épauler comme il l'a toujours fait."
Voilà, j'espère que c'est utile ! A la prochaine ;)