Un vol peut en cacher un autre…

Une équipe de cinq personnes apparut dans une salle vide de la station. Le capitaine et le médecin de bord, bien visibles avec leurs pulls bleus, la lieutenante Dassler et un membre de la sécurité qui semblait prêt à en découdre avec leurs hauts rouges, et enfin un membre de l'équipe d'ingénierie en jaune.

« Capitaine, le plan de cette station et la lecture des scans indiquent que les marchandises ont été dispersées dans les trois chambres principales. Elles doivent être très certainement gardées.

-Merci beaucoup Lieutenant Dassler, répondit le capitaine en prenant son arc à poulies noir en main. On fait comme d'habitude : on reste groupé et on s'occupe des salles une par une. Etant donné le plan et les scans, je propose que l'on commence par celle du milieu : elle a l'air plus petite que les autres, ce sera fait plus rapidement. En avant. »

L'équipe se mit en marche d'un pas pressé et silencieux. Ce bâtiment était assez ancien et avait dû être abandonné un certain temps avant d'être réoccupé de nouveau : c'était extrêmement sale et poussiéreux. Le capitaine en bénissait son masque. L'étude des plans le faisait penser que cet endroit avait dû être un entrepôt avant de servir de repaire, ce qui expliquerait la taille des salles principales.

« Capitaine, chuchota l'ingénieur, deux gardes à l'entrée de la salle du milieu. Si nous utilisons nos phaseurs, ils vont déclencher l'alerte. »

Erwann fronça les sourcils, c'était gênant ça : les phaseurs pourraient attirer l'attention des gardes des autres salles et peut être même celle des possibles occupants de ces pièces. Il allait devoir jouer d'une autre manière. Il hocha la tête puis leur fit signe de continuer à marcher jusqu'à ce qu'ils voient les deux fameux gardes.

« Pirates originaires d'Orion, pesta le médecin de bord. Super… Comme si un commerçant ferengi ne suffisait pas…

- Thomas, ce n'est pas le moment. Et puis rien ne t'obligeait à venir, je te le rappelle.

-Mais oui, et si je ne suis pas là, qui va te sauver ton petit cul de capitaine lorsque tu auras un bobo ?

-Toi, avec un peu plus de retard.

-Sale gosse. »

Thomas Weber était un médecin allemand, avec un accent bien prononcé. Fort de son mètre 82 et de ses 90 kilos de muscles, ce grand blond aux yeux verts était connu pour ses méthodes parfois peu orthodoxes, mais efficaces. Pour citer en exemple : il avait calmé un patient violent et agité en s'asseyant dessus avec un oreiller en lui ordonnant de se calmer s'il ne voulait pas étouffer. Et le patient s'était finalement repris et avait docilement suivi le médecin. En plus de ses talents de médecin, il savait également se battre au phaser, que ce soit le pistolet ou le fusil, contrairement au capitaine qui n'arrivait jamais à bien encaisser le recul de ces armes, ce qui le conduisait à utiliser son talent d'archer. Thomas était un formidable membre d'équipage, et le second d'Erwann, et voir les deux travailler en équipe était quelque chose.

Les deux s'échangèrent un regard entendu et le capitaine se concentra : discrétion était le maître mot pour l'instant. S'ils se faisaient repérer tout de suite, ils étaient morts. Il positionna son arc en position horizontale et y plaça 2 flèches qu'il tira après avoir déterminé ses cibles. Les deux gardes reçurent les traits dans le cou et s'effondrèrent. L'équipe se déplaça à l'entrée de la salle, jetant prudemment un regard à l'intérieur : 6 pirates, et de très nombreuses cargaisons d'origines différentes.

« Thomas, chuchota Erwann. J'ai l'impression que Starfleet n'est pas la seule à s'être fait voler. Il y a énormément de marchandises ici, et le conditionnement est très différent : il doit y avoir des artefacts de planètes différentes.

-Tu crois que l'on pourrait les identifier et les rendre à leurs planètes respectives ?

-Ouais, on pourrait rendre service à de nombreuses personnes.

-Il faudra avertir Starfleet une fois que l'on aura tout récupéré.

-Ouais. Tout le monde est prêt à lancer l'assaut ? On y va ! »

Ils pénétrèrent dans la pièce et tirèrent sans prévenir. Les pirates, surpris, ne ripostèrent pas tout de suite mais les tirs s'échangèrent rapidement à travers la salle. Les tirs lumineux de phasers sifflèrent et finalement, les ennemis s'écroulèrent. Les officiers étaient tous debout, ne portant que de légères égratignures. Mais le capitaine ne leur laissa pas le temps de souffler :

« Il faut prévenir l'Observer qu'il y a bien plus de marchandises à téléporter que prévu. Lieutenant, pouvez-vous faire la communication pour moi ? Merci. »

Les caisses furent répertoriées et téléportées rapidement.

« Heureusement que le vaisseau contient une salle servant d'entrepôt… Ricana Thomas en plaçant une petite balise sur un artefact afin qu'il soit téléporté. Erwann, c'est pas un objet benzite ça ?

-Possible… Il faudra tout examiner après. Pour l'instant, on a deux autres salles à visiter.

-Capitaine ! »

L'interpellé se retourna : il venait d'être appelé par le membre de l'équipe d'ingénierie.

« Qu'y-a-t'il Ensign Gerrick ?

-Mon scan indique qu'il existe une salle cachée derrière cette porte. Mais il est impossible de l'ouvrir : il y a deux sécurités dessus. Il doit y avoir deux consoles dans les autres salles, on pourrait s'en servir pour les désactiver et tout ouvrir.

-C'est bon à savoir, Ensign. Nous allons nous occuper des autres salles. Celle-ci est sécurisée, passons à la suivante. La droite ou la gauche ? »

Ils optèrent pour la gauche et neutralisèrent les deux gardes par deux coups de crosse de fusil par les officiers de sécurité. Il n'y avait personne dans la salle. Ils n'eurent donc qu'à poser des balises sur les caisses et à les faire téléporter. Erwann fronça les sourcils : certaines caisses semblaient provenir de Vulcain. Thomas le remarqua :

« Un souci Erwann ?

-Des artefacts vulcains.

-Oh. Il faudra les rendre aussi ceux-là, tu sais.

-Je sais. Mais j'ai peur d'aller dans le système Vulcain : le champ de bataille est trop dangereux. On pourrait se faire attaquer alors qu'on veut juste faire notre travail.

-Ne t'en fais pas : on va y réfléchir après. On doit encore arrêter ce commerçant véreux et répertorier tout ça. Tu peux tenir mon phaseur pendant que je pose cette balise sur cet artefact ? »

La lieutenante Dassler s'occupa de craquer le code de sécurité de l'ordinateur et déclara qu'il restait une autre sécurité à désactiver pour ouvrir la grande porte. Ils se dirigèrent donc vers la salle de droite et neutralisèrent les deux derniers gardes à coups de crosse de fusil.

La salle se révéla contenir 4 pirates et une dizaine de caisses. Les pirates furent maitrisés rapidement, et la cargaison transférée au vaisseau. La lieutenante s'occupa de nouveau de l'ordinateur et fut ravie d'annoncer qu'ils allaient pouvoir ouvrir la pièce cachée. Le capitaine ricana : ils allaient enfin arrêter ce maudit commerçant !

Le trajet jusqu'à la grande porte fut pressé. Ils étaient tous impatients de mettre la main sur le coupable. Et ce n'était pas des portes sécurisées qui allaient les stopper ! L'ensign Gerrick actionna la porte qui se leva dans un sifflement bruyant. Chacun se prépara à tirer, et ce fut une précaution sage : une dizaine de pirates orions armés ainsi que le ferengi s'y trouvaient. Et ils n'étaient pas très contents d'être dérangés.

« A couvert ! » Ordonna Erwann en les voyant se préparer à tirer.

L'équipe se précipita derrière des piliers qui les protégèrent des tirs ennemis. Les officiers attaquèrent tout en restant à l'abri, ne se découvrant que si nécessaire. Erwann jeta un regard rapide à la troupe d'adversaires et se retira juste à temps pour éviter un tir qui aurait atteint sa tête.

« Okay, souffla-t-il. Celui qui est le plus proche du commerçant est le chef de ces pirates. S'il est abattu, les autres vont se désorganiser et nous aurons une chance de gagner. Préparez-vous. »

Il prit son arc, l'arma et se redressa pour viser, à moitié découvert. Le viseur laser pointait l'espace entre les deux yeux du pirate. Il tira et l'adversaire s'écroula dans un cri. Ce fut aussitôt la pagaille : les autres étaient déstabilisés et les membres de Starfleet en profitèrent pour les neutraliser et encercler le commerçant qui finit par déclarer :

« On peut négocier ? »

Erwann fit signe aux membres en rouge de passer les menottes à leur prisonnier et déclara :

« Au nom de la loi et sur ordre de Starfleet, je vous arrête pour vol de marchandises destinées aux laboratoires de la fédération. De plus, je vois là de multiples objets illégalement acheminés ici. Je suis certain que les tribunaux vont trouver votre affaire très intéressante. »

Le ferengi glapit mais ne tenta pas de se libérer (ce qui aurait été de la folie pure en étant entouré d'officiers armés). Thomas et Erwann finirent de baliser les caisses restantes et le tout fut transféré au vaisseau. L'équipe et leur prisonnier fut également acheminés en salle de téléportation.

Aussitôt arrivé, le ferengi fut emmené en cellule et le capitaine en profitant pour retourner sur la passerelle et contacter l'amiral Pike, son supérieur hiérarchique.

« Amiral, l'affaire que vous m'avez confiée est résolue : le commerçant a été retrouvé et arrêté, et les marchandises ont été récupérées.

-Très bien capitaine, répondit Pike, satisfait. J'attendrai ton rapport avec impatience. Rends-le à l'heure cette fois, pour changer de d'habitude.

-Le dernier n'avait que deux heures de retard, se défendit Mc Taylor agacé.

-Deux heures de trop, Erwann, il va falloir que tu comprennes que lorsqu'on veut un rapport à une heure précise, on ne le veut pas deux heures après, ni trois voire le lendemain. Et ce, peu importe tes problèmes de santé. Si tu es trop faible pour tenir ton rôle de capitaine, tu peux toujours quitter ton poste et retourner dans ta campagne avec ta famille.

-Je vous rendrai ce rapport dans les temps, Amiral. Soupira le jeune homme en ravalant la colère qui voulait se manifester. Mais avant ça, j'ai une question à vous poser.

-Vas-y.

-Le repère de pirates contenait de multiples marchandises dérobées. Elles viennent toutes de planètes différentes et…

-Tu te demandes ce que tu dois en faire ?

-Exactement, amiral. Je comptais les rendre à leur planète d'origine, mais je comprendrais si cela vous déplait et…

-Les rendre me semble être une bonne idée. Ainsi, tu redoreras un peu l'image de Starfleet au sein des populations. Fais cela lorsque tu auras fini et transmis ton rapport, nous ferons un bel article de presse relatant cette affaire que le public sera impatient de lire. Alors ne me déçois pas.

-Entendu, Amiral.

-Bien, fin de la communication. Pike terminé. »

Erwann prit sa tête dans ses mains : il devait rester calme ! Rester calme… Il prit plusieurs grandes inspirations et attendit quelques minutes.

Non, çà ne se calmait pas, il fallait qu'il aille voir Thomas à l'infirmerie. Il y descendit sans hésiter.

« Erwann ? L'amiral a encore fait des siennes ?

-J'en ai marre que Starfleet profite de la moindre occasion pour écrire un article de presse sur nous. On ne fait que notre travail, on n'a pas besoin d'être sous le feu des projecteurs. Et puis l'amiral me reproche de rendre mes rapports en retard. »

Le docteur soupira et le prit par le bras pour l'entrainer à l'intérieur de son antre :

« Allez viens, je préfère te savoir sous ma surveillance que tout seul à ruminer. »

Dix minutes plus tard, Thomas reçut un appel inquiétant de la part du département des communications, il informa immédiatement le capitaine :

« Erwann. Les scans de la station viennent de montrer un signe de vie qui n'est ni orion ni klingon. Il n'y était pas tout à l'heure. »

Il n'eut pas de réponse de la part de son ami, assis en tailleur sur l'un des biobed à fixer l'un des tableaux que l'allemand avait accroché au murs.

« Erwann ? Appela Thomas, peu sûr d'avoir été entendu.

-Peut être que les scans ne l'ont pas détecté avec la porte blindée de la salle centrale, répondit le brun. Quoi qu'il en soit, il est important de récupérer cette âme et de ne pas la laisser aux mains de ces pirates.

-On le fait téléporter à bord ?

-Bien sûr.

-Okay, je vais faire passer le message. Tu comptes venir où tu restes à faire ton maitre Yoda ?

-Je viens. »

Erwann déplia ses jambes et se leva en douceur. Il ouvrit les yeux et Thomas se réjouit de voir son supérieur et ami de meilleure humeur. Erwann tendit la main vers le communicateur et l'alluma :

« Ici le capitaine Mc Taylor à la passerelle. Lieutenante Dassler, êtes-vous certaine qu'il ne s'agisse pas d'un pirate ou d'un guerrier ?

-On ne peut plus certaine Capitaine. Il s'agit d'un signal assez faible mais il n'est ni orion ni klingon, et encore moins Gorn.

-Parfait. Téléportez-le à bord voulez-vous ? Peut être qu'il s'agit d'un prisonnier ou d'un otage… Je veux une équipe de sécurité en salle de téléportation, au cas où. Je descends l'accueillir avec le doc.

-Capitaine, il peut être dangereux !

-Le doc est dangereux aussi, croyez-moi, ria le capitaine reconnaissant de l'inquiétude de sa lieutenante envers lui. Et si vous avez peur, vous n'avez qu'à descendre aussi.

-Capitaine ! Je vous envoie une équipe de sécurité.

-Cà marche Lieutenante. Mc Taylor terminé. »

Il coupa la communication puis échangea un regard entendu avec Thomas qui fronça les sourcils :

« Je connais ce regard : c'est celui que tu as quand tu as un mystère face à toi que tu veux à tout prix résoudre avant même qu'on te donne les indices. Bon sang, Erwann, sois un peu plus patient et attend de voir notre nouvel invité. »

Le capitaine était très curieux. Formé à l'origine dans une équipe de profilers reconnue, il avait décidé de changer d'air et de partir vers les étoiles. Et comme l'amiral Pike l'avait surpris en train de s'intéresser aux origines du conflit qui opposait les humains et les vulcains, il l'avait muté d'office dans une équipe d'enquêteurs spatiaux afin de « utiliser son potentiel pour faire quelque chose d'utile au lieu de semer le trouble parmi le personnel de Starfleet ». Erwann était donc arrivé dans l'équipage tout juste formé de l'USS Observer, et il n'avait jamais regretté.

Ils descendirent jusqu'à la salle de téléportation et donnèrent le signal aux ingénieurs de commencer le processus. Très rapidement, des particules lumineuses se rassemblèrent et matérialisèrent un homme de très grande taille, vêtu d'un uniforme qui leur était inconnu. Cet homme avait la peau verdâtre et des oreilles pointues, ainsi que des sourcils relevés. Le capitaine mit immédiatement la main à son arc :

« Un vulcain ! »

Thomas le stoppa dans son geste :

« Non, Erwann, observe bien : il est très proche du vulcain physiquement, mais il y a des différences. »

Poussé par le doc, il prit la peine de s'attarder aux détails : des rides sur le front plus prononcées, l'uniforme inconnu, le visage était moins anguleux et moins sévère, et il n'était pas armé.

« Qui êtes-vous et qu'êtes-vous ? » Interrogea-t-il avec méfiance.

Le nouveau venu tourna son regard sombre droit dans les siens.

« Je m'appelle Law, et je suis romulien. Ne me comparez pas avec ces vulcains : nous avons un ancêtre commun mais ça n'explique pas que l'on me confonde avec l'un d'entre eux. »

Sa taille devait atteindre les 2 mètres et Thomas estimait son poids à 80 kilos à vue d'œil. Il poussa le capitaine à reculer derrière lui : son supérieur n'était en aucun cas capable de tenir tête à un gars de cette taille ! Et lui non plus, s'il prenait en compte la force supérieure qu'il pourrait très certainement posséder. D'ailleurs, Law remarqua son geste :

« Avez-vous peur que je vous attaque ? Je ne connais même pas votre nom et vous me sauvez d'une bande de pirates qui voulaient me vendre au marché des esclaves. Pensez-vous que je vais faire du mal à mes bienfaiteurs ? Je ne suis pas armé, contrairement à vous. »

Le docteur se détendit légèrement mais ne relâcha pas sa garde pour autant :

« Je suis le docteur Thomas Weber, médecin de bord. Et celui que je protège est mon capitaine et ami : Erwann Mc Taylor.

-Ne peut-il pas se présenter lui-même ?

-Oh si je peux, siffla le capitaine en question. Mais le doc préfère tout faire afin de gagner du temps. Alors je le laisse parler.

-Un capitaine masqué. Votre poste est-il si dangereux pour que vous cachiez tout le bas du visage ?

-Raisons médicales, coupa Thomas. Law, puisque c'est votre nom, je veux vous voir immédiatement à l'infirmerie. Erwann, tu as besoin de quelque chose ?

-Non, mais je vais te laisser trois gardes avec toi. Dit son ami à voix basse. Je ne veux pas que tu te fasses tuer par un gars aux oreilles pointues.

-T'inquiète, il n'a pas l'air si méchant que ça.

-Tu crois qu'il a le sang vert ? Chuchota Erwann avec curiosité.

-J'ai entendu, répondit le romulien, et ce n'est pas dans mes intentions de vous tuer. Et j'ai effectivement le sang vert, capitaine, si c'est ça que vous voulez savoir. »

Oups : grillé ! Le capitaine prit un air gêné le temps d'une seconde puis se recomposa :

« Je veux 3 agents de sécurité avec le doc, ordonna-t-il avec sérieux. Et préparez une cabine dans les quartiers des invités pour notre passager, ainsi que des vêtements de rechange à sa taille.

-Capitaine, intervint un ingénieur inquiet. Vous êtes sûr qu'on peut lui faire confiance ? Il devrait être mis en cellule et livré à Starfleet.

-Douteriez-vous de mon jugement Monsieur Letch ? Et remettiez-vous en cause mes ordres ? »

L'ingénieur flancha sous le regard aussi dur que de l'acier de son supérieur :

« Non Capitaine. Je ne faisais qu'énoncer mon avis.

-Sachez dans ce cas que votre avis a été entendu, mais qu'il ne sera pas pris en compte. Maintenant, tous au travail. On a un vaisseau à faire tourner, et une centaine de marchandises à trier pour les rendre aux planètes correspondantes. »

Il quitta la pièce sans se retourner. Thomas fit signe au romulien de le suivre et se dirigea vers l'infirmerie, suivi par trois agents, comme il avait été décidé. Les ingénieurs haussèrent les épaules et se remirent au travail. Le jugement du capitaine était en général digne de confiance, alors s'il pensait que cet étranger n'allait pas leur causer de tord, il n'allait certainement pas en causer, n'est-ce pas ?

Ce ne fut que deux heures plus tard que Thomas retrouva Erwann seul dans la salle de chargement, le capitaine avait un bloc-notes à la main et une télécommande de transporteur de marchandises à la ceinture.

« Tu t'amuses Erwann ?

-Tu parles… Une centaine de caisses d'au moins cinq origines différentes… Ah, on en a une sixième ici.

-Tu as compté les dix caisses de Starfleet ?

-Bien sûr. Elles ont été déplacées près de l'entrée, au secteur 1. On les rendra en premier pour être tranquille. Ensuite, j'ai compté cinq caisses remplies d'objets benzites : elles sont au fond dans le secteur 6. Ici, ce sont des artefacts andoriens. J'en ai compté une quinzaine en tout. Ces pirates n'ont pas peur : s'attaquer à une civilisation aussi guerrière que les andoriens.

-Les orions ne sont pas connus pour être très délicats non plus. A ta gauche, ce sont des marchandises tellarites : je reconnais leur style et leurs inscriptions. Et il y en a… une douzaine tout au plus.

-Tellarite ? Okay, je vais les mettre au secteur 4. Il faudra penser à tout revérifier : il y en a tellement que j'ai certainement oublié de compter des caisses… »

Le transporteur s'anima et fit le travail sous le commandement de l'humain qui tenait la télécommande.

« Au fait, comment va notre passager ? Demanda soudainement le capitaine en cherchant à ouvrir une cargaison pour en vérifier le contenu.

-Law le romulien ? Il souffre de déshydratation et d'un manque de nourriture suffisante, mais sinon il va bien. Je l'ai envoyé se reposer. On le verra peut être dans quelques heures. Il m'a expliqué que le fait d'avoir désactivé la sécurité du repaire de pirates lui a permis de quitter sa cellule mais qu'il s'était caché lorsqu'il a vu et surtout entendu le combat.

-C'est pour ça que personne ne l'a vu ?

-Non, et on n'a pas pris la peine de fouiller plus d'ailleurs. On s'est contenté de ramasser les caisses et de partir. Mais il m'assuré qu'il n'y avait que lui comme prisonnier.

-C'est bon à savoir. Nous le déposerons au prochain vaisseau romulien que nous croiserons. J'ai dit aux navigateurs de nous amener jusqu'à la base de Starfleet la plus proche afin de rendre cette foutue cargaison.

-Tu sais ce qu'elle contient ?

-Aucune idée, mais mon instinct me dit de ne pas chercher à savoir. C'est le genre de chose que l'on pourrait rapidement regretter, si tu veux mon avis.

-Je vois. Et la caisse que tu essayes d'ouvrir depuis deux bonnes minutes, tu veux un coup de main ou…

-Non, je vais réussir : je sens que çà commence à cédEEEERRRR ! »

Le couvercle s'était ouvert d'un coup et Erwann n'avait pas pu reprendre son équilibre et avait basculé en arrière pour finir sur le sol. Le docteur ne put pas résister plus longtemps et se mit à rire :

« Dommage qu'il n'y ait pas de caméras parce que ta chute était vraiment ridicule.

-Je t'emmerde.

-Moi aussi je t'aime, ne t'en fais pas. »

Le capitaine se releva et sauta sur la caisse pour en voir l'intérieur. Il se figea rapidement :

« C'est quoi ça ? »

Il en sortit une peau de bête recouverte d'une épaisse fourrure brune. Cet animal avait dû être énorme de son vivant ! Et il y en avait d'autres en dessous.

« Cà, Erwann, ce sont des fourrures, se moqua gentiment le médecin. Tu sais le genre de truc que l'on peut utiliser comme couvre-lit ou comme tapis devant la cheminée. »

Le brun venait de retirer complètement la fourrure qu'il tenait de la caisse et s'en était recouvert. Thomas ria encore :

« Tu l'as mise à l'envers : la tête est de l'autre côté. »

La tête en question avait la taille de celle d'un ours, la forme de celle d'un tigre à dents de sabre, et les crocs qui allaient avec.

« Qu'est-ce que c'est que cette bestiole ?

-Aucune idée. »

D'où pouvait provenir un monstre pareil ? Le médecin estimait que ce fauve devait avoir la taille d'un ours terrien avant d'avoir été tué et dépouillé de sa peau. Et en voyant son ami remettre la chose dans sa caisse, il se dit qu'il était temps de passer à un autre conteneur.