Bonjour,

J'ai remarqué que les reviews n'étaient pas monnaie courante ces temps-ci mais j'aimerais que vous preniez le temps d'en écrire une.

Les reviews sont en quelque sorte le salaire de l'auteur, elles nous permettent de répondre aux questions des lecteurs et aussi de savoir si ce qu'on écrit vaut le coup d'être continué. Tout commentaire, même négatif, est bon à prendre car il nous permet de toujours nous améliorer.

Sur ce, bonne lecture.

On est enquêteurs, pas des mineurs !

Erwann dormait sur sa chaise de capitaine depuis une bonne heure lorsqu'on le secoua. A peine réveillé, on lui tendit un ordre de mission. Il bailla à s'en décrocher la mâchoire et s'ébroua avant de consulter le PADD qu'on venait de lui donner.

Hein ?!

Il avait besoin d'un café…

Il revint quelques minutes plus tard avec une tasse fumante et reprit le PADD.

Non, il n'avait pas rêvé.

On lui demandait vraiment de faire çà !

Il finit par hausser les épaules et abaissa son masque le temps de prendre une gorgée de sa boisson. Cette mission n'était pas spécialement dangereuse, alors pourquoi envoyer l'Observer la faire ? Ils devaient vraiment manquer de personnel à Starfleet… Il posa sa tasse et tapa dans ses mains pour attirer l'attention des officiers de passerelle :

« On se dirige vers le système ZX5874. On a une mission de… On va dire que c'est de la recherche. Stein, je vous transmets les coordonnées exactes et on y va.

-A vos ordres Capitaine. »

Non mais franchement, pourquoi on lui avait refilé cette mission ? Comme si rechercher du dilithium sur une planète inhabitée nécessitait un équipage d'enquêteurs et de chercheurs aguerris… Il reprit une gorgée de café et se dit que finalement, l'équipage aurait une mission reposante pour changer.

Le docteur Weber vint rapidement le retrouver, étonné de le voir avec un tel air ennuyé :

« Un souci Erwann ? »

Le capitaine soupira et lui montra le PADD :

« On nous envoie sur une planète inhabitée qui contiendrait une forte concentration de dilithium. Notre travail va être de vérifier l'exactitude de ces informations et de scanner quelques gisements pour en vérifier la pureté. Excitant, non ?

-On va aller voir des cailloux alors si je comprends bien.

-Oui.

-Et bien au moins on ne sera pas attaqué par des klingons, ni par des gorns, ni poursuivre par des vulcains. Une mission tranquille, ça nous changera les idées. »

Le capitaine le regarda d'un air dubitatif, puis dirigea son attention vers les officiers de la passerelle avant de revenir au médecin :

« Tu as certainement raison. »

Le trajet se déroula dans le calme, les membres de l'équipage se distrayant comme ils pouvaient. Certains jouaient aux cartes, d'autres à de multiples jeux de société. Quelques musiciens s'amusaient dans un coin et les bourreaux de travail continuaient leurs recherches. La vie normale sur l'Observer lorsqu'elle n'était pas secouée par une affaire délicate… Et le capitaine Mc Taylor qui travaillait dans une salle de conférence, occupé à étudier des photos de victimes, de scènes de crimes ainsi que des rapports d'autopsie : en tant que profiler, on lui demandait souvent son avis sur des affaires criminelles sortant de l'ordinaire. Très peu de personnes osaient entrer dans la salle lorsqu'il était sur un dossier, les photos montrant explicitement l'horreur qu'avaient connu les victimes dont il tentait de cerner la personnalité du meurtrier.

Pourtant, la lieutenante Dassler osa pousser la porte de la pièce et déranger son supérieur :

« Capitaine, appela-t-elle en lui tendant un communicateur. Un vaisseau vulcain veut vous parler.

-Je suis occupé Lieutenante, répondit le capitaine. Mon ancienne équipe m'a envoyé plusieurs dossiers et je dois établir si ces crimes sont liés ou non, ainsi que le profil du tueur. Pouvez-vous leur dire que je ne suis pas disponible ?

-Ils sont en ligne et ont entendu tout ce que vous venez de dire. Ils veulent toujours vous parler. »

Le capitaine soupira :

« Très bien, passez les moi. Et évitez de trop regarder autour de vous, ça pourrait vous choquer. »

Elle lui donna l'appareil et sortit sans même jeter un regard aux multiples photos. Il positionna l'objet sur son oreille :

« Mc Taylor, j'écoute.

-Capitaine Mc Taylor, ici le Commandant Spock. J'aimerais avoir une conversation avec vous.

-C'est ce que nous sommes en train de faire, grinça le profiler en reportant son attention sur un rapport d'autopsie. Et depuis quand un vulcain s'intéresse-t-il à un vulgaire humain ?

-Vous êtes une énigme, Capitaine. Le Conseil Vulcain n'arrive pas à déterminer si vous êtes une menace pour nous ou s'il faut vous considérer comme un vaisseau civil.

-Et ben si je suis une menace, je me demande ce qu'est le capitaine Kirk. L'annonce prochaine de l'Apocalypse ? Sérieusement, vous n'avez que ça à faire : décider si quelqu'un est une… menace ou non ? Franchement, il faut lui trouver un vrai métier à votre conseil, là. »

Il lut le rapport une nouvelle fois et retourna sur les photos. Quelque chose n'allait pas.

« Qu'est ce qui change ? Se demanda-t-il. Pourquoi le mode opératoire est-il si différent ?

-Je vous demande pardon ? »

Ah oui c'est vrai : il avait un vulcain en communication…

« Désolé je réfléchissais à voix haute. Je ne sais pas si ça vous arrive, mais parfois s'interroger à haute voix peut apporter des réponses.

-Fascinant. Sur quoi travaillez-vous ?

-Une série de meurtres particulièrement violents dans une ville terrienne. Cela semble durer depuis dix ans, et la police ne s'en est jamais vraiment occupée. Mais pourquoi je vous raconte ça, d'ailleurs ? »

Il s'étonnait lui-même : parler d'une affaire criminelle avec un parfait inconnu, un ennemi de surcroît. Il fallait vraiment qu'il se repose… Il s'assit sur la table et fixa les photos.

« Peut être qu'un regard extérieur peut vous aider dans votre affaire… Proposa le vulcain, mine de rien.

-Vous avez étudié la psychologie et la criminologie ?

-Non.

-Donc dans ce cas, vous ne pouvez pas m'aider. Je suis un profiler : mon métier est d'établir le profil psychologique du criminel afin de prévoir son comportement. Je dois comprendre sa façon de penser, sa manière de fonctionner, pourquoi il agit, qu'elles sont ses motivations. Je dois… entrer dans la tête du tueur. Je ne sais pas si vous comprenez.

-Je comprends, ça a l'air… fascinant. Mais utilise-t-on vos capacités uniquement pour capturer des criminels ?

-La plupart du temps, oui. Parfois, je dois juste interroger des victimes ou bien établir le profil psychologique d'un inconnu parce qu'on m'en a donné l'ordre. Je peux déterminer la personnalité de chaque individu que je croise, Commandant, qu'il soit humain ou non.

-Vous voulez dire que vous pouvez établir ce que vous appelez un profil psychologique sur un individu d'une espèce différente ?

-Oui, nous sommes tous différents, mais au fond de nous, nous sommes pareils. Le mal réside en chacun de nous, et ça c'est bien une chose qui ne change pas. Nos pulsions luttent contre notre raison, et lorsqu'elles gagnent, nous sommes capables du pire. Le tout est de savoir se contrôler.

-Vous seriez surpris de rencontrer mon peuple : nous sommes entièrement guidés par la logique. Les émotions sont inexistantes chez nous. Peut être réussiriez-vous à établir un profil…

-Désolé pour ça, mais si vous êtes uniquement dirigé par la logique, je devrais alors raisonner selon votre logique. Je ne pense pas pouvoir profiler un vulcain. Vous êtes… compliqués et puis… Oh ! »

Il venait de comprendre ce qui clochait dans cette affaire !

« Capitaine ?

-Deux modes opératoires… Deux comportements… Deux tueurs. Une paire : un dominant et un dominé. Le dominant fait preuve de plus de violence. Les coups portés sont précis, assurés. Il sait ce qu'il fait, il a de l'expérience… Il prend son plaisir dans la tuerie. Aucun signe de remord. C'est un tueur psychopathe. Le second l'admire, c'est flagrant : les marques de coups se situent aux mêmes endroits, mais ils sont plus hésitants. On dirait qu'il apprend. L'hésitation s'efface au fil des meurtres.

-Capitaine, pouvez-vous vous expliquer ?

-Je viens de comprendre qu'il y a en fait deux tueurs, et non un comme je pensais au début. Il est vrai que les tueurs qui agissent par paires sont plutôt rares, mais c'est possible. Et je pense pouvoir établir les profils à présent. Je vais devoir couper la communication, donc n'y voyez aucun manque de respect de ma part. J'ai un collègue à contacter. Mc Taylor terminé. »

Il éteignit son communicateur et ôta l'appareil en soufflant un grand coup. Il devait contacter son ancien chef d'équipe au plus vite ! Il marqua un temps d'arrêt : est-ce qu'il venait réellement de débuter les profils de deux criminels alors qu'il était en communication avec un vulcain ?!

Il se passa une main sur le visage : oui, il venait réellement de le faire… Il se reprit et composa le numéro de son ancien patron.

« Blackwood ? Je crois que j'ai un profil… »

Trois heures, plus tard, sur une planète étrange au sol violet et à la végétation bleue luxuriante, Erwann discutait avec Thomas et d'autres membres de son équipe : deux en rouge et deux autres en bleu. L'un des officiers scientifiques tenait un scan dans les mains et l'autre utilisait son tricordeur pour détecter le minerai qu'ils cherchaient. Ils devaient trouver un gisement de dilithium afin de l'analyser et aussi en détecter d'autres pour fournir les coordonnées à Starfleet.

Cette mission avait plus des airs de promenade qu'autre chose. C'était plutôt reposant. L'air était respirable et la température clémente. En matière de météo, ils auraient pu tomber pire.

« Et comme ça t'as tapé la discute au commandant Spock tout en faisant le profil d'un psychopathe, rigola Thomas tandis qu'un des membres de l'équipage scannait un rocher noir brillant qui semblait planté dans le sol. Il n'y a que toi pour faire ça, franchement. Tu l'as dit à Pike ?

-Non, je tiens à ma vie, sourit Erwann. Si je lui raconte ça, ce sera sur mon lit de mort, et encore… après lui avoir fait promettre de ne pas me frapper ou de ne pas me tirer dessus avec un phaseur sur le mode tueur. »

Les deux hommes rirent de bon cœur. Ils savaient parfaitement que si l'amiral l'apprenait, il serait sans doute furieux.

« Et sinon, tu sais pourquoi il voulait te parler ?

-Aucune idée. Il m'a dit que j'étais une énigme. Et que le… Conseil Vulcain hésite entre me considérer comme une menace et me qualifier de chose non dangereuse. C'est… un peu dépitant.

-C'est sûr. Compatit le doc avec un sourire gêné. On fait juste notre boulot hors des champs de bataille, et voilà qu'on attire l'attention des vulcains alors qu'on n'en voulait même pas. Mais bon, on n'a pas tout ce qu'on veut dans la vie.

-C'est vrai. »

Ils surveillèrent les environs tandis que les Ensign s'agitaient avec leurs scans. Finalement, l'un d'eux appela les deux officiers :

« Capitaine ! Docteur ! Le dilithium que nous avons ici est d'une rare pureté ! C'est une véritable mine d'or cette planète !

-Une mine de dilithium plutôt, ricana Thomas. Et ben, on a au moins trouvé un gisement.

-Il faut en trouver cinq autres pour être sûr que ça vaille le coup d'envoyer une équipe minière ici. Annonça le capitaine en regardant tout autour de lui. Continuons les recherches. »

Trouver des rochers noirs brillants au milieu de cette végétation leur parut très facile : ils contrastaient de part leur couleur, un œil averti et un tricordeur bien réglé eurent vite fait d'effectuer le travail de recherche.

« Avouez Capitaine, finit par lancer un tacticien. Vous nous avez envoyés au club Med histoire d'endormir notre méfiance pour ensuite nous coller une mission super difficile. »

Le capitaine se mit à rire : c'était vrai que cette mission-là n'était pas la plus dure qu'ils avaient eu à faire. Mais il trouvait quand même étrange que cette planète soit inhabitée : un bel endroit comme ça devait forcément avoir des habitants !

« Capitaine ! »

Tout le monde se retourna dans la direction de la voix et se figea : l'un des membres scientifiques était ligoté par une racine d'arbre, et cette racine le soulevait à 3 mètres du sol !

« Johns ! » Appela Erwann et prenant son arc et en l'armant.

L'interpellé se mit à hurler de douleur. Un liquide verdâtre s'échappait de la racine et le brûlait comme le ferait un acide. Ils devaient agir !

« Tirez sur la racine ! Ordonna Erwann. Il faut le libérer ! »

Les phaseurs et les flèches réussirent à forcer le végétal à lâcher sa proie. Mais d'autres racines sortirent du sol pour les attaquer.

« Merde ! »

Depuis quand les arbres attaquaient les gens !

Thomas esquiva une racine, tira sur une autre et se rapprocha de son ami :

« Mets le feu à tes flèches, ça devrait calmer ces saloperies !

-Bonne idée, répondit l'archer en visant une racine et en tirant sans hésiter une fraction de seconde. Tu me les allumes ? »

Le docteur attrapa une poignée une poignée de flèches et leur enflamma la pointe au fur et à mesure qu'il les donnait à son camarade. L'idée fut bonne car les racines se retiraient dès qu'elles en recevaient une. Par contre, lorsque ce fut un arbre qui se déplaça lui-même, ce fut une autre histoire.

« Oh mein Gott… » Jura Thomas en voyant le végétal qui devait mesurer une douzaine de mètres de hauteur.

« Tirez ! » Cria Erwann en prenant une flèche enflammée qu'il envoya dans le tronc.

L'arbre laissa échapper un bruit sinistre et lui jeta une racine qui l'envoya dans les airs. Il roula sur trois mètres avant de s'immobiliser et de se relever en haletant de douleur. Cette chose ne l'avait pas manqué.

Les autres concentraient leurs tirs de phaseur sur le tronc qui commençait à perdre son écorce sous les assauts. Le capitaine s'approcha d'un tacticien et remarqua les grenades à photons à sa ceinture. Et si… ?

« Gordon, balancez-lui une grenade, ça va peut être le calmer. »

L'homme hocha la tête, rangea son phaseur, prit une grenade qu'il activa et lança sur l'arbre qui s'effondra sous l'explosion dans un craquement sinistre.

« Parfait, lancez-en sur les autres autour de nous. Il faut les garder à distance ! »

Deux grenades et plusieurs tirs de phaseurs suffirent pour faire s'éloigner les autres arbres. Erwann était à la fois furieux et sidéré de ce qu'il venait de se passer. Ils s'étaient fait attaquer par des arbres !

« Encore des volontaires ? Hurla-t-il à leur attention en faisant jouer son arc dans sa main. Parce que là on est prêt ! Alors ?! »

Les végétaux préfèrent s'éloigner encore face à cette attitude assurée et provocatrice. Mais il savait que ça ne suffisait pas : ces arbres étaient capables de bouger et donc devaient être plus intelligents que les végétaux terriens. Il fallait leur faire peur, afin de les décourager à revenir à la charge !

« Gordon, vous voyez cette branche sur l'arbre abattu là ? Coupez-la : on la ramènera au vaisseau pour qu'on puisse en étudier la composition.»

Thomas ramassa l'Ensign Johns dont l'uniforme avait sérieusement souffert, et lui aussi : sa peau était affreusement rougie et cloquée par endroits, brûlée par le liquide acide. Les régénérateurs de tissus allaient encore chauffer aujourd'hui.

« Capitaine ! Appela l'autre Ensign scientifique. Cette roche est composée d'un métal encore plus dur que celui dont on se sert pour fabriquer nos vaisseaux ! »

Le capitaine se précipita pour voir une roche argentée brillante, semblable à un morceau de météorite. Çà pourrait être intéressant…

« Prenons-la. On pourra peut être en faire quelque chose. »

Il ordonna la téléportation de l'équipe sans même un autre regard sur cette planète : il la détestait, c'était définitif. Une planète avec des arbres qui agressent les passants… Il aurait tout vu !

Plus tard, alors qu'il revenait de l'infirmerie pour vérifier si l'unique blessé de la mission allait s'en sortir, deux officiers l'interpellèrent :

« Capitaine, venez voir, on a analysé la branche d'arbre et la pierre que vous avez ramené ! »

Allons, bon. Pourquoi pas ? Il haussa les épaules et les rejoignit, curieux de ce qui pouvait autant exciter ces deux membres de l'équipage.

Il pénétra dans le laboratoire à leur suite et observa les deux sujets d'étude mis ensemble sur une table. Le premier laborantin, stéréotype physique même d'un espagnol, prit la parole :

« Le végétal contient, en plus des fibres de bois ordinaires que l'on peut retrouver partout sur les autres planètes, des fibres de carbone qui le rendent encore plus résistant, tout en conservant une très bonne souplesse. Capitaine, ce bois pourrait vous donner un arc meilleur que le votre actuel.

-Alejandro, vous êtes sûr que mon arc à poulies serait moins bon qu'un arc taillé dans ce bois-ci ?

-Parfaitement Capitaine. Ce bois a des capacités extraordinaires et un énorme potentiel. Avec sa solidité, vous pourrez vous servir des branches de votre arc pour frapper les ennemis qui seront trop près de vous sans même dégager la corde comme il vous est déjà arrivé en mission. Et la souplesse qu'il possède lui donnera une formidable puissance de tir. Vous serez encore plus dangereux que Legolas dans le Seigneur des Anneaux. »

De toute évidence, Alejandro voulait vraiment lui confectionner un arc avec cette matière. Erwann avait quand même des doutes sur les possibles qualités du futur arc, mais il se dit que ça valait le coup d'essayer. Avant qu'il ne puisse répondre, l'autre laborantin se mit à parler :

« La pierre est composée d'un acier provenant d'une comète qui ne passe que tous les 150 ans près de cette planète. Cet acier est aussi dur que celui que nous employons pour blinder nos meilleurs vaisseaux mais encore plus léger. Si nous réussissons à le faire fondre et à le forger, nous pourrions améliorer votre équipement. Alejandro vous parlait de Legolas, mais sachez que cet elfe n'a pas qu'un arc et des flèches pour se battre, il a aussi deux sortes de sabres elfiques, qu'il garde rangés sur son carquois. Vous imaginez durant une bataille contre des adversaires ? Vous serez plus à même de gagner Capitaine. »

Décidément, c'était une conspiration à ce stade… Changer son équipement le dérangeait un peu mais les deux scientifiques faisaient çà pour lui. Il ne pouvait refuser cette offre : ce n'était pas tous les jours qu'on voyait ça à Starfleet !

« Très bien, décida-t-il en secouant légèrement la tête avec un sourire. J'accepte que vous me fassiez un arc. Juste : adaptez-le à ma taille.

-Ce sera sans problème, Capitaine ! Sourirent les deux scientifiques. Vous allez être bluffés de notre talent. »

Erwann eut un sourire chaleureux : il adorait son équipage, vraiment. Il leur fit signe au-revoir et se dirigea vers la passerelle, toujours le sourire aux lèvres. Son sourire se fana lorsqu'il se rappela qu'il devait contacter l'amiral Stewart qui lui avait confié cette mission en l'absence de Pike. Là, ça allait chauffer !

Pendant ce temps, dans un vaisseau vulcain :

« Commandant, vous êtes certain que communiquer avec ce capitaine est la meilleure manière de l'approcher ?

-J'en suis convaincu : les humains tendent à accorder leur confiance plus facilement s'ils voient que la communication est plus aisée et ils finissent par moins se méfier. Une fois que nous parviendrons à se rapprocher suffisamment d'eux, nous n'aurons plus qu'à les aborder et tous les capturer en profitant de l'effet de surprise. »

Cette stratégie avait été approuvée par le Conseil, qui l'avait décidée après avoir constaté les multiples échecs sur l'USS Observer. C'était vicieux, mais c'était plus prometteur que de pousser tous les vaisseaux vulcains qui le croisaient à lui foncer dessus. Ils auraient ce vaisseau-fantôme qui les narguait depuis plus de 2 ans !

« Commandant, l'Observer est en pleine communication avec un amiral en provenance du spatiodock terrien. »

Oh ? Un rapport de mission de mission, peut être ?

« Laissez-nous écouter. »

La femme vulcaine sembla hésiter puis mit la communication en marche. Aussitôt apparurent le capitaine Mc Taylor, agité et décoiffé, l'uniforme abîmé et sali par de la terre, éraflé en plusieurs endroits, et l'amiral, impeccable dans sa tenue et fier de son poste. Pourtant, cet homme d'une bonne cinquantaine d'années semblait avoir du mal à se faire respecter du capitaine, dont la colère était parfaitement visible dans son regard :

« Les ordres sont les ordres, Mc Taylor ! Il faudra vous y faire ! L'amiral Pike est bien trop gentil avec vous. Je n'ai fait que vous envoyer une mission sur une planète inconnue, je ne vois ce qu'il y a de dramatique là-dedans !

-Le fait est, amiral, que mon équipe d'exploration s'est faîte attaquer par des arbres alors qu'elle recherchait des gisements de dilithium ! S'énerva Erwann en se levant de son fauteuil. Je ne sais pas si vous vous rendez compte de ce qu'il s'est passé !

-Ce sont les risques propres à chaque mission…

-Mais arrêtez votre baratin ! Le premier équipage qui a analysé cette planète y a perdu une dizaine de membres et aucun d'entre eux n'a été retrouvé ! Et vous savez pourquoi ? Ces plantes emprisonnent leurs proies en les ligotant avec leurs racines et secrètent un acide qui les ronge. Pas étonnant qu'il n'y ait aucune trace de vie animale : ces arbres sont carnivores ! Au même titre que nos chères petites plantes en pot que l'on trouve en jardinerie pour qu'elles nous débarrassent des mouches ! Des arbres carnivores capables de se déplacer d'eux-mêmes ! Et vous ne nous avez même pas prévenus qu'il y avait ces choses sur cette planète !

-Et alors, qu'est-ce que ça aurait changé ! »

Le ton montait sérieusement entre ces deux humains. Mais les vulcains ne comprenaient pas entièrement pourquoi le capitaine était aussi remonté.

« Ce qui aurait changé, siffla Erwann qui semblait prêt à tuer l'amiral s'il l'avait devant lui. Déjà, on aurait su qu'il fallait à tout prix se méfier des arbres ! On ne serait donc pas approché d'eux ! Ensuite, j'ai dans mon infirmerie, un des membres de mon équipe scientifique, qui a été brûlé à 80% par de l'acide ! Son uniforme est collé à sa peau et le médecin se demande comment l'enlever sans lui causer la moindre douleur inutile ! Et le pire dans tout ça, c'est que l'acide continue de le brûler à travers ses vêtements ! Il souffre le martyr et vous me demandez ce que ça aurait changé que je sache ce qu'il y avait là-bas ?! »

Le capitaine eut soudainement une forte quinte de toux qui l'obligea à se tenir à son siège pour rester debout. L'amiral prit un air compatissant :

« Capitaine je comprends votre colère mais je suis votre supérieur hiérarchique et…

-Pas de ça avec moi, Amiral… Parla Erwann d'une voix rauque à travers son masque noir. Vous avez fait une erreur en ne me donnant pas suffisamment de renseignements sur cette planète. D'accord elle contient d'énormes quantités de dilithium. D'accord, c'est une véritable aubaine pour Starfleet. Mais si les mineurs se sont tous dévorer par ces plantes, vous n'aurez pas beaucoup de minerai. Et ne comptez pas sur moi pour m'occuper de ce bazar. Je dirige un vaisseau d'enquêteurs et de chercheurs, pas de mineurs. »

Le capitaine respirait bruyamment à travers son masque respiratoire, ce qui alerta plusieurs officiers qui firent appeler le docteur Weber en urgence. Stewart eut un sourire moqueur et reprit :

« Avant que vous ne vous effondriez, Capitaine. Je veux votre rapport demain sur mon bureau. »

Son interlocuteur lui lança un regard acéré :

« Ce rapport… sera uniquement destiné… à l'amiral Pike… qui est mon supérieur hiérarchique. Vous, vous ne le méritez pas. –le docteur allemand accourut pour soutenir son ami dans ses bras- Mc Taylor, terminé. »

La communication fut coupée et les vulcains hochèrent la tête, analysant la scène :

« Ce capitaine est émotionnellement compromis à cause d'un de ses subordonnés, c'est illogique. Commença un navigateur. Ces humains sont si… émotionnels et immatures…

-Il est furieux parce que l'amiral ne lui pas livré les informations nécessaires qui auraient pu éviter qu'un de ses membres d'équipage soit blessé. Répondit un analyste. Lui-même a subi des blessures, mais il ne semble pas s'en occuper. Qu'en pensez-vous Commandant ?

-Je pense qu'il a été envoyé sur une mission sans avoir été pleinement informé. Ce type d'erreur a souvent été noté chez l'amiral Stewart : il est celui qui envoie le plus de personnes à la mort dans Starfleet. Nous avons affronté de nombreux vaisseaux qui avaient été envoyés sous ses ordres. Cet amiral est imprudent, illogique, et dangereux. Mc Taylor a eu un comportement logique en s'opposant à lui : il veut protéger son équipage et il sait que s'il suit les ordres de cet amiral, il perdra ses subordonnés. Et je suis certain qu'il pourrait nous donner une description plus détaillée de la façon de penser de cet homme.

-Croyez-vous en ses capacités de… profiler ?

-Si cette science terrienne du comportement s'avère aussi exacte au point qu'elle soit utilisée pour résoudre des crimes, je suis convaincu que ses capacités sont réelles et basées sur des faits. Et cela doit être plus intéressant et moins risqué que la recherche de gisement de dilithium sur une planète inconnue… »

Ce fut sur cette pique que les vulcains se remirent au travail, ajoutant intérieurement qu'eux, au moins, auraient été préparés à ce type d'assaut s'ils étaient descendus. Parce qu'ils auraient simplement scanné et analysé toute la planète pendant au moins deux jours avant de tenter une descente, et que s'il y avait des plantes carnivores aussi agressives, ils l'auraient su.