Un grand merci à ma bêta pour sa correction et ses commentaires qui m'ont énormément touchée.

AKICOVS, je ne peux que te remercier pour tes reviews qui m'ont fait réellement plaisirs. Je tiens à m'excuser pour l'attente entre la publication de ce chapitre et les deux précédents. J'espère que ce chapitre te plaira tout autant que les deux précédents et répondra à toutes tes espérances.

Aux autres, je vous souhaite une bonne lecture et surtout n'hésitez pas à me donner votre avis.


Le souhait.

Chapitre Trois.

Emergeant tout doucement d'un profond sommeil, Hideto n'eut nul besoin d'ouvrir les yeux pour savoir qu'il était dans une chambre d'hôpital à cause de la forte odeur d'antiseptique. Ce qui n'était pas pour soulager son mal de tête pointant.

Voulant porter sa main droite à l'arrête de son nez afin de soulager sa migraine naissante, Hideto remarqua que sa main était prisonnière d'un étau doux et chaud. On lui tenait la main ! Immédiatement, le souvenir de sa chute lui revint en mémoire. Il avait dû claquer violement sa tête contre la marche pour que les secours le conduisent à l'hôpital.

-Il a bougé ! S'écria une femme dont le soulagement et l'excitation pointaient dans sa voix.

-Tu en es sure chérie ? Répondit une voix masculine avec une note d'espoir.

Reconnaissant les voix de ses parents, Hideto ouvrit les yeux et le regretta fortement quand la lumière du jour l'aveugla, augmentant l'intensité de sa migraine. Il les referma aussi vite dans un grognement mécontent, ce qui confirma les propos de la femme.

-Il se réveille. S'exclama la même femme émue.

-Je vais aller chercher le médecin !

Papillonnant des yeux cette fois, l'alité attendit de s'habituer à la lumière avant de les ouvrit complétement. Au loin, il pouvait entendre son père crier après un médecin. Quelle ne fut pas sa surprise de découvrir sa mère à son chevet sans la présence des membres du groupe l'Arc en Ciel. Peut-être que Tetsu et les autres avaient préféré attendre dans le couloir pour laisser de l'intimité à ses parents ?

-Prince, tu es enfin réveillé ! S'écria sa mère, les yeux embués de larmes retenues. Bon retour parmi nous mon ange.

D'aussi loin que peuvent porter ses souvenirs, ses parents l'avaient toujours surnommé ainsi. Prince. Jamais Hideto n'avait cherché l'origine exacte de ce surnom. Pensant tout simplement parce qu'il était leur fils unique. Fils qu'ils avaient ardemment désiré malgré leurs jeunes âges et la désapprobation de leurs parents. Pour cause, ses parents avaient son âge lorsqu'ils s'étaient mariés et que sa mère l'avait mis au monde.

-Tu nous as fait une de ses peurs mon garçon ! Renchérit son père en entrant dans la chambre. J'ai bien cru que nous allions te perdre!

-Comment te sens-tu ? Lui demanda sa mère en serrant sa main posée sur la sienne.

-Soif. Articula difficilement Hideto tant que sa gorge était sèche.

Avec un sourire et des gestes tendres, sa mère l'aida à se redresser dans son lit.

-Attends, je vais te donner un peu d'eau. Fit son père en lui versant de l'eau dans un verre avant de le lui donner. Tiens. Vas'y doucement.

-Merci.

Pendant qu'il buvait tranquillement, Hideto les observa. Etrangement, ses parents étaient tels qu'il s'en souvenait. Aucune ride, aucun cheveu blanc ne venaient strier leur peau ou chevelure. Non, le jeune garçon ne les trouvait pas changé malgré son bond dans le temps. Néanmoins, ces deux-là semblaient sincèrement contents de le voir réveillé. Ce qui lui fit chaud au cœur. Et en même temps, l'androgyne se sentait coupable d'avoir fait angoisser ses parents à cause de sa maladresse légendaire. Surtout que ce n'était pas la première fois qu'il se retrouvait à l'hôpital. Il avait eu un grave accident de vélo lorsqu'il avait douze ans qui l'avait plongé dans un coma léger pendant une quinzaine de jour. Oui, il s'en voulait que ses parents aient du revivre un tel moment à cause de lui. Il devait des excuses à ses parents ainsi qu'aux membres de l'Arc en Ciel.

-Je suis vraiment désolé de vous avoir causé une telle frayeur. Tout ça à cause d'une stupide chute ! J'étais dans un tel état d'hystérie à cause du concert que j'ai loupé cette putain de marche.

Un silence pesant s'installa dans la chambre tandis que ses parents se dévisagèrent interloqués. Hideto eut soudainement l'impression d'avoir dit une bêtise, mais pourtant, c'était la vérité. Pourquoi ne demandaient-ils pas aux autres ce qui s'était passé s'ils ne le croyaient pas ? D'ailleurs, où se trouvait Tetsu en ce moment ?

-Qu'est-ce qu'il fout ce médecin ? Il s'est perdu ou quoi ? Grogna son père entre ses dents. Je vais aller voir où il est !

Portant son intention sur sa mère après le départ du patriarche, l'alité fut troublé par l'incompréhension et la curiosité qu'il lisait sur son magnifique visage. Visage dont il avait hérité la grâce, le nez et les lèvres pulpeuses et rosées.

-De quoi tu parles Prince ?

La question de celle-ci le désappointa quelque peu. Comment se faisait-il qu'elle ne soit pas au courant de la cause de son séjour à l'hôpital ? Ni du concert ? Ni qu'il soit une star du rock ?

-Bah, du concert d'hier soir et de ma chute en descendant de l'estrade, qui m'a valu ce petit passage à l'hôpital.

-Quel concert ?

-Celui où j'ai chanté devant des milliers de personne accompagné de mon groupe.

La fin de la phrase fut à peine audible tant qu'il avait baissé la voix en voyant l'air grave que sa mère tentait de dissimuler derrière un sourire engageant. Sans pouvoir l'expliquer, Hideto n'aimait pas ça. Et il présentait que la suite de cette conversation ne lui plairait pas également.

-Prince. Commença-t-elle d'une voix douce et aimante. Tu as été quatre mois dans un coma profond après l'accident de bus.

Le blessé se sentit blêmir tandis que ses yeux s'écarquillèrent.

-Qu… Quoi ? Bégaya l'adolescent.

A ce moment-là, Hideto n'écouta plus la femme qui l'avait mis au monde qui continuait son monologue. C'était quoi ce bordel ? L'adolescent était totalement perdu. Il ne savait plus quoi croire. Son saut dans le temps était-il réel ou juste un songe tiré de son subconscient ? Pourtant, il avait lu dans une revue scientifique, qu'il était impossible de lire dans un rêve ! Alors qu'il avait lu la date et les gros titres du journal. Mais… Tout lui avait paru si réel… La sensation de mort imminente durant sa crise de panique, les lèvres de Tetsu sur les siennes, et surtout, ce sentiment de bien-être lorsqu'il était sur scène… Oui, pour la première fois de sa vie, il s'était senti vivant. Quelle ironie alors qu'il était justement entre la vie et la mort !

-Ce n'était qu'un rêve alors. Murmura l'adolescent d'une voix tremblante. Je n'ai jamais été chanteur.

-J'en ai bien peur Prince. Déclara-t-elle en passant ses doigts dans ses cheveux.

-Dommage… Tu aurais été fier de moi.

-Mais je le suis.

-Comment peux-tu l'être ? S'étonna l'androgyne. J'ai loupé mon concours d'entrée à l'université, je n'ai que mon diplôme que m'a remis le lycée, je n'ai pas de travail et…

-Et tu n'as pas hésité à aller au bout de ton objectif et ceux malgré les moqueries et les commentaires désobligeants de tes professeurs. Tu n'avais que quinze ans quand tu es parti de la maison pour Osaka. Et tu as vite trouvé un travail afin de payer l'hébergement et la cantine de ton établissement car tu savais que nous n'avions pas les moyens de te payer plus que les frais d'inscription. Malgré les obstacles qui se sont mis devant ta route, tu les as franchis avec bravoure. Et je suis fier de toi pour cela. Alors, tu ne dois pas rougir de honte de n'avoir pas réussi à entrer dans cette université. Tu as échoué à cause de ton daltonisme et non parce que tu n'as pas de talent. Et puis, tu n'as que dix-huit ans. Tu as toute la vie devant toi pour trouver ton chemin.

-Merci Maman. Déclara le jeune homme émut aux larmes.

-Je t'en prie. Lâcha sa mère en lui souriant.

Un bruit sourd les fit sursauter. D'un même mouvement, ils se tournèrent vers la porte qui coulissait sur ses gongs. Un homme d'une quarantaine d'année, portant une blouse blanche et au visage sympathique dont des fils argentés étaient parsemés dans sa chevelure épaisse, apparut dans la chambre.

-Bonjour. Je suis le médecin Yukimoto.

-Je vais voir où est ton père. Le connaissant, il s'est surement perdu. Déclara sa mère en se levant de sa chaise. Je reviens vite.

-D'accord.

Après avoir embrassé le front de son fils, celle-ci quitta la chambre, non sans avoir salué le médecin. Une fois seul avec son patient, le docteur lui posa toute une série de question. L'interview ne dura qu'une dizaine de minute. Examen comprit. Très vite, Hideto se retrouva seul dans sa chambre.

N'ayant rien d'autre à faire, il examina sa chambre. Ses parents avaient ramené quelques objets lui appartenant, comme cet ourson en peluche posée sur le mini-frigo ainsi que son livre préféré d'où un marque page dépassé de la couverture. Au mur était scotché des cartes postales créées par ses amis d'enfance et ses anciens camarades. Il y avait aussi quelques photos installées à côté d'une télévision éteinte. Fronçant les sourcils, l'androgyne rechercha la télécommande qu'il trouva près de la peluche.

N'ayant rien d'autre à faire, l'androgyne l'alluma et se mit à zapper jusqu'à ce son choix se fait sur une chaine musicale, d'où un groupe de rock se servait d'images prises durant l'un de leurs concerts en guise de clip. Et là, l'évidence le frappa.

Pour la première fois de sa vie, il pouvait s'identifier à un chanteur en plein live. Il savait parfaitement ce que le rockeur pouvait ressentir, penser, voir, entendre. Et Hideto l'envia. Oui, il aurait aimé être à sa place. Sur scène. Chanter devant un public. Oui, il voulait revivre ça.

Rêve ou pas, cela n'avait pas d'importance finalement. Car les sensations qu'il avait ressenties sur scène étaient bien réelles. Ce sentiment de liberté, de vivre un moment si intense et de pur bonheur, de ne faire qu'un avec le public. Il voulait les ressentir à nouveau. Et il savait qu'il pouvait y arriver. Cette fois, il n'y avait pas d'handicap physique. Il n'y avait que sa timidité qui lui faisait barrage. Il ne tenait qu'à lui d'apprendre à jouer de la guitare et à vaincre sa peur. Et quand même bien qu'il en baverait, qu'il devrait jongler entre différents petits boulots et son groupe de musique au début, il voulait tenter l'aventure. Et même si cela se finirait par un échec, il avait le droit de se tromper.

Pendant combien de temps il visionna cette chaîne sans la voir ? Hideto ne serait le dire. Dix minutes ? Cinq minutes ? Un quart d'heure ? Ce ne fut que des bruits de pas s'approchant de sa chambre qui le ramena dans la réalité. Et comme il s'y attendait, ce fut bien ses parents qui franchirent le pas de sa porte, en pleine conversation animée. Discussion qui s'interrompit en le voyant. Ces deux-là avaient pour principe de ne jamais se disputer en sa présence. Ce qui ne l'avait pas empêché de les entendre lorsqu'il était censé dormir étant enfant.

-Tu ne devineras jamais où ton père a eu la bonne idée d'aller chercher un médecin ? Lança sa mère d'un ton ironique et amusée. A la morgue.

Consterné, son père ouvrit la bouche pour se défendre sous le regard amusé de son fils et exaspéré de sa femme. Mais un geste de cette dernière le fit taire.

-Maman ? Débuta Hideto ne sachant pas comment aborder le sujet. Je crois savoir ce que je veux faire comme métier.